lundi, 26 juin 2017

Bulletion du Vieux-Liège : Juliette Noël à l'assaut d'une légende relative à Marie Walewska !

Walewska pologne.jpg

       Moins de trois ans avant la Révolution française, en Pologne, chez les Laczynski, une famille noble, naît Marie. Elle a pour précepteur un Français, Nicolas Chopin, futur papa de Frédéric avant d’être envoyée parfaire son éducation au couvent Notre-Dame de l’Assomption à Varsovie. Marie est intelligente et studieuse, avec une douceur de caractère qui l'a fait aimer par tous ici. De plus, elle est d’une grande beauté.

        Les propositions de mariage ne manquent pas. Parmi ceux qui lui font la cour, il y a un jeune homme beau, riche et charmant qui lui a plu tout de suite. Il a pourtant un gros défaut : il est russe et, de plus, appartient à la famille du terrible feld-maréchal Souvorov, ennemi juré de la Pologne que ses puissants voisins, la Russie, la Prusse et l’Autriche, s’étaient partagée. La famille de Marie s’oppose et lui impose le mariage, fin 1804, avec le comte Anastazy Colonna Walewski, ancien chambellan du dernier Roi de Pologne. Point beau, riche de propriétés obérées et vieux - 72 ans, elle 18 -, on comprend qu’avant les noces, elle avait pleuré longtemps et a continué à sangloter pendant la cérémonie.  

        En ayant terminé avec la campagne de Prusse, Napoléon entame la campagne de Pologne. Il arrive à Varsovie, le 18 décembre 1806, en libérateur. Des milliers de Polonais, les Légions polonaises de Dombrowski sont engagées depuis une dizaine d’années dans les armées françaises. Fin décembre 1806, dans un climat de Napoléonmania, l’empereur remarque, dans la foule, la jeune comtesse Walewska, lui parle. Le 1er janvier 1807, il lui écrit Marie, ma douce Marie, ma première pensée est pour toi, mon premier désir est de te revoir. Tu reviendras, n’est-ce pas ? Tu me l’as promis. Sinon l’aigle volerait vers toi. (…) Daigne donc accepter ce bouquet : qu’il devienne un lien mystérieux qui établisse entre nous un rapport secret au milieu de la foule qui nous environne. Exposés aux regards de la multitude, nous pourrons nous entendre. Quand ma main pressera mon cœur, tu sauras qu’il est tout occupé de toi et, pour répondre, tu presseras le bouquet ! Aime-moi, ma gentille Marie, et que ta main ne quitte jamais ton bouquet.

       Le 7 janvier 1807, elle participe au bal de carnaval dont La Gazette de Varsovie rend compte : Sa majesté l'Empereur a assisté à un bal chez le ministre des relations extérieures, le Prince de Bénévent, au cours duquel il a invité à une contredanse la femme du chambellan Anastase Walewski. Des patriotes polonais avec l’assentiment du mari imaginent que Marie est la personne la mieux placée pour convaincre Napoléon de ressusciter le Royaume de Pologne. C’est la période épouse polonaise qui voit l’Empereur et Marie filer le parfait amour au Château royal de Varsovie, au château de Finckenstein, à Paris dans le IXème arrondissement, au Palais impérial de Schönbrunn. Napoléon ne ressuscite pas le Royaume mais par l’accord de Tilsitt, en juillet 1807, crée le Duché de Varsovie où est en vigueur le Code Napoléon.

     Enceinte de Napoléon à Schönbrunn, Marie accouche chez son mari, le vendredi 4 mai 1810 d’Alexandre. L’Empereur est averti de l’heureux événement à Anvers. Soucieux de l’avenir de son fils, il comble la mère de rentes et propriétés diverses. Les générosités de l’Empereur se font moins sur sa cassette personnelle que sur les biens de l’Empire. Marie est devenue riche, surtout grâce aux donations que Napoléon a faites au petit Alexandre. Mais elle risque de ne plus l’être si son mari endetté se met à rembourser. Aussi Marie demande le divorce le 12 juillet 1812 et l’obtient … le 24 août, une rapidité digne de Reno (Nevada USA) !

       Catholique, Marie doit attendre la mort de son ex – le 20 janvier 1815 - avant de convoler en justes noces avec le bel Philippe-Auguste, comte d’Ornano qu’elle a connu à Varsovie en 1807. Jeune, beau, très chic, d’une famille corse liée à la famille Bonaparte, protégé de Laetitia, la mère de Napoléon, ce lieutenant-général participe aux Cent-Jours de Napoléon. Ce qui lui vaut d’être banni de France par la Seconde Restauration. Il se réfugie dans le Royaume des Pays-Bas et épouse, le 7 septembre 1816, Marie  en la collégiale Sainte-Gudule de Bruxelles. En compagnie des enfants de Marie, Antoine et Alexandre, les époux viennent s’établir à Liège d’abord rue Sœurs-de-Hasque puis rue de Fragnée, n° 876, quartier du Sud.

       Dans la dernière livraison du Bulletin de la Société royale LE VIEUX-LIÈGE (1), Juliette Noël relate les endroits où a vécu à Liège  Marie Walewska. C’est de la légende de son habitation rue Mandeville à la réalité. S’appuyant essentiellement sur des documents des Archives de l’État et de Ville de Liège, Juliette Noël retrace notamment l’endroit où est situé le 876, rue Fragnée. Il faut savoir que la numérotation, à l’époque, est continue. Il n’était pas question de donner des numéros pairs ou impairs selon le côté où on se trouvait. Il appert d’un document passé en l’étude du notaire royal Philippe Parmentier que le propriétaire Nicolas Bernimolin donne en location pour une durée d’un an, expirant le quinze mars 1818, l’immeuble et les terrains l’entourant. C’est alors un véritable domaine. Il se dénomme « Sans souci ». Situé à hauteur du numéro 20 de l’actuelle rue du Vieux-Mayeur qui, en ce temps-là, s’appelle ruelle du Vieux-Mayeur, l’immeuble loué a une longueur d’environ 22 mètres avoisinant des jardins de plus d’un hectare.

        Dans la partie finale de son article consacré à l’immeuble occupé par Marie Walewska à Liège, Juliette Noël s’attaque à une légende qui situe cette habitation rue Mandeville. Tâche ardue car l’auteur de la légende n’est autre que Théodore Gobert. Celui-ci a publié des notices sur  les rues de Liége en sa période de journaliste à La Gazette de Liège, notices rassemblées en 1891  en quatre volumes éponymes. Il n’est pas question dans cette première édition de Marie Walewska. Vient la seconde édition, en 1926, où Gobert écrit : Située au pied de la colline, cette demeure caractéristique étendait au loin ses superbes jardins plantés d’arbres touffus, qui en faisait l’une des plus agréables résidences rurales. Ici vint s’installer, après la chute de Napoléon 1er, une dame qui, à cette époque, a beaucoup fait parler d’elle. Il s’agit de la comtesse Walewska. Gobert l’a fait mourir le 15 décembre au lieu du 11. 

        Juliette Noël n’a pas d’explication sur cette affirmation erronée de Gobert ; J’opine à croire qu’il a fait un amalgame avec d’autres biens (…) Quoi qu’il en soit, Gobert sera suivi par les écrivains liégeois postérieurs (…) Les écrivains non-liégeois reprendront l’information. Pour eux, naturellement, la localisation correspondait à un endroit qui leur était inconnu.  Juliette Noël, une orfèvre de la précision !

      Dans ses Mémoires, le comte Alexandre évoque la période liégeoise après le mariage de sa maman : Mon frère aîné, qui avait 4 ans de plus que moi, Monsieur Carité, un vieux valet de chambre nommé André et moi nous partîmes de Paris en diligence pour aller retrouver ma mère aux Eaux de Chaudfontaine près de Liège. (…) Quelques mois après, nous étions établis dans une charmante maison de campagne à la porte de Liège où ma mère mit au jour au mois de juin 1817 un gros garçon qui fut baptisé sous le nom de Rodolphe. (…) j'accompagnais aussi quelquefois mon beau-père chez un libraire de Liège nommé Desoret (NDLR lire Desoer). Là, j'entendais parler politique sans y rien comprendre, cependant j'ai retenu quelques mots de ces conversations dont plus tard j'ai compris le sens. (…) La campagne que nous habitions était à une demi-lieue de la ville. (…) Le Général Ornano ayant obtenu son rappel, ma mère partit pour Paris au mois d'octobre 1817 avec le nouveau-né qu'elle nourrissait malgré les avertissements de son accoucheur de Varsovie le célèbre Czekieski, qui lui avait prédit que si jamais elle se décidait à nourrir elle le paierait de sa vie. Peu de jours après son départ, le Général Ornano, mon frère et moi, nous nous mîmes en route pour aller la rejoindre. Nous voyagions en poste dans une bonne berline lorsqu'au milieu de la nuit près de Namur, nous versâmes dans un fossé (…) Nous arrivâmes le lendemain à Paris à trois heures du matin nous rendant dans la chambre de ma mère. Elle se réveille pour nous embrasser. Quel doux réveil dit-elle mon mari et mes enfants, ce sont là les dernières paroles. Le lendemain, son état s’aggrave au point que ses enfants ne peuvent plus la voir. Elle expire le 11 décembre à six heures du soir d’un abcès au sein dont on n'avait reconnu l'existence que trop tard pour risquer une opération et de calculs rénaux.

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(1) Le Vieux-Liège fondé le 20 février 1894 – Devise Rien aymez s’il n’est cognu - levieux-liege.be – Cotisations et abonnements aux publications trimestrielles, membres adhérents 25 €, membres de moins de 25 ans 15€ à verser au compte BE42 0000 3248 4054

18:01 Écrit par Pierre André dans Actualité, Amour, Europe, Histoire, Liège, Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 16 juin 2017

Pas de panique si vous allez en France. La France ne se limite pas à Paris, Lyon, Grenoble!

 

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      Depuis le lundi 12 juin, jour où paraît dans La Dernière Heure le texte suivant : Si vous partez en France cet été, il est grand temps d'acheter votre écovignette (...) Tous les véhicules, motos, voitures ou utilitaires, qu'ils soient immatriculés en France ou à l'étranger sont concernés. Cette vignette ronde les identifie selon leurs émissions polluantes (oxyde d'azote, particules). Depuis le 1er avril dernier, elle est obligatoire également pour les conducteurs étrangers. La vignette, d'un coût de 3,70 euros (4,80 € frais d'envois inclus vers la Belgique),peut être obtenue sur www.certificat-air.gouv.fr. Si vous n'en êtes pas équipés et que vous vous faites contrôler, il vous en coûtera pas moins de 68 € d'amende et même 135 € pour les poids lourds,la panique règne parmi les automobilistes du Royaume qui envisagent de rendre en France ou de la traverser. D'autant que La Libre, l'Avenir, Le Soir, RTBF ont repris l'information.

      Ces divers articles  nous paraissent prendre de larges libertés par rapport au décret du 29 juin 2016 instituant la vignette "Crit'air". C’est une démarche volontaire, qui peut donner des avantages aux conducteurs, mais chacun est libre de prendre un certificat ou non. Tout le monde est concerné. Crit’Air n’est pas obligatoire pour utiliser son véhicule. Pour la majorité des automobilistes français il constitue un outil pédagogique destiné à développer le véhicule propre. Les collectivités rencontrant des problèmes de pollution aigüe pourront s’appuyer sur les certificats « Crit’air » afin d’adapter la circulation et améliorer durablement la qualité de l’air. Dans ces cas particuliers, le certificat pourra devenir indispensable pour circuler. Crit’Air est avant tout un outil au service des collectivités locales qui engagent des mesures volontaristes en faveur de la qualité de l’air. (...) Le prix d’un certificat est de 4,18 €, payable en ligne. Ce prix couvre les frais de fabrication et d’envoi du certificat, ainsi que les frais de gestion, dont le centre d’appels. Il ne s’agit pas d’une taxe et il n’y a pas de recettes pour le budget de l’État. (...)  Le certificat qualité de l’air est obligatoire pour circuler dans les zones à circulation restreinte instaurées par certaines collectivités (Paris) ou pour circuler lorsque le préfet instaure la circulation différenciée lors de certains épisodes de pollution.

       L’amélioration de la qualité de l’air est l’objectif de la création des zones à circulation restreinte (ZCR). La ville de Paris en créant, pour une durée de cinq ans, sa ZCR le 1er juillet 2016 entend  lutter tant contre la pollution de fond (accumulation de polluants dans l’atmosphère) que contre la pollution de proximité (exposition dans leurs déplacements quotidiens des piétons, cyclistes, automobilistes). Cette pollution de proximité est particulièrement importante dans les rues canyons, dont la configuration géométrique (faible largeur, hauteur des bâtiments) empêche la bonne ventilation.

    Paris n’a rien inventé puisqu’il existe près de deux cents zones de basses émissions en Europe, les premières datent de 1996 en Suède. Depuis 2008, en Allemagne, 53 ville ont introduit des ZCR, appelée également LEZ - Low Emission Zones. (1)

     La ZCR de Paris a également pour ambition de diminuer ou renouveler le parc automobile. Diminution par l’octroi de primes diverses aux Parisiens  qui prennent conscience que la voiture individuelle ou le deux-roues motorisé ne sont pas indispensables pour la plupart des trajets quotidiens. Renouvellement par l’acquisition de voiture propre (électrique, hydrogène hybride rechargeable, GNV).

   Le site officiel de la Ville de Paris précise : Dès lors que vous effectuez régulièrement ou occasionnellement un déplacement à Paris, vous devrez, comme tous les automobilistes parisiens, apposer la vignette Crit'Air sur votre véhicule. Si celui-ci ne correspond pas à une catégorie autorisée à circuler, il vous faudra privilégier, entre 8h et 20h les jours de semaine, les transports en commun, l'autopartage comme Autolib', le covoiturage, voire le vélo. Ultime précision : L’interdiction de circuler vaut par ailleurs, sauf indication contraire, toujours du lundi au vendredi de 8h à 20h, bien que cela ne figure pas sur les panonceaux.

    En France, deux autres villes ont introduit les ZCR. Il s’agit de Lyon et de Grenoble. Depuis le 1er janvier 2017, le centre-ville élargi de Grenoble est devenu une Zone à Circulation Restreinte (ZCR) avec une interdiction de la circulation pour les véhicules de marchandises « non classés », du lundi au vendredi de 6 h à 19 h.

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(1) Pour tout déplacement en Europe, il est possible de le planifier en fonction des villes avec ZCR sur le site http://fr.urbanaccessregulations.eu/userhome/access-regul...

20:06 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 05 juin 2017

Résultats partiels des élections dans la quatrième circonscription...+ ADDENDUM

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 LE FAVORI DU SECOND TOUR DANS LA QUATRIÈME CIRCONSCRIPTION DES FRANÇAIS À L'ÉTRANGER. 

      Au lendemain du vote des Français à l’étranger, les résultats de la 4ème circonscription sont encore partiels. Manquent les résultats du Luxembourg mais ils ne permettent pas d’influencer de manière significative les résultats définitifs.

      En Belgique et aux Pays-Bas, le nombre d’électeurs inscrits dépassent de peu le chiffre de 100 000, très exactement 100 008. Se sont exprimés 22 824 électrices et électeurs (22% 82). Le nombre d’abstentions est de 77% 18, chiffre qui dépasse celui atteint au premier tour des législatives de 2012, 75% 94.

     Sont admis à participer au second tour le dimanche 18 juin Pieyre-Alexandre Anglade de La République en marche et Sophie Rauszer de France insoumise. Comme dit dans notre texte de présentation, vu le premier tour des présidentielles dans la circonscription  les résultats d’Emmanuel Macron - 26 268 voix soit 38,77% - et de Jean-Luc Mélenchon - 11 899 voix soit 17,56% - procurent à Pieyre-Alexandre Anglade la dynamique de la victoire et à Sophie Rauszer la dynamique de la gauche. En plus, ils ont l’atout de leur jeunesse, 30 ans et 29 ans.  En Belgique et aux Pays-Bas, Anglade recueille 11 521 suffrages et Rauszer 2769.

          Parmi la douzaine de bureau de vote installés, celui de Liège accorde 452 suffrages à Anglade (46%) et 173 à Rauszer (17% 6). Liège montre sa vitalité de gauche en créditant la candidate de France insoumise de 17% 6 alors que pour le Royaume sa moyenne est de 13%. Le candidat de La République en marche doit se contenter de 46% alors que pour le Royaume sa moyenne est de 49% 3.

        Sur les 983 votes exprimés à Liège, 11 candidat(e)s n’atteignent pas les 20 voix. L’un – c’est un homme – n’en recueille même aucune. Quant à l’élu 2012, le socialiste Philip Cordery, il obtient 75 voix (7% 6 supérieure à sa moyenne belge 6%) et la représentante de la droite Les Républicains, elle fait 59 voix (6% inférieure à sa moyenne belge 8% 8).

ADDENDUM

 

      Le Grand-Duché de Luxembourg ayant notamment rentré son nombre d’inscrits (22 757) et son nombre de suffrages exprimés (4 840), les résultats de la quatrième circonscription – la 4ème circo comme on dit à Paris – sont complets, les 65 bureaux dépouillés. Sur les 122 765 inscrits, 27 664 (22% 53) ont exprimés un vote. 95 101 (77% 47) des électeurs potentiels ont préféré s’adonner aux joies de l’abstention ! Résultat des courses : Pieyre-Alexandre Anglade totalise 14 461 voix (52% 27) et Sophie Rauszer en compte 3 030 (10% 95).

     Avec ses 10% 95 de suffrages, Sophie Rauszer n’atteint pas le pourcentage de 12% 50 nécessaire pour une qualification au second tour. Toutefois, cette règle ne joue que si au moins le scrutin dépasse 25% des inscrits. Ce qui n’est pas le cas de la 4ème circo où le taux ne se hisse qu’à 22% 53 des inscrits. C’est en vertu de la même règle que Pieyre-Alexandre Anglade en dépit de ses 52% 27 de votes exprimés est soumis à un second tour. Vraisemblablement, ce second tour doit lui être favorable.

20:56 Écrit par Pierre André dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 01 juin 2017

Le vote des Français à l'étranger: candidates et candidats de la 4ème circonscription Benelux.

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Pieyre-Alexandre ANGLADE, candidat de LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE

   Sur les 577 membres de l’Assemblée nationale élus le 18 juin, onze représentent les Françaises et Français résidants hors de France. En fait, ils ont été élus par 1 150 550 personnes dont il y a lieu de retirer les abstentionnistes. Pour voter à l'étranger Vous devez être inscrit au préalable sur la liste électorale consulaire précise le ministère français de l’Intérieur.

     Pour recueillir le vote de ses expatriés, la France a divisé l’ensemble du monde – tout au moins les cent-cinquante pays repris sur une liste établie par la France – en onze circonscriptions. Si les expats résident dans un pays ne figurant pas parmi les onze circonscriptions, par exemple ceux établis en Corée du Nord, la solution est l'inscription sur la liste électorale d'une commune de France telle la commune dc naissance et ensuite le vote par procuration. Celles et ceux qui habitent notre Royaume figurent dans la quatrième circonscription appelée parfois circonscription Benelux car elle englobe le Royaume des Pays-Bas et le Grand-Duché de Luxembourg.  

      Cent-quatre-vingt-quatre candidates et candidats sont en lice dans les onze circonscriptions réservées aux Français à l’étranger  pour siéger parmi les 577 membres de l’Assemblée nationale soit presque dix-sept candidatures par siège. Pour les 566 sièges restants, il y a sept-mille-six-cent-nonante-huit candidatures soit presque quatorze candidatures par siège. Avec dix-huit candidatures, la quatrième circonscription dépasse légèrement les normes, il n’en est pas de même dans la neuvième circonscription – Afrique du Nord et Occidentale - qui compte vingt-sept candidatures.

     Onze candidates et candidats ont été en lice pour le premier tour des présidentielles, dix-huit le sont pour le premier tour des législatives dans la quatrième circonscription (Benelux) qui se déroule le dimanche 4  juin et non le 11 juin, premier tour des législatives en France. La  date du second tour auquel on accède en réunissant 12% 5 des suffrages exprimés, est identique – 18 juin – pour la France et les expats

   Dans sept circonscriptions dont la quatrième se présente un candidat d’extrême-droite, une manière comme une autre de dédiaboliser (un peu) le Front National qui a investi Soraya Lemaire. Six candidat(e)s ont l’étiquette divers sans autre précision tandis que sont catalogués divers droite Denis Dhiver et Muriel Réus. Un seul représentant de divers gauche, Bertrand de Cordier. Ni le Parti communiste, ni France debout n’ont investi de candidat(e)s dans la circonscription Benelux. En revanche les partis Écologiste (Perrine Ledan), Union des Démocrates et des Indépendants (Caroline  Laporte), Radical de gauche (Frédérique Plaisant), Les Républicains (Valérie Bros), La France insoumise (Sophie Rauszer), Socialiste (Philip Cordery), République en marche (Pieyre-Alexandre Anglade) ont tenu à être présents sous leur couleur dans la quatrième circonscription. 

      Élu en 2012, de la circonscription Benelux, le député socialiste Philip Cordery souhaite se voir confirmer pour un second mandat dans la phalange PS après avoir été recalé dans sa demande d’investiture par la République en marche. Dans un document de 37 pages – Bilan de mandat 5 ans au service des Français du Benelux – il présente le travail du titulaire du siège 539 à l’Assemblée nationale. J’ai fait de l’enseignement et de l’éducation l’une des priorités de mon mandat… force est de constater que les trois pays du Benelux ont été, dans de nombreux domaines, les précurseurs d’avancées sociétales majeures notamment en ce qui concerne le mariage homosexuel ou la fin de vie. Je me suis donc inspiré des expériences et des législations nationales de ces pays pour enrichir le débat en France…. L’Europe a été au cœur de mon action à l’Assemblée nationale. Philip Cordery s’est également préoccupé de diffusion de la culture française notamment en soutenant à Liège les Amitiés françaises.

     Quoique ayant été conseillère du XVIème arrondissement de Paris, Valérie Bros, candidate des Républicains se présente comme novice en politique. Elle a le sens de la réplique assassine ; Je crois me rappeler que Philip Cordery avait pris 37 engagements. Et 37 engagements c’est peut-être plus que ce qu’on ne peut tenir… Bros est le nom du mari de Valérie Khoury, mère de cinq enfants, tous nés à Bruxelles. Née à Rabat, elle a un cursus académique impressionnant : licenciée en droit, elle est diplômée de l’École des Hautes études commerciales HEC, diplômée d’études supérieures spécialisées de fiscalité internationale DESS, diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris IEP, promotion Victor  Schoelcher de l’ENA.

      Son parcours professionnel est aussi impressionnant : conseiller référendaire à la Cour des Comptes, elle a été membre des cabinets de Francis Mer (gouvernement Raffarin) et de Michel Barnier (gouvernement Fillon). Actuellement, elle mène une activité entrepreneuriale privée. Dans le programme électoral de Valérie Bros figure notamment  tout ce qui tourne autour de l’éducation. Scolariser ses enfants dans le système scolaire français à l’étranger, ne doit pas être un luxe mais un droit. (…) on a deux difficultés importantes : la première c’est l’accessibilité. Cette scolarité coûte très cher(…) la deuxième chose c’est qu’il n’y a pas assez de places. (…) Il y a des centaines et parfois des milliers d’enfants, en liste d’attente pour arriver dans cet enseignement.

      Le grand handicap de ces deux candidatures dites de grand parti tient en les scores obtenus au premier tour des présidentielles par François Fillon - 16 102 voix soit 23,77% - et Benoit Hamon – 6009 voix soit 8,87%. Pratiquement aucune dynamique. En revanche, les résultats d’Emmanuel Macron - 26 268 voix soit 38,77% - et de Jean-Luc Mélenchon - 11 899 voix soit 17,56% - procurent à Pieyre-Alexandre Anglade la dynamique de la victoire et à Sophie Rauszer la dynamique de la gauche. En plus, ils ont l’atout de leur jeunesse, 30 ans et 29 ans. Néanmoins, comme le taux d’abstentions -  44, 54 % en avril - risque d’augmenter encore vu le week-end de Pentecôte, la lutte reste ouverte aux surprises.

     Sophie Rauszer est fan de Rosa Luxemburg : Juive allemande d'origine polonaise, elle a dédié sa vie à son combat et s'est imposée comme LA femme politique de son siècle. ( …) ses ambitions de société sont encore aujourd'hui un horizon. Ainsi, le projet socialiste "mettra fin à l'inégalité entre les hommes, à l'exploitation de l'homme par l'homme, à l'oppression d'un peuple par un autre ; il libérera la femme de l'assujettissement à l'homme". Adolescente, en 2005, elle milite en faveur du non lors du référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe. Le non l’emporte par 54 % 68 des suffrages exprimés. Cette victoire la stimule au point qu’à vingt-quatre ans, étudiante en études européennes, elle est en juin 2012, candidate suppléante aux législatives dans la quatrième circonscription de Côte d’Or pour le Front de Gauche. En 2017, elle est candidate France Insoumise dans la quatrième circonscription des Français à l’étranger. Elle aime le débat et déteste être oisive. Aussi est-elle assistante parlementaire  au Parlement européen.

     Pieyre-Alexandre Anglade est le candidat de la République en marche. Il a mis en place le mouvement En Marche fort de 4000 adhérents en Benelux dont 2500 en Belgique. La première réunion s’est tenue au London college, place de Londres à Ixelles. C’est là le lieu choisi par Pieyre-Alexandre Anglade pour tenir sa dernière rencontre publique le 2 juin. Dans Le Petit journal (www.lepetitjournal.com), il a confié à notre consœur Noémie Choimet comment de nombreuses personnes venues des partis traditionnels  voulaient s'accaparer ce renouveau. Je ne voulais pas de cette récupération alors j'ai déposé ma candidature à l'investiture d'En Marche dans la circonscription du Benelux. Mon engagement en faveur d’En Marche et d’Emmanuel Macron est donc mûrement réfléchi. Je me suis engagé dès la première heure alors que rien ne laissait présager le succès d’En Marche. Je me suis démené, parce que j’y croyais. Ce qui le séduit dans la République en marche : ce besoin de renouveau, cette nécessité de changement, cette urgence de refonder la vie politique. Les défis sont trop grands pour ne pas comprendre qu'il est aussi de mon devoir de contribuer et de mettre fin à cet immobilisme qui nous conduit vers une spirale négative et dangereuse. Seule LREM dispose d'un espace de liberté pour réunir ce que la société a de mieux à nous offrir. Le projet qu'il porte a été écrit par et pour des citoyens désireux de participer et de reprendre la parole. L'optimisme qui porte LREM brise le pessimisme généralisé du monde politique.

     Diplômé de l’Université de Paris IV en Histoire et relations internationales et titulaire d’un master en politiques européennes de Sciences po de l’Université de Strasbourg, Pieyre-Alexandre Anglade a été durant quatre ans, l’assistant parlementaire de l’eurodéputée Nathalie Griesbeck (Modem). Actuellement, il occupe les mêmes fonctions auprès du vice-président du Parlement européen Pavel Telicka. Disons encore qu’il est apparenté au champion cycliste Henri Anglade, deux fois champion de France sur route. Déjà en marche…

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vendredi, 26 mai 2017

Une 58ème édition pour un Festival de Théâtre, c’est rare. Pour celui de Spa, c’est l’heure d’un nouveau départ !

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     En 1999, Armand Delcampe qui avait fondé le Théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve prit la barre du Festival de Spa. Lui, homme de gauche, obtient en 2002 d’un Ministre libéral wallon intelligent Richard Miller, un contrat programme qui ne fut jamais revalorisé par les Ministres de la Culture bruxellois les Eric Tomas, Charles Picqué, Fadila Laanan et Joëlle Milquet. Nous avons démontré que la Wallonie qui devrait en toute équité recevoir dans le domaine des subventions localisables à l’art dramatique au moins les trois quarts des sommes réparties par la communauté française en obtenait moins d’un tiers. Cela ne suffisait pas à Madame Milquet qui en 2015 annonça la diminution des subsides au Festival de Spa comme au Théâtre Arlequin et à d’autres institutions wallonnes, dans une optique de fermeture pure et simple. Armand Delcampe s’opposa vivement à ces menaces et trop peu suivi par la majorité wallonne du Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles où les élus wallons majoritaires semblent avoir budgétairement la vocation d’être cocus et contents, il démissionna de la direction du Festival en décembre 2015. Cecile Van Snick qui avait pris le relais de sa direction du Théâtre Jean Vilar et partageait celle du Festival de Spa accepta de rester en place jusqu’en 2017 après qu’un successeur ait été trouvé. Un heureux évènement se produisit en avril 2016. Madame Milquet qui avait présidé le P.S.C. pour le transformer en CdH puis qui fut Vice-Première ministre fédérale avant de cumuler l’enseignement et la culture en communauté française se tira une balle dans le pied (ses pratiques dans la gestion de ses cabinets ministériels n’étant plus défendables par ses amis politiques eux-mêmes).

        Une Spadoise – Alda Greoli - a hérité de la Culture et les menaces sur le Festival de théâtre de Spa s’estompent. D’autant que, sous la présidence du Bourgmestre Joseph Houssa, un appel public a permis de trouver en 2016 un nouveau Directeur – Axel de Booseré - qui avec Cécile Van Snick cette année puis seul dès l’an prochain assume la responsabilité d’un Festival qui mérite d’être pérennisé .

Qui est Axel de Booseré ?

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                         Axel de Booseré qui aura 54 ans ce 3 Juillet, suivit les cours d’art dramatique du Conservatoire Royal de Liège puis il débuta sa vie professionnelle au sein du Théâtre du Carmagnole.

        Il collabora avec le Théâtre national dès 1992. En jouant d’abord dans Le partage de midi  de Claudel. Sa première mise en scène fut en 1994. celle de la toute première pièce écrite par Bertolt Brecht en 1918-19 et plusieurs fois remaniée ultérieurement : Baal le dieu de la fertilité pour les Cananéens, les Phéniciens et les Araméens au Proche-Orient. Avec deux autres Liégeois, Claude Fafchamps et Maggy Jacot il fonda en 1998 la Compagnie Arsenic  qui avait l’ambition sous un chapiteau mobile de servir un public populaire par des spectacles parfois fantastiques, souvent poétiques qui s’avérèrent à plusieurs reprises de grands succès : Dragon, Mac’Beth, Eclats d’Harms, etc.  En 2012 l’administratif  Fafchamps obtint la majorité au Conseil d’administration de l’A.S.B.L. pour licencier Axel de Booseré qui n’était pas d’accord de transformer sa compagnie en centre culturel, lieu d’accueil d’activité diverses. Maggy Jacot fut solidaire de de Booseré mais les subventions restèrent du côté de Claude Fafchamps qui n’en fit pas grand-chose.

