lundi, 29 août 2011
À Spa un 52ème - … et dernier ? - Festival royal de Théâtre car à Bruxelles le Kunstenfestival élitiste est préféré au service de grands textes dramatiques en « province »…
Le 52ème Festival Royal de Théâtre de Spa a, dans 6 lieux, pendant 11 jours (du 5 au 16 Août 2011), réuni plus de 11.000 spectateurs (dont 760 abonnés), le taux d’occupation des salles atteignant 80% lors des 60 représentations de 28 spectacles comprenant 5 créations dont 2 mondiales, outre 3 après-midi de théâtre de rue.
Ce que ce bilan chiffré ne dit pas en une phrase, c’est que l’establishment bruxellois de la Fédération Wallonie-Bruxelles (dont les responsables brillent à Spa par leurs absences répétées, en ne veillant même pas à s’y faire représenter) est en train d’étrangler, - après plus d’un demi-siècle essentiellement marqué par une volonté de servir des textes de qualité plutôt que la prétention de metteurs en scène nombriliques -, la principale manifestation estivale wallonne d’art dramatique à qui est, systématiquement et injustement, refusé le renouvellement d’un contrat-programme pluriannuel.
C’est dans le silence assourdissant de trop d’élus de la majorité wallonne du Parlement de l’ex-Communauté française que sont votés des budgets qui bafouent toute équité quant à la répartition des dépenses localisables entre régions wallonne et bruxelloise (déjà dotée à son profit si pas exclusif, en tout cas très largement prioritaire de toutes les coûteuses institutions culturelles et scientifiques restées fédérales, et cela à deux exceptions flamandes près : Tervuren et Meise).
Par exemple le Kunsten Festival des Arts initiative flamande (officiellement bilingue, égalité incontournable mais qui à Bruxelles s’avère très favorable à la minorité flamande) d’expression avant-gardiste élitaire fondée, il y a une quinzaine d’années, par Madame Frie Leysen est largement subventionné par la Communauté flamande et depuis cette année par l’Union européenne qui compte parmi ses dirigeants à Bruxelles des amateurs d’art contemporain (parfois malheureusement y compris le plus abscons), sans parler de l’aide de la Région et de la Ville de Bruxelles.
Tant au sein des gouvernements concernés et de leurs hautes administrations qu’au niveau de la direction et des services d’études des partis, cela n’empêche pas certains de nos responsables politiques d’octroyer une subvention annuelle supplémentaire à ce Kunsten… Subvention qui représente à elle seule le DOUBLE de ce qui est consenti chaque année au Festival théâtral de Spa devenu Royal mais resté provincial (donc concrètement méprisable) et trop peu lucratif pour les sponsors de grands évènements.
Quand donc nos éloquents parlementaires wallons s’inspireront-ils de Cicéron s’adressant au comploteur Catilina, et (leurs pages roses consultées) s’écrieront–ils : Quo usque tandem, abutere patientia nostra? ce qui signifie Jusques à quand enfin, abuseras-tu de notre patience ?. Il y a urgence car à force de se déliter, la situation est à ce point obérée (par des rémunérations, cotisations sociales, défraiements qui, malgré leur grande modestie, stagnent et donc régressent, par des choix artistiques bridés par la diminution de la taille moyenne des distributions etc… et par un manque de moyens en vue de développer une communication efficace) qu’Armand Delcampe a affirmé - bien qu’en 2011 les recettes propres du festival aient nettement dépassé les prévisions - que si les choses ne bougeaient pas de manière vraiment significative, il ne serait pas l’an prochain à un quatorzième rendez-vous spadois. Cela personne ne l’a reproduit : c’est sans doute un avertissement impoli.
Quelques chiffres…
Le Théâtre national - débarrassé de ses obligations de décentralisation - reçoit annuellement 6.395.000 euros et son directeur obtient en plus 400.000 euros par an pour un Festival de Liège (et autres lieux) qui n’est plus organisé que tous les deux ans en remplacement d’un Festival liégeois du Jeune Théâtre qui lui était annuel. Le Kunstenfestival à dominante bruxello-flamande obtient de la Wallonie (si, si..) et de Bruxelles 587.000 euros soit 335.615 euros annuels de plus que le 52ème Festival Royal de Théâtre de Spa (251.385 €).
Et, pour ses élites, l’ex-Communauté française n’hésite pas à prendre en charge cinq emplois à l’année pour animer en vue du Festival off les bâtiments qu’elle a achetés en Avignon où son Théâtre des Doms obtient, en outre, 595.000 euros de subventions annuelles (le taux d’occupation des places étant pendant le festival de 64% soit 16% de moins qu’à Spa).
Nous reviendrons sur ces chiffres et bien d’autres. Alors que les Wallons représentent quelque 80% des francophones de la Fédération Wallonie Bruxelles, ils sont floués de manière scandaleuse dans bien des domaines, du secteur bancaire jusqu’à celui de la communication (voyez la RTBF …) en passant par des théâtres sur lesquels il nous reste beaucoup à écrire.
À Liège tandis que le Théâtre (également Royal) de l’Etuve perdait, en 2010, 50% de ses 62.000 euros de subventions annuelles et 100% en 2011, le Théâtre Arlequin doit se contenter de 151.000 euros par an soit moins d’un dixième de ce qui est octroyé à des scènes bruxelloises telles que le Varia ou le Rideau de Bruxelles. A quand des amendements parlementaires wallons à une telle situation inadmissible ?
Jean-Marie ROBERTI
17:05 Écrit par Pierre André dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 24 août 2011
"Proximité" ne signifie pas "être au coeur de l'action" !
Aujourd’hui, le groupe RTL-TVI a présenté la prochaine saison de ses trois chaînes : RTL-TVI, Club RTL et Plug-RTL. Caractéristique dominante de ces trois chaînes : la proximité.
La preuve en a été donnée, ce soir, au Journal télévise de 19h 00 : l’envoyé spécial de RTL-TVI sur les affaires libyennes s’est trouvé à proximité c’est-à-dire … en Tunisie.
En revanche, l’envoyé spécial de la chaîne publique, la RTBF, quant à lui, il s’est trouvé à Tripoli, au cœur même de l’action et du danger !
20:51 Écrit par Pierre André dans Media | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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lundi, 22 août 2011
Le député Philippe Dodrimont émule de Michel Audiard ?
La langue française est riche de milliers de citations et autres expressions. Ajouter à cette richesse, relève du talent d’un Michel Audiard capable de proférer Un pigeon, c'est plus con qu'un dauphin, d'accord... mais ça vole.
Ce trésor peut également s’accroître quasi par hasard et provoquer l’hilarité d’une assemblée parlementaire, tous partis confondus. dans une intervention au le ministre André Antoine, qualifié de Philippe Gilbert de l’effet d’annonce, le Député-bourgmestre d’Aywaille, Philippe Dodrimont lance : Qui fait le malin va parfois dans le ravin. L’hilarité apaisée, Philippe Dodrimont avoue Je viens d’imaginer cette citation !
20:01 Écrit par Pierre André | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 17 août 2011
Retrouvailles, Festival de Promenade...des initiatives - bien liégeoises - dues à l'échevin Michel Firket.
Il convient de rendre à César …et au Premier Échevin de la Ville, Michel Firket ce qui est à César…et au Premier Échevin de la Ville, Michel Firket. Il est permis, sans esprit partisan, de porter à l’actif de Michel Firket, Échevin depuis 1989, deux initiatives se révélant deux succès : Retrouvailles et le Festival de Promenade.
Les samedi et dimanche 3 et 4 septembre, de 11h à 19h, au parc de la Boverie va se dérouler la vingtième édition de Retrouvailles, l’occasion pour les Liégeoises et les Liégeois de se raconter leurs souvenirs de vacances. Retrouvailles leur offrent le choix parmi les 300 cercles, groupes, amicales, compagnies et sociétés de toute nature dont elles ou ils se feront membre histoire de passer l’hiver à la chaleur de l’associatif.
Le Festival de Promenade n’en est qu’à sa huitième édition mais il a prospéré. Outre Ans, Flémalle, Grâce-Hollogne, Seraing qui ont rejoint le Festival de Promenade de Liège antérieurement, cette année trois nouvelles communes Awans, Crisnée et Saint-Nicolas s’associent au projet. Étalé du 19 au 28 août, le Festival de Promenade permet de prolonger ses vacances. Le programme est vaste – on le trouve sur site de la Ville de Liège– aussi sied-il de se limiter au bord d’une rivière dont l’histoire précède celle de Liège.
Les Omaliens ont été les premiers – il y a six-sept mille ans – à en découvrir le charme.. Pour Joseph Deleuse, ce petit vallon wallon qu’est la Légia (les Basses Rieux autrefois) a mérité tout un livre ((cfr Liège 28 – 8/3/2010). Mais il mérite davantage. C’est pourquoi, dans le cadre du Festival de Promenade, Joseph Deleuse propose deux circuits, l’un de deux heures, l’autre naturellement plus complet de quatre heures (1).
À peu de distance de l’endroit où l’alluvion des Basses Rieux rend la terre fertile, là où sans nul doute les premiers habitants de Liège aient choisi le site s’étendant au pied de Pierreuse pour y établir leur résidence, de riches familles nobles ont fait construire des hôtels particuliers connus jusqu’au Liège du XXème siècle sous le nom de Hôtel de Sélys-Longchamps et Hôtel des comtes de Méan.
Le Liège du 21ème siècle le connaît désormais sous le nom de l’hôtel cinq étoiles Crowne Plaza. C’est dans la salle de bal appelée Les Comtes de Méan - un petit bijou avec sa verrière culminant à 9 m de haut – que le 19 août, à 20h 30 se produira, en concert exceptionnel, le jazzmen Philip Catherine.
Les mélomanes ravis du respect de cette tradition du Festival de Promenade auront mémoire que c’est dans cette salle de bal qu’a eu lieu, le jeudi 8 août 1929, la réception de mariage du violoniste virtuose liégeois Henry Koch avec Emma Antoine, petite-fille de l’industriel Adolphe Eymael, dernier particulier résidant au Mont Saint Martin en l’Hôtel des Comtes de Méan.
Cette salle de bal d’une capacité de 350 personnes a été complètement restaurée à l’identique par des artisans scrupuleusement respectueux du génie créatif de leurs prédécesseurs.
(1) Dimanche 21 août RV 9h30 – durée 2h. -, jeudi 25 août RV 13h30 – durée 4h. Le RV a lieu à la Piscine d’Ans, rue Walthère Jamar 162 – la promenade commence sous le marronnier du parc Herman jouxtant. La réservation est obligatoire – vu le succès – au 04/2379292 (Maison du Tourisme).
19:50 Écrit par Pierre André dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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mardi, 16 août 2011
Liège : plus que quelques jours avant la clôture - 28 août - de "La Reliure de fil en aiguille" au Musée d'Ansembourg.
Dans le splendide immeuble construit peu avant le milieu du 18ème siècle, par le banquier Michel Willems, passé dans le patrimoine de la famille des Comtes d’Ansembourg par héritage, acquis par la Ville de Liège en 1903 et transformé en Musée, l’année de l’Exposition Universelle, est présentée, jusqu’au 28 août, La reliure de fil en aiguille (1).
Cent trois membres de l’APPAR (Association – de droit français - pour la promotion des Arts de la Reliure) sont présents au Musée d’Ansembourg. Florent Rousseau, président de l’APPAR, précise, à propos du Musée d’Amsembourg, plus qu’un musée des arts décoratifs, il est représentatif d’une époque et ne demandait qu’à s’ouvrir aux autres arts (…) les reliures vont pouvoir dialoguer avec les œuvres déjà présentes dans le musée : elles vont jouer à jeu égal avec une céramique, un meuble ou un tableau.
Échevin de la Culture de la Ville de Liège – une des rares cités belges à dispenser encore l’enseignement de la reliure-dorure aux Arts et Métiers (2) - Jean-Pierre Hupkens écrit : Véritable expression culturelle d’une cité, d’un peuple, d’une époque, la reliure donne aux livres ses lettres de noblesse. Par la stylisation de ses atours, elle le fond et la forme pour s’offrir au regard de tous ceux qui sont épris de beauté.
Chacune des reliures présentées est originale à base de textile. Elles utilisent toutes les techniques de décoration et toutes techniques. Les diverses reliures proviennent du Canada, de France, d’Espagne et de Belgique. Parmi ces Belges, on retrouve avec plaisir des Liégeoises et des Liégeois dont entre autres Jeanine Stranen, Armand Danze, Rose-Marie Dath, David Cauwe, Marie-Thérèse Vercheval, Ingrid Poolen.
On ne peut faire une exposition de reliure contemporaine où le textile prédomine, sans parler de l’industrie drapière en Pays de Liège constate Cécile Colon-Coumont, Commissaire adjointe de l’exposition dans le somptueux catalogue (3). Un premier noyau de cette industrie voit le jour à Verviers sous l’influence probable d’une demande importante de toiles frustes pour le départ des Croisades. Le développement s’effectue dès le 13ème siècle, atteint son apogée au 19ème grâce à l’arrivée en octobre 1799 de l’Anglais William Cockerill engagé par les Verviétois Simonis & Biolley. Au 21ème siècle, la société des Draps et Filés Iwan Simonis reste le fleuron des draps de recouvrement de billard (…) actuellement, les revêtements de billards s’exportent toujours à partir du site de production en Belgique dans plus de 50 pays de par le monde.
Une vingtaine d’années après que Michel Willems a fait construire son hôtel particulier, venu de Reims, Jean Dessain s’installe comme libraire à Liège, rue des Onze-Mille Vierges, à l’enseigne La Bible d’Or. Six ans plus tard, il obtient l’autorisation d’éditer des almanachs connus sous le nom d’Étrennes mignonnes. Ces almanachs s’habillent d’une reliure en soie côtelée ou brodée de fil d’or ou d’argent, parfois agrémentée de paillons de couleur ou d’argent, formant sur chaque plat un encadrement enserrant tantôt un blason, une peinture, une décoration florale exécutée en soies de couleurs ou tout autre motif brodé, laïque ou religieux.
1) Musée d’Ansembourg – en Féronstrée 114, Liège – Exposition temporaire La reliure de fil en aiguille du 29 avril au 28 août - Ouvert du mardi au samedi de 13 à 18h, le dimanche de 11 à 16h30.
(2) École des Arts et Métiers - Rue Agimont 9, 4000 Liège, tél 04 223 04 83, fax 04 223 28 21,Direction : André DUPONT, ps.artsmetiers@ecl.be
(3) Catalogue des Éditions Faton une reliure par page illustrée avec notice en cinq langues (Fr – Né – Al – Ang – Esp), 160 pages, 165 illustrations, 45 € - Outre la préface de l’Échevin et l’introduction par le Président de l’APPAR , textes inédits de Pauline Bovy (Le Musée d’Ansembourg) et de Cécile Colon (De l’usage du textileen reliure à l’essor de l’industrie en Pays de Liège).
09:33 Écrit par Pierre André dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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lundi, 15 août 2011
SPA : Le 52ème FESTIVAL ROYAL DE THÉÂTRE confirme et annonce une nouvelle quinzaine festive animée en octobre à Liège par les Baladins du Miroir.
Ce dimanche soir 14 août 2011, le 52ème Festival Royal de Théâtre de Spa nous a tout d’abord apporté une confirmation : Alexandre von Sivers reste bien au sommet qualitatif du monde des comédiens professionnels francophones. Ce docteur en droit qui a si bien travaillé comme responsable du secteur du spectacle au sein de la Centrale générale des Services publics F.G.T.B. afin de finalement conquérir pour ses collègues sans travail un statut permettant à d’autres qu’aux vedettes d’obtenir des indemnités de chômage quand l’emploi leur fait défaut (par exemple lorsque se multiplient les one(wo)man-showes ou les duos au détriment des pièces à distributions plus étoffées). Par contre, pour notre plus grand plaisir – avouons-le – il y a quelques comédiens d’exception qui, au-delà de l’âge de la retraite, restent fréquemment sollicités par celles et ceux qui – douce illusion – les croient irremplaçables.
LE GRAND RETOUR DE BORIS S. .
Le grand retour de Boris S. évoque d’ailleurs – dans le style et dans une mise en scène efficaces, d’une part de Serge Kribus (non dépourvu d’humour … juif ) et d’autre part, de Valérie Lemaître (aux multiples talents de comédienne, scénariste, etc …) - un comédien sur le retour qui rétablit des liens mal noués mais profonds avec son fils qui vient de perdre femme, enfants et travail du fait de son caractère irascible. Xavier Campion donne une excellente réplique à son partenaire Alexandre von Sivers.
LE CHANT DE LA SOURCE par Les Baladins du Miroir.
Ce même soir, nous disposions de peu de temps pour rejoindre Les Baladins du Miroir. Ceux-ci nous avaient très aimablement, grâce à l’attachée de presse du Festival, réservé une table afin de pouvoir apprécier (dans de bonnes conditions malgré la grande affluence du public dans leur chapiteau aux places non numérotées) un de leurs grands spectacles : Le Chant de la Source.
Après la naissance en France dès 1964 du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine , au Québec les prémices du Cirque du Soleil ont été lancées par Guy Laliberté au tout début des années 1980 alors qu’en Wallonie, Nele Paxinou donne naissance aux Baladins du Miroir.
J’ai découvert Mnouchkine lors d’une représentation époustouflante de La Cuisine d’Arnold Wesker, au Théâtre Royal de Liège lors du Festival alors annuel du Jeune Théâtre animé par Robert Maréchal. Cette grande dame prend place aux côtés de Jean Vilar au firmament du théâtre français du dernier demi-siècle.
Voici d’ailleurs, en guise d’hommage, le texte intégral de son autobiographie : Je voulais être metteur en scène. Je fonde le Théâtre du Soleil en 1964, avec mes amis de l’Association théâtrale des étudiants de Paris. Je suis devenue metteur en scène. En août 1970, nous nous installons à la Cartoucherie, qui devient notre maison. Nous y travaillons toujours aujourd’hui.
L’histoire de Guy Laliberté commence bien. Il fut le fondateur d’une troupe de théâtre de rue : Les Échassiers de Baie-Saint-Paul . Il réussit à y imposer (à Baie Saint-Paul) une grande Fête foraine. Se heurtant à un refus du ministre de la culture, il parvint à convaincre le Premier Ministre du Québec, René Lévesque, de subventionner une de ses initiatives qui donna naissance au Cirque du Soleil. Pas mal pour qui a débuté par une formation de cracheur de feu. A présent le Cirque du Soleil est une entreprise multinationale qui multiplie ses engagements philanthropiques et écologiques et qui, ainsi imprégnée de bonne conscience, emploie avec rigueur quelque 4.000 personnes dont un millier d’artistes. Guy Laliberté garde le contrôle de cet empire du divertissement artistique . Personnellement, il se contente en 2009 d’une fortune de l’ordre de 2,5 milliards de dollars et il est propriétaire d’un atoll des Tuamotu en Polynésie française !
Pense-t-il que ce soit mieux qu’à Vincennes ? Je n’en sais rien mais ce qui – plus modestement, nous arrivons en Wallonie - n’est pas mal non plus c’est ce qu’évoque Julos Beaucarne à propos du deuxième tome du livre de Nele Paxinou : Ne laissez pas mourir vos rêves .
Le natif d’Ecaussine écrit : 'O Nele, tu me dis que tu te souviens de tout et de tous, tu me montres une foule de classeurs sur la table de ton salon dans ton port d'attache : ta maison de terre de Thorembais-les-Béguines au Champ Saint-Roch en Brabant où tu jetas l'ancre jadis. Dans ces classeurs, tu as soigneusement noté toutes les étapes de ta saga personnelle et la saga de toutes celles et ceux qui ont embarqué et parfois débarqué de cette arche de Noé naviguant tour à tour entre mer calme et tempête. Que de rencontres, que de déboires, mais que de joies surtout ! Le public est ta famille, c'est lui que tu chéris par-dessus tout, le public, c'est ton ami, ton frère, ton gagne-pain, c'est pour lui que tu existes.
Comme Ariane Mnouchkine, Nele Paxinou tient, assise dans son fauteuil roulant, à accueillir et saluer son public au début et à la fin de chaque représentation. En quittant le chapiteau je lui ai souri en me disant que ce n’était pas le moment des questions. Qu’est-ce qu’un baladin ? La définition de mon petit Larousse illustré 1985 lui plaît-elle ? Farceur de place publique. A ne pas confondre avec le saltimbanque dont l’origine italienne saltimbanco se traduit littéralement par qui saute sur le tremplin. Ses baladins à elle qui nous tendent ce dont nous avons besoin pour nous regarder nous-mêmes et souvent nous faire rire, sont professionnels et polyvalents, à la fois comédiens, musiciens (instrumentistes), chanteurs, clowns, acrobates et quand ils collaborent avec un de leurs deux écrivains amis (cette fois Henri Gougaud, né il y a trois quarts de siècle à Carcassonne), ils deviennent même conteurs et poètes. Quel beau spectacle que celui mis en scène par Geneviève Knoops.
Un hymne à la fraternité en douze contes et seize chansons venues de onze pays qui sont (par ordre alphabétique s-v-p) celui de Jacques Brel , la Bulgarie, la Corse et la Croatie, l’Egypte, la Géorgie, l’Inde du Nord et l’Irlande, du Nord aussi, la Lombardie (cet El piscinin qu’aiment entendre chanter les petits Wallons d’origine italienne) , la Russie, la Tchéquie et la Turquie. Cette fête de la musique aux couleurs d’un monde qui nous est conté dans des histoires peuplées de rires et parfois de larmes, se déroule à un rythme soutenu où les effets comiques comme les autres trouvailles scéniques abondent pour la plus grande joie d’un public conquis et enthousiaste. Cette troupe ambulante est fantastique : elle s’inscrit pleinement dans une tradition quatre fois centenaire et appartient au patrimoine immatériel de l’humanité. Elle exprime son ambition collective dans cette phrase : Nous construisons les cathédrales de l'éphémère... Elle mériterait d’être classée mais attention : pas de stérilisation !
Nele Paxinou est née à Anvers le 6 mars 1942 et après des cours d'art dramatique à l'Académie de Bruxelles et à l'université du Théâtre des Nations, elle obtient une double licence en philosophie et en sciences théâtrales à l’Université catholique de Louvain où le Walen buiten n’avait pas encore été concrétisé A 23 ans, l'apprentie comédienne décide de se tourner vers la mise en scène à cause de soucis de santé qui lui interdisent – déjà - une activité physique intense. En 1980, forte d’une quinzaine d’années d’expériences, elle fonde la compagnie des Baladins du Miroir qui se définit comme étant une troupe de théâtre forain implantée à Thorembais-les-Béguines et composée de 25 comédiens et techniciens, dont 15 permanents, qui proposent des spectacles mêlant toutes les composantes de la scène.
Emmenée par les pionniers Gaspar Leclère, Geneviève Knoops et Alain Boivin entre autres, la compagnie a inventé un style propre, qui ne renie pas ses origines médiévales. Itinérante par nature, elle effectue de nombreuses tournées, en Belgique et en Europe, mais aussi au Canada et particulièrement bien sûr au Québec. En 2008, elle est accueillie à la Cartoucherie de Vincennes pour jouer ce qui était alors sa dernière création, Tristan et Yseut, que nous avons aussi vivement appréciée de même que notamment 1914, le grand cabaret ou Un Faust de plus.
C’est dès lors avec beaucoup de plaisir que nous avons appris à Spa une perspective proche qui ne figure encore dans aucun agenda informatisé : du 1er au 15 Octobre prochain les Baladins du Miroir installeront leur grand chapiteau sur l’esplanade Saint-Léonard à Liège pour y animer une quinzaine festive lors de laquelle de nombreuses représentations du Chant de la source auront lieu et seront complétées par des spectacles du Théâtre Le Public qui installé dans les anciennes brasseries Aerts de la plus pauvre des dix-neuf communes de l’agglomération Saint-Josse est en train de devenir une des toutes premières scènes bruxelloises (ce qui se confirmera sûrement au printemps 2012 par la réalisation d’un Cyrano de Bergerac bénéficiant d’une très large distribution). Fondé en 1994 et co-dirigé par Michel Kacenelenbogen - qui précise gentiment : appelez-moi Michel Kacen ou Michel Bogen - et par son épouse Patricia Ide, ce Théâtre Le Public moins connu à Liège qu’à Charleroi (où il se produit régulièrement dans la salle de la Galerie Marignan) interprète au début de sa saison 2011-2012 trois pièces : une adaptation du roman de Romain Gary qui emporta le Goncourt sous le pseudonyme d’Émile Ajar : La vie devant soi, La fausse suivante de Marivaux et Désordre public d’Evelyne de la Chenelière.
Le directeur adjoint des Baladins du Miroir Gaspar Leclère m’a rappelé le numéro de téléphone où il sera bientôt possible d’obtenir plus de précisions quant à la programmation précise de cette quinzaine festive : c’est le 010 88 83 29
Jean-Marie ROBERTI.
23:08 Écrit par Pierre André dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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vendredi, 12 août 2011
SPA : un grand moment au Festival Royal de Théâtre, l'adaptation et l'interprétation pleinement réussies de l'esprit sarcastique de Foulek Ringelheim.
Lors de ce 52ème Festival Royal de Théâtre de Spa, mon épouse et moi avons convenu d’assister, lors de quatre des douze soirées, à huit des vingt-huit spectacles. Ce jeudi 11 août , nous avons passé une excellente deuxième soirée, non seulement parce que nous étions agréablement accompagnés par deux journalistes era (en retraite active) dont l’initiateur de ce blogue qui nous accorde une occasionnelle hospitalité annuelle mais aussi parce que nous avons retrouvé l’ironie sarcastique et assez souvent jubilatoire qui reste celle de notre ancien condisciple (principalement à l’Athénée alors non mixte de Liège I , rue des Clarisses). Et nous donnons cette précision d’emblée par souci d’honnêteté mais en ajoutant que cela n’a nullement suscité de ma part la moindre complaisance.
Dans la Guinguette du Casino, nous avons consommé, comme apéritif, ce qui, dans le passé, sous l’appellation de Cabaret-Théâtre devenait, en fin de soirée, un pousse-café. Alors les textes de Tardieu, Ionesco, Obaldia, Audiberti, Pierre Dac, Francis Blanche… accompagnés de chansons de préférence irrévérencieuses animèrent des spectacles de minuit (débutant à 23 heures) et animés par les plus drôles comédiens de la troupe du National, souvent montés de la cave liégeoise de l’Étuve tels les grands (par le talent) Anne Marev et Jo Rensonnet qui signa encore pour Armand Delcampe, en 1999 et déjà dans une Guinguette, une création intitulée : Pas de titre, ça coûte trop cher .
Mais venons en au spectacle écrit et interprété par une Liégeoise, prof’ de français au Collège de Hannut, Véronique Gallo. Que cette production du Théâtre Bulle ait été pétillante, quoi de plus normal. Par contre je démens que la lettre i manque en fin du titre de la pièce : Mes nuits sans Robert. Le Robert en question est l’acteur Robert Redford qui avec les grands films d’amour du cinéma américain envahit l’imaginaire d’une célibataire trentenaire. Ce one woman show à la sauce U.S. est gentiment humoristique, l’interprétation ne manque pas de rythme, interpelle le public d’une salle à nouveau comble et après On ne me l’avait pas dit procure à Véronique Gallo un nouveau succès d’estime.
Avec La seconde vie d’Abram Potz de Foulek Ringelheim, on change de niveau. Cette production du Théâtre du Méridien constitue une œuvre qui pourrait être montée par les scènes les plus prestigieuses du monde théâtral sans apparaître comme mineure. Et cela grâce à la très heureuse conjonction de trois talents exceptionnels : d’abord bien entendu celui de l’auteur qui, après s’être affirmé comme un grand juriste, s’est révélé un romancier dépeignant avec acuité ce qu’il a le mieux observé : les mœurs judiciaires (Le Juge Goth) et chez un intellectuel juif, le délabrement physique et mental entraîné par la vieillesse.
Cela, cet ancien membre du Conseil supérieur de la Justice, l’a imaginé avec cette férocité sarcastique, cette espèce de cruauté jubilatoire, cette malice qui déjà, au milieu des années 1950 nous le rendait sympathique et qui, cinquante ans plus tard, peut toujours séduire les jeunes puisque certains de leurs délégués ont attribué à son roman le Prix 2005 des Lycéens
Depuis La seconde vie… en est à sa quatrième édition et a été lue par la directrice du Théâtre du Méridien : Catherine Brutout. Celle-ci, comédienne, metteuse en scène, scénographe et, en outre, cette fois co-responsable de la Création son, a adapté à la scène avec Foulek Ringelheim, le roman de ce dernier. Quelle symbiose parfaite : en rentrant du spectacle, j’ai lu des pages du roman : le théâtre leur rendait vie.
Enfin, parlons du docteur Abram Potz qui est totalement incarné pendant 80 minutes par un comédien d’exception , seul sur scène, Freddy Sicx qui fut pour moi une révélation. Il ne joue pas, il est Abram ce misanthrope aigri, ce vieillard par moment terriblement lucide mais atteint par des défaillances de plus en plus fréquentes de sa santé physique et mentale, méchant, injuste mais impitoyable et ironique dénonciateur des ignominies et attirant donc par éclipses la sympathie.
Quel plaisir de constater que l’esprit que manifestait Foulek Ringelheim durant sa jeunesse est resté une réalité vivante. Ce docteur en droit de l’Université de Liège (et criminologue U.L.Biste) a des racines multiples. Les juives sont certes profondes mais sans avoir diminué son engagement en faveur de la laïcité. Et, comme nous, il doit apprécier une phrase gravée sur une façade latérale de la Cité administrative municipale et émanant du Chancelier de France, Premier Ministre du roi François Ier, Michel de L’Hospital qui écrivait en 1558 : Les Liégeois ont été plus que tous les ans domptés, néanmoins ils ont toujours relevé leurs crestes.
Avoir été jeune à Liège, pour un romancier philosophe c’est avoir été vacciné par un virus qu’il est inutile d’essayer d’éradiquer : celui des libertés.
Jean-Marie ROBERTI.
N.B. La - délectable et effroyable - Seconde vie d’Abram Potz, créée en juin 2009 par le Théâtre du Méridien, sera reprise dans le cadre de la saison de l’Atelier Théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve au Théâtre Blocry chaque soir du mardi 25 au dimanche 30 octobre prochain à 20 h 30’ (sauf le jeudi à 14 h 30 – en matinée scolaire - et à19 h 30’).
21:05 Écrit par Pierre André | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Burlington (USA) : vote unanime du City Council en faveur du français.
Le Conseil communal de Burlington – capitale du Vermont (USA) - réuni ce lundi 8 août sous la présidence du maire Bob Kiss a vécu un moment historique. Les habitants de Burlington Reine du Vermont que notre confrère L’Express a présenté, en septembre 2001, comme tous New-Yorkais sont en passe d’être tous Francophones. En effet, la 18ème Résolution sur les 22 à l’ordre du jour, porte FRENCH LANGUAGE AND CULTURAL INITIATIVES (langue française et initiatives culturelles).
À l’emploi chez Coca-Cola, Paul Decelles – 33 ans – est, avec son collègue sexagénaire Norman Blais, l’auteur de cette résolution francophile. Tous deux sont anglophones. Le premier paragraphe évoque les commerçants, les fermiers, les ouvriers francophones qui ont vécu dans la région de Burlington depuis les premiers temps de l’immigration européenne (…) leur héritage culturel et linguistique est digne de conservation et de valorisation.
Après avoir rappelé que Burlington et ses environs est la plus grande population des Etats-Unis proche de Montréal, la seconde métropole francophone du monde, la résolution insiste sur le goût du touriste d’être accueilli dans sa langue maternelle. Elle exhorte les écoles de tout secteur à assurer un accès par tous les jeunes d’une connaissance de base de la langue, de l’histoire et de culture française. Elle recommande également le doublement en françaix des plaques d’identification municipales ainsi que celui des indications routières et aéroportuaires. Aucune contrainte, rien d'obligatoire, simplement l'ouverture.
Au dépôt de leur projet, Paul Decelles - pdecelles@comcast.net – et Norman Blais - normblais@yahoo.com – ont l’espoir de recueillir les huit voix qui assurent la majorité. À l’heure du vote, la résolution est adoptée à l’unanimité du City Council.
15:39 Écrit par Pierre André dans francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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lundi, 08 août 2011
Grâce à deux créations - de Grumberg et du génial Molière -, brillante ouverture du 52ème Festival Royal de Théâtre de Spa
Ce vendredi 5 Août 2011, démentant la météo, la plus célèbre de nos villes d'eau a épargné de toute trombe le coup d'envoi de son 52ème Festival Royal de Théâtre où tous les Ministres de tous nos gouvernements et tous les élus de tous nos Parlements brillaient, tels des étoiles filantes en cette soirée des Perséides, par leurs absences, les seules personnalités que nous ayons reconnues étant, outre l'inaltérable mayeur spadois, Joseph Houssa, les anciens Ministres Valmy Féaux et Jean-Pierre Grafé.
Et il faut en outre constater que les moyens de cette fête estivale se délitent à défaut du renouvellement depuis 2008 de son contrat-programme par la Fédération Wallonie – Bruxelles (dramatiquement centralisatrice puisque la clé de répartition des subventions culturelles localisables n’est pas de 75% pour la première composante de cette Fédération et – généreusement tant sur la plan démographique qu’au vu du fait que rien de ce qui est resté fédéral n’est wallon – de 25% pour Bruxelles mais devient … l’inverse : 75 % pour les 19 communes du cœur du Royaume et 25% pour les 253 autres du sud du pays, sans compter les neuf de la région de langue allemande,… selon la recette du pâté d’alouette)
Comme le souligna dans un bref message introductif rendant un juste hommage à André Debaar, Armand Delcampe, co-directeur depuis 1999 (avec Cécile Van Snick) du Festival proposer, en 12 jours, 14.000 places en six lieux pour permettre d’apprécier 60 représentations de 28 spectacles dont 5 créations, s’avère de moins en moins aisé et ce n’est possible que grâce à un public fidèle et régulièrement renouvelé qu’il convient de remercier en tout premier lieu. Et vendredi soir, une fois de plus, les salles étaient combles et les spectateurs enthousiastes lors de deux créations auxquelles nous avons assisté.
MOI, JE CROIS PAS…
C’est en présence de l’auteur, aujourd’hui reconnu comme un des principaux actuels dramaturges de langue française que, près de six mois avant qu’elle ne soit montée à Paris, a eu lieu à Spa la création mondiale de la pièce de Jean-Claude Grumberg: Moi, je crois pas. Du 14 Septembre au 1er Octobre, elle sera interprétée 15 fois en ouverture de la saison 2011-2012 de l’Atelier Théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve. Cette œuvre est interprétée avec justesse (sans exagération facile ni retenue excessive) par deux excellents comédiens (et par ailleurs metteurs en scène) Patricia Houyoux et Eric De Staercke. La mise en scène de Vincent Dujardin est constamment attentive à servir un texte qui paraît banal au point de sembler à demi improvisé alors qu’au contraire il est écrit avec précision afin de lui donner un air bâclé. L’humour effleure sans cesse mais à un premier degré qui cache mal l’ironie grinçante du second… Cette satire de notre société de consommation dépourvue de tout idéal peut d’ailleurs mettre mal à l’aise quand nous nous reconnaissons partiellement dans tel ou tel trait même moins accentué que dans cette caricature où s’affrontent sans amour et sans haine mais de manière médiocre une crédule et un incrédule aussi ridicules l’un et l’autre.
LES FEMMES SAVANTES
Le principal spectacle de cette soirée inaugurale renouait avec la volonté d’Armand Delcampe de jouer ou, comme cette fois, de mettre en scène Molière. Celui-ci est au théâtre français ce que Mozart est à la musique. On ne peut s’en passer sauf à Liège où ce ne sont pas les textes des chefs d’œuvre qui importent mais les Ballets de toutes les couleurs qui constituent une autre discipline artistique qui ne devrait pas étouffer l’art dramatique. Les Femmes savantes est une comédie moins connue que Le malade imaginaire, Le Bourgeois gentilhomme et cet extraordinaire Tartuffe ou l’Imposteur précédemment joués par l’Atelier Théâtre Jean Vilar qui a présenté cette nouvelle production maison les 3 et 30 juillet dernier d’abord au Festival d’Anjou (à Angers) ensuite à celui des Jeux du Théâtre à Sarlat, cœur du Périgord noir. Et après les vacances scolaires de Pâques l’an prochain, la saison se clôturera à Louvain-la-Neuve du 17 au 29 avril par douze représentations de ces Femmes savantes dont deux matinées scolaires (instructives car Molière est génial et non ringard, les ados en témoignent à tous les coups !).
Ce qui importe (et telle est la philosophie d’Armand Delcampe) c’est de servir humblement Molière et non de s’en servir par nombrilisme, Ici le propos est une nouvelle fois de dénoncer les pédants moins savants que cupides. En élaguant ici ou là ce qui est devenu incompréhensible pour les non spécialistes de l’ancien français, le dramaturge Delcampe permet de maintenir un rythme enjoué à un spectacle où d’abord surpris par les costumes du couturier Gérald Watelet – présent à Spa - je dus convenir que la facilité des anachronismes passait la rampe car elle participait à rendre chatoyante cette comédie lors de la représentation de laquelle on ne s’ennuie pas un seul instant. Quel rythme et que dire des comédiens ? Ils ont à ce point voulu faire équipe ( trois jeunes filles et un jeune homme du Centre des Arts scéniques entourés de huit professionnels chevronnés parmi lesquels la co-directrice Cécile Van Snick) qu’ils se retrouvent dans tous les programmes par ordre alphabétique sans précision du rôle assumé. Ce qui signifie : c’est Molière et non nous que nous tenons à mettre en valeur. Etre à ce point au service du théâtre et non chercher à en profiter voilà qui mérite quelques applaudissements Un public souriant car heureux ne les ménagea pas et justice ainsi fut faite.
Jean-Marie ROBERTI
20:34 Écrit par Pierre André dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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dimanche, 07 août 2011
Sur le chemin de l'évolution des Provinces, la supracommunalité.
La déclaration de politique régionale wallonne 2009-2014 est une brique de plus de 250 pages. Intitulée Une énergie partagée pour une société durable, humaine et solidaire, un des chapitres déclare s’appuyer sur les pouvoirs locaux notamment en réformant les provinces pour renforcer leur efficacité et pour organiser la supracommunalité. Cette réforme doit se réaliser en deux étapes et vise à faire évoluer l’institution provinciale à terme et après révision de la Constitution, en communauté de territoires adaptée comme entité de gestion des intérêts supra-communaux, de pilotage politique des intercommunales, de soutien aux politiques communales et de déconcentration de missions régionales et communautaires dans le cadre des stratégies établies par la Région et/ou les Communautés.
En Pays de Liège, les 84 communes et la Province se sont regroupées en Coordination provinciale des pouvoirs locaux. C’est un choix volontariste d’approfondir la supracommunalité en faisant évoluer les structures actuelles et y en affectant des moyens propres, sans engendrer de charges supplémentaires pour le citoyen. Ce modèle s’articule sur deux niveaux une coordination à l’échelle provinciale pour les matières et les projets dont la portée dépasse les limites des arrondissements. La province et son million d’habitants atteignant en effet la taille critique d’une métropole européenne une réalité supracommunale au niveau de chaque arrondissement, qui préfigure les futures communautés urbaines, d’agglomération et de communes.
Les mots les plus importants sont certes sans engendrer de charges supplémentaires pour le citoyen. Comment la Coordination provinciale des pouvoirs locaux va-t-elle agir ? La Province, dès 2012, va réorienter - toutes choses étant égales par ailleurs – 20 % de sa dotation du Fonds des Provinces. Cette somme va servir à payer les intérêts d’un emprunt destiné à financer des projets supracomunaux.
Exemples de projets supracommunaux : les transports publics, la planification de l’aménagement du territoire et de la mobilité, le domaine hospitalier, les grandes actions et infrastructures culturelles et sportives, ou encore les politiques de mutualisation des moyens en soutien des communes.
08:30 Écrit par Pierre André dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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