lundi, 24 janvier 2011

Le lock-out au Journal de Montréal entre dans sa troisième année !

     Dès le 27 janvier 2009, Liège 28 a annoncé le lock-out de 253 personnes (journalistes, photographes, infographes ou encore préposées aux petites annonces) au Journal de Montréal par Pierre-Karl Péladeau, patron de Quebecor. Deux ans, plus tard, le conflit dure toujours.

     Ce soir, à 20h. un spectacle de solidarité - le show du cadenas selon l'appellation de Rue Frontenac - se déroule au Métropolis, 59, rue Sainte-Catherine Est, Montréal. Ce spectacle au cours duquel Les Zapartistes,  Bernard Adamus, le groupe Karkwa, Damien Robitaille et Gilles Vigneault se produisent, marque l’entrée du lock-out dans sa troisième année. Un Zapartiste, Christian Vanasse, explique : La convergence, dans les médias, fait passer les intérêts du groupe de presse avant ceux du public. D’un point de vue capitaliste, c’est magique, ça crée toute une machine à fric, mais il faut se rappeler que sans médias, il n’y a plus de démocratie. Quant à Gilles Vigneault, il déplore l'attitude de Pierre-Karl Peladeau : Ça fait deux ans qu’il perd de très belles occasions d’être en avance sur la philosophie de l’information. Il aurait eu avantage à se placer en avant de la pensée des communicateurs d’aujourd’hui. Dès le début du conflit, les lockoutés ont publié, sur Internet, Rue Frontenac www.ruefrontenac.com . Depuis quelques mois, une version hebdomadaire papier de Rue Frontenac est sur le marché.

     L’an dernier, à la même époque, Liège 28 a écrit : en ce temps de mondialisation, les 253 lock-outés peuvent logiquement attendre un soutien (moral) de leurs confrères étrangers dont les Belges. Curieusement - même le bulletin mensuel de l'association des journalistes professionnels francophones belges « Journalistes » - la presse européenne ne s'intéresse guère à ce lock-out. C'est d'autant plus étonnant qu'il y a, dans ce conflit, un petit côté « people » dont la presse généraliste se montre d'ordinaire si friande. En effet, Pierre Karl Peladeau est le conjoint d'une vedette TV, Julie Snyder,(…) Julie Snyder a fait les belles avant-soirées de France 2, en début du 21ème siècle avant de retourner au Québec, produire la Star Ac' et animer différentes émissions populaires.

     Un an plus tard – la longévité de ce conflit social de presse ayant cru – le même silence radio existe chez les confrères européens. Silence également des confrères belges. Silence également dans le bulletin mensuel de l’Association des Journalistes professionnels (AJP) Journalistes. Silence d’autant plus curieux que la Secrétaire générale de l’AJP a été l’invitée au Congrès de la Fédération professionnelle des Journalistes du Québec. Elle a fait un brillant exposé sur l’agréation des journalistes professionnels qui existe dans notre pays depuis le 31 décembre 1963. Sa conclusion : nous pensons que si l’agréation au titre de journaliste professionnel n’existait pas, nous l’inventerions.

     À ce même Congrès, un atelier a eu pour titre L'éléphant dans la pièce. Cet atelier s’est intéressé à Quebecor, au lock-outés du Journal de Montréal. Mieux, l'assemblée générale a voté à l'unanimité dimanche une résolution demandant une commission parlementaire qui se penchera sur toutes les causes sous-jacentes, y compris la concentration de la presse, qui ont conduit au pourrissement du conflit (au Journal de Montréal).

 

14:25 Écrit par Pierre André dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

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