samedi, 13 juillet 2013

Blegny-Mine : "Images d'hier, regard d'aujourd'hui"

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       Le rapport des Wallons avec la houille remonte au 12ème siècle lorsque de la terre noire propre à faire du feu  fut trouvée dans beaucoup d’endroits de la Hesbaye. En décembre 2010, Liège 28 a fait état  du livre de Robert-Armand Planchar, Les Planchar, maîtres de fosses dans la Seigneurie de Montegnée. Son aïeul, Jean-le-Vieux creuse des bures, gratte, creuse et fait creuser. Ses descendants font de même jusqu’à la Révolution française. Stimulés, en 1582, par l’Édit de Conquête du Prince-Évêque Ernest de Bavière, les Planchar et autres charbonniers liégeois s’en donnent à cœur-joie. En droit liégeois, qui possède le comble, possède le fond. Mieux, les propriétaires fonciers – Église et nobles – sont seigneurs des mines jusqu’au centre de la terre ! Les charbonniers font la cour à ces propriétaires fonciers auxquels ils acquittent  des terrages.

       La Révolution française a une autre vision. La loi Mirabeau décrète les mines sont à la disposition de la nation. Le comte Honoré Riqueti de Mirabeau fait prévaloir l'idée le sous-sol est propriété de la nation ; je dis que l’intérieur de la terre n’est pas susceptible d’un partage, que les mines, par leur marche irrégulière, le sont encore moins. Quand l’ancienne Principauté de Liège est rattachée à la France, la loi Mirabeau s’applique. Elle est toujours en application dans notre Royaume. Avec la République commence le règne des « barons du charbon » qui vont exploiter les mines et … les mineurs. Ce règne dure tout le 19ème siècle et s’achève lorsque le 20ème est entré dans sa seconde moitié.

       En 2012, l’UNESCO a classé en Wallonie quatre mines dont Blegny au patrimoine mondial de l’humanité. À Blegny, les galeries sont accessibles. Cette année, une exposition originale s’y tient (1). Elle présente des photos prises au temps où les charbonnages sont encore en activité et des photos contemporaines de ces charbonnages délaissés. Les premières sont l’œuvre de Théodore Bellefroid tandis que les autres celle de Lon Persich.

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        Ayant vécu son enfance, son adolescence à Saint-Nicolas, pays des puits de Bois-Mayette, des Bons Buveurs, des Chiens, de l’Espérance, du Pery, de Piron, du Beur al Djote et autres Champay et Braconier, Thédore Bellefroid se lance dans des reportages photographiques imprimant sur la pellicule de son Yashica les ultimes semaines de l’activité charbonnière wallonne, juste avant son extinction comme l’a dit Abel Desmit lors de l’inauguration de l’exposition. Abel Desmit ajoute son travail est respectueux des hommes qui ont laissé une part d’eux-mêmes sur les sites charbonniers et préserve les atmosphères palpées durant ses excursions. Quant à Lon Persich il a extrait de ces périples des vues particulièrement saisissantes, livrant aux spectateurs un regard inédit, voire fantastique, sur ces lieux abandonnés, dédaignés.

 

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(1)    « Images d’hier, regards d’aujourd’hui »  jusqu’au 31 août – Blegny-mine 04/387 43 33

13:09 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Histoire, Social | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

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