dimanche, 05 août 2012

53ème Festival Royal de Théâtre de Spa, riche en spectacles de qualité, pauvre en subvention...

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       Excellente idée que ce titre bannière qui synthétise l’essentiel d’une belle et grande initiative culturelle à Spa qui de Jacques Huisman à Armand Delcampe et Cécile Van Snick en arrive à sa 53ème édition. Cela nous éloigne heureusement de Francorchamps et de son Royaume du dollar de la formule un  chère (oh, combien) à Bernie Ecclestone et de ces Francofolies qui capitulent - contrairement à Québec – devant l’envahisseur anglais.                                                                                                   

       Mais cette année à Liège, curieuse présentation de cette manifestation. En principe seule Cécile Van Snick s’exprimait au nom de la direction. Ce qui n’a pas empêché Paul Vaute d’ouvrir son article de la « Gazette de Liège » par la seule brève et intéressante remarque faite in fine par Armand Delcampe : « Pour un franc investi par la Ville de Spa, nous en créons huit. Pour trois euros investis par les pouvoirs publics, nous multiplions par quatre. Pour l’Horeca, le Festival représente 10.000 journées… Beaucoup de centres dramatiques et de théâtres nationaux ne font plus cela, donner du travail à 120 artistes ».                                                                               

       Quant au reste, le Théâtre de la Place aurait été mieux choisi que la Maison de la Presse pour un show dont Cécile Van Snick fut la Madame Loyal, chaque artiste présent étant chargé de se vendre en un minimum de temps. Nous avons toujours conçu les conférences de presse comme la diffusion d’informations par les quelques responsables les plus significatifs d’une organisation au sujet de laquelle les représentants des média peuvent librement poser des questions pertinentes ou impertinentes qui peuvent être une illustration de la liberté de la presse. Cette fois il n’en fut pas question, Cécile Van Snick et les artistes invités étaient là pour se faire valoir et non pour dialoguer.

       Comme si on avait oublié jusqu’à Beaumarchais : « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » nous répète pourtant quotidiennement (le) Figaro. Parler de moyens humains et matériels, répéter qu’il n’est pas admissible que le contrat programme pour ce Festival ne soit pas redéveloppé (on en serait au septième avenant ce qui ne fait ni chaud ni froid à Anderlecht), exiger que la Wallonie reçoive enfin son dû dans des budgets comme ceux relatifs à l’art dramatique (et dans bien d’autres domaines culturels à commencer par l’audio-visuel) ait son du en Wallonie, expliquer que la régionalisation dont on nous rabat les oreilles n’est rien sans une réelle décentralisation et que privilégier le nombril d’un Etat qui y concentre ses coûteuses institutions fédérales devra connaître un terme le jour où les élus wallons prendront conscience qu’ils sont la majorité au niveau d’une Communauté qui ne cesse de jouer contre la Wallonie. Par rapport à ce qui est octroyé avec indifférence au Festival dramatique spadois, la Communauté française donne à elle seule le double de  subventions à une opération de valorisation de la Flandre à Bruxelles le « Kunsten-Festival-des-Arts » déjà doté d’importants crédits flamands bien sûr mais même européens outre de nombreuses aides services de la Capitale. On montre clairement de qui on se moque. Tout cela n’aurait-il rien à voir avec le mépris affiché à l’encontre de celles et ceux qui défendent de grands textes humblement servis par de talentueux comédiens dans l’optique d’un homme qui a donné son nom à un Atelier de Louvain la Neuve. Et il ne suffit pas d’une programmation établie courageusement mais avec un manque de moyens évident (le nombre moyen d’acteurs par spectacle constitue une indication significative).    

       Pour le détail des spectacles nous vous renvoyons au site http://www.festivaldespa.be, à un numéro de téléphone gratuit le 0800 24 140, à vos délégués régionaux (tels à Liège nos amis Françoise et André Bisschops de Grivegnée au 04 343 31 91.

       Nous serons absents jusqu’à ferragosto mais si nous avions un choix complet à pouvoir faire dans les 26 spectacles, nous aurions privilégié « Des jours trop longs » de Marie Denis mise en scène par Cécile Van Snick (que j’estime beaucoup sans que cela m’empêche de diverger d’avis avec elle) les Vieilles chansons maléfiques que défendront Jean-François Brion et ce très grand monsieur qu’est Alexandre von Sivers, et nous espérons des strapontins chez cette femme et artiste formidable qu’est Nele Paxinou qui mettra en scène le Producteur de Bonheur pour ses merveilleux Baladins du Miroir. Et du Georges Dandin de Molière au Neveu de Rameau de Diderot ou de l’Ecume des Jours de Vian et aux dix comédiens de Démocratie spectacle retraçant une partie de l’histoire de l’assistant-espion de Wily Brandt : Günter Guillaume, il y a plus à découvrir et apprécier dans le domaine de l’art dramatique en quinze jours à Spa qu’en une – voire plusieurs – saison(s) ailleurs.

                                 Jean-Marie Roberti

09:00 Écrit par Pierre André dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

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