lundi, 24 février 2014

ELISE, c'est du sérieux ...

       Elise n’est pas une pipelette. Et pourtant, elle en sait des choses sur Liège, sur les Liégeoises et Liégeois en matière de sécurité et de prévention. Afin de tout savoir, Elise s’est adressé, via bpost, à mille six cents de nos concitoyen(ne)s censé(e)s représenter les 195 414 personnes de notre ville. En dépit de l’adage tout courrier mérite réponse, Elise n’a reçu en retour que 758 lettres soit 47 % du courrier initial.  Elise – acronyme de Enquête liégeoise de sécurité  - a présenté récemment son rapport aux autorités communales.

       Elise constate avec plaisir que 85 % des Liégeoises et Liégeois apprécient globalement le quartier où ils vivent. En revanche, 4 % aimerait habiter ailleurs. Elise note ; les personnes appréciant le plus leur quartier sont celles  qui y habitent  depuis le plus longtemps. C’est un argument un peu spécieux. Ces personnes ne disposent peut-être pas des moyens pour s’installer dans un autre quartier. Et puis, un certain fatalisme est susceptible de les gagner. On s’habitue à tout...

       Les problèmes ne manquent pas dans les quartiers. En tête, l’automobile en suscite plusieurs dont le parking sauvage, la conduite agressive ou la vitesse non adaptée. Autre type de problème, les déjections canines. Celles-ci ont pourtant fait l’objet de l’article 30 du Règlement Communal du 29 juin 2009 relatif à la propreté sur la voie publique avec amende de 125 € maximum à la clé. En 2010, en avril, l’échevin de la propreté, le cdH André Schroyen a lancé – sans succès semble-t-il -  une campagne Stop aux déjections canines. Ces problèmes  irritent, selon Elise, 45 % des répondants. Pire encore, une étude de l’ULg a montré qu’à Liège, un chien sur vingt  défèque des œufs de Toxocara canis susceptibles de contaminer les humains.  Mince consolation, un dicton populaire prétend que marcher sur des déjections  canines portent chance !  

       De la chance, nous en avons à Liège avec le voisinage. Nous  nous entendons bien (95 %) entre voisins. De la chance, nous en avons à Liège avec nos policiers, ils sont aimables et rassurants. De la chance, nous en avons à Liège avec les services de prévention mal connus certes  mais quand on y a recours, la satisfaction est très grande. De la chance, nous en avons à Liège car tant de jour que de nuit, nous avons majoritairement le sentiment d’être en sécurité dans notre domicile. Le sentiment d’insécurité est davantage ressenti par les femmes que les hommes. Il est vrai qu’avouer  sa trouille est dévalorisant pour un homme. Tout  comme la France de Hollande, un homme n’a pas peur !

       Pas de chance en revanche  pour les 758 répondants à Elise. Au cours de l’année, soixante pour cent d’entre eux ont été victimes. Une belle motivation de répondre à Elise. Cela va du vol de moto/mobylette à l’agression verbale, un effet néfaste d’avoir li tièsse près dè bonèt. Un tiers seulement des victimes ont déposé plainte à la police dont la compétence est créditée d’un mince 8 %. Ce qui n’empêche pas la moitié des répondants d’évaluer la présence policière trop faible. Tandis que 6 % d’entre eux l’estiment trop importante. Ce dernier chiffre valide en quelque sorte la représentation. Elise, c’est du sérieux ! 

 

 

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16:37 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 21 février 2014

Pour vivre centenaire rien ne vaut le scrabble !

       Hier, Madeleine Dehin – un nom bien d’amon nos autes – a célébré le centenaire de sa naissance, à Liège, le 20 février 1914. Mariée à un Hesbignon du nom de Charles Wathour dont elle veuve, Madeleine Dehin vit aujourd’hui dans la région de Bruxelles. Ses quatre enfants – Marguerite-Marie, Paule, Charles-Albert, Dominique  - ses multiples petits-enfants, arrière-petits-enfants ont marqué, à leur façon, ce moment rare avec une Madeleine pétillante d’esprit et de souvenirs. Le secret de sa longévité ? Elle joue régulièrement au scrabble dont elle est championne !

                    

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14:25 Écrit par Pierre André dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Noms de dieux renonce au jour du Seigneur...

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          Traditionnellement l’émission noms de dieux a été diffusée le dimanche. À présent, elle sera à l’antenne le mardi. L’horaire n’est pas modifié. Noms de dieux est réservée en primeur aux couche-tard. Il en a été ainsi pour les 185 premières émissions. Il en est de même pour la 186ème avec la poétesse Lydie Dattas, invitée d’Edmond Blattchen (1).

          Lydie Dattas a vécu sa prime enfance sous le buffet d’orgue de Notre-Dame de Paris dont son papa maîtrise le clavier. Ensuite, l’ensemble de sa famille  – papa, maman (comédienne), ses deux frères et Lydie – s’en va vivre à Londres. Les enfants Dattas étaient des prodiges, comme les assiettes de Bernard Palissy. Pour nous avoir, nos parents avaient jeté tous leurs biens dans les flammes rougeoyantes de leur amour. Terrifiés par les papiers administratifs,  ils préféraient perdre de l’argent que remplir un formulaire. Leur goût exquis nous épargnait l’enfer des jouets, nous transmettant toute l’excellence des siècles écrit Lydie qui a suivi les cours au Lycée Français.

        Premiers poèmes dès l’adolescence. Par la suite, les commentaires  des milieux littéraires sont de plus en plus enthousiastes. Ainsi, Pierre Assouline (auteur notamment d’une biographie de Georges Simenon et de l’Autodictionnaire Simenon) analyse La Foudre – paru au lendemain du divorce de Lydia - en ces termes : Un vrai choc que cette suite de brefs chapitres sans titre, deux pages à peine chacun, mais si puissamment tressés, où les phrases sont nouées entre elles avec une telle intensité, que l’on ralentit la lecture pour retarder l’instant de la fin.

          En épousant  le trapéziste  Alexandre Bouglione, elle entre dans la grande famille du cirque et des gitans. Son symbole à noms de dieux ?  Une griffe de tigre en pendentif. En 1994, elle fonde avec son mari, le cirque Lydie Bouglione devenu par la suite le cirque Romanès. Elle et Alexandre ont eu comme voisin et ami l’excrémentiel Jean Genet. Ne partageant point l’opinion de François Mauriac, elle publie en 2006, chez Gallimard, La chaste vie de Jean Genet.   

          Poétesse, Lydia Dattas confie au dernier chapitre de noms de dieux, le pari. En substance, elle déclare : Les « grandes âmes, les « voyants » (Rûmi, Rimbaud) peuvent nous aider à trouver la lumière, parce que l’intuition des poètes et des créateurs est plus utile que la raison des scientifiques.
Des propos qui rappellent ceux de Saint-John Perse, récipiendaire du Prix Nobel de Littérature en 1960.

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1) En TV, mardi 25 février sur La Deux de la RTBFbe vers 22h50 – Rediffusion dans la boucle de nuit, sur La Deux, du jeudi 27 au vendredi 28 février, sur La Deux vers minuit trente-cinq.

 Sur le Net, rubrique Revoir, durant une semaine à partir du mercredi 26 février.

08:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Spiritualité, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 15 février 2014

Effectuer "le tour du jardin" en compagnie du Québécois Jacques Godbout, un régal !

       Romancier, chroniqueur, essayiste, poète, dramaturge, cinéaste, le Québécois  Jacques Godbout  excelle dans tous ces domaines. Cependant n’ayant jamais été un être tragique (devrais-je dire hélas ?), je n’avais pas encore cédé à la tentation biographique. Un dessinateur de talent, Remy Simard est parvenu à le convaincre. À septante-cinq ans, il a accepté la proposition en se donnant une seule contrainte : les véhicules (motorisés) en seraient le fil conducteur, j’écrirais une auto-biographie (1). Un chef d’œuvre d’auto-dérision !

       Cette semaine sont parus les entretiens portant sur les livres, la politique, la culture, la religion, le Québec, la saisine menés par le sociologue Mathieu Bock-Côté – né en 1980 – et le (jeune) octogénaire  Jacques Godbout – né en 1933. Ensemble, ils ont fait Le tour du jardin (2). Comme le dit la notice de l’éditeur, Jacques Godbout y évoque les personnes qu’il a fréquentées et les moments dont il a été le témoin privilégié. C’est l’occasion de découvrir le portrait d’un être rare, un intellectuel québécois qui a tenu, pendant soixante ans de vie publique, à assumer son rôle dans la cité, celui d’éveilleur de consciences et de passeur entre les générations. Le sociologue - chargé de cours à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke – explique sa démarche : je lui ai parlé comme à un interlocuteur intellectuel de premier plan, comme à l’un des observateurs les plus brillants du Québec.

       En réponse à une question sur les rapports entretenus par les Québécois et la langue française, Jacques Godbout réplique : Nous n’avons pas, au Québec, de problèmes de langue, mais un problème de langage. La façon que nous avons d’utiliser la langue révèle notre esprit. Notre langage devrait nous permettre de communiquer avec les francophones du monde, mais nous restons désespérément attachés à notre idiome. (…) On entend de moins en moins un langage relevé, savant ou tout bonnement respectueux des règles. Desquelles, du, dont, et le reste ont disparu. S’est ajouté le «çala» pour faire court. Qu’un journaliste à la radio répète «il est pas capable» plutôt qu’«il est incapable» me hérisse, il existe des mots et des locutions pour tout dire ! Nous nous privons des nuances que permet une langue qui a accumulé une richesse lexicale depuis mille ans! Montréal est une ville menacée par la pauvreté du français beaucoup plus que par la langue anglaise. Chaque fois que Gaston Miron rentrait d’Europe il se désespérait de notre lexique famélique : «Porte, portière, portillon, portail, huis, disait-il, c’est fou ce qu’on peut ouvrir quand on a les mots pour le dire!»

 

(1)    Autos biographie – Jacques Godbout – Illustrations de Remy Simard – Éditions Les 400 coups – 152 pages – Diffusion en Europe Le Seuil  

(2)    Le tour du jardin -  Jacques Godbout – Entretien avec Mathieu Bock-Coté – Éditions du Boréal – 242 pages – Diffusion en Europe Volumen

17:42 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, francophonie, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 07 février 2014

Augustin Gernez, le poète des Fourons.

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       Sa grand-mère, Raymonde Dramez est maire de la commune de Beaudignies dans le département du Nord. Une commune dont l’église fortifiée est connue jusqu’en Nouvelle-Zélande. Le 23 octobre 1918, les troupes néo-zélandaises lors d’un affrontement avec les Allemands déplorent la mort de Henry James Nicholas – un héros titulaire depuis juillet 1918 de la plus haute distinction militaire du Commonwealth, la Victoria Cross. Depuis Beaudignies et autres communes proches, les Néo-Zélandais préparent jusqu’au 4 novembre, la bataille du Quesnoy qui permet aux Alliés de se lancer dans la trouée de la Sambre.

       Son papa, Hugo Gernez, est contrôleur aérien à l’aéroport de Maastricht-Beek. Quant à lui, Augustin Gernez, de nationalité française, il a fréquenté l’école francophone de Fourons (avant de passer au collège à Visé pour entamer l’enseignement secondaire). Une école francophone - installée dans  des locaux communaux - dont le pouvoir organisateur est l’a.s.b.l. Centre sportif et culturel des Fourons, avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles.  Une commune endettée par sa majorité  Voerbelangen au point  que le bourgmestre N-VA envisage de vendre l’école. Lors de la 34ème  Fête du Peuple fouronnais, en octobre dernier, les représentants des divers partis francophones démocratiques se sont engagés à tout faire pour sauver les bâtiments scolaires

       En sa qualité d’écolier  de 6ème primaire, avec ses condisciples,  Augustin Gernez a participé à la Journée mondiale Poésie-Enfance, une initiative lancée en 1976 par Moussia Haulot,  épouse du Baron Arthur Haulot, créateur des Biennales internationales de Poésie. Son poème La Paix (1) a été primé parmi les 700 présentés. Les 17 lauréats ont été reçus au Parlement fédéral par son Président André Flahaut.

       Un extrait du poème d’Augustin Gernez : La paix, / Ce n’est pas encore fait / Mais c’est le sujet / Que l’on a choisi / Pour une poésie / Qui raconte la vie. (…) Grande paix, /  On est souvent dans des situations difficiles / Mais quand même, gardons cette paix.

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(1)    Texte intégral du poème dans Le Foron – 1€ 25 – ACTION FOURONNAISE – 7 Vogelstang – 3790 Fourons  - Tél. 04 381.04.00

13:09 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg