vendredi, 29 août 2014

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 4/4

        À la pointe de l’aube toute l’équipe se retrouve sur la plage et notre danseuse Nilavali ( Lumière de lune“) est parfaite dès la deuxième prise .

        Vêtue d’une tunique rouge, d’un voile porté sur les épaules, d’un pantalon resserré au niveau des chevilles, Nilavali dompte la caméra. Le regard souriant, les cheveux ceints d‘une couronne dorée, une ceinture de bijoux éclatants ainsi que la point rouge (le Tikka) situé au milieu du front, nous transportent dans un univers presqu‘irréel. Seul le son du ressac de la mer ramène à la réalité.

        La séquence tournée entre chien et loup sera encore plus magique dans la mesure où Nilavali manipulera le flambeau comme un lingam confié par quelque divinité du panthéon hindou.

        Bogdan et moi étions certains que ces deux séquences et notre rencontre avec la famille des pêcheurs tamouls serait un gage de succès pour le court-métrage.

        Ceylan, le Sri Lanka nous a apporté à la fois de merveilleux souvenirs mais aussi le cauchemar persistant des misères de la nuit.

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Ainsi prend fin le feuilleton où l'Oncle Bob - Robert Lombaerts (cfr Liège 28 du 5 juillet 2014) - a raconté ses aventures vécues aux Philippines et au Sri Lanka.  

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jeudi, 28 août 2014

Le Magnette-Prevot, un gouvernement wallon ultra-Chirac !

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        Lors de la campagne présidentielle de 2007, le candidat Jacques Chirac a demandé aux Françaises et Français de manger une pomme. La demande a été exaucée et Chirac a été réélu.

        Fort de cette réussite, aujourd’hui, le gouvernement wallon de Paul Magnette –Maxime Prévot demande aux Wallonnes, Wallons, Bruxelloises, Bruxellois, Flamandes, Flamands et aux 75716 Germanophones de manger non seulement une pomme mais d’y ajouter une poire.

        Belgicaine à souhait, la RTBF a divisé le nombre de poires produites dans l’ensemble du pays par toute la population du Royaume. Le quotient donne 1 poire 3. Moralité, un gros quart de la production reste excédentaire.

        Que faire ? En appeler à une consommation  accrue auprès de l'Ukraine de l’Ouest … ou auprès des affiliés du Boerenbond !

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22:17 Écrit par Pierre André dans Actualité, Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 3/4

        Sous le choc nous sommes prêts à oublier l’idée de la séquence de danse. Aucun de nous n’a cependant envie d’abandonner.

        Le réceptionniste de l‘hôtel nous indique qu’une danseuse Tamoul va se produire dans les jardins de l’hôtel et que nous pouvons peut-être la contacter. Nous assistons au spectacle installés confortablement en dégustant des patties, ces croquettes épicées fourrées de légumes ou de lentilles accompagnées par des bières locales, une Mandalay pour moi et une Three coins pour Bogdan. La danseuse de petite taille est cependant gracieuse, souriante .Elle évolue comme un oiseau dans l’espace ; son corps flexible décrit des arabesques.

        Bogdan demande à notre serveur très stylé de bien vouloir inviter la jeune femme à notre table. Je lui apprends le but de notre rencontre et mon souhait de la voir danser sur la plage à l’aube et au coucher du soleil. L’idée de jouer avec un flambeau tout en dansant la séduit. Professionnelle, elle veut poser ses conditions financières; ce que je comprends parfaitement. C’est là que Bogdan intervient avec ses finesses, ses astuces pour préserver un budget toujours trop étriqué. Après quelques tractations, la jeune danseuse accepte les conditions après avoir exigé le payement d’une journée entière ; ce que Bogdan, tombé sous le charme de l’actrice d’un jour a fini par accepter.

                (à suivre)

08:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Amour, Cinéma, Culture, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 27 août 2014

Les fausses notes sont indésirables au Parlement de la Communauté française.

        Les Francofolies de Spa ont fait leur entrée au Parlement de la Communauté française en la personne de Charles Gardier, co-directeur des Francos. Le président Jean-Charles Luperto a tenu à féliciter chaleureusement ce francophile mélomane en précisant que l’Assemblée au sein de laquelle siège désormais Charles Gardier est tout aussi francophile et non moins mélomane.

18:11 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, francophonie, Musique, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 2/4

        Le chauffeur empeste l’alcool, à l’air bougon et semble comprendre notre désir de trouver une danseuse tamoul pour figurer dans une séquence de début et de fin d’un court-métrage.

        Il acquiesce et nous nous retrouvons dans un véhicule préhistorique avec un plancher troué par la rouille qui rend le sol visible. Nous nous rendons compte que les freins de la voiture sont hors d’usage et qu’il utilise le frein à main pour s’arrêter. Une conduite follement dangereuse nous transporte en dehors de la ville. L’inquiétude nous gagne car nous nous souvenons de la tentative de vol vécue la veille au marché.

        Cet homme nous guide vers un bâtiment isolé, faiblement éclairé par une lanterne rouge. Nous pénétrons dans un lieu glauque, sordide, sinistre. Je pense au roman de Maupassant‘‘ La Maison Tellier‘‘ en pire. Nous sommes assis sur une banquette verdâtre au plastique déchiré. Là aussi une lumière rouge. Pareil à un feu de signalisation, elle passe du rouge au vert et notre chauffeur nous fait signe de le suivre. Jamais je ne pourrai oublier cette vision horrible. Une sorte de grande chambre sur un sol en terre battue. Des vieilles femmes décharnées, édentées, au dos courbé, tentent un vague sourire.

        Un seul désir, quitter au plus vite cette zone d’abattage, d’esclavage, oublier ce chauffeur qui nous a fait découvrir les misères de la nuit plus terribles que celles du jour.

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mardi, 26 août 2014

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 1/4

         Lors de la réalisation d’un film il importe d’attirer l’attention du spectateur dès les premières images et les premiers sons. Accrocher en surprenant, par exemple, par un pré-générique dynamique et une action inédite sont des éléments que le scénariste, le réalisateur; voire le producteur peuvent apporter à tout type de film qu’il s’agisse de fictions ou de documentaires; de longs ou de court métrages.

        En ce qui me concerne, j’aime le principe d’une boucle qui débute et termine le sujet abord. Je déteste les prises de vues conventionnelles même dans ces courts-métrages touristiques à caractère promotionnel. Il est possible de faire des choix où les individus et leurs actions sont aussi présents que les paysages ou les édifices .

        J’ai suggéré à mon ami Bogdan de débuter le film par une vingtaine de secondes où l‘on découvrirait une danseuse indienne exécutant quelques pas à la pointe de l’aube, sur la plage au bord de la mer. Le court-métrage se terminerait par la même danseuse filmée entre chien et loup; cette lumière particulière que j’affectionne avant la tombée brutale et rapide de la nuit. Je la voyais danser au milieu d’un cercle de feu.

        Elle même utiliserait un flambeau qu’elle inclurait dans la danse en l’apprivoisant. Sur une image arrêtée se déroulerait le générique. Nous avons souvent partagé des goûts identiques et mon ami n’a fait aucune objection à ma proposition.

        Ses seuls soucis où je retrouve le producteur ; le prix de la danseuse et où la trouver. Notre première décision, s’adresser à un chauffeur de taxi, a été mauvaise.

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jeudi, 21 août 2014

Feuilleton : RENCONTRE AVEC LES TAMOULS DU LITTORAL par Oncle Bob 3/3

        En attendant de nous revoir pour partir en mer, Arvalan nous donne quelques conseils si nous fréquentons les plages de cocotiers.

        On peut parfois y trouver des serpents venimeux et il y a intérêt à faire attention où l’on pose les pieds.

        Généralement ces animaux ne sont pas agressifs sauf s’ils se sentent menacés.

        Nous quittons nos hôtes pour passer quelques heures à la plage attentifs aux serpents mais aussi aux crabes aux pinces tranchantes.

        Le lendemain après avoir suivi Arvalan et Arivâli dans une partie de pêche fructueuse; alors que la nuit tombe rapidement, nos hôtes nous guident vers un petit temple caché par une épaisse frondaison d’arbres.

        Nous pénétrons dans ces lieux sacrés où le chef de famille va diriger la cérémonie.

        C’est au son d’une clochette censée appeler les divinités peintes ou sculptées à s’insérer dans leur image que débute la célébration du culte.

        Cette cérémonie du ‘‘puja‘‘ est commune aux tamouls du Sri Lanka et aux Hindous du Continent Indien.  Après l’appel aux divinités la famille allume des bougies et fait brûler de l’encens. L’épouse d’Arvalan et sa fille disposent des guirlandes de fleurs odoriférantes, déposent des fruits, du riz et remplissent des coupes d’eau tout en invoquant les divinités. J’en reconnais une, Ganesh, ce dieu à tête d’éléphant, porte bonheur dans ce panthéon hindouiste où l’homme n’est pas au centre de l’univers mais constitue l’un des éléments du cosmos. Après ce moment à la fois familial et rituélique nous regagnons la maison communautaire. Un repas nous y attend. Au menu, les crevettes grillées accompagnées du riz traditionnel. Une surprise de dimension pour Patrice et Eduardo.

        Ils ont des couverts et leurs portions de crevettes sont décortiquées. Bogdan et moi partageons le plat de nos hôtes qui sourient aux regards ébahis de nos collègues.

        Quelle leçon d’écoute, d’observation et de respect de la part de cette famille Tamoul pour ces étrangers, voyageurs éphémères accueillis dans la plus grande dignité !

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mercredi, 20 août 2014

Feuilleton :RENCONTRE AVEC LES TAMOULS DU LITTORAL par Oncle Bob 2/3

        Chaleureux il nous invite à partager son repas composé de crevettes fraîchement pêchées accompagnées du riz, nourriture de base.

        Arvalan nous explique que la famille Tamoul est constituée comme un véritable clan avec un système social strict où le communautaire prime sur l’indépendance.

        Hindouistes sur le plan religieux, les Tamouls ont mal perçu la suprématie du bouddhisme comme religion d’État. Les trois millions de Tamouls, toutes religions confondues ont été défavorisés par rapport à une bourgeoisie locale cingalaise et un pouvoir asocial, privilégiant une économie ultra libérale tout en menant le pays d’une main de fer.

        Le fils aîné Arvâli poursuit des études secondaires et rêve de rejoindre les Tamouls de France ou de la Réunion. Pour lui, il n’y a ucun d’espoir d’obtenir une fonction intéressante dans son propre pays.

        L’épouse d’Arvalan et l’une de ses filles apportent deux énormes plats, l’un de riz, l’autre de crevettes parfaitement grillées dont les épices flattent les narines.

        Ici on se sert de la main droite pour prendre la nourriture. J’observe que Bogdan ce vieux complice baroudeur, comme moi, est tout à fait à l’aise mais nos équipiers manifestent des difficultés à adopter les coutumes locales.

        Je prends conscience que la famille Tamoul mange les crevettes dans leur entièreté, têtes comprises. Je suis évidemment leur exemple comme Bogdan qui a toujours respecté les traditions même s’il avait des difficultés à les assimiler.

        Par contre Patrice et Eduardo ne parviennent pas à se conformer aux usages. Arvalan et Arvâli observent nos comportements en silence.

        Nous nous accordons sur le fait de suivre une partie de pêche en mer et Bogdan s’arrange sur le plan financier avec le chef de famille pour le défrayer.

        Comme nous avons gagné sa sympathie il nous suggère de filmer une cérémonie d’offrandes qu’il pratique avec sa famille dans un petit temple hindou à l’abri de tous les regards. C’est avec plaisir que nous accueillons cette proposition.

 

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mardi, 19 août 2014

Feuilleton :RENCONTRE AVEC LES TAMOULS DU LITTORAL par Oncle Bob 1/3

        Bogdan et moi avons toujours apprécié ce qu’on appelle en termes de métier: les repérages. Ces premiers contacts sans caméra et autres outils techniques sont primordiaux pour établir une relation de confiance avec ceux qui sont les sujets d’un film et non des objets.

        Aujourd’hui seule la rentabilité compte et les télévisions privées ou publiques vont à l’essentiel, ramener des images et des sons sans avoir été à l’écoute et sans avoir partagé avec les autres.

        La culture des Tamouls de la côte nous intéressait dans la mesure où cette société est implantée dans l’île depuis des millénaires. Pêcheurs ou commerçants, ils possèdent leur propre langue, leur religion, leurs règles sociales. On les appelle les Tamouls de Jaffna installés au nord, à l’est et le long du littoral par rapport aux Tamouls des Hautes Terres ; immigrés de castes inférieures, intouchables utilisés comme main d’œuvre dans les plantations de thé, installés au centre, au sud, de l’île, importés par les colons britanniques.

        Ce sont les Tamouls du littoral qui ont suscité notre intérêt. Nous sommes entrés en relations avec une famille de pêcheurs qui nous a permis de découvrir leur univers. Nous les avons rencontrés à deux reprises avant de tourner le moindre mètre de pellicule.

        Leur village, Negombo, se situe à quarante kilomètres de la capitale. Une lagune, la mer, d’immenses plages entourées de cocotiers; des catamarans locaux et de petits bateaux de pêche, taches sombres naviguant au gré des vents sur une mer étincelante argentée, dont les reflets éblouissent la vision.

        Arvalan, le chef de famille (dont le prénom signifie‘‘ homme d’amour et d’affection‘‘) et son fils aîné Arivâli (‘‘Intelligent ‘‘) nous accueillent dans leur demeure , sorte de grande maison communautaire.

        Arvalan n’a pas d’âge déterminé. Son visage sec, émacié est souriant; une légère barbe grisonnante, le cou décharné, le menton volontaire et les yeux vifs complètent une stature moyenne composée de muscles à fleur de peau et de mains noueuses marquées par le sel marin et les travaux quotidiens.

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samedi, 16 août 2014

Y AURA-T-IL UN 56ème FESTIVAL ROYAL DE THEÂTRE DE SPA ? « MADAME NON » REPONDRA-T-ELLE OUI ?

 

 Cécile Van Snick et Armand Delcampe en 2009 heureux de célébrer les 50 ans du Festival ; se retrouveront-ils en 2015 ?

        Vendredi soir, à l’issue de l’ultime représentation du 55ème  Festival Royal de Théâtre de Spa, Armand Delcampe co-directeur depuis 16 ans de ce Festival, mon épouse et moi, nous nous sommes embrassés en formulant l’espoir de nous revoir l’an prochain.  D’abord parce que lorsqu’on aborde son quatrième quart de siècle c’est l’état de santé qui est susceptible de décider. Mais aussi parce que les moyens diminuent chaque année comparés aux besoins. Certes il y a des éléments positifs qu’a soulignés la co-directrice Cécile Van Snick qui a fait état d’un taux d’occupation des places disponibles  de l’ordre de 90%,. Plusieurs fois les réservations conduisirent à organiser une représentation supplémentaire. Une centaine de personnes suivirent chaque lecture et chaque rencontre.

        Au sein de l’équipe du Festival les nouveaux responsables de la gestion, des services techniques et de la communication réussirent des prestations très appréciées. Quant à moi qui ai suivi dix représentations en cinq soirées, mon « top 4 » va de « Karl Marx, le Retour »  à « No Sport » en passant par « Discours à la Nation «  et « L’école est finie ». Et l’on me dit que j’ai « raté » « Belles de nuit » et surtout « Mangez-le si vous voulez ».

       Sur les 18 spectacles principaux, un tiers était constitué de « one (wo)man show » et un second tiers mettait en scène deux comédien(ne)s. Quand vous devez tenir compte pour des raisons strictement budgétaires de la nécessité de trouver des distributions aussi réduites, cela signifie que votre liberté de choix pour programmer un Festival déjà raccourci en durée et ayant renoncé à tout vedettariat, est réduit comme un peau de chagrin.  Moins pessimiste qu’Armand Delcampe et moi, sans être aussi optimiste que l’octogénaire Bourgmestre de Spa, Cécile Van Snick devra convaincre la nouvelle Vice-Présidente bruxelloise du Gouvernement Wallonie Bruxelles responsable à la fois de l’Enseignement obligatoire et de la Culture de répartir autrement les subventions localisables à l’art dramatique domaine où la Wallonie est gravement spoliée notamment quand on compare le Kunsten Festival instrument de propagande flamande à Bruxelles et le Festival Royal de Spa.. Certes, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir mais le sursis menaçant n’est pas écarté.

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         Ce 15 Août au Radisson, Stéphane Stubbé a interprêté « No Sport » adaptation qu’il a écrite d’un personnage historique qu’il admire : Sir Winston Churchill. C’était intéressant, souvent amusant, joué avec talent et conviction. Les multiples facettes du « sauveur de l’Occident » en mai 40 sont-elles toutes rencontrées ? Sûrement pas , la mine était trop profonde. Je connais d’autres admirateurs de Churchill : par exemple, le chanoine Eric de Beukelaere  et Armand Delcampe précité. Si ces deux-là avaient  traité ensemble le même sujet, les dimensions à la fois théistes et franc-maçonnes de Churchill auraient été subtilement soulignées ce qui n'est pas le cas ici mais ne nous a pas empêché de passer un bon début de soirée.

        Par contre à 21 heures, nous ne sommes pas entrés dans le texte  de l’américaine Joyce Carol Oates illustrant la violence sauvage d’une société d’Outre-Atlantique, pire que la nôtre.  Nous reconnaissons très volontiers l’excellente prestation du comédien Alexis Goslain, son rythme, son agilité mais un bon acteur sans texte convainquant ne peut seul sauver un spectacle.

       Rappelons une fois encore en conclusion la phrase de Beaumarchais : « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. »                                                 

 Jean-Marie ROBERTI

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vendredi, 15 août 2014

Feuilleton :La Feuille du Temps par Oncle Bob 1/1

       Difficile de retrouver la réalité après la nuit inoubliable passée en compagnie de Nérupama (l’incomparable). En état d’apesanteur tout en étant épanoui je pensais à ce polythéisme hindou en me demandant si j’avais rencontré une déesse femme.

      Était-ce Shakti, la puissance féminine créative partagée entre le Kâma (le désir) et le Dharma (le devoir)? Mon envie de me balader dans un endroit calme et serein pour préserver cet état second, guide mes pas vers un sanctuaire bouddhiste.

          À Ceylan l’opposition entre hindouistes et bouddhistes date de l’occupation anglaise. Comme tous les peuples colonisateurs les Anglais n’ont pas dérogé à la règle du ‘‘diviser pour régner ‘‘. Les bouddhistes sont majoritaires suivis des hindouistes et d’une minorité de musulmans et de chrétiens. En 1972, Ceylan change d’appellation pour devenir le Sri Lanka.

        Mes pensées me conduisent dans une vaste étendue verte en légère déclivité. Je me dirige lentement vers un arbre qui se dresse solitaire, à côté du sanctuaire.

        J’aime les arbres symboles de la vie mais aussi de la force, de la flexibilité, de la connaissance, de la droiture. Dans tous les pays, sur tous les continents, les arbres m’ont fasciné : les baobabs africains et malgaches, les pins parasols et les platanes méditerranéens, les chênes et les saules pleureurs du Nord.

        Je contemple le figuier des pagodes dont la cime se dresse à trente mètres du sol. Mon regard descend le long du tronc et accroche la silhouette d’un moine qui se dirige vers moi.

‘‘Vous aimez les arbres? Je lui réponds affirmativement.

        Ce figuier porte sur ses branches des feuilles en forme de cœur. Il est toujours planté près d’un temple et nous lui accordons un grand respect. Il est sacré et avec ses feuilles aux pointes effilées il frémit aux caresses du vent.

        Permettez-moi de vous offrir l’une de ses feuilles. Elle porte en elle l’éveil et la mesure du temps. En vieillissant vous serez au-delà de l’attachement, de l’aversion et des illusions.

        Continuez à donner, à recevoir, à écouter, à chercher. Vos actes de bonté et d’amour envers les autres; votre détachement vous mèneront à l’éveil.

        Gardez précieusement cette feuille; conservez-la, à l’abri de la lumière. De temps à autre, regardez-la; elle se modifiera comme vous, au fil du temps.

        Elle se détruira progressivement et vous constaterez qu’en fait, vous êtes en parfaite symbiose dans sa durée de vie et à l’approche de sa décomposition votre temps sera compté. Bonne route voyageur.

       Cette rencontre et la précédente : deux métaphysiques qui interrogent mes certitudes…

 

 

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THEÂTRE A SPA A L’HEURE DU ONE MAN SHOW : DECEVANT PARFOIS MAIS MAGISTRAL GRACE A ASCANIO CELESTINI ET DAVID MURCIA !

 

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THEÂTRE A SPA A L’HEURE DU ONE MAN SHOW : DECEVANT PARFOIS MAIS MAGISTRAL GRACE A ASCANIO CELESTINI ET DAVID MURCIA !

Huitième des onze jours du 55ème Festival Royal de Théâtre de Spa, ce mardi 12 Août 2014, deux des cinq lieux de représentation n’étaient pas utilisés : le Salon gris (où trois pièces étaient programmées trois fois soit neuf soirs sur onze à 18h30’) et la Salle des Fêtes (où les après-midis à 15h30’ des goûters étaient offerts lors de cinq rencontres et de trois lectures auxquelles on ajoutera deux concerts de fins de soirée).
 
Mardi dernier le choix des festivaliers était réduit à un spectacle à l’Hôtel Radisson à 19 heures et à une des deux représentations plus tardives à 20h30’ au Théâtre Jacques Huisman ou bien à 21 heures au Salon bleu.

Sans compter techniciens ni personnel de salle, combien de comédiennes et de comédiens pouvions nous voir dans ces trois spectacles ?

Le total est aisé à calculer : trois acteurs, un par représentation.

La programmation d’une telle soirée constitue un bon exemple de ce à quoi la co-direction du Festival est contrainte faute de moyens qui ne cessent de décliner puisque leur stagnation s’est aggravée en fonction de l’évolution des coûts du secteur pendant les dix
années  d’indifférence de la ministre anderlechtoise aujourd’hui compétente pour la propreté publique à Bruxelles.

Répétons donc comme Cécile Van Snick a demandé que cela soit fait avant chaque représentation : « LE FESTIVAL EST EN SURSIS ». . .

Mardi après « La danse du fumiste » de Paul Emond nous avons choisi « Discours à la Nation » d’Ascanio Celestini  plutôt que « L’Ami des belges » de Jean-Marie Piemme.

A l’issue de la représentation du premier de ces trois « one man show », mon épouse a eu ce commentaire (juste comme toujours de sa part) : « C’était quand même une belle performance d’acteur ».

Certes !

Et que grâces en soient rendues  à Gilles-Vincent Kapps.

Mais cette performance conduit dans une impasse, une fumisterie pour nous sans intérêt.

Nous avons par contre heureusement fait le bon choix pour notre seconde représentation de cette soirée (nous n’écrivons pas le meilleur car nous ne connaissons pas la pièce de Piemme et parce que lors de ce Festival il nous a été dit que nous aurions le week-end
raté un chef d’œuvre « Mangez le si vous voulez » de Jean Teulé mis en scène et interprété par Jean-Christophe Dollé et Clotilde Morgiève).

Ascanio Celestini (adapté en français par Patrick Bebi) est le digne continuateur de Dario Fo.

Cette fois ce n’est pas pour lui mais pour le grand acteur David Murgia qu’il a écrit et mis en scène un décapant « Discours à la Nation ».

Et c’est à un représentant de la classe dominante qu’il donne la parole pour se gausser en termes caustiques, parfois simplement ironiques mais souvent féroces et cyniques, de ces pauvres types de la classe des dominés dont les vieux engagements idéologiques peuvent être avec jubilation retournés contre eux.

La docilité des exploités, la démission des politiques et des syndicalistes, les exigences d’un marché mondialisé ultralibéral conduisent à supprimer toute résistance et à se moquer sans remord de celles et ceux grâce auxquels une petite minorité s’enrichit en
creusant le fossé d’une société duale entre Continents, Etats et Régions comme entre puissants et misérables, riches et pauvres.

 

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David Murgia (accompagné rythmiquement à la guitare par le compositeur Carmelo Prestigiacomo) incarne avec une parfaite décontraction apparente le personnage cruel et souriant concocté par Celestini.

Il a abaissé le masque des gens bien élevés, il retourne les couteaux dans les plaies et simultanément il est vraiment très drôle et nous a permis d’inscrire ce « Discours à la Nation » au firmament du Festival avec le magistral retour de Karl Marx.

Nous nous réjouirions enfin du fait qu’il s’agit d’une production liégeoise trop rare à Spa mais à vrai dire les réalisations du « Festival de Liège » sont plus bruxelloises que liégeoises car elles émanent du Théâtre National dit de la Communauté française et non
encore de la Fédération Wallonie Bruxelles (sans doute parce que prononcer Wallonie avant Bruxelles est dérangeant pour qui le rééquilibrage régional des budgets rabougris consacrés à « l’art dramatique » serait imbuvable).

Mais c’est au lendemain du 15 Août que nous ferons le bilan d’une organisation culturelle « en sursis ».

Jean-Marie ROBERTI

05:32 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, francophonie, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 13 août 2014

Feuilleton : Colombo, du marché à la nuit la plus longue par Oncle Bob 3/3

        Nirupama prend une douche et apparaît dans une totale nudité. Un corps majestueux; des seins bien proportionnés et son sexe épilé m’éblouissent. Une vraie déesse dans un corps de femme. Elle m’indique qu’il n’y aura pas de positions spécifiques mais que le blanc que je suis jouera au missionnaire et qu’elle s’occupera de tout.

        Intrigué, je la pénètre avec douceur et ressens un massage délicat d’une série de muscles mis en mouvements. Prisonnier d’une gangue chaude et humide mon sexe est véritablement emprisonné et tous les efforts pour me dégager restent vains.

        Le téléphone sonne. Mon ami Eduardo a été informé par la réception que je me trouve en compagnie d’une femme. Il souhaite regagner notre chambre mais je lui demande d’attendre un quart d’heure et de boire un verre sur mon compte. Il marque son accord tout en maugréant.

        Prisonnier du sexe de Nirupama, toutes mes tentatives d‘extractions sont impossibles. Bienheureux dans ce conduit irradié par d’incomparables et délicats mouvements des muscles, mon sexe accepte la béatitude de ce moment privilégié. Je l’avoue sans honte je suis vaincu par cette puissance féminine hors normes et je ne peux qu’accepter cette situation inédite.

        Le téléphone retentit pour la deuxième fois et je ne décroche pas. Au troisième appel, mon ami Eduardo furieux m’informe qu’il regagne notre chambre.

        Nirupama prend conscience des difficultés qui surgissent et décide de me libérer de son cocon protecteur. Elle prend une douche et se sèche dans les essuies de mon ami Eduardo qui arrive en tirant la tête. Nirupama, étincelante a revêtu son sari, a remis ses bijoux.
Elle m’adresse un sourire d’amazone vainqueur des pauvres hommes que nous sommes. Elle me dit : Merci à toi d’avoir voulu vivre ce moment...Tu n’oublieras jamais cette nuit même si les traits de mon visage et ma silhouette s’effaceront progressivement de ta mémoire.

        Interloqué, je reste muet et me mure dans un silence pesant alors qu’Eduardo manifeste sa colère en insistant sur mon égoïsme. Cette journée qui avait mal débuté se termine par une nuit inoubliable grâce à la volonté d’une femme inconnue et mystérieuse dont j’ignorerai toujours les motivations. Nirupama a laissé une trace unique et profonde, incomparable que je ne retrouverai jamais et que je rechercherai vainement dans toutes mes rencontres ultérieures.

 

 

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Au 55ème Festival Royal de Théâtre de Spa, DE DIDEROT AU REALISME SOCIAL ANGLAIS

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Au 55ème Festival Royal de Théâtre de Spa

DE DIDEROT AU REALISME SOCIAL ANGLAIS

deux pièces d’auteurs français contemporains : Jean-Marc Chotteau ainsi que Clément Koch.

A Spa, au Festival Royal de Théâtre, la responsable de l’accueil du public (qui, notons-le, remplit des salles combles) ne se contente plus de nous demander d’éteindre nos téléphones portables.

Sans texte mais très clairement, elle nous apprend que la direction du Festival l’a chargée de répéter que « le Festival est en sursis ».

Pas question d’hypothéquer la qualité mais il a fallu dès lors diminuer, faute de moyens suffisants, la durée du Festival, le nombre de spectacles et celui des représentations, des animations, des formations . . .

Poursuivre dans la voie des restrictions n’est plus possible : cela a une fin.

Mais la direction voit apparaître un espoir dans la composition du Gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles, non pas du fait des formations politiques ou des personnes qui en font partie mais bien parce que pour la première fois une Ministre est chargée à
la fois de l’Enseignement et de la Culture.

L’espoir réside dans la mise en valeur de l’une par l’autre.

Je partage cet espoir mais je reste sceptique : les budgets additionnés ne vont pas augmenter au contraire et le boom démographique d’origine d’abord musulmane concerne certaines des dix-neuf communes bruxelloises mais très peu la Wallonie dont les 
contribuables participent aux refinancements bruxellois.

En outre, la grosse administration de l’enseignement engluée dans les concurrences entre réseaux (qui devraient devenir d’un autre âge) et la maigre administration de la culture ne vont pas être fusionnées mais jalouses de leurs autonomies, risquent de continuer à se mépriser réciproquement.

J’aimerais être démenti par les faits mais je crois que si l’on ne fait pas de nouveaux choix budgétaires comme supprimer les subventions à ce que la Fédération Wallonie Bruxelles n’a pas vocation d’impulser (comme le Kunstenfestival) et cela afin d’avoir les moyens modestes de renégocier des contrats-programmes là où ils ont été laissés en déshérence (Festival Royal de Théâtre de Spa), le sursis se muera en condamnation ferme et définitive, les délais d’appel étant largement dépassés pour remettre en cause
l’autorité de la chose jugée.

Puisse Mme Milquet ne pas poursuivre une voie bruxelloise sans issue et souhaitons en outre qu’à Louvain la Neuve, davantage de coopérations soient recherchées ailleurs en Wallonie et d’abord à Liège, métropole d’un pays dont Spa fait partie.

Ayant ainsi prolongé le propos répété au public à l’accueil de chaque représentation, j’évoquerai brièvement les deux spectacles vus ce dimanche.

 -   o   -

Jean-Marc Chotteau directeur d’un centre transfrontalier de création théâtrale implanté à Tourcoing et Mouscron, a écrit, mis en scène et joue avec Eric Leblanc une pièce librement inspirée du « Paradoxe sur le comédien » de l’encyclopédiste Denis Diderot
selon qui un bon comédien ne peut pas être sensible.

Eric Leblanc incarne Alceste le misanthrope de Molière et s’oppose à Jean-Marc Chotteau qui s’est réservé le rôle d’un professeur qui aurait voulu défendre le point de vue de Diderot.

C’est bien joué par de bons professionnels, c’est souvent drôle mais n’est-ce pas un peu vain et plus anachronique que contemporain ?

-   o   - 

Le Lorrain Clément Koch qui travailla dans l’industrie automobile à Newcastle a écrit une pièce à laquelle il a donné comme titre le nom d’un port anglais sur le mer du Nord : Sunderland (nom qui littéralement signifie pays disjoint, coupé en deux).

Il nous expose, dans un style réaliste, un drame social où suicide, handicap, chômage, pauvreté, téléphone rose, mère porteuse, couple homosexuel, assistante sociale déformée à la sauce de Mrs the Baroness Margaret Thatcher of Kesteven forment un cocktail qui n’est dénué ni d’humanité, ni même d’humour.

Mis en scène par Alexis Goslain, les huit comédiennes et comédiens (cités par le programme sans mention des personnages qui correspondent à chacune et chacun d’elles et d’eux ) réalisent une performance cohérente d’excellente qualité, Sally et Ruby
étant incarnées par des actrices aux talents particulièrement remarquables.

Ce spectacle décrit une crise bien réelle, celle d’un capitalisme sans garde fou mais ne laisse entrevoir aucune alternative collective, seule la solidarité interpersonnelle réduisant quelque peu le caractère désespérant des situations exposées.

Un spectacle intéressant mais pas pour tous les soirs . . .

Jean-Marie ROBERTI

05:36 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 12 août 2014

Feuilleton : Colombo, du marché à la nuit la plus longue par Oncle Bob 2/3

        Même si j’avais du mal à l’admettre, l’incident du marché m’avait choqué et je percevais un début de déprime. Dans ces cas-là je préfère me réfugier dans la solitude pour réfléchir sur le bien-fondé de notre présence et des implications de notre tournage. Bogdan avait bien compris mon désarroi et le besoin de me retrouver avec moi-même. Il avait décidé de passer la soirée en ville avec Patrice et Eduardo et de s’y restaurer.

        Quant à moi, je me retrouve au bar de l’hôtel confortablement installé dans un fauteuil en cuir de l’époque victorienne. Sur une table en acajou, un serveur stylé a déposé un cocktail local que je m’apprête à déguster lorsqu’une créature de rêve vient s’installer en face de moi, arborant un large sourire. Cette femme d’une quarantaine d’années est revêtue d’un magnifique sari. Elle porte un collier et des bijoux en or.

        Son visage régulier et épanoui inspire le respect. Un front large, des lèvres équilibrées rehaussées par un rouge carmin, des yeux noirs, vifs et perçants, une marque symbolique sur le front attestent qu’elle appartient à la caste des commerçants. Je pense immédiatement à ces sculptures de déesses hindoues et à cet érotisme raffiné.

        Elle se présente dans un anglais oxfordien: - My name is Nirupama. It means : l’incomparable in your language. Elle poursuit dans un français hésitant: Je vois en vous un voyageur dont la curiosité est toujours en éveil. Vous avez l’air triste et j’ai envie de vous rendre joyeux. J’imagine que vous avez lu le Kamasoutra et que vous vous en êtes parfois inspiré. Ce que vous vivrez avec moi cette nuit, si vous le désirez, sera une nuit inoubliable. Votre sexe sera marqué à jamais par le contact de mes muqueuses et malgré une quête interminable vous ne retrouverez jamais ce moment unique que moi, Nirupama, ait décidé de vous accorder.

        Ces paroles, ce visage, cette espèce de don de soi sans contrepartie m’interpelle. Je l’informe que je partage ma chambre avec mon collègue Eduardo et que j’ignore l’heure à laquelle il va me rejoindre. Pour Nirupama, cela n’a aucune importance ; il pourra se débrouiller. Je lui suggère de dîner ensemble pour mieux la connaître mais elle refuse et m’incite à rejoindre ma chambre au plus vite.

                   ( à suivre )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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lundi, 11 août 2014

Feuilleton : Colombo, du marché à la nuit la plus longue par l'oncle Bob 1/3

 

 

        Mon ami Bogdan m’avait proposé de réaliser un court-métrage consacré à l’île de Ceylan - devenue depuis l’État du Sri Lanka -, axé sur la capitale, Colombo,la fête de la Perahera à Kandy ainsi qu‘une rencontre avec des pêcheurs Tamouls établis sur l’île depuis des millénaires. J’avais accepté car ce serait un avant-goût de l’Inde que je parcourerai plus tard sans caméra. Cette fois l’équipe se composait de quatre personnes dont un étudiant,  Patrice, de la section ‘‘Image‘‘ de l’Insas et un professionnel chilien polyvalent, Eduardo, qui s’occuperait du son.

        Je n’ai pas caché à Bogdan que j’aurais préféré filmer moi-même sans l’intermédiaire d’un caméraman car notre duo performant avait reçu un label de qualité pour notre court-métrage MABUHAY aux Philippines.

        Mon attrait pour la découverte étant plus fort que mes réticences, notre quatuor débarque à Ceylan et s‘installe dans le plus bel hôtel de la capitale, Colombo. Bogdan Leszniak avait l’art de choisir les hôtels les plus raffinés. Ces goûts de luxe relevaient de sa généalogie princière. Le Mount Lavinia hôtel, cet édifice remarquable date de la colonisation anglaise. Situé en front de mer, il a gardé les boiseries et les parquets de l’époque coloniale. On a la sensation de se plonger dans l’histoire de l’Empire Britanique et du tout-puissant gouverneur général aux ordres de Sa Majesté

        J’ai décidé de partir en repérages avec Bogdan et de laisser nos deux équipiers récupérer des fatigues du voyage.

        Nous suivons des arcades pour pénétrer dans le quartier commerçant et au marché de Pettah. De nombreux portefaix attendent les clients. Une foule dense et bigarrée circule en tous sens. J’achète une montre dans une boutique, me l’attache au poignet et insère le billet de cinq roupies remis par le commerçant dans la poche avant de ma chemise. Sortis du magasin, nous déambulons dans la foule. Un personnage revêtu d’une sorte de djellaba blanche tente à plusieurs reprises de prendre mon poignet gauche pour y passer un chiffon destiné à nettoyer la montre; sans doute pour la voler. Je le repousse légèrement et, en revenant vers moi, il saisit le billet de cinq roupies qui se trouvait dans la poche de la chemise. Je parviens à lui coincer le bras en lui disant de remettre ce qu’il vient de prendre. Il commence alors à m’invectiver et à appelle les portefaix à l’aide. Nous sommes rapidement entourés d’une foule menaçante qui se presse et nous incite à libérer le voleur. Je décide de lui lâcher le poignet et il disparaît dans la foule qui peu à peu reprend ses activités.

        Cette première prise de contact avec les réalités cinghalaises est désagréable mais une telle situation pourrait se dérouler dans n’importe quel pays et nous nous réconfortons au bar de l’hôtel avec un thé de Ceylan.

        Nous décidons de ne pas parler de cette mésaventure à nos équipiers tout en les incitants à la prudence s’ils envisageaient une sortie nocturne.

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(à suivre)

 

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dimanche, 10 août 2014

« Karl Marx, le retour »

 

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« Karl Marx, le retour »

Enthousiasmant . . .

J’ignorais l’existence de Howard Zinn ce professeur pacifiste de Boston connu pour son oeuvre majeure : "Une histoire populaires des Etats-Unis".

Il a fait éditer en 1999 (il avait 77 ans et est décédé onze ans plus tard) un monologue intitulé : "Marx in Soho" qui concerne le discours que tient le philosophe, économiste et homme politique allemand longtemps exilé dans la quartier londonien de Soho et autorisé
par les autorités célestes à venir s’expliquer pendant une heure face à ses détracteurs plus nombreux encore là où il arrive par erreur administrative : certes à Soho mais à New-York.

Les francophones ignorant la double existence de Soho, l’adaptateur Thierry Discepolo choisit comme titre "Karl Marx Le retour . . . »

Howard Zinn s’explique :
"J’ai écrit cette pièce à une période où l’effondