mardi, 29 juillet 2014

Feuilleton : CEBU : MAGELLAN, LAO TSEU ET CHUANG MU par Oncle Bob 1/3

        C’est en équipe réduite que nous nous sommes rendus dans l’île de Cebu, située à près de six cents kilomètres de Manille. Enrique, notre mentor était resté dans la capitale pour accueillir d’autres équipes de tournages.

       Il nous avait conseillé de filmer quelques lieux historiques et si cela nous intéressait de prendre quelques images du temple taoïste de Cebu. Il nous a recommandé la prudence lorsque nous quitterions Cebu pour l’île de Mindanao, notamment Zamboanga, où sévissaient des terroristes musulmans. L’île de Cebu a été conquise par Ferdinand Magellan, ce navigateur portugais, porteur du virus colonial espagnol et du catholicisme. Il scelle une alliance provisoire avec le roi Humabon. Ce dernier fera volte-face après la mort de Magellan suite à une bataille dans l’île de Mactan, en face de Cebu. Le navigateur y perd la vie et sa flotte est décimée.

       Santo Cebu.jpgLa croix de Magellan et l’image de Santo Nino restent des reliques de cette période tourmentée. Cette statue de l’enfant saint, datant du 16ème  siècle, a été sculptée par des artistes flamands. Lors d’une révolte des habitants contre l’occupant, les Espagnols ont incendié une grande partie de la ville. Dans les décombres, la statue de l’enfant jésus est indemne. Miracle pour les colons mais aussi pour les populations indigènes. C’est la raison principale pour laquelle cette île est devenue un lieu privilégié des catholiques philippins. Une réplique de la statue se trouve dans la basilique Santo Nino.

       Magellan, cet explorateur qui donnera son nom au détroit, mercenaire de l’époque, recherche non seulement de l’or mais aussi des épices pour les puissants du 16ème  siècle. L’Espagne et le Portugal se partagent alors le monde du commerce et des finances. Aujourd’hui, il ne leur reste que le ballon rond pour tenter d‘ affirmer une suprématie toute relative.

       Bogdan et moi étions insatisfaits des images conventionnelles, d’autant plus que notre arrivée ne correspondait pas aux fêtes locales, colorées, animées par des danses rituelles et des chants, le sinulog, marqué par un mouvement de va et vient au son des percussions. C’est alors que nous avons décidé d’aller filmer le temple taoïste incrusté dans la colline surplombant la ville.

       Une chaleur humide nous accable pendant la montée vers le temple. Nous nous sommes partagés le pied de caméra, la caméra et tous les accessoires ainsi que deux sacs à dos remplis de bouteille d’eau. Lorsque nous arrivons à proximité du temple, le point de vue sur la ville s’avère être un beau plan général pour marquer le début de la visite de l’île.

07:00 Écrit par Pierre André dans Cinéma, Culture, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

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