samedi, 21 avril 2018

WALLONS, sortez du bois ! une invitation de l'Alliance Wallonie France.

 

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   En 1814, au Congrès de Vienne, Talleyrand propose au nom de Louis XVIII d’accueillir un million de Wallons en contrepartie du pays de Gex. Les Alliés à savoir l’Autriche, la Grande-Bretagne, la Prusse, la Russie refusent. Le Congrès de Vienne voit l’avenir de la Wallonie en la rattachant au Royaume de Hollande. Manifestement la solution n’a pas été adéquate ! 

   En 1905, lors de l’Exposition universelle de Liège, un Congrès wallon se tient à la salle académique de l’Université. Dans les conclusions, un seul point fait l’unanimité des congressistes : d’origine romane, la Wallonie entend défendre sa spécificité et ne pas perdre son âme dans un amalgame belge surtout teinté de « germanisme ». Au-delà de cette position unanime, le Mouvement wallon constate qu’il est partagé en plusieurs courants : défenseurs de la langue française comme unique langue officielle de toute la Belgique ; régionalistes ; séparatistes (fédéralistes ou non) ; partisans d’un rattachement pur et simple à la France de la Belgique tout entière, voire de la Wallonie seule.. (...)  Enfin, à la suite d’Albert du Bois, il existe aussi un parti « français » qui n’envisage de solution qu’en dehors de l’État belge. (1)

   En octobre 1945, le Congrès wallon présidé par Joseph Merlot se prononce, au vote secret, par 486 voix sur les 1048 émises en faveur de la réunion de la Wallonie à la France. Ce vote sentimental proche de la moitié des votes émis – 46% 37 très exactement – effraye et se transforme en vote de raison, à main levée, obtenu à l’unanimité moins deux voix en faveur de l’autonomie de la Wallonie dans le cadre belge.

   En 2018, un mouvement républicain, laïc, démocratique, pluraliste, l’Alliance Wallonie France (AWF) dont le but est l’intégration de la Wallonie dans la République française organise une Assemblée Générale Ouverte (2) sur le thème WALLONS, sortez du bois ! Le Vice-Président du Gouvernement wallon, le ministre Pierre-Yves Jeholet (MR) et le chef de  groupe PS au Parlement wallon, Pierre-Yves Dermagne y débattront sur des sujets tels précéder le prévisible, la Wallonie au secours de la Communauté française ? comment faire ? et après ? La parole sera donnée aux participants.

   À l’occasion de cet AGO, l’AWF publie un ouvrage intitulé Une Wallonie maîtresse de son destin ? fruit d’un collectif d’une dizaine de personnes dont Jacques Lenain, Robert Collignon, Pierre Hazette, Jules Gazon, Paul Durieux, président-cofondateur de l’AWF. Il y est question d’un projet qualifié intégration-autonomie qui permet à la Wallonie de devenir française tout en maintenant son autonomie. La Constitution de la Cinquième République permet ce type de projet. Ce que confirme un entretien avec Didier Maus, président émérite de l’Association internationale de droit constitutionnel (www.belgique-francaise.fr) au sujet de la faisabilité constitutionnelle d’un tel statut sur mesure et négocié.

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(1) Paul Delforge – Manuel d’histoire de la Wallonie – Quelques aspects du mouvement wallon – Institut Jules Destrée - http://connaitrelawallonie.wallonie.be/sites/wallonie/fil...

(2) Assemblée Générale Ouverte – samedi 28 avril 2018 – Palais des Congrès de Liège – Renseignements : pauldurieux2003@yahoo.fr

21:49 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 15 avril 2018

Au pays du péket est apparu un gin, le LièGin ...

   Depuis trois ans, tous les derniers vendredis du mois, la Maison de la Presse et de la Communication convie ses membres et leurs invité.e.s à partager le pot du mois. Réunion conviviale agrémentée de la participation d’un viticulteur ou d’un brasseur local. Le champ s’est étendu à la découverte d’un alcool, le LièGin, créé par un Calidifontain Romain Jans (1). Hommage au péket, ce gin est à base d’arômes de fruits rouges et noirs.

   Tous les ingrédients figurent sur la bouteille Chiara qui contient le précieux liquide. Ceux-ci vont de l’angélique aux zestes de lime et d’oranges en passant par le genévrier, la coriandre, les myrtilles, les mûres, le cassis, la réglisse, etc. Ce gin est constitué d’ingrédients issus de l’agriculture biologique validé par Certisys, organisme de contrôle et de certification.

   Le LièGin est l’objet d’une quadruple distillation d’alcool de grains à la distillerie fondée en 1836 à Raeren par Pierre Radermacher. Disponible dans plus de soixante magasins spécialisés dont deux au Grand-Duché de Luxembourg, cet alcool  est apprécié sur les réseaux sociaux : parce que je suis une vraie liégeoise, parce que j'aime ma ville et parce que j'aime le gin, il était normal que je possède le LièGin

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(1) Romain Jans – 18 Route de l’Abbaye, Beaufays – Tél.: 0474  49 85 78 - www.liegin.be

18:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Gastronomie, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 02 avril 2018

Quatrième soirée de gala de WALHARDENT.

 Walhardent Vasseur.jpg

(1)       © Colette Grand'Ry

    Un carnet d’adresses bien fourni est un atout dans la vie. Un des moyens de l’alimenter est le réseautage – parfois appelé networking par ceux qui n’ont pas la chance de s’exprimer en français. Tout est réseau tel a été le constat de Walhardent, une fédération fondée par Jean-Luc Vasseur. Liège-Métropole  compte plus de vingt clubs d’entreprise et réseaux d’affaires. Chacun a sa philosophie, sa personnalité, son intérêt. Pour atteindre son objectif premier - fédérer tous ces réseaux dans le but de créer une synergie positive entre chacun – Walhardent a tenu sa quatrième édition de gala dans le salon d’exposition du garage Nissan, boulevard de l’Automobile.

    Au programme de la soirée, présentation de trois clubs d’affaires liégeois, un thème politique, La Métropole Liège et la Wallonie de demain selon Madame Christine Defraigne, et un échange de cartes de visite.

    Premier club présenté, le VL Club fondé en 2012 dont le maître-mot est simplicité. VL comme … Valeureux Liégeois. Le Be4DEAL est quant à lui un club hebdomadaire pratiquant le réseautage convivial. Enfin, le Business Club 1892 porte les couleurs du RFCL et propose des activités exclusives liées au sport et à la vie économique de la région.

                             Walhardent Christine Defraigne.jpg

    Exposer en vingt minutes chrono la Métropole Liège et la Wallonie de demain relève de la gageure. La présidente du Sénat, députée wallonne et de la Communauté française, cheffe de groupe MR au Conseil communal de Liège a relevé le défi. Christine Defraigne l’a emporté car on peut imputer les deux minutes vingt-sept secondes de dépassement à des arrêts de jeu au football.  Elle n’a pas présenté un programme. Elle a fait un survol des points à changer en sorte que demain soit meilleur qu'aujourd’hui. En premier lieu, la mobilité qui influe sur d’autres domaines tels notamment le commerce, le logement, etc. La mobilité ne concerne pas que l’automobile, les embouteillages mais elle englobe également les mobilités douces telles la marche ou le vélo. Par ailleurs, Christine Defraigne considère comme un atout pour Liège sa présence au sein de l’Eurégio et de féliciter l’initiative du Commerce Liégeois d’organiser des cours de néerlandais commercial. 

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© Colette Grand'Ry

En quittant ce quatrième gala de Walhardent, les invité.e.s découvrent – oh surprise – le miroir de Mira-box (2) qui allie magie et interactivité de l’égoportrait - parfois appelé selfie par ceux qui n’ont pas la chance de s’exprimer en français.

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© Colette Grand'Ry

(1) Jean-Luc Vasseur en compagnie notamment de Jérémy et André Vrancken.

(2) Mira-box - info@mira-box.be – 0497 55 00 35 - mira-box.be – location du miroir : 299€ htva pour 24h

12:38 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 27 mars 2018

ÊTRE GLABRE COÛTE CHER …

        Hydro 5 affiche sur son emballage 5 Lames Ultra Glide tandis que le ticket de caisse mentionne 4 LAMES HYDRO 5.  Cherchez l’erreur. Il n’y en a  point. Simplement, une ambiguïté dont joue la firme Wilkinson  Sword.

        Son produit est composé de 5 lames assemblées afin qu’après un seul passage du rasoir sur la peau, le poil subisse l’action de chaque lame. C’est efficace. Le ticket de caisse se borne à indiquer le nombre de lames à accrocher au rasoir. Donc tout est en ordre, sauf que le client au lieu d’acheter cinq lames en reçoit quatre ! Vingt pour cent d’écart, être glabre coûte cher…  

14:27 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

ÊTRE GLABRE COÛTE CHER …

        Hydro 5 affiche sur son emballage 5 Lames Ultra Glide tandis que le ticket de caisse mentionne 4 LAMES HYDRO 5.  Cherchez l’erreur. Il n’y en a  point. Simplement, une ambiguïté dont joue la firme Wilkinson  Sword.

        Son produit est composé de 5 lames assemblées afin qu’après un seul passage du rasoir sur la peau, le poil subisse l’action de chaque lame. C’est efficace. Le ticket de caisse se borne à indiquer le nombre de lames à accrocher au rasoir. Donc tout est en ordre, sauf que le client au lieu d’acheter cinq lames en reçoit quatre ! Vingt pour cent d’écart, être glabre coûte cher…  

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mercredi, 14 mars 2018

À l'Arlequin : "L'ÉVASION DE SOCRATE" d'Armel Job ... une histoire plausible !

  Arlequin Socrate.JPG

    Création mondiale par la Comédie Royale Théâtre Arlequin (1) de la pièce de l’écrivain wallon Armel Job. L’Évasion de Socrate jette le doute sur la véracité d’une affaire qui s’est déroulé à Athènes, il y a plus de 2400 ans. À l’époque, un philosophe nommé Socrate est condamné injustement à mort pour corruption de la jeunesse et athéisme. Sa peine, boire la ciguë. Tout comme Jésus, Socrate n’a rien écrit. Ce que l’on sait de lui, c’est à Platon qu’on le doit. Platon brûle d’ambition (…) Il utilisera la gloire de Socrate pour propre compte (2).

    Armel Job, en helléniste patenté, montre que L’Évasion de Socrate est plausible. Riche marchand d’amphores, Criton (Jean-Louis Maréchal) veut faire évader son ami Socrate (Serge Swysen). Il convient de le mettre dans la confidence et d’obtenir l’aide de son geôlier (Alexandre Tirelier). La promesse de mille drachmes vient rapidement à bout de la première objection de ce dernier : mais n’allez pas croire qu’on m’achète comme ça, m’sieur Criton. J’ai ma conscience. Le geôlier est en charge d’administrer la ciguë à Socrate : je la cultive chez moi. J’ai un carré exprès dans mon potager, à côté des oignons. À la question pourrais-tu lui servir une mixture qui le plongerait dans un sommeil profond ?, la réponse est quand on connaît les plantes, tout est possible.

   Le scénario de Criton est au point. Sitôt la potion absorbée, Criton doit emmèner le pseudo-cadavre chez des amis en Thessalie. Là, Socrate se réveille avec juste une petite gueule de bois, une sensation inconnue de lui car selon Platon, Socrate pouvait boire plus que n’importe qui, mais il n’était jamais ivre. Et comme le dit Xanthippe (Catherine Ledouble), l’épouse de Socrate, Platon et les autres penseront qu’il est mort. Platon l’écrira, il fera de Socrate la plus belle figure de notre temps, sanctifiée par sa mort héroïque, comme Socrate le souhaite. Le tour sera joué. Ce qui compte, ce n’est pas la réalité.  

    Socrate a donné davantage de fil à retordre à Criton. Celui-ci lui reprochant son arrogance durant le procès, Socrate s’en défend : la seule chose que je sais, c’est que je ne sais rien. Les autres non plus ne savent rien. La différence, c’est que, eux, ils croient qu’ils savent. Moi, je se suis comme une simple mouche, un taon, et Athènes est un bon gros cheval. Je lui pique les fesses. Réplique de Criton : le cheval t’a retourné une fameuse ruade ! Même si la sentence est injuste, il est hors de question, pour Socrate, de s’y soustraire en s’évadant.  Je dois m’incliner devant la justice d’Athènes. Certes, on pourrait penser que mon affaire aurait dû être cuisinée autrement, mais maintenant que le plat est sur la table, il faut le manger tel quel. Sinon, ce serait rejeter le principe même de la justice et du droit.

    Cette pensée de philosophe est à la merci du geôlier dont Platon a omis le nom mais qui est appelé par Armel Job, Callibios – Qui vit bien. Qu’est-ce que je vais faire maintenant ? Ceci (à gauche), couic ! Ou cela (à droite) ronron ? Socrate de Platon ou Socrate de Callibios ? J’hésite.   

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(1) 17, 23, 24, 30, 31 mars à 20h30 – Billetterie du Forum et du Théâtre Arlequin, rue du Pont d’Avroy 12, lundi au vendredi de 11h à 18h, samedi de 12h à 18h, tél. 00 32 (0) 4.223.18.18. – par internet : theatrearlequin.be

(2) L’Évasion de Socrate – Armel Job – Édition Samsa – 100 pages – 8€

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14:31 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Histoire, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 09 mars 2018

Les Amis du Liechtenstein en Wallonie célèbrent leurs 40 ans.

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    En présence annoncée de S.A.S. la princesse Isabelle de Liechtenstein - épouse du prince Philippe de Liechtenstein président d’honneur des Amis du Liechtenstein en Wallonie - l’association célèbre ce dimanche 11 mars ses quarante ans.  

    La Principauté de Liechtenstein est un petit pays - à peine 160 km² - enclavé entre l’Autriche et la Suisse. Le Rhin fait office de frontière entre la Principauté de Liechtenstein et la Confédération helvétique. Sa population est de 37. 815 personnes soit moins de la moitié des habitants de la Communauté germanophone de Belgique (77.437).  La langue officielle est l’allemand. Si l’espérance de vie est de 89 ans 14 en Principauté d’Andorre et de 85 ans en Principauté de Monaco, la Principauté de Liechtenstein se classe dans le top 20 avec 82 ans 07. La monnaie ayant cours est le franc suisse.

    À l’agriculture se sont ajoutées, au XXème siècle, diverses industries qui sont leaders mondiaux tels Hilti en matière de fixation ou Ivoclar-Vivadent qui produit annuellement soixante millions de dents artificielles. Le tourisme est également florissant. En 2016, plus de 70.000 touristes ont été accueillis en Principauté soit 1,87 touriste par habitant. La France, leader mondial, en recevant 89 millions de touristes est à l’indice de 1,35 tandis que la Belgique est crédité de l’indice 0,68. Par contre, le Vif-L’Express (8/1/2018) n’hésite pas à ranger la Principauté de Liechtenstein parmi les 18 pays les moins touristiques du monde !!!

    C’est en 1978 que notre confrère de Vers l’Avenir, Charly Dodet fonde avec quelques amis Les Amis de Liechtenstein en Wallonie (1). Les objectifs de cette asbl sont simples : faire découvrir et apprécier la petite principauté de Liechtenstein, créer des liens entre les personnes qui s’intéressent à ce pays, mais aussi proposer des activités culturelles en rapport avec le Liechtenstein.  D’emblée, les choses doivent être clarifiées: l’association n’a pas d’autre but. Toute activité financière, bancaire, fiduciaire, aussi louable soit-elle, est exclue des préoccupations de l'ASBL "Les Amis du Liechtenstein en Wallonie". Tourisme, culture, relations humaines sont ses seuls objectifs.

    Si les objectifs sont simples, les réalisations sont multiples. Citons la trentaine de voyages au Liechtenstein dont certains ont connus des réceptions au Château de Vaduz avec le Chef de l’État, de nombreuses conférences et expositions sur la Principauté, des concerts d’orchestres ou de groupes vocaux du Liechtenstein. En outre, l’association publie, six fois l’an, le seul journal de liaison édité en français consacré au Liechtenstein sans oublier le site www.amis-du-liechtenstein.be.

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  (1) Les Amis de Liechtenstein en Wallonie – secrétariat : Joseph Guiot, Quai de Compiègne 2/63 – 4500 Huy - Tél. 085/21 27 24.

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15:01 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 27 février 2018

Rumeurs, rumeurs

   En cette période préélectorale, la ville bruisse de rumeurs qui tendent à jouer les infos. Les uns, sans encore avoir de liste, annoncent qu'ils en prennent la tête. D'autres revendiquent inconditionnellement telle place. Nul n'échappe à la rumeur.

   Il se raconte même que noss Willy a demandé à Jean-Claude son opinion sur la création éventuelle d'une liste mayorale. Excellente idée aurait répondu l'homme fort du parti. Dans ce cas, tu emmène cette liste et moi, je prends la tête de liste du PS!

15:16 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 09 février 2018

Compagnie royale théâtre Arlequin : JE VEUX UN MAGRITTE

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    En prologue de Je veux un Magritte, Fernand Darvil (Serge Swisen) avoue avoir volé un Magritte. Il explique son dilemme : doit-il le rendre ou le garder et en tirer parti ? Il consulte la salle : s’il le rend, il n’y pas matière à spectacle. À main levée, le public fait choix de savoir ce qu’il advient de le garder et donc aspire au spectacle.

    Heureux choix.  Écrite à quatre mains par José Brouwers, homme de théâtre, et Philippe Waxweiler, peintre, Je veux un Magritte est tout en finesse alliant séduction et réflexion. L’œuvre conçue par un artiste ne vaut que par sa valeur marchande, un monde où l’œuvre d’art n’a sa place que dans un coffre-fort. Séduisante est la compagne de l’antiquaire Charles de Lost (Fabian Nicolaï) en charge de vendre le Magritte dérobé,  Lucette (Catherine Ledouble) qui, tout au long de la pièce, propose son vin rosé. Séduisante est l’épouse de Fernand Darvil, Cécile (Marie-Josée Delecour) qui, tout au long de la pièce, entend se  distancer du vol du tableau.

    Le titre de la pièce Je veux un Magritte a posé problème à José Brouwers et Philippe Waxweiler. Si d’éminents juristes leur ont confirmé le droit d’utiliser le nom de Magritte dans le titre, les auteurs n’en ont pas moins redouté d’être traînés en justice. Or, comme le dit ironiquement José Brouwers : devant un tribunal, il vaut mieux être proxénète qu’artiste. Prudents, ils ont approché Charly Herscovici, président de la Fondation René Magritte et légataire universel depuis 1986, date de la mort de Georgette Magritte, veuve du peintre. Herscovici a autorisé le titre tout en interdisant de reproduire sur scène toute allusion visuelle à l’œuvre du peintre surréaliste.

    Créée en septembre 2017 à la Cité Miroir, Je veux un Magritte a fait salle comble tout au long de la vingtaine de représentations. Au mois de février, cette joyeuse comédie laisse la place à Cher trésor de Francis Veber (1) tandis qu’en mars, l’Arlequin propose – en création - L’évasion de Socrate, une comédie philosophique d’Armel Job. (2)

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  • 10, 16, 17, 23, 24 février, 20h30. Réservation : theatrearlequin.be ou au  04 223 18 18
  • 2,3, 9, 10, 17, 23, 24, 30, 31 mars, 20h30 et 11 mars, 15h. Réservation : theatrearlaquin.be ou au 04 223 18 18

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vendredi, 02 février 2018

... à propos de la retransmission sur le net de la séance publique du Conseil communal.

    En suite de la publication du texte relatif à la retransmission sur le net de la séance publique du Conseil communal, la responsable de la Communication, Laurence Comminette nous adressé un aimable courriel qui nous a permis de corriger une erreur factuelle.

    Ce courriel nous le partageons avec notre lectorat :  Bonjour Pierre, Quelques petits éléments concernant ta publication sur la retransmission du Conseil: - la qualité de la retransmission, je ne partage pas ton avis et ça va à l'encontre des retours qu'on a qui sont très positifs.- Concernant liege.be, il y a eu deux choses: un petit souci au lancement où on a perdu quelques secondes et il semble par ailleurs qu'il y ait quelques personnes qui sont passées par le site et chez qui cela ne fonctionnait pas.  Ce qui tu le comprendras fait partie des aléas d'une première mais c'était très limité au niveau de l'impact: des échos qu'on a et des tests effectués pendant le live, cela ne concerne qu'un nombre très limité de personnes. - Il n'y a pas eu de retransmission sur Facebook néanmoins, les statistiques font état d'un pic de connexion à 800 et la moyenne s'est maintenue entre 250 et 300 selon le premier décompte. Belle journée.

    Ce courriel montre qu’à propos d’un même fait, la vision d’un communicant et la vision d’un journaliste professionnel  peuvent diverger. Ce qui est heureux. Lorsque les visions ne divergent pas, le journaliste a fait preuve de paresse en se contentant d’un copier-coller émanant du communicant.

    En ce qui concerne la qualité de la retransmission, celle-ci sur notre écran d’ordi, au début, a été entrelardée de  coupure de son et d’apparition à l’image  d’un quasi-cercle blanc. À plusieurs reprises, celui-ci a entouré le nez de noss Willy. Si l’image prête à sourire, ce n’est pas le but recherché ! Heureusement, nous n’avons été que quelques-uns à souffrir de ce désagrément qui s’est estompé au fil du temps.

    Actuellement, la vidéo liégeoise est disponible sur YouTube, mais point sur www.liege.be. Or, ce site est normalement le lieu où citoyennes et citoyens rencontrent les édiles communaux ainsi que tous les services administratifs de la Ville. 

    Liège n’est cependant pas la première ville de Wallonie à retransmettre les séances publiques du Conseil communal.  Mons le fait depuis octobre 2017 sur son site www.mons.be. Ainsi, la vidéo de la séance du 15 janvier 2018 est disponible jusqu’à la prochaine réunion du Conseil.  La publication de cette page officielle de la Ville de Mons a été vue 24563 fois. Pour mémoire, la population de Mons est d’environ 95000 personnes sans compter les shapiens et étudiants en kot. 

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© Francis Carlier

20:01 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Media, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 30 janvier 2018

Retransmission de la séance publique du Conseil communal : Liège peut mieux se réinventer!

    Dans son communiqué de vendredi dernier, le Collège communal dit avoir procédé aux démarches nécessaire pour aboutir à une retransmission de qualité sur www.liege.be via la chaîne YouTube de la Ville. Ce lundi 29 janvier à 18h30, pour la retransmission de la séance publique du Conseil communal, il serait inexact de dire que la qualité ait été au rendez-vous. Certes, la qualité s’est améliorée au fur et à mesure de la durée de la retransmission qui s’est arrêtée brutalement à 23h10, cette vidéo n’est pas disponible.

    Quant à celles et ceux qui ont choisi de regarder la retransmission sur www.liege.be, leur sort a été pire. Sur leur écran, avec une très belle vue du port de yachts, deux inscriptions : Suivez, en direct, les débats du Conseil communal de la Ville de Liège du 29 janvier 2018 à 18h30 et en attente de Ville de Liège 29 janvier à 18h30. L’attente a été longue et vaine. En effet, la retransmission s’est effectuée sur YouTube.

    L’audience a culminé à 272 personnes, stabilisée aux environs de 250 durant les trois premières heures puis une chute vertigineuse au point d’atteindre 14 personnes alors que Maggy Yerna aborde ses points à l’ordre du jour de la séance publique. En résumé, Liège peut mieux se réinventer !En

00:08 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Media, Télévision | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 26 janvier 2018

Les séances publiques du Conseil communal de Liège diffusées sur www.liege.be

     Innovation au Conseil communal de Liège. Dès ce lundi 29 janvier, à 18h30, la séance publique du Conseil communal est retransmise dans son intégralité sur le site officiel de la  Ville www.liege.be. Déjà, une expérience-pilote a eu lieu en 2013.

    Dorénavant, il n’est plus nécessaire de se rendre à la Violette pour suivre les débats communaux. C’est incontestablement un progrès qui rapproche citoyennes et citoyens de leurs mandataires élus. C’est le miracle d’Internet. Comme le note l’Académicien Michel Serres dans une communication sur les nouvelles technologies : la distance n’est plus seulement réduite, elle est abolie ; l’espace n’est plus seulement raccourci, il est annulé. Je suis simultanément – quel que soit l’endroit où je me trouve – en tout point du monde par le moyen de l’outil numérique qui tient dans ma main (http://academie-francaise.fr/actualites/communication-de-...).

    Ce lundi, 190 points sont inscrits à l’ordre du jour du Conseil communal mais seulement 88 le sont dans la séance publique, les autres sont traités lors de la séance à huis-clos. Le point 1 est l’acceptation de la démission de la conseillère Véronique De Keyzer (PS) et son remplacement par Anne Fievet (PS). Le point 88 est l’approbation des points portés à l’ordre du jour de l’Assemblée générale extraordinaire du 6 février 2018 de l’intercommunale « PUBLIFIN ».

  Les travaux du Conseil communal ont été préparés la semaine précédente par les commissions permanentes. Les prochaines dates retenues pour le premier semestre de 2018 sont les lundis 26 février, 26 mars, 30 avril, 28 mai et 25 juin.  

21:02 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Media, Politique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 17 janvier 2018

Maurice Mottard, bourgmestre empêché de Grâce-Hollogne, champion du "Septante et un"

 

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    Le 4 août 2003, Aurélie a été la première candidate de l’émission Septante et un sur RTL-TVI. Quinze ans plus tard ce jeu est toujours à l’antenne et cartonne. Septante et un présente, du lundi au vendredi, un.e candidat.e unique répondant aux questions de Jean-Michel Zecca tout en visant à éliminer les septante personnes réunies en studio. La célérité à répondre à une première question détermine la personne candidate parmi les septante et un présents. Tel est le principe de ce jeu télévisé.

   

    Ce principe à naturellement une exception ; le mercredi est réservé aux bourgmestres de Wallonie et de Bruxelles qui affrontent septante personnes de leur commune. Ce mercredi 17 janvier 2018, le bourgmestre empêché de Grâce-Hollogne, le député wallon Maurice Mottard a été un excellent candidat – 2400 € au bénéfice de Télévie. Jean-Michel Zecca lui a proposé de jouer cette somme à un Quitte ou double. Maurice Mottard a dit oui en précisant qu’au cas où il échoue, il s’engage à verser de sa cassette personnelle 2400 € au Télévie. Finalement, Télévie va percevoir 4800 € grâce au savoir et à l’audace de Maurice Mottard.

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mardi, 09 janvier 2018

Les voeux d'un play-boy ...

      C’est la saison des vœux. Il en de toutes sortes dont l’un d’eux a retenu notre attention. Ces voeux émanent de MDL, un élu humaniste, qui s’affiche au volant d’une voiture sport rouge décapotable. Hyper-sympa, un vrai play-boy flanqué … de deux poupée gonflables, l’une en bleu qu’il délaisse – elle est estampillée 2017 -, l’autre en orange qu’il emporte au combat des communales.

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lundi, 11 décembre 2017

"À la recherche de sens" : le 201ème "noms de dieux"?

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       Incontestablement, Noms de dieux a été, à la RTBF, une émission-culte. Elle s’est appuyée sur cinq piliers : le titre, l’image, la phrase, le symbole, le pari. En vingt-quatre ans, aucune des personnalités invitées ne s’est dérobée à ces canons. En sorte d’obtenir une unité composée de la diversité plurielle de ces personnalités.

       Jean Olivier - un téléspectateur nomdedieulâtre - s’est livré à un travail de bénédictin sitôt le mot fin est apparu sur le deux-centième numéro. Il vient de publier un ouvrage À la recherche de sens (1). On y trouve tout y compris le patronyme et prénom de tous ceux ou celles qui ont participé à l’équipe de production, même pour une seule émission. À vue de nez, sauf erreurs ou omissions, ce sont trois cent septante personnes qui peuvent revendiquer l’honneur d’avoir contribué à l’érection de l’œuvre collective noms de dieux. On y trouve tout y compris la biographie des deux cents personnalités invitées, complétée d’une phrase de la réponse aux cinq piliers. Jean Olivier a même établi un glossaire allant de Advaita à Zoroastrisme en passant par des termes aussi peu courant dans une conversation que Hésychasme, Philocalie ou Sikhisme.

       Spécialiste de l’étude du coma, Steven Laureys, professeur ULiège, préface l’ouvrage de Jean Olivier, cet essai est un hommage rendu à une œuvre culturelle majeure. L’auteur cherche un lien entre, conscience et matière (sur base de nos connaissances actuelles), d’où la question centrale de son opuscule : « l’univers pourrait-il avoir une conscience ? ». C’est la question qu’il m’a posée !

       Fidèle à l’esprit de noms de dieux, Jean Olivier a réalisé (pages 58 à 65) ce que l’on peut appeler la deux-cent-unième émission en s’appuyant sur les cinq piliers. Son titre : noms de Dieu, son image : Varsovie, 7 décembre 1970, photo de Willy Brandt à genoux au mémorial du ghetto, sa phrase : le plus à percevoir est l’évidence (Edgar Morin), son symbole : une inclusion fluide, son pari ; la plus grande menace, n’est-elle pas d’y réintroduire les Dieux ? Est-ce vraiment la tâche du prochain siècle ? Dans sa recherche de sens, l’auteur s’explique sur les divers piliers. Il invite chacune de ses lectrices, chacun de ses lecteurs à faire leur deux-cent-unième émission (2). De quoi constituer des noms de dieux populaires qui ont leur place à côté de la série réalisée par Edmond Blattchen et Jacques Dochamps.  

     BLATTCHEN OLIVIER.pngEdmond Blattchen et Jean Olivier

  •  

     (1)À la recherche de sens : 200 noms de dieux – Jean Oelivier – Édition edipro – 496 pages – 24 € - www.recherchedesens.beMaximum

  • (2) Dix pages A4 dactylographiées à adresser à la Bibliothèque Ulysse Capitaine, Fonds patrimoniaux (noms de dieux), En Féronstrée 120, 4000 Liège (Belgique)

08:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Littérature, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 05 décembre 2017

"Réinventer Liège" ... avec une vieille recette

 

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 À juste titre, Liège est très fière du musée de la Boverie, lieu d’expositions temporaires prestigieuses. Ce musée possède également des collections permanentes de grande qualité. Sont-elles mises en valeur ?

   Non répond, dans Consoloisirs, Bernard Hennebert, auteur du livre  Les musées aiment-ils le public ?. Il raconte : Le vendredi 27 octobre 2017, on a visité à deux son fond permanent, de 16H30 à 17H30. Nous n’y croiserons aucun autre visiteur. Ce fait indiqué sur mon facebook attire les réflexions suivantes: «Ce musée a été conçu au détriment des collections permanentes tant pour le nombre et la sélection des œuvres que pour leur mise en scène…»; «Les gardiens sont sympas;-) et bien conscients de cette triste réalité ! La mise en place est pathétique»;(…) La Boverie symbolise l’évolution de la prédominance des expositions temporaires sur la présentation du fond permanent. Certaines institutions seraient même prêtes à ranger leur patrimoine dans leurs réserves loin des regards du public pour favoriser les grandes expositions qui attirent plus souvent le public, les rentrées financières, les sponsors et les médias. Ainsi, dans le musée liégeois, la majorité des locaux spacieux du rez-de-chaussée deviennent les écrins spectaculaires de ces expositions événementielles tandis que la collection doit trouver refuge essentiellement au sous-sol, dans des locaux étroits, bas de plafonds, souvent mal éclairés. La situation est d’autant plus problématique que des chefs d’œuvres naguère exposés avec fastes dans d’autres musées liégeois ont été rapatriés ici.

   À sa prochaine visite, Bernard Hennebert est assuré de rencontrer davantage de monde. En effet, à partir du 1er décembre, tous les musées liégeois, à l’initiative de l’Échevin de la Culture, Jean-Pierre Hupkens, permettent l’accès gratuit de leurs collections permanentes aux jeunes – Liégeois ou non – de moins de vingt-six ans.

   Ce retour en arrière constitue incontestablement un progrès d’autant qu’il est accompagné d’une approche pédagogique renforcée.  Placée sous le signe de Réinventons Liège, cette décision scabinale me fait souvenir que, dans les années cinquante du siècle dernier, adolescent, lors de mon périple dominical à la Batte, j’ai toujours poussé – gratuitement - la porte du Curtius – pas encore grand – ou du musée d’armes. Et le goût des musées m’est venu !  

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Illustrations : Bonaparte, premier Consul (Ingres) - Le vieux jardinier (Claus) 

14:36 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 29 novembre 2017

Le TEC Liège-Verviers a la sens de l'humour ...

    Le TEC Liège-Verviers a le sens de l’humour…ce que  sa clientèle apprécie sans nul doute.

   À 14h54, ce mercredi, il l’avertit qu’en raison de travaux place Saint-Lambert,  à partir du jeudi 30 novembre à 7h et jusqu’au vendredi 1er décembre à 17h les autobus seront déviés soit à l’Opéra, soit au Cadran. Les déviations touchent les lignes 1, 4, 12, 19, 53, 61, 70, 71, 72, 73, 174, 75, 81, 82, 83, 84, 85, 88, 90, 94 et 175.

   À 15h21, ce mercredi, il l’avertit qu’en raison du maintien du préavis de grève déposé par la CGSP, ces jeudi 30 novembre et vendredi 1er décembre, le réseau du TEC Liège-Verviers sera très fortement perturbé durant toute la journée. Le blocage des dépôts étant possible, des suppressions de services et/ou de très importants retards sont à prévoir. Une paralysie du réseau n’est pas à exclure.

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16:29 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 08 novembre 2017

À pleines dents, WALHARDENT croque l'avenir de Liège !

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    Initié par le Commerce Liégeois (1) que préside Jean-Luc Vasseur, l’association Walhardent dont la mission est de fédérer l’ensemble des « business clubs » et de créer des synergies entre les sphères d’activités commerciales, touristiques et culturelles, a tenu la troisième édition de gala dans le show-room du garage Barvaux, concessionnaire Mercedes-Benz.

    Au programme, une intervention de Willy Demeyer, bourgmestre de Liège. L’horaire a prévu que celle-ci se déroule de 19h à 19h20. Si l’horaire a subi un léger retard naturel, la durée a été strictement respectée. Le maïeur a parlé dix-neuf minutes quarante-trois secondes !  Un exposé clair, précis, concis dont le thème développement économique de Liège a été axé non sur la ville proprement dit mais sur la métropole constituée des vingt-quatre communes de l’arrondissement. 

    Alors que la métropole liégeoise n’est pas encore créée officiellement, elle prend corps dans les faits grâce à la conférence des bourgmestres. Ayant une vision à moyen et long terme du développement, ceux-ci s’accordent sur les mesures à prendre. Ainsi Chaudfontaine est assuré de garder son casino. Ainsi, en matière de logement où les besoins sont criants, il été décidé qu’un tiers est à réaliser à Liège, un tiers dans sa première couronne et un tiers dans la seconde. Ainsi la culture y trouve sa place grâce à la restauration de la Boverie, du Théâtre de Liège, de l’Opéra, de la Philharmonie. La métropole liégeoise s’inscrit entre la métropole de Lille et celle de Cologne.

    Après la partie sérieuse est venu le divertissement. De table en table passe un magicien de in-the-air (2) muni de sa tablette d’où sortent l’étoile de Mercedes, stylo, voiturette … Époustouflant !

    

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16:37 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 31 octobre 2017

"Les médias sont-ils dangereux ?" ... Fottorino et le 1 répondent;

 

Fottorino.jpg  Éric Fottorino, co-fondateur du 1

     Une vingtaine de journalistes, écrivains, sociologues, historiens, etc  ont rédigé, sous la direction d’Éric Fottorino, un opuscule Les médias sont-ils dangereux ? sous-titré Comprendre les mécanismes de l’information. Dans l’introduction de cet hors-série de la collection les 1ndispensables (1), Éric Fottorino explique pourquoi, il la pose : c’est qu’en effet la sphère médiatique – celle qui englobe la presse, la télé, la radio, mais aussi tous les réseaux sociaux via Facebook et Google – ne cesse de nous perturber. (…) Quant aux nouveaux média, cette presse en ligne qui ne vit que par le clic et la pub, d’autres règles en régissent le fonctionnement. On a découvert récemment le rôle des algorithmes, ces formules mathématiques qui « calculent » chacun de nous et nous exposent exclusivement à ce que nous aimons, pour ne pas dire à ce que nous « likons ».

    De quoi ne pas perturber ce prof’ de l’ULiège qui ayant   confié, sur FB, son désir de relire un livre, reçoit un courriel personnalisé d’Amazon avec une offre pour l’achat du bouquin. Le prof’ ne croit pas au hasard et a prévenu, sur FB, ceux qui pensent encore que nous ne sommes pas surveillés par les GAFA.

    Revenons à notre opuscule. Le journaliste Éric Scherer définit l’algorithme : c’est une recette de cuisine. Une séquence  d’instructions faite de formules concoctées par des informaticiens. L’algorithme filtre et choisit l’information que vous lirez (…) L’algorithme décidera de placer cette information dans votre fil d’actualité (news feed) en fonction de votre historique de navigation, de vos likes, de vos conversations avec vos amis, de vos réactions aux messages publicitaires. Mais en fonction aussi de nombreux critères inconnus. Les algorithmes sont de véritables boîtes noires dont personne ne connaît le fonctionnement, qui non seulement trient, mais choisissent et distribuent l’information.  

    D’autres textes courts mais incisifs permettent de mieux comprendre les mécanismes de l’information aujourd’hui en France. Fille aînée du capital, la presse n’est pas libre et ne l’a jamais été écrit Aude Lancelin, journaliste licenciée de l’Obs’ en 2016 à la demande de l’Élysée selon certaines sources. Dans les médias, les ressources du déni sont encore immenses, peu de journalistes veulent bien reconnaître, même portes fermées, les répercussions sur leur travail du rachat de leurs titres par de grands groupes industriels.

    Quant aux sondages, l’alpha et l’oméga de l’analyse politique, l’écrivain et journaliste Denis Jeanbar estime qu’ils livrent aux journalistes une donnée chiffrée qui leur permet de se parer des plumes de l’objectivité.

    Pour la bonne bouche, épinglons Les valets de l’Élysée. En juin 2010, Éric Fottorino, alors président du directoire du Monde, Nicolas Sarkozy lui fixe un rendez-vous à l’Élysée. Il était mécontent et me le fit savoir. À peine entré dans son bureau, je m’entendis traiter d’imbécile, pour la simple raison  que je n’obtempérais pas à son vœu : vendre à son ami Arnaud Lagardère le quotidien du soir et tout le groupe du Monde (…) que je présidais. À cette époque, nous avions besoin d’argent. Cent millions d’euros …la suite de la lecture dans Les médias sont-ils dangereux ?

 (1) Les médias sont-ils dangereux - en vente en Belgique 8,80 €

16:43 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 03 octobre 2017

Anne BERT : "Mon tout dernier été fut le plus beau humainement parlant, fraternel."

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    Le hasard fait (parfois) bien les choses. En novembre 2012, les chemins du blog Impermanence  et celui de Liège 28 se sont croisés. Un contact téléphonique avec Anne Bert, auteure érotique et éditrice entre autres d’Impermanence, aboutit au jumelage des deux blogues. Un même goût de la vie, une identique aspiration à la liberté nous a rassemblés. Depuis 2012, Liège a droit de cité dans la région de Saintes et  les lectrices et lecteurs de Liège 28 ont un accès direct à Impermanence Près de deux cents textes sont disponibles.
 
    Sur ce blog : je parle de mes propres livres, mais aussi de  parutions, récentes ou non, de livres  qui ont souvent pour sujet l’intime des hommes et des femmes (…) Des billets d’humeur, sur l’actu,  mais aussi des textes inspirés de ce que je vois.. Bref, ici donc un peu de tout ce qui fait et défait le temps.
 
    Rédigeant la recension de Cinquante Nuance de Grey, Anne Bert s’interroge : La question, finalement, est de savoir si le succès commercial de ce livre érotique témoigne d’un succès littéraire, de la reconnaissance d’un talent d’écrivain. Est-ce le succès de l’esprit (oui, parce que même s’il s’agit de cul, il faut de l’esprit pour pouvoir en parler et l’écrire) ou bien le succès d’un concours de circonstances et d’un marketing bien orchestré après la révélation du désir des femmes qu’on leur parle de sexe et d’histoire de prince charmant venant les réveiller d’un coup de fouet et d’une bonne fessée ? Mais la réponse importe-t-elle dans ce maelstrom  de dollars et  cette dissolution des belles lettres ? Les fesses chauffées à blanc sont de braise et l’incendie se propage partout où le tiroir-caisse fait bling bling, film, comédie musicale, godemichés, parfums, lingerie, cartes de vœux, bijoux de cul et de cou, jeux de société, carnets intimes, et pourquoi pas prochainement pieds de cochonou et langue de porc à effigie du beau Christian et du savon pour laver la foufoune à celle d’Anastasia, si ça fait du blé ? Ahlala…cette horreur m’évoque Cyrano…il disait … »Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non ! Non ! C’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! -‘ Ce qui sonne bien, non pas dans l’escarcelle des éditeurs, mais dans le creux de mon oreille.
 
    Début 2016, coup de massue, Anne Bert écrit : J‘ai appris en octobre 2015 que j’étais atteinte de la maladie de Charcot autrement dite SLA (Sclérose Latérale amyotrophique). Cela réoriente mes priorités, et stoppe mes fonctions de directrice de collection chez Numeriklivres. Désormais j’utilise un logiciel vocal et notes audios sur ce blog. 
 
    Ses priorités sont  la lutte pour obtenir le droit à choisir une aide active à mourir en phase terminale de maladie ou en cas de maladie incurable et de souffrances physiques et psychologiques insupportables, que ce soit par euthanasie ou par  suicide assisté. Elle écrit dans ce sens à tous les candidats à la Présidentielle, lance une pétition qui récolte plus d’un quart de million de signataires, se résout à se faire euthanasier en Belgique. Dans Le Figaroun médecin ironise sur le tourisme euthanasique ! Anne Bert est décédée ce lundi. 
 
    Son combat continue. En ce mois d’octobre, Fayard publie son  livre ultime,Le tout dernier été. Un ouvrage qui est  une réflexion sur la fin de vie, sur la liberté, la mort et sur notre devoir d’introspection, mais aussi sur la joie et le goût de vivre Portant un regard sur cet été, Anne Bert de conclure : Mon tout dernier été fut le plus beau humainement parlant, fraternel.

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22:08 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Littérature, Media, Politique, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 19 septembre 2017

"Des lieux et des moments" ou quand Philippe Maystadt rend hommage à Jean-Maurice Dehousse.

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   Les pages qui suivent ne sont pas mes mémoires sont les premiers mots de Philippe Maystadt en avertissement de son ouvrage le plus récent Des lieux et des moments Comment on décide en politique  (1). Il s’en explique : les mémoires d’hommes politiques sont souvent une tentative d’autojustification. Une exception, les mémoires de Jean-Luc Dehaene. Il a dicté quotidiennement, le résumé de sa journée qu’une secrétaire a retranscrit le lendemain matin. Ce n’est pas non plus un ouvrage de sciences politiques. L’auteur assure n’en avoir ni la formation, ni la connaissance de la littérature scientifique  idoine.

     Philippe Maystadt vise modestement d’aider à comprendre comment se prennent des décisions politiques (…) Cette compréhension est indispensable pour apprécier le fonctionnement de nos démocraties. Tous les lecteurs peuvent y trouver les moyens d’être plus lucides face à la complexité et à l’opacité des mécanismes de gouvernement.

    Les lieux ? Le Lambermont, Val Duchesse, l’Hôtel du Gouverneur, le Cap d’Antibes, le Palazzo Pubblico à Sienne, chacun les a vus à TV durant quelques secondes. Philippe Maystadt y ajoute sa note personnelle. Devant L’Allégorie du bon gouvernement, son interprétation sans doute anachronique lui fait voir un artiste voulant faire comprendre l’importance  du peuple dans le gouvernement  démocratique de Sienne. Il est source du pouvoir  et la Sagesse et la Justice passent par lui pour atteindre le Bon Gouvernement. Celui-ci est symbolisé par un vieillard  majestueux,  aux traits énergiques, à la barbe et aux cheveux blancs, une sorte de Charlemagne. Son vêtement est aux couleurs de la ville, blanc et noir (tiens, comme Charleroi !). Sacré Carolo né à Petit-Rechain !

   Dans ces lieux sont prises des décisions politiques censées résoudre des problèmes politiques. Mais qu’est-ce qu’un problème politique ? Tout problème qui apparaît dans une société ne devient pas pour autant politique. Il le devient quand la perception de l’intensité du problème est telle qu’elle requiert une intervention publique. Les décisions politiques suivent des chemins différents et tout au long de sa carrière politique, Philippe Maystadt en a connu toute la gamme y compris la décision par rejet voire même la décision par fait accompli !

    La note infrapaginale numéro 26 va à l’encontre de l’esprit du 19 juin. Elle est un hommage à la loyauté et vaut d’être contée : Dehaene a eu l’habileté de laisser Jean-Maurice Dehousse, casquette de marin sur la tête, s’adresser le premier à la presse pour annoncer qu’il y avait un accord et qu’il le soutenait.  Jean-Maurice était le plus dur des ministres PS pendant la négociation et cela était connu à l’extérieur. Sans élever la voix mais avec une fermeté courtoise, il avait négocié pied à pied chaque pas vers le compromis. Toutefois, ayant beaucoup négocié avec lui (…) je savais qu’on pouvait lui faire confiance : il était de ces hommes politiques qui peuvent être très acharnés dans la négociation mais qui, une fois leur accord donné, défendent le compromis avec une grande loyauté.

LIEGE J-M Dehousse.JPG© Francis Carlier

  • Des lieux et des moments Comment on décide en politique – Philippe Maystadt – Essai – Éditions Avantpropos – 139 pages – 19 € 95

 

15:04 Écrit par Pierre André dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 29 août 2017

Armand s’en va, Cécile le suit et Joseph annonce qu’il ne se représentera plus…  LA FIN DU 58ème FESTIVAL DE SPA TOURNE UNE PAGE DE L’HISTOIRE DU THÉÂTRE EN WALLONIE

 

       En onze jours, du 11 au 21 août 2017, le cinquante huitième Festival de théâtre de Spa a organisé soixante-huit activités dont cinquante-six représentations de vingt-six spectacles (dont dix affichèrent complets) suivis par près de dix mille spectateurs dont six cent trente abonnés.

      Ce bilan en une longue phrase ne dit pas l’essentiel à savoir qu’une page importante vient d’être tournée dans l’histoire du théâtre en Wallonie

      Ce lundi 21 août 2017, lors du traditionnel entretien de clôture du Festival de Spa, le Bourgmestre Joseph Houssa, entré dans sa 88ème année, a annoncé qu’en 2018 il ne se présentera pas au scrutin communal du 14 octobre. Devenu conseiller à la fusion de communes en 1976-77 et Bourgmestre dès janvier 1983 (il a donc entamé sa trente-cinquième année de mayorat),  cette personnalité dont la liste a obtenu en 2012 plus de 55 % des votes valables (47 % de ces 55 % étant des votes nominatifs de préférence en sa faveur) a, en 1986-87, géré la crise que connut le Festival lorsqu’un Jean-Claude Drouot méprisant succéda au fondateur Jacques Huisman.  Joseph Houssa joua en 1988 un rôle actif dans la transmission de l’animation du Festival à Billy Fasbender et André Debaar,  puis en 1999, il transmit la direction à un quatuor qui devint vite un duo.

Celui-ci fut dominé dans un premier temps par Armand Delcampe qui put, avec le Bourgmestre, signer en 2002 un contrat programme accepté par le Ministre libéral wallon de la culture, Richard Miller puis négligé par les Ministres socialistes bruxellois de la Culture pendant près de 20 ans. En 2015-2016, un conflit avec la Ministre Joëlle Milquet, qui réduisit les subventions en souhaitant une fermeture, amena Armand Delcampe à se retirer, la co-directrice du Festival Cécile Van Snick assumant une direction intérimaire, tandis que le Bourgmestre Houssa et le Conseil d’administration du Festival confiaient le relais au liégeois Axel de Booseré qui sera seul à la barre, en 2018, lorsque Joseph Houssa prendra sa retraite avec les sentiments de gratitude et de regrets de beaucoup de Spadois et de nombre de leurs amis . Parler d’une page qui se tourne sans évoquer son action toujours la plus favorable possible à l’égard du Festival de théâtre, nous aurait semblé injuste.

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Joseph HOUSSA, Bourgmestre de SPA

      Ceci dit venons en (mais en ouvrant d’abord une nouvelle parenthèse) aux quatre derniers spectacles auxquels nous avons eu le plaisir d’assister et qui furent des réussites.

PRÉSENCES MINISTÉRIELLES

      Première surprise : la personne qui m’accompagnait au spectacle J’ai faim de Jean-Pierre Dopagne me demanda en regardant une spectatrice qui s’asseyait deux rangs devant nous : la reconnais-tu ? Mais ne dis pas de nom… Je répondis: Ne serait-ce pas une Spadoise d’origine qui vient de déménager de l’agglomération bruxelloise vers Liège ? Nous n’avons pas précisé la fonction exacte de cette dame : Ministre Vice-Présidente du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Ministre de la Culture, de la petite Enfance et de l’Education permanente ainsi que Ministre Vice-Présidente du Gouvernement de la Wallonie, Ministre de l’Action sociale, de la Santé, de l’Egalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative (étant entendu que cette simplification ne s’applique pas d’emblée à l’intitulé des titres ministériels). Cette nouvelle responsable de l’action sociale en Wallonie venait de s’illustrer par une petite phrase confiée au quotidien du monde de la Finance L’Echo et confirmée ensuite : Il faut responsabiliser les gens en mettant fin à l’assistanat.Ce genre d’affirmation, rarement entendue jusqu’à présent aux Mutualités chrétiennes, pourrait par contre être utilisée comme réplique grinçante par le dramaturge Jean-Pierre Dopagne.

      Madame Greoli sursauta légèrement quand, sur scène, un Bourgmestre qui engagé à ne jamais abandonner sa fonction communale, annonçait à ses concitoyens qu’il allait les quitter pour devenir Ministre de l’industrie … culturelle. L’auteur ne précisait pas si cet Hôtel de Ville  était proche du confluent de la Sambre et de la Meuse.

      Nous étions étonnés que la Ministre de la Culture vînt au Festival de Spa (contrairement à ses prédécesseurs Philippe Moureaux, Eric Thomas, Charles Picqué, Fadila Laanan et Joëlle Milquet) sans être accompagnée du Bourgmestre, des Directeurs du Festival, de l’auteur et du metteur en scène, etc. Questionnée, Cécile Van Snick me précisa qu’Alda Greoli était venue à plusieurs spectacles du Festival cette année et l’an dernier.

      Cette participation discrète nous amène à espérer que la Ministre acceptera de conclure en octobre un nouveau contrat programme qui permette d’apporter les moyens nécessaires pour renouer avec l’importance d’un Festival de qualité tel qu’il le fut aux meilleurs moments de l’époque du National, puis quand Armand Delcampe proposait jusqu’à une centaine de spectacles comprenant de nombreuses créations intéressantes.

      Ce qui serait peu probable si la Ministre se contentait de suivre l’avis intéressé d’une majorité de subventionnés bruxellois. Quand donc la large majorité parlementaire wallonne comprendra-t-elle que pour rétablir l’équité il est souhaitable d’en revenir aux clés de répartition sur lesquelles, à la fin des années 1970, les Ministres François Persoons et Jean-Maurice Dehousse avaient conclu un accord octroyant à Bruxelles 25 % des dépenses culturelles localisables (vu que cette Région qui bénéficie de la plupart des institutions culturelles restées fédérales réunit 22 % des francophones du Royaume dont elle est la capitale) les trois quarts de ces dépenses allant dans cette hypothèse à la Wallonie qui aujourd’hui, dans les faits, ne bénéficie que d’un tiers des subventions à l’art dramatique ce qui est – de toute évidence – inacceptable. Mais la volonté politique pour en revenir à l’équité ne fait-elle pas tristement défaut ?

J’AI FAIM de Jean-Pierre Dopagne

      Décidément, Jean-Pierre Dopagne confirme qu’il est, en Wallonie, un dramaturge majeur maîtrisant excellemment une construction théâtrale complexe dans un style oral qui a l’apparente simplicité du langage naturel. Comme feu notre ancien Professeur de littératures comparées à l’Université de Liège, Robert Vivier romaniste sensible au charme musical de la langue italienne, Jean-Pierre Dopagne structure cette composition sur les misères de notre monde en faisant tourner sept personnages autour d’une pancarte proclamant J’AI FAIM qu’a placée à côté d’elle une femme jeune et mystérieuse tant qu’elle se tait.

      Les réactions sont fonction des déceptions éprouvées, des ambitions déçues, des rêves abandonnés. Comme toujours, chez ce faux Candide de Dopagne (qui est définitivement retraité de l’enseignement supérieur puisqu’il a fêté son 65ème anniversaire la veille de l’ouverture le 11 août 2017, du festival spadois), l’ironie affleure, cruelle. Iconoclaste, Dopagne dénonce les dysfonctionnements tant de la collectivité que des individus. 

      Depuis 20 ans, celui qui fut l’adaptateur de Dario Fo, a écrit, outre trois saynètes, treize pièces éditées par Lansman, traduites en une quinzaine de langues, la plus célèbre restant L’Enseigneur jouée en France sous le titre Prof par le grand comédien Jean Piat.

     Il nous paraît désolant que la Wallonie n’ait pas encore distingué son mérite exceptionnel : elle pourrait le faire en attribuant aussi cette fois à titre posthume cette distinction à Robert Vivier dont je ne pourrai jamais assez vous recommander la lecture d’un texte assez court (http://www.larevuetoudi.org/fr/story/un-grand-peuple-robert-vivier) écrit lors de la question royale en 1950 par le père adoptif à Chênée d’Haroun Tazieff, le vulcanologue.

      Les huit jeunes comédiens qui ont (dans une sobre mise en scène d’Antoine Motte dit Falisse, assisté par Nathalie Berthet) interprété J’ai faim : Laura Dussard, Manon Hanseeuw, Julie Verleye et Laurie Willième ainsi que Maxime Anselin, William Clobus, John Krier et Gilles Poncelet sont très professionnels. Leur compagnie porte le nom d’un héros du roman Cléopâtre écrit, au XVIIème siècle, par Gauthier de Costes de La Calprenède. Ce héros s’appelle Artaban. Ces comédiens ont-ils été aussi fiers que celui-ci en apprenant que « leur Ministre », celle de la Culture, les a applaudis ? Ils ne nous l’ont pas dit mais, sceptiques comme Dopagne, ces jeunes apprécieront les responsables du domaine de leurs activités en fonction de ce que permettront les moyens tels qu’ils seront répartis;

BEATLEJUICE de Dominique Jonckheere

      Voilà qui n’est pas du théâtre mais un spectacle que les festivaliers ont accueilli avec enthousiasme. Musicien, chanteur, chef d’orchestre, comédien, humoriste à ses heures, l’ingénieur-informaticien Dominique Jonckeere est d’abord un pédagogue perfectionniste passionné. Il travaille vraiment beaucoup mais fondamentalement par plaisir, un plaisir qu’il apprécie pleinement quand il suscite celui des autres.

      Ses brillantes études d’ingénieur civil lui permirent de s’assurer en une vingtaine d’années, une aisance matérielle suffisante pour se consacrer exclusivement à la musique. Il joua d’abord de la guitare, accompagna un moment le chanteur Philippe Lafontaine puis, à 25 ans, se tourna vers la musique classique, fonda et dirigea un chœur (1981-1994) puis un Orchestre (1989-1999) tous deux appelés Oratorio et depuis 20 ans, ce jeune sexagénaire multiplie compositions (notamment pour une dizaine de films) et concerts (plus de 500 de Bach au Rock) en réalisant en outre des spectacles musicaux concernant Purcell et Haendel, Bach et Mozart mais aussi les musiques les plus actuelles. À cet égard, je suis un complet béotien limitant mon écoute à la chanson française à texte et à la musique la plus classique. J’avoue que j’ignorais pratiquement tout des Beatles. J’avoue aussi avoir été séduit et m’être bien amusé lors des deux parties de ce spectacle minutieusement mis au point avec le concours d’une équipe d’une quinzaine de collaborateurs allant d’’une assistante de production et d’un ingénieur du son à la voix et aux bruitages assumés par sa compagne, la comédienne Patricia Houyoux en passant par une douzaine de musiciens en studio : cinq violons, deux altos, un violoncelle, une trompette, un saxo, une clarinette et une choriste. Je suis bien incapable d’apprécier tel ou tel aspect des choix musicaux assurés parmi les 200 chansons des Beatles mais je peux vous assurer une chose : si vous apprenez l’organisation d’un spectacle musical par Dominique Jonckheere courrez-y : c’est une assurance de la plus haute qualité

AU FIL DE L’HISTOIRE DE JEAN LOUVET & TOURNÉE GÉNÉRALE

Spa3.JPG©Francis CARLIER

            Armand DELCAMPE en compagnie de l'équipe de Liège 28, Pierre ANDRÉ et Jean-Marie ROBERTI 

      Un hommage en deux parties (une biographique et une mise en scène d’un dernier acte théâtral) a été joué, une seconde fois, le dernier soir de ce 58ème Festival .

      Cet hommage Armand Delcampe voulait le consacrer à son compagnon depuis plus de trente ans : Jean Louvet. Armand Delcampe a raison : Louvet, fils de mineur devenu prof de français, dramaturge de talent, homme de gauche aux convictions indéracinables et grand Wallon, chantre de la pleine souveraineté de notre peuple mérite amplement cet hommage. Les complices d’Armand dont son épouse Marie-Line Lefebvre furent excellents.

      Mais pourquoi étions-nous là ? Pourquoi le Bourgmestre de Spa, Joseph Houssa était-il assis dans la rangée qui précédait la nôtre ? Soyons francs, c’était moins pour Louvet que pour Armand Delcampe lui-même dont nous nous disions que ce serait sans doute sa dernière prestation au Festival de Spa auquel il a tant donné de lui-même pendant près de vingt ans.

      Il y a trop à dire à son sujet et à propos de luttes que nous avons partagées comme le rappelle dans La Gazette de Liége ce lundi 28 août le chef d’édition Paul Vaute en citant Liège 28.

ALPENSTOCK de Rémi De Vos

Spa1.JPG©Francis CARLIER

          Axel de BOOSERÉ, nouveau directeur du Festival de Théâtre de SPA 

      Enfin nous avons quitté ce 58ème Festival de Spa en assistant à une représentation d’une farce paroxystique de Rémi De Vos qu’Axel de Booseré, nouveau directeur du Festival (après l’avoir été de la Compagnie Arsenic qui rassembla 200.000 spectateurs lors de 1.200 représentations), a avec sa complice Maggy Jacot, conçu, mis en scène, scénographié et pour laquelle il a créé les costumes. Avec trois talentueux comédiens Mireille Bailly, Didier Colfs et Thierry Hellin chargés de gonfler les traits et grâce à une équipe de sept techniciens et artisans de qualité pour régler comme du papier à musique les deux demi-heures de ce spectacle échevelé, où ce ne sont pas les portes qui claquent comme dans les vaudevilles mais des éléments du décor qui se détachent de partout, s’avérèrent très joyeuses. En bref du rire et une heureuse conclusion du festival, le racisme étant ridiculisé.

 

Jean-Marie ROBERTI

 

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vendredi, 18 août 2017

Au 58ème festival de théâtre de Spa, du bruit pour les enfants et pour les adultes, une adaptation intéressante mais améliorable.

 

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À longue soirée, courte critique.

    Ce jeudi 17 août, nous avons entendu à 19 heures au Radisson Piletta Remix du Collectif bruxellois Wow et nous avons vu, en la grande salle Jacques Huisman, de 20 heures 30’ à 23 heures 20’ (entracte d’un quart d’heure compris) l’adaptation, la mise en scène, la scénographie et l’interprétation par Jean-Marc Chotteau du dernier roman - Bouvard et Pécuchet - du père de Madame Bovary, Gustave Flaubert.

    Que dire de Piletta Remix ? Que ce n’est pas du William Shakespeare bien que le titre Much Ado About Nothing  (Beaucoup de bruit pour rien) aurait été plus explicite. Chaque spectateur était équipé d’un casque audio et pouvait entendre tous les bruitages de l’enregistrement radiophonique d’un conte de nature à amuser les enfants et ceux friands de sons surprenants. Quant aux autres, ils reconnaissaient une qualité à ce spectacle : sa brièveté relative, à peine plus de trois quarts d’heure. 

    Par contre, la représentation de Bouvard et Pécuchet était non seulement beaucoup plus longue mais elle appelle un commentaire beaucoup plus nuancé. À Lille et Mouscron, le Centre transfrontalier de création théâtrale que Marc Chotteau à Tourcoing a créé en fusionnant sa compagnie et le Centre culturel mouscronnois au sein d’une équipe intitulée La Virgule ne manque pas d’ambition. Théâtraliser l’ultime roman de Gustave Flaubert, ce grand prosateur qui avait tendance à se moquer de manière à la fois caricaturale et réaliste de la sottise et de la médiocrité bourgeoises, constitue assurément une gageure qui s’avère partiellement réussie. Des moyens importants ont été mobilisés pour que lumières et décors changeants et remarquables soient parfaitement adaptés au texte.

    Les deux comédiens, Jean-Marc Chotteau et Eric Leblanc sont des professionnels expérimentés capables de faire rire le public même lors de scènes essentiellement mimées. Notre regret dans cette grande salle au plafond très élevé c’est que parfois, trop souvent surtout dans la fin des répliques de Pécuchet alias Eric Leblanc, le texte n’ait plus été audible. Nous étions placés au cinquième rang au milieu de la salle et mes voisins me confirmaient que je n’étais pas le seul malentendant tout en se réjouissant de n’avoir pas été assis au fond du parterre ou à l’étage. Cette situation ne sert pas l’attention nécessaire pour suivre une aussi longue adaptation faite pourtant de scènes courtes. Ces remarques ne nous conduisent cependant pas à oublier les nombreuses qualités d’un spectacle intéressant mais améliorable.

 

Jean-Marie ROBERTI

 

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mercredi, 16 août 2017

Le 58ème Festival de Théâtre de Spa : Du rire à l’émotion, bref de la vie condensée…

 

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    Laissons là nos souvenirs de cinquante-huitard  (Avignon, TNP….) et venons- en aux deux spectacles savourés le soir du 15 Août. Ripaille est la nouvelle création de Christian Dalimier qu’il a écrite et qu’il a interprétée avec Laurence Warin au Radisson Palace spadois, dans une mise en scène d’Emmanuelle Mathieu.

    Quant aux Filles aux mains jaunes (jaunes à force de devoir fabriquer des obus), elles commémorent, sous la plume de Michel Bellier, le centenaire du sort cruel mais émancipateur que connurent alors les femmes. Mise en scène par Joëlle Cattino, la fondatrice et directrice artistique de la Compagnie marseillaise (siège sur la Canebière!), Dynamo qui produit ce spectacle destiné à tourner jusqu’en novembre de l’an prochain, cette pièce est servie par un quatuor féminin, homogène et talentueux constitué par Bénédicte Chabot, Inès Dubuisson, Anne Sylvain et Blanche Van Hyfte.

    Il y a deux ans, en août 2015, nous avions eu au Festival de théâtre de Spa, un grand coup de cœur pour une œuvre qui évoquait aussi particulièrement le sort en 1914-18 de celles de l’arrière à travers les échanges épistolaires d’une institutrice et de son mari mobilisé. Cette pièce intitulée Lettres à Elise était signée d’un brillant auteur wallon Jean-François Viot, mise en scène par Nele Paxinou, fondatrice des Baladins du miroir et excellemment interprétée par Sophie Lajoie et Jean-Marie Pétiniot. Une telle réussite, récemment traduite en…. allemand, vaut d’être rappelée même si elle place haut le degré atteint lorsqu’on utilise l’échelle des comparaisons. Et nous nous réjouissons que Jean-François Viot dont nous avions aussi très positivement apprécié à Spa Sur la route de Montalcino ait ce printemps brillamment défendu à la Chambre un statut de l’artiste à rénover et qu’il nous annonce la création à l’Atelier-Théâtre Jean Vilar de sa pièce : Maria Callas : il était une voix... ainsi que l’heureux aboutissement de la longue écriture d’un premier roman.

    Ripaille et Les filles aux mains jaunes sont évidemment deux spectacles totalement différents. Le premier purement divertissant, le second chargé d’émotion. Comme la vie (dont il est le miroir soulignaient les Baladins), le théâtre affiche toute la gamme des sentiments humains et chez les plus grands dramaturges (Shakespeare, Molière….) ils ne se succèdent pas, ils se juxtaposent.

    Christian Dalimier, grand, mince, détendu est un manieur de mots, épicurien. Mais pas seulement : cet Hutois – qui réussit à ouvrir aux spectacles théâtraux, le très beau château de Modave – mis par exemple en scène à Spa en 2010 le chef d’œuvre des pièces noires de Jean Anouilh : Antigone. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier les plaisirs de la table comme il l’avait déjà montré à Spa en 2012 dans une ode au vin qu’il avait intitulée Entre deux verres. Cette fois c’est toute la volupté des plaisirs gastronomiques qu’il a décrite et qu’il joue avec la fille d’une famille de cuisiniers : Laurence Warin devenue une très dynamique et souriante comédienne. Dans cette pièce, teintée de gentilles touches érotiques - et parfois de quelques effets trop faciles – c’est de nous que nous rions, des gourmets qui cèdent à la gourmandise. Et parfois avec des retours vers des classiques tel un extrait des Trois sœurs d’Anton Tchekhov, sans oublier - en conclusion – une référence aux Madeleines de Marcel Proust (1), cuisinées sur scène et servies chaudes à quelques spectateurs choisis par hasard au premier mais aussi aux derniers rangs….

    Le changement d’atmosphère est radical quand du Radisson à 19 heures on arrive à 21 heures au Salon bleu du Casino. Le gris domine. Du départ de leurs poilus, la fleur au fusil, qui les conduisit dans une usine d’armement chimiquement polluée jusqu’à la délivrance d’un armistice attendu quatre ans et cent six jours, en passant par des monceaux de morts comprenant même des fusillés insoumis, quatre femmes subissent les rythmes infernaux d’une production malsaine. Il y a les résignées entraînées par les battantes chez qui naissent des revendications qualifiées d’un beau mot : socialistes. Comme cinquante ans plus tard les femmes machines de notre usine d’armement qui exigeaient il y a cinquante ans l’application du seul article social du Traité de Rome de 1957, ces femmes sous-payées revendiquaient l’obtention à travail égal d’un salaire égal. Et des crèches, et de l’hygiène et du respect. Un juste féminisme naissait. Michel Bellier le dit sans les nuances des Lettres à Elise. Cette pièce en partie de circonstance puisqu’elle permet des engagements commémoratifs, est généreuse et émouvante. Le grand professionnalisme des comédiennes est incontestable.

    Cependant – après avoir interrogé quelques autres personnes qui certes étaient d’âge posé – nous regrettons la trop fréquente et trop grande célérité du débit. Les Méridionaux parlent certes plus vite que les Liégeois, et que dire des Méridionales ! Mais devoir s’accrocher pour ne pas être décrochés lors de l’écoute d’un texte, c’est une exigence exagérée. Une interprétation plus posée ne serait pas moins convaincante.

    Nous avons finalement passé une excellente soirée du 15 août. Quand à vingt-deux heures trente nous avons quitté Spa le feu d’artifice prévu était tiré alors qu’éclairs et tonnerre éclataient dans un ciel qui déversa des trombes d’eau jusqu’à proximité de Liège. Ce feu d’artifices contrairement au Festival de Spa était donc dépourvu de spectateurs mais s’inscrivait dans nos traditions surréalistes.           

 

Jean-Marie ROBERTI

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(1) Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause écrit le romancier des sept tomes d'À la recherche du temps perdu (cette citation étant extraite Du côté de chez Swann).

 

18:22 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 15 août 2017

Au LVIIIème Festival de Spa : DU MANQUE DE MOYENS WALLONS AU BON EXEMPLE D’UNE NOUVELLE COMMANDEUSE DE L’ORDRE DE LA COURONNE.

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    Dimanche dernier, 13 août 2017, nous avons choisi au 58ème Festival de Spa, d’assister à deux spectacles : On ne badine pas avec l’amour d’après Alfred de Musset, co-production des Théâtres de la Chute et Varia d’une part et d’autre part Le Roi nu d’Evguéni Schwartz une co-production des Baladins du Miroir et de la Maison Éphémère dont le co-directeur artistique Guy Theunissen a assuré la mise en scène.

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    Dans la seconde moitié des années 1950, j’ai eu, très jeune, le grand privilège de découvrir trois œuvres majeures d’Alfred de Musset, au Théâtre National Populaire, en Avignon puis à Chaillot, dans trois interprétations de Gérard Philippe, servies par la musique de scène de Maurice Jarre : 1°) Lorenzaccio, dans la cour d’honneur du Palais des Papes, avec aussi Daniel Ivernel, dans une mise en scène de Jean Vilar reprise par l’acteur du rôle-titre,  2°) Les caprices de Marianne dans les Jardins (d’aucuns disent les Vergers) d’Urbain V, avec aussi Geneviève Page, dans une mise en scène de Jean Vilar et 3°) On ne badine pas avec l’amour  dans la grande salle d’un Palais prestigieux, place du Trocadéro, où l’on trouve également le Musée de l’Homme, avec aussi Suzanne Flon dans une mise en scène du cinéaste René Clair.

    Il s’agissait certes d’interprétations d’une qualité tout-à-fait exceptionnelle, d’un accompagnement musical toujours dense et harmonieux, parfois même surprenant (particulièrement lors de l’ouverture de Lorenzaccio par les fanfares du père de Jean-Michel) et cela dans des mises en scène assurément innovantes. Mais ces innovations allaient de pair avec le respect de l’intégrité des œuvres. Ce n’est pas le cas ici.

    En découpant dans les trois actes de cette pièce, les scènes concernant le dramatique trio amoureux formé par Perdican, Camille, victime de l’intégrisme catholique, et Rosette, et en éliminant les scènes légères et humoristiques conçues par Musset au profit d’intermèdes burlesques de son cru entremêlés de poèmes de l’auteur, le metteur en scène et scénographe Benoît Verhaert se sert de Musset. Nous aurions préféré qu’il le serve. En outre, nous ne comprenons pas l’intérêt des anachronismes musicaux de Samuel Seynave.

    Verhaert et Seynave ne sont pas plus René Clair et Maurice Jarre que Stéphane Pirard et Céline Peret ne sont Gérard Philippe et Suzanne Flon. Mais ce spectacle, condensé en une bonne heure pour permettre des animations notamment scolaires, mérite de larges circonstances atténuantes. Il a été monté et joué par cinq comédiens (Audrey D’Hulstère et Vincent Raoult s’ajoutant aux trois précités) qui sont de vrais professionnels talentueux, dynamiques qui entrainent une chaleureuse adhésion du public. Que nous n’atteignions pas aujourd’hui le niveau auquel étaient parvenus Jean Vilar, Gérard Philippe et bien d’autres (je me souviens de Philippe Noiret et de Jean-Pierre Darras alors dans de tout petits rôles) est malheureusement normal. C’est une question de moyens.

    D’origine spadoise, Madame Alda Greoli, la Ministre Vice-Présidente des Gouvernements de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge de l’Action sociale, de la Santé, de l’Egalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative en Wallonie ainsi que de la Culture et de l’Enfance au niveau communautaire ne semble pas prête à s’inscrire, deux tiers de siècle plus tard, dans la lignée de Jeanne Laurent.

    Cette archiviste-paléographe quadragénaire nommée en 1946 sous-directrice des spectacles et de la musique au Ministère de l’enseignement dont dépendait la culture lutta afin de pouvoir créer un théâtre national populaire visant un large public y compris en dehors de Paris alors que les activités dramatiques étaient l’apanage de la bourgeoisie de la capitale française. Le jour même où en juillet 1951, elle obtint enfin un accord politique sur son projet de création, elle prit le train vers Avignon où depuis 1947 Jean Vilar animait un festival estival d’art dramatique et elle dut beaucoup insister pour convaincre ce grand metteur en scène et comédien d’accepter la charge d’une telle direction.

  À notre connaissance, la gare de Spa n’a pas encore vu arriver la responsable chez nous de l’art dramatique afin de proposer au Liégeois Axel de Booseré de diriger un rééquilibrage entre Bruxelles et la Wallonie des subventions théâtrales sur une base équitable : non plus deux tiers pour la capitale et un tiers pour le reste mais bien les trois quarts pour la Wallonie et 25 % pour Bruxelles siège des institutions culturelles fédérales. Sans doute faudra-t-il attendre que les membres wallons du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui sont 75 sur 94 se rendent compte que 79,79 % constituent une majorité suffisante pour enfin se faire respecter en particulier dans le domaine des dépenses budgétaires localisables.

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    C’est sous le chapiteau des Baladins du Miroir que nous avons suivi la représentation du Roi nu. Cette pièce est l’œuvre d’un écrivain soviétique qui eut 21 ans lors de la Révolution de 1917, qui abandonna des études de droit pour le théâtre et qui engagé contre le totalitarisme, se consacra d’abord à la littérature enfantine. Au départ de contes d’Andersen, il rédigea une première pièce pour adultes Le Roi nu. Il eut beau expliquer que le tyran qu’il visait était Hitler, les censeurs du Kremlin en interdirent la représentation au cas où des spectateurs auraient confondu avec Staline. Une autre de ses œuvres pour adulte Le Dragon eut plus de chance : elle fut représentée une fois. Schwartz fut longtemps malade et décéda en 1958 cinq ans après que Khroutchev ait succédé à Staline mais il ne vit pas représenter en U.R.S.S. son Roi nu qui dut attendre 1960 pour l’être Cette farce (qui au premier degré suscita l’hilarité des jeunes enfants présents devant nous) ne manque pas de causticité et vaut surtout par le rythme donné au spectacle par le texte lui-même, les décors, les danses et une musique entraînante mais marquée - comme des allusions à l’informatique – par d’inutiles anachronismes. La qualité d’ensemble du spectacle est principalement due à l’homogénéité d’une troupe de deux douzaines de membres dont une moitié de comédiens : Les Baladins du Miroir qui constituent la compagnie wallonne la plus remarquable.

    Elle a été fondée et dirigée par Nele Paxinou qui, le mois dernier, est devenue sur proposition transmise par Didier Reynders au Palais Commandeuse (féminin de Commandeur selon mon Petit Robert) de l’Ordre de la Couronne. Mais on dément que ce soit après qu’il ait vu Le Roi nu que Philippe 1er ait fait promulguer l’accès de cette comédienne à cette haute distinction. Nele est née en 1942 à Anvers d’un père grec et d’une mère flamande qui s’installèrent à Bruxelles où leur fille devint une jeune comédienne professionnelle. Frappée à 23 ans par une maladie qui la priva de l’usage de ses jambes, elle entreprit et réussit à Louvain-la- Neuve deux licences universitaire : une en philosophie et l’autre en sciences théâtrale chez Armand Delcampe. À trente-trois ans elle réalisa de premières mises en scène dont en particulier de pièces de Michel de Ghelderode. À quarante, elle fonda sa compagnie itinérante qui prit comme nom Les Baladins du Miroir parce que le théâtre est le miroir de la vie. Implantée entre ses tournées chez elle à Thorembaix-les-Béguines, sa compagnie qui donne le meilleur exemple de promotion de l’art dramatique en Wallonie vient de déménager dans un domaine de deux hectares et demi à Jodoigne ce qui n’a pas pu se faire sans l’appui de Louis Michel. Il faudrait aller plus loin en inversant les subventions accordées au très bruxellois Théâtre national et à la compagnie de Nele Paxinou. Celle-ci a récemment cédé le relais de la direction générale à Gaspar Leclère qui l’avait rejointe en 1984. Nous ne l’avons pas revue cette année à Spa où nous n’avons pas encore croisé le Bourgmestre Joseph Houssa qui, le mois dernier à 87 ans, avait présidé aux réactions nécessitées par une menace d’attentat lors de Francofolies.

    Mais laissons cette fois la conclusion à Nele Paxinou qui faite en septembre 2012 Chevalière du Mérite Wallon écrivait alors : De la créativité, de la créativité, de la créativité ! … Ce simple mot recèle en lui l’avenir de notre jeunesse et la survie de notre société moribonde. Apprenons aux jeunes à en mettre dans chacune de leurs actions. C’est grâce à l’éducation et à la Culture que nous pourrons « encore » leur montrer le chemin … 

Jean-Marie ROBERTI

 

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samedi, 12 août 2017

FESTIVAL DE SPA : SANS GRANDS TEXTES, PAS DE GRAND THÉÂTRE...

     

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Spa est par excellence une ville d’eau puisque ses trois lettres sont devenues nom commun. Elle n’a pas failli à sa réputation lors de l’ouverture sous un ciel lourdement menaçant de son 58ème Festival de Théâtre.

      Lors de chacune de ses onze soirées, les spectateurs ont le choix entre quatre représentations (sauf le 19 août où il y a une option en moins mais en ajoutant par contre les cinq représentations de Baladins du Miroir sous leur propre chapiteau ces 12, 13, 14, 16 et 17 août). Ayant sélectionné douze spectacles en six soirées, j’avoue regretter mes deux choix initiaux. Jean Vilar estimait qu’un théâtre de qualité nécessitait de grands textes interprétés humblement par des compagnies constituées de metteurs en scène et de comédiens soucieux de servir les auteurs et non de s’en servir. Cette primauté que j’accorde aux textes aurait dû me conduire à aller assister à deux créations (Caméléon et Jours radieux) de deux auteurs de chez nous, le Bruxellois Robert Burniaux alias Jean Muno (1924-1988) et le Wallon Jean-Marie Piemme (1944). Mais ne pleurons pas…. 

      J’avais aimé le titre de la pièce d’ouverture du Festival Ressacs. Je m’étais dit que ce mot français évoquant le retour en arrière de vagues frappant un obstacle, s’avérait bien plus élégant et éloquent que ces flash-backs chers notamment aux milieux cinématographiques. Ce que le programme du Festival ne précisait malheureusement pas c’est que la langue employée dans ce spectacle était surtout un anglais certes basique mais qu’une proportion importante de Wallons ne peuvent pas suivre, y compris même si c’est dans une moindre mesure, parmi les spectateurs non prévenus. En outre cet anglais basique n’avait rien d’un texte dramatique de qualité et les efforts d’Agnès Limbos et de Grégory Houben en vue de rendre ce spectacle joyeux et poétique nous parurent vains. Une partie du public a certes réagi chaleureusement par des applaudissements qui n’étaient pas de simple politesse mais les personnes que je connais et moi avons trouvé ce spectacle profondément ennuyeux.

      Nous espérions beaucoup mieux d’une pièce de l’américaine Annie Baker qui mobilisa 18 personnes – dont parmi les cinq interprètes la co-directrice du Festival spadois qui dirige aussi le théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve, Cécile Van Snick pour une représentation de près de deux heures (14 personnes pour un peu plus d’une heure de spectacle pour Ressacs). Et là à nouveau, nous avons été profondément déçus. Le défoulement de cinq comédiens lors de six semaines de thérapie dans le cadre d’un atelier théâtral n’était basé sur aucun texte cohérent publiable. Comme une partie du public nous avons à nouveau décroché. 

    Nous avons terminé la soirée lors d’une brève réception qui nous a permis de rencontrer des personnalités peu nombreuses et de notre génération âgée,  telles Valmy Féaux ou Jean-Louis Luxen. Par contre nous avons été surpris de l’absence du Bourgmestre Joseph Houssa.

   Le nouveau Directeur du Festival (qui ne sera responsable de la programmation que l’été prochain, Cécile Van Snick ayant opéré des choix dont elle ne reprend cette fois aucun dans l’agenda 2017-18 de l’Atelier Jean Vilar) Axel de Booseré nous a informé qu’il a déposé à la Fédération Wallonie-Bruxelles le dossier demandant la réanimation d’un contrat programme pour les fort nombreux spectacles et spectateurs du Festival de Théâtre de Spa. La réponse de la Ministre Gréoli attendue en octobre, sera-t-elle positive? Nous l’apprendrons lorsque reprendra le fonctionnement d’une Fédération dont nous continuons à vouloir la disparition.

      Nous retournerons à Spa ce dimanche 13 août en souhaitant que la pièce On ne badine pas avec l’amour annoncée comme étant d’après Alfred de Musset (et non d’A. de Musset tout court) respectera le texte brillant de cette comédie. Puis nous découvrirons le nouveau spectacle des Baladins du Miroir : Le Roi nu avec un gros a priori favorable. A suivre donc en souhaitant qu’après la pluie arrive le beau temps.

Jean-Marie ROBERTI

 

 

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samedi, 05 août 2017

De 1928 à 1985, inventaire des archives de la Radiodiffusion Télévision Belge (RTB).

     

1960 logo RTB.jpg

      Depuis le 1er août 2017, 420 mètres linéaires d’archives papiers de la RTB inventoriés par Flore Plisnier se trouvent aux Archives générales du Royaume (1). L’essentiel couvre la période de 1950 à 1980 englobant également l’Institut national de Radiodiffusion (INR) et l’Institut des services communs (ISC). Le document le plus ancien remonte à 1928, deux ans avant la création de l’INR par la loi du 18 juin 1930 – première émission le 1er février 1931 diffusée depuis la rue de Stassart.

      Tout en conservant l’essentiel des archives de la RTB, les Archives générales du Royaume n’en ont pas l’exclusivité. Ainsi l’Institut d’histoire ouvrière économique et sociale (IHOES) conserve des archives de Jacqueline Saroléa, féministe, syndicaliste et collaboratrice au centre de production de Liège.

      Que trouve-t-on dans les 9623 dossiers répertoriés dans l’inventaire ? De tout, de la chemise consacrée à la correspondance avec la Reine Élisabeth (1953-1956) à la SA COBRIMO (1964) - il s’agit d’un dossier relatif à un litige en matière de publicité sur antenne – en passant par l’affaire François Perin (1961-1965) - il s’agit d’un recours au Conseil d’État de François Perin, chargé de cours à l’ULG, contre une décision de la RTB relative à l’émission « 9 millions »  ou encore les quatre pièces relatives aux émissions interdites sur antenne (1960-1972).

      Outre les rapports mensuels d’activités (1961-1978) du centre de production de Liège on trouve trace de diverses émissions telles Liège-Matin (1969), Du sel sur la queue (1980-1984), Magazine F (1969-1975), Vivre sa ville (1970-1971), Contraste (1966-1978) avec en prime une chemise comprenant un dossier relatif aux protestations à l’encontre de l’émission « Contrastes » (1969-1972). Notons encore en 1963 le dossier relatif à l’inauguration des nouvelles installations de la RTB à Liège (Palais des Congrès), ou  ceux relatifs aux émissions sur les travailleurs étrangers et immigrés (1964-1972) ou à la grève du centre de production de Liège en janvier 1971 (1970-1971)  sans oublier l’enquête administrative au studio de Liège (1961). Pour cette enquête, remarque : non consultable jusqu’en 2050.

      En principe, les archives de plus de 30 ans versées aux Archives de l’État sont publiques et librement consultables. Toutefois, la législation sur la protection de la vie privée n’autorise la communication de l’identité des individus ou de toute information permettant d’identifier une personne que si ( …) les intéressés sont décédés, ou s’ils ont donné leur accord préalable à la publication de leur nom. D’où cette prudence à l’égard de certains dossiers.

      Les relations entre le service public de radiodiffusion et la notions d’archives n’ont pas toujours été parfaites à en juger cette note, datant de juillet 1953, de la direction administrative au comité de direction : À l’heure actuelle, nos archives n’ont d’archives que le nom. Alors que les documents devraient y être classés comme les livres dans une bibliothèque, ils sont pour la plupart entassés dans divers espaces dont l’affectation aux archives est un véritable non-sens. Cela finit par s’améliorer petit à petit.

      Néanmoins, de l’avis de Flore Plisnier, il faut attendre les années 1990 pour que la RTBF se rende compte que ses archives audiovisuelles peuvent avoir une valeur autre qu’utilitaire. Cependant, cette prise de conscience vise avant tout à une rentabilité économique de ces archives (…) Les autorités publiques prendront tardivement conscience de la nécessité de sauvegarder ces archives. Même si l’impératif de conservation apparaît déjà (ou seulement) dans les contrats de gestion depuis 2001, il faut attendre la déclaration de politique communautaire 2004-2009 pour que cette action soit officiellement reconnue. En 2009, afin de mettre en œuvre un plan de sauvegarde, la SA Sonuma est instituée à laquelle la RTBF cède la propriété de la totalité de ses archives audiovisuelles.

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(1) Archives générales du Royaume (AGR) – 2 rue de Ruysbroeck 1000 Bruxelles – Flore Plisnier Inventaire des archives de la radiodiffusion télévision belge (RTB) 1928-1985 – Publication n° 5742 – Version papier 20 € (plus frais d’envoi) – Téléchargement gratuit - http://arch.arch.be

16:06 Écrit par Pierre André dans Actualité, Histoire, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 01 août 2017

Vers un bon redémarrage du Festival de théâtre de Spa.

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       Dix jours avant l'ouverture du 58ème Festival de théâtre de Spa, le taux d'occupation des places pour les 68  représentations en onze jours de 26 spectacles dont trois créations dépassait déjà les 70%. Axel de Booseré pour sa première direction d'un Festival qui fut menacé de suppression par l'ex-Ministre Joêlle Milquet peut donc augurer d'un appréciable succès.

    Huit spectacles affichent déjà « Complet  » : Ressacs , On ne badine pas avec l’amour, J’ai faim, Ripaille, , L’Entrée du Christ à Bruxelles, Le Chachacha du chef de gare, Les Filles aux mains jaunes et La Solitude du mammouth, pièce pour laquelle on vient de prévoir une représentation supplémentaire le dimanche 20 août à 14 heures.

    Des places demeurent  disponibles notamment pour  les deux accueils français : Bouvard et Pécuchet, une pièce drôle et réjouissante tirée de l’œuvre monumentale de Flaubert et L’Affaire de la rue Lourcine, une comédie surréaliste de Labiche. Et aussi pour cinq autres spectacles:  Jet Lag qui allie danse, cirque et théâtre gestuel, l’histoire en paroles et en musique de la vie des Beatles et de leurs succès, Beatle Juice de Dominique Jonckheere,  En attendant le jour, témoignage sur l'euthanasie  de François Sauveur, Le  Roi nu des Baladins du Miroir  sous leur chapiteau  et Théroigne de Méricourt, de Fabrice Gardin sous chapiteau également .

Profitez des dernières places à prix réduits dans le cadre du SPASS, abonnement dernière minute 3 ou 4 spectacles à partir de 21€.

Jean-Marie Roberti

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INFO ET RÉSERVATIONS :  Téléphone gratuit 0800 24 140 - www.festivaldespa.be - Rue du Marché, 20 à Spa

14:18 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 17 juillet 2017

Le journaliste professionnel Edmond Blattchen, Chevalier de l'Ordre de la Couronne.

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      Par arrêté-royal du 5 mai 2017, il a plu à Sa Majesté le Roi  Philippe, en reconnaissance des services rendus par le journaliste professionnel Edmond Blattchen de lui conférer la décoration de Chevalier de l’Ordre de la Couronne. Il convient d’ajouter que c’est sur proposition du Ministre Daniel Bacquelaine que le Roi a agi. La remise de la décoration par le Ministre Bacquelaine a eu lieu dans les salons de l’Hôtel de Maître du Cercle de la Société Littéraire.
 
      Le Ministre prend plaisir à rappeler le parcours admirable d’Edmond Blattchen entré à 22 ans dans cette vénérable maison de service public jusqu’à sa pension. Je note au passage votre départ à la retraite après l’âge de 65 ans, soit une incarnation de notre réforme des pensions et je ne peux que vous en féliciter ! L’itinéraire professionnel de Blattchen va de l’information régionale à Contraste, de Chansong aux émissions d’À Suivre et de L’Écran témoin avant qu’apparaisse, en 1992, le magazine mensuel au titre un rien provocateur noms de dieux.
 
    (…) C’est le début d’une nouvelle aventure qui fera date dans le paysage audiovisuel belge et qui continue à faire sens aujourd’hui où le nom de Dieu est prétexte à tant d’atrocités, tant de brutalité à travers le monde. (…) Mais les entretiens que vous menez avec l’empathie et la rigueur journalistique que l’on vous reconnaît sont loin de se confiner aux seules questions de religion. On y traite de philosophie, de morale ou même d’éthique au gré des évolutions de notre société. Votre invité se confie sur sa vision de l’avenir, sur notre système et les valeurs qui le guident ou ne le guident plus. (…) Durant 55 minutes, vous nous avez fait partager des discussions passionnantes offrant à chacun de nous à la fois repères et perspectives. Le décor est esthétiquement sobre, volontairement dépouillé, afin que seule la densité du contenu puisse émerger et marquer les esprits. (…) Dans une société en proie aux troubles, l’Homme a plus que jamais besoin d’un cadre moral, de repères voire de références philosophiques.
 
     Un constat de Daniel Bacquelaine : Les nouveaux philosophes se nomment de nos jours média et réseaux sociaux. Qu’on le veuille ou non, ce sont eux qui sont les dépositaires ou plutôt les substituts de l’éducation et de la culture. Je regrette parfois que la télévision en particulier sacrifie la réflexion à la distraction sur l’autel d’une logique concurrentielle et consumériste. Face à ce constat, « noms de dieux » incarnait et incarne toujours, décidément et à mon sens, une émission de service public au sens propre du terme qui sensibilise par-delà les sensibilités. (…) Alors que nos valeurs deviennent de plus en plus floues, l’émission « noms de dieux » que vous avez présentée pendant presque un quart de siècle aura poussé ses fidèles… téléspectateurs à la réflexion. À votre manière, c’est au vivre-ensemble que vous avez contribué.
 
      Après avoir félicité Edmond Blattchen, le Ministre des Pensions lui remet les insignes de Chevalier de l’Ordre de la Couronne, une Croix de Malte à cinq branches émaillées de blanc entre lesquelles sont disposés des rayons rectilignes. Si l’Ordre de la Couronne est la plus prestigieuse distinction obtenue par notre confrère, il convient de se souvenir que la Province de Liège lui a accordé, en 1982, le Prix des Jeunes Talents. Ensuite, il a été honoré des Prix Richelieu, Scriptores christiani, Ex-libris, chaque fois pour l’ensemble de son œuvre.
 
      Prenant la parole, Edmond Blattchen se montre surpris de la situation, recevoir une Médaille de l’Ordre de la Couronne, Place de la République française : comment ne pas saisir en cet instant, l’ironie qui fait coïncider, dans une cacophonie inaudible, « La Brabançonne », et « La Marseillaise ». La suite de son discours est l’expression de son cœur, l’expression de remerciements à toutes celles et ceux qui ont contribué à le rendre tel qu’il est en ce moment. Sa gratitude va à Anne Hislaire, à Robert Stéphane, Henri Mordant et tant d’autres et se clôture par cet hommage : j’en termine avec ceux qui m’ont donné plus que tout, puisqu’ils  m'ont donné … la vie : ma mère, Aline, la troisième des filles et des cinq enfants de Laure et de Jules Likin, le boulanger d’Engis,  et Edmond Blattchen, mon père, simple employé des Cristalleries du Val Saint-Lambert en journée, et courtier en assurances le soir. Tout au long de sa vie modeste, discrète, paisible, mon père, à sa manière, fut un héros : ma plus grande fierté c’est celle-là : je suis, en effet, un fils de résistant ! Mon Dieu, le vrai, c’était lui ! Merci !

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©SPF Affaires étrangères & Jean-Pol Schrauwen

 

09:29 Écrit par Pierre André dans Actualité, Media, Politique, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 26 juin 2017

Bulletion du Vieux-Liège : Juliette Noël à l'assaut d'une légende relative à Marie Walewska !

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       Moins de trois ans avant la Révolution française, en Pologne, chez les Laczynski, une famille noble, naît Marie. Elle a pour précepteur un Français, Nicolas Chopin, futur papa de Frédéric avant d’être envoyée parfaire son éducation au couvent Notre-Dame de l’Assomption à Varsovie. Marie est intelligente et studieuse, avec une douceur de caractère qui l'a fait aimer par tous ici. De plus, elle est d’une grande beauté.

        Les propositions de mariage ne manquent pas. Parmi ceux qui lui font la cour, il y a un jeune homme beau, riche et charmant qui lui a plu tout de suite. Il a pourtant un gros défaut : il est russe et, de plus, appartient à la famille du terrible feld-maréchal Souvorov, ennemi juré de la Pologne que ses puissants voisins, la Russie, la Prusse et l’Autriche, s’étaient partagée. La famille de Marie s’oppose et lui impose le mariage, fin 1804, avec le comte Anastazy Colonna Walewski, ancien chambellan du dernier Roi de Pologne. Point beau, riche de propriétés obérées et vieux - 72 ans, elle 18 -, on comprend qu’avant les noces, elle avait pleuré longtemps et a continué à sangloter pendant la cérémonie.  

        En ayant terminé avec la campagne de Prusse, Napoléon entame la campagne de Pologne. Il arrive à Varsovie, le 18 décembre 1806, en libérateur. Des milliers de Polonais, les Légions polonaises de Dombrowski sont engagées depuis une dizaine d’années dans les armées françaises. Fin décembre 1806, dans un climat de Napoléonmania, l’empereur remarque, dans la foule, la jeune comtesse Walewska, lui parle. Le 1er janvier 1807, il lui écrit Marie, ma douce Marie, ma première pensée est pour toi, mon premier désir est de te revoir. Tu reviendras, n’est-ce pas ? Tu me l’as promis. Sinon l’aigle volerait vers toi. (…) Daigne donc accepter ce bouquet : qu’il devienne un lien mystérieux qui établisse entre nous un rapport secret au milieu de la foule qui nous environne. Exposés aux regards de la multitude, nous pourrons nous entendre. Quand ma main pressera mon cœur, tu sauras qu’il est tout occupé de toi et, pour répondre, tu presseras le bouquet ! Aime-moi, ma gentille Marie, et que ta main ne quitte jamais ton bouquet.

       Le 7 janvier 1807, elle participe au bal de carnaval dont La Gazette de Varsovie rend compte : Sa majesté l'Empereur a assisté à un bal chez le ministre des relations extérieures, le Prince de Bénévent, au cours duquel il a invité à une contredanse la femme du chambellan Anastase Walewski. Des patriotes polonais avec l’assentiment du mari imaginent que Marie est la personne la mieux placée pour convaincre Napoléon de ressusciter le Royaume de Pologne. C’est la période épouse polonaise qui voit l’Empereur et Marie filer le parfait amour au Château royal de Varsovie, au château de Finckenstein, à Paris dans le IXème arrondissement, au Palais impérial de Schönbrunn. Napoléon ne ressuscite pas le Royaume mais par l’accord de Tilsitt, en juillet 1807, crée le Duché de Varsovie où est en vigueur le Code Napoléon.

     Enceinte de Napoléon à Schönbrunn, Marie accouche chez son mari, le vendredi 4 mai 1810 d’Alexandre. L’Empereur est averti de l’heureux événement à Anvers. Soucieux de l’avenir de son fils, il comble la mère de rentes et propriétés diverses. Les générosités de l’Empereur se font moins sur sa cassette personnelle que sur les biens de l’Empire. Marie est devenue riche, surtout grâce aux donations que Napoléon a faites au petit Alexandre. Mais elle risque de ne plus l’être si son mari endetté se met à rembourser. Aussi Marie demande le divorce le 12 juillet 1812 et l’obtient … le 24 août, une rapidité digne de Reno (Nevada USA) !

       Catholique, Marie doit attendre la mort de son ex – le 20 janvier 1815 - avant de convoler en justes noces avec le bel Philippe-Auguste, comte d’Ornano qu’elle a connu à Varsovie en 1807. Jeune, beau, très chic, d’une famille corse liée à la famille Bonaparte, protégé de Laetitia, la mère de Napoléon, ce lieutenant-général participe aux Cent-Jours de Napoléon. Ce qui lui vaut d’être banni de France par la Seconde Restauration. Il se réfugie dans le Royaume des Pays-Bas et épouse, le 7 septembre 1816, Marie  en la collégiale Sainte-Gudule de Bruxelles. En compagnie des enfants de Marie, Antoine et Alexandre, les époux viennent s’établir à Liège d’abord rue Sœurs-de-Hasque puis rue de Fragnée, n° 876, quartier du Sud.

       Dans la dernière livraison du Bulletin de la Société royale LE VIEUX-LIÈGE (1), Juliette Noël relate les endroits où a vécu à Liège  Marie Walewska. C’est de la légende de son habitation rue Mandeville à la réalité. S’appuyant essentiellement sur des documents des Archives de l’État et de Ville de Liège, Juliette Noël retrace notamment l’endroit où est situé le 876, rue Fragnée. Il faut savoir que la numérotation, à l’époque, est continue. Il n’était pas question de donner des numéros pairs ou impairs selon le côté où on se trouvait. Il appert d’un document passé en l’étude du notaire royal Philippe Parmentier que le propriétaire Nicolas Bernimolin donne en location pour une durée d’un an, expirant le quinze mars 1818, l’immeuble et les terrains l’entourant. C’est alors un véritable domaine. Il se dénomme « Sans souci ». Situé à hauteur du numéro 20 de l’actuelle rue du Vieux-Mayeur qui, en ce temps-là, s’appelle ruelle du Vieux-Mayeur, l’immeuble loué a une longueur d’environ 22 mètres avoisinant des jardins de plus d’un hectare.

        Dans la partie finale de son article consacré à l’immeuble occupé par Marie Walewska à Liège, Juliette Noël s’attaque à une légende qui situe cette habitation rue Mandeville. Tâche ardue car l’auteur de la légende n’est autre que Théodore Gobert. Celui-ci a publié des notices sur  les rues de Liége en sa période de journaliste à La Gazette de Liège, notices rassemblées en 1891  en quatre volumes éponymes. Il n’est pas question dans cette première édition de Marie Walewska. Vient la seconde édition, en 1926, où Gobert écrit : Située au pied de la colline, cette demeure caractéristique étendait au loin ses superbes jardins plantés d’arbres touffus, qui en faisait l’une des plus agréables résidences rurales. Ici vint s’installer, après la chute de Napoléon 1er, une dame qui, à cette époque, a beaucoup fait parler d’elle. Il s’agit de la comtesse Walewska. Gobert l’a fait mourir le 15 décembre au lieu du 11. 

        Juliette Noël n’a pas d’explication sur cette affirmation erronée de Gobert ; J’opine à croire qu’il a fait un amalgame avec d’autres biens (…) Quoi qu’il en soit, Gobert sera suivi par les écrivains liégeois postérieurs (…) Les écrivains non-liégeois reprendront l’information. Pour eux, naturellement, la localisation correspondait à un endroit qui leur était inconnu.  Juliette Noël, une orfèvre de la précision !

      Dans ses Mémoires, le comte Alexandre évoque la période liégeoise après le mariage de sa maman : Mon frère aîné, qui avait 4 ans de plus que moi, Monsieur Carité, un vieux valet de chambre nommé André et moi nous partîmes de Paris en diligence pour aller retrouver ma mère aux Eaux de Chaudfontaine près de Liège. (…) Quelques mois après, nous étions établis dans une charmante maison de campagne à la porte de Liège où ma mère mit au jour au mois de juin 1817 un gros garçon qui fut baptisé sous le nom de Rodolphe. (…) j'accompagnais aussi quelquefois mon beau-père chez un libraire de Liège nommé Desoret (NDLR lire Desoer). Là, j'entendais parler politique sans y rien comprendre, cependant j'ai retenu quelques mots de ces conversations dont plus tard j'ai compris le sens. (…) La campagne que nous habitions était à une demi-lieue de la ville. (…) Le Général Ornano ayant obtenu son rappel, ma mère partit pour Paris au mois d'octobre 1817 avec le nouveau-né qu'elle nourrissait malgré les avertissements de son accoucheur de Varsovie le célèbre Czekieski, qui lui avait prédit que si jamais elle se décidait à nourrir elle le paierait de sa vie. Peu de jours après son départ, le Général Ornano, mon frère et moi, nous nous mîmes en route pour aller la rejoindre. Nous voyagions en poste dans une bonne berline lorsqu'au milieu de la nuit près de Namur, nous versâmes dans un fossé (…) Nous arrivâmes le lendemain à Paris à trois heures du matin nous rendant dans la chambre de ma mère. Elle se réveille pour nous embrasser. Quel doux réveil dit-elle mon mari et mes enfants, ce sont là les dernières paroles. Le lendemain, son état s’aggrave au point que ses enfants ne peuvent plus la voir. Elle expire le 11 décembre à six heures du soir d’un abcès au sein dont on n'avait reconnu l'existence que trop tard pour risquer une opération et de calculs rénaux.

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(1) Le Vieux-Liège fondé le 20 février 1894 – Devise Rien aymez s’il n’est cognu - levieux-liege.be – Cotisations et abonnements aux publications trimestrielles, membres adhérents 25 €, membres de moins de 25 ans 15€ à verser au compte BE42 0000 3248 4054

18:01 Écrit par Pierre André dans Actualité, Amour, Europe, Histoire, Liège, Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg