lundi, 30 septembre 2013

Le Théâtre de Liège, un atout international pour la métropole liégeoise.

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       L’inauguration ce lundi midi du « Théâtre de Liège » - l’ancienne salle de l’Émulation agrandie, embellie – a ravivé chez nombre de Liégeoises et Liégeois quantité de souvenirs liés à ce haut-lieu de la vie culturelle de la Ville. Concerts de midi, Festival du Jeune Théâtre initié par Robert Maréchal, Lionel Hampton, Théâtre Universitaire sous la direction du professeur Jean Hubaux, l’INR et le studio de Liège avec Georgin, Mordant, Vaume, etc etc. À chacun ses souvenirs selon sa mémoire, son âge.


Robert Maréchal 

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                                  Jean Hubaux et la troupe du Théâtre Universitaire

        Hormis quelques petits détails (les mains courantes font parfois défaut), la réhabilitation et rénovation par les architectes liégeois Pierre Hebbelinck  et Pierre de Wit est une réussite totale.  Sept mille cinq cents mètres carrés, deux salles de spectacles – l’une de 557 places, l’autre de 145 -, salle de répétition, atelier de costumes, restaurant avec terrasse sur la place du XX août, bar qui reprend la vieille dénomination  Café des Arts, librairie, espace pédagogique et tout et tout.

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Pierre Hebbelinck

Pierre-de-WIT.jpg  Pierre de Wit

        Parmi les personnalités présentes, la plus heureuse a été incontestablement Fadila Laanan . Ministre de la Culture sans aucune interruption depuis le 26 juillet 2004, elle a vu naître le projet – conçu à partir d’une idée soufflée en 2000 par William Ancion à Willy Demeyer -, a suivi sa concrétisation et l’a inauguré ce lundi. Rares sont les ministres qui peuvent se prévaloir  d’un tel privilège !

18:08 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 28 septembre 2013

A propos de François Perin, Edmond Blattchen livre quelques anecdotes.

        D’apprendre que l’inexorable a frappé François Perin a bouleversé  nombre de Liégeoises et Liégeois qui le tenaient en haute estime tant ses qualités d’humanisme ont été l’expression de sa vie professionnelle, politique et personnelle. Notre confrère Edmond Blattchen nous fait part de sa connaissance de François  Perin..

       A la sortie du studio où nous venions d’ enregistrer le 50 ème numéro de « noms de dieux », François Perin m’ a soudain confié qu’ il souhaitait, enfant, devenir prêtre ! Il fréquentait alors l’ église saint Christophe. Sa mère, qui était veuve, s’ y est opposée en des termes sans appel : « Tu crois que je vais te payer des études pour faire curé ? Jamais ! Tu seras professeur ! ». Dommage : l’ enregistrement était terminé depuis dix minutes ! ...

       En mai 1990, nous avions consacré un « Ecran Témoin » à « La Libre Pensée ». Ce soir-là, le film proposé était « L’Oeuvre au noir », du cinéaste belge André Delvaux, d’ après le roman de Marguerite Yourcenar. Au cours du débat qui suivit la diffusion du film, François Perin s’ en prit violemment à un autre participant, Philippe Grollet (aujourd’ hui décédé) qui était alors le Président du Centre d’ Action Laïque (CAL). L’ avocat bruxellois venait de tenir des propos farouchement anticléricaux : « Monsieur, vous n’ êtes  qu’ un bouffe-curés ! » lui lança t il sur le ton définitif qui le caractérisait. On sait, par ailleurs, que François Perin était franc-maçon et membre du Grand Orient de Belgique.

       Au cours de cette même émission (à laquelle participaient également Hervé Hasquin et Anne-Marie Lizin), François Perin tint à citer une phrase jusque là très peu connue d’André Malraux : « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ ait connue l’ humanité, va être d’ y réintégrer les dieux » (L’ Express, mai 1955). Après l’ émission, cette phrase m’ a poursuivi, obsédé, même. Au point que je l’ ai choisie, dès 1992, pour introduire chacun des entretiens de « noms de dieux ».

       C’ est donc tout naturellement que j’ ai décidé d’ inviter François Perin pour le 50 ème numéro de la série.

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22:09 Écrit par Pierre André dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 27 septembre 2013

Dimanche 29, à noms de dieux, Armand Veilleux et les moines de Tibhirine.

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        Ce dimanche 29, aux alentours de 22h45, sur la Deux, Edmond Blattchen reçoit Armand Veilleux (né en 1937), membre de l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance, en abrégé OCSO). Armand Veilleux a la double nationalité canadienne et américaine. Il est présentement le Père Abbé de Notre-Dame de Scourmont.

       Il faut savoir qu’à l’automne 1850, Joseph de Riquet, Comte de Caraman, Prince de Chimay a fait don de 48 ha de friches sises dans la commune de Forges (fusionnée en 1977 avec Chimay)  à charge pour les donataires – des Trappistes  venus de de l’abbaye de Saint-Sixte de Westvleteren – de défricher entièrement et à leurs frais le terrain donné et à le faire cultiver constamment par des religieux de l’Ordre des Trappistes au nombre de vingt au moins ; ils y construiront une ferme et une chapelle.  Les moines ont construit davantage puisqu’ils ont édifié une abbaye. Abbaye qui, à son tour, a été à l’origine de deux abbayes, l’une à Caldey, au Pays de Galles, l’autre à une centaine de kilomètres au Nord de Goma, près des lacs Mokoto,

       Armand Veilleux  a été, de 1990 à 1998, Procureur Général de l’Ordre des Cisterciens. En cette qualité, il a rendu visite aux moines de Tibhirine (en arabe, ce mot signifie jardin). Leur abbaye - fondée en 1938 - était une grande bâtisse un peu austère mais chaleureuse et accueillante, construite en face d’un des plus beaux paysages du monde : les palmiers, les mandariniers, les rosiers se dessinaient devant les montagnes enneigées de l’Atlas. Des sources, une eau claire, irriguaient le potager. Il y avait aussi des oiseaux, des poules, des ânes, la vie. Des hommes avaient choisi de s’installer dans ce lieu loin de tout mais proche de l’essentiel, de la beauté, du ciel, des nuages  dira, en décembre 2001, l’académicien  Jean-Marie Rouart. 

       La visite d’Armand  Veilleux date de début 1996. Il est le dernier Trappiste à avoir partagé l’inquiétude de ses frères,  les moines savaient qu’ils couraient un grand risque. Souvent ils avaient peur. Ils ne souhaitaient pas mourir. Ils n’avaient pas l’ambition de devenir des martyrs. Les vertiges d’un suicide collectif ne les attiraient pas. Ils voulaient vivre en continuant à être ce qu’ils étaient, sans abdiquer devant la force et devant la violence. Le 26 mars 1996, une vingtaine d’hommes en armes emmènent le prieur et six moines qui sont exécutés quelques mois plus tard. Ont-ils été victimes des frères de la montagne ou des frères de la plaine ? Nul ne sait, c’est un secret d’État, pire un secret de deux États, l’Algérie et la France. Armand Veilleux et la famille du prieur cherchent depuis des années à connaître la vérité.

       Ce noms de dieux comme la plupart des deux cents émissions labellisés de cette référence de service public  a été réalisé par Jacques Dochamps. Jacques Dochamps qui a notamment à son actif  un film qui sort pour le moment en salle, Le chant de la fleur. Ce documentaire tourné en Amazonie équatorienne relate comment menacé par l’industrie pétrolière, le peuple amazonien de Sarayaku mène une lutte sans répit pour sa survie. Inspiré par un chant chamanique ancestral, il s’engage dans un défi inouï à portée universelle: la Frontière de Vie. Des images fortes et belles, un film qui ne laisse pas indifférent. Co-produit notamment par la RTBFbe, Le chant de la fleur a également reçu l’aide du service public fédéral Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement. Ce dernier a tenu à préciser les points de vue exprimés dans ce document ne représentent pas nécessairement le point de vue de l'État belge. Réserve qui équivaut pratiquement à souligner l’objectivité du chant de la fleur !

 

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14:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Spiritualité, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 25 septembre 2013

Nous sommes manipulés ...

       La ministre fédérale de la Santé publique est heureuse. Nous consommons moins de sel dans notre alimentation. L’industrie alimentaire ne sale plus à la grosse louche comme par le passé. Un communiqué gouvernemental le précise : Les denrées alimentaires fabriquées en Belgique contiennent aujourd’hui un paquet de sel en moins qu’il y a quelques années.

       Autre précision : La diminution s’est faite de façon progressive afin que les consommateurs ne la remarquent pas. En d’autres termes, les consommateurs ont été manipulés. Incontestablement pour leur bien cette fois-ci. Mais l’aveu est clair et manifeste, les citoyens sont susceptibles d’être manipulés et ne rien remarquer. Qui a parlé de transparence ?

17:22 Écrit par Pierre André dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 23 septembre 2013

"Le changement, c'est maintenant", un slogan digne de Charlemagne !

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       Il y aura 1200 ans – le 28 janvier 2014 - que l’empereur Charlemagne est mort. Le Musée national suisse a pris le devant de la commémoration en présentant une exposition intitulée Charlemagne et la Suisse (1). Plus de 200 pièces en provenance notamment du Louvre et d’Aix-la-Chapelle montrent les progrès accomplis sous le règne de celui que Liégeoises et Liégeois considèrent comme l’un des leurs. Progrès dans le domaine de l’éducation, de l’art, de l’architecture.

       Le premier € est présenté à Zurich. Il s’agit d’un denier d’argent découvert en 1904 à Ilanz-Glion dans le canton des Grisons. Frappée du monogramme de l’Empereur, cet € atteste de la réforme monétaire menée par Charlemagne, créateur d’une monnaie unique.

       Autre réforme de l’Empereur mise en évidence à Zurich, l’écriture. Issue de l’écriture latine, les manuscrits pré-carolorégiens manquent de soin au point d’en être peu lisibles. Charlemagne y a mis bon ordre. Sa réforme porte notamment sur la minuscule dont s’inspirent encore aujourd’hui les polices de Times.

       Les Helvètes sont très fiers de Charlemagne. Un internaute écrit : Charlemagne avait un rêve : rebâtir l’empire de Rome. Nous vivons encore sur les bases de son héritage tandis qu’un journal de référence, Le Temps, titre ce matin Charlemagne, empereur de la Suisse.

(1)   Schweizerisches Nationalmuseum - Museumstrasse 28021 Zürich - info@snm.admin.ch – Jusqu’au 2 février 2014 - Ouverture Ma - Di 10.00 - 17.00 heures – Nocturne le jeudi 19h.

11:52 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Europe, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 20 septembre 2013

Le sens de la formule.

        Pape François a le sens de la formule. Ainsi, recevant les prêtres de son diocèse – Rome -, il leur demande de n’être point des fonctionnaires de Dieu. Un autre jour, s’adressant à des ecclésiastiques promus évêques, il les met en garde  de devenir des évêques d'aéroport!    

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mardi, 17 septembre 2013

Le Liechtenstein octroye l'Ordre du Mérite a Charly Dodet, fondateur des "Amis du Liechtenstein en Wallonie".

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       Tout comme la Principauté de Liège, la Principauté du Liechtenstein a fait partie du Saint-Empire romain germanique. Nous, Liégeois, en faisions partie dès le début, le Liechtenstein le devint  en 1719. À l’époque, l’Empereur Charles VI a fait preuve de gratitude à l’égard de son précepteur le prince Antoine-Florian de Liechtenstein. Il érige la nouvelle Principauté qui devient le trois cent quarante-troisième État de son Empire.

       La Principauté du Liechtenstein demeure fidèle au Saint-Empire jusqu’à sa disparition au début du 19ème siècle. Nous, Liégeois, dès fin décembre 1792, par un vote au suffrage universel masculin, avons rompu avec le Saint-Empire et demandé le rattachement à la France révolutionnaire. Celle-ci ayant d’autres préoccupations préfère attendre et nous annexer en 1795.

       L’Empereur Napoléon 1er en supprimant le Saint-Empire romain germanique accorde l’indépendance au Liechtenstein. Son souverain est Jean 1er qui règne jusqu’en 1836. Aujourd’hui, depuis 1989, c’est le prince Hans-Adam II qui règne. Il est l’époux de la princesse Marie, née comtesse Marie-Aglaé Kinsky von Wchinitz und Tettau, d’une famille noble de Bohême. Cependant, tout en conservant le titre de souverain, il a transmis, le 15 août 2004, la direction des affaires courantes à son fils aîné, le prince Alois (époux de Sophie von Wittelsbach, née duchesse en Bavière). Prince héréditaire, il porte le titre de Régent de la Principauté du Liechtenstein.

       Quatrième des micros États européens indépendants – Vatican, Monaco, Saint-Marin -, ses finances sont saines. Le Liechtenstein ne figure pas sur la liste noire de l’OCDE contrairement à ce qu’imaginent des esprits chagrins.

       En 1978, un journaliste hutois, notre confrère Charly Dodet crée Les Amis du Liechtenstein en Wallonie - www.amis-du-liechtenstein.be. Ensemble, régulièrement, ils découvrent cet État souverain mal connu situé entre Suisse– le Rhin est frontière naturelle – et l’Autriche. Comme à l’accoutumée, récemment, une délégation wallonne s’est rendue en ce pays. La ministre des Affaires Étrangères et de la Culture, Mme Aurelia Frick, les a reçus avant d’inaugurer une exposition de peintures et céramiques d’une dizaine d’artistes de Wallonie. Parmi eux, certains ont une réputation internationale ainsi les aquarellistes Joseph Hoffman ou Éric Lefèbvre. Avertie du projet, la non-wallonne, ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, s’en est totalement désintéressée. C’est dans sa nature !  

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       Cerise sur le gâteau, le Prince Régent Alois a tenu à les recevoir en son Château de Vaduz pour remettre, en gratitude, à notre confrère Charly Dodet les insignes de l’Ordre du Mérite, la seule distinction honorifique créée en 1937 par la Principauté du Liechtenstein.

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08:44 Écrit par Pierre André | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 12 septembre 2013

Foot business : enquête sur une omerta, une émission de France 2 où il est (beaucoup) question du Royal Standard Liège.

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Elise Lucet 

       Ce vendredi 13 septembre à 2h15, tous les supporters du Royal Standard Liège – et les autres également – ont intérêt à se brancher sur France 2 pour assister à la rediffusion de l’émission Cash investigation titrée Foot business : enquête sur une omerta.

        En résumé, France 2 présente, en ces termes, la dite émission : Le football, sport le plus populaire au monde, est un marché des plus lucratifs. Dans l'économie française, il engendre cinq milliards d'euros de chiffre d'affaires, et jusqu'à 400 milliards d'euros par an au niveau mondial. Dans l'ombre, les agents de joueurs, des personnages plus discrets, empochent des commissions, sans réel contrôle. Quel rôle ces nouveaux acteurs du football jouent-ils ?

        Les supporters du Royal Standard Liège - et les autres également - retrouveront avec plaisir Eliaquim Mangala transféré au FC Porto et devenu propriété pour un tiers d’un groupe minier extracteur d’uranium et de cuivre. Ce groupe a investi  2.647.059 € pour acquérir les droits économiques du l’ancien Standardmen. Somme sur laquelle un Liégeois a perçu 10 % au travers d’une société britannique. L’équipe d’Élise Lucet a tenté de poser une question à ce Liégeois. Il en est résulté une course poursuite dans les rues du centre de notre ville. Une image ahurissante, tragique, comique. Rastapopoulos  poursuivi par Tintin…selon le Canard Enchaîné de cette semaine.

       Réactions de téléspectateurs à l’issue de la première diffusion  mercredi : Un vrai reportage avec de vrais journalistes. Un vrai sujet d'investigation avec de vraies réponses ou Chapeau à l'équipe pour ce super reportage qui ose nous montrer la face cachée du football !! Ou bien encore Excellent !!! Un reportage génialement bien fait qui démontre si certains en doutaient encore, que les instances footballistiques complètement vérolées par la cupidité de ses dirigeants des financiers et des vautours de tout poil, ont définitivement enterré la noblesse et l'esprit du sport. Et en plus traité avec cette pointe d'humour et d'impertinence qui fait qu'on vous en redemande. Ravi de payer ma redevance pour que de tels morceaux existent. Bravo à Elise Lucet et son équipe.

       Pour des questions de droits, Cash investigation n’est pas disponible dans notre Royaume sur Revoir de France 2. Alors, regardez et enregistrez … cette mine d’informations !

10:22 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 05 septembre 2013

Liège libre le 7 septembre 1944, moins de 10 jours plus tard, grève générale !

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       Paraphrasant le général de Gaulle, le jeudi 7 septembre 1944, le gouverneur de la Province de Liège, Joseph Leclercq et le bourgmestre de Liège, Joseph Bologne auraientt pu dire Liège outragé ! Liège brisé ! mais Liège libéré. Le jour-même, à  partir de l’émetteur liégeois de l’INR (Institut national de radiodiffusion), l’information est confirmée, Liège est libéré par les troupes américaines de la Third Armoured commandé par le Général Major Maurice Rose, tué au combat le vendredi 30 mars 1945, aux environs de Cologne. Liège est libre, du moins, sa rive gauche. Les combats continuent  sur la rive droite jusqu’au samedi 9.

général Rose.jpg Général Major Maurice Rose

       L’émetteur se trouve près de la Place Jean de Wilde. Cet émetteur est un des fruits de la Mission Samoyède initiée par notre confrère Paul-M.G. Lévy. L’objectif de Samoyède  est clair : La Belgique ne sera pas libérée d'une traite. Il faut un émetteur par province. À Liège, comme ailleurs en Belgique, des Résistants tel Eugène Mangon se chargent de ce travail dangereux. Le jour J, l’émetteur est prêt à fonctionner. Au temps de l’occupation, Eugène Mangon a gravi nombre de fois la Montagne Sainte-Walburge, en poussant sa charrette de plâtrier où les divers éléments parachutés sont dissimulés.

       Avant de s’enfuir, les troupes allemandes ont fait sauter les ponts. Les Américains feront passer leur charroi sur un pont flottant déployé sur la Meuse. La destruction de l’immeuble abritant les installations techniques de de la Régie des Télégraphe et Téléphone rend plus malaisé les contacts lors de la reconstruction du pays. En revanche, les gares sont quasi intactes.

       En outre, afin de retarder le déplacement des troupes américaines et la Résistance – principalement du Front de l’Indépendance (FI) et de l’Armée de Libération (AL)  -, les Allemands s’en prennent, l’après-midi du 7 septembre, aux carrefours du Cadran, de Hocheporte et de Fontaibleau. Modus operandi, sans se soucier des civils, ils utilisent des chenillettes piégées remplies d’explosifs qu’ils font exploser. À Fontainebleau, Maurice Waha tente d’arrêter l’engin en criant à la population de s’enfuir. Le geste de Maurice Waha est vain. Il y trouve la mort tout comme des dizaines de ses concitoyens.

       Le samedi 9 septembre, le journal La Meuse sort une édition spéciale. Le quotidien a vu ses locaux réquisitionnés au bénéfice du journal collaborateur La Légia qui est paru du 25 mai 1940 au 2 septembre 1944. Il est à noter que durant toute l’occupation, un journal clandestin a été édité sous le titre La Meuse. Ses deux premiers imprimeurs ont  été arrêtés, l’un a été fusillé à la Citadelle, l’autre décapité à Cologne. Le dimanche 10 septembre, un hommage officiel est rendu  par les autorités à la Citadelle.

 

 

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       Le 8 septembre, le gouvernement Pierlot rentre d’exil. On note que le Secrétaire Général de la Confédération Générale du Travail de Belgique (CGTB), le Serésien Joseph Bondas - réfugié à Londres en 1942 - y figure au titre de sous-secrétaire d'État de l'aide aux réfugiés, du travail et de la prévoyance sociale. Le 13 septembre, le gouvernement convie les partenaires sociaux à une Conférence Nationale du Travail (CNT) pour le 16. Fait important, il ne convie que les partenaires invités avant-guerre. Ce n’est point de l’hostilité mais comme Joseph Bondas l’a dit plus tard tout simplement parce qu’on ne disposait que de très peu de temps et encore moins d’éléments connus et certains sur les nouveaux mouvements surgis de la guerre (1).

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Joseph Bondas

 

       Il faut savoir qu’au début de la guerre, sous l’action de l’ancien président du POB (Parti ouvrier belge) Henri De Man, partis et syndicats ont été abolis. Les syndicats ont été remplacés par l’UTMI (Union des Travailleurs Manuels et Intellectuels) créée le 22 novembre 1940. Déjà, le 4 septembre 1940, Joseph Bondas déclare refuser à faire du syndicalisme suivant les conceptions hitlériennes (2). En mai 1941, les femmes d’ouvrage de Cockeril lancent, durant une semaine, la grève des 100.000 à l’instigation de Robert Lambion.

       À partir de 1942, André Renard dans les milieux métallurgiques liégeois innove en créant, clandestinement, un syndicalisme nouveau axé sur l’action directe et l’indépendance à l’égard des partis. C’est le Mouvement syndical unifié (MSU). André Renard organise, toujours clandestinement, une aide sociale aux réfractaires au travail obligatoire en Allemagne édicté par l’occupant allemand. Par ailleurs, André Renard dirige, toujours dans la clandestinité, le corps franc armé KJ3 qui se livre à diverses activités de Résistance.         

       Le fait que le gouvernement Pierlot n’ait pas convié le MSU à la première réunion de la CNT est – à tout le moins – un impair. La réaction est immédiate. Le jour de la Conférence du Travail, il (le MSU) déclenche une grève générale de protestation contre sa non-reconnaissance par le gouvernement, le mauvais approvisionnement alimentaire et le niveau des prix. Pendant une semaine, du samedi 16 septembre au dimanche 24, quarante-cinq à cinquante mille travailleurs liégeois stoppent le travail dans les usines métallurgiques, les centrales électriques et les charbonnages du bassin (3) Le gouverneur Leclercq va jouer un rôle important dans la résolution du conflit (4).  

       Dès le lundi 18, séance de conciliation au Palais provincial.  Le gouverneur  rappelle  qu’il y a encore 75.000 prisonniers, 500.000 déportés et le souci de tous doit être de créer les conditions de leur plus proche retour. Tous doivent donc se remettre au travail (5). À l’issue d’une autre intervention d’un nouveau syndicat, André Renard  quitte le Palais en vertu du mandat impératif reçu des chefs du mouvement de grève (6).

       Après une rencontre  avec le Major  Jules Lerot, officier mandaté en Province de Liège  par le Haut-Commissariat  de la Sûreté de l’État, André Renard  donne, le 19 septembre, l’ordre de reprendre le travail dans les industries  dites de guerre à savoir les fours à coke, les centrales électriques et l’usine de pneus Englebert. Une des armes secrètes du Major Lerot est qu’il peut demander à tout instant l’intervention de l’armée américaine. Il n’y a jamais eu recours mais chacun sait qu’il peut le faire ! Licencié en psychologie du travail, le Major Lerot a du résoudre nombre de conflits sociaux de septembre 44 à septembre 45 comme Mehdi  Tekaya l’explique dans son mémoire de licencié en histoire de l’Université de Liège - http://fr.scribd.com/doc/47963553/Les-mouvements-de-greve...

triomphe.jpgVictoire !

(1)                 Extrait du mémoire de Mehdi Tekaya Les mouvements de grève dans la Province de Liège à la Libération (septembre 44-45) – Page 33

(2)                 Op. cit. Page 9

(3)                 Op. cit. Page 34

(4)                 Op. cit  Page 36

(5)                 Op. cit. Page 36

(6)                 Op. cit. Page 37

08:37 Écrit par Pierre André dans Actualité, Histoire, Liège, Social | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg