vendredi, 15 avril 2011

Je suis Maggy, une folle de Ruyigi !

       Dans son émission noms de dieux du mardi 19 avril (1), Edmond Blattchen reçoit  Marguerite Barankitse qui se présente telle une folle de Ruyigi. Chef-lieu d’une des 17 provinces du Burundi, Ruyigi a connu, en octobre 1993, un massacre de Hutus par les Tutsis. Cette vengeance par les Tutsis de Ruyigi contre les Hutus et apparentés fait suite aux assassinats, lors d’un putsch militaire à Bujumbura, du Président de la République, le Hutu Melchior Ndadaye et de ses proches collaborateurs.

      Tutsi, Marguerite que chacun appelle Maggy et ses enfants adoptés – Hutus et Tutsis - échappent à la mort. Dès  le 25 octobre 1993, cette auxiliaire épiscopale recueille et nourrit une petite trentaine d’orphelins du massacre. Au printemps 94, l’évêque de Ruyigi  met à la disposition de Maggy, un bâtiment pour qu’elle continue sa mission de faire émerger, par le pardon et la réconciliation, une nouvelle génération de citoyens pacifiés. Maggy crée l’ONG La Maison Shalom dont l’objet est d’accueillir, de réinsérer les enfants victimes tant de la guerre civile que du Sida. Peu importe l’origine ethnique des enfants. Maggy raconte dans noms de dieux comment une jeune fille victime des massacres a demandé à  l’assassin de ses parents de l’aider à reconstruire leur maison qu’il avait complètement détruite. A l’issue de cette reconstruction, elle lui a fait une autre demande : accepter de devenir son second père. L’enthousiasme de Maggy est tel qu’elle a construit La Cité des anges qui comprend notamment cinéma, centre scolaire, boulangerie, centre informatique, garage etc. Plus de dix mille enfants ont retrouvés la joie de vivre, joie et humour qui émanent de la personnalité de Maggy. 

      Personnalité exceptionnelle dont les qualités lui ont valu reconnaissance et distinctions tels un doctorat honoris causa de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve,  la Légion d’honneur.  Le 23 avril 2003, la Reine Sylvia de Suéde lui remet le Nobel des enfants. Ces honneurs – et il en est d’autres – n’altèrent en rien  ses qualités dont les principales sont la volonté, l’enthousiasme, le sens de la solidarité, de la répartie et l’humour. Elle a tenu a confier à Edmond Blattchen et au réalisateur Jacques Dochamps, avant l’enregistrement de noms de dieux, sa chance de se prénommer  Marguerite alors que, née un 21 juillet, on aurait pu m’appeler Fête Nat  en éclatant d’un rire communicatif.

(1) vers 22h45 sur la deux - rediffusion sur la deux dans la boucle de nuit du jeudi 21 au vendredi 22 avril. Sur le Net, dès le 20 avril, à la rubrique Revoir sur le site www.rtbf.be

00:19 Écrit par Pierre André dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

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