mercredi, 22 juin 2011
Rendez-vous au 52ème Festival Royal du Théâtre de Spa, du 5 au 16 août.

En 1947, recommandé par le poète René Char, Jean Vilar crée le Festival d’Avignon dont le succès va le conduire à lui octroyer le Palais de Chaillot où il fait naître le T.N.P. : Théâtre National Populaire.
En 1945, au départ de comédiens routiers les frères Huisman se voient confier la fondation d’un Théâtre National par le Ministre Auguste Buisseret qui devint en fin de carrière Bourgmestre de Liège. Bénéficiant de subventions publiques à justifier (c’était une autre époque) par des décentralisations, Jacques Huisman, ingénieur devenu homme de théâtre, retient l’idée d’implanter à Spa une fête estivale : un Festival entouré d’autres initiatives festives.
Ce Festival en 1959 ne peut que s’inspirer de l’expérience enthousiasmante de Vilar. Adolescent, je suis parti en auto-stop deux années de suite (en 1955 et 1956) participer aux rencontres internationales des jeunes qu’y organise le T.N.P.. Un autre jeune, hennuyer - à peine sept mois et demi plus âgé que moi - s’intéresse davantage à la Cour d’honneur du Palais des Papes et aux jardins d’Urbain V qu’à son doctorat en droit. Malgré sa réussite, c'est une perte sèche pour le Barreau : Armand Delcampe travaille huit ans avec Puaux au Festival d’Avignon, joue et souvent met en scène une centaine de pièces de théâtre en quarante ans et dirige à présent l’Atelier théâtral Jean Vilar à Louvain la Neuve. De plus, depuis douze ans, il est à la tête du Festival de Spa que Jacques Huisman et le National ont animé jusqu’en 1987 et les regrettés Billy Fasbender et André Debaar réunissant des troupes surtout bruxelloises de 1988 à 1998.
Mais de manières différentes, tous se réclament de Jean Vilar. Celui-ci a écrit : Le théâtre est une nourriture aussi indispensable à la vie que le pain et le vin... Le théâtre est donc, au premier chef, un service public. Tout comme le gaz, l'eau, l'électricité. Heureusement Vilar n’a pas vécu la privatisation du gaz, de l’eau et de l’électricité. Il manquait d’imagination pour les concevoir.
A Spa, après les subventions justifiées par la décentralisation et la vitrine théâtrale de feu le duo précité, Armand Delcampe s’habitue à la participation de Cécile Van Snick non seulement comme comédienne de grand talent mais aussi comme co-directrice au point de lui avoir laissé exposer seule – sous son regard bienveillant quoiqu’un rien goguenard – le programme détaillé du 52ème Festival théâtral de Spa lors d’une récente conférence de presse décentralisée avec succès à Liège en notre Maison de la Presse.
Si le Festival théâtral de Spa a pu obtenir fin 2002 du Ministre MR montois Richard Miller un contrat programme correct et de la Ville de Spa une profonde rénovation des infrastructures nécessaires à une grande partie des représentations, par contre depuis de longues années la ministre socialiste anderlechtoise Fadila Laanan refuse un renouvellement du contrat précédent et annonce que budgétairement la visse (ou la vice) reste hermétiquement fermée, oui aussi pour 2012 et encore pour 2013.
Que le KunstenFestivaldesArts van Frie Leysen initiative bruxello-flamande subventionnée par la Flandre, Bruxelles et désormais de manière importante par l’Union européenne reçoive en outre de la Communauté française une somme double de celle octroyée à Spa, semble normal à celles et ceux qui ne comprennent pas que nous voulions la régionalisation deS (S majuscule signé Destrée : pas Jules mais Urbain) compétences communautaires.
Armand Delcampe et Cécile Van Snick ne commentent pas ces réalités. Ils travaillent et offrent malgré tout deux mille places en plus que l’an dernier pour permettre à plus de 10.000 spectateurs (voire à 15.000 selon d’autres affirmations) de découvrir en 12 jours et en 6 lieux, 60 représentations de 28 spectacles dont 5 créations. Nous ne détaillerons pas, vous renvoyant au site très complet http://www.festivaldespa.be, aux délégués du festival (à Liège Françoise et André Bisschops 125 rue Fraichamps à 4030 Grivegnée Tél. : 04 3433191 et courriel andre.bisschops@skynet.be) et au numéro gratuit pour les réservations : 0800/24140.
Enfin, nos deux coups de cœur : - les 5 et 6 août Les Femmes savantes de Molière, interprétées par douze comédiens dans une mise en scène d’Armand Delcampe ;
- les 11 et 12 août, le style, la causticité et la profonde humanité de l’auteur et adaptateur de La seconde vie d’Abram Potz , Foulek Ringelheim, brillant magistrat après avoir été étudiant à Liège où il a gardé une partie importante de ses racines multiples.
Jean-Marie Roberti.
21:10 Écrit par Pierre André dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 16 juin 2011
Liège Expo 2017
En décembre 2010, un article du Monde Diplomatique intitulé Les élites sacrifient la langue française, il est fait mention du livre de Claude Hagège Dictionnaire amoureux des langues paru en 2009 chez Plon. Cet auteur inclut le français parmi les langues en danger. Le professeur honoraire au Collège de France décèle deux menaces essentielles. L’une proviendrait de l’extérieur – « la domination économique et politique du monde » par les Etats-Unis – et l’autre, interne, serait le fait des « élites » non conscientes, des intellectuels et des marchands.
Apparemment pourtant le français se porte bien. A l’ONU, il figure parmi les six langues officielles aux côtés de l’anglais, de l’arabe, de l’espagnol, du russe et du mandarin. Notons que la Chine a pris, en 2010, une législation interdisant l’emploi courant de termes anglophones dans la presse publiée en mandarin. Aux Jeux Olympiques, outre la langue du pays organisateur, français et anglais sont langues officielles. Forte de ses vingt-sept membres, l’Union européenne a vingt-trois langues officielles mais ne sont reconnues comme langues de travail que l’allemand, le français et l’anglais.
Cependant, le tout anglais domine au point que Jean Quatremer, notre confrère de Libération, a écrit : on a de plus en plus l’impression de vivre, à Bruxelles, dans un dominion de la Couronne. Face à cette situation, genre de conversation entre fonctionnaires de pays de l’UE : Qui peut faire quelque chose contre cet incompréhensible et avilissant sabordage de la langue française, par les Français eux-mêmes auquel répond : Non, les Français ne sabordent pas la langue française : ce sont les Européens qui se sabordent en sacrifiant tout (langue, argent, zones d’influence) au profit des Américains. Tel un écho, s’insurgeant contre le tout anglais, Michel Serres déclare comme d'habitude, les vainqueurs cherchent à imposer leur langage.
La défense et de l’illustration de la langue a bien évolué depuis du Bellay. Si Voltaire a pu, dans les années 1750/60, constater : Notre langue se parle à Vienne, à Berlin, à Stockholm, à Copenhague, à Moscou ; elle est la langue de l'Europe ou notre langue et nos belles-lettres ont fait plus de conquêtes que Charlemagne, nous n’en sommes plus à l’unilinguisme. Parmi les missions de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) figure promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique. Début XIXe siécle, Madame de Staël note déjà : C'est Charles-Quint qui a dit qu'un homme qui sait quatre langues vaut quatre hommes.
Parmi les organismes importants au sein de l’OIF, il y a l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF) dont le Bourgmestre de Liége est le Vice-Président et le Maire de Paris, Bertrand Delanoé, le Président. Willy Demeyer s’emploie à rallier les 48 pays membres de l’AIMF en vue de soutenir la candidature de Liège en qualité de siège de l’Exposition Internationale 2017. Le thème retenu par la francophone Ville de Liège est Connecting the world, linking peoples ! En édition spéciale, l'organe communal Le journal de Liège présente une préfiguration de ce que sera le futur billet d’entrée. 8 millions d’exemplaires devraient être vendus soit deux millions de plus qu’annoncé à la conférence de presse au MAMAC. Le chiffre de 6 millions étant calculé sur base des entrées réalisées par l’Expo de Saragosse en 2007.
Voici le ticket d’entrée de Liège Expo 2017 :

10:04 Écrit par Pierre André dans Liége 2017 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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mardi, 14 juin 2011
Stavelot, du 7 au 16 juillet 2011, vit au rythme des VTS.
Les mois de juillet et août sont, depuis plus ou moins un demi-siècle, une période chérie des amateurs de théâtre en province de Liège. Distante de seize kilomètres - une seule commune au nom universellement connu par les fanas de F1, Francorchamps les séparent - Stavelot et Spa présentent, l’une, les Vacances-Théâtre-Stavelot, les VTS www.festival-vts.net, l’autre, le Festival Royal de Théâtre de Spa www.festivaldespa.be.
En juin 2008, Liège 28 a cerné les prolégomènes qui ont conduit à la création des VTS. Cette année, dans la présentation des VTS, le député provincial Paul-Émile Mottard remarque : Si la concurrence de l’audiovisuel n’avait qu’un mérite pour le théâtre, ce serait sans nul doute celui de le pousser à toujours plus d’inventivité, plus d’audace. Cette année, la programmation du festival vous surprendra, vous questionnera, vous ravira… A la fois teintée d’humour et de poésie, cette édition 2011 est également placée sous le signe du questionnement, de la réflexion. « Le but du théâtre est d’affronter les limites », a dit Edward Bond… Plus que jamais, ce sera le cas durant ce festival. L’exil, les racines, la solitude sont autant de thèmes qui seront abordés par des comédiens et des metteurs en scène au talent et à l’efficacité impitoyables. D’autres ont choisi la voie de la comédie, de la dérision, un exercice parfois bien plus difficile encore... Quel bonheur !
Du 7 au 16 juillet, le bonheur sera total. Du premier spectacle ATTILA, Reine des Belges au dernier Gainsbourg Ressuscité « Bien fait pour sa Gueule », rien que du bonheur. Ainsi, le 12 juillet, Marie-Christine Barrault sera Fanny Hellis, femme fatale, star déchue ravagée par l’alcool, héroïne grandiose, fait son grand retour sur scène après une cure de désintoxication. Dans sa loge, l’espace d’une heure, avant une représentation d’une importance capitale, elle se retrouve face au miroir de sa vie, affrontant ses anciens démons pour leur régler leur compte de manière définitive. Le lendemain, Dieudonné Bakongo jette Bas les masques. Dans une fable drolatique dont il est l’auteur, Dieudonné Bakongo ausculte avec ironie et tendresse toutes les avanies par lesquelles ont dû passer les peuples qui ont eu besoin de colonisateurs pour être considérés comme faisant partie de l’Humanité.
L’accouchement d’un gouvernement fédéral en Belgique n’est rien à côté des problèmes rencontrés par notre Reine des Belges enceinte de deux ans et demi. Une histoire compliquée – drôle à souhait – voit Marie-Élisabeth Cornet enfanter une soixantaine de personnages sans décor et avec une cape pour unique accessoire. Quant au dernier spectacle de VTS, il met en scène un Liégeois Pierre Lafleur qui, adolescent, s’est rendu quantité de fois faire le pied de grue devant le 5bis, rue de Verneuil dans le 7ème arrondissement de Paris dont la maire est actuellement Rachida Dati. À l’époque, Serge Gainsbourg est la vedette de la rue Verneuil (et bien au-delà). Il a repéré le p’tit barjo de Belgique. Aujourd’hui, Pierre Lafleur accompagné de quatre musiciens ressuscite - un véritable miracle divin comme autrefois - le beau Serge.
Vacances-Théâtre-Stavelot demeure décidément le lieu de toutes les expérimentations possibles face à un public sans préjugés, les spectacles à destination des plus jeunes (mais pas interdits aux autres) ne manquent pas non plus de ces découvertes qui étonnent et dérident même les plus austères. Nous vous donnons donc rendez-vous pour un festival qui tient ses promesses, ne s’étiole pas au fil du temps et dément les âmes chagrines qui ne croiraient pas à la nécessité des arts de la scène. Plus qu’un divertissement, le théâtre est pour ceux qui s’y sont piqué un véritable besoin, celui de la rencontre et de l’irremplaçable immédiateté d’un spectacle vivant, à la fois éphémère et immortel.

Dans quelques jours, Liège 28 cède à notre confrère Jean-Marie Roberti ses colonnes en vue de présenter le Festival Royal du Théâtre de Spa.

18:32 Écrit par Pierre André dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 09 juin 2011
"Préparatif de fête" pour Liège Expo 2017.
Les animateurs de Liège Expo 2017 sont des petits futés qui prennent à cœur leur travail en sorte que les instances du Bureau International des Expositions (B.I.E.) reconnaissent notre Cité ardente comme siège de l’Exposition internationale de 2017 au lendemain de l’Exposition universelle de Milan (792 kilomètres séparent les deux sites).
Sans être superstitieux, Liège Expo 2017 a placé la première présentation de leurs ambitions sous le patronage de Jefferys. Non point directement de Thomas Jefferys encore que ce cartographe anglais de Georges III a eu, au XVIIIe siècle, une vision très ouverte sur le monde. Le Jefferys choisi par Jean-Christophe Peterkenne se prénomme Marcel. Il est né à Milan, en 1872, d’un couple mixte belgo-anglais, il a résidé à Paris, à Londres et a eu, grâce à Isy Brachot, quantité de contact avec l’Art Belge. Bref, les Jefferys ont toutes les qualités pour incarner l’idée d’une Exposition internationale.
C’est donc devant une toile de Marcel Jefferys – propriété de la Fédération Wallonie-Bruxelles – en dépôt au MAMAC que s’est tenue la première conférence de presse locale et eurorégionale de lancement de la candidature de Liège. Le tableau bien nommé: Préparatif de fête.
Notre excellent ami et confrère Gaston Lecoq a rendu parfaitement la teneur de cette conférence de presse dans Proxi-Liège - du 29 mai au 1er juin sur www.proxiliege.net -, conférence de presse calquée sur la formule utilisée en octobre 2010, à Shanghaï, d’un exposé en anglais par une délégation liégeoise.
Ce vendredi, le Premier Ministre dépose officiellement la candidature de Liège. Le mardi de Pentecôte, à Paris, lors de l’assemblée générale du B.I.E., Premier Ministre et Bourgmestre vont défendre ce dossier.

22:30 Écrit par Pierre André dans Liége 2017 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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