        Axel de Booseré lui repartit de zéro, donne des cours de dramaturgie et de mise en scène à l’Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc à Liège et refonda une nouvelle Compagnie : Pop Up Cie qui créa plusieurs spectacles marquants : un très politique Ubus (au pluriel car le dramaturge liégeois Jean-Marie Piemme ajouta un texte à celui d’Alfred Jarry) qui fut créé à Pilzen (ville jumelée à Liège) puis dans la Cité ardente avant d’être présenté à Mons quand s’y déroula en 2015 l’année de la capitale européenne de la culture. Axel de Booseré a aussi mis en scène pour Pop’Up Cie la pièce Alpenstock de Rémi De Vos qui sera reprise en fin de Festival de Spa. Axel de Booseré connaît bien celui-ci où il a souvent joué et mis en scène.

        Nous l’avions vu avec beaucoup d’intérêt lors d’une des représentations de La Vie de Galilée  montée par le Théâtre Jean Vilar. Ce dernier sera à nouveau présent, lui aussi en fin de festival, quand Armand Delcampe – de retour à Spa la tête haute après avoir été distingué par le Conseil communal unanime – rendra hommage à Jean Louvet le grand poète et dramaturge wallon du XXème et du début de celui-ci décédé en 2015.

        Axel de Booseré est un metteur en scène et comédien de grand talent et de longue expérience. Il s’est battu pour pouvoir grâce à des compagnies cohérentes monter des œuvres théâtrales de qualité. Liégeois, sa tasse de thé ne se partage pas avec l’establishment bruxellois. Ses options sont progressistes et il respecte ses grands prédécesseurs de Jean Vilar à Armand Delcampe. Bref, nous pensons qu’il réunit les conditions pour impulser un nouveau départ au Festival de Spa. Encore conviendra-t-il de le soutenir dans la prochaine difficile négociation d’un contrat programme, la Ministre ne semblant pas convaincue de l’absolue nécessité de répartir de manière fondamentalement différente les subventions localisables en Wallonie et à Bruxelles en commençant par inverser l’actuel un tiers-deux tiers.

        Ceci dit je vous renvoie au site http://www.festivaldespa.be pour la présentation détaillée du Festival 2017 et les modalités pratiques (en incitant les Liégeois à contacter nos amis les délégués du Festival que sont de très longue date, les très efficaces Françoise et André Bisschops au 04 343 31 91 ou par courriel : andre.bisschops@gmail.com)

Les 55 représentations de 26 spectacles

        Concluons en résumant les grandes lignes de ce 58ème Festival de théâtre de Spa. Du 11 au 21 Août 2017, soit en onze jours, cinquante-cinq représentations de vingt-six spectacles dont trois créations d’auteurs belges et deux spectacles importés de France se dérouleront en huit lieux. Une majorité d’auteurs francophones belges (dix-sept sur vingt-six) est à l’affiche qui comprend aussi de grands classiques comme Alfred de Musset (On ne badine pas avec l’amour) d’après Gustave Flaubert une adaptation de Bouvard et Pécuchet) ou bien encore du vaudevilliste Eugène Labiche (L’Affaire de la Rue Lourcine).

       Quatre œuvres contemporaines retiendront notre attention  Ces quatre oeuvres sont Alpenstock  de Rémi De Vos mis en scène par Axel de Boisseré et Maggy Jacot, Cercle, miroir et transformation  d’Annie Baker en spectacle inaugural au Théâtre Jacques Huisman le 11 Août 2017, Les filles aux mains jaunes de Michel Bellier et bien sûr Au fil de l’histoire de Jean Louvet, suivi de Tournée générale  qu’Armand Delcampe met en scène et interprète avec six autres comédiens. Et il y a bien d’autres événements dont la pièce de Jean-Pierre Doppagne,  J’ai faim qui contraste avec l’ironique Ripaille de Christian Dalimier, les deux spectacles des Baladins du Miroir (dont Le Roi Nu), les sonores BaetleJuice  et  Piletta ReMix, un théâtre d’objets  Ressacs, etc.... A quoi s’ajouteront animations et formations.

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Jean-Marie Roberti.

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vendredi, 12 mai 2017

Un prof' comme en rêvent étudiantes et étudiants; le recteur Philippe Lesbroussart !

PhilippeLesbroussart.jpgportrait gravé par Joseph Delboëte, 1855

      Si, en 2017, les Universités de Liège et de Gand célèbrent le deux-centième anniversaire de leur fondation par Guillaume 1er, Roi des Pays-Bas, cela ne signifie pas qu’elles ont deux-cents ans d’activités. Ainsi, en 1830, les cours ont été suspendus d’octobre à décembre. Le lendemain de la révolution, on se trouva en présence de difficultés de toute sorte : on demandait à cor et à cri la réouverture des universités, dont les cours n'avaient pu recommencer, comme d'habitude, vers la fin de septembre (…) une interruption plus longue pourrait devenir préjudiciable aux intérêts de la jeunesse; on se contentait donc de pourvoir au plus pressé comme il est écrit dans une notice de la Biographie nationale (1). Notice consacrée à Philippe Lesbroussart qui remplit les fonctions d'administrateur général de l'instruction publique jusqu'en 1835, date de sa nomination à l'université de Liège dont il a été recteur en 1840-1841.

       Né dans la décennie de la Révolution française, il publie dans les journaux, à 13 ans, en 1794, une pièce en vers sur la mort de Marie-Antoinette, veuve de Louis XVI.  En 1810,  son  Poème des Belges est consacré telle une réussite. Lesbroussart possédait la langue française comme l'un des Quarante; familier avec les grands maîtres du style, il avait surpris tous leurs secrets; son oreille délicate ne pouvait souffrir la moindre discordance; la tournure la plus heureuse, la plus harmonieuse se présentait à lui naturellement, et cette élégance innée, ce purisme sans effort n'enlevaient à sa phrase ni la fermeté ni la dignité. Il se raconte même qu'à l'occasion d'une cérémonie publique, il se chargea de faire, à lui seul, tous les discours qui devaient être prononcés : excellent moyen d'éviter les redites ajoute Adolphe Quetelet (2), un de ses biographes.

    Sous le régime hollandais, Philippe Lesbroussart connait la prison durant un mois. Rédacteur au Courrier des Pays-Bas, il a commis un crime ; corriger un article déplaisant au pouvoir. La liberté de presse a encore du chemin à faire en ce temps-là. À la Révolution belge, il prend la tête d’une garde urbaine en charge d’assurer un minimum d’ordre. Lesbroussart s'était rallié de tout cœur au nouvel ordre des choses. Sa naïveté généreuse l'entraîna même plus d'une fois à exposer inutilement sa personne. C'est ainsi que, pendant les journées de septembre, il parcourut, armé, les rues de Bruxelles, oubliant la faiblesse de sa vue, au risque de se trouver en présence d'adversaires qu'il ne distinguait pas; il faillit un jour être tué à l'entrée de la rue Notre-Dame- aux-Neiges. Révolutionnaire, il entend en avoir l’air. Ce dont Adolphe Quetelet se moque gentiment : cet excellent homme, qui n'a jamais fait le moindre mal à personne, qui n'en a pas même eu la pensée, avait parfois, comme tant d'autres, la manie de paraître terrible. Ainsi, pendant les premiers jours de la révolution, il avait laissé croître sa barbe et traînait un grand sabre.  

      Désigné par le gouvernement provisoire aux fonctions d'administrateur général de l'instruction publique, on disait de lui qu'il administrait l'instruction publique comme on administre un malade; on se plaignait surtout de la décadence des études et des rigueurs officielles. Quoique étranger aux mesures décidées, il en assure l’exécution. Le 13 juin 1831, le gouvernement du Régent Érasme-Louis Surlet de Chokier le charge de rédiger un projet de loi organique de l’enseignement supérieur. Une commission examine le projet. Lesbroussart demandait une université unique, dont les facultés seraient disséminées dans le pays : la faculté des lettres à Louvain, celle des sciences à Liège, celle de droit à Gand et celle de médecine à Bruxelles. Le gouvernement tergiverse. Ayant reçu le projet en mars 1832, il le met en discussion, en 1834,  à la législature suivante  - après un nouveau passage par une deuxième commission – pour aboutir enfin au vote de la loi organique de l’enseignement supérieur du 27 septembre 1835.

   Faisant fi d’une sérieuse réduction de ses émoluments, Philippe Lesbroussart accepte la chaire de littérature française à l’Université de Liège. Ce fut une bonne fortune pour la jeunesse. Il joignit à son cours principal un cours d'histoire littéraire comparée qui a laissé des souvenirs. Il était aussi versé dans la connaissance de la plupart des langues modernes de l'Europe que dans celle des langues anciennes; il puisait partout à son gré, sans dépendre des traductions imprimées, ce qui donnait à son enseignement l'attrait piquant de la nouveauté, bien qu'il eût soin de proportionner ses leçons de manière à mettre surtout en relief les chefs-d'œuvre les plus connus. Son cours de littérature était remarquable par la finesse des analyses et par le choix heureux des rapprochements; en outre, le charme de sa diction suspendait les auditeurs à ses lèvres. En outre, à l’heure des examens, le professeur Lesbroussart est très embarrassé d’avoir posé une question se révélant ardue pour l’étudiant. Dans ce cas, sa bienveillance éclate, il oubliait à tout' instant son rôle d'examinateur et, soufflant officieusement les réponses, il faisait sourire l'auditoire et compromettait parfois la gravité du jury.

      En 1848, il sollicite l’éméritat. On le lui accorde otium cum dignitate et fort de ce repos dans l’honneur, il se retire dans sa famille à Ixelles où il décède, frappé de cécité, le 4 mars 1855. Ixelles l’a honoré et l’honore encore en lui dédiant une rue joignant la prestigieuse avenue Louise.

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 (1) Biographie nationale – Tome XII – notice rédigée par Âlphonse Le Roy, délégué de la classe des lettres de l’Académie royale de Belgique.

(2) Annuaire de la Société des Douze – notice rédigée par Adolphe Quetelet.

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jeudi, 04 mai 2017

Un souhait démocratique et républicain : que la France vote dimanche comme à Liège !

 

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       L’initiative de l’Alliance Wallonie-France (AWF) consistant à demander à la population de la Province de Liège de participer à un vote consultatif sur le deuxième tour des élections présidentielles en France a rencontré encore davantage de succès qu’au premier tour. Près du double des suffrages ont été recueillis.

     Le mouvement En Marche l’a emporté par 62% 84 des suffrages exprimés. La candidate du Front national est créditée de 37% 16 soit en écart de plus de 25%. Les démocrates quelques soient leurs convictions rêvent d’un pareil score le 7 mai.

      Le succès d’Emmanuel Macron est plus net encore dans la Ville de Liège où il obtient 80% 29 des votes. Un score proche de celui de Jacques Chirac laminant, en 2012, Jean-Marie Le Pen par un 82% 21 rassemblant sur son nom, grâce au Front Républicain, 25 537 894 voix. Le succès recueilli à Liège doit beaucoup à la Macronmania qui flotte sur le campus du Sart-Tilman. Le leader de En Marche  y recueille 94% 80. Il ne faut pas désespérer des jeunes. Ils sont l’avenir.

       Après Liège, la Ville de Verviers vote Macron à 70% 13 suivi par Visé à 67% 60, Waremme à 65% 67, Huy 64% 77, Amay 61% 64, Hannut 61% 06. Dans la tranche des plus de 50% en faveur d’Emmanuel Macron, nous trouvons Aywaille (55% 26), Bomal (53%23), Herstal (52% 22) et Fléron (51% 39).

      Par ailleurs, confirmant le vote du premier tour en faveur de l’extrême-droite,  Hamoir, Yvoz-Ramet et Comblain-au-Pont apportent leurs suffrages à Marine Le Pen respectivement à 87% 12, à 60% 76 et à 60% 34.

      Si ce vote consultatif de l’AWF n’a nulle prétention scientifique, il apporte notamment certains éléments susceptibles de jouer dans la préparation des élections communales le dimanche 14 octobre 2018.

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19:13 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 25 avril 2017

Un peu avant le 7 mai, Liégeoises et Liégeois feront choix entre un Président ou une Présidente de la République française.

 

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       Le résultat du premier tour des présidentielles françaises obtenu en province de Liège est identique à ceux des Régions socialement défavorisées de Guyane et La Réunion qui placent Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen en tête – Guyane JLM 24%72 MLP 24%29, La Réunion JLM 24%53 MLP 23%46 % . Initié par l’Alliance Wallonie-France (cfr Liège 28 du 14/4/2017), le vote consultatif liégeois place au second tour Jean-Luc Mélenchon avec 24%70 et Marine Le Pen 22%10. Il est à noter le score surprenant obtenu dans les régions rurales de Hamoir, Harzé, Ferrières et Comblain-au-Pont par Marine Le Pen 62%87. Ce résultat l’aurait été davantage si Spa, ville d’eaux, n’avait tempéré la ferveur marine !

      Les 22 et 23 avril, les Françaises et Français du monde entier ont qualifié pour la finale du 7 mai Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Du passé, faisons table rase et dès ce mardi 25 avril, les militants de l’Alliance Wallonie-France arpentent à nouveau la province afin de connaître le choix  liégeois entre un Président ou une Présidente. Le dépouillement a lieu le 3 mai. Il est également possible de voter sur le site www.participezauxpresidentielles.be. Les petits malins qui espèrent bourrer les urnes en multipliant les votes par voie électronique en sont pour leurs frais car les 3 commissaires chargés de contrôler le bon déroulement du vote tiennent à vous dire que tout vote répété plusieurs fois par la même personne annulera automatiquement le vote exprimé par cette personne. Un citoyen = Une voix.  

      Sans prétention scientifique, la consultation populaire de l’Alliance Wallonie-France c’est néanmoins du sérieux. La presse s’y intéresse davantage. Les résultats du premier tour ont fait l’objet d’une page entière dans les diverses éditions de La Meuse avec commentaire et analyse de Gaspard Grosjean, journaliste politique. Une équipe de RTC Télé Liège a inscrit à son programme le tournage d’une séquence de vote de ce second tour. Des journaux français ont manifesté leur intérêt pour l’initiative AWF.

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      Cerise sur le gâteau, à la Maison de la Presse et de la Communication, tout comme au 1er tour, les Amitiés françaises et la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Belgique organisent la nuit des élections françaises. Une occasion de discuter avec Michel Hermans, politologue.

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jeudi, 20 avril 2017

Avoir un bon copain Voilà c'qui y a d'meilleur au monde ...

 

    En publiant, en octobre 2002,  Le monde de PAN sous-titré Histoire drôle d’un drôle de journal, notre confrère Pierre Stéphany conclut s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer. Il faudrait seulement, aujourd’hui, qu’on le réinvente. Ce vœu pieux amène le calamiteux Ubu-PAN. Depuis le 14 avril, son éditeur John-Alexander Bogaerts a choisi de laisser choir Ubu, de cheminer sous le seul nom de PAN dont la destinée est confié au blogueur Marcel Sel promu rédacteur en chef.

     Marcel Sel dans son premier éditorial évoque les fondateurs en écorchant le pseudo de l’un d’eux Jean-Léo devenu Jo-Léo. À coup sûr, la parution du Numéro 3770 de l’hebdomadaire satirique est une non-information sauf aux yeux de François de Brigode, présentateur attitré du JT de la RTBF depuis deux décennies.

     À la trente-quatrième minute de son journal du 13 avril, les téléspectateurs apprennent que demain l’hebdomadaire satirique PAN va renaître de ses cendres. Il se veut piquant et salé et s’inscrit à présent dans la logique d’un Canard Enchaîné. À vérifier quand même sur papier et sur le net dès demain.

     La dernière phrase de ce texte – durée globale 12 secondes –  témoignant du scepticisme journalistique atteste que de Brigode est conscient d’avoir commis dans la première phrase une variante de pub  clandestine. Les tarifs de la Régie Média Belge pour une pub de trente secondes avant le journal avoisinent les 3800 € et le journal est exclu de l’offre publicitaire. Les propos peccamineux de de Brigode  ont pour base le copinage au sein du microcosme tel qu’il en existe dans chaque ville.

     PAN s’inscrit-il dans la logique d’un Canard enchaîné ? Pour le savoir rien de plus simple que de comparer la recension du livre Zinc parue dans le numéro 3770 de PAN et celle parue naguère dans le Canard. Autant celle-ci donne l’envie de lire l’ouvrage de David Van Reybrouck, autant celle de PAN est banale.

    Assurément, PAN  doit encore s’améliorer avant de retrouver les honneurs du CRISP (Centre de recherche et d’informations socio-politiques). PAN a reçu ces honneurs en 1961 lorsqu’il a été qualifié de phénomène psycho-social. Nous ne doutons point qu’il les retrouve lorsque se réalisera le vœu formulé par François de Brigode dans la rubrique Courrier du cœur du numéro 3770, à savoir ce que j’attends de Pan : du piquant et pas de délation(s). Bref, du journalisme !:).

   

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vendredi, 14 avril 2017

Le vote "d'amon nos autes" aux présidentielles françaises et soirées électorales

 

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      Il est indéniable que dans la partie francophone du Royaume de Belgique les élections pour la Présidence de la République française suscitent un intérêt important. Il suffit de voir la place prise dans la presse pour s’en rendre compte. Aussi, à la Maison de la Presse et de la Communication de Liège, la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Belgique organise les 23 avril et le 7 mai deux soirées électorales consacrées au scrutin français. Les  attentes et les résultats feront l’objet de l’analyse et des commentaires du professeur Michel Hermans de HEC-ULg. Licencié en science politique de l’ULg et docteur en science politique de l’Université de Paris (Panthéon-Sorbonne), Michel Hermans est un des meilleurs politologues du pays. Il est vrai qu’outre ses diplômes et ses qualités professorales, Michel Hermans a été le dernier assistant de François Perin !

       Autre initiative due à Paul Durieux et à Marcel Dehalu de l’Association Wallonie-France. Depuis le 9 avril et jusqu’au 17, des militants de ce mouvement pluraliste sont en marche avec le matériel nécessaire (urnes, bulletins de vote, écritoire …) pour que le citoyen puisse exprimer un vote secret pour un des onze candidats au 1er tour des présidentielles. Sur le site spécialement ouvert pour l’occasion www.participezauxpresidentielles.be le vote est également possible. En présence de trois commissaires, le dépouillement a lieu le 18 avril et les résultats attendus dans la soirée. Semblable opération est reconduite pour le deuxième tour des présidentielles françaises.   

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samedi, 08 avril 2017

Crise sociale en Guyane : le journal local, France-Guyane, une tonalité différente de la presse hexagonale !

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     À 7 000 km de Paris, le département d’outre-mer de la Guyane connaît une crise sociale grave. La presse nationale et régionale française en rend compte, nos journaux en parlent. Mais pour se faire une religion, rien ne vaut mieux que de s’informer auprès du journal local France-Guyane (1). Les nouvelles technologies le permettent.

    L’image de la Guyane, en Europe occidentale a été, autrefois, les bagnes de Cayenne et, aujourd’hui, c’est Kourou et son centre spatial. La crise sociale grave nous offre une autre image. En feuilletant France-Guyane, l’accueil de la délégation interministérielle envoyé par Paris y est relaté. Cinq des 500 frères contre la délinquance dont Mickaël Mancée et Olivier Goudet président du collectif Tròp Violans – cagoulés – s’en viennent à la maison du préfet de Guyane dire au patron de la délégation, Jean-François Cordet nous voulons vous dire pourquoi nous ne voulons pas vous recevoir. Nous ne traiterons qu’avec un ministre. Ce face-à-face est sec et bref. Jean-François Cordet s’en explique à notre consœur Déborah Neuzi Nous sommes venus ici la main tendue, pour avoir un dialogue. On me demande une audience et je vois arriver des personnes qui ne montrent pas leur visages et profèrent quelque chose qui ressemblent à des menaces. C’est contre le sens de la République, qui veut un discours les yeux dans les yeux, avec la volonté de faire progresser les choses, ce que je n’ai pas ressenti ici.

     La veille, Ségolène Royal venue à Cayenne pour lancer l’Appel de la Guyane a vu les 500 frères contre la délinquance encagoulés s’inviter à la réunion de la Convention de Carthagène.  Les auteurs de cette intrusion la justifient : Pourquoi serait-ce à nous de ne pas mettre notre cagoule ? Les malfrats sévissent en cagoule et rien n'est fait. La cagoule, c'est notre emblème. Dès que nous serons en action, nous la mettrons. Nous voulons montrer les sentiments des victimes face aux agresseurs. Vendredi, lorsque nous sommes arrivés dans à l'auditorium de la CTG, il y a des gens qui ont eu peur, ils ont ressenti la douleur des victimes.  (...) Ceux qui n'ont jamais été séquestrés, ligotés, frappés, agressés pensent que cela ne peut arriver qu'aux autres. Ce sont aussi les premiers à critiquer la forme de nos actions. Nous sommes en état d'urgence en France, et les Guyanais ne sont pas protégés. C'est à l'État de nous protéger. Du coup, Ségolène Royal est rentrée à Paris bousculant son programme prévoyant l’inauguration à Saint-Georges du pont reliant la Guyane et le Brésil sur le fleuve Oyapock.

     La semaine du 20 au 26 est celle où il est, notamment, question des 500 frères. Quelle est l’origine du nom ? Réponse dans France-Guyane : Le nom des 500 Frères vient du film 300, de Zack Snyder, qui raconte la résistance de 300 soldats spartiates face à l'armée perse conduite par le roi Xerxès en personne. À Paris, la ministre des Outre-Mer, Êricka Bareigts, déclare ne se rendre en Guyane aussi longtemps qu’elle ne peut dialoguer avec les Guyanais les yeux dans les yeux.

     Le lundi 27 mars, grève générale  en Guyane. Paris s’attend à des incidents. France-Guyane titre, en deux couleurs, Ambiance solidaire. Dans le texte, il est écrit : un sentiment très fort d’appartenance et de solidarité se fait ressentir partout à Cayenne et ailleurs depuis de début du mouvement (…) la volonté d’avancer pour la Guyane est omniprésente. La bâtonnière Magali Robo-Cassildé déclare : les avocats sont prêts à apporter leur expertise pour ce qui est accordé et réalisé. Nous allons aider le collectif dans la compréhension juridique des protocoles avant les signatures. Il n’est pas question que l’on fasse avaler des couleuvres aux Guyanais après ce coup de force historique

     Paris annonce que d’ici la fin de la semaine, la ministre des Outre-Mer accompagné d’autres membres du gouvernement se rend en Guyane.

     France-Guyane relate minutieusement la première rencontre entre les deux ministres venus de Paris et les représentants des divers collectifs, des élus et la presse guyanaise, nul n’est encagoulé à l’intérieur de la Préfecture où les discussions ont lieu les yeux dans les yeux Extraits du journal local ; 11h30 : Les membres des collectifs qui ont quitté la réunion sont toujours devant la préfecture. Ils annoncent que si les médias ne sont toujours pas autorisés à assister aux débats dans la demi-heure, ils ouvriront les barrages pour permettre à la population de venir manifester devant la préfecture. (…) Après 45 minutes d'attente, Matthias Fekl et Ericka Bareigts arrivent enfin. Ils prennent tour à tour la parole mais le fond des discours est identique : les négociations ne peuvent se faire en présence des journalistes. « Aucune réunion ne s'est jamais tenue de cette manière, y compris en Guyane », insiste le ministre de l'Intérieur. (…) Les 500 Frères exigent aussi de la ministre des Outre-mer qu'elle présente des excuses aux Guyanais pour leur avoir manqué de respect. Après un discours d'introduction dans lequel elle rappelle l'urgence de trouver des solutions concrètes, Ericka Bareigts répond qu'elle ne s'excusera pas. Selon elle, il y a eu des « incompréhensions » 16 heures trente les représentants du collectif reviennent sur le balcon cette fois-ci accompagnés de la ministre des Outre-mer, Éricka Bareigts. Coup de théâtre. La ministre présente ses excuses en personne devant le peuple guyanais. Davy Rimane précisera, plus tard, qu'elle s'est excusée pour son comportement dans les médias nationaux. La foule crie de joie au moment des excuses de la ministre. La ministre dit également espérer que le débat sur l'égalité réelle se concrétise.

     Ce jeudi 6 avril, France-Guyane constate que l’intérêt médiatique s’estompe. Le journal local écrit Au lendemain de l’annonce de l’adoption du plan d’urgence pour la Guyane par le gouvernement, les quotidiens nationaux ont majoritairement relégué l’actualité du département en brève. Seuls Le Monde et L’Humanité continuent ce matin de proposer une large couverture au mouvement. Pourtant dans ce département à 7 000 km de Paris, la population demeure solidaire avec ses élus, ses collectifs. Le mouvement se durcit.

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mercredi, 29 mars 2017

Cadastre des mandats, ça se corse ...

       En ce temps de transparence exigée de la vie politique, un des moyens d’y répondre est la publication d’un cadastre. La Ville de Liège l’a fait. Noss binamé Willy a promis un cadastre des mandats le lundi. Cinq jours plus tard, sur le site officiel de Liège, en trente pages, toute la population liégeoise a découvert le nom de qui a mandat de représenter la Ville tant dans les intercommunales que les associations.

       Sur Facebook,  le vendredi 25 février 2017, l’Échevine de l'Etat civil, des Mairies de quartier et des Cimetières, Julie Fernandez-Fernandez exulte Chose promise, chose due… ! Au commentaire de Jean Joris – futur candidat à la présidence de la Fédération liégeoise du PS - manque les montants et le mode de rémunération, il y en a plein de gratuit, il ne faudrait pas confondre l'implication dans la vie de la cité et l'enrichissement personnel, elle opine en effet, il faudrait le préciser mais c'est le premier jet  ;-)!

       Que trouve-t-on dans ce premier jet ? Tant dans les AG et les CA des dix-sept intercommunales répertoriées, on ne trouve en qualité de représentant de la Ville que des titulaires de mandat électif, autrement dit des conseillers communaux ou membres du Collège. L’Intercommunale de soins spécialisés de Liège (I.SO.S.L.) compte dans son CA onze mandataires élus tandis que les CA de L'Intercommunale de Mutualisation Informatique et Organisationnelle (IMIO) et l’Intercommunale d’enseignement supérieur d’architecture (IESA) n’en comptent aucun.

       Dans les CA des cent neuf associations, la situation est différente. Sur les quatre cent vingt-neuf mandats dévolus à des représentants de la Ville, deux cent trente-deux sont attribués à des mandataires élus tandis que cent nonante-sept échoient à des citoyens notamment membres de cabinets communaux ou ministériels. Il est à noter que la Ville n’est pas représentée dans le CA de dix-sept  associations telles le Golf de Berlaymont ou la Maison de la Presse et de la Communication.   

       Une semaine après la publication du premier jet du cadastre des mandats appelés officiellement Cadastre des représentants de la Ville de Liège dans différentes structures et organismes arrive le deuxième jet. Il y est précisé : en application du décret wallon, les représentants de la Ville dans les intercommunales sont désignés par les différents  groupes politiques sur base du résultat des dernières élections communales et que les tableaux sont établis en fonction des désignations votées au Conseil communal et sous réserve d'éventuelles modifications postérieures intervenues au sein même des associations et intercommunales. En outre la Ville n'a pas connaissance du caractère rémunéré ou non des mandats attribués. Pour le savoir, un autre document officiel – le Moniteur belge du 12 août 2016 – est à consulter. En 938 pages, les curieux sont rassasiés mais déçus car pour les mandats rémunérés, le montant n’est pas indiqué !  

       Entre le 25 février et le 3 mars, le nombre d'intercommunales dans lesquelles la Ville a des représentants a diminué. De dix-sept, il est passé à seize. Passe à la trappe, ORES, le principal gestionnaire de réseau de Wallonie. Trois conseillers communaux socialistes - Jean-Paul Bonjean, Mohammed Bougnouch et Giuseppe Maniglia - qui ont figuré au CA d'ORES dans le premier jet sont absents dans le deuxième jet.

       Dans le deuxième jet, les associations sont toujours au nombre de cent neuf. Ce qui diffère ? C’est le nombre de mandats. Il s'accroît et monte à quatre cent cinquante-huit. La part des mandataires élus régresse. Ils ne sont plus que deux cent vingt-six. Les citoyens progressent. Désormais, ils sont majoritaires avec deux cent trente-deux mandats. La Ville  n’a plus de représentants au CA de dix-huit associations puisque Bruno Baron et Jean-Marc Gay ont disparu des CA, l’un de Courants d’Âges, l’autre de l’A.S.B.L. Fédération du Tourisme de la Province de Liège. En revanche, la responsable de la Communication au Cabinet du Bourgmestre – Laurence Comminette – siège au CA de la Maison de la Presse et de la Communication.

       La comparaison entre le premier et le deuxième jet se corse. Corse est le mot approprié. L’île de beauté a la réputation de faire voter les morts. À Liège, nous faisons mieux. Nous n’hésitons pas à confier les responsabilités de membre d’un CA à des morts ! Sans que cette liste soit exhaustive, deux personnes décédées figurent dans le cadastre premier jet. Errare humanum est. Ces mêmes personnes figurent dans le cadastre deuxième jet. Perseverare diabolicum. Heureusement, au pays d’amon nos-aute, il est dit que c’est à la troisième fois qu’on voit les maîtres. Vivement le cadastre troisième jet …

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jeudi, 16 mars 2017

Capitale de la Résistance, Liège a attendu 70 ans "LE SILENCE DE LA MER' de Vercors !

 

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     Chacun connait (ou devrait connaître) le thème du Silence de la mer. L’action se déroule en France occupée. Des Français, un oncle et sa nièce, doivent accueillir un officier allemand, Werner von Ebrennac. Ils se posent la question comment le supporter. La réponse est simple et claire  comme si cet officier n'existait pas. Comme s'il était muet et transparent. Tu verras, personne ne peut supporter longtemps d'être ignoré aussi longtemps. Tout au long de son séjour, Werner von Ebrennac soliloque : Il sortira de cette guerre de grandes choses pour l'Allemagne et pour la France. Je pense avec mon père que le soleil va briller sur l'Europe. Retour de permission, il réalise combien ses supérieurs l’ont berné d’où sa demande à être affecté au front. L’oncle lui cite Anatole France : Il est grand pour un soldat de désobéir à des ordres criminels. Werner s’en va au front. C’est une manière élégante de se suicider dans l’honneur pour un von Ebrennac.

     Chacun connaît (ou devrait connaître) la Compagnie Royale Théâtre Arlequin. Septante ans après la création parisienne, dans une mise en scène de Jean Mercure, de la pièce inspirée de la nouvelle Le Silence de la mer, Liège a, enfin, connu, des représentations (1), dans une mise en scène d’Alexandre Tirelier, de ce spectacle. Liège en a été privé pour deux raisons : les Galas Karsenty ne l’ont jamais programmé et feu le Gymnase a fait de même, en dépit de ses 36 pièces montés annuellement !

     Le rôle de Werner von Ebrennac est incarné par Fabian Nicolaï, un artiste qui vient de rejoindre talentueusement la troupe de l’Arlequin. José Brouwers et Camille Fernandez assument les rôles d’oncle et de nièce. Leur lecture et leur silence confèrent l’esprit de résistance qui rend muet l’amour de la musique que partagent au moins Werner et la jeune Française. Un spectacle remarquable à l’émotion intense.

     Mais qui est ce Vercors auquel le porte-parole du général De Gaulle, Maurice Schumann, en 1942, à la BBC s’adresse vous, Vercors, encore inconnu et déjà célèbre … ? Pour en savoir davantage, nous avons consulté le Maitron (2). Nathalie Gilbert, auteure de la notice de Jean Bruller dit Vercors précise qu’il effectue sa scolarité à l’Ecole alsacienne qui prolongeait les principes éducatifs des parents : soucieuse de donner à ses élèves une solide culture des sciences et des humanités, privilégiant les méthodes éducatives douces, cette école, de tradition protestante, entendait également former des hommes et des citoyens guidés par une morale intérieure rigoureuse. Cette conscience personnelle, qui doit au besoin se réformer par elle-même, incarne particulièrement l’homme que fut Jean Bruller.

     Diplôme d’ingénieur, service militaire à Tunis,  A son retour en 1926, il entreprit officiellement sa carrière de dessinateur. (…) il publia son premier album alliant texte et dessins, 21 Recettes de mort violente à l’usage des personnes découragées ou dégoûtées de la vie pour des raisons qui, en somme, ne nous regardent pas. Parallèlement, il continua à fournir des dessins pour divers journaux (Le Rire, Fantasio), il devint l’un des illustrateurs des Editions Nathan : la trilogie Pif et Paf.

     Dans les années trente le dessinateur fut donc en contact avec notamment André Gide, Romain Rolland, Roger Martin du Gard, Georges Duhamel, Jean Guéhenno, Charles Vildrac. Ce milieu de gauche, famille intellectuelle de Jean Bruller par héritage paternel, lui dessilla les yeux sur les méfaits du colonialisme (…) A partir de 1932, Jean Bruller entama son œuvre de la maturité préfacée par Jules Romains, La Danse des vivants. Cet album à la philosophie intemporelle inspirée des moralistes du Grand Siècle (…) La philosophie pessimiste du moraliste sur la nature humaine, dégagée des contingences du réel, fut ébranlée par l’Histoire. Elle proposa alors (…) les prémisses de l’évolution d’une pensée intégrant des éléments marxistes, toutefois dominée jusqu’à la fin de sa carrière par l’idéalisme.

     À l’armistice, décidé à ne rien publier sous le joug ennemi, il réside, au 31bis de la rue du Touarte, à Villiers-sur-Morin, petit village en Brie (600 habitants à l’époque) et travaille chez le menuisier. En 1941, il intégra le réseau de l’Intelligence Service, bientôt démantelé. Il entra alors en Résistance intellectuelle (…) Lescure et Bruller créèrent donc leur propre maison d’édition clandestine, Les Editions de Minuit, entreprise viable grâce au réseau des imprimeurs avec lequel le dessinateur avait travaillé dans l’entre-deux-guerres. Celui-ci publia son célèbre récit Le Silence de la mer le 20 février 1942 sous le pseudonyme de Vercors, du nom de cette montagne qui l’avait impressionné en 1939. Si la plume remplaça le crayon, il serait erroné de croire que l’écrivain ne serait pas né sans les contingences historiques. Jean Bruller aimait en effet à compléter ses albums de textes.

     Au lendemain de la guerre, symbole de la Résistance intellectuelle, auréolé d’une soudaine notoriété, Vercors fut nommé à la commission d’épuration de l’édition qu’il quitta dès janvier 1945, jugeant inacceptable les complaisances accordées aux éditeurs. Membre actif du Comité National des Ecrivains (CNE) chargé d’établir la « liste noire » des écrivains compromis, il se montra le plus intransigeant sur le sujet.

     Compagnon de route du Parti communiste, il rendit compte de ses rapports conflictuels avec le PCF dans Pour Prendre congé (PPC, 1957). Désormais, il se montra plus ou moins proche du Parti en fonction des événements et n’hésita plus à se rapprocher des gauches dissidentes pour certains combats comme la guerre d’Algérie. La torture pratiquée par la France dans ce conflit, lui fait refuser la Légion d’honneur en 1960. 

     Inventeur des callichromies, un dérivé de la sérigraphie, reproduction de tableaux à l’huile, il conserve son nom Jean Bruller pour ses œuvres d’artiste et adopte le nom de Vercors en tant qu’écrivain. Vercors s’impliqua pour certaines avancées sociétales. Ainsi il se prononça contre la peine de mort. Il soutint la loi d’autorisation de l’IVG dans Ce que je crois (1975). Dans ses lettres privées, il défendit le droit à mourir dans la dignité.

    Né le 26 avril 1902, jour anniversaire du centenaire de la naissance de Victor Hugo, il décède à 89 ans, à son domicile Quai des Orfèvres à Paris.

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(1)Compagnie Royale Théâtre Arlequin – vendredi 17, 31 mars et samedi 18, 25 mars, 1 avril à 20h 30 – rue Rutxhiel 3 Liège – tél. 04/222.15.43  info@theatrearlequin.be - réservation : billetterie du Forum & du Théâtre Arlequin, rue du Pont d’ Avroy 12 , tél. 04/223.18.18 et par internet www.theatrearlequin.be

(2) http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article178469, notice VERCORS [BRULLER Jean, dit] par Nathalie Gibert, version mise en ligne le 8 février 2016, dernière modification le 8 février 2016. Le printemps du Maitron - 22 mars 2017 - une journée consacrée au Maitron se déroulera dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, de 14h à 22h, en présence de nombreux intervenants - pour assister à cette journée, merci de vous inscrire en envoyant vos Nom et Prénom par mail à l’adresse info@maitron.org

12:51 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, francophonie, Histoire, Littérature, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 02 mars 2017

1ère chaîne d'info de France, BFM TV HD virée de l'offre de base de Proximus !

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        En pleine campagne présidentielle française – campagne très suivie en Wallonie et  à Bruxelles – Proximus annonce que dès le 31/03, la chaîne d’information BFM TV HD ne sera malheureusement plus diffusée sur Proximus TV. Cette décision  mettra fin à quinze mois de diffusion sur le canal 277 de la première chaîne d'info de France, un titre qui, sur base des calculs d’audience de l’institut Mediamétrie, BFM TV HD détient depuis juin 2008 et dont elle a fait son slogan. C’est, en effet, le 1er janvier 2016 que Proximus a remplacé la chaîne privée allemande  ProSieben  par BFM TV HD dans son offre de base. Au vu de ce nouveau changement annoncé, le client de Proximus peut résilier son abonnement  à tout moment sans frais par écrit.

        L’an dernier, à pareille époque, Proximus annonce la suppression fin avril de la chaîne française KTO fondée en 1999 par le cardinal Jean-Marie Lustiger et diffusée en Belgique depuis 2011. Le 18 mars 2016, l’archevêque De Kesel et les évêques francophones lancent une pétition  contre cette décision unilatérale et inopinée. Des catholiques, des chrétiens, des agnostiques, des francs-maçons, des musulmans, des juifs, des intellectuels la signent. C’est à peine s’ils ne disent pas retro proximus !  Résultat, KTO occupe toujours le canal 299 et bien Malin qui l’en sortira !

        Ni KTO, ni BFM TV ne bénéficient du droit de distribution obligatoire (1) imposé par le Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Dès lors, Proximus met dans ses canaux les chaînes qu’il décide. Il peut également les retirer sans donner la moindre explication. C’est le fait du Prince. En ce qui concerne la suppression fin mars de BFM TV HD, Proximus semble compatir à la tristesse des téléspectateurs par l’adverbe malheureusement. Piètre consolation !

        Dans l’air du temps, Proximus entend être positif. Il précise plusieurs chaînes dans notre offre proposent le même genre de programmation sur l’actualité internationale : LCI (canal 274), CNN (canal 270), BBC World (canal 271), Euronews (canal 272) ou encore France 24 (canal 278). Il ne signale pas l’attribution d’un second canal (le 275) à France 24, filiale de la société publique France Médias Monde. Il omet également de citer la chaîne qatarie Al Jazeera  (canal 276).

        La logique de Proximus évoquant le même genre de programmation que BFM  TV HD constitue un mépris du travail spécifique des journalistes professionnels dans ces chaînes. Cette logique aboutit à nier l’intérêt de la pluralité des médias. Tous les mêmes  semble penser Proximus. Le citoyen soucieux d’être correctement informé a besoin d’avoir accès à plusieurs médias télévisuels car chacun d’eux a une sensibilité différente.

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(1) Bénéficient du droit de distribution obligatoire La Une, La Deux, La Trois, TV5, Eén, Ketnet/Canvas, la BRF et les services de télévision locale dans leur zone de couverture (Avis du CSA  du 20 mars 2014)

15:02 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Media, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 20 février 2017

Un demi-siècle en qualité de journaliste professionnel

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© photo Antonin Corto Cauwe

      Il y a un demi-siècle – jour pour jour – le Premier ministre Paul Van den Boeynants a, notamment, signé le document selon lequel M. André, Pierre A.J.G. est admis à porter le titre de journaliste professionnel conformément à la loi du 30 décembre 1963.

   Publiée au Moniteur belge - deux jours avant que je ne commence à travailler à la RTB, premier journaliste engagé au CPL (1) par Robert Stéphane - cette loi stipule cinq conditions à remplir pour  être admis à porter le titre de journaliste professionnel.  Une commission d’agréation dont les membres sont nommés par le Roi veille au respect des cinq conditions dont deux prévoient la participation à la rédaction de journaux à titre de profession principale et moyennant rémunération et ce pendant deux ans au moins. En ce qui me concerne la décision porte le numéro F585.

    Un demi-siècle est un bail d’autant plus que, depuis l’âge de 17 ans, le virus journalistique s’est emparé de moi. Réaction immédiate, rhétoricien, j’ai fondé le journal ronéotypé Cinq barres en référence au collège épiscopal Saint-Bart. L’essentiel de ma carrière s’est déroulée à la RTB et à la RTBF. Le 1er octobre1968, à 8h30 j’ai été la première voix de Liège-Matin. En 1972, lauréat du Grand prix de journalisme de la CRPLF (2), grâce à mon reportage consacré aux Fourons les auditeurs canadiens, français et helvètes ont découvert les enfants de la chorale de Rémersdael répétant le Valeureux Liégeois note par note !

   Quand sonne l’heure de la retraite et que le virus journalistique est toujours là, autrefois au XXème siècle, et encore aujourd’hui, des journalistes professionnels ont négocié le droit de tenir épisodiquement une chronique dans leur journal sans se soucier de prendre de l’espace aux actifs et aux jeunes en quête d’activité.

   Au XXI siècle, la solution est de se tourner vers les technologies nouvelles. À Liège, le premier journaliste professionnel era (en retraite active) à le faire a été Gaston Lecocq. Au lendemain d’une restructuration à La Meuse, Gaston Lecocq a lancé, le 1er septembre 2000, Proxi-Liège, un journal publié exclusivement sur Internet. Le premier à Liège et en Région wallonne à être réalisé sur  la "toile" par un journaliste professionnel qui travaille, avec d'autres journalistes professionnels, dans le respect de la déontologie journalistique… Durant plusieurs années, Proxi-Liège a été le seul organe de presse à faire rayonner Liège et le Pays de Liège à travers le monde. En une série de 26 épisodes, j’ai retracé l’Expo universelle de Liège comme si Proxi-Liège y était allé.  La série est toujours disponible sur le site proxiliege.net

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(1) CPL sigle de Centre de Production de Liège. La loi du 18 mai 1960 dite Loi Harmel instituant la RTB a permis, dans un premier temps, la création de Centre de Production à Liège, à Mons et à Namur.  

(2) CRPLF sigle de Communauté des radios publiques de langue française regroupant à l’origine, en 1955, les radios publiques de Belgique (INR), du Canada, de France et de Suisse romande. Depuis janvier 2016, la CRPLF est fondue dans l’association des Médias francophones publics.  

 

01:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Media | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 08 février 2017

Présidentielles françaises: un point commun entre Hamon et Macron

 

 

 

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        Changer de banque n’est plus un problème pour les Françaises et Français victimes de phobie administrative. Depuis ce premier lundi de février, une disposition de la loi Macron est entrée en vigueur en France. Il suffit de signer dans la nouvelle banque un contrat de mobilité bancaire et vingt-deux jours plus tard au grand maximum le signataire est client de sa nouvelle banque. Celle-ci ayant pris en charge toutes les procédures à accomplir.

        Un cabinet d’avocats à la Cour d’Appel de Paris – A&B Apelbaum & Associés – vient de signaler que cette loi va plus loin que la loi Hamon de 2014, qui n’avait pas produit les effets escomptés tout en se posant la question Mr Macron aura-t-il plus de poids ? Comme Emmanuel Macron et Benoît Hamon briguent la magistrature suprême, les non-abstentionnistes disposent ainsi d’un élément supplémentaire pour déterminer l’efficacité d’un (hypothétique) futur Président de la République !

 

 

08:13 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 30 janvier 2017

RTC Télé Liège en marche vers une ère nouvelle ...

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   RTC Télé Liège a fait le plein ce dernier lundi de janvier à la Maison de la Presse et de la Communication pour sa conférence  de presse dont l’objet n’était point précisé dans l’invitation. Le président du Conseil d’Administration, Jean-Christophe Peterkenne, a présenté à la presse le nouveau Directeur-général, Philippe Miest entré en fonction le 4 janvier pour un mandat de cinq ans. Il indique les tâches qui seront siennes dont, notamment, accroître l’audience, diversifier les publics, s’ouvrir aux médias sociaux, accentuer la proximité avec le public qui couvre les arrondissements de Liège, Huy et Waremme. Les finances saines permettent une synergie avec TÉLÉVESDRE, TV LUX et TV COM (Brabant wallon) qui sont le même cas. En 2017, 250 000 € d’investissement en matériel sont prévus.

     Précédemment journaliste, gestionnaire au groupe Sud Presse, Philippe Miest rencontre individuellement chaque membre du personnel – une trentaine de personnes dont sept journalistes. Le climat social est bon. D’ici juillet, il doit se mettre à la recherche d’un nouveau rédacteur en chef. En effet, Jacques Mertens – présentateur mythique selon La Meuse – fait valoir ses droits à la retraite fin juin. Parmi les qualités à faire valoir à l’emploi, une fine connaissance du terrain couvert par RTC Télé Liège (1) s'impose. Pour être davantage au sein de la cité, la TV locale entend s’assurer davantage de visibilité en déménageant son implantation. Où, quand ?  Rien n’est décidé, tout est encore au stade de la réflexion.

   En revanche, ce qui est assuré c’est que RTC Télé Liège entre dans une nouvelle ère – visible à l’antenne, en septembre. Ère nouvelle où les manières de travailler seront différentes, où la vie des équipes va être modifiée avec le plaisir comme moteur.

   En réponse à une question évoquant la TV des bourgmestres, Philippe Miest a affirmé qu’en un mois de présence, n’avoir reçu le moindre appel d’un bourgmestre des cinquante-cinq communes desservies par RTC Télé Liège. Aucun ne s’est manifesté pour le féliciter de sa promotion … La courtoisie se perd !

 

(1) RTC Télé Liège : Rue du Laveu, 58 - 4000 LIEGE - Tél : 04 254 99 99 – Fax : 04 254 99 98

18:45 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Media, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 21 janvier 2017

Christian Quasada ... "une bête de TV" !

      

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     Dans les annales des jeux TV des chaînes françaises, Marie Friedel demeure celle qui a gagné le plus,  1 000 000 d’euros. Le temps de répondre correctement à quinze questions posées par Jean-Pierre Foucault dans Voulez-vous gagner des millions ? En revanche, aux Douze coups de midi, Christian Quesada, surnommé le professeur, a dû répondre à plus de cinq mille questions posée par Jean-Luc Reichmann pour empocher 839 392 euros dont 209 392 sous forme de cadeaux.

       En réalité, la totalité des 600 000 euros n’est pas encore dans les poches de Christian. La société de production Endémol, basée à Amsterdam, paye les gains à nonante jours fin de mois. Comme Christian est dans le jeu le 4 juillet, le calcul de ce qu’il a déjà touché et la somme qui lui reste à encaisser est relativement simple. Un enfant de primaire est à même de résoudre le problème surtout s’il est un hyper doué comme Christian l’a été avec deux ans d’avance durant sa scolarité.

       Au fur et à mesure de sa participation au 12CDM, Christian se fixe comme ambition d’atteindre 1 000 001 euros. Savoir gagner avec panache a dit Charlie Chaplin. Hélas, la cent quatre-vingt-troisième présence sur le plateau de 12CDM se révèle fatale. Le record de Marie Friedel  n’est point battu. Savoir perdre avec dignité dit encore Chaplin. La structure du jeu conçu par Endémol fait que des téléspectateurs de TF1 se partagent la même somme que Christian a gagné. Il détient ainsi le record du candidat ayant généré 1,6 million d’euros de gain comme il l’a dit à nos confrères du Figaro Magazine.

       Passionné de Scrabble, Christian lit de A à Z le dictionnaire.  Il y a vingt ans, première  participation au jeu télévisé Des chiffres et des lettres. Il remporte la Coupe des Champions, deux ans plus tard, la Coupe des Masters et en 1991, la Coupe des Clubs. Il est le seul candidat a posséder un tel palmarès de ces trois grandes épreuves TV. Puis, il y a sa présence aux Douze coups de midi du 4 juillet 2016 au 14 janvier 2017. Le secret de sa réussite ?  Christian Quesada ne le cache point ; pour briller dans ce jeu, et avoir une longévité comme la mienne, il faut avoir plusieurs qualités: une bonne culture générale, faire abstraction des caméras et avoir une bonne mémoire… Bref, à la portée de chacun !

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mardi, 10 janvier 2017

ACADÉMIE FRANÇAISE : le pluriel de proximité "exemple à suivre".

    Le 10 septembre 1957, Andreï Makine nait à Krasnoïarsk, une ville de Sibérie située à quelques quatre mille cent kilomètres de Moscou. Sa langue maternelle est le russe mais dès l’âge de quatre ans, grâce à une dame française, il parle également français dont il se sert plus tard pour écrire des romans. À 30 ans, il gagne Paris en qualité de migrant clandestin avant d’obtenir le droit d’asile.

    En 1990, Gallimard publie La Fille d'un héros de l'Union soviétique, une démythification du régime, mais la rage et le désespoir au cœur (…) ce n’est pas parce que le collectivisme a fait faillite, que le capitalisme est la panacée. Ce roman est présenté comme traduit du russe par Françoise Bour. Makine l’a pourtant rédigé en français mais il a dû feindre de l’avoir écrit en russe, et il a paru comme étant traduit du russe par une inexistante Françoise Bour

    Cinq ans plus tard, Le Testament français obtient le prix Goncourt, le prix Goncourt des Lycéens et le prix Médicis. Andreï Makine est désormais un auteur français. La République lui accorde la nationalité française. En 2000, l’Académie française lui décerne la grande médaille de la francophonie obtenue l’année précédente par l’Algérienne  Assia Djebar. Le 3 mars 2016, Andreï Makine est élu au cinquième fauteuil de l’Académie française dont le premier titulaire a été le beau Ténébreux, le poète Jean Ogier de Gombauld. Assia Djebar a été la titulaire de ce fauteuil de 2005 à 2015. 

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    Lors de la cérémonie de réception à l’Académie française, à la mi-décembre de l’an dernier, Dominique Fernandez a déclaré  Cette sensibilité aux nuances de la langue française aura fait de vous l’écrivain qui la maîtrise admirablement. Il nous aura fallu du temps pour le reconnaître ! Vous nous rendiez jaloux (…) La critique ne désarmait pourtant pas. Ce n’est pas un métèque, s’écria-t-on, qui va nous apprendre à écrire en français. Vous êtes un amoureux de notre langue, vous avez ressuscité d’anciens mots oubliés (…) Vous avez même créé des néologismes, qui vont dans le droit fil de la langue, tel le plaisant mot, pour désigner un ivrogne invétéré qui braille et gesticule en public, de « scandaliste », terme qu’il faudrait songer à introduire dans notre Dictionnaire. 

    L’enthousiasme de Dominique Fernandez envers Andreï Mikane va croissant. Mieux encore : vous avez remis en honneur une forme syntaxique rare, dont certains réclament le retour, surtout certaines, qui luttent vaillamment contre ce qu’elles appellent la domination masculine dans la grammaire : le pluriel de proximité. Vous écrivez en effet, à propos des fioritures de l’Art nouveau : « Toutes les sinuosités, galbes et courbes de cette architecture, affaiblies, i, e, s, à moitié effacées, é, e, s, étaient parvenues, u, e, s, jusqu’aux profondeurs de la Russie. » Or, « galbes » étant du masculin, on nous a appris à accorder les trois noms au masculin. Vous, constatant que « courbes » est le dernier nommé, les accordez au féminin, à l’instar de Mme de La Fayette ou de Racine : « Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières » (Athalie, acte I). Exemple à suivre. 

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Dominique Fernandez et Andreï Makine

    Le retour à la règle de proximité d’application en grec ancien, en latin – les deux mamelles de la langue française – et en français ancien  est un exemple à suivre. Cette déclaration d’un académicien au XXIème siècle tranche avec les propos tenus à la fin du XXème par un autre académicien, Maurice Druon, pour qui ce retour apparaît telle une réforme bouleversante qui eût altéré le visage familier du français.  

    Il y a donc de l’espoir pour les signataires de la pétition  Que les hommes et les femmes soient belles ! en rébellion contre la règle le masculin l’emporte sur le féminin. La pétition estime que cette règle de grammaire apprise dès l’enfance sur les bancs de l’école façonne un monde de représentations dans lequel le masculin est considéré comme supérieur au féminin. Le retour à la règle de proximité est une manière d’en terminer avec une révolution sexiste opérée il y a trois cent cinquante ans. Les Éditions Cogito ergo sum installées à Rouen  exigent de leurs auteurs qu’ils respectent la règle grammaticale de proximité qui rétablit cette égalité dans la langue française.

    Fomentée sous le règne d'une monarchie absolue, la révolution sexiste grammaticale a utilisé des arguments qui ne sont plus de mise au XXIème siècle se réclamant de l'égalité femme-homme. Ainsi, selon le jésuite Dominique Bouhours (1628-1702), adversaire de la règle de proximité, lorsque deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte. Le même abbé Bouhours, le maître à penser et à écrire de sa génération, est également l’auteur de cette phrase bien dépassée à notre époque la connaissance des langues étrangères n’est pas beaucoup nécessaire à un François qui voyage. Où ne va-t-on point avec notre langue ? Ainsi, l'argument du grammairien Nicolas Beauzée (1717-1789), professeur à l’École militaire, est encore plus obsolète : le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle.

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dimanche, 25 décembre 2016

Deuxième roman du Liégeois Jean-Charles Beaujean : "Les fleurs de SigirÎya"

 

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        Premier roman paru, Le vacarme du silence a été nominé par les auditeurs de la radio publique au Prix Première RTBF 2013. Encourageant pour son auteur, le  Liégeois Jean-Charles Beaujean qui, en 2016, nous propose son second opus, Les fleurs de Sigirîya (1) Entretemps, écrivain prolifique, il publie aux Éditions Persée un recueil de nouvelles – Rêves de pipeau – et un de poésies – Les cahiers Pouchkine.

        Illustrée d’une peinture de Philippe Waxweiller, la couverture donne l’impression que Les fleurs de Sigirîya est un roman exotique. Il n’en est rien. Liège, Paris, Londres sont les lieux où se déroule l’essentiel du l’histoire. Sigirîya est l’endroit où le personnage central – Baron – se rend pour déposer un billet porte-bonheur dans une très légère fente rocheuse située exactement à l’endroit du pubis supposé d’une apsara et recevoir une fleur de lotus bleue destinée à son amour.

        Qui est Baron ? Plus exactement, il s’agit de Gérard Touffin, ancien légionnaire dans la trentaine bien engagée, que tout le monde appelle Baron pour des raisons qui ne seront expliquées ni maintenant ni plus tard. (…)  je ne fais rien de mes journées. Rien! Mais j’ai une excuse, je suis riche, fichtrement riche ! Plein aux as depuis le décès de mon oncle Georges, un homme fortuné dont je fus le seul héritier. En revanche, Baron est pianiste de bar la nuit. Pour tout le monde, je ne suis qu’un paumé, un artiste qui arrondit ses fins de mois en jouant quelques accords. Ça m’arrange parfaitement.

        L’action commence en août 2040. Dans la plupart des pays européens, des milliers de gens perdent tous les jours et sont contraints de revendre leur maison et leurs biens puisqu’on a aboli depuis vingt ans déjà tous les mécanismes de solidarité. (…) Il n’y a plus à proprement parler de classe moyenne. La plupart des gens vivent au jour le jour dans une espèce de précarité préétablie. Si la société est à la dérive, les personnages demeurent en quête de tendresse, de jalousie, de passion, de poésie, d’amour, de solitude, bref le lecteur s’y attache.

        Jean-Charles Beaujean excelle dans l’art du dialogue. Exemple : - c’est parfait, Mike. Ton idée d’avoir toujours une longueur d’avance pour ne pas se faire plumer, je la trouve géniale ! – Encore une chose, Baron…Tu ne m’as jamais dit  que tu es un ancien légionnaire, petit cachottier ! – Tu ne l’as jamais demandé. C’est dérangeant pour le show-business ?- Au contraire, mon jeune ami. Pour ton image de marque, c’est géant ! Tu n’imagines pas ! Je vois déjà l’article d’ici…Autre exemple : - Laisse-toi  faire, Fleur ! – Pas aujourd’hui, ce n’est pas sérieux… - Qu’est-ce qui n’est pas sérieux ? – Tous ces foulards et ces lacets par terre, ne me dis pas que …- Quoi, il y a un jour particulier pour t’attacher ?

        L’action se termine le 1er janvier 2043, à quatre heures précises du matin, Baron est papa d’une petite princesse qui s’appelle Aurore. Le roman s’achève le 1er janvier 2093 (…) Ce soir, Laure et moi, nous fêtons le cinquantième anniversaire d’Aurore, ma fille adorée. Un authentique roman d’anticipation …

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  • Les fleurs de Sigirîya - Éditions Persée – Jean-Charles Beaujean – ISBN 9782823116014 – 400 pages – format 156 x 234 - ebook 9€ 99 – papier  23€ 90

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lundi, 19 décembre 2016

Francis Veber accorde à la Compagnie royale Théâtre Arlequin l'exclusivité de sa pièce Le Placard.

 

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© Colette GRAND'RY

        Petit-neveu de Tristan Bernard, Francis Veber en a tout l’esprit. De surplus, né de père juif – Pierre-Gilles Veber – et de mère arménienne – Catherine Agadjanian -, Francis Veber considère qu’avec deux génocides, deux murs des lamentations dans le sang, il a vraiment tout pour un comique.  Ses quarante-deux films relèvent à quatre-vingt-trois pour cent de la comédie.

        Mieux encore, ses pièces de théâtre – L’emmerdeur, Le dîner de cons, Le placard  - avec en vedette le même petit homme, François Pignon,  sont des comédies qui attire grand public aussi bien à Paris qu’en tournées ou …à la Compagnie royale Théâtre Arlequin (1). Entre 2000 et 2012, en trois productions mises en scène de Marie-Josée Delecour et dans un décor trois fois renouvelé de Philippe Waxweiler, Alexandre Tirelier a joué cent-cinquante-neuf fois Le dîner de cons. Il a également interprété le rôle de François Pignon dans L’emmerdeur, Serge Swysen étant son partenaire dans chacune de ces comédies.

        En reconnaissance, Francis Veber a accordé à la Compagnie royale Théâtre Arlequin l’exclusivité pour la Belgique et durant une saison de produire  Le placard avec naturellement Alexandre Tirelier dans le rôle de … François Pignon. Dans une mise en scène de José Brouwers avec un décor de Philippe Waxweiler et des costumes dessinés par Marie-José Delecour, Le Placard  est assuré d’un succès auprès d’un public ravi d’autant que la régie, le son et la lumière sont l’œuvre de Franco De Bartolomeo et d’Alex Fontaine, ce dernier  assumant également la photographie.

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© Alex FONTAINE

        L’intrigue est simple. François Pignon, comptable depuis six ans chez Condomax,  est viré. Désespéré, abandonné par sa femme, délaissé par son fils adolescent, il envisage le suicide. Son voisin de palier, Belone (Jean-Marie Gelon) l’en dissuade et lui propose un stratagème pour réintégrer le leader du préservatif Condomax. Un photomontage fait l’affaire. Au vu de la photo, tant le PDG Kopel (Serge Swysen) que le DHR (Pierre Ligot) ou les assistant(e)s de direction  Ariane (Delphine Dessambre) et Guillame (Jean-Louis Maréchal) ainsi que la cheffe-comptable, mademoiselle Bertrand (Marie-Josée Delecour) décident la réintégration de l’indéniable homosexuel Pignon. Condomax ne peut être une entreprise discriminatoire ni homophobe. Condomax participe désormais à la Gay-Pride avec en vedette Pignon coiffé d’un préservatif.

     Un exemple d’humour de Francis Veber dans Le placard : apercevant en compagnie de ses invités japonais Pignon en plein ébats sexuels, le PDG se contente de dire nos essayeurs ! Pour reprendre une expression désuète - SGDG (2) – nous estimons à deux cents nonante deux le nombre de saillies parsemant Le placard.

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(1) Représentations de la pièce Le placard par la Compagnie royale Théâtre Arlequin, rueRutxhiel 3, Liège : 31/12 deux soirées réveillon au champagne (19h et 22h30), en février 2017, les 3, 4,10, 11, 17, 18, 24, 25 (20h30) – Contact 04/ 222 15 43 info@theatrearlequin.be

Représentations de la pièce Le placard par la Compagnie royale Théâtre Arlequin en tournée au Centre Culturel de Spa le 13/1 (20h), au Centre Culturel de Remicourt le 14/1 (20h), au Théâtre de Liège le 21/1(20h), au Centre Culturel d’Eupen le 24/3 (20h), en la Salle de la Fraternité à Malmedy le 26/3 (19h30) - Contact 04/ 222 15 43 info@theatrearlequin.be

(2) SGDG = sans garantie du gouvernement      

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samedi, 10 décembre 2016

L'Académie française décerne le Prix Eugène Carrière au Liégeois Pierre-Yves Kairis.

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Autoportrait de Bertholet Flémal - Ville de Liège

        Histoire de Liège (1) a inscrit à son programme 2017 une conférence le 18 mai de Pierre-Yves Kairis sur le thème de Lambert Lombard à Léonard Defrance : la peinture à Liège du XVIe au XVIIIe siècle. Nul doute que la conférence connaisse un beau succès d’autant que Pierre-Yves Kairis a reçu, le 1er décembre, au Quai Conti, le Prix Eugène Carrière

      L’académicienne Mme Danièle Sallenave dans son discours sur les Prix littéraires de l'Académie française a déclaré : Prix Eugène Carrière M. Pierre-Yves Kairis, pour Bertholet Flémal (1614-1675). Le « Raphaël des Pays-Bas » au carrefour de Liège et de Paris. Bertholet Flémal, le plus grand peintre de Liège au xviie siècle, méritait une réhabilitation. Pierre-Yves Kairis s’y livre dans cet ouvrage, après avoir été l’auteur d’une découverte, celle d’un tableau de Poussin, La Mort de la Vierge, miraculeusement retrouvé dans l’église Saint-Pancrace de Sterrebeek en Belgique.

        Le Liégeois est le cent-vingt-cinquième récipiendaire du Prix Eugène Carrière. En 2016, il est l’unique lauréat, par contre en 1956, il y a pas moins de douze !  Parmi les récipiendaires, deux sont devenus membres de l’Académie française : René Huyghe, élu en 1960 au fauteuil n° 5, lauréat en 1953 pour son ouvrage Le Carnet de Gauguin. Le culte Mahorie et René de Castries, élu en 1972 au fauteuil n° 2, lauréat en 1956  pour son ouvrage Le Maréchal de Castries.

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©musée Eugène Carrière, Gournay sur Marne

        Qui est Eugène Carrière ? Réponse : peintre, lithographe, penseur né en 1849 à Gournay sur Marne où il a son musée, mort à Paris en 1906, trois ans après avoir fondé le Salon d’Automne.

       Peintre : Art de suggestion par excellence, l’œuvre (…) évolue vers une monochromie de terre et d’ocre, inspiratrice de Picasso, qui ne retient que les jeux d’ombre et de lumière.  Son art est salué par Gauguin et Maurice Denis mais reste incompris du grand public.

    Lithographe : en 1898, il crée l’affiche de lancement de L’Aurore, un journal où toutes les opinions libérales, progressistes, humanitaires, si avancées qu'elles fussent, puissent être librement exposées. Ami de Rodin dont il partage l’amitié et les conceptions esthétiques; le sculpteur lui confie l’affiche et la préface du catalogue de son exposition de 1900, au Pavillon de l’Alma.

     Penseur : il participe aux mouvements des idées : défense de Dreyfus au côté de Clémenceau et de Zola, émancipation féminine, réflexion sur la peine de mort, l’art de la démocratie, etc … Jamais dogmatique, il défend un humanisme qui place les droits de l’homme au premier plan.

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Autoportrait © collection particulière

(1) Histoire de Liège programme 2017 sur le site histoiredeliege.be – informations info@histoiredeliege.be -

04 221 93 67 ou 04 221 93 75

19:29 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 16 novembre 2016

21 rue La Boétie

 

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        Si le cinéma emprunte souvent des thèmes à la littérature, il est plus rare qu’une expo s’inspire d’un livre. C’est le cas pourtant de l’expo 21 rue La Boétie (1) qui n’a vu le jour que grâce à la parution, en 2012, de l’ouvrage éponyme d’Anne Sinclair. De nationalité américaine, Anne Sinclair née à New-York a été bouleversée d’entendre un fonctionnaire français lui demander vos quatre grands parents sont-ils français ? Le fonctionnaire a demandé ce qu’autorise une loi française de 2009 en matière de nationalité. La phrase lui rappelle la Shoah et le destin de ceux qui, recherchés par les nazis, avaient choisi de partir et qui furent ensuite dépossédés, pillés, déchus de leur nationalitéPaul Rosenberg quitte la galerie d’art du 21 rue La Boétie pour New-York. Un gentil grand-père qui l’a toujours traitée, gamine comme une grande fille.

        J'ai eu soudain envie de revisiter ma légende familiale. Je me suis plongée dans les archives. J’ai retrouvé des correspondances entre Paul Rosenberg et ses peintres, exhumé des « papiers de famille », interrogé des proches et retourné sur les traces de sa famille  J'ai voulu comprendre l'itinéraire de ce grand-père lumineux, intime de Picasso, de Braque, de Matisse, de Léger, devenu paria sous Vichy. Ce grand-père fut un grand marchand. A Paris jusqu'en 1940, puis exilé à New York pendant la guerre. Il était français, juif et amoureux des arts. Ce livre raconte son histoire qui, indirectement, est aussi la mienne.

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        De la conception à la réalisation, l’exposition 21 rue La Boétie est l’œuvre de Tempora, une société fondée, en 1998, par le Liégeois Benoît Remiche. Après avoir fait les beaux jours de la Boverie, 21rue La Boétie s’en va à Paris, au musée Maillol, du 2 mars au 27 juillet 2017. Anne Sinclair est la marraine de l’exposition. Elle s’en explique au  Quotidien de l’Art (27/10/2017) : au début, j’étais à la fois émue et très dubitative, me demandant si cela était faisable, puis très enthousiaste bien évidemment. Je les ai accompagnés puisque mon livre a servi de guide aux commissaires (Elie Barnavi, Isabelle Benoit, Vincent Delvaux, François Henrard et Benoît Remiche)  qui ont effectué un gros travail de recherche pour retrouver les œuvres. J’ai donné mon avis et impulsé les recherches dans certaines directions, particulièrement du point de vue historique.

        Ça a de la gueule. Mon grand-père aurait adoré.  C’est une exposition à la croisée de l’art et de l’histoire. Elle retrace ce qu’a été le marché de l’art avant qu’il soit justement un marché. Mon grand-père était un marchand certes, mais surtout un admirateur forcené de ses artistes. Il disait « Je suis un passeur, mais je ne suis que ça ». Articulée en six chapitres,  l’expo présente notamment soixante-quatre tableaux qui sont passés à une époque ou l’autre à la galerie Paul Rosenberg. Deux de ceux-ci représentent  l’un, Marguerite, l’épouse de Paul, et sa fille Micheline vues par Pablo Picasso en 1918 et l’autre, de Marie Laurencin, Anne Sinclair à l’âge de quatre ans. J’ignorais qu’elle peignait toutes les femmes avec les yeux noirs en amande, mais j’ai dû le pressentir car c’est effrontément que je lui précisai : « Attention, hein, j’ai les yeux bleus ! » Je me rappelle son rire, sa promesse de ne pas les trahir, et elle me gratifia, de fait, de deux billes bleu lavande.

        21 rue La Boétie se révèle un grand succès. Une moyenne de plus de mille visiteurs par jour le premier mois. En marge de l’expo, d’autres activités sont prévues à la Boverie. Ainsi, ce 17 novembre, l’auteur de L'Homme de l'art. Daniel-Henry Kahnweiler, 1884-1979, Pierre Assouline va venir parler de marchands et collectionneurs d’art :Paul Rosenberg, Daniel-Henry Kahnweiler et les autres suivi d’une session de questions-réponses.       

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(1) 21 rue La Boétie – La Boverie, parc de la Boverie, 4020 Liège – 32 (0) 2/ 549 60 49 info@21ruelaboétie.com – tarifs de 1,25 € (art. 27) à 17 € (adulte), senior (+65) 14€, groupe 12  €, groupe scolaire 6 €, famille (2 adultes, 2 enfants) 48 € (6 € par enfant supplémentaire) – l’expo se termine le 29 janvier 2017 – heures d’ouverture : du mardi au vendredi  de 9.30 à 18.00, week-end 10.00 à 18.00, ouvert jours fériés sauf 25/12 et 01/01/2017, fermé le lundi sauf 26/12 et 02/01/2017. Visite guidée 85 €/guide pour 1h30 de visite, maximum 20 personnes, disponible en français, anglais, allemand, néerlandais. 

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jeudi, 03 novembre 2016

CE QUE LE PAYS DE LIÈGE DOIT Á LA MEUSE ...qui ne fut jamais un long fleuve tranquille

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        À l’âge de huit ans, Robert-Armand Planchard tombe en amour avec la Meuse. Sous la direction  des professeurs Alexandre Delmer – le père du canal Albert et Fernand Dehousse, sa thèse de fin d’études,  Le rôle de la Meuse dans la Communauté européenne du charbon et de l’acier a été, vu sa qualité, publié à grand tirage. En note infrapaginale, il est précisé que l’ouvrage, paru en 1955 aux Éditions Buteners, est complètement épuisé. L’auteur dispose encore d’une copie !

       Soixante et un ans plus tard, le directeur honoraire du port autonome de Liège ayant joué un certain rôle dans l’évolution des choses au plan fluvial européen et surtout belge a pensé, au soir de sa vie, à résumer tout ce qu’il a vécu, ressenti et perçu quant au rôle joué par la Meuse  à  Liège auquel Robert-Armand Planchar se sent viscéralement très attaché par sa famille de charbonniers, naguère maîtres de fosses au plantchî de Montegnée, d’où partit en 1716, la grand’route dite Branche Planchar construite par Pier Planchar (1657-1737) depuis Bolsée, Glain, Saint-Nicolas, Saint-Gilles et Ans vers le bas-port de Jemeppe-sur-Meuse (2). La boucle est bouclée.

        La Meuse est avec le Rhin et l’Escaut un des fleuves ayant réussi à inscrire leurs trouées Sud-Nord au travers des collines et des monts du massif schisteux rhénan. Dans ce combat qui a duré des millénaires, la Meuse s’est vue subtiliser la plupart de ses affluents au point que Georges Sand écrit La Meuse elle-même n’est ni large ni imposante et, cependant, elle coule dans une large vallée, beaucoup plus large qu’il faut. Le géographe Paul Vidal de La Blache évoque cette fille ruinée dans son palais démesuré.

        Le Pays de Liège y trouve trois avantages ; le premier, la vallée très large est susceptible d’accueillir les larges implantations de populations industrielles, le deuxième, la Meuse reste « haute » très longtemps d’où aujourd’hui, elle est réserve d’eau propre à la consommation alors qu’Escaut et Rhin deviendront des égouts aux eaux mortes, la troisième, sa pente hydraulique moyenne (0,48 m par km) a permis une « régularisation » facile pour éviter que, à l’étiage, la navigation mosane devienne difficile. Moralité, avec de telles grandes qualités, la Meuse devait tout naturellement engendrer à Liège un ensemble industriel et fluvial de très grande importance.

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      En quelques soixante pages, l’auteur résume l’évolution du leudicus vicus mosan en portus dès le VIème siècle, un modeste portus que Notger va transformer en opulente cité lacustre, en unissant par des ponts les nombreuses îles liégeoises et en doublant superficie et sécurité de la cité par l’érection d’une enceinte muraillée (…) Les accostages et bas-ports vont se développer rapidement au sein de cet archipel, unifié et protégé, pour en faire un portus aux mille et une possibilités de charger/décharger. Ce trafic fluvial va des matériaux de construction à la houille, au vin, au bois, aux céréales, au sel, aux armes, etc. La Meuse est la grande artère de ce pays, le courant vital de ce pays si magnifiquement varié. Il n’y a pas que le mercantile qui domine, le spirituel y a un rôle essentiel au point que Liège, capitale politico-religieuse, est surnommé l’Athènes du Nord.  

        Annexée de son plein gré à la France en 1795, la Principauté de Liège n’est point ressuscitée vingt ans plus tard par le Congrès de Vienne qui se charge pourtant de restaurer l’ordre ancien. Le Congrès de Vienne rattache la Principauté de Liège aux Pays-Bas. Elle tombait ainsi aux mains bataves dans une sorte de salmigondis voulu par les Anglais et voué, à terme, au démembrement et à lente putréfaction.

        La création de la Belgique, à partir de 1830, allait faire de la Meuse la modeste servante d’Anvers et de la Belgique et asservir le bassin liégeois aux objectifs anversois. On va voir comment. En cent cinquante pages, Robert-Armand Planchar  raconte les faits comme il les a vécu, ressenti et perçu.  Il y a eu des bourdes diplomatiques dont la première, et non la moindre, date de 1854. Elle est commise par un triple bourgmestre de Liège, Guillaume-Ferdinand  Piercot alors qu’il est ministre de l’Intérieur. Il y a eu les tenants du romantisme portuaire franco-belge, comme Jean-Maurice Dehousse, José Happart, des Liégeois, ou André Baudson, un Hennuyer, ce qui se comprend mieux, prêchaient, à ce temps, pour qu’Anvers et Rotterdam cédassent le pas à Dunkerque.

        Il y a eu des victoires comme, en 1937, la création du Port autonome de Liège voulu par Georges Truffaut.  En tout cas, créer le port, dès maintenant, c’est travailler pour l’avenir de la région déclare le conseiller communal Bounameau. Autre victoire, le Canal Albert en 1939 mais il a fallu attendre 2015 pour que soit érigée, à Lanaye, une quatrième écluse permettant le passage des bateaux de 9000 tonnes en provenance ou destination des pays de Nord et de l’Est de l’Europe.

        Le charme et le mérite de Robert-Armand Planchar est d’appeler un chat ... un chat et de ne pas tourner autour du pot. C’est ce qui fait tout l’intérêt politico-stratégique de Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille.  Un franc-parler bien dans la ligne de son premier patron, Jean Rey, qui, en 1957, a déclaré : Chacun sait, ou devrait savoir, que la Belgique a toujours été bornée au Sud par la France et bernée au Nord par les Pays-Bas.

LIEGE source MEUSE.jpg©FCW

(1) Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille – Robert-Armand Planchar – Édition Noir Dessin Production – 234 pages – 15€

(2) Les Planchar et l'introduction des "pompes à feu" de Thomas Newcomen en Principauté de Liège - Cfr Liège 28 du 6/12/2010

 

07:30 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Europe, Liège, Littérature, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 20 octobre 2016

Janvier 2017, première ligne ferrée électrique d'Afrique opérationnelle de Djibouti à Addis-Abeba

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        En novembre, à Djibouti, deuxième étape de l’inauguration de la nouvelle voie ferrée reliant cette ville portuaire à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie. La première étape de l’inauguration a eu lieu dans cette ville en début octobre. À en croire La Nation, journal djiboutien : la cérémonie inaugurale fut particulièrement longue. Il est vrai que cette ligne est historique. Il s’agit de la première voie ferrée électrique du continent africain. Elle sera opérationnelle dès janvier 2017. Son tracé est parallèle à l’ancienne ligne mise en service le 17 juin 1917 qui, au fil des ans, a dépéri au point qu’aujourd’hui, elle se limite à un tronçon de 207 kms entre Dire Dawa et Galilée, deux villes éthiopiennes.

        L’initiateur de cette nouvelle ligne a été Ismaïl Omar Guelleh, le Président de la République de Djibouti. Sa réalisation, prévue en quatre ans, est l’œuvre des Chinois qui l’ont accomplie avec six mois d’avance. Vingt ans ont été nécessaires pour construire la ligne de 1917 !  Le train de la Renaissance et de la prospérité – long de 752 kms 700 – a un coût – 230 milliards de yuans – financés par la Chine.

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        Le train de la Renaissance et de la prospérité est vu par certains comme le premier maillon d’une Transafricaine allant de Djibouti à Douala, sur la côte Ouest. Les chiffres parlent : un dénivelé de 2 400 mètres, altitude d’Addis-Abeba, et Djibouti ; 41 locomotives et 1171 wagons destinés au fret et aux passagers ; vitesse 90 km/heure pour des convois fret de 3 500 tonnes, 120 km/heure pour les trains de passagers tandis qu’il faut trois jours par la route ; un personnel de 2 000 personnes.

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         Le train de la Renaissance et de la prospérité va être exploité par les Chinois durant les cinq premières années, le temps de former le personnel. Les informations à bord sont trilingues : amharique, la langue de l’Éthiopie, anglais et chinois. Il est à noter qu’en dépit des multiples avatars connus  depuis 1917, la Compagnie ferroviaire, à l’origine CFE (Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien),  a réussi à conserver, parmi son personnel, la langue française comme langue de travail. Ce qui est remarquable. La nouvelle Compagnie préfère substituer l’anglais au français et imposer le chinois. Qui paie les violons choisit la musique !

PHOTOS : 1- Ismaïl Omar Guelleh, Président de la République de Djibouti  2- Locomotive Éthiopian Railways 3- Ouvriers chinois

19:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 10 octobre 2016

2 octobre 1976, Mitterrand et Dalida participent à la campagne électorale du "Nouveau Liège".

 

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        Au siècle dernier, début des années septante, le débat politique porte notamment sur la fusion des communes. À l’époque, il y en a 2 359. Lorsque la Loi Michel est d’application, il en subsiste 596. Ce qui ne fait pas nécessairement le bonheur des communes fusionnées appelées désormais sections.  Ainsi le NON A LIEGE de Grivegnée sur l’enceinte du cimetière de Robermont est un exemple de cette opposition. Huit communes - Angleur, Bressoux, Chênée, Glain, Grivegnée, Jupille, Rocour, Wandre -, deux quartiers – Ans-bas et Sclessin -, quelques rues de Saint-Nicolas et Vottem fusionnent avec Liège que d’aucuns appellent le Nouveau Liège. Pas question de le nommer Grand Liège qui évoque encore le Gross Lüttich  durant la dernière guerre. Le Nouveau Liège a une population de 227 974 habitant(e)s.

        Le dimanche 10 octobre 1976, entre 8h et 13h, 153 165 personnes âgées de 21 ans et plus sont invitées à désigner les 51 membres du Conseil communal appelés à siéger de 1977 à 1982.  Seuls 141 245 se présentent  dans les divers bureaux de vote. En dépit du vote obligatoire, 11 920 (soit 12%85) se sont abstenus. Depuis, de scrutin en scrutin, le taux d’abstention ne cesse de croître. Elles sont bien lointaines les luttes en faveur du Suffrage Universel, le SU !

        En 1976, huit listes sont en lice : liste n°2 (Parti Social-Chrétien) en tête Jean-Pierre Grafé ; liste n°5 (Parti Socialiste Belge) en tête Édouard Close ; liste n°6 (Rassemblement Wallon) en tête Jean Gol ; liste n°7 (Parti Communiste Belge) en tête Albert Juchmès ; liste n°11 (Rassemblement Libéral Liégeois) en tête Hubert Pirotte ; liste n°12 (Démocratie Chrétienne) en tête Marc Delbovier ; liste - incomplète (30 candidat(e)s) - n°13 (Union des Progressistes) en tête Stassar ; liste - incomplète (3 candidats) - n°14 (Parti du Travail) en tête Deceukelier.   

        À l’issue du dépouillement des votes-papier, les résultats tombent. PSB 21 élus (Édouard Close 13 005 voix de préférence) ; PSC 14 élus (Jean-Pierre Grafé 15 558 vp ) ; RW 7 élus (Jean Gol 7 307 vp) ; RLL 7 élus (Hubert Pirotte 4 077 vp) ; PCB 2 élus (Albert Juchmès 603 vp). Les trois autres listes n’ont pas d’élu.

        La campagne électorale – libre à l’époque de toute législation relative aux dépenses électorales et au financement de partis – a été mémorable. La Fête de la Rose, le week-end du 2 octobre 2016, a célèbre le quarantième anniversaire du meeting PSB du 2 octobre 1976 qui a vu le premier secrétaire du PS, François Mitterrand et la chanteuse Dalida enthousiasmer nombre de Liégeoises et Liégeois. 

        Durant ce week-end du 2 octobre 2016 a été évoqué la Une de La Meuse du samedi 9 octobre 1976 présentant, pleine page, la photo d’Edouard Close, légendée : Le bourgmestre de Liège. À Liège, on y voit la patte du rédacteur en chef de La Meuse, Paul Gabriel spécialiste des Unes qui marquent l’esprit. La réalité est plus prosaïque. La direction du quotidien liégeois a vendu pour une somme appréciable – il est question d’un million de francs belges – la Une à quatre sponsors de la campagne électorale du PSB parmi lesquels figure la Brasserie Piedboeuf. Ce n’est pas le seul coup de pouce de Piedboeuf  à  cette campagne. Lasse de payer la taxe sur les brasseries imposée par Jupille, Piedboeuf - seule brasserie à la payer tout simplement parce qu’elle est la seule à Jupille – espère sa suppression par le Nouveau Liège. La taxe est supprimée peu après.

        Dans le respect de l’accord préélectoral rendu public le 25 février 1976, le Collège des Bourgmestre et Échevins est constitué d’élus PSB et RLL. Alliance libérale-socialiste assumée comme « maçonnique » assure le politologue Pierre Verjans dans la revue Politique de septembre 2012. Les résultats électoraux du RLL sont décevants en dépit de l’appui de Jean Defraigne (1 307 vp) qui a démissionné, le 31 juillet 1976, de son poste de ministre des Travaux publics dans le gouvernement Tindemans. Démission motivée parce qu’en fait, il semble surtout vouloir reprendre sa liberté pour préparer les élections communales liégeoises sans être lié par les accords gouvernementaux (1).

        Avec 7 élus, le RLL se partage en 5 échevine)s – Hubert Pirotte, Georges Goldine (1 442 vp), Jules Borsu (1 948vp), Madeleine Langevin (2 378), Joseph América (1 525) – et en 2  conseillers  -Jean Defraigne, Paul Swegerynen (1 191vp). Avec 21 élus, le PSB se partage entre 1 bourgmestre – Édouard Close -, 5 échevin(e)s – Raymond Petit (674), Gilberte Évrard (1 381vp), Henri Schlitz (1 702vp), Jean-Pierre Digneffe (1 734vp), Gilbert Polet (784vp)  – et 16 conseiller(e)s siégeant sur les bancs du Conseil.

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(1)    Page 161, tome IV de l’Encyclopédie du Mouvement Wallon – Institut Destrée – Paul Delforge

01:50 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 02 octobre 2016

HOUBLONNADES : douze microbrasseries à découvrir au Château de Waroux du 7 au 9 octobre.

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        Lorsqu’en 1366 est fondée la brasserie Den Hoorn (La Corne) - devenue au XVIIIème corne d’abondance pour Sébastien Artois - à moins d’une vingtaine de lieues de Louvain se dresse déjà le Château de Waroux à Alleur.  Dès lors, il est dans la nature des choses que l’un des trente-trois mille Clubs Rotary du monde – le Rotary Club de Liège-Sud – ait choisi le Château de Waroux pour organiser ses Houblonnades  (1) qui doivent financer le Youth Exchange Program (YEP) en mettant à l’honneur douze microbrasseries.

        Le YEP est une expérience unique qui permet à tout jeune motivé, équilibré, capable de s’adapter, prêt à remplir son rôle d’ambassadeur  de partir à l’étranger pour un court séjour ou durant une période de scolarité soit une dizaine de mois. Contrairement à ce que pense parfois un vain peuple je ne vais pas dépenser des sous pour que les fils de riches rotariens partent en vacances !, le YEP choisit parmi les jeunes de tout milieu qui postulent.

        Comment postuler ? Contactez le Rotary club près de chez vous pour savoir s’il participe à ce programme et connaître les options proposées et la procédure à suivre. La sélection et l’orientation pouvant être assez longues, nous vous suggérons de postuler six à douze mois avant la date de départ envisagée. La liste des Rotary du pays de Liège se trouve notamment sur le site www.rotary.org/fr. YEP est un programme qui couvre actuellement quarante pays.

        Le Rotary Club de Liège-Sud entend mettre à l’honneur les microbrasseries qui, esprit entrepreneurial aidant, se développent au pays de Liège au point que Meusinvest envisage une usine d’embouteillage mise à disposition des diverses microbrasseries. À noter que le site www.ratebeer.com permet aux consommateurs de bières de les coter qu’elles soient ou non en provenance de microbrasseries. Parmi les bières proposées aux Houblonnades, la plupart ont une cote leur valant, comme à l’Univ’, satisfaction frisant même la distinction. Ce qui est davantage que la cote (2.33 sur 5) obtenue par la cinquantenaire Jupiler …!    

 

  • Houblonnades – Salon des microbrasseries – du 7 au 9 octobre – Château de Waroux – vendredi 7 de 17h à 22h, samedi 8 de 16h à 24h, dimanche 14h à 20h - www.houblonnades.be  – Entrée comprenant le verre de dégustation 4 € - Consommation 2€

20:06 Écrit par Pierre André dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 23 septembre 2016

A Liège, l'Europe qualifiée d'ergoteuse le dimanche triomphe le mercredi au 21 rue La Boétie!

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        Après l’hommage rendu, dimanche 18, aux combattants liégeois des Événements de 1830  dont le dernier est décédé en 1900, la séance académique à l’Opéra pour les Fêtes de Wallonie a ressemblé partim à une remise de prix à la fin de l’année scolaire.

        Pour avoir suivi, avec succès attesté par l’Éveilleur Pierre-Henri Tomsin, une formation continuée en immersion « français-wallon », plusieurs centaines de Liégeoises et Liégeois ont reçu leur Diplôme de Liégeoiseries tandis que noss binamé Willy a notamment mis en valeur le travail de tous les membres de son Collège. Dame, les élections communales, c’est dans 758 jours, le 14 octobre 2018 !

        En revanche, évoquant le tram, noss binamé Willy n’a donné aucun bon point à l’Europe, l’Europe doit par exemple cesser d’ergoter sur des problèmes comptables. Mieux, il a fait siens les propos de Paul Magnette à Namur : c’est dans l’intérêt même de l’Union européenne que parfois il faut oser lui désobéir. Propos se rapprochant d’un euroscepticisme dont se délectent certains candidats à l’élection présidentielle en France et qui a mené au fâcheux Brexit en juin.

        Fort heureusement, trois jours plus tard, lors de la conférence de presse de l’expo 21, rue La Boétie, la nouvelle citoyenne d’honneur de la Ville de Liège, la journaliste Anne Sinclair a affirmé, avec force, ses convictions européennes au pays de Fernand Dehousse, fondateur de l’Institut d’Études juridiques européennes de l’Université de Liège, de Jean Rey, président de la Commission européenne de 1967 à 1970 et de ces jeunes Liégeoises et Liégeois qui, bien avant le Traité de Rome, s'en sont allés à Strasbourg, revendiquer la libre circulation des gens et des idées par la suppression des frontières européennes. Ces jeunes participent à cette manifestation internationale devant le Conseil de l'Europe  emmenés par Jean-Pierre Grafé, à l'époque président national des Étudiants en Droit.

 

14:35 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 12 septembre 2016

Chat c'est une pharmacie ...

        Au lendemain de la guerre, Charles Trenet part pour l’Amérique. Au Québec, il y découvre notamment la célèbre Pharmacie Montréal située sur Sainte-Catherine. Ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, elle est la plus grande pharmacie en détail du monde. Autre caractéristique, on y vend de tout. Il en est de même dans les multiples pharmacies franchisées éponymes.

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        De quoi inspirer Trenet qui, dans son récital à l’Étoile en 1952, chante Dans les pharmacies (1) qui narre l’extrême variété des produits qu’on y trouve. Nul doute qu’il se serait également laissé inspirer par ce caducée félin trouvé à l’entrée de Calvi.

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(1) https://www.youtube.com/watch?v=ioV9HPfBBTk

18:01 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 05 septembre 2016

Ouf, un décodeur Proximus moins énergivore ...

 

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        Au 31 janvier 2017, les décodeurs actuels de Proximus seront obsolètes. Aussi, une opération d’échange avec le nouveau modèle qui donne accès à un nouveau menu TV convivial  et permet en outre de zapper plus vite est actuellement en cours. En collaboration avec Bpost, Proximus vous propose de choisir le jour où le nouveau décodeur vous est remis à domicile.

        Si pour l’ancien décodeur, Belgacom – le papa de Proximus – a laissé le choix entre l’achat – 99€ - et la location, Proximus impose la location – 8€ le mois – pour le nouveau modèle. S’il est exagéré de crier à l’arnaque, il est permis de dire que la méthode s’en rapproche. Démonstration : prenons un cas réel du client qui achète en juin 2011 son décodeur Belgacom et l’utilise jusqu’à juin 2016 (60 mois), mensuellement cela lui a couté 1€ 65. Pour soixante mois de location chez Proximus, le client est appelé à débourser 384€ car bonne fille,  Proximus lui  accorde la gratuité la première année de location.

        384€ chez Proximus contre 99€ chez Belgacom, c’est une augmentation de … 387%. Ce montant flirte avec l’arnaque mais Proximus rassure. Son nouveau décodeur consomme moins d’électricité.

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09:41 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg