mardi, 10 janvier 2012

Willy Burgeon, l'anti-conformiste qui dit non à bon escient.

        Il y a un mois, après 540 jours durant lesquels l’inconciliable a été à la recherche de la conciliation, Elio Di Rupo – élu président du PS, le 28 mai 2011,  par 17.436 militants sur 81.491 en règle de cotisation – a demandé à son parti d’adhérer au gouvernement dont il sera le Premier ministre. Toutes les fédérations ont dit oui y compris celle de Thudinie  représentée par Willy Burgeon.

      Willy Burgeon est adversaire de la participation. Fidèle à son franc-parler au nom du socialisme, de la vérité et de la liberté d’opinion, dans son discours, il explique : La droite  encourage le PS, le seul parti de gauche dans la coalition depuis qu’on a commis l’erreur d’éjecter Ecolo, à faire son sale travail  et le risque est grand de  pousser le PS aux élections et de lui faire subir un vote-sanction lors des élections communales. Et Willy Burgeon de citer Vandervelde : « Quand la droite dit du bien de moi, je me demande ce que j’ai fait de mal ». Je suis effaré quand je vois tout l’establishment belgicain derrière notre premier militant. Que nous réserve-t-il, l’establishment ? Sûrement, rien de bon !        

      Pour avoir osé dire je pense qu’il est nécessaire de relancer le parti et s’être opposé tant à la participation gouvernementale qu’à la modification des statuts du PS, Willy Burgeon s’est rendu coupable d’un crime de lèse-majesté. Aussitôt, Le Soir a publié un article commençant par ces mots : Fou ? Inconscient ? Mal informé ? Téméraire ? Courageux ? Lucide ? Tout seul, dimanche, face à un millier de militants PS enthousiastes (sincères ? embrigadés ? réfléchis ? irresponsables ?), réunis à Bruxelles, Willy Burgeon a osé voter contre la participation de son parti au prochain gouvernement ! (…) L’homme n’en est pas à sa première excentricité.

       La journaliste d’évoquer ce qu’elle nomme « première excentricité » – un déplacement en Corée du Nord - qui selon elle, valut à Willy Burgeon l’ire présidentielle : Le président Di Rupo l’avait illico démis de son mandat à la tête de l’Union des villes et communes de Wallonie. À la volonté présidentielle, Willy Burgeon a rétorqué  que l’Union des Villes n’était pas une officine du PS et qu’il était hors de question que je démissionne si le Conseil d’Administration me gardait sa confiance. Ce qui fut fait. Il est donc faux de dire que Di Rupo m’a démissionné de l’UVCW. Le PS se retrouvant dans l’opposition à Binche aux élections communales de 2.000, je ne sollicitai plus une représentation dans cette association Un droit de réponse a été envoyé au Soir. Se drapant dans l’infaillibilité du journal de référence, Le Soir est demeuré indifférent.

       Il faut savoir qu’en 2000, Willy Burgeon est tombé dans un piège médiatique. Depuis 1983, Willy Burgeon est membre du CILRECO (Comité International de Liaison pour la Réunification de la Corée) en remplacement d’André Léonard, ancien Secrétaire Général du PS. En cette qualité, il a été contacté par un réalisateur de la RTBF, membre influent de l’Union Socialiste Communale de Tournai avant de virer Ecolo, le sollicitant pour l’aider à filmer un Strip-Tease en  Corée du Nord.

       Hors de question d’appuyer ce type d’émission répond Willy Burgeon. Cependant, comme le parlementaire wallon a souvent reproché au régime de Pyongyang d’être trop fermé, il accepte d’intercéder pour que la RTBF soit la première télévision d’un pays capitaliste à pénétrer dans l’univers nord-coréen. Ceci a pris du temps d’autant qu’une délégation parlementaire a du être du voyage. Ces tractations se font en confiance étant entendu qu’aucune image ne soit des images destinées à Strip-Tease. L’équipe de la RTBF a filmé quelques dix-sept heures pour produire cinquante-deux minutes.

      Invités à la projection de l’émission, Willy Burgeon et ses amis ont constaté que le contrat a été rompu. Délibérément, la RTBF a envoyé une équipe de Strip-Tease en République Populaire Démocratique de Corée.  De ces dix-sept heures de tournage, l’équipe de Strip-Tease a appliqué le principe voltairien qui a dit Donnez-moi une phrase de quelqu'un et je le fait pendre. Aujourd’hui encore la RTBF qui a vendu largement cette émission de Strip-Tease a cru du meilleur goût d’illustrer sur sa troisième chaîne la mort de Kim Jong Il par une rediffusion de ce Strip-Tease ! Il est temps, grand temps de dire maintenant, ça suffit. Ce harcèlement s’apparente à un lynchage médiatique contraire à toute déontologie journalistique.

      Il est à noter que Guy Spitaels, en 2006, lors de la préparation de son livre Chine-USA, la guerre aura-t-elle lieu ? s’est rendu à Pyongyang en compagnie de Willy Burgeon, anticonformiste sachant se conformer à la politesse du pays qui le reçoit.

11:06 Écrit par Pierre André dans Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Les commentaires sont fermés.