vendredi, 02 décembre 2016

Remous à propos de la ville trois fois sainte.

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        Ville trois fois sainte aux yeux des trois grandes religions monothéistes, Jérusalem a retenu, cette  semaine, l’attention des Présidents de Parlement de pays musulmans.  La première conférence sur Jérusalem et ses défis actuels s’est tenue à İstanbul sous le haut patronage du Président Recep Tayyib Erdoğan. 

        Parmi les diverses interventions, retenons celle du Président de l’Assemblée nationale de Djibouti, un des plus petits pays musulmans. Après avoir retracé l’histoire de la ville sainte où Mahomet en compagnie de l’archange Gabriel a effectué son voyage nocturne, M. Mohamed Ali Houmed ajoute : à défaut d’être le berceau de la réconciliation, nous constatons avec regret que la ville sainte, compte tenu de sa profonde civilisation, est restée prisonnière de la politique arrogante d’Israël, et ce, au mépris des résolutions et chartes internationales.

        Il en appelle, avant qu’il ne soit trop tard, à la solidarité des pays arabes et musulmans en vue de protéger l’identité islamique et arabe de cette ville sainte, la troisième après La Mecque et Médine. 

       En conclusionM. Mohamed Ali Houmed déclare : Il est donc significatif pour nous tous de revaloriser le travail collectif arabe afin de mettre au point une véritable stratégie arabe commune dotée d’une vision appropriée, rénovée et des moyens d’actions adéquats capables de relever les défis autour desquels le mot et la décision arabes sauront s’imposer.

          Cette première conférence sur Jérusalem et ses défis actuels du 28 novembre s’inscrit dans la ligne de l’adoption, le 18 octobre, par l’UNESCO d’un texte présenté par sept pays arabes (Algérie, Égypte, Liban, Maroc, Oman, Qatar, Soudan) visant à la sauvegarde du patrimoine culturel de la Palestine et du caractère distinctif de Jérusalem-Est.

          Ce texte utilise exclusivement les termes arabes pour désigner ce patrimoine. Israël s’en est fâché tout comme la directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova qui a déclaré : Le patrimoine de Jérusalem est indivisible, et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville. Nier, occulter ou vouloir effacer l’une ou l’autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l’intégrité du site (…) La mosquée Al Aqsa/ Al-Haram-al-Sharif, sanctuaire sacré des musulmans, est aussi le Har HaBayit - ou mont du Temple - dont le Mur occidental est le lieu le plus sacré du judaïsme.  

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mercredi, 23 novembre 2016

La frite a la frite !

 

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        Ce mercredi matin, deux ministres, l’une du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles Alda Greoli, l’autre du gouvernement wallon René Colin délaissent leur bureau. Tout simplement, ils ont rendez-vous à la friterie Chez Lucien. Aujourd’hui, le terme friterie remplace celui de friture en dépit de son utilisation par Georges Simenon : je tiens à manger des moules et des frites dans une petite friture de la rue Lulay à Liège

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       Comme la presse est invitée, outre le lancement de la sixième édition de la semaine de la frite en Wallonie, les deux ministres profitent de cette occasion de faire le point sur le dossier de reconnaissance de la culture fritkot belge, un dossier sensible s’il en est. Avec le cornet de frites servi Chez Lucien à Éghezée, les convives sont invités à savourer une mayonnaise servie par Jean-Luc Fonck. Éghezée a rendez-vous avec l’histoire de la frite d’autant plus que les organisateurs, l’Union nationale des Frituristes, à l’issue de la semaine de la frite en Wallonie, laissent entrevoir un tournant dans l’Histoire de notre Agriculture …

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        Incontestablement, depuis le XIXème siècle, la frite fait partie de l’ADN du Royaume. L’ethnologue Thomas Beaulieu s’interroge : de quand dater la naissance de la frite, et qui peut revendiquer la paternité de cette croustillante invention ? Certains Liégeois s’imaginent même que la paternité appartient à quelqu’un d’amons nos autes.

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        Déception à la lecture du Petit traité de la pomme de terre et de la frite (1) de Pierre-Brice Lebrun. Ce Liégeois – né à Burenville, en 1965, vit à Mont-de-Marsan – s’est immergé dans la patate jusqu’à suivre, à Tournai, les cours de gestionnaire de friterie donnés à l’IFAPME. La frite n’a  pas été inventée à Liège mais c’est à Liège qu’elle a connu, grâce à un bon bougre, son premier succès. Depuis, la frite a essaimé dans le monde entier. En Suède et en Allemagne, on l’appelle pommes frites, en Amérique du Sud papa a la francesa, aux États-Unis French fries.

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(1) Petit traité de la pomme de terre et de la frite - Pierre-Brice Lebrun – Éditions Le Sureau _ 360 pages en bichromie - 25 €

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mercredi, 16 novembre 2016

21 rue La Boétie

 

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        Si le cinéma emprunte souvent des thèmes à la littérature, il est plus rare qu’une expo s’inspire d’un livre. C’est le cas pourtant de l’expo 21 rue La Boétie (1) qui n’a vu le jour que grâce à la parution, en 2012, de l’ouvrage éponyme d’Anne Sinclair. De nationalité américaine, Anne Sinclair née à New-York a été bouleversée d’entendre un fonctionnaire français lui demander vos quatre grands parents sont-ils français ? Le fonctionnaire a demandé ce qu’autorise une loi française de 2009 en matière de nationalité. La phrase lui rappelle la Shoah et le destin de ceux qui, recherchés par les nazis, avaient choisi de partir et qui furent ensuite dépossédés, pillés, déchus de leur nationalitéPaul Rosenberg quitte la galerie d’art du 21 rue La Boétie pour New-York. Un gentil grand-père qui l’a toujours traitée, gamine comme une grande fille.

        J'ai eu soudain envie de revisiter ma légende familiale. Je me suis plongée dans les archives. J’ai retrouvé des correspondances entre Paul Rosenberg et ses peintres, exhumé des « papiers de famille », interrogé des proches et retourné sur les traces de sa famille  J'ai voulu comprendre l'itinéraire de ce grand-père lumineux, intime de Picasso, de Braque, de Matisse, de Léger, devenu paria sous Vichy. Ce grand-père fut un grand marchand. A Paris jusqu'en 1940, puis exilé à New York pendant la guerre. Il était français, juif et amoureux des arts. Ce livre raconte son histoire qui, indirectement, est aussi la mienne.

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        De la conception à la réalisation, l’exposition 21 rue La Boétie est l’œuvre de Tempora, une société fondée, en 1998, par le Liégeois Benoît Remiche. Après avoir fait les beaux jours de la Boverie, 21rue La Boétie s’en va à Paris, au musée Maillol, du 2 mars au 27 juillet 2017. Anne Sinclair est la marraine de l’exposition. Elle s’en explique au  Quotidien de l’Art (27/10/2017) : au début, j’étais à la fois émue et très dubitative, me demandant si cela était faisable, puis très enthousiaste bien évidemment. Je les ai accompagnés puisque mon livre a servi de guide aux commissaires (Elie Barnavi, Isabelle Benoit, Vincent Delvaux, François Henrard et Benoît Remiche)  qui ont effectué un gros travail de recherche pour retrouver les œuvres. J’ai donné mon avis et impulsé les recherches dans certaines directions, particulièrement du point de vue historique.

        Ça a de la gueule. Mon grand-père aurait adoré.  C’est une exposition à la croisée de l’art et de l’histoire. Elle retrace ce qu’a été le marché de l’art avant qu’il soit justement un marché. Mon grand-père était un marchand certes, mais surtout un admirateur forcené de ses artistes. Il disait « Je suis un passeur, mais je ne suis que ça ». Articulée en six chapitres,  l’expo présente notamment soixante-quatre tableaux qui sont passés à une époque ou l’autre à la galerie Paul Rosenberg. Deux de ceux-ci représentent  l’un, Marguerite, l’épouse de Paul, et sa fille Micheline vues par Pablo Picasso en 1918 et l’autre, de Marie Laurencin, Anne Sinclair à l’âge de quatre ans. J’ignorais qu’elle peignait toutes les femmes avec les yeux noirs en amande, mais j’ai dû le pressentir car c’est effrontément que je lui précisai : « Attention, hein, j’ai les yeux bleus ! » Je me rappelle son rire, sa promesse de ne pas les trahir, et elle me gratifia, de fait, de deux billes bleu lavande.

        21 rue La Boétie se révèle un grand succès. Une moyenne de plus de mille visiteurs par jour le premier mois. En marge de l’expo, d’autres activités sont prévues à la Boverie. Ainsi, ce 17 novembre, l’auteur de L'Homme de l'art. Daniel-Henry Kahnweiler, 1884-1979, Pierre Assouline va venir parler de marchands et collectionneurs d’art :Paul Rosenberg, Daniel-Henry Kahnweiler et les autres suivi d’une session de questions-réponses.       

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(1) 21 rue La Boétie – La Boverie, parc de la Boverie, 4020 Liège – 32 (0) 2/ 549 60 49 info@21ruelaboétie.com – tarifs de 1,25 € (art. 27) à 17 € (adulte), senior (+65) 14€, groupe 12  €, groupe scolaire 6 €, famille (2 adultes, 2 enfants) 48 € (6 € par enfant supplémentaire) – l’expo se termine le 29 janvier 2017 – heures d’ouverture : du mardi au vendredi  de 9.30 à 18.00, week-end 10.00 à 18.00, ouvert jours fériés sauf 25/12 et 01/01/2017, fermé le lundi sauf 26/12 et 02/01/2017. Visite guidée 85 €/guide pour 1h30 de visite, maximum 20 personnes, disponible en français, anglais, allemand, néerlandais. 

15:21 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 09 novembre 2016

USA, le cri du cœur d'un Français cette nuit: "Un monde s'effondre devant nos yeux. Un vertige"

          À six heures quart ce matin, France info a diffusé ce tweet : Après [le] Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s'effondre devant nos yeux. Un vertige. C'est la fin d'une époque, celle du néolibéralisme. Reste à savoir ce qui lui succédera.

         Auteur de ce tweet, Gérard Araud. Profession : ambassadeur de France à Washington. Peu de temps après, le message a disparu. Le quai d’Orsay dément toute pression. Notre politique sur les réseaux sociaux est fondée sur la spontanéité et la réactivité et les tweets des ambassadeurs sont postés sous leur responsabilité et à leur initiative. Gérard Araud se refuse à tout commentaire sur son tweet et son retrait. Diplomatie oblige …

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jeudi, 03 novembre 2016

CE QUE LE PAYS DE LIÈGE DOIT Á LA MEUSE ...qui ne fut jamais un long fleuve tranquille

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        À l’âge de huit ans, Robert-Armand Planchard tombe en amour avec la Meuse. Sous la direction  des professeurs Alexandre Delmer – le père du canal Albert et Fernand Dehousse, sa thèse de fin d’études,  Le rôle de la Meuse dans la Communauté européenne du charbon et de l’acier a été, vu sa qualité, publié à grand tirage. En note infrapaginale, il est précisé que l’ouvrage, paru en 1955 aux Éditions Buteners, est complètement épuisé. L’auteur dispose encore d’une copie !

       Soixante et un ans plus tard, le directeur honoraire du port autonome de Liège ayant joué un certain rôle dans l’évolution des choses au plan fluvial européen et surtout belge a pensé, au soir de sa vie, à résumer tout ce qu’il a vécu, ressenti et perçu quant au rôle joué par la Meuse  à  Liège auquel Robert-Armand Planchar se sent viscéralement très attaché par sa famille de charbonniers, naguère maîtres de fosses au plantchî de Montegnée, d’où partit en 1716, la grand’route dite Branche Planchar construite par Pier Planchar (1657-1737) depuis Bolsée, Glain, Saint-Nicolas, Saint-Gilles et Ans vers le bas-port de Jemeppe-sur-Meuse (2). La boucle est bouclée.

        La Meuse est avec le Rhin et l’Escaut un des fleuves ayant réussi à inscrire leurs trouées Sud-Nord au travers des collines et des monts du massif schisteux rhénan. Dans ce combat qui a duré des millénaires, la Meuse s’est vue subtiliser la plupart de ses affluents au point que Georges Sand écrit La Meuse elle-même n’est ni large ni imposante et, cependant, elle coule dans une large vallée, beaucoup plus large qu’il faut. Le géographe Paul Vidal de La Blache évoque cette fille ruinée dans son palais démesuré.

        Le Pays de Liège y trouve trois avantages ; le premier, la vallée très large est susceptible d’accueillir les larges implantations de populations industrielles, le deuxième, la Meuse reste « haute » très longtemps d’où aujourd’hui, elle est réserve d’eau propre à la consommation alors qu’Escaut et Rhin deviendront des égouts aux eaux mortes, la troisième, sa pente hydraulique moyenne (0,48 m par km) a permis une « régularisation » facile pour éviter que, à l’étiage, la navigation mosane devienne difficile. Moralité, avec de telles grandes qualités, la Meuse devait tout naturellement engendrer à Liège un ensemble industriel et fluvial de très grande importance.

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      En quelques soixante pages, l’auteur résume l’évolution du leudicus vicus mosan en portus dès le VIème siècle, un modeste portus que Notger va transformer en opulente cité lacustre, en unissant par des ponts les nombreuses îles liégeoises et en doublant superficie et sécurité de la cité par l’érection d’une enceinte muraillée (…) Les accostages et bas-ports vont se développer rapidement au sein de cet archipel, unifié et protégé, pour en faire un portus aux mille et une possibilités de charger/décharger. Ce trafic fluvial va des matériaux de construction à la houille, au vin, au bois, aux céréales, au sel, aux armes, etc. La Meuse est la grande artère de ce pays, le courant vital de ce pays si magnifiquement varié. Il n’y a pas que le mercantile qui domine, le spirituel y a un rôle essentiel au point que Liège, capitale politico-religieuse, est surnommé l’Athènes du Nord.  

        Annexée de son plein gré à la France en 1795, la Principauté de Liège n’est point ressuscitée vingt ans plus tard par le Congrès de Vienne qui se charge pourtant de restaurer l’ordre ancien. Le Congrès de Vienne rattache la Principauté de Liège aux Pays-Bas. Elle tombait ainsi aux mains bataves dans une sorte de salmigondis voulu par les Anglais et voué, à terme, au démembrement et à lente putréfaction.

        La création de la Belgique, à partir de 1830, allait faire de la Meuse la modeste servante d’Anvers et de la Belgique et asservir le bassin liégeois aux objectifs anversois. On va voir comment. En cent cinquante pages, Robert-Armand Planchar  raconte les faits comme il les a vécu, ressenti et perçu.  Il y a eu des bourdes diplomatiques dont la première, et non la moindre, date de 1854. Elle est commise par un triple bourgmestre de Liège, Guillaume-Ferdinand  Piercot alors qu’il est ministre de l’Intérieur. Il y a eu les tenants du romantisme portuaire franco-belge, comme Jean-Maurice Dehousse, José Happart, des Liégeois, ou André Baudson, un Hennuyer, ce qui se comprend mieux, prêchaient, à ce temps, pour qu’Anvers et Rotterdam cédassent le pas à Dunkerque.

        Il y a eu des victoires comme, en 1937, la création du Port autonome de Liège voulu par Georges Truffaut.  En tout cas, créer le port, dès maintenant, c’est travailler pour l’avenir de la région déclare le conseiller communal Bounameau. Autre victoire, le Canal Albert en 1939 mais il a fallu attendre 2015 pour que soit érigée, à Lanaye, une quatrième écluse permettant le passage des bateaux de 9000 tonnes en provenance ou destination des pays de Nord et de l’Est de l’Europe.

        Le charme et le mérite de Robert-Armand Planchar est d’appeler un chat ... un chat et de ne pas tourner autour du pot. C’est ce qui fait tout l’intérêt politico-stratégique de Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille.  Un franc-parler bien dans la ligne de son premier patron, Jean Rey, qui, en 1957, a déclaré : Chacun sait, ou devrait savoir, que la Belgique a toujours été bornée au Sud par la France et bernée au Nord par les Pays-Bas.

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(1) Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille – Robert-Armand Planchar – Édition Noir Dessin Production – 234 pages – 15€

(2) Les Planchar et l'introduction des "pompes à feu" de Thomas Newcomen en Principauté de Liège - Cfr Liège 28 du 6/12/2010

 

07:30 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Europe, Liège, Littérature, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 20 octobre 2016

Janvier 2017, première ligne ferrée électrique d'Afrique opérationnelle de Djibouti à Addis-Abeba

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        En novembre, à Djibouti, deuxième étape de l’inauguration de la nouvelle voie ferrée reliant cette ville portuaire à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie. La première étape de l’inauguration a eu lieu dans cette ville en début octobre. À en croire La Nation, journal djiboutien : la cérémonie inaugurale fut particulièrement longue. Il est vrai que cette ligne est historique. Il s’agit de la première voie ferrée électrique du continent africain. Elle sera opérationnelle dès janvier 2017. Son tracé est parallèle à l’ancienne ligne mise en service le 17 juin 1917 qui, au fil des ans, a dépéri au point qu’aujourd’hui, elle se limite à un tronçon de 207 kms entre Dire Dawa et Galilée, deux villes éthiopiennes.

        L’initiateur de cette nouvelle ligne a été Ismaïl Omar Guelleh, le Président de la République de Djibouti. Sa réalisation, prévue en quatre ans, est l’œuvre des Chinois qui l’ont accomplie avec six mois d’avance. Vingt ans ont été nécessaires pour construire la ligne de 1917 !  Le train de la Renaissance et de la prospérité – long de 752 kms 700 – a un coût – 230 milliards de yuans – financés par la Chine.

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        Le train de la Renaissance et de la prospérité est vu par certains comme le premier maillon d’une Transafricaine allant de Djibouti à Douala, sur la côte Ouest. Les chiffres parlent : un dénivelé de 2 400 mètres, altitude d’Addis-Abeba, et Djibouti ; 41 locomotives et 1171 wagons destinés au fret et aux passagers ; vitesse 90 km/heure pour des convois fret de 3 500 tonnes, 120 km/heure pour les trains de passagers tandis qu’il faut trois jours par la route ; un personnel de 2 000 personnes.

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         Le train de la Renaissance et de la prospérité va être exploité par les Chinois durant les cinq premières années, le temps de former le personnel. Les informations à bord sont trilingues : amharique, la langue de l’Éthiopie, anglais et chinois. Il est à noter qu’en dépit des multiples avatars connus  depuis 1917, la Compagnie ferroviaire, à l’origine CFE (Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien),  a réussi à conserver, parmi son personnel, la langue française comme langue de travail. Ce qui est remarquable. La nouvelle Compagnie préfère substituer l’anglais au français et imposer le chinois. Qui paie les violons choisit la musique !

PHOTOS : 1- Ismaïl Omar Guelleh, Président de la République de Djibouti  2- Locomotive Éthiopian Railways 3- Ouvriers chinois

19:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 10 octobre 2016

2 octobre 1976, Mitterrand et Dalida participent à la campagne électorale du "Nouveau Liège".

 

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        Au siècle dernier, début des années septante, le débat politique porte notamment sur la fusion des communes. À l’époque, il y en a 2 359. Lorsque la Loi Michel est d’application, il en subsiste 596. Ce qui ne fait pas nécessairement le bonheur des communes fusionnées appelées désormais sections.  Ainsi le NON A LIEGE de Grivegnée sur l’enceinte du cimetière de Robermont est un exemple de cette opposition. Huit communes - Angleur, Bressoux, Chênée, Glain, Grivegnée, Jupille, Rocour, Wandre -, deux quartiers – Ans-bas et Sclessin -, quelques rues de Saint-Nicolas et Vottem fusionnent avec Liège que d’aucuns appellent le Nouveau Liège. Pas question de le nommer Grand Liège qui évoque encore le Gross Lüttich  durant la dernière guerre. Le Nouveau Liège a une population de 227 974 habitant(e)s.

        Le dimanche 10 octobre 1976, entre 8h et 13h, 153 165 personnes âgées de 21 ans et plus sont invitées à désigner les 51 membres du Conseil communal appelés à siéger de 1977 à 1982.  Seuls 141 245 se présentent  dans les divers bureaux de vote. En dépit du vote obligatoire, 11 920 (soit 12%85) se sont abstenus. Depuis, de scrutin en scrutin, le taux d’abstention ne cesse de croître. Elles sont bien lointaines les luttes en faveur du Suffrage Universel, le SU !

        En 1976, huit listes sont en lice : liste n°2 (Parti Social-Chrétien) en tête Jean-Pierre Grafé ; liste n°5 (Parti Socialiste Belge) en tête Édouard Close ; liste n°6 (Rassemblement Wallon) en tête Jean Gol ; liste n°7 (Parti Communiste Belge) en tête Albert Juchmès ; liste n°11 (Rassemblement Libéral Liégeois) en tête Hubert Pirotte ; liste n°12 (Démocratie Chrétienne) en tête Marc Delbovier ; liste - incomplète (30 candidat(e)s) - n°13 (Union des Progressistes) en tête Stassar ; liste - incomplète (3 candidats) - n°14 (Parti du Travail) en tête Deceukelier.   

        À l’issue du dépouillement des votes-papier, les résultats tombent. PSB 21 élus (Édouard Close 13 005 voix de préférence) ; PSC 14 élus (Jean-Pierre Grafé 15 558 vp ) ; RW 7 élus (Jean Gol 7 307 vp) ; RLL 7 élus (Hubert Pirotte 4 077 vp) ; PCB 2 élus (Albert Juchmès 603 vp). Les trois autres listes n’ont pas d’élu.

        La campagne électorale – libre à l’époque de toute législation relative aux dépenses électorales et au financement de partis – a été mémorable. La Fête de la Rose, le week-end du 2 octobre 2016, a célèbre le quarantième anniversaire du meeting PSB du 2 octobre 1976 qui a vu le premier secrétaire du PS, François Mitterrand et la chanteuse Dalida enthousiasmer nombre de Liégeoises et Liégeois. 

        Durant ce week-end du 2 octobre 2016 a été évoqué la Une de La Meuse du samedi 9 octobre 1976 présentant, pleine page, la photo d’Edouard Close, légendée : Le bourgmestre de Liège. À Liège, on y voit la patte du rédacteur en chef de La Meuse, Paul Gabriel spécialiste des Unes qui marquent l’esprit. La réalité est plus prosaïque. La direction du quotidien liégeois a vendu pour une somme appréciable – il est question d’un million de francs belges – la Une à quatre sponsors de la campagne électorale du PSB parmi lesquels figure la Brasserie Piedboeuf. Ce n’est pas le seul coup de pouce de Piedboeuf  à  cette campagne. Lasse de payer la taxe sur les brasseries imposée par Jupille, Piedboeuf - seule brasserie à la payer tout simplement parce qu’elle est la seule à Jupille – espère sa suppression par le Nouveau Liège. La taxe est supprimée peu après.

        Dans le respect de l’accord préélectoral rendu public le 25 février 1976, le Collège des Bourgmestre et Échevins est constitué d’élus PSB et RLL. Alliance libérale-socialiste assumée comme « maçonnique » assure le politologue Pierre Verjans dans la revue Politique de septembre 2012. Les résultats électoraux du RLL sont décevants en dépit de l’appui de Jean Defraigne (1 307 vp) qui a démissionné, le 31 juillet 1976, de son poste de ministre des Travaux publics dans le gouvernement Tindemans. Démission motivée parce qu’en fait, il semble surtout vouloir reprendre sa liberté pour préparer les élections communales liégeoises sans être lié par les accords gouvernementaux (1).

        Avec 7 élus, le RLL se partage en 5 échevine)s – Hubert Pirotte, Georges Goldine (1 442 vp), Jules Borsu (1 948vp), Madeleine Langevin (2 378), Joseph América (1 525) – et en 2  conseillers  -Jean Defraigne, Paul Swegerynen (1 191vp). Avec 21 élus, le PSB se partage entre 1 bourgmestre – Édouard Close -, 5 échevin(e)s – Raymond Petit (674), Gilberte Évrard (1 381vp), Henri Schlitz (1 702vp), Jean-Pierre Digneffe (1 734vp), Gilbert Polet (784vp)  – et 16 conseiller(e)s siégeant sur les bancs du Conseil.

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(1)    Page 161, tome IV de l’Encyclopédie du Mouvement Wallon – Institut Destrée – Paul Delforge

01:50 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 02 octobre 2016

HOUBLONNADES : douze microbrasseries à découvrir au Château de Waroux du 7 au 9 octobre.

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        Lorsqu’en 1366 est fondée la brasserie Den Hoorn (La Corne) - devenue au XVIIIème corne d’abondance pour Sébastien Artois - à moins d’une vingtaine de lieues de Louvain se dresse déjà le Château de Waroux à Alleur.  Dès lors, il est dans la nature des choses que l’un des trente-trois mille Clubs Rotary du monde – le Rotary Club de Liège-Sud – ait choisi le Château de Waroux pour organiser ses Houblonnades  (1) qui doivent financer le Youth Exchange Program (YEP) en mettant à l’honneur douze microbrasseries.

        Le YEP est une expérience unique qui permet à tout jeune motivé, équilibré, capable de s’adapter, prêt à remplir son rôle d’ambassadeur  de partir à l’étranger pour un court séjour ou durant une période de scolarité soit une dizaine de mois. Contrairement à ce que pense parfois un vain peuple je ne vais pas dépenser des sous pour que les fils de riches rotariens partent en vacances !, le YEP choisit parmi les jeunes de tout milieu qui postulent.

        Comment postuler ? Contactez le Rotary club près de chez vous pour savoir s’il participe à ce programme et connaître les options proposées et la procédure à suivre. La sélection et l’orientation pouvant être assez longues, nous vous suggérons de postuler six à douze mois avant la date de départ envisagée. La liste des Rotary du pays de Liège se trouve notamment sur le site www.rotary.org/fr. YEP est un programme qui couvre actuellement quarante pays.

        Le Rotary Club de Liège-Sud entend mettre à l’honneur les microbrasseries qui, esprit entrepreneurial aidant, se développent au pays de Liège au point que Meusinvest envisage une usine d’embouteillage mise à disposition des diverses microbrasseries. À noter que le site www.ratebeer.com permet aux consommateurs de bières de les coter qu’elles soient ou non en provenance de microbrasseries. Parmi les bières proposées aux Houblonnades, la plupart ont une cote leur valant, comme à l’Univ’, satisfaction frisant même la distinction. Ce qui est davantage que la cote (2.33 sur 5) obtenue par la cinquantenaire Jupiler …!    

 

  • Houblonnades – Salon des microbrasseries – du 7 au 9 octobre – Château de Waroux – vendredi 7 de 17h à 22h, samedi 8 de 16h à 24h, dimanche 14h à 20h - www.houblonnades.be  – Entrée comprenant le verre de dégustation 4 € - Consommation 2€

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vendredi, 23 septembre 2016

A Liège, l'Europe qualifiée d'ergoteuse le dimanche triomphe le mercredi au 21 rue La Boétie!

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        Après l’hommage rendu, dimanche 18, aux combattants liégeois des Événements de 1830  dont le dernier est décédé en 1900, la séance académique à l’Opéra pour les Fêtes de Wallonie a ressemblé partim à une remise de prix à la fin de l’année scolaire.

        Pour avoir suivi, avec succès attesté par l’Éveilleur Pierre-Henri Tomsin, une formation continuée en immersion « français-wallon », plusieurs centaines de Liégeoises et Liégeois ont reçu leur Diplôme de Liégeoiseries tandis que noss binamé Willy a notamment mis en valeur le travail de tous les membres de son Collège. Dame, les élections communales, c’est dans 758 jours, le 14 octobre 2018 !

        En revanche, évoquant le tram, noss binamé Willy n’a donné aucun bon point à l’Europe, l’Europe doit par exemple cesser d’ergoter sur des problèmes comptables. Mieux, il a fait siens les propos de Paul Magnette à Namur : c’est dans l’intérêt même de l’Union européenne que parfois il faut oser lui désobéir. Propos se rapprochant d’un euroscepticisme dont se délectent certains candidats à l’élection présidentielle en France et qui a mené au fâcheux Brexit en juin.

        Fort heureusement, trois jours plus tard, lors de la conférence de presse de l’expo 21, rue La Boétie, la nouvelle citoyenne d’honneur de la Ville de Liège, la journaliste Anne Sinclair a affirmé, avec force, ses convictions européennes au pays de Fernand Dehousse, fondateur de l’Institut d’Études juridiques européennes de l’Université de Liège, de Jean Rey, président de la Commission européenne de 1967 à 1970 et de ces jeunes Liégeoises et Liégeois qui, bien avant le Traité de Rome, s'en sont allés à Strasbourg, revendiquer la libre circulation des gens et des idées par la suppression des frontières européennes. Ces jeunes participent à cette manifestation internationale devant le Conseil de l'Europe  emmenés par Jean-Pierre Grafé, à l'époque président national des Étudiants en Droit.

 

14:35 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 15 septembre 2016

Quand le trimestriel officiel "Notre Province" reste sur le quai ...

        Dans l’éditorial de Notre Province, le Collège provincial de Liège déclare plus que jamais, la Province de Liège a la volonté de promouvoir les valeurs citoyennes et de remettre l’Humain au centre de nos préoccupations. Rassemblons-nous ! Quoi de plus normal que de sortir une édition spéciale  - 561.871 exemplaires dont 522.859 en langue française et 39.012 en langue allemande - du trimestriel invitant à la Journée Debout Citoyen le 10 septembre.

        Sur le site http://www.provincedeliege.be/fr/trimestriel, il est précisé, en caractère gras,  ce numéro est distribué par Bpost la semaine du lundi 5 au vendredi 9 septembre 2016. Toutefois, un doute quant à la réalisation de cette promesse apparaît avec cette mention : signaler un problème de distribution à votre domicile ou dans votre rue.

        Heureux doute qui sauve l’honneur de la Province. Notre boîte postale n’a accueilli Notre Province que le mercredi 14 septembre. Nous nous devons de le dire car l’indignation ne suffit plus. C’est l’heure d’une plus grande implication.

        Comme l’opération du 10 septembre se prolongera avec l’organisation, en août 2017 à Liège, de la toute première « Conférence mondiale des Humanités » qu’il nous soit permis d’inviter le Citoyen debout à se pencher sur cette hantise séculaire de la presse écrite quotidienne, demeurer sur le quai alors que le train est parti !

22:11 Écrit par Pierre André | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 12 septembre 2016

Chat c'est une pharmacie ...

        Au lendemain de la guerre, Charles Trenet part pour l’Amérique. Au Québec, il y découvre notamment la célèbre Pharmacie Montréal située sur Sainte-Catherine. Ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, elle est la plus grande pharmacie en détail du monde. Autre caractéristique, on y vend de tout. Il en est de même dans les multiples pharmacies franchisées éponymes.

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        De quoi inspirer Trenet qui, dans son récital à l’Étoile en 1952, chante Dans les pharmacies (1) qui narre l’extrême variété des produits qu’on y trouve. Nul doute qu’il se serait également laissé inspirer par ce caducée félin trouvé à l’entrée de Calvi.

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(1) https://www.youtube.com/watch?v=ioV9HPfBBTk

18:01 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 05 septembre 2016

Ouf, un décodeur Proximus moins énergivore ...

 

PROXIMUS noeud.jpg

        Au 31 janvier 2017, les décodeurs actuels de Proximus seront obsolètes. Aussi, une opération d’échange avec le nouveau modèle qui donne accès à un nouveau menu TV convivial  et permet en outre de zapper plus vite est actuellement en cours. En collaboration avec Bpost, Proximus vous propose de choisir le jour où le nouveau décodeur vous est remis à domicile.

        Si pour l’ancien décodeur, Belgacom – le papa de Proximus – a laissé le choix entre l’achat – 99€ - et la location, Proximus impose la location – 8€ le mois – pour le nouveau modèle. S’il est exagéré de crier à l’arnaque, il est permis de dire que la méthode s’en rapproche. Démonstration : prenons un cas réel du client qui achète en juin 2011 son décodeur Belgacom et l’utilise jusqu’à juin 2016 (60 mois), mensuellement cela lui a couté 1€ 65. Pour soixante mois de location chez Proximus, le client est appelé à débourser 384€ car bonne fille,  Proximus lui  accorde la gratuité la première année de location.

        384€ chez Proximus contre 99€ chez Belgacom, c’est une augmentation de … 387%. Ce montant flirte avec l’arnaque mais Proximus rassure. Son nouveau décodeur consomme moins d’électricité.

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09:41 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 27 août 2016

Ce qui est bon à prendre est bon à garder ...

         Ce qui est bon à prendre est bon à garder dit un proverbe anglais dont les Français ont fait une règle en proclamant le principe d’inaliénabilité du domaine public qui s’applique en particulier aux collections des musées publics. Les biens constituant les collections des musées de France appartenant à une personne publique font partie de leur domaine public et sont, à ce titre, inaliénables. Par rapport à d’autres pays européens, la France est celui où le principe d’inaliénabilité est le plus strict (1).

        L’idée du surintendant des bâtiments de France, le comte de La Billarderie d'Angiviller  est reprise, en mai 1791, par un élu de la sénéchaussée de Bigorre, Bertrand Barère. Celui-ci  souhaite que la galerie du Louvre… devienne un Muséum célèbre et précise même  qu'on y déploie les nombreux tableaux de Rubens et d'autres peintres illustres. Dans les années à venir, ce projet culturel se réalise tandis que la Révolution poursuit son cours.

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La Descente de croix - PP Rubens - photo IRPA-KIK

        En 1792, après la bataille de Jemappes, les troupes de Dumouriez se contentent de prélever le nécessaire  à leurs besoins dans les pays conquis – la Principauté de Liège et les Pays-Bas autrichiens. Mieux, en Principauté de Liège, les patriotes votent au suffrage universel masculin le rattachement à la France (2).

        En revanche, en 1794, après la bataille de Fleurus, les troupes de Jourdan  vivent sur le dos des pays conquis – les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège. Mieux, le Comité de Salut public a désigné des agents extracteurs d’œuvres d’arts. Ceux-ci font notamment le plein de Rubens et autres chefs d’œuvre de la peinture flamande destinés au Muséum central des Arts. En Principauté, les Français ne trouvent guère d’œuvres à leur goût, à peine une dizaine, mais les patriotes locaux dont le peintre Léonard Defrance, estiment que leurs grands peintres doivent figurer dans les collections du Muséum central des Arts, ancêtre du Louvre.

        Ces tableaux connaissent des sorts multiples. Par le décret Chaptal de 1801, les uns sont attribués aux quinze musées départementaux au rang desquels figure celui de la Dyle. Autrement dit, celui de Bruxelles, ancêtre des Musées royaux, dont le conservateur est Guillaume Bosschaert qui, sous l’Ancien Régime, a été choisi en qualité d’expert par le comte de La Billarderie d'Angiviller. Certains autres ont été récupérés au lendemain de Waterloo par les troupes des coalisés qui occupent la France jusqu’en 1818.

        Par après, il n’est plus guère question de restitution ou récupération des œuvres acquises par les Conquêtes artistiques françaises. Mais comme l’écrit Pierre-Yves Kairis dans un rapport  remis en octobre dernier à la secrétaire d’État à la Politique scientifique, Elke Sleurs : la question est revenue dans l’actualité car, depuis la décolonisation et les nombreuses recommandations de l’UNESCO soutenant le retour vers les pays sources du patrimoine culturel spolié, les demandes de restitutions de toutes sortes se sont multipliées. Elke Sleurs envisage, à l’IRPA (3), un colloque international début 2018 sur base du rapport Kairis publié par La Tribune de l’Art (http://www.latribunedelart.com/note-sur-les-tableaux-enle...).

        Dans ce rapport, il est fait mention de deux candidats PS aux communales de Liège tentant, en 1988, d’obtenir de Mitterand ce que la Commission des Hospices civils de Liège a réclamé, en 1864, à Napoléon III à savoir un tableau attribué à Rubens qui se trouve encore au Musée de Marseille alors qu’auparavant,  sa place initiale a été la chapelle de l’Hospice des Incurables et des filles repenties de Liège.

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Autoportrait de Bertholet Flémal - Ville de Liège

        Autre aspect liégeois du rapport Kairis, les aventures de la Conversion de Saint-Paul, une toile de Bertholet Flémal, peintre-chanoine de la collégiale Saint-Paul. À l’initiative du dernier consul-général de France à Liège, Zaïr Kedadouche, le Musée des Augustins de Toulouse prête, en 2011, pour six mois la Conversion à l’église à laquelle son auteur l’a destinée. Le ministre Jean-Claude Marcourt qui a eu le Patrimoine dans ses compétences s’efforce de prolonger la durée du prêt tout comme le conservateur du Trésor de la cathédrale, Philippe Georges qui  propose en échange plusieurs toiles de Frans Francken le jeune. Tout cela en vain. En 2014, le jour où jamais tant de chefs d’État et de gouvernements ne sont venus à Liège, obstinées les autorités ont remis une lettre au Président de la République, François Hollande. Toujours, en vain.

        Le salut réside peut-être dans le ciel. En conclusion, le rapport Kairis mentionne : le précédent des manuscrits coréens permet de considérer que c’est par le biais de pressions économiques que des démarches diplomatiques pourraient aboutir à quelques restitutions ponctuelles, conformément à une nouvelle doctrine hexagonale qui ne dit pas son nom. En clair, l’achat habilement négocié par la Belgique de quelques avions Rafales français permettrait peut-être le retour de quelques-uns des tableaux saisis en 1794…  

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Conversion de Saint-Paul Photo Daniel Martin

  • (1) Cfr Documents de travail du Sénat français – Série Législation comparée – L’aliénation des collections publiques – Décembre 2008 – LC 191.
  • (2) Cfr Liège 28 du 30/7/2015.
  • (3) IRPA Institut royal du Patrimoine artistique.

11:25 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Histoire, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 19 août 2016

Dix concitoyennes et concitoyens recoivent le titre de Citoyenne et Citoyen d'honneur de la Ville de Liège.

      

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         Al bone franquète al Violète, cinq mots pour résumer l’ambiance régnant en la salle des pas perdus de l’Hôtel de Ville à l’occasion de la remise de la distinction Citoyenne et Citoyen d’honneur de la Ville de Liège. La barre des cent récipiendaires a été franchie depuis la date – 2009 - à laquelle cette nouvelle appellation vu le jour. Auparavant, le Collège décernait la médaille de reconnaissance de la Ville de Liège à celles et à ceux qui - comme les Citoye(ne)s d’honneur aujourd’hui - ont contribué, amplifié ou redynamisé la réputation de la cité ardente, à la force de leur talent et de leur travail. Aujourd’hui le site officiel de Liège place dans la même rubrique Les citoyens d'honneur celles ou ceux d’avant ou d’après 2009. Parmi ceux-ci, David Goffin (2012),  Nafissatou Thiam Charline, Van Snick (2013). Innovation cette année dans l’attribution de ces récompenses, cette cérémonie de distinction sera désormais paritaire homme-femme. Le bourgmestre Willy Demeyer de mentionner, sans les hiérarchiser, les mérites des divers(e)s récipiendaires de la promotion 2016.  

        Une promotion qui fait la part belle aux consœur et confrères. Trois journalistes – Mamine Pirotte, Charles Ledent et Edmond Blattchen - reçoivent le titre de Citoyen(ne)s d’honneur. Jusqu’à présent, une seule journaliste Hadja Lahbib a été sacrée citoyenne d’honneur en 2011 tandis qu’en 2002 Jean-Marie Peterken a reçu la médaille de reconnaissance de la Ville de Liège. 

        Le bourgmestre de déclarer : Femme de caractère, femme jusqu’au bout des ongles et des convictions, Mamine Pirotte incarne une part de la renommée médiatique de Liège. L’édile qui souhaite voir débarquer dans sa ville Dimitri Boizot pour y mener une enquête racontée par Patrick Philippart, nom de romancier de Charles Ledent, constate que l’obstination et la passion sont les 2 qualités qui ont permis à Charles Ledent d’écrire plus d’une dizaine de romans en 15 ans tandis que les vertus d’Edmond Blattchen sont : Expliquer, décoder, transmettre, le monde et ses enjeux, représentent pour lui, une mission qui va bien au-delà de la mission de service public, c’est une œuvre personnelle. Pour ce faire, il a toujours préparé ses émissions avec minutie, curiosité et exhaustivité et cela va sans dire, probablement une certaine dose d’angoisse.

        Les sept autres récipiendaires ont eu droit également à une présentation maïorale personnalisée. À l’octogénaire Annie Massay qui s’initie dès son adolescence à l’athéisme, au socialisme et au féminisme. Trois valeurs qui marqueront profondément sa future carrière le bourgmestre évoque les luttes syndicales dont la grève des femmes de la FN en 1966 auxquelles elle a participé.

        Au quintuple papa - il contribue à lui seul à accroître la population liégeoiseGaëtan Servais qui avec Fabrice Lamproye a lancé Les Ardentes en 2006, Willy Demeyer souligne que celles-ci ont amené, de manière cumulative près de 700.000 personnes à Coronmeuse (…) situer Liège surla carte des festivals d’été. C’est aujourd’hui chose faite ! Pour les jeunes liégeoises et les jeunes liégeois, nés après  1990,  on  peut  même  parler  de  « génération Ardentes ».

        Ancienne élève du Lycée Léonie de Waha, Caroline Pholien exerce en tant qu'indépendante les métiers de peintre en décor du patrimoine et de doreur. Le maïeur cite quelques restaurations pour illustrer le talent de cette liégeoise : le Grand Foyer de l'Opéra Royal de Wallonie, les dorures du Palais du Gouverneur de Liège ou encore la restauration au Château de Versailles (dorures de la salle à manger de chasse et de l'antichambre des chiens) sans oublier que femme passionnée et passionnante, en 2011, elle ouvre une galerie d'arts « la Galerie Isabeau » où elle présente ses créations contemporaines.

        Chantal Van Laer est la troisième génération à la tête d’un magasin bien connu de nombre de Liégeois puisqu’il existe depuis 93 ans ! Installée au cœur du quartier d’Outremeuse depuis 1923, la Maison Van Laer, fut tout d’abord, sous l’égide de Florence, une confiserie. Avant que son mari, Henri Van Laer, n’y ajoute aussi du vin. Rapidement, l’enseigne s’est spécialisée dans le vin. Son fils José y ajoute une expertise du rhum et du whisky tandis que sa fille Chantal Van Laer va peu à peu, apprendre et partager la passion familiale avec cet objectif, retrouver le meilleur du terroir, la finesse des tanins.(…) Sa passion, elle la partage aujourd’hui avec ses clients au travers notamment des dégustations tant de vin que d’alcool. Goûter et conseiller avec la convivialité liégeoise représentent une belle manière de convaincre ceux-ci d’étoffer leur cave.

        Spécialiste du droit du travail, l’avocat Jean-Paul Lacomble est à la tête du Royal Football Club Liégeois – matricule 4 créé en 1892 - en 5 ans à peine, avec d’autres administrateurs liégeois autour de lui, Jean-Paul a réussi à assurer la viabilité financière du Club, accroître le nombre de ses spectateurs, recréer un esprit « Rouge et Bleu », progresser d’un échelon au niveau sportif et faire revenir, après 20 ans d’attente, le RFCL à Rocourt. Excusez du peu ! En un mot, le club a retrouvé sa crédibilité et ses racines. Et Jean-Paul Lacomble a voulu donner un sens à cet investissement dans le foot en assignant au club un projet social qui a pour objectif, au-delà de former des footballeurs, de « fabriquer » des citoyens. Cet engagement se matérialise notamment par la création d’une école de devoirs.

        Gaëtane Leroy est une amoureuse du cœur historique de Liège et ce, depuis ses études en Histoire de l'art à l'Université de Liège. (…) Cet embellissement de l'ancienne imprimerie Bassompierre, active au 18eme siècle, a été effectué avec respect afin de conserver l'âme du lieu. (…) Outre le caractère liégeois du bâtiment qui a été conservé, sa gérante propose des produits issus de la production et des commerces locaux ainsi que des séjours thématiques en collaboration avec ses nombreux voisins. Lorsqu’ils font le choix de séjourner dans cet hôtel, les touristes reçoivent ainsi un accueil personnalisé et effectuent une escale au plus près du cœur de la Ville.

           En 1992, Guy Stockis a repris l’établissement créé quai sur Meuse par Julien Lequet. Y manger son premier boulet constitue une sorte de rituel de passage incontournable pour le néo-liégeois. Un rite savamment perpétué par les principautaires, un sourire de connivence aux lèvres, avec un plaisir encore accru si l’initié du jour ne présage rien de l’accueil à la liégeoise… Car le lieu doit beaucoup à la personnalité de son patron. Cabochard, grande gueule, il met autant de générosité dans ses apostrophes que dans sa cuisine. Bref, en prélude aux festivités mariales du 15 août, une sympathique cérémonie al bone franquète al Violète

la photo, premier rang, de gauche à droite : Guy Stockis, Chantal Van Laer, Jean-Paul Lacomble, Mamine Pirotte, Gaëtan Servais,      deuxième rang, de gauche à droite : Edmond Blattchen, Annie Massay, Caroline Pholien, Gaëtane Leroy, Charles Ledent.

 

08:08 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Gastronomie, Littérature, Media, Social, Spiritualité, Télévision, Viticulture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 13 août 2016

"Petite prolongation" - jusqu'au 21 août - de l'expo SEMPÉ au Centre culturel de Marchin.

 

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      Par une délicate attention, le Centre culturel de Marchin (www.centreculturelmarchin.be) a décidé une petite prolongation de l’exposition consacrée à Jean-Jacques SEMPÉ en collaboration avec l’édition galerie Martine Gossieaux de Paris. La petite prolongation jusqu’au 21 août – de 14 à 18h – permet de célébrer le 17 août l’anniversaire de SEMPÉ, né, il y a 84 ans, à Pessac, commune limitrophe de Bordeaux.

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      On ne peut dire que son enfance a été une enfance heureuse. Son père a davantage d’amour pour l’AOC pessac-léognan que pour son épouse d’où de perpétuelles scènes de ménage. Jean-Jacques connait l’envoi dans les colonies de vacances, les jolies colonies de vacances de l’avis de Pierre Perret ! SEMPÉ ne parait pas trop traumatisé par cette enfance qui l’a vu quitter l’école primaire à 14 ans, une scolarité amputée de deux ans pour faits de guerre. Dans le film Sempé, dessinateur d'humour  - diffusé en boucle à Marchin – il raconte ces épisodes parmi d’autres. Mes parents ont fait ce qu'ils ont pu les pauvres, vraiment. Je ne leur en veux pas une seconde, ils se sont débrouillés comme ils ont pu.

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       En 1951, dans le journal du septième jour comme se définit Sud Ouest Dimanche (SOD) – supplément magazine du quotidien régional Sud Ouest dirigé par Jacques Lemoine - le jeune SEMPÉ publie ses premiers dessins empreints déjà de cet humour jamais méchant qui le caractérise. C’est dans SOD qu’apparait le personnage de Nicolas, un prénom bien connu depuis 1822 grâce au caviste Louis Nicolas. Lorsqu’il est demandé à SEMPÉ d’insérer son personnage Nicolas dans une BD, il fait appel au scénariste Goscinny qu’il a connu au Moustique, un hebdomadaire publié par les éditions Dupuis de Marcinelle. Le 16 septembre 1956, dans Sud Ouest Dimanche, première apparition des aventures du Petit Nicolas de SEMPÉ et Goscinny. Aventures faites de souvenirs et de l’imagination du Bordelais échangés avec le Parisien. Ensuite le succès est là, va au-delà jusqu’aux couvertures du New Yorker.

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      Si SEMPÉ a fait sourire et rire des millions de personnes, il a également transmis son sens de l’humour à sa fille Inga, designer. À un journaliste qui lui dit Vous avez un air de l’actrice Isabelle Carré, elle rétorque  Ah bon ? Mais est-elle seulement aussi antipathique que moi ?

14:40 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 08 août 2016

Comment les compagnies aériennes à bas coût font-elles pour être 57% moins chères qu'une compagnie classique ?

        En Europe, la première compagnie aérienne à bas coût, Ryanair, est apparue il y a une trentaine d’années. Le succès a été au rendez-vous en sorte le bas coût - associé au bagout du patron de Ryanair, Michel O’Leary - s’est développé au point qu’il existe actuellement quelques vingt- cinq compagnies aériennes européennes à bas coût. Deux d’entre elles – Norwegian et Easy Jet - figurent dans les dix premières du classement mondial établi par Skytrax qui fait autorité dans la matière.

        Comment les compagnies à bas coût parviennent-elles à offrir des tarifs si avantageux ? Un des quinze administrateurs d’Air France-KLM, Louis Jobard – commandant de bord sur B777, titulaire d’une Licence de Sciences Economiques-Gestion des Entreprises de l’Université de Tours – estime que les compagnies à bas coût sont 57% moins chères que leurs concurrentes, les compagnies classiques. Autrement dit, quand pour celles-ci, un siège coûte cent euros, il ne coûte que quarante-trois euros chez un bas coût.

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        Louis Jobard dont les propos sont rapportés par le quotidien numérique PNC Contact détaille les économies dont tirent parti les compagnies à bas coût. Ainsi, sur cent euros dépensés par une compagnie classique, les bas coût en économisent 16 par la densité plus élevée de sièges dans les avions, 10 par la réduction des coûts d’escales - chez Easy Jet, une escale n’excède pas la demi-heure - et de handling, 6 par le choix d’aéroports moins chers en redevances et en taxes, 6 par l’absence de catering, 6 par l’inexistence des commissions versées aux agences de voyage, 3 grâce à une utilisation quotidienne accrue des avions – un Airbus d’Easy Jet  vole en moyenne, onze heures par jour -, 3 par la réduction des coûts de vente et de réservation, 3 par la réduction des coûts équipage, 2 par l’externalisation de la maintenance et le choix d’une flotte unique,  2 par la réduction des coûts des fonctions supports et administratives.

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        Le choix d’une flotte unique se caractérise chez Ryanair par trois cents Boeing 737-800 en exploitation (plus deux cent quatre-vingt-trois en commande), chez Easy Jet par deux cent cinquante-cinq Airbus répartis en cent quarante-quatre A319-200 et cent onze A320-200 en exploitation (plus cent soixante-huit dont cent trente A320neo en commande), chez Norwegian  par cent deux Boeing 737-800 en exploitation (plus  vingt-neuf en commande).

09:09 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 01 août 2016

L'Égypte en quête d'un Islam modéré.

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        La Constitution égyptienne du 15 janvier 2014 stipule en son article 2, l’Islam est la religion d’État. L’arabe est sa langue officielle. Les principes de la Charia islamique sont la source principale de la législation. Cependant, le gouvernement du président Abdel Fattah al-Sissi n’entend pas qu’un Islam extrémiste règne. Après que le nouveau régime a notamment réprimé – le mot est faible – l’organisation des Frères musulmans, le ministère des Waqfs (biens religieux musulmans) en juillet 2014 décide de fermer, la veille du Ramadan, un millier de petites mosquées et de n’autoriser l’accès aux minbars des mosquées, qu’aux seuls imams diplômés de l’université d’Al-Azhar. Le ministère des Waqfs veut en terminer avec les imams autoproclamés transformant les mosquées en tribunes politiques. En charge des mosquées, Mahmoud Abdel-Razeq déclare les mosquées ont été conçues pour l’adoration de Dieu et rien d’autre tandis que les milieux islamistes redoutent le monopole de l’État sur le discours religieux dont, par ailleurs, ils ne soucient guère de le voir dévoyé. Ils craignent également qu’au nom de la sécurité, le choix des imams autorisés se fassent sur des bases politiques.

        Dans une récente livraison d’Al-Arham hebdo, il est fait mention que Mohamad Gomaa,  ministre actuel des Waqfs, a décidé que dorénavant, le vendredi, dans les 150 000 mosquées du pays, les imams doivent lire un même sermon rédigé par les pouvoirs religieux. Le but a déclaré Mohamad Gomaa est de transmettre au monde le discours d’un islam modéré. Le sermon écrit est un pas en avant qui permettra par la suite de réformer le discours religieux ». Une commission composée outre des oulémas modérés d’Al-Azhar et des députés de la commission religieuse, de sociologues et de psychologues doit déterminer les thèmes et le texte des prêches.

        Il va sans dire que cette mesure ne fait pas l’unanimité des oulémas et des imams. Un membre du Front des oulémas d’Al-Azhar  - groupement de religieux basé au Koweït et sans lien institutionnel avec l’université Al-Azhar -, le fondamentaliste Mohamad Ouf résume son hostilité en trois points. Primo, partout en Égypte, chaque ville ou village a des problèmes différents de l’autre. Un certain village peut avoir un problème de vol, et donc, le sermon devra parler du vol. Alors qu’un autre village peut avoir des problèmes d’une autre nature. Secundo, le prêche a essentiellement pour rôle de guider la société et d’expliquer les enjeux des textes religieux en les rapprochant des problèmes quotidiens des gens. Le discours religieux doit aussi prendre en compte le niveau social et culturel de l’auditoire. Ainsi, il semble illogique d’imposer un discours unique à tous les musulmans. Tertio, Comment les gens pourront-ils avoir confiance en un imam qui lit son sermon en suivant des yeux un texte qu’il n’a même pas rédigé ? Tout au long de l’histoire de l’islam, les minarets ont connu maintes écoles de charia et de théologie religieuse. L’islam n’a jamais connu l’uniformisation et sa philosophie se base sur la divergence des points de vue et des interprétations. C’est ce débat qui donne à la religion le dynamisme nécessaire pour suivre les évolutions de la société.

        Tout à sa tâche de chercher à moderniser le discours religieux, le ministre des Waqfs s’en tient à sa position à l’égard du Front des oulémas d’Al-Azhar qu’il estime composé d’éléments extrémistes des Frères musulmans. Ceux qui ont laissé faire ces extrémistes ont trahi la religion et la patrie. Nous sommes actuellement à une période où l’on ne peut plus tenir le bâton par le milieu.

 

00:10 Écrit par Pierre André dans Actualité, Politique, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 28 juillet 2016

Récipiendaire du Prix 2015-2016 du Corps consulaire de Liège, madame Cécile Havard.

        Cinq mille cinq étudiants en provenance de cent dix pays, notre Université s’internationalise a déclaré le recteur Albert Corhay à la remise du Prix du Corps consulaire de Liège. Un Corps constitué de quarante-six consuls représentant quarante-quatre pays, symbole de l’internationalisation du pays de Liège. Ouvert à tous les étudiant(e)s de l’ULg, ce Prix créé, au XXIe siècle, à l’initiative du professeur Dondelinger, consul honoraire du Grand-Duché de Luxembourg est doté de trois mille euros. Bien davantage que certains Prix décernés par l’Académie française ne dépassant pas les mille euros. Ce prix vise à susciter et à encourager, chez de jeunes étudiants diplômés, des vocations pour la vie diplomatique ou des carrières de recherches qui touchent à ce domaine.

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© Ulg-Photo: M. Houet 2016

         Le Prix 2015-2016 a été remis par le doyen du Corps consulaire, Fernand Goffioul, consul honoraire d’Espagne,  à Cécile Havard (24 ans) pour son mémoire  la crise des ressources humaines pour la santé dans les pays en développement.  L’objectif premier de ce mémoire est de mieux cerner la problématique des ressources humaines de santé, souvent négligée dans les programmes nationaux et internationaux alors qu’elle s’avère pourtant essentielle pour le développement des systèmes de santé afin de garantir un accès universel aux soins médicaux.  Cécile Havard tente de fournir des pistes de réflexion dans le but de déterminer comment pallier la crise des ressources humaines de santé.

        Il faut savoir que partout dans le monde, il y a pénurie de médecins, de sages-femmes et d’infirmiers. Le besoin est estimé à sept millions deux pour permettre un accès universel aux services de santé vitaux. Par ailleurs, la mauvaise répartition géographique du personnel médical aggrave davantage le problème dans certaines régions du monde, comme en Afrique subsaharienne (…) L’inégalité de cette répartition est encore accentuée par l’accélération des migrations causées par l’ouverture des marchés du travail, laquelle attire les professionnels qualifiés vers des régions plus riches au détriment de régions plus pauvres dans lesquelles les besoins en ressources humaines de santé sont, généralement, les plus importants.    

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© Ulg-Photo: M. Houet 2016 

Photos : - Cécile Havard en compagnie du Doyen du Corps consulaire, Fernand Goffioul, consul honoraire d'Espagne et de Didier Bronne, consul honoraire de Norvége.

- Cécile Havard entourée de membres du Corps consulaire, du ministre Bacquelaine, du gouverneur Jamar et du recteur Corhay.

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vendredi, 22 juillet 2016

La France décerne la médaille nationale de reconnaissance aux victimes d'actes terroristes.

        À l’instar de Napoléon 1er et du général de Gaulle qui ont créé respectivement l’ordre national de la Légion d’honneur et celui du Mérite, le Président François Hollande vient de créer la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme destinée à manifester l’hommage de la Nation aux victimes d’actes terroristes commis sur le territoire national ou à l’étranger. Distinction accordée par décret du Président de la République. L’administration en est confiée à la grande chancellerie de la Légion d’honneur.

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        Sous un ruban blanc de 4 cm de large, les insignes de la nouvelle médaille représentent à l’avers, une fleur à cinq pétales chargée de cinq épis de feuilles d’olivier pour symboliser la valeur de la paix au sein de la République tandis qu’au cœur, la statue de la place de la République à Paris. La mention RÉPUBLIQUE  FRANÇAISE est au centre de la médaille couleur argent bordée de bleu. Le revers est identique à l’exception du cœur, deux drapeaux français croisés, et du centre, la devise «LIBERTÉ – ÉGALITÉ – FRATERNITÉ».  

        Le décret du Président Hollande rétroagit ; la médaille est décernée, à compter du 1er janvier 2006. Il est vrai que les actes de terrorisme ne date pas du jour où tout un chacun s’est affirmé Je suis Charlie. Déjà en 1937, la Société des Nations a adopté – sans qu’il y ait, toutefois, ratification – la Convention de Genève sur la prévention et la répression du terrorisme. À l’époque, le terrorisme est défini comme les faits criminels dirigés contre un Etat et dont le but ou la nature est de provoquer la terreur chez des personnalités déterminées, ou des groupes de personnes ou dans le public. La médaille nationale de reconnaissance est accordée tant aux Français qu’aux étrangers tués, blessés ou séquestrés lors d’actes terroristes. Pour les Français, peu importe que les actes terroristes se déroulent en France ou à l’étranger. En revanche, les étrangers victimes d’actes terroristes à l’étranger ne sont admissibles à la médaille nationale de reconnaissance que si ceux-ci  sont dirigés contre les intérêts de la République française. Pour paraphraser Michel Rocard, la France ne peut reconnaitre tous les actes terroristes du monde.  

        Si la presse française a relevé la coïncidence entre le décret du 12 juillet, sa publication au Journal officiel du 13 juillet et l’attentat de Nice le 14 juillet, aucun organe n’a commis la faute de goût en titrant  Nice, plus de trois cents candidats à la MNR ! Un sondage express du quotidien régional L’Union montre que près de soixante pour cent des gens du Grand Est sont adversaires de la création de cette médaille à l’inverse de quelques vingt pour cent favorables.

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mardi, 12 juillet 2016

Oufti, quel Congrès ... le XIVe Congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français

       

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        La préparation du XIVe Congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français a été longue, six ans. Tout d’abord, il y a le temps de la réflexion, Liège est-elle à même de relever le défi de faire aussi bien – sinon mieux – que Durban (3 millions 400 mille habitants), Paris (2 millions 300 mille), Tokyo (13 millions et demi) ? Fort de l’appui de l’Université, de la Province, de la Ville, Jean-Marie Klinkenberg présente, en 2012 à Durban, la candidature de Liège. Elle est acceptée et ce Congrès se déroule à Liège, du 14 au 21 juillet 2016, sur le thème Français langue ardente.

        Durant quatre ans, tout est mis en œuvre pour faire du Congrès une réussite. Ainsi, la Province de Liège met à la disposition  150 chambres des internats de Seraing et d’Herstal de l’enseignement provincial aussi bien des aides matérielles et logistiques. Ainsi, le service de la communication intervient lors des cérémonies d’ouverture et de clôture du Congrès de même que la collaboration de Fédération du tourisme a été précieuse dans la conception de l’offre culturelle et touristique  proposée aux congressistes sans oublier la réception officielle au Palais provincial des 1500 participants venus de 103 pays.   

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        Dans son message aux congressistes, la Secrétaire-générale de l’OIF (1), Michaëlle Jean déclare : Vous allez vous nourrir mutuellement de la diversité de vos perspectives qui sont riches et qui témoignent d'un investissement constant. Vous le ferez, en ayant bien à l'esprit le message de l’un des pères fondateurs de la Francophonie, Léopold Sédar Senghor: « S’enrichir de nos différences pour converger vers l’universel. » La Francophonie qui nous rassemble est un puissant maillage de réseaux institutionnels, professionnels et de la société civile. Parmi ces réseaux, la Fédération internationale des professeurs de français est l’un des plus emblématiques de la « Francophonie des solutions » – j'aime la nommer ainsi – qui trouve sa force dans des synergies fécondes. Consciente de ses atouts, de ses accomplissements dans tous les domaines, de ses bonnes pratiques à partager, des passerelles à renforcer ou à construire, cette Francophonie trouve dans la langue française un formidable levier.

        Plus de cinq cents communications allant de La culture d'évaluation des compétences au Kazakhstan à L’état du français dans l’empire ottoman et dans la Turquie nouvelle ou encore les Représentations sémantiques des mots « French (français) » et « Francophone (francophone) » chez les élèves et les étudiants du français au Botswana sans oublier D’une implantation de l’approche neurolinguistique (ANL) à Taïwan.

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        L’ensemble des communications vise à mieux encore enseigner le français. Obtient-on un meilleur résultat par L'argot, langage ardent ? Berry van de Wouw le croit : Ce langage coloré mérite donc qu'on en parle en classe. (…) Le matériel est prêt à l'emploi et sera distribué sur clé USB aux participants. Et pourquoi pas essayer les poèmes tels le limerick, le pantoum, le tanka et le haïku ? Ou encore l’humour depuis Philogelos jusqu'aux humoristes contemporains, chaque production comique peut constituer un élément déclencheur dans la démarche didactique en rafraichissant l'ambiance de la classe. L'épanouissement de l'humour en tant qu'outil éducatif est censé atteindre un noble but car « ridendo castigat mores » estime Raluca Ionescu. Un avis partagé par un autre collègue Greet Aelvoet - l’humour influence positivement non seulement notre épanouissement personnel mais également le processus d’enseignement et d’apprentissage - qui a décidé d’enseigner la langue française avec un sourire aux lèvres.

        C’est cool, ici ! C’est vraiment l’fun ! Le rôle des anglicismes en français de France et en français québécois, tel est le titre de la communication de Frédérique Grim de la Colorado State University (USA). Elle s’interroge : Quel mot enseigner dans un cours de français langue seconde ? Devrions-nous nous attacher au vocabulaire purement français ? Sans dévaloriser les langues qui influencent l’usage actuel, l’anglais semble fournir la majorité des néologismes dans la langue française. Entre le français parlé en France et le français dit « québécois », les différences lexicales se retrouvent non seulement au sein de la langue française, mais aussi dans le choix des mots anglais qui entrent dans chacune de ces variétés.

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        Un point de vue que ne partage point le Québécois Jean-Pierre Roy tanné de voir comment et pourquoi la langue anglaise s'infiltre avec autant d'aisance et d'ampleur... Son documentaire La LANGUE À TERRE, film pamphlétaire suit un parcours  politico-historique et s'indigne de l'anglicisation de nos cultures, pénétrées par une langue anglaise mondialisé qui s'impose partout et de plus en plus rapidement. L’impact de l’anglais ne se fait pas sentir qu’au Québec - Bernard Landry, Yves Beauchemin, Pierre Curzi, Louise Beaudoin, Yves Michaud et Victor-Lévy Beaulieu notamment ont conscience du problème - il en va de même ailleurs sur la planète. LA LANGUE À TERRE explore ainsi la place qu’occupe le « globish » en France, notre mère-patrie. Bernard Pivot, Cédric Klapisch, Jean-Pierre Raffarin et Patrice Leconte, entre autres, se questionnent sur les incidences de l’anglais sur la société française. Les Français sauront-ils protéger leur culture et conserver leur place de choix dans le monde ? En cette ère d’hypermondialisation, les nations pourront-elles résister à l’intrusion de l’anglais devenu lingua franca ?

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        Chaque délégation a élaboré un livre blanc sur la situation du français dans son pays en sorte que la synthèse des cent-trois livres blancs donne, à l’issue du Congrès, une vision claire de l’état de la langue française et de la diversité linguistique de la planète.

(1) OIF Organisation internationale de la Francophonie

16:46 Écrit par Pierre André dans Actualité, francophonie, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 29 juin 2016

Débarquant à Liege-Airport, personne n'ignore qu'elle est à Liège mais sait-elle que le pays de Liège est la terre natale de Zénobe Gramme, père de la seconde révolution industrielle?

        Toutes ces différentes personnalités ont un point commun - et la liste ne se limite point à ces seuls noms - Gengis Kahn, Roland Garros, Léonard de Vinci, Krim Belkacem, Pierre-Eliott Trudeau, Saint-Exupéry,  Murtala-Muhammed, Atatürk, Franz-Joseph Strauss, Mohammed V, John-Fitzgerald Kennedy, Aimé Césaire, Habib Bourguiba. Chacun figure au fronton d’aéroports. Rares sont les noms de femmes auxquelles cet honneur est dévolu. Nous en citerons quatre : Reine Béatrix à l’aéroport d’Oranjestad, Princess Juliana à Saint-Martin, Maria Montez à Santa Cruz de Barahona, Sabiha Gökçen à Istambul. Deux sont de sang royal, l’une est actrice, l’autre, fille adoptive d’Atatürk, a été première femme pilote de chasse au monde.

        En débarquant de l’avion, voyant le nom d’une personne au fronton de l’aéroport, chacun(e) découvre de nouveaux éléments d’une histoire locale que le lieu n’évoque en rien. Mieux, lorsque plus tard, ce nom apparait à nouveau, il fait se profiler le souvenir de la ville. Ainsi Monastir a dénommé son aéroport Habib Bourguiba, enfant de cette cité. La stature de cet homme d’État tunisien rejaillit sur sa ville natale et plus tard, au nom de Bourguiba se profilera Monastir.

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        Ces quelques exemples pris d’aéroports magnifiant des hommes et des femmes de talent né(e)s chez eux doivent nous inspirer. Le pays de Liège a compté des talents, des génies. Il en compte encore qui assurent le redéploiement économique et culturel de notre région. Nous pouvons, nous devons en être fiers !

        Lorsque la première révolution industrielle naît en Grande-Bretagne, la Wallonie et plus particulièrement le pays de Liège lui emboîte le pas sur le continent européen. C’est un enfant du pays, Zénobe Gramme, qui donne naissance à la seconde révolution industrielle en brevetant et commercialisant la dynamo. Évoquant Zénobe Gramme, l’historien Paul Delforge de l’Institut Jules Destrée voit en lui le modèle du Wallon inventif et entreprenant. Un certain mythe entoure celui qui aurait répondu un jour à un physicien qui avait mis la dynamo en équations : « s'il m'avait fallu savoir tout cela, je ne l'aurais jamais inventée ». En est-on si sûr ?  

        Quelques années après sa mort, Liège a rendu hommage à Zénobe Gramme en édifiant, par souscription publique, un monument au confluent de la Meuse et de l’Ourthe. Il a été inauguré par sa fille Zoé, le 7 octobre 1905, dans le cadre de l’Exposition  Universelle. À cet hommage du XXème siècle peut s’ajouter celui du XXIème qui consiste à ajouter à la dénomination de Liège-Airport celle de Aéroport Zénobe Gramme.   

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10:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Histoire, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 22 juin 2016

En 2017, "HAMILTON" qui triomphe à Broadway sera joué à Londres.

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        Nos confrères du journal liégeois Mathieu Laensberg - Charles Rogier, Joseph Lebeau, Paul Devaux – Pères fondateurs du Royaume envient peut-être la gloire qu’un autre Père fondateur d’une République, Alexander Hamilton, obtient actuellement à Broadway. La comédie musicale de Lin-Manuel Miranda, Hamilton, à l’affiche depuis juillet dernier, retrace des tranches de vie de personnalités historiques ou politiques. En costumes d’époque mais avec des airs urbains où se mêlent hip-hop et rap, Hamilton est une fresque historique tour à tour irrévérencieuse, patriotique, fleur bleue et traitant de thèmes tels l’immigration et l’ouverture aux étrangers.

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         D’origine portoricaine, Lin-Manuel Miranda a perçu tout le potentiel de la biographie d’Alexander Hamilton. Orphelin à dix ans, tué dans un duel par un vice-président des États-Unis, Aaron Burr, Hamilton a, d’abord, connu l’emploi dans une maison de comptes, entame des études au King’s Collège – future Université Columbia – de New-York, participe à la guerre d’indépendance américaine en qualité de secrétaire de Général Washington, combat aux cotés de La Fayette à Yorktown, épouse une jeune fille d’une famille influente et riche, premier Secrétaire du Trésor, fondateur de la Banque Fédérale, etc, etc.

       Hamilton côtoie tout qui compte aux États, à Londres, à Paris. Visionnaire, brillant constitutionnaliste, séduisant, il est aussi un être paradoxal ainsi le créateur de la Banque Fédérale a tant de dettes que ses amis se cotisent afin de les rembourser à sa mort. Mieux, adversaire de la Révolution française, il est déclaré en même temps que Georges Washington citoyen français par un décret du dimanche 26 août 1792 de l’Assemblée nationale considérant que les hommes qui, par leurs écrits et par leur courage, ont servi la cause de la liberté et préparé l’affranchissement des peuples, ne peuvent être regardés comme étrangers par une nation que ses lumières et son courage ont rendue libre.

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        Les 1319 sièges du Richard Rodgers Theatre sur la 46ème rue sont occupés à chaque représentation. Chaque semaine, c’est 600.000 $ de bénéfices engrangés. Il est prévu une tournée mondiale de Hamilton. Qualifiée par Michèle Obama de la plus grande œuvre artistique que j’ai jamais vue dans ma vie, les Liégeois(e)s découvriront Hamilton à moins de cinq cents kilomètre de la Cité ardente, à Londres, dans le courant de 2017.

 

 

 

 

08:45 Écrit par Pierre André dans Actualité, Histoire, Musique, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 13 juin 2016

Le Corps Consulaire de Liège en voyage en Grèce.

GRECE Egine.jpg©FCW

        Le Corps Consulaire de Liège et son Doyen Fernand Goffioul, consul honoraire d’Espagne, ont choisi la Grèce comme destination de leur voyage annuel. La préparation en a été confiée au consul honoraire de Grèce, Robert Laffineur, professeur émérite de l’Université de Liège en histoire de l’art et archéologie de l’antiquité classique. Considérant la Grèce comme son pays d’adoption, il a su, dans le programme réalisé, allier les mythes helléniques et les réalités grecques contemporaines.

        Première étape dans le monde hellénique, cela va de soi, l’Acropole – quand je vis l’Acropole, j’eus la révélation du divin … - ensuite visite des lieux de fouille de l’École française d’Athènes, le sanctuaire d’Apollon à Delphes ou de l’École belge d’Athènes à Thorikos avec son théâtre ancien si particulier et ses tombes à coupole mycéniennes. Sans oublier les musées et les temples qu’ils soient de Poseidon au Cap Sounion, d’Aphaia à l’île d’Égine ou encore de Zeus l’Olympien dans le parc public d’Hadrien à Athènes. Le tout commenté avec intelligence, humour par un consul (et professeur émérite) pour ses pairs.

        L’ambassadeur de Belgique en Grèce Luc Liebaut a tenu à recevoir  dans les jardins de sa résidence  le Corps Consulaire de Liège en compagnie notamment de membres du Belgian Business Club, une association où se retrouvent importateurs grecs de biens belges et investisseurs belges dans ce pays. Autre contact avec la société grecque, la réunion de travail avec les dirigeants d’Enterprise Greece a permis de mieux connaître la situation économique. Le président du Conseil d’Administration de l’AWEX, Dominique Godin pour sa part explique les atouts de la Wallonie. Dernier contact avec la réalité grecque, la relève de la garde des evzones auprès du Soldat inconnu grec et la visite du Parlement. À noter l’édification en 2000 dans sa cour ouest, d’une statue géante du premier ministre Charilos Trikoupis. Un hommage à celui qui a affronté, fin 19ème siècle, des difficultés présentant des similitudes  avec les problèmes d’aujourd’hui.

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        La cerise sur le gâteau du voyage a été la réception, au pied du stade où Pierre de Coubertin a lancé les Jeux olympiques modernes en 1896, par Dimitris Avramópoulos, pénultième consul de carrière en poste à Liège (1983-1987) et actuellement Commissaire européen en charge de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté. Évoquant ces matières en off the record, Dimitris Avramópoulos se fait grave tandis qu’auparavant, il a échangé des souvenirs liégeois. Parmi ceux-ci, la création par le chargé de cours Laffineur, en 1986, des premières  Rencontres égéennes internationales auxquelles le consul Avramópoulos apporte son appui car elles marquent l’anniversaire  des sensationnelles  découvertes de Schliemann  à  Mycènes. Une collaboration initiale fructueuse puisque les Rencontres égéennes internationales en sont à leur 16ème édition.  

        Le programme du Corps Consulaire de Liège n’a pas fait l’impasse sur la cuisine grecque dont Archestratos a vanté les mérites dès 330 avant J-C. Des maisons de bouche (1) propices à exalter la variété de l’art culinaire et à souder un groupe. Quand, au Cookoovaya, Gérard Blaise se réjouit de la troisième victoire (Silverstone, Monza, Aragón) de son petit-fils Max Defourny en cinq courses de formule Renault 2.0, chacun(e) est un peu le papy ou la mammy du jeune Max (17 ans). À l’issue de ces repas, chacun(e) se connaît mieux !    

(1)    Agora Select, Ch. Mexi 8 – K. Ventiri 9 (la mention de deux noms de rues dans une adresse grecque indique que le lieu se trouve à l’angle des deux rues) 115 28 Athènes-quartier Ilisia, To Kafeneio, Loukianou 23, 106 74 Athènes-quartier Kolonaki, Akrogiali, Paralia Souniou (Sounion), Cookoovaya, Ch. Mexi 2, 115 28 Athènes-quartier Ilisia, Stamatopoulos Tavern, Lyssiou 26, 105 58 Athènes-quartier Plaka,  Restaurant Orizontes, Lofos Likavitou, 106 76 Athènes-colline du Lycabette.

20:15 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 04 juin 2016

FETE de la MUSIQUE...dans l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture...et à TOULOUSE ?

Au solstice d’été, le 21 juin, la Fête de la musique en est, cette année, à sa 35ème édition. Créée par le ministre de la Culture de François Mitterand , Jack Lang dans l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture, la Fête de la musique a été célébrée l’an dernier dans 120 pays sur les 197 reconnus par l’ONU.


Cette année, France-Télévisions retransmet depuis la place du Capitole, à Toulouse, un concert présenté par Garou. À l’affiche, quelques vingt-cinq artistes dont Frero Delavega , Christophe Maé, Soprano , Jain, Pascal Obispo, Vianney , Kendji Girac, Jean-Pierre Mader , etc.


En raison du plan Vigipirate renforcé, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR) a décidé d’instaurer un système gratuit d’accréditation nominatif pour tout qui désire assister au concert via le site municipal. En dépit d’une attaque de ce site par un hacker le jour J, le 3 mai, 16 000 Toulousain(e)s – la capacité de la place - se sont fait accrédités ce jour-là. Toutefois, dès la décision mayorale connue, les réseaux sociaux l’ont critiquée. Un collectif Culture à Toulouse, reviens vite ! a dénoncé la privatisation de l’espace public du Capitole et a demandé la suppression de l'accréditation obligatoire pour conserver un droit de passage pour TOUS les Toulousains, respectant les mesures de sécurité nécessaires.


Ce collectif reçoit l’appui de Jack Lang. Dans la Dépêche du Midi, il déclare, notamment, à notre consoeur Claire Raynaud : Je ne comprends pas comment un responsable politique peut prendre une telle décision qui est totalement contraire à l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture, qui est l'essence même de la Fête de la musique. ( …) Je ne connais pas personnellement le maire de Toulouse mais je le conjure de revenir sur sa décision. J'espère qu'il va se ressaisir. Cela me semble tout simplement inimaginable qu'il maintienne ce dispositif. La Fête de la musique, faut-il le rappeler, c'est un moment civique et citoyen. La place du Capitole appartient aux Toulousains et il ne peut pas leur en barrer l'accès ce soir-là, qui est tellement particulier et cher au cœur des Français. Je voudrais aussi lui rappeler que quand nous avons lancé cet événement en 1982, les débuts n'ont pas été flamboyants partout dans les villes de province, sauf à Toulouse, justement, qui s'est tout de suite mobilisée en masse pour faire vivre et grandir cet événement.


Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc a maintenu son dispositif. Il s’en est expliqué lui aussi dans La Dépêche du Midi en rendant hommage à … Jack Lang : nous ne sommes plus, hélas, en 1982, lorsqu'il avait eu l'idée géniale de lancer la Fête de la musique. Moi aussi, je préférerais que la Fête de la musique soit organisée en toute insouciance comme à l'époque, et que tous les accès soient libres. Mais, depuis, le monde a changé. C'est le Président François Hollande qui le dit, «Nous sommes en guerre» (…) La Place du Capitole, le 21 juin prochain, sera en fait un vaste plateau de télévision puisque le concert sera diffusé en direct sur France 2. Une émission de télévision dans un espace public, avec 16 000 personnes, c'est un événement très spécifique, qui exige, surtout par les temps actuels, un dispositif de sécurité tout aussi spécifique. (…) Mon devoir de maire de Toulouse, c'est de protéger les Toulousains, et ce devoir je le remplirai totalement quitte à être critiqué. Le système d'inscription gratuite préalable avec délivrance de «pass» permettra cette protection. Je maintiens donc l'organisation du 21 juin telle que prévue et sans rien changer.


Réaction du collectif Culture à Toulouse, reviens vite !, inviter les Toulousain(e)s à se faire accréditer en masse mais de ne pas utiliser leur pass le 21 juin de sorte que la place du Capitole soit presque totalement déserte. Une exigence sécuritaire supplémentaire de la mairie obligeant chaque titulaire d’accréditation à venir, le 19 juin, retirer personnellement – y compris les enfants - un bracelet indéchirable en présentant une pièce d’identité est susceptible d’accroître la désertification. Si telle est la réalité, ce sera un désaveu - affiché devant les cinq millions de téléspectateurs attendus par France 2 - de la politique sécuritaire du maire Moudenc. Suspense donc, une raison supplémentaire de regarder la TV à moins que fidèle à l’esprit de la Fête de la musique, chacun(e) n’aille dans les rues de sa commune découvrir toutes les musiques dans l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture !

19:07 Écrit par Pierre André dans Culture, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 26 mai 2016

Le Liégeois David Goffin en vedette dans le journal suisse Le Temps.

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        Actuellement, le responsable des sports du journal suisse Le Temps, notre confrère Laurent Favre couvre  Roland-Garros. Quoi de plus normal mais il le fait d’une manière inhabituelle, selon la méthode imaginée par le réalisateur suisse Jean-Luc Godard. Celui-ci, en 2007, dans un entretien à L’Équipe a été d’avis que la meilleure manière journalistique de rendre compte d’un tournoi de tennis est de prendre un joueur inconnu qui dispute le premier tour, le suivre jusqu’à ce qu’il perde, puis poursuivre avec son vainqueur, et ainsi de suite jusqu’à la finale.

        Cette année donc, Le Temps applique le projet Godard. Il a choisi  de suivre en premier les exploits du Français Grégoire Barrière. Celui-ci battu par le Wallon David Goffin, c’est notre compatriote qui est à l’honneur dans l’édition de ce matin du journal suisse de référence. Notre souhait est qu’il le reste le plus longtemps possible.  

        L’article – cinq minutes de lecture - a pour titre David Goffin, dans l’antichambre des stars du tennis. En voici, un extrait : La proposition du Temps de l’accompagner jusqu’au bout de «son» Roland-Garros le décontenance un peu («Vous voulez vraiment me suivre partout?») autant qu’elle le flatte. La Suisse, c’est le pays de Roger Federer. Son idole de jeunesse. David Goffin avait douze ans l’année du premier sacre à Wimbledon. «Dans ma chambre, j’avais des posters de Federer tellement énormes que je n’avais pas la place de les punaiser correctement.» Il en est resté quelque chose, une fluidité, une élégance, un toucher.

Physiquement, David Goffin ressemble à un mélange de Claude François jeune (pour l’énergie) et de l’acteur Benoît Magimel (pour le contraste entre la blondeur et le regard bleu acier). Dans le players' lounge, sa silhouette plutôt fluette (1m80, 68 kg) le distingue des gros bras. Nous le retrouvons mercredi en début d’après-midi. Toujours vêtu de son survêtement bleu, il vient de se restaurer après s’être entraîné une heure au stade Jean Bouin avec l’Autrichien Dominic Thiem. «C’était très soutenu, parfois intense, comme toujours avec Dominic», détaille-t-il.

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mercredi, 18 mai 2016

Liège ... belle à croquer !

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©C. Raes

        Jusqu’à la fin du XIXème siècle, il n’est pas exagéré de dire que parmi les voyageurs qui arpentent le monde, nombre de ceux-ci tiennent un carnet de notes agrémenté de l’un ou l’autre croquis. Siècle de l’image et de la vitesse, le XXème met à mal cette tradition qui curieusement a tendance à renaitre en ce début de troisième millénaire.

        Le mérite en revient à Gabriel Campanario, un émigré barcelonais, dessinateur au Seattle Times qui, en 2007, a l’idée de fonder une association dont le but est de promouvoir le dessin d’observation in  situ. En compagnie d’une centaine de dessinateurs répartis dans le monde Campaniero fonde en 2008 Urban Sketchers ou les Croqueurs urbains. Parmi ces Croqueurs, un Liégeois, Gérard Michel, architecte, féru de croquis comme d’autres font de la confiture !

LIEGE Gérard Michel.jpg©G.Michel

        Adeptes d’Internet, les fondateurs d’Urban Sketchers établissent, en huit points, un Manifeste définissant  l’esprit du mouvement : Nous dessinons in situ, en intérieur ou en extérieur et croquons sur le vif. Nos dessins sont les témoins de notre quotidien et de nos voyages. Ou encore Nous nous soutenons, aidons, et encourageons les uns les autres et dessinons en groupe. Nous partageons nos dessins en ligne. Nous montrons le monde de dessin en dessin.

        Gérard Michel propose à la vénérable institution liégeoise la Société libre d’Émulation dont la devise est Utile dulci d’inviter quelques Croqueurs à visiter Liège. Fidèle à son protecteur François-Charles de Velbrück et à sa vocation d’origine, l’Académie a aussitôt embarqué. Reçus en résidence à Liège durant une semaine, treize Croqueurs venus d’horizons divers – Flandres, Pays-Bas, Allemagne, France, Espagne, Italie et Liège – munis chacun d’un carnet-accordéon de cinq mètres de long ont déambulés dans la cité ardente à charge pour eux de ramener des esquisses urbaines, matières à exposition de soixante mètres de dessins... qui ont été présentés pendant trois semaines au Théâtre de Liège.

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        Le succès rencontré lors de cet évènement a incité la Société libre d’Émulation à publier un livre d’un poids de 600 grammes, Liège des Urban Sketchers (1) reprenant 150 dessins sur 200 pages.

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        Cet ouvrage prend place à côté des Carnets de voyage de Gabriel Campanario qui entend dessiner le monde, de ville en ville en offrant cinquante villes de trente pays croqués par de multiples Urban Ske.tchers. Le livre Liège des Urban Sketchers sera en vedette lors du prochain symposium mondial des Croqueurs urbains qui se tiendra à Manchester du 27 au 30 juillet, réunissant plusieurs centaines de dessinateurs. Au premier symposium, en 2010, à Portland, ils étaient 80 et l’an dernier, à Singapour 390. Décidément, les Urban Sketchers croquent la ville à belles dents ...

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Liège des Urban Sketcheurs – N°ISBN : 978-2-9601788-0-7 - Croquis de Florian Afflerbach (Siegen), Simonetta Capecchi (Naples),  Fabien Denoël (Liège), René Fijten (Maastricht), Miguel Herranz (Barcelone), Lapin (Barcelone), David Magli (Grenoble), Gérard Michel (Liège), Antoine Michel (Liège), Corinne Raes (Haacht),  Luis Ruiz Padron (Malaga), Rolf Schroeter (Berlin), Inma Serrano (Séville) – Coordinateur Gérard Michel - 150 dessins – 200 pages - Impression : Raymond Vervinckt & fils sprl. - Diffusion : Société libre d’Émulation asbl. - 20,7 x18.6 x 2.6 cm – 29 €

17:54 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 10 mai 2016

Oufti, on ne l'aurait pas cru, encore heureux qu'on l'ait lu !

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        Parmi les centaines d’articles proposés par Colruyt figure du Saumon Atlantique fumé de marque Everyday. Le prix ? 2 €96 les 200 grammes. Au verso de l’emballage, une notice indique comment se répartissent les 200 gr : 97% saumon Atlantique (Salmo salar, élevé en Norvège), sel  et l’endroit et le manière dont le produit est conditionné en Lithuanie et sous vide. Et afin que l’acheteur n’ignore rien de l’article vendu, la notice précise en lettres orange Contient du poisson

12:57 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 03 mai 2016

"SI J'AVAIS SU ..." ou les confidences de Sandra Kim !

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        Il y trente ans, le 3 mai, Sandra Kim (13 ans) remporte l’Eurovision par 176 points devançant le second de 46 points. Ce n’était ni une petite victoire ni une réussite à l’arraché. C’était une victoire écrasante. Et j’allais devoir assurer (…) J’étais devenue Sandra Kim, porteuse de l’étendard belge. Ceci s’est passé à Bergen. en Norvège et non à Mons comme l’a cru un instant le premier ministre Wilfried Maertens recevant l’unique lauréate belge de ce concours international créé en 1956.

        Interprétant  à l’Eurovision  J’aime la vie, Sandra Caldarone, petite fille d’émigrés italiens du bassin sidérurgique de Liège, dans un livre Si j’avais su … (1) confie qu’au moment où les points s’accumulent et que la victoire se dessine, je n’ai vraiment pas bien vécu cet instant, je l’ai subi. C’est terrible de dire ça.  

        À l’âge de huit ans et demi, son parrain Joseph l’inscrit à La Voix de l’Avenir dans la salle du Capri, à Montegnée. Ce sont là ses débuts. Par deux fois, Sandra Caldarone est la Voix de l’Avenir, ensuite ce sont des soirées italiennes. Puis elle participe avec son band Mattino au Festival de la Chanson italienne. Un membre du jury, parolier de Frédéric François, trouve que le groupe surtout la petite chanteuse a du potentiel. Il en devient le producteur et inscrit, en 1985, Sandra à l’Ambrogino d’Oro diffusé sur la RAI. À Milan, Sandra est classée quatrième devant des dizaines de candidat(e)s parmi lesquels Vanessa Paradis. (…) On s’est côtoyées. Elle était timide.  

        Le producteur est ambitieux. Il demandera à mes musiciens de composer une chanson pour le prochain Eurovision. Il voulait un thème joyeux avec un texte optimiste. Il l’écrira lui-même. Qu’y a-t-il de plus gai que J’aime la vie ?(…) Il  y croyait à fond. La suite va lui donner raison. Première étape, être choisi par le public de la RTBF parmi les onze présélectionnés. Le directeur de la TV, Georges Konen annonce le résultat : La jeunesse l’a emporté !

        Le producteur, avant l’Eurovision, fait signer un contrat d’exclusivité. Il jouit de la confiance de la famille Caldarone. Ma famille est estimable. ( …) Leur principale qualité, c’est d’être droit, et d’accorder le même crédit d’honnêteté à tout le monde. Ils signent un contrat de type léonin d’une durée de sept ans excluant, notamment, tout droit pour l’interprétation. Un réel coup de poignard dans les conventions internationales sur le droit légitime d’interprétation ! Sandra Kim ne perçoit rien pour J’aime la vie qui s’est vendu à 360 000 disques en Belgique et à plus d’un million dans le monde. Sandra Kim ne perçoit rien pour les disques ultérieurs qu'elle enregistre ! Mes parents se sont tus. Moi aussi. Si j’avais su …

        Davantage qu’une biographie, le livre écrit à quatre mains par Sandra Kim et Claude Rappé est, à la fois, une thérapie et une descente dans le monde du show-business avec un producteur imposant ses goûts, refusant le dialogue. Mon image, il la façonnait. J’étais sa chose, son produit. (…) J’étais une voix et la tirelire où devait rentrer l’argent. Un monde impitoyable. Le monde du show-business est truffé de cas similaires. C’est un quart-monde où l’argent facile de quelques instants, la célébrité portée par toutes sortes de gens, l’amour de la chanson (…) peuvent aveugler un artiste et son entourage.

        Si la victoire de Sandra Kim en 1986 est accueillie avec joie à la RTBF, on sait aussi les devoirs que cette victoire entraine en 1987. Organiser le concours Eurovision n’est pas une sinécure d’autant que le ministre-président de l’Exécutif de la Communauté française - ce sont les termes de l’époque – a déposé à propos de la RTBF un projet de décret auquel son nom, espère-t-il, restera attaché. Organiser le concours Eurovision est dispendieux, les ressources de la RTBF sont limitées et le ministre-président entend encore les restreindre.

        En coulisse, ça discute ferme, les parlementaires avec leurs casquettes communautaires visitent le chantier Eurovision au Heysel. Ils sont convaincus que sans le recours à quatre sponsors – une première dans l’histoire du concours – il eut été impossible de conférer tout le rayonnement exigé par la manifestation. Avec sa chanson Hold me now, Johnny Logan remporte l’Eurovision 87. Contrairement à la tradition, Sandra Kim n’a pas l’occasion de chanter au Heysel J’aime la vie. Elle le regrette dans son livre Si j’avais su …

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(1) Si j’avais su … - Sandra Kim – Entretien avec Claude Rappé – Éditions La Boîte à Pandore – 217 pages - Prix TTC : 14,90 € - Date de parution Belgique : 20/04/2016

 

00:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Littérature, Musique, Social | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 30 avril 2016

Après le 22 mars ...

        Évoquant Molenbeek chez nos confrères flamands de Knack, l’ancien bourgmestre Philippe Moureaux déclare  j'admets que l'ampleur de la solidarité locale à l'égard de ces terroristes m'a parfois étonné tout en nuançant c'est lié à une forme de camaraderie et de loyauté parmi les amis de jeunesse (…) un phénomène comparable aux parents qui continuent à protéger leurs enfants criminels.

        Par ailleurs, dans l’organe professionnel de la presse – Journalistes (1) – sous le titre Les médias belges face à la désinformation djihadiste, notre confrère Nicolas Becquet fait état d’une série de tweets visant à créer la panique à Bruxelles. Le timing est troublant, certains sont postés juste après l’explosion à Maelbeek  et de préciser que cette campagne de désinformation a été préparée et orchestrée via des comptes de sympathisants djihadistes.

        Ces tweets n’ont pas atteint leurs buts mais ajoute notre confrère rien ne dit qu’ils n’y parviendront pas une prochaine fois. Et d’en appeler les médias à se préparer afin d’être capables de contrer une désinformation  massive car la désinformation fait partie de l’arsenal des terroristes.

        Depuis près de cinquante ans, le 22 mars est une date historique pour les soixante-huitards mais désormais, cette date marque une césure emplie de morts, de fracas, de blessures.

(1)  Journalistes – Tél. 02 777 08 60 – abonnement 45 €

00:15 Écrit par Pierre André dans Actualité, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 28 avril 2016

Retrouvaille ...

        Depuis le 17 janvier,  Liège 28 se terre dans son mutisme. Quelles en sont les raisons ? Simplement ce blogue qui a plus de dix ans d’âge a subi ce jour-là le choc des maux le laissant sans voix. Aujourd’hui, grâce aux soins prodigués tant au CHU-Bruyère qu’au Valdor, en bon Liégeois,  Liège 28 relève sa creste tout à la joie de vous revoir.

18:16 Écrit par Pierre André | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg