jeudi, 20 avril 2017

Avoir un bon copain Voilà c'qui y a d'meilleur au monde ...

 

    En publiant, en octobre 2002,  Le monde de PAN sous-titré Histoire drôle d’un drôle de journal, notre confrère Pierre Stéphany conclut s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer. Il faudrait seulement, aujourd’hui, qu’on le réinvente. Ce vœu pieux amène le calamiteux Ubu-PAN. Depuis le 14 avril, son éditeur John-Alexander Bogaerts a choisi de laisser choir Ubu, de cheminer sous le seul nom de PAN dont la destinée est confié au blogueur Marcel Sel promu rédacteur en chef.

     Marcel Sel dans son premier éditorial évoque les fondateurs en écorchant le pseudo de l’un d’eux Jean-Léo devenu Jo-Léo. À coup sûr, la parution du Numéro 3770 de l’hebdomadaire satirique est une non-information sauf aux yeux de François de Brigode, présentateur attitré du JT de la RTBF depuis deux décennies.

     À la trente-quatrième minute de son journal du 13 avril, les téléspectateurs apprennent que demain l’hebdomadaire satirique PAN va renaître de ses cendres. Il se veut piquant et salé et s’inscrit à présent dans la logique d’un Canard Enchaîné. À vérifier quand même sur papier et sur le net dès demain.

     La dernière phrase de ce texte – durée globale 12 secondes –  témoignant du scepticisme journalistique atteste que de Brigode est conscient d’avoir commis dans la première phrase une variante de pub  clandestine. Les tarifs de la Régie Média Belge pour une pub de trente secondes avant le journal avoisinent les 3800 € et le journal est exclu de l’offre publicitaire. Les propos peccamineux de de Brigode  ont pour base le copinage au sein du microcosme tel qu’il en existe dans chaque ville.

     PAN s’inscrit-il dans la logique d’un Canard enchaîné ? Pour le savoir rien de plus simple que de comparer la recension du livre Zinc parue dans le numéro 3770 de PAN et celle parue naguère dans le Canard. Autant celle-ci donne l’envie de lire l’ouvrage de David Van Reybrouck, autant celle de PAN est banale.

    Assurément, PAN  doit encore s’améliorer avant de retrouver les honneurs du CRISP (Centre de recherche et d’informations socio-politiques). PAN a reçu ces honneurs en 1961 lorsqu’il a été qualifié de phénomène psycho-social. Nous ne doutons point qu’il les retrouve lorsque se réalisera le vœu formulé par François de Brigode dans la rubrique Courrier du cœur du numéro 3770, à savoir ce que j’attends de Pan : du piquant et pas de délation(s). Bref, du journalisme !:).

   

19:26 Écrit par Pierre André dans Actualité, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 14 avril 2017

Le vote "d'amon nos autes" aux présidentielles françaises et soirées électorales

 

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      Il est indéniable que dans la partie francophone du Royaume de Belgique les élections pour la Présidence de la République française suscitent un intérêt important. Il suffit de voir la place prise dans la presse pour s’en rendre compte. Aussi, à la Maison de la Presse et de la Communication de Liège, la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Belgique organise les 23 avril et le 7 mai deux soirées électorales consacrées au scrutin français. Les  attentes et les résultats feront l’objet de l’analyse et des commentaires du professeur Michel Hermans de HEC-ULg. Licencié en science politique de l’ULg et docteur en science politique de l’Université de Paris (Panthéon-Sorbonne), Michel Hermans est un des meilleurs politologues du pays. Il est vrai qu’outre ses diplômes et ses qualités professorales, Michel Hermans a été le dernier assistant de François Perin !

       Autre initiative due à Paul Durieux et à Marcel Dehalu de l’Association Wallonie-France. Depuis le 9 avril et jusqu’au 17, des militants de ce mouvement pluraliste sont en marche avec le matériel nécessaire (urnes, bulletins de vote, écritoire …) pour que le citoyen puisse exprimer un vote secret pour un des onze candidats au 1er tour des présidentielles. Sur le site spécialement ouvert pour l’occasion www.participezauxpresidentielles.be le vote est également possible. En présence de trois commissaires, le dépouillement a lieu le 18 avril et les résultats attendus dans la soirée. Semblable opération est reconduite pour le deuxième tour des présidentielles françaises.   

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samedi, 08 avril 2017

Crise sociale en Guyane : le journal local, France-Guyane, une tonalité différente de la presse hexagonale !

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     À 7 000 km de Paris, le département d’outre-mer de la Guyane connaît une crise sociale grave. La presse nationale et régionale française en rend compte, nos journaux en parlent. Mais pour se faire une religion, rien ne vaut mieux que de s’informer auprès du journal local France-Guyane (1). Les nouvelles technologies le permettent.

    L’image de la Guyane, en Europe occidentale a été, autrefois, les bagnes de Cayenne et, aujourd’hui, c’est Kourou et son centre spatial. La crise sociale grave nous offre une autre image. En feuilletant France-Guyane, l’accueil de la délégation interministérielle envoyé par Paris y est relaté. Cinq des 500 frères contre la délinquance dont Mickaël Mancée et Olivier Goudet président du collectif Tròp Violans – cagoulés – s’en viennent à la maison du préfet de Guyane dire au patron de la délégation, Jean-François Cordet nous voulons vous dire pourquoi nous ne voulons pas vous recevoir. Nous ne traiterons qu’avec un ministre. Ce face-à-face est sec et bref. Jean-François Cordet s’en explique à notre consœur Déborah Neuzi Nous sommes venus ici la main tendue, pour avoir un dialogue. On me demande une audience et je vois arriver des personnes qui ne montrent pas leur visages et profèrent quelque chose qui ressemblent à des menaces. C’est contre le sens de la République, qui veut un discours les yeux dans les yeux, avec la volonté de faire progresser les choses, ce que je n’ai pas ressenti ici.

     La veille, Ségolène Royal venue à Cayenne pour lancer l’Appel de la Guyane a vu les 500 frères contre la délinquance encagoulés s’inviter à la réunion de la Convention de Carthagène.  Les auteurs de cette intrusion la justifient : Pourquoi serait-ce à nous de ne pas mettre notre cagoule ? Les malfrats sévissent en cagoule et rien n'est fait. La cagoule, c'est notre emblème. Dès que nous serons en action, nous la mettrons. Nous voulons montrer les sentiments des victimes face aux agresseurs. Vendredi, lorsque nous sommes arrivés dans à l'auditorium de la CTG, il y a des gens qui ont eu peur, ils ont ressenti la douleur des victimes.  (...) Ceux qui n'ont jamais été séquestrés, ligotés, frappés, agressés pensent que cela ne peut arriver qu'aux autres. Ce sont aussi les premiers à critiquer la forme de nos actions. Nous sommes en état d'urgence en France, et les Guyanais ne sont pas protégés. C'est à l'État de nous protéger. Du coup, Ségolène Royal est rentrée à Paris bousculant son programme prévoyant l’inauguration à Saint-Georges du pont reliant la Guyane et le Brésil sur le fleuve Oyapock.

     La semaine du 20 au 26 est celle où il est, notamment, question des 500 frères. Quelle est l’origine du nom ? Réponse dans France-Guyane : Le nom des 500 Frères vient du film 300, de Zack Snyder, qui raconte la résistance de 300 soldats spartiates face à l'armée perse conduite par le roi Xerxès en personne. À Paris, la ministre des Outre-Mer, Êricka Bareigts, déclare ne se rendre en Guyane aussi longtemps qu’elle ne peut dialoguer avec les Guyanais les yeux dans les yeux.

     Le lundi 27 mars, grève générale  en Guyane. Paris s’attend à des incidents. France-Guyane titre, en deux couleurs, Ambiance solidaire. Dans le texte, il est écrit : un sentiment très fort d’appartenance et de solidarité se fait ressentir partout à Cayenne et ailleurs depuis de début du mouvement (…) la volonté d’avancer pour la Guyane est omniprésente. La bâtonnière Magali Robo-Cassildé déclare : les avocats sont prêts à apporter leur expertise pour ce qui est accordé et réalisé. Nous allons aider le collectif dans la compréhension juridique des protocoles avant les signatures. Il n’est pas question que l’on fasse avaler des couleuvres aux Guyanais après ce coup de force historique

     Paris annonce que d’ici la fin de la semaine, la ministre des Outre-Mer accompagné d’autres membres du gouvernement se rend en Guyane.

     France-Guyane relate minutieusement la première rencontre entre les deux ministres venus de Paris et les représentants des divers collectifs, des élus et la presse guyanaise, nul n’est encagoulé à l’intérieur de la Préfecture où les discussions ont lieu les yeux dans les yeux Extraits du journal local ; 11h30 : Les membres des collectifs qui ont quitté la réunion sont toujours devant la préfecture. Ils annoncent que si les médias ne sont toujours pas autorisés à assister aux débats dans la demi-heure, ils ouvriront les barrages pour permettre à la population de venir manifester devant la préfecture. (…) Après 45 minutes d'attente, Matthias Fekl et Ericka Bareigts arrivent enfin. Ils prennent tour à tour la parole mais le fond des discours est identique : les négociations ne peuvent se faire en présence des journalistes. « Aucune réunion ne s'est jamais tenue de cette manière, y compris en Guyane », insiste le ministre de l'Intérieur. (…) Les 500 Frères exigent aussi de la ministre des Outre-mer qu'elle présente des excuses aux Guyanais pour leur avoir manqué de respect. Après un discours d'introduction dans lequel elle rappelle l'urgence de trouver des solutions concrètes, Ericka Bareigts répond qu'elle ne s'excusera pas. Selon elle, il y a eu des « incompréhensions » 16 heures trente les représentants du collectif reviennent sur le balcon cette fois-ci accompagnés de la ministre des Outre-mer, Éricka Bareigts. Coup de théâtre. La ministre présente ses excuses en personne devant le peuple guyanais. Davy Rimane précisera, plus tard, qu'elle s'est excusée pour son comportement dans les médias nationaux. La foule crie de joie au moment des excuses de la ministre. La ministre dit également espérer que le débat sur l'égalité réelle se concrétise.

     Ce jeudi 6 avril, France-Guyane constate que l’intérêt médiatique s’estompe. Le journal local écrit Au lendemain de l’annonce de l’adoption du plan d’urgence pour la Guyane par le gouvernement, les quotidiens nationaux ont majoritairement relégué l’actualité du département en brève. Seuls Le Monde et L’Humanité continuent ce matin de proposer une large couverture au mouvement. Pourtant dans ce département à 7 000 km de Paris, la population demeure solidaire avec ses élus, ses collectifs. Le mouvement se durcit.

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11:32 Écrit par Pierre André dans Actualité, Media, Politique, Social, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 29 mars 2017

Cadastre des mandats, ça se corse ...

       En ce temps de transparence exigée de la vie politique, un des moyens d’y répondre est la publication d’un cadastre. La Ville de Liège l’a fait. Noss binamé Willy a promis un cadastre des mandats le lundi. Cinq jours plus tard, sur le site officiel de Liège, en trente pages, toute la population liégeoise a découvert le nom de qui a mandat de représenter la Ville tant dans les intercommunales que les associations.

       Sur Facebook,  le vendredi 25 février 2017, l’Échevine de l'Etat civil, des Mairies de quartier et des Cimetières, Julie Fernandez-Fernandez exulte Chose promise, chose due… ! Au commentaire de Jean Joris – futur candidat à la présidence de la Fédération liégeoise du PS - manque les montants et le mode de rémunération, il y en a plein de gratuit, il ne faudrait pas confondre l'implication dans la vie de la cité et l'enrichissement personnel, elle opine en effet, il faudrait le préciser mais c'est le premier jet  ;-)!

       Que trouve-t-on dans ce premier jet ? Tant dans les AG et les CA des dix-sept intercommunales répertoriées, on ne trouve en qualité de représentant de la Ville que des titulaires de mandat électif, autrement dit des conseillers communaux ou membres du Collège. L’Intercommunale de soins spécialisés de Liège (I.SO.S.L.) compte dans son CA onze mandataires élus tandis que les CA de L'Intercommunale de Mutualisation Informatique et Organisationnelle (IMIO) et l’Intercommunale d’enseignement supérieur d’architecture (IESA) n’en comptent aucun.

       Dans les CA des cent neuf associations, la situation est différente. Sur les quatre cent vingt-neuf mandats dévolus à des représentants de la Ville, deux cent trente-deux sont attribués à des mandataires élus tandis que cent nonante-sept échoient à des citoyens notamment membres de cabinets communaux ou ministériels. Il est à noter que la Ville n’est pas représentée dans le CA de dix-sept  associations telles le Golf de Berlaymont ou la Maison de la Presse et de la Communication.   

       Une semaine après la publication du premier jet du cadastre des mandats appelés officiellement Cadastre des représentants de la Ville de Liège dans différentes structures et organismes arrive le deuxième jet. Il y est précisé : en application du décret wallon, les représentants de la Ville dans les intercommunales sont désignés par les différents  groupes politiques sur base du résultat des dernières élections communales et que les tableaux sont établis en fonction des désignations votées au Conseil communal et sous réserve d'éventuelles modifications postérieures intervenues au sein même des associations et intercommunales. En outre la Ville n'a pas connaissance du caractère rémunéré ou non des mandats attribués. Pour le savoir, un autre document officiel – le Moniteur belge du 12 août 2016 – est à consulter. En 938 pages, les curieux sont rassasiés mais déçus car pour les mandats rémunérés, le montant n’est pas indiqué !  

       Entre le 25 février et le 3 mars, le nombre d'intercommunales dans lesquelles la Ville a des représentants a diminué. De dix-sept, il est passé à seize. Passe à la trappe, ORES, le principal gestionnaire de réseau de Wallonie. Trois conseillers communaux socialistes - Jean-Paul Bonjean, Mohammed Bougnouch et Giuseppe Maniglia - qui ont figuré au CA d'ORES dans le premier jet sont absents dans le deuxième jet.

       Dans le deuxième jet, les associations sont toujours au nombre de cent neuf. Ce qui diffère ? C’est le nombre de mandats. Il s'accroît et monte à quatre cent cinquante-huit. La part des mandataires élus régresse. Ils ne sont plus que deux cent vingt-six. Les citoyens progressent. Désormais, ils sont majoritaires avec deux cent trente-deux mandats. La Ville  n’a plus de représentants au CA de dix-huit associations puisque Bruno Baron et Jean-Marc Gay ont disparu des CA, l’un de Courants d’Âges, l’autre de l’A.S.B.L. Fédération du Tourisme de la Province de Liège. En revanche, la responsable de la Communication au Cabinet du Bourgmestre – Laurence Comminette – siège au CA de la Maison de la Presse et de la Communication.

       La comparaison entre le premier et le deuxième jet se corse. Corse est le mot approprié. L’île de beauté a la réputation de faire voter les morts. À Liège, nous faisons mieux. Nous n’hésitons pas à confier les responsabilités de membre d’un CA à des morts ! Sans que cette liste soit exhaustive, deux personnes décédées figurent dans le cadastre premier jet. Errare humanum est. Ces mêmes personnes figurent dans le cadastre deuxième jet. Perseverare diabolicum. Heureusement, au pays d’amon nos-aute, il est dit que c’est à la troisième fois qu’on voit les maîtres. Vivement le cadastre troisième jet …

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jeudi, 16 mars 2017

Capitale de la Résistance, Liège a attendu 70 ans "LE SILENCE DE LA MER' de Vercors !

 

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     Chacun connait (ou devrait connaître) le thème du Silence de la mer. L’action se déroule en France occupée. Des Français, un oncle et sa nièce, doivent accueillir un officier allemand, Werner von Ebrennac. Ils se posent la question comment le supporter. La réponse est simple et claire  comme si cet officier n'existait pas. Comme s'il était muet et transparent. Tu verras, personne ne peut supporter longtemps d'être ignoré aussi longtemps. Tout au long de son séjour, Werner von Ebrennac soliloque : Il sortira de cette guerre de grandes choses pour l'Allemagne et pour la France. Je pense avec mon père que le soleil va briller sur l'Europe. Retour de permission, il réalise combien ses supérieurs l’ont berné d’où sa demande à être affecté au front. L’oncle lui cite Anatole France : Il est grand pour un soldat de désobéir à des ordres criminels. Werner s’en va au front. C’est une manière élégante de se suicider dans l’honneur pour un von Ebrennac.

     Chacun connaît (ou devrait connaître) la Compagnie Royale Théâtre Arlequin. Septante ans après la création parisienne, dans une mise en scène de Jean Mercure, de la pièce inspirée de la nouvelle Le Silence de la mer, Liège a, enfin, connu, des représentations (1), dans une mise en scène d’Alexandre Tirelier, de ce spectacle. Liège en a été privé pour deux raisons : les Galas Karsenty ne l’ont jamais programmé et feu le Gymnase a fait de même, en dépit de ses 36 pièces montés annuellement !

     Le rôle de Werner von Ebrennac est incarné par Fabian Nicolaï, un artiste qui vient de rejoindre talentueusement la troupe de l’Arlequin. José Brouwers et Camille Fernandez assument les rôles d’oncle et de nièce. Leur lecture et leur silence confèrent l’esprit de résistance qui rend muet l’amour de la musique que partagent au moins Werner et la jeune Française. Un spectacle remarquable à l’émotion intense.

     Mais qui est ce Vercors auquel le porte-parole du général De Gaulle, Maurice Schumann, en 1942, à la BBC s’adresse vous, Vercors, encore inconnu et déjà célèbre … ? Pour en savoir davantage, nous avons consulté le Maitron (2). Nathalie Gilbert, auteure de la notice de Jean Bruller dit Vercors précise qu’il effectue sa scolarité à l’Ecole alsacienne qui prolongeait les principes éducatifs des parents : soucieuse de donner à ses élèves une solide culture des sciences et des humanités, privilégiant les méthodes éducatives douces, cette école, de tradition protestante, entendait également former des hommes et des citoyens guidés par une morale intérieure rigoureuse. Cette conscience personnelle, qui doit au besoin se réformer par elle-même, incarne particulièrement l’homme que fut Jean Bruller.

     Diplôme d’ingénieur, service militaire à Tunis,  A son retour en 1926, il entreprit officiellement sa carrière de dessinateur. (…) il publia son premier album alliant texte et dessins, 21 Recettes de mort violente à l’usage des personnes découragées ou dégoûtées de la vie pour des raisons qui, en somme, ne nous regardent pas. Parallèlement, il continua à fournir des dessins pour divers journaux (Le Rire, Fantasio), il devint l’un des illustrateurs des Editions Nathan : la trilogie Pif et Paf.

     Dans les années trente le dessinateur fut donc en contact avec notamment André Gide, Romain Rolland, Roger Martin du Gard, Georges Duhamel, Jean Guéhenno, Charles Vildrac. Ce milieu de gauche, famille intellectuelle de Jean Bruller par héritage paternel, lui dessilla les yeux sur les méfaits du colonialisme (…) A partir de 1932, Jean Bruller entama son œuvre de la maturité préfacée par Jules Romains, La Danse des vivants. Cet album à la philosophie intemporelle inspirée des moralistes du Grand Siècle (…) La philosophie pessimiste du moraliste sur la nature humaine, dégagée des contingences du réel, fut ébranlée par l’Histoire. Elle proposa alors (…) les prémisses de l’évolution d’une pensée intégrant des éléments marxistes, toutefois dominée jusqu’à la fin de sa carrière par l’idéalisme.

     À l’armistice, décidé à ne rien publier sous le joug ennemi, il réside, au 31bis de la rue du Touarte, à Villiers-sur-Morin, petit village en Brie (600 habitants à l’époque) et travaille chez le menuisier. En 1941, il intégra le réseau de l’Intelligence Service, bientôt démantelé. Il entra alors en Résistance intellectuelle (…) Lescure et Bruller créèrent donc leur propre maison d’édition clandestine, Les Editions de Minuit, entreprise viable grâce au réseau des imprimeurs avec lequel le dessinateur avait travaillé dans l’entre-deux-guerres. Celui-ci publia son célèbre récit Le Silence de la mer le 20 février 1942 sous le pseudonyme de Vercors, du nom de cette montagne qui l’avait impressionné en 1939. Si la plume remplaça le crayon, il serait erroné de croire que l’écrivain ne serait pas né sans les contingences historiques. Jean Bruller aimait en effet à compléter ses albums de textes.

     Au lendemain de la guerre, symbole de la Résistance intellectuelle, auréolé d’une soudaine notoriété, Vercors fut nommé à la commission d’épuration de l’édition qu’il quitta dès janvier 1945, jugeant inacceptable les complaisances accordées aux éditeurs. Membre actif du Comité National des Ecrivains (CNE) chargé d’établir la « liste noire » des écrivains compromis, il se montra le plus intransigeant sur le sujet.

     Compagnon de route du Parti communiste, il rendit compte de ses rapports conflictuels avec le PCF dans Pour Prendre congé (PPC, 1957). Désormais, il se montra plus ou moins proche du Parti en fonction des événements et n’hésita plus à se rapprocher des gauches dissidentes pour certains combats comme la guerre d’Algérie. La torture pratiquée par la France dans ce conflit, lui fait refuser la Légion d’honneur en 1960. 

     Inventeur des callichromies, un dérivé de la sérigraphie, reproduction de tableaux à l’huile, il conserve son nom Jean Bruller pour ses œuvres d’artiste et adopte le nom de Vercors en tant qu’écrivain. Vercors s’impliqua pour certaines avancées sociétales. Ainsi il se prononça contre la peine de mort. Il soutint la loi d’autorisation de l’IVG dans Ce que je crois (1975). Dans ses lettres privées, il défendit le droit à mourir dans la dignité.

    Né le 26 avril 1902, jour anniversaire du centenaire de la naissance de Victor Hugo, il décède à 89 ans, à son domicile Quai des Orfèvres à Paris.

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(1)Compagnie Royale Théâtre Arlequin – vendredi 17, 31 mars et samedi 18, 25 mars, 1 avril à 20h 30 – rue Rutxhiel 3 Liège – tél. 04/222.15.43  info@theatrearlequin.be - réservation : billetterie du Forum & du Théâtre Arlequin, rue du Pont d’ Avroy 12 , tél. 04/223.18.18 et par internet www.theatrearlequin.be

(2) http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article178469, notice VERCORS [BRULLER Jean, dit] par Nathalie Gibert, version mise en ligne le 8 février 2016, dernière modification le 8 février 2016. Le printemps du Maitron - 22 mars 2017 - une journée consacrée au Maitron se déroulera dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, de 14h à 22h, en présence de nombreux intervenants - pour assister à cette journée, merci de vous inscrire en envoyant vos Nom et Prénom par mail à l’adresse info@maitron.org

12:51 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, francophonie, Histoire, Littérature, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 02 mars 2017

1ère chaîne d'info de France, BFM TV HD virée de l'offre de base de Proximus !

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        En pleine campagne présidentielle française – campagne très suivie en Wallonie et  à Bruxelles – Proximus annonce que dès le 31/03, la chaîne d’information BFM TV HD ne sera malheureusement plus diffusée sur Proximus TV. Cette décision  mettra fin à quinze mois de diffusion sur le canal 277 de la première chaîne d'info de France, un titre qui, sur base des calculs d’audience de l’institut Mediamétrie, BFM TV HD détient depuis juin 2008 et dont elle a fait son slogan. C’est, en effet, le 1er janvier 2016 que Proximus a remplacé la chaîne privée allemande  ProSieben  par BFM TV HD dans son offre de base. Au vu de ce nouveau changement annoncé, le client de Proximus peut résilier son abonnement  à tout moment sans frais par écrit.

        L’an dernier, à pareille époque, Proximus annonce la suppression fin avril de la chaîne française KTO fondée en 1999 par le cardinal Jean-Marie Lustiger et diffusée en Belgique depuis 2011. Le 18 mars 2016, l’archevêque De Kesel et les évêques francophones lancent une pétition  contre cette décision unilatérale et inopinée. Des catholiques, des chrétiens, des agnostiques, des francs-maçons, des musulmans, des juifs, des intellectuels la signent. C’est à peine s’ils ne disent pas retro proximus !  Résultat, KTO occupe toujours le canal 299 et bien Malin qui l’en sortira !

        Ni KTO, ni BFM TV ne bénéficient du droit de distribution obligatoire (1) imposé par le Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Dès lors, Proximus met dans ses canaux les chaînes qu’il décide. Il peut également les retirer sans donner la moindre explication. C’est le fait du Prince. En ce qui concerne la suppression fin mars de BFM TV HD, Proximus semble compatir à la tristesse des téléspectateurs par l’adverbe malheureusement. Piètre consolation !

        Dans l’air du temps, Proximus entend être positif. Il précise plusieurs chaînes dans notre offre proposent le même genre de programmation sur l’actualité internationale : LCI (canal 274), CNN (canal 270), BBC World (canal 271), Euronews (canal 272) ou encore France 24 (canal 278). Il ne signale pas l’attribution d’un second canal (le 275) à France 24, filiale de la société publique France Médias Monde. Il omet également de citer la chaîne qatarie Al Jazeera  (canal 276).

        La logique de Proximus évoquant le même genre de programmation que BFM  TV HD constitue un mépris du travail spécifique des journalistes professionnels dans ces chaînes. Cette logique aboutit à nier l’intérêt de la pluralité des médias. Tous les mêmes  semble penser Proximus. Le citoyen soucieux d’être correctement informé a besoin d’avoir accès à plusieurs médias télévisuels car chacun d’eux a une sensibilité différente.

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(1) Bénéficient du droit de distribution obligatoire La Une, La Deux, La Trois, TV5, Eén, Ketnet/Canvas, la BRF et les services de télévision locale dans leur zone de couverture (Avis du CSA  du 20 mars 2014)

15:02 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Media, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 20 février 2017

Un demi-siècle en qualité de journaliste professionnel

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© photo Antonin Corto Cauwe

      Il y a un demi-siècle – jour pour jour – le Premier ministre Paul Van den Boeynants a, notamment, signé le document selon lequel M. André, Pierre A.J.G. est admis à porter le titre de journaliste professionnel conformément à la loi du 30 décembre 1963.

   Publiée au Moniteur belge - deux jours avant que je ne commence à travailler à la RTB, premier journaliste engagé au CPL (1) par Robert Stéphane - cette loi stipule cinq conditions à remplir pour  être admis à porter le titre de journaliste professionnel.  Une commission d’agréation dont les membres sont nommés par le Roi veille au respect des cinq conditions dont deux prévoient la participation à la rédaction de journaux à titre de profession principale et moyennant rémunération et ce pendant deux ans au moins. En ce qui me concerne la décision porte le numéro F585.

    Un demi-siècle est un bail d’autant plus que, depuis l’âge de 17 ans, le virus journalistique s’est emparé de moi. Réaction immédiate, rhétoricien, j’ai fondé le journal ronéotypé Cinq barres en référence au collège épiscopal Saint-Bart. L’essentiel de ma carrière s’est déroulée à la RTB et à la RTBF. Le 1er octobre1968, à 8h30 j’ai été la première voix de Liège-Matin. En 1972, lauréat du Grand prix de journalisme de la CRPLF (2), grâce à mon reportage consacré aux Fourons les auditeurs canadiens, français et helvètes ont découvert les enfants de la chorale de Rémersdael répétant le Valeureux Liégeois note par note !

   Quand sonne l’heure de la retraite et que le virus journalistique est toujours là, autrefois au XXème siècle, et encore aujourd’hui, des journalistes professionnels ont négocié le droit de tenir épisodiquement une chronique dans leur journal sans se soucier de prendre de l’espace aux actifs et aux jeunes en quête d’activité.

   Au XXI siècle, la solution est de se tourner vers les technologies nouvelles. À Liège, le premier journaliste professionnel era (en retraite active) à le faire a été Gaston Lecocq. Au lendemain d’une restructuration à La Meuse, Gaston Lecocq a lancé, le 1er septembre 2000, Proxi-Liège, un journal publié exclusivement sur Internet. Le premier à Liège et en Région wallonne à être réalisé sur  la "toile" par un journaliste professionnel qui travaille, avec d'autres journalistes professionnels, dans le respect de la déontologie journalistique… Durant plusieurs années, Proxi-Liège a été le seul organe de presse à faire rayonner Liège et le Pays de Liège à travers le monde. En une série de 26 épisodes, j’ai retracé l’Expo universelle de Liège comme si Proxi-Liège y était allé.  La série est toujours disponible sur le site proxiliege.net

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(1) CPL sigle de Centre de Production de Liège. La loi du 18 mai 1960 dite Loi Harmel instituant la RTB a permis, dans un premier temps, la création de Centre de Production à Liège, à Mons et à Namur.  

(2) CRPLF sigle de Communauté des radios publiques de langue française regroupant à l’origine, en 1955, les radios publiques de Belgique (INR), du Canada, de France et de Suisse romande. Depuis janvier 2016, la CRPLF est fondue dans l’association des Médias francophones publics.  

 

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dimanche, 12 février 2017

Mettre fin au boycott du tourisme en Tunisie et relancer la Charte d'Amitié et de Coopération entre Liège et Sousse.

 

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      Moins de cinq ans après le coup d’État médical de  Zine el-Abidine Ben Ali opéré au détriment du leader historique, Habib Bourguiba - père de l’indépendance de la Tunisie – la Province de Liège et le Gouvernorat de Sousse signent en 1992 une Charte d’Amitié et de Collaboration. La dictature de Ben Ali empire d’année en année mais peu importe. En 2005, le 20 octobre, Georges Pire en charge des Relations Extérieures de la Province se réjouit de constater que les deux partenaires sont, en quelques sortes, « mariés » - si vous me permettez l’expression – depuis le 23 mars 1992. À la Toussaint 2005, désireux de faire souffler un vent de liberté démocratique au sein d’une dictature, les conseillers provinciaux socialistes emmenés par leur chef de groupe Gérard Georges prennent la direction de Sousse.

       17 décembre 2010, à Sidi Bouzid, une gifle d’une policière municipale Fédia Hamdi est le détonateur de la Révolution de la Dignité, la première des Révolutions arabes. Giflé, en butte aux tracasseries policières, le jeune (26 ans) Mohamed Bouazizi s’immole par le feu et meurt le 4 janvier 2011, ayant reçu le 28 décembre la visite du Président Ben Ali. La révolte contre la corruption et le chômage des jeunes grandit dans le pays, la police réprime – plus de 300 tués, plus de 2000 blessés -, l’armée demeure neutre et le 14 janvier  2011, Ben Ali  se réfugie à Djeddah, en Arabie Saoudite. Dès juin 2011, Paris à une Place Mohamed-Bouazizi. De l’avis du maire Bertrand Delanoé, Bouazizi est une figure emblématique qui, par son acte de résistance, symbolise le combat des Tunisiens pour la démocratie, la justice et la liberté. 

      Dès la Révolution de la Dignité enclenchée, le Service fédéral des Affaires étrangères – à l’instar des autres ministères européens des Affaires étrangères – prend  la décision de déconseiller aux Belgestous les voyages non-essentiels vers la Tunisie. Décision confirmée jusqu’aujourd’hui alors même qu’en 2015, le Prix Nobel de la Paix est accordé au Quartet du dialogue national avec la mention pour sa contribution décisive à l'édification d'une démocratie pluraliste en Tunisie. Ban Ki-Moon considère que ce prix est dédié à tous les Tunisiens qui ont commencé le Printemps arabe et François Hollande le prix prouve le succès de la transition démocratique en Tunisie.

      Contrairement à la position rigide de notre SPF Affaires étrangères, sur le site Diplomatie française - mis à jour le 19 janvier 2017 - il est écrit les ressortissants français résidant ou désirant se rendre en Tunisie, sont appelés à faire preuve de vigilance renforcée. Dans ses conseils aux voyageurs, la France distingue quatre stades : formellement déconseillé, déconseillé sauf raisons impératives, vigilance renforcée et vigilance normale. Depuis la menace terroriste, il est évident que la vigilance renforcée s’impose quel que soit le pays. La vigilance renforcée est devenue la norme.

      La classification française a le mérite de ne pas ostraciser tout un pays. La position belge aboutit à un boycott du tourisme en Tunisie. En effet, les tours opérateurs ont, dans un premier temps,  supprimé de leurs catalogues la destination Tunisie et aujourd’hui, Thomas Cook propose une cinquantaine d’hôtels répartis notamment à Djerba, Hammamet, Sousse, Zarzis. Or le tourisme est une activité vitale pour la Tunisie. En 2010, les recettes touristiques ont atteint 3 milliards et demi de dinars -  3.522,5  très exactement – pour tomber à 2.354,6 en 2015 soit une diminution d’un tiers. Et, selon la directrice de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT) à Paris, Wahida Jaiet, la situation s’est encore dégradée en 2016 car sur le premier semestre 2016, la baisse de visiteurs européens est de -34 % par rapport à la même période en 2015. La Banque centrale tunisienne estime que la chute des recettes touristiques au premier trimestre 2016 a atteint 51,7 % par rapport à la même période en 2015.

 

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    Lors de la visite officielle en Belgique du Président de la Tunisie, Béji Caïd Essebsi, le Comité de vigilance pour la démocratie en Tunisie a dénoncé le boycott belge du tourisme en Tunisie du ministre Didier Reynders. Cette attitude discriminatoire est non seulement injuste et inamicale, elle n’est nullement justifiée et elle est ressentie par le peuple tunisien comme une véritable punition d’un secteur entier de l’économie tunisienne qui risque d’avoir des conséquences désastreuses sur le processus démocratique dans notre pays. En liaison avec Tunisair et l’ONTT, le Comité de vigilance pour la démocratie en Tunisie organise, du 16 au 20 mars, un voyage de Solidarité avec la Tunisie (1) dont les objectifs sont la fin du boycott et la relance de la Charte d’Amitié et de Collaboration entre Liège et Sousse. Outre des entrepreneurs, des politiques, des médias, ce voyage est ouvert à la société civile et à toute personne qui entend manifester son amitié et sa solidarité avec ce pays si proche.

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(1) Programme : 16/3 et 17/3 Sousse – 18/3 El Jam, Hammamet, Tunis – 19/3 Bardo, Sidi bou Saïd – 20/3 retour. Renseignements et inscriptions : Nisrine Falah nisrine.falah@gmail.com ou  Fethi El Hadjali cvdtunisie@gmail.com  téléphone 0497 21 19 01. Prix : 325 €

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mercredi, 08 février 2017

Présidentielles françaises: un point commun entre Hamon et Macron

 

 

 

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        Changer de banque n’est plus un problème pour les Françaises et Français victimes de phobie administrative. Depuis ce premier lundi de février, une disposition de la loi Macron est entrée en vigueur en France. Il suffit de signer dans la nouvelle banque un contrat de mobilité bancaire et vingt-deux jours plus tard au grand maximum le signataire est client de sa nouvelle banque. Celle-ci ayant pris en charge toutes les procédures à accomplir.

        Un cabinet d’avocats à la Cour d’Appel de Paris – A&B Apelbaum & Associés – vient de signaler que cette loi va plus loin que la loi Hamon de 2014, qui n’avait pas produit les effets escomptés tout en se posant la question Mr Macron aura-t-il plus de poids ? Comme Emmanuel Macron et Benoît Hamon briguent la magistrature suprême, les non-abstentionnistes disposent ainsi d’un élément supplémentaire pour déterminer l’efficacité d’un (hypothétique) futur Président de la République !

 

 

08:13 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 30 janvier 2017

RTC Télé Liège en marche vers une ère nouvelle ...

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   RTC Télé Liège a fait le plein ce dernier lundi de janvier à la Maison de la Presse et de la Communication pour sa conférence  de presse dont l’objet n’était point précisé dans l’invitation. Le président du Conseil d’Administration, Jean-Christophe Peterkenne, a présenté à la presse le nouveau Directeur-général, Philippe Miest entré en fonction le 4 janvier pour un mandat de cinq ans. Il indique les tâches qui seront siennes dont, notamment, accroître l’audience, diversifier les publics, s’ouvrir aux médias sociaux, accentuer la proximité avec le public qui couvre les arrondissements de Liège, Huy et Waremme. Les finances saines permettent une synergie avec TÉLÉVESDRE, TV LUX et TV COM (Brabant wallon) qui sont le même cas. En 2017, 250 000 € d’investissement en matériel sont prévus.

     Précédemment journaliste, gestionnaire au groupe Sud Presse, Philippe Miest rencontre individuellement chaque membre du personnel – une trentaine de personnes dont sept journalistes. Le climat social est bon. D’ici juillet, il doit se mettre à la recherche d’un nouveau rédacteur en chef. En effet, Jacques Mertens – présentateur mythique selon La Meuse – fait valoir ses droits à la retraite fin juin. Parmi les qualités à faire valoir à l’emploi, une fine connaissance du terrain couvert par RTC Télé Liège (1) s'impose. Pour être davantage au sein de la cité, la TV locale entend s’assurer davantage de visibilité en déménageant son implantation. Où, quand ?  Rien n’est décidé, tout est encore au stade de la réflexion.

   En revanche, ce qui est assuré c’est que RTC Télé Liège entre dans une nouvelle ère – visible à l’antenne, en septembre. Ère nouvelle où les manières de travailler seront différentes, où la vie des équipes va être modifiée avec le plaisir comme moteur.

   En réponse à une question évoquant la TV des bourgmestres, Philippe Miest a affirmé qu’en un mois de présence, n’avoir reçu le moindre appel d’un bourgmestre des cinquante-cinq communes desservies par RTC Télé Liège. Aucun ne s’est manifesté pour le féliciter de sa promotion … La courtoisie se perd !

 

(1) RTC Télé Liège : Rue du Laveu, 58 - 4000 LIEGE - Tél : 04 254 99 99 – Fax : 04 254 99 98

18:45 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Media, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 21 janvier 2017

Christian Quasada ... "une bête de TV" !

      

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     Dans les annales des jeux TV des chaînes françaises, Marie Friedel demeure celle qui a gagné le plus,  1 000 000 d’euros. Le temps de répondre correctement à quinze questions posées par Jean-Pierre Foucault dans Voulez-vous gagner des millions ? En revanche, aux Douze coups de midi, Christian Quesada, surnommé le professeur, a dû répondre à plus de cinq mille questions posée par Jean-Luc Reichmann pour empocher 839 392 euros dont 209 392 sous forme de cadeaux.

       En réalité, la totalité des 600 000 euros n’est pas encore dans les poches de Christian. La société de production Endémol, basée à Amsterdam, paye les gains à nonante jours fin de mois. Comme Christian est dans le jeu le 4 juillet, le calcul de ce qu’il a déjà touché et la somme qui lui reste à encaisser est relativement simple. Un enfant de primaire est à même de résoudre le problème surtout s’il est un hyper doué comme Christian l’a été avec deux ans d’avance durant sa scolarité.

       Au fur et à mesure de sa participation au 12CDM, Christian se fixe comme ambition d’atteindre 1 000 001 euros. Savoir gagner avec panache a dit Charlie Chaplin. Hélas, la cent quatre-vingt-troisième présence sur le plateau de 12CDM se révèle fatale. Le record de Marie Friedel  n’est point battu. Savoir perdre avec dignité dit encore Chaplin. La structure du jeu conçu par Endémol fait que des téléspectateurs de TF1 se partagent la même somme que Christian a gagné. Il détient ainsi le record du candidat ayant généré 1,6 million d’euros de gain comme il l’a dit à nos confrères du Figaro Magazine.

       Passionné de Scrabble, Christian lit de A à Z le dictionnaire.  Il y a vingt ans, première  participation au jeu télévisé Des chiffres et des lettres. Il remporte la Coupe des Champions, deux ans plus tard, la Coupe des Masters et en 1991, la Coupe des Clubs. Il est le seul candidat a posséder un tel palmarès de ces trois grandes épreuves TV. Puis, il y a sa présence aux Douze coups de midi du 4 juillet 2016 au 14 janvier 2017. Le secret de sa réussite ?  Christian Quesada ne le cache point ; pour briller dans ce jeu, et avoir une longévité comme la mienne, il faut avoir plusieurs qualités: une bonne culture générale, faire abstraction des caméras et avoir une bonne mémoire… Bref, à la portée de chacun !

00:51 Écrit par Pierre André dans Actualité, Loisirs, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 10 janvier 2017

ACADÉMIE FRANÇAISE : le pluriel de proximité "exemple à suivre".

    Le 10 septembre 1957, Andreï Makine nait à Krasnoïarsk, une ville de Sibérie située à quelques quatre mille cent kilomètres de Moscou. Sa langue maternelle est le russe mais dès l’âge de quatre ans, grâce à une dame française, il parle également français dont il se sert plus tard pour écrire des romans. À 30 ans, il gagne Paris en qualité de migrant clandestin avant d’obtenir le droit d’asile.

    En 1990, Gallimard publie La Fille d'un héros de l'Union soviétique, une démythification du régime, mais la rage et le désespoir au cœur (…) ce n’est pas parce que le collectivisme a fait faillite, que le capitalisme est la panacée. Ce roman est présenté comme traduit du russe par Françoise Bour. Makine l’a pourtant rédigé en français mais il a dû feindre de l’avoir écrit en russe, et il a paru comme étant traduit du russe par une inexistante Françoise Bour

    Cinq ans plus tard, Le Testament français obtient le prix Goncourt, le prix Goncourt des Lycéens et le prix Médicis. Andreï Makine est désormais un auteur français. La République lui accorde la nationalité française. En 2000, l’Académie française lui décerne la grande médaille de la francophonie obtenue l’année précédente par l’Algérienne  Assia Djebar. Le 3 mars 2016, Andreï Makine est élu au cinquième fauteuil de l’Académie française dont le premier titulaire a été le beau Ténébreux, le poète Jean Ogier de Gombauld. Assia Djebar a été la titulaire de ce fauteuil de 2005 à 2015. 

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    Lors de la cérémonie de réception à l’Académie française, à la mi-décembre de l’an dernier, Dominique Fernandez a déclaré  Cette sensibilité aux nuances de la langue française aura fait de vous l’écrivain qui la maîtrise admirablement. Il nous aura fallu du temps pour le reconnaître ! Vous nous rendiez jaloux (…) La critique ne désarmait pourtant pas. Ce n’est pas un métèque, s’écria-t-on, qui va nous apprendre à écrire en français. Vous êtes un amoureux de notre langue, vous avez ressuscité d’anciens mots oubliés (…) Vous avez même créé des néologismes, qui vont dans le droit fil de la langue, tel le plaisant mot, pour désigner un ivrogne invétéré qui braille et gesticule en public, de « scandaliste », terme qu’il faudrait songer à introduire dans notre Dictionnaire. 

    L’enthousiasme de Dominique Fernandez envers Andreï Mikane va croissant. Mieux encore : vous avez remis en honneur une forme syntaxique rare, dont certains réclament le retour, surtout certaines, qui luttent vaillamment contre ce qu’elles appellent la domination masculine dans la grammaire : le pluriel de proximité. Vous écrivez en effet, à propos des fioritures de l’Art nouveau : « Toutes les sinuosités, galbes et courbes de cette architecture, affaiblies, i, e, s, à moitié effacées, é, e, s, étaient parvenues, u, e, s, jusqu’aux profondeurs de la Russie. » Or, « galbes » étant du masculin, on nous a appris à accorder les trois noms au masculin. Vous, constatant que « courbes » est le dernier nommé, les accordez au féminin, à l’instar de Mme de La Fayette ou de Racine : « Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières » (Athalie, acte I). Exemple à suivre. 

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Dominique Fernandez et Andreï Makine

    Le retour à la règle de proximité d’application en grec ancien, en latin – les deux mamelles de la langue française – et en français ancien  est un exemple à suivre. Cette déclaration d’un académicien au XXIème siècle tranche avec les propos tenus à la fin du XXème par un autre académicien, Maurice Druon, pour qui ce retour apparaît telle une réforme bouleversante qui eût altéré le visage familier du français.  

    Il y a donc de l’espoir pour les signataires de la pétition  Que les hommes et les femmes soient belles ! en rébellion contre la règle le masculin l’emporte sur le féminin. La pétition estime que cette règle de grammaire apprise dès l’enfance sur les bancs de l’école façonne un monde de représentations dans lequel le masculin est considéré comme supérieur au féminin. Le retour à la règle de proximité est une manière d’en terminer avec une révolution sexiste opérée il y a trois cent cinquante ans. Les Éditions Cogito ergo sum installées à Rouen  exigent de leurs auteurs qu’ils respectent la règle grammaticale de proximité qui rétablit cette égalité dans la langue française.

    Fomentée sous le règne d'une monarchie absolue, la révolution sexiste grammaticale a utilisé des arguments qui ne sont plus de mise au XXIème siècle se réclamant de l'égalité femme-homme. Ainsi, selon le jésuite Dominique Bouhours (1628-1702), adversaire de la règle de proximité, lorsque deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte. Le même abbé Bouhours, le maître à penser et à écrire de sa génération, est également l’auteur de cette phrase bien dépassée à notre époque la connaissance des langues étrangères n’est pas beaucoup nécessaire à un François qui voyage. Où ne va-t-on point avec notre langue ? Ainsi, l'argument du grammairien Nicolas Beauzée (1717-1789), professeur à l’École militaire, est encore plus obsolète : le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle.

10:20 Écrit par Pierre André dans Actualité, francophonie, Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 25 décembre 2016

Deuxième roman du Liégeois Jean-Charles Beaujean : "Les fleurs de SigirÎya"

 

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        Premier roman paru, Le vacarme du silence a été nominé par les auditeurs de la radio publique au Prix Première RTBF 2013. Encourageant pour son auteur, le  Liégeois Jean-Charles Beaujean qui, en 2016, nous propose son second opus, Les fleurs de Sigirîya (1) Entretemps, écrivain prolifique, il publie aux Éditions Persée un recueil de nouvelles – Rêves de pipeau – et un de poésies – Les cahiers Pouchkine.

        Illustrée d’une peinture de Philippe Waxweiller, la couverture donne l’impression que Les fleurs de Sigirîya est un roman exotique. Il n’en est rien. Liège, Paris, Londres sont les lieux où se déroule l’essentiel du l’histoire. Sigirîya est l’endroit où le personnage central – Baron – se rend pour déposer un billet porte-bonheur dans une très légère fente rocheuse située exactement à l’endroit du pubis supposé d’une apsara et recevoir une fleur de lotus bleue destinée à son amour.

        Qui est Baron ? Plus exactement, il s’agit de Gérard Touffin, ancien légionnaire dans la trentaine bien engagée, que tout le monde appelle Baron pour des raisons qui ne seront expliquées ni maintenant ni plus tard. (…)  je ne fais rien de mes journées. Rien! Mais j’ai une excuse, je suis riche, fichtrement riche ! Plein aux as depuis le décès de mon oncle Georges, un homme fortuné dont je fus le seul héritier. En revanche, Baron est pianiste de bar la nuit. Pour tout le monde, je ne suis qu’un paumé, un artiste qui arrondit ses fins de mois en jouant quelques accords. Ça m’arrange parfaitement.

        L’action commence en août 2040. Dans la plupart des pays européens, des milliers de gens perdent tous les jours et sont contraints de revendre leur maison et leurs biens puisqu’on a aboli depuis vingt ans déjà tous les mécanismes de solidarité. (…) Il n’y a plus à proprement parler de classe moyenne. La plupart des gens vivent au jour le jour dans une espèce de précarité préétablie. Si la société est à la dérive, les personnages demeurent en quête de tendresse, de jalousie, de passion, de poésie, d’amour, de solitude, bref le lecteur s’y attache.

        Jean-Charles Beaujean excelle dans l’art du dialogue. Exemple : - c’est parfait, Mike. Ton idée d’avoir toujours une longueur d’avance pour ne pas se faire plumer, je la trouve géniale ! – Encore une chose, Baron…Tu ne m’as jamais dit  que tu es un ancien légionnaire, petit cachottier ! – Tu ne l’as jamais demandé. C’est dérangeant pour le show-business ?- Au contraire, mon jeune ami. Pour ton image de marque, c’est géant ! Tu n’imagines pas ! Je vois déjà l’article d’ici…Autre exemple : - Laisse-toi  faire, Fleur ! – Pas aujourd’hui, ce n’est pas sérieux… - Qu’est-ce qui n’est pas sérieux ? – Tous ces foulards et ces lacets par terre, ne me dis pas que …- Quoi, il y a un jour particulier pour t’attacher ?

        L’action se termine le 1er janvier 2043, à quatre heures précises du matin, Baron est papa d’une petite princesse qui s’appelle Aurore. Le roman s’achève le 1er janvier 2093 (…) Ce soir, Laure et moi, nous fêtons le cinquantième anniversaire d’Aurore, ma fille adorée. Un authentique roman d’anticipation …

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  • Les fleurs de Sigirîya - Éditions Persée – Jean-Charles Beaujean – ISBN 9782823116014 – 400 pages – format 156 x 234 - ebook 9€ 99 – papier  23€ 90

23:11 Écrit par Pierre André dans Actualité, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 19 décembre 2016

Francis Veber accorde à la Compagnie royale Théâtre Arlequin l'exclusivité de sa pièce Le Placard.

 

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© Colette GRAND'RY

        Petit-neveu de Tristan Bernard, Francis Veber en a tout l’esprit. De surplus, né de père juif – Pierre-Gilles Veber – et de mère arménienne – Catherine Agadjanian -, Francis Veber considère qu’avec deux génocides, deux murs des lamentations dans le sang, il a vraiment tout pour un comique.  Ses quarante-deux films relèvent à quatre-vingt-trois pour cent de la comédie.

        Mieux encore, ses pièces de théâtre – L’emmerdeur, Le dîner de cons, Le placard  - avec en vedette le même petit homme, François Pignon,  sont des comédies qui attire grand public aussi bien à Paris qu’en tournées ou …à la Compagnie royale Théâtre Arlequin (1). Entre 2000 et 2012, en trois productions mises en scène de Marie-Josée Delecour et dans un décor trois fois renouvelé de Philippe Waxweiler, Alexandre Tirelier a joué cent-cinquante-neuf fois Le dîner de cons. Il a également interprété le rôle de François Pignon dans L’emmerdeur, Serge Swysen étant son partenaire dans chacune de ces comédies.

        En reconnaissance, Francis Veber a accordé à la Compagnie royale Théâtre Arlequin l’exclusivité pour la Belgique et durant une saison de produire  Le placard avec naturellement Alexandre Tirelier dans le rôle de … François Pignon. Dans une mise en scène de José Brouwers avec un décor de Philippe Waxweiler et des costumes dessinés par Marie-José Delecour, Le Placard  est assuré d’un succès auprès d’un public ravi d’autant que la régie, le son et la lumière sont l’œuvre de Franco De Bartolomeo et d’Alex Fontaine, ce dernier  assumant également la photographie.

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© Alex FONTAINE

        L’intrigue est simple. François Pignon, comptable depuis six ans chez Condomax,  est viré. Désespéré, abandonné par sa femme, délaissé par son fils adolescent, il envisage le suicide. Son voisin de palier, Belone (Jean-Marie Gelon) l’en dissuade et lui propose un stratagème pour réintégrer le leader du préservatif Condomax. Un photomontage fait l’affaire. Au vu de la photo, tant le PDG Kopel (Serge Swysen) que le DHR (Pierre Ligot) ou les assistant(e)s de direction  Ariane (Delphine Dessambre) et Guillame (Jean-Louis Maréchal) ainsi que la cheffe-comptable, mademoiselle Bertrand (Marie-Josée Delecour) décident la réintégration de l’indéniable homosexuel Pignon. Condomax ne peut être une entreprise discriminatoire ni homophobe. Condomax participe désormais à la Gay-Pride avec en vedette Pignon coiffé d’un préservatif.

     Un exemple d’humour de Francis Veber dans Le placard : apercevant en compagnie de ses invités japonais Pignon en plein ébats sexuels, le PDG se contente de dire nos essayeurs ! Pour reprendre une expression désuète - SGDG (2) – nous estimons à deux cents nonante deux le nombre de saillies parsemant Le placard.

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(1) Représentations de la pièce Le placard par la Compagnie royale Théâtre Arlequin, rueRutxhiel 3, Liège : 31/12 deux soirées réveillon au champagne (19h et 22h30), en février 2017, les 3, 4,10, 11, 17, 18, 24, 25 (20h30) – Contact 04/ 222 15 43 info@theatrearlequin.be

Représentations de la pièce Le placard par la Compagnie royale Théâtre Arlequin en tournée au Centre Culturel de Spa le 13/1 (20h), au Centre Culturel de Remicourt le 14/1 (20h), au Théâtre de Liège le 21/1(20h), au Centre Culturel d’Eupen le 24/3 (20h), en la Salle de la Fraternité à Malmedy le 26/3 (19h30) - Contact 04/ 222 15 43 info@theatrearlequin.be

(2) SGDG = sans garantie du gouvernement      

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samedi, 10 décembre 2016

L'Académie française décerne le Prix Eugène Carrière au Liégeois Pierre-Yves Kairis.

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Autoportrait de Bertholet Flémal - Ville de Liège

        Histoire de Liège (1) a inscrit à son programme 2017 une conférence le 18 mai de Pierre-Yves Kairis sur le thème de Lambert Lombard à Léonard Defrance : la peinture à Liège du XVIe au XVIIIe siècle. Nul doute que la conférence connaisse un beau succès d’autant que Pierre-Yves Kairis a reçu, le 1er décembre, au Quai Conti, le Prix Eugène Carrière

      L’académicienne Mme Danièle Sallenave dans son discours sur les Prix littéraires de l'Académie française a déclaré : Prix Eugène Carrière M. Pierre-Yves Kairis, pour Bertholet Flémal (1614-1675). Le « Raphaël des Pays-Bas » au carrefour de Liège et de Paris. Bertholet Flémal, le plus grand peintre de Liège au xviie siècle, méritait une réhabilitation. Pierre-Yves Kairis s’y livre dans cet ouvrage, après avoir été l’auteur d’une découverte, celle d’un tableau de Poussin, La Mort de la Vierge, miraculeusement retrouvé dans l’église Saint-Pancrace de Sterrebeek en Belgique.

        Le Liégeois est le cent-vingt-cinquième récipiendaire du Prix Eugène Carrière. En 2016, il est l’unique lauréat, par contre en 1956, il y a pas moins de douze !  Parmi les récipiendaires, deux sont devenus membres de l’Académie française : René Huyghe, élu en 1960 au fauteuil n° 5, lauréat en 1953 pour son ouvrage Le Carnet de Gauguin. Le culte Mahorie et René de Castries, élu en 1972 au fauteuil n° 2, lauréat en 1956  pour son ouvrage Le Maréchal de Castries.

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©musée Eugène Carrière, Gournay sur Marne

        Qui est Eugène Carrière ? Réponse : peintre, lithographe, penseur né en 1849 à Gournay sur Marne où il a son musée, mort à Paris en 1906, trois ans après avoir fondé le Salon d’Automne.

       Peintre : Art de suggestion par excellence, l’œuvre (…) évolue vers une monochromie de terre et d’ocre, inspiratrice de Picasso, qui ne retient que les jeux d’ombre et de lumière.  Son art est salué par Gauguin et Maurice Denis mais reste incompris du grand public.

    Lithographe : en 1898, il crée l’affiche de lancement de L’Aurore, un journal où toutes les opinions libérales, progressistes, humanitaires, si avancées qu'elles fussent, puissent être librement exposées. Ami de Rodin dont il partage l’amitié et les conceptions esthétiques; le sculpteur lui confie l’affiche et la préface du catalogue de son exposition de 1900, au Pavillon de l’Alma.

     Penseur : il participe aux mouvements des idées : défense de Dreyfus au côté de Clémenceau et de Zola, émancipation féminine, réflexion sur la peine de mort, l’art de la démocratie, etc … Jamais dogmatique, il défend un humanisme qui place les droits de l’homme au premier plan.

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Autoportrait © collection particulière

(1) Histoire de Liège programme 2017 sur le site histoiredeliege.be – informations info@histoiredeliege.be -

04 221 93 67 ou 04 221 93 75

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vendredi, 02 décembre 2016

Remous à propos de la ville trois fois sainte.

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        Ville trois fois sainte aux yeux des trois grandes religions monothéistes, Jérusalem a retenu, cette  semaine, l’attention des Présidents de Parlement de pays musulmans.  La première conférence sur Jérusalem et ses défis actuels s’est tenue à İstanbul sous le haut patronage du Président Recep Tayyib Erdoğan. 

        Parmi les diverses interventions, retenons celle du Président de l’Assemblée nationale de Djibouti, un des plus petits pays musulmans. Après avoir retracé l’histoire de la ville sainte où Mahomet en compagnie de l’archange Gabriel a effectué son voyage nocturne, M. Mohamed Ali Houmed ajoute : à défaut d’être le berceau de la réconciliation, nous constatons avec regret que la ville sainte, compte tenu de sa profonde civilisation, est restée prisonnière de la politique arrogante d’Israël, et ce, au mépris des résolutions et chartes internationales.

        Il en appelle, avant qu’il ne soit trop tard, à la solidarité des pays arabes et musulmans en vue de protéger l’identité islamique et arabe de cette ville sainte, la troisième après La Mecque et Médine. 

       En conclusionM. Mohamed Ali Houmed déclare : Il est donc significatif pour nous tous de revaloriser le travail collectif arabe afin de mettre au point une véritable stratégie arabe commune dotée d’une vision appropriée, rénovée et des moyens d’actions adéquats capables de relever les défis autour desquels le mot et la décision arabes sauront s’imposer.

          Cette première conférence sur Jérusalem et ses défis actuels du 28 novembre s’inscrit dans la ligne de l’adoption, le 18 octobre, par l’UNESCO d’un texte présenté par sept pays arabes (Algérie, Égypte, Liban, Maroc, Oman, Qatar, Soudan) visant à la sauvegarde du patrimoine culturel de la Palestine et du caractère distinctif de Jérusalem-Est.

          Ce texte utilise exclusivement les termes arabes pour désigner ce patrimoine. Israël s’en est fâché tout comme la directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova qui a déclaré : Le patrimoine de Jérusalem est indivisible, et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville. Nier, occulter ou vouloir effacer l’une ou l’autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l’intégrité du site (…) La mosquée Al Aqsa/ Al-Haram-al-Sharif, sanctuaire sacré des musulmans, est aussi le Har HaBayit - ou mont du Temple - dont le Mur occidental est le lieu le plus sacré du judaïsme.  

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mercredi, 23 novembre 2016

La frite a la frite !

 

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        Ce mercredi matin, deux ministres, l’une du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles Alda Greoli, l’autre du gouvernement wallon René Colin délaissent leur bureau. Tout simplement, ils ont rendez-vous à la friterie Chez Lucien. Aujourd’hui, le terme friterie remplace celui de friture en dépit de son utilisation par Georges Simenon : je tiens à manger des moules et des frites dans une petite friture de la rue Lulay à Liège

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       Comme la presse est invitée, outre le lancement de la sixième édition de la semaine de la frite en Wallonie, les deux ministres profitent de cette occasion de faire le point sur le dossier de reconnaissance de la culture fritkot belge, un dossier sensible s’il en est. Avec le cornet de frites servi Chez Lucien à Éghezée, les convives sont invités à savourer une mayonnaise servie par Jean-Luc Fonck. Éghezée a rendez-vous avec l’histoire de la frite d’autant plus que les organisateurs, l’Union nationale des Frituristes, à l’issue de la semaine de la frite en Wallonie, laissent entrevoir un tournant dans l’Histoire de notre Agriculture …

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        Incontestablement, depuis le XIXème siècle, la frite fait partie de l’ADN du Royaume. L’ethnologue Thomas Beaulieu s’interroge : de quand dater la naissance de la frite, et qui peut revendiquer la paternité de cette croustillante invention ? Certains Liégeois s’imaginent même que la paternité appartient à quelqu’un d’amons nos autes.

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        Déception à la lecture du Petit traité de la pomme de terre et de la frite (1) de Pierre-Brice Lebrun. Ce Liégeois – né à Burenville, en 1965, vit à Mont-de-Marsan – s’est immergé dans la patate jusqu’à suivre, à Tournai, les cours de gestionnaire de friterie donnés à l’IFAPME. La frite n’a  pas été inventée à Liège mais c’est à Liège qu’elle a connu, grâce à un bon bougre, son premier succès. Depuis, la frite a essaimé dans le monde entier. En Suède et en Allemagne, on l’appelle pommes frites, en Amérique du Sud papa a la francesa, aux États-Unis French fries.

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(1) Petit traité de la pomme de terre et de la frite - Pierre-Brice Lebrun – Éditions Le Sureau _ 360 pages en bichromie - 25 €

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mercredi, 16 novembre 2016

21 rue La Boétie

 

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        Si le cinéma emprunte souvent des thèmes à la littérature, il est plus rare qu’une expo s’inspire d’un livre. C’est le cas pourtant de l’expo 21 rue La Boétie (1) qui n’a vu le jour que grâce à la parution, en 2012, de l’ouvrage éponyme d’Anne Sinclair. De nationalité américaine, Anne Sinclair née à New-York a été bouleversée d’entendre un fonctionnaire français lui demander vos quatre grands parents sont-ils français ? Le fonctionnaire a demandé ce qu’autorise une loi française de 2009 en matière de nationalité. La phrase lui rappelle la Shoah et le destin de ceux qui, recherchés par les nazis, avaient choisi de partir et qui furent ensuite dépossédés, pillés, déchus de leur nationalitéPaul Rosenberg quitte la galerie d’art du 21 rue La Boétie pour New-York. Un gentil grand-père qui l’a toujours traitée, gamine comme une grande fille.

        J'ai eu soudain envie de revisiter ma légende familiale. Je me suis plongée dans les archives. J’ai retrouvé des correspondances entre Paul Rosenberg et ses peintres, exhumé des « papiers de famille », interrogé des proches et retourné sur les traces de sa famille  J'ai voulu comprendre l'itinéraire de ce grand-père lumineux, intime de Picasso, de Braque, de Matisse, de Léger, devenu paria sous Vichy. Ce grand-père fut un grand marchand. A Paris jusqu'en 1940, puis exilé à New York pendant la guerre. Il était français, juif et amoureux des arts. Ce livre raconte son histoire qui, indirectement, est aussi la mienne.

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        De la conception à la réalisation, l’exposition 21 rue La Boétie est l’œuvre de Tempora, une société fondée, en 1998, par le Liégeois Benoît Remiche. Après avoir fait les beaux jours de la Boverie, 21rue La Boétie s’en va à Paris, au musée Maillol, du 2 mars au 27 juillet 2017. Anne Sinclair est la marraine de l’exposition. Elle s’en explique au  Quotidien de l’Art (27/10/2017) : au début, j’étais à la fois émue et très dubitative, me demandant si cela était faisable, puis très enthousiaste bien évidemment. Je les ai accompagnés puisque mon livre a servi de guide aux commissaires (Elie Barnavi, Isabelle Benoit, Vincent Delvaux, François Henrard et Benoît Remiche)  qui ont effectué un gros travail de recherche pour retrouver les œuvres. J’ai donné mon avis et impulsé les recherches dans certaines directions, particulièrement du point de vue historique.

        Ça a de la gueule. Mon grand-père aurait adoré.  C’est une exposition à la croisée de l’art et de l’histoire. Elle retrace ce qu’a été le marché de l’art avant qu’il soit justement un marché. Mon grand-père était un marchand certes, mais surtout un admirateur forcené de ses artistes. Il disait « Je suis un passeur, mais je ne suis que ça ». Articulée en six chapitres,  l’expo présente notamment soixante-quatre tableaux qui sont passés à une époque ou l’autre à la galerie Paul Rosenberg. Deux de ceux-ci représentent  l’un, Marguerite, l’épouse de Paul, et sa fille Micheline vues par Pablo Picasso en 1918 et l’autre, de Marie Laurencin, Anne Sinclair à l’âge de quatre ans. J’ignorais qu’elle peignait toutes les femmes avec les yeux noirs en amande, mais j’ai dû le pressentir car c’est effrontément que je lui précisai : « Attention, hein, j’ai les yeux bleus ! » Je me rappelle son rire, sa promesse de ne pas les trahir, et elle me gratifia, de fait, de deux billes bleu lavande.

        21 rue La Boétie se révèle un grand succès. Une moyenne de plus de mille visiteurs par jour le premier mois. En marge de l’expo, d’autres activités sont prévues à la Boverie. Ainsi, ce 17 novembre, l’auteur de L'Homme de l'art. Daniel-Henry Kahnweiler, 1884-1979, Pierre Assouline va venir parler de marchands et collectionneurs d’art :Paul Rosenberg, Daniel-Henry Kahnweiler et les autres suivi d’une session de questions-réponses.       

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(1) 21 rue La Boétie – La Boverie, parc de la Boverie, 4020 Liège – 32 (0) 2/ 549 60 49 info@21ruelaboétie.com – tarifs de 1,25 € (art. 27) à 17 € (adulte), senior (+65) 14€, groupe 12  €, groupe scolaire 6 €, famille (2 adultes, 2 enfants) 48 € (6 € par enfant supplémentaire) – l’expo se termine le 29 janvier 2017 – heures d’ouverture : du mardi au vendredi  de 9.30 à 18.00, week-end 10.00 à 18.00, ouvert jours fériés sauf 25/12 et 01/01/2017, fermé le lundi sauf 26/12 et 02/01/2017. Visite guidée 85 €/guide pour 1h30 de visite, maximum 20 personnes, disponible en français, anglais, allemand, néerlandais. 

15:21 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 09 novembre 2016

USA, le cri du cœur d'un Français cette nuit: "Un monde s'effondre devant nos yeux. Un vertige"

          À six heures quart ce matin, France info a diffusé ce tweet : Après [le] Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s'effondre devant nos yeux. Un vertige. C'est la fin d'une époque, celle du néolibéralisme. Reste à savoir ce qui lui succédera.

         Auteur de ce tweet, Gérard Araud. Profession : ambassadeur de France à Washington. Peu de temps après, le message a disparu. Le quai d’Orsay dément toute pression. Notre politique sur les réseaux sociaux est fondée sur la spontanéité et la réactivité et les tweets des ambassadeurs sont postés sous leur responsabilité et à leur initiative. Gérard Araud se refuse à tout commentaire sur son tweet et son retrait. Diplomatie oblige …

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jeudi, 03 novembre 2016

CE QUE LE PAYS DE LIÈGE DOIT Á LA MEUSE ...qui ne fut jamais un long fleuve tranquille

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        À l’âge de huit ans, Robert-Armand Planchard tombe en amour avec la Meuse. Sous la direction  des professeurs Alexandre Delmer – le père du canal Albert et Fernand Dehousse, sa thèse de fin d’études,  Le rôle de la Meuse dans la Communauté européenne du charbon et de l’acier a été, vu sa qualité, publié à grand tirage. En note infrapaginale, il est précisé que l’ouvrage, paru en 1955 aux Éditions Buteners, est complètement épuisé. L’auteur dispose encore d’une copie !

       Soixante et un ans plus tard, le directeur honoraire du port autonome de Liège ayant joué un certain rôle dans l’évolution des choses au plan fluvial européen et surtout belge a pensé, au soir de sa vie, à résumer tout ce qu’il a vécu, ressenti et perçu quant au rôle joué par la Meuse  à  Liège auquel Robert-Armand Planchar se sent viscéralement très attaché par sa famille de charbonniers, naguère maîtres de fosses au plantchî de Montegnée, d’où partit en 1716, la grand’route dite Branche Planchar construite par Pier Planchar (1657-1737) depuis Bolsée, Glain, Saint-Nicolas, Saint-Gilles et Ans vers le bas-port de Jemeppe-sur-Meuse (2). La boucle est bouclée.

        La Meuse est avec le Rhin et l’Escaut un des fleuves ayant réussi à inscrire leurs trouées Sud-Nord au travers des collines et des monts du massif schisteux rhénan. Dans ce combat qui a duré des millénaires, la Meuse s’est vue subtiliser la plupart de ses affluents au point que Georges Sand écrit La Meuse elle-même n’est ni large ni imposante et, cependant, elle coule dans une large vallée, beaucoup plus large qu’il faut. Le géographe Paul Vidal de La Blache évoque cette fille ruinée dans son palais démesuré.

        Le Pays de Liège y trouve trois avantages ; le premier, la vallée très large est susceptible d’accueillir les larges implantations de populations industrielles, le deuxième, la Meuse reste « haute » très longtemps d’où aujourd’hui, elle est réserve d’eau propre à la consommation alors qu’Escaut et Rhin deviendront des égouts aux eaux mortes, la troisième, sa pente hydraulique moyenne (0,48 m par km) a permis une « régularisation » facile pour éviter que, à l’étiage, la navigation mosane devienne difficile. Moralité, avec de telles grandes qualités, la Meuse devait tout naturellement engendrer à Liège un ensemble industriel et fluvial de très grande importance.

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      En quelques soixante pages, l’auteur résume l’évolution du leudicus vicus mosan en portus dès le VIème siècle, un modeste portus que Notger va transformer en opulente cité lacustre, en unissant par des ponts les nombreuses îles liégeoises et en doublant superficie et sécurité de la cité par l’érection d’une enceinte muraillée (…) Les accostages et bas-ports vont se développer rapidement au sein de cet archipel, unifié et protégé, pour en faire un portus aux mille et une possibilités de charger/décharger. Ce trafic fluvial va des matériaux de construction à la houille, au vin, au bois, aux céréales, au sel, aux armes, etc. La Meuse est la grande artère de ce pays, le courant vital de ce pays si magnifiquement varié. Il n’y a pas que le mercantile qui domine, le spirituel y a un rôle essentiel au point que Liège, capitale politico-religieuse, est surnommé l’Athènes du Nord.  

        Annexée de son plein gré à la France en 1795, la Principauté de Liège n’est point ressuscitée vingt ans plus tard par le Congrès de Vienne qui se charge pourtant de restaurer l’ordre ancien. Le Congrès de Vienne rattache la Principauté de Liège aux Pays-Bas. Elle tombait ainsi aux mains bataves dans une sorte de salmigondis voulu par les Anglais et voué, à terme, au démembrement et à lente putréfaction.

        La création de la Belgique, à partir de 1830, allait faire de la Meuse la modeste servante d’Anvers et de la Belgique et asservir le bassin liégeois aux objectifs anversois. On va voir comment. En cent cinquante pages, Robert-Armand Planchar  raconte les faits comme il les a vécu, ressenti et perçu.  Il y a eu des bourdes diplomatiques dont la première, et non la moindre, date de 1854. Elle est commise par un triple bourgmestre de Liège, Guillaume-Ferdinand  Piercot alors qu’il est ministre de l’Intérieur. Il y a eu les tenants du romantisme portuaire franco-belge, comme Jean-Maurice Dehousse, José Happart, des Liégeois, ou André Baudson, un Hennuyer, ce qui se comprend mieux, prêchaient, à ce temps, pour qu’Anvers et Rotterdam cédassent le pas à Dunkerque.

        Il y a eu des victoires comme, en 1937, la création du Port autonome de Liège voulu par Georges Truffaut.  En tout cas, créer le port, dès maintenant, c’est travailler pour l’avenir de la région déclare le conseiller communal Bounameau. Autre victoire, le Canal Albert en 1939 mais il a fallu attendre 2015 pour que soit érigée, à Lanaye, une quatrième écluse permettant le passage des bateaux de 9000 tonnes en provenance ou destination des pays de Nord et de l’Est de l’Europe.

        Le charme et le mérite de Robert-Armand Planchar est d’appeler un chat ... un chat et de ne pas tourner autour du pot. C’est ce qui fait tout l’intérêt politico-stratégique de Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille.  Un franc-parler bien dans la ligne de son premier patron, Jean Rey, qui, en 1957, a déclaré : Chacun sait, ou devrait savoir, que la Belgique a toujours été bornée au Sud par la France et bernée au Nord par les Pays-Bas.

LIEGE source MEUSE.jpg©FCW

(1) Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille – Robert-Armand Planchar – Édition Noir Dessin Production – 234 pages – 15€

(2) Les Planchar et l'introduction des "pompes à feu" de Thomas Newcomen en Principauté de Liège - Cfr Liège 28 du 6/12/2010

 

07:30 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Europe, Liège, Littérature, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 20 octobre 2016

Janvier 2017, première ligne ferrée électrique d'Afrique opérationnelle de Djibouti à Addis-Abeba

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        En novembre, à Djibouti, deuxième étape de l’inauguration de la nouvelle voie ferrée reliant cette ville portuaire à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie. La première étape de l’inauguration a eu lieu dans cette ville en début octobre. À en croire La Nation, journal djiboutien : la cérémonie inaugurale fut particulièrement longue. Il est vrai que cette ligne est historique. Il s’agit de la première voie ferrée électrique du continent africain. Elle sera opérationnelle dès janvier 2017. Son tracé est parallèle à l’ancienne ligne mise en service le 17 juin 1917 qui, au fil des ans, a dépéri au point qu’aujourd’hui, elle se limite à un tronçon de 207 kms entre Dire Dawa et Galilée, deux villes éthiopiennes.

        L’initiateur de cette nouvelle ligne a été Ismaïl Omar Guelleh, le Président de la République de Djibouti. Sa réalisation, prévue en quatre ans, est l’œuvre des Chinois qui l’ont accomplie avec six mois d’avance. Vingt ans ont été nécessaires pour construire la ligne de 1917 !  Le train de la Renaissance et de la prospérité – long de 752 kms 700 – a un coût – 230 milliards de yuans – financés par la Chine.

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        Le train de la Renaissance et de la prospérité est vu par certains comme le premier maillon d’une Transafricaine allant de Djibouti à Douala, sur la côte Ouest. Les chiffres parlent : un dénivelé de 2 400 mètres, altitude d’Addis-Abeba, et Djibouti ; 41 locomotives et 1171 wagons destinés au fret et aux passagers ; vitesse 90 km/heure pour des convois fret de 3 500 tonnes, 120 km/heure pour les trains de passagers tandis qu’il faut trois jours par la route ; un personnel de 2 000 personnes.

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         Le train de la Renaissance et de la prospérité va être exploité par les Chinois durant les cinq premières années, le temps de former le personnel. Les informations à bord sont trilingues : amharique, la langue de l’Éthiopie, anglais et chinois. Il est à noter qu’en dépit des multiples avatars connus  depuis 1917, la Compagnie ferroviaire, à l’origine CFE (Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien),  a réussi à conserver, parmi son personnel, la langue française comme langue de travail. Ce qui est remarquable. La nouvelle Compagnie préfère substituer l’anglais au français et imposer le chinois. Qui paie les violons choisit la musique !

PHOTOS : 1- Ismaïl Omar Guelleh, Président de la République de Djibouti  2- Locomotive Éthiopian Railways 3- Ouvriers chinois

19:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 10 octobre 2016

2 octobre 1976, Mitterrand et Dalida participent à la campagne électorale du "Nouveau Liège".

 

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        Au siècle dernier, début des années septante, le débat politique porte notamment sur la fusion des communes. À l’époque, il y en a 2 359. Lorsque la Loi Michel est d’application, il en subsiste 596. Ce qui ne fait pas nécessairement le bonheur des communes fusionnées appelées désormais sections.  Ainsi le NON A LIEGE de Grivegnée sur l’enceinte du cimetière de Robermont est un exemple de cette opposition. Huit communes - Angleur, Bressoux, Chênée, Glain, Grivegnée, Jupille, Rocour, Wandre -, deux quartiers – Ans-bas et Sclessin -, quelques rues de Saint-Nicolas et Vottem fusionnent avec Liège que d’aucuns appellent le Nouveau Liège. Pas question de le nommer Grand Liège qui évoque encore le Gross Lüttich  durant la dernière guerre. Le Nouveau Liège a une population de 227 974 habitant(e)s.

        Le dimanche 10 octobre 1976, entre 8h et 13h, 153 165 personnes âgées de 21 ans et plus sont invitées à désigner les 51 membres du Conseil communal appelés à siéger de 1977 à 1982.  Seuls 141 245 se présentent  dans les divers bureaux de vote. En dépit du vote obligatoire, 11 920 (soit 12%85) se sont abstenus. Depuis, de scrutin en scrutin, le taux d’abstention ne cesse de croître. Elles sont bien lointaines les luttes en faveur du Suffrage Universel, le SU !

        En 1976, huit listes sont en lice : liste n°2 (Parti Social-Chrétien) en tête Jean-Pierre Grafé ; liste n°5 (Parti Socialiste Belge) en tête Édouard Close ; liste n°6 (Rassemblement Wallon) en tête Jean Gol ; liste n°7 (Parti Communiste Belge) en tête Albert Juchmès ; liste n°11 (Rassemblement Libéral Liégeois) en tête Hubert Pirotte ; liste n°12 (Démocratie Chrétienne) en tête Marc Delbovier ; liste - incomplète (30 candidat(e)s) - n°13 (Union des Progressistes) en tête Stassar ; liste - incomplète (3 candidats) - n°14 (Parti du Travail) en tête Deceukelier.   

        À l’issue du dépouillement des votes-papier, les résultats tombent. PSB 21 élus (Édouard Close 13 005 voix de préférence) ; PSC 14 élus (Jean-Pierre Grafé 15 558 vp ) ; RW 7 élus (Jean Gol 7 307 vp) ; RLL 7 élus (Hubert Pirotte 4 077 vp) ; PCB 2 élus (Albert Juchmès 603 vp). Les trois autres listes n’ont pas d’élu.

        La campagne électorale – libre à l’époque de toute législation relative aux dépenses électorales et au financement de partis – a été mémorable. La Fête de la Rose, le week-end du 2 octobre 2016, a célèbre le quarantième anniversaire du meeting PSB du 2 octobre 1976 qui a vu le premier secrétaire du PS, François Mitterrand et la chanteuse Dalida enthousiasmer nombre de Liégeoises et Liégeois. 

        Durant ce week-end du 2 octobre 2016 a été évoqué la Une de La Meuse du samedi 9 octobre 1976 présentant, pleine page, la photo d’Edouard Close, légendée : Le bourgmestre de Liège. À Liège, on y voit la patte du rédacteur en chef de La Meuse, Paul Gabriel spécialiste des Unes qui marquent l’esprit. La réalité est plus prosaïque. La direction du quotidien liégeois a vendu pour une somme appréciable – il est question d’un million de francs belges – la Une à quatre sponsors de la campagne électorale du PSB parmi lesquels figure la Brasserie Piedboeuf. Ce n’est pas le seul coup de pouce de Piedboeuf  à  cette campagne. Lasse de payer la taxe sur les brasseries imposée par Jupille, Piedboeuf - seule brasserie à la payer tout simplement parce qu’elle est la seule à Jupille – espère sa suppression par le Nouveau Liège. La taxe est supprimée peu après.

        Dans le respect de l’accord préélectoral rendu public le 25 février 1976, le Collège des Bourgmestre et Échevins est constitué d’élus PSB et RLL. Alliance libérale-socialiste assumée comme « maçonnique » assure le politologue Pierre Verjans dans la revue Politique de septembre 2012. Les résultats électoraux du RLL sont décevants en dépit de l’appui de Jean Defraigne (1 307 vp) qui a démissionné, le 31 juillet 1976, de son poste de ministre des Travaux publics dans le gouvernement Tindemans. Démission motivée parce qu’en fait, il semble surtout vouloir reprendre sa liberté pour préparer les élections communales liégeoises sans être lié par les accords gouvernementaux (1).

        Avec 7 élus, le RLL se partage en 5 échevine)s – Hubert Pirotte, Georges Goldine (1 442 vp), Jules Borsu (1 948vp), Madeleine Langevin (2 378), Joseph América (1 525) – et en 2  conseillers  -Jean Defraigne, Paul Swegerynen (1 191vp). Avec 21 élus, le PSB se partage entre 1 bourgmestre – Édouard Close -, 5 échevin(e)s – Raymond Petit (674), Gilberte Évrard (1 381vp), Henri Schlitz (1 702vp), Jean-Pierre Digneffe (1 734vp), Gilbert Polet (784vp)  – et 16 conseiller(e)s siégeant sur les bancs du Conseil.

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(1)    Page 161, tome IV de l’Encyclopédie du Mouvement Wallon – Institut Destrée – Paul Delforge

01:50 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 02 octobre 2016

HOUBLONNADES : douze microbrasseries à découvrir au Château de Waroux du 7 au 9 octobre.

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        Lorsqu’en 1366 est fondée la brasserie Den Hoorn (La Corne) - devenue au XVIIIème corne d’abondance pour Sébastien Artois - à moins d’une vingtaine de lieues de Louvain se dresse déjà le Château de Waroux à Alleur.  Dès lors, il est dans la nature des choses que l’un des trente-trois mille Clubs Rotary du monde – le Rotary Club de Liège-Sud – ait choisi le Château de Waroux pour organiser ses Houblonnades  (1) qui doivent financer le Youth Exchange Program (YEP) en mettant à l’honneur douze microbrasseries.

        Le YEP est une expérience unique qui permet à tout jeune motivé, équilibré, capable de s’adapter, prêt à remplir son rôle d’ambassadeur  de partir à l’étranger pour un court séjour ou durant une période de scolarité soit une dizaine de mois. Contrairement à ce que pense parfois un vain peuple je ne vais pas dépenser des sous pour que les fils de riches rotariens partent en vacances !, le YEP choisit parmi les jeunes de tout milieu qui postulent.

        Comment postuler ? Contactez le Rotary club près de chez vous pour savoir s’il participe à ce programme et connaître les options proposées et la procédure à suivre. La sélection et l’orientation pouvant être assez longues, nous vous suggérons de postuler six à douze mois avant la date de départ envisagée. La liste des Rotary du pays de Liège se trouve notamment sur le site www.rotary.org/fr. YEP est un programme qui couvre actuellement quarante pays.

        Le Rotary Club de Liège-Sud entend mettre à l’honneur les microbrasseries qui, esprit entrepreneurial aidant, se développent au pays de Liège au point que Meusinvest envisage une usine d’embouteillage mise à disposition des diverses microbrasseries. À noter que le site www.ratebeer.com permet aux consommateurs de bières de les coter qu’elles soient ou non en provenance de microbrasseries. Parmi les bières proposées aux Houblonnades, la plupart ont une cote leur valant, comme à l’Univ’, satisfaction frisant même la distinction. Ce qui est davantage que la cote (2.33 sur 5) obtenue par la cinquantenaire Jupiler …!    

 

  • Houblonnades – Salon des microbrasseries – du 7 au 9 octobre – Château de Waroux – vendredi 7 de 17h à 22h, samedi 8 de 16h à 24h, dimanche 14h à 20h - www.houblonnades.be  – Entrée comprenant le verre de dégustation 4 € - Consommation 2€

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vendredi, 23 septembre 2016

A Liège, l'Europe qualifiée d'ergoteuse le dimanche triomphe le mercredi au 21 rue La Boétie!

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        Après l’hommage rendu, dimanche 18, aux combattants liégeois des Événements de 1830  dont le dernier est décédé en 1900, la séance académique à l’Opéra pour les Fêtes de Wallonie a ressemblé partim à une remise de prix à la fin de l’année scolaire.

        Pour avoir suivi, avec succès attesté par l’Éveilleur Pierre-Henri Tomsin, une formation continuée en immersion « français-wallon », plusieurs centaines de Liégeoises et Liégeois ont reçu leur Diplôme de Liégeoiseries tandis que noss binamé Willy a notamment mis en valeur le travail de tous les membres de son Collège. Dame, les élections communales, c’est dans 758 jours, le 14 octobre 2018 !

        En revanche, évoquant le tram, noss binamé Willy n’a donné aucun bon point à l’Europe, l’Europe doit par exemple cesser d’ergoter sur des problèmes comptables. Mieux, il a fait siens les propos de Paul Magnette à Namur : c’est dans l’intérêt même de l’Union européenne que parfois il faut oser lui désobéir. Propos se rapprochant d’un euroscepticisme dont se délectent certains candidats à l’élection présidentielle en France et qui a mené au fâcheux Brexit en juin.

        Fort heureusement, trois jours plus tard, lors de la conférence de presse de l’expo 21, rue La Boétie, la nouvelle citoyenne d’honneur de la Ville de Liège, la journaliste Anne Sinclair a affirmé, avec force, ses convictions européennes au pays de Fernand Dehousse, fondateur de l’Institut d’Études juridiques européennes de l’Université de Liège, de Jean Rey, président de la Commission européenne de 1967 à 1970 et de ces jeunes Liégeoises et Liégeois qui, bien avant le Traité de Rome, s'en sont allés à Strasbourg, revendiquer la libre circulation des gens et des idées par la suppression des frontières européennes. Ces jeunes participent à cette manifestation internationale devant le Conseil de l'Europe  emmenés par Jean-Pierre Grafé, à l'époque président national des Étudiants en Droit.

 

14:35 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 15 septembre 2016

Quand le trimestriel officiel "Notre Province" reste sur le quai ...

        Dans l’éditorial de Notre Province, le Collège provincial de Liège déclare plus que jamais, la Province de Liège a la volonté de promouvoir les valeurs citoyennes et de remettre l’Humain au centre de nos préoccupations. Rassemblons-nous ! Quoi de plus normal que de sortir une édition spéciale  - 561.871 exemplaires dont 522.859 en langue française et 39.012 en langue allemande - du trimestriel invitant à la Journée Debout Citoyen le 10 septembre.

        Sur le site http://www.provincedeliege.be/fr/trimestriel, il est précisé, en caractère gras,  ce numéro est distribué par Bpost la semaine du lundi 5 au vendredi 9 septembre 2016. Toutefois, un doute quant à la réalisation de cette promesse apparaît avec cette mention : signaler un problème de distribution à votre domicile ou dans votre rue.

        Heureux doute qui sauve l’honneur de la Province. Notre boîte postale n’a accueilli Notre Province que le mercredi 14 septembre. Nous nous devons de le dire car l’indignation ne suffit plus. C’est l’heure d’une plus grande implication.

        Comme l’opération du 10 septembre se prolongera avec l’organisation, en août 2017 à Liège, de la toute première « Conférence mondiale des Humanités » qu’il nous soit permis d’inviter le Citoyen debout à se pencher sur cette hantise séculaire de la presse écrite quotidienne, demeurer sur le quai alors que le train est parti !

22:11 Écrit par Pierre André | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 12 septembre 2016

Chat c'est une pharmacie ...

        Au lendemain de la guerre, Charles Trenet part pour l’Amérique. Au Québec, il y découvre notamment la célèbre Pharmacie Montréal située sur Sainte-Catherine. Ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, elle est la plus grande pharmacie en détail du monde. Autre caractéristique, on y vend de tout. Il en est de même dans les multiples pharmacies franchisées éponymes.

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        De quoi inspirer Trenet qui, dans son récital à l’Étoile en 1952, chante Dans les pharmacies (1) qui narre l’extrême variété des produits qu’on y trouve. Nul doute qu’il se serait également laissé inspirer par ce caducée félin trouvé à l’entrée de Calvi.

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(1) https://www.youtube.com/watch?v=ioV9HPfBBTk

18:01 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 05 septembre 2016

Ouf, un décodeur Proximus moins énergivore ...

 

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        Au 31 janvier 2017, les décodeurs actuels de Proximus seront obsolètes. Aussi, une opération d’échange avec le nouveau modèle qui donne accès à un nouveau menu TV convivial  et permet en outre de zapper plus vite est actuellement en cours. En collaboration avec Bpost, Proximus vous propose de choisir le jour où le nouveau décodeur vous est remis à domicile.

        Si pour l’ancien décodeur, Belgacom – le papa de Proximus – a laissé le choix entre l’achat – 99€ - et la location, Proximus impose la location – 8€ le mois – pour le nouveau modèle. S’il est exagéré de crier à l’arnaque, il est permis de dire que la méthode s’en rapproche. Démonstration : prenons un cas réel du client qui achète en juin 2011 son décodeur Belgacom et l’utilise jusqu’à juin 2016 (60 mois), mensuellement cela lui a couté 1€ 65. Pour soixante mois de location chez Proximus, le client est appelé à débourser 384€ car bonne fille,  Proximus lui  accorde la gratuité la première année de location.

        384€ chez Proximus contre 99€ chez Belgacom, c’est une augmentation de … 387%. Ce montant flirte avec l’arnaque mais Proximus rassure. Son nouveau décodeur consomme moins d’électricité.

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09:41 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 27 août 2016

Ce qui est bon à prendre est bon à garder ...

         Ce qui est bon à prendre est bon à garder dit un proverbe anglais dont les Français ont fait une règle en proclamant le principe d’inaliénabilité du domaine public qui s’applique en particulier aux collections des musées publics. Les biens constituant les collections des musées de France appartenant à une personne publique font partie de leur domaine public et sont, à ce titre, inaliénables. Par rapport à d’autres pays européens, la France est celui où le principe d’inaliénabilité est le plus strict (1).

        L’idée du surintendant des bâtiments de France, le comte de La Billarderie d'Angiviller  est reprise, en mai 1791, par un élu de la sénéchaussée de Bigorre, Bertrand Barère. Celui-ci  souhaite que la galerie du Louvre… devienne un Muséum célèbre et précise même  qu'on y déploie les nombreux tableaux de Rubens et d'autres peintres illustres. Dans les années à venir, ce projet culturel se réalise tandis que la Révolution poursuit son cours.

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La Descente de croix - PP Rubens - photo IRPA-KIK

        En 1792, après la bataille de Jemappes, les troupes de Dumouriez se contentent de prélever le nécessaire  à leurs besoins dans les pays conquis – la Principauté de Liège et les Pays-Bas autrichiens. Mieux, en Principauté de Liège, les patriotes votent au suffrage universel masculin le rattachement à la France (2).

        En revanche, en 1794, après la bataille de Fleurus, les troupes de Jourdan  vivent sur le dos des pays conquis – les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège. Mieux, le Comité de Salut public a désigné des agents extracteurs d’œuvres d’arts. Ceux-ci font notamment le plein de Rubens et autres chefs d’œuvre de la peinture flamande destinés au Muséum central des Arts. En Principauté, les Français ne trouvent guère d’œuvres à leur goût, à peine une dizaine, mais les patriotes locaux dont le peintre Léonard Defrance, estiment que leurs grands peintres doivent figurer dans les collections du Muséum central des Arts, ancêtre du Louvre.

        Ces tableaux connaissent des sorts multiples. Par le décret Chaptal de 1801, les uns sont attribués aux quinze musées départementaux au rang desquels figure celui de la Dyle. Autrement dit, celui de Bruxelles, ancêtre des Musées royaux, dont le conservateur est Guillaume Bosschaert qui, sous l’Ancien Régime, a été choisi en qualité d’expert par le comte de La Billarderie d'Angiviller. Certains autres ont été récupérés au lendemain de Waterloo par les troupes des coalisés qui occupent la France jusqu’en 1818.

        Par après, il n’est plus guère question de restitution ou récupération des œuvres acquises par les Conquêtes artistiques françaises. Mais comme l’écrit Pierre-Yves Kairis dans un rapport  remis en octobre dernier à la secrétaire d’État à la Politique scientifique, Elke Sleurs : la question est revenue dans l’actualité car, depuis la décolonisation et les nombreuses recommandations de l’UNESCO soutenant le retour vers les pays sources du patrimoine culturel spolié, les demandes de restitutions de toutes sortes se sont multipliées. Elke Sleurs envisage, à l’IRPA (3), un colloque international début 2018 sur base du rapport Kairis publié par La Tribune de l’Art (http://www.latribunedelart.com/note-sur-les-tableaux-enle...).

        Dans ce rapport, il est fait mention de deux candidats PS aux communales de Liège tentant, en 1988, d’obtenir de Mitterand ce que la Commission des Hospices civils de Liège a réclamé, en 1864, à Napoléon III à savoir un tableau attribué à Rubens qui se trouve encore au Musée de Marseille alors qu’auparavant,  sa place initiale a été la chapelle de l’Hospice des Incurables et des filles repenties de Liège.

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Autoportrait de Bertholet Flémal - Ville de Liège

        Autre aspect liégeois du rapport Kairis, les aventures de la Conversion de Saint-Paul, une toile de Bertholet Flémal, peintre-chanoine de la collégiale Saint-Paul. À l’initiative du dernier consul-général de France à Liège, Zaïr Kedadouche, le Musée des Augustins de Toulouse prête, en 2011, pour six mois la Conversion à l’église à laquelle son auteur l’a destinée. Le ministre Jean-Claude Marcourt qui a eu le Patrimoine dans ses compétences s’efforce de prolonger la durée du prêt tout comme le conservateur du Trésor de la cathédrale, Philippe Georges qui  propose en échange plusieurs toiles de Frans Francken le jeune. Tout cela en vain. En 2014, le jour où jamais tant de chefs d’État et de gouvernements ne sont venus à Liège, obstinées les autorités ont remis une lettre au Président de la République, François Hollande. Toujours, en vain.

        Le salut réside peut-être dans le ciel. En conclusion, le rapport Kairis mentionne : le précédent des manuscrits coréens permet de considérer que c’est par le biais de pressions économiques que des démarches diplomatiques pourraient aboutir à quelques restitutions ponctuelles, conformément à une nouvelle doctrine hexagonale qui ne dit pas son nom. En clair, l’achat habilement négocié par la Belgique de quelques avions Rafales français permettrait peut-être le retour de quelques-uns des tableaux saisis en 1794…  

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Conversion de Saint-Paul Photo Daniel Martin

  • (1) Cfr Documents de travail du Sénat français – Série Législation comparée – L’aliénation des collections publiques – Décembre 2008 – LC 191.
  • (2) Cfr Liège 28 du 30/7/2015.
  • (3) IRPA Institut royal du Patrimoine artistique.

11:25 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Histoire, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 19 août 2016

Dix concitoyennes et concitoyens recoivent le titre de Citoyenne et Citoyen d'honneur de la Ville de Liège.

      

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         Al bone franquète al Violète, cinq mots pour résumer l’ambiance régnant en la salle des pas perdus de l’Hôtel de Ville à l’occasion de la remise de la distinction Citoyenne et Citoyen d’honneur de la Ville de Liège. La barre des cent récipiendaires a été franchie depuis la date – 2009 - à laquelle cette nouvelle appellation vu le jour. Auparavant, le Collège décernait la médaille de reconnaissance de la Ville de Liège à celles et à ceux qui - comme les Citoye(ne)s d’honneur aujourd’hui - ont contribué, amplifié ou redynamisé la réputation de la cité ardente, à la force de leur talent et de leur travail. Aujourd’hui le site officiel de Liège place dans la même rubrique Les citoyens d'honneur celles ou ceux d’avant ou d’après 2009. Parmi ceux-ci, David Goffin (2012),  Nafissatou Thiam Charline, Van Snick (2013). Innovation cette année dans l’attribution de ces récompenses, cette cérémonie de distinction sera désormais paritaire homme-femme. Le bourgmestre Willy Demeyer de mentionner, sans les hiérarchiser, les mérites des divers(e)s récipiendaires de la promotion 2016.  

        Une promotion qui fait la part belle aux consœur et confrères. Trois journalistes – Mamine Pirotte, Charles Ledent et Edmond Blattchen - reçoivent le titre de Citoyen(ne)s d’honneur. Jusqu’à présent, une seule journaliste Hadja Lahbib a été sacrée citoyenne d’honneur en 2011 tandis qu’en 2002 Jean-Marie Peterken a reçu la médaille de reconnaissance de la Ville de Liège. 

        Le bourgmestre de déclarer : Femme de caractère, femme jusqu’au bout des ongles et des convictions, Mamine Pirotte incarne une part de la renommée médiatique de Liège. L’édile qui souhaite voir débarquer dans sa ville Dimitri Boizot pour y mener une enquête racontée par Patrick Philippart, nom de romancier de Charles Ledent, constate que l’obstination et la passion sont les 2 qualités qui ont permis à Charles Ledent d’écrire plus d’une dizaine de romans en 15 ans tandis que les vertus d’Edmond Blattchen sont : Expliquer, décoder, transmettre, le monde et ses enjeux, représentent pour lui, une mission qui va bien au-delà de la mission de service public, c’est une œuvre personnelle. Pour ce faire, il a toujours préparé ses émissions avec minutie, curiosité et exhaustivité et cela va sans dire, probablement une certaine dose d’angoisse.

        Les sept autres récipiendaires ont eu droit également à une présentation maïorale personnalisée. À l’octogénaire Annie Massay qui s’initie dès son adolescence à l’athéisme, au socialisme et au féminisme. Trois valeurs qui marqueront profondément sa future carrière le bourgmestre évoque les luttes syndicales dont la grève des femmes de la FN en 1966 auxquelles elle a participé.

        Au quintuple papa - il contribue à lui seul à accroître la population liégeoiseGaëtan Servais qui avec Fabrice Lamproye a lancé Les Ardentes en 2006, Willy Demeyer souligne que celles-ci ont amené, de manière cumulative près de 700.000 personnes à Coronmeuse (…) situer Liège surla carte des festivals d’été. C’est aujourd’hui chose faite ! Pour les jeunes liégeoises et les jeunes liégeois, nés après  1990,  on  peut  même  parler  de  « génération Ardentes ».

        Ancienne élève du Lycée Léonie de Waha, Caroline Pholien exerce en tant qu'indépendante les métiers de peintre en décor du patrimoine et de doreur. Le maïeur cite quelques restaurations pour illustrer le talent de cette liégeoise : le Grand Foyer de l'Opéra Royal de Wallonie, les dorures du Palais du Gouverneur de Liège ou encore la restauration au Château de Versailles (dorures de la salle à manger de chasse et de l'antichambre des chiens) sans oublier que femme passionnée et passionnante, en 2011, elle ouvre une galerie d'arts « la Galerie Isabeau » où elle présente ses créations contemporaines.

        Chantal Van Laer est la troisième génération à la tête d’un magasin bien connu de nombre de Liégeois puisqu’il existe depuis 93 ans ! Installée au cœur du quartier d’Outremeuse depuis 1923, la Maison Van Laer, fut tout d’abord, sous l’égide de Florence, une confiserie. Avant que son mari, Henri Van Laer, n’y ajoute aussi du vin. Rapidement, l’enseigne s’est spécialisée dans le vin. Son fils José y ajoute une expertise du rhum et du whisky tandis que sa fille Chantal Van Laer va peu à peu, apprendre et partager la passion familiale avec cet objectif, retrouver le meilleur du terroir, la finesse des tanins.(…) Sa passion, elle la partage aujourd’hui avec ses clients au travers notamment des dégustations tant de vin que d’alcool. Goûter et conseiller avec la convivialité liégeoise représentent une belle manière de convaincre ceux-ci d’étoffer leur cave.

        Spécialiste du droit du travail, l’avocat Jean-Paul Lacomble est à la tête du Royal Football Club Liégeois – matricule 4 créé en 1892 - en 5 ans à peine, avec d’autres administrateurs liégeois autour de lui, Jean-Paul a réussi à assurer la viabilité financière du Club, accroître le nombre de ses spectateurs, recréer un esprit « Rouge et Bleu », progresser d’un échelon au niveau sportif et faire revenir, après 20 ans d’attente, le RFCL à Rocourt. Excusez du peu ! En un mot, le club a retrouvé sa crédibilité et ses racines. Et Jean-Paul Lacomble a voulu donner un sens à cet investissement dans le foot en assignant au club un projet social qui a pour objectif, au-delà de former des footballeurs, de « fabriquer » des citoyens. Cet engagement se matérialise notamment par la création d’une école de devoirs.

        Gaëtane Leroy est une amoureuse du cœur historique de Liège et ce, depuis ses études en Histoire de l'art à l'Université de Liège. (…) Cet embellissement de l'ancienne imprimerie Bassompierre, active au 18eme siècle, a été effectué avec respect afin de conserver l'âme du lieu. (…) Outre le caractère liégeois du bâtiment qui a été conservé, sa gérante propose des produits issus de la production et des commerces locaux ainsi que des séjours thématiques en collaboration avec ses nombreux voisins. Lorsqu’ils font le choix de séjourner dans cet hôtel, les touristes reçoivent ainsi un accueil personnalisé et effectuent une escale au plus près du cœur de la Ville.

           En 1992, Guy Stockis a repris l’établissement créé quai sur Meuse par Julien Lequet. Y manger son premier boulet constitue une sorte de rituel de passage incontournable pour le néo-liégeois. Un rite savamment perpétué par les principautaires, un sourire de connivence aux lèvres, avec un plaisir encore accru si l’initié du jour ne présage rien de l’accueil à la liégeoise… Car le lieu doit beaucoup à la personnalité de son patron. Cabochard, grande gueule, il met autant de générosité dans ses apostrophes que dans sa cuisine. Bref, en prélude aux festivités mariales du 15 août, une sympathique cérémonie al bone franquète al Violète

la photo, premier rang, de gauche à droite : Guy Stockis, Chantal Van Laer, Jean-Paul Lacomble, Mamine Pirotte, Gaëtan Servais,      deuxième rang, de gauche à droite : Edmond Blattchen, Annie Massay, Caroline Pholien, Gaëtane Leroy, Charles Ledent.

 

08:08 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Gastronomie, Littérature, Media, Social, Spiritualité, Télévision, Viticulture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 13 août 2016

"Petite prolongation" - jusqu'au 21 août - de l'expo SEMPÉ au Centre culturel de Marchin.

 

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      Par une délicate attention, le Centre culturel de Marchin (www.centreculturelmarchin.be) a décidé une petite prolongation de l’exposition consacrée à Jean-Jacques SEMPÉ en collaboration avec l’édition galerie Martine Gossieaux de Paris. La petite prolongation jusqu’au 21 août – de 14 à 18h – permet de célébrer le 17 août l’anniversaire de SEMPÉ, né, il y a 84 ans, à Pessac, commune limitrophe de Bordeaux.

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      On ne peut dire que son enfance a été une enfance heureuse. Son père a davantage d’amour pour l’AOC pessac-léognan que pour son épouse d’où de perpétuelles scènes de ménage. Jean-Jacques connait l’envoi dans les colonies de vacances, les jolies colonies de vacances de l’avis de Pierre Perret ! SEMPÉ ne parait pas trop traumatisé par cette enfance qui l’a vu quitter l’école primaire à 14 ans, une scolarité amputée de deux ans pour faits de guerre. Dans le film Sempé, dessinateur d'humour  - diffusé en boucle à Marchin – il raconte ces épisodes parmi d’autres. Mes parents ont fait ce qu'ils ont pu les pauvres, vraiment. Je ne leur en veux pas une seconde, ils se sont débrouillés comme ils ont pu.

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       En 1951, dans le journal du septième jour comme se définit Sud Ouest Dimanche (SOD) – supplément magazine du quotidien régional Sud Ouest dirigé par Jacques Lemoine - le jeune SEMPÉ publie ses premiers dessins empreints déjà de cet humour jamais méchant qui le caractérise. C’est dans SOD qu’apparait le personnage de Nicolas, un prénom bien connu depuis 1822 grâce au caviste Louis Nicolas. Lorsqu’il est demandé à SEMPÉ d’insérer son personnage Nicolas dans une BD, il fait appel au scénariste Goscinny qu’il a connu au Moustique, un hebdomadaire publié par les éditions Dupuis de Marcinelle. Le 16 septembre 1956, dans Sud Ouest Dimanche, première apparition des aventures du Petit Nicolas de SEMPÉ et Goscinny. Aventures faites de souvenirs et de l’imagination du Bordelais échangés avec le Parisien. Ensuite le succès est là, va au-delà jusqu’aux couvertures du New Yorker.

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      Si SEMPÉ a fait sourire et rire des millions de personnes, il a également transmis son sens de l’humour à sa fille Inga, designer. À un journaliste qui lui dit Vous avez un air de l’actrice Isabelle Carré, elle rétorque  Ah bon ? Mais est-elle seulement aussi antipathique que moi ?

14:40 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg