vendredi, 06 avril 2012

Mali, un pays en danger.

       Au rang des dégâts collatéraux de l'intervention occidentale dans le conflit lybien, il en est un que les analystes ont oublié tant ils étaient heureux d'avoir mis fin au règne de 42 ans de Khadafi. Un règne qui a vu notamment ce dictateur planter sa tente en plein Paris avec l'assentiment du Président Sarkozy. Le dégât collatéral le plus important se déroule au Mali - il a commencé dès l'été 2011 et est est entré dans l'actualité en ce printemps 2012. Sous l'impulsion notamment de Mahamoudou Coulibaly, un ingénieur civil informaticien diplômé de l'Université de Liège et détenteur d'un Master en science de gestion de l'ULG-HEC, la cinquantaine de Maliens vivant en Belgique lance un appel avant qu'il ne soit trop tard.


Appel du Collectif des Maliens de Belgique

Depuis trois mois des  groupes islamiques armés (les salafistes, les djihadistes, l’Aqmi) en quête de territoire ont agressé la république du Mali (Etat indépendant, démocratique et laïc).Pour se donner une respectabilité internationale, ces agresseurs utilisent la cause touareg qui était déjà prise charge par l’Etat malien.

La prise du pouvoir par les militaires le  22 mars 2012 conjuguée avec les défections de certains éléments de l’armée régulière ont  accéléré   l’avancée des agresseurs.

Le silence « assourdissant » et incompréhensible, de nombre de pays sur la condamnation ferme de ces agressions qui continuent, consterne tout le peuple malien.

Un peuple aux cultures millénaires,  accueillant et ouvert qui a toujours été par ailleurs épris de paix et de justice. Sans la paix, il ne peut y avoir de développement.

Nous pensons que l’heure n’est pas aux sanctions économiques et politiques du Mali. L’heure est à la reconquête de l’intégrité territoriale de notre pays qui,  il y a quelques mois était cité comme modèle de démocratie dans la sous région.

Nous, ressortissants maliens et résidants en Belgique, constatons quotidiennement dans la presse qu’une place importante est consacrée aux représentants des agresseurs en occultant leur crime odieux.

A ce jour, le grand oublié est le peuple malien, ce peuple qui depuis les premiers jours de son indépendance a inscrit dans sa constitution son attachement à l’unité africaine et a choisi comme devise : un peuple, un but, une foi.

D’énormes efforts ont été consentis  avec l’aide des partenaires techniques  et financiers dans le développement du nord du mali depuis l’avènement de la démocratie. Force est de constater que des erreurs de gouvernance, les mauvais accords successifs de paix signés entre le gouvernement malien  et les rebelles du nord n’ont fait qu’aggraver le mal être au sein de l’armée nationale.

Les conséquences de l’embargo total décrété le 29 mars 2012 par la CEDEAO ne feront qu’aggraver la souffrance et la douleur de la population malienne qui vit dans un pays enclavé où la sécheresse pointe déjà à l’horizon avec son cortège de famine, de maladies etc.

Nous maliens de Belgique réunis au sein du collectif adressons un appel solennel aux représentants des peuples frères et amis du peuple malien, pour éviter tout risque de déstabilisation de la sous région, demandons à travers la présidence de l’union européenne :

  • Une condamnation ferme et sans équivoque de l’agression et de l’acte de barbarie perpétrés  par les agresseurs (Exécution sommaire, éventrement et émasculation de 70 militaires maliens le 17 janvier 2012),
  • Une aide à la capture des responsables de ces actes barbares et leur traduction devant le tribunal pénal international ( TPI),
  • Un soutien au Mali dans son effort de stabilisation et de sécurisation du septentrion,
  • Une interdiction de tout soutien financier, diplomatique aux agresseurs qui commencent déjà à instaurer la charia dans le Nord Mali,
  • La  levée de l’embargo financier, économique et diplomatique décrété par la CEDEAO.

22:38 Écrit par Pierre André dans Actualité, francophonie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

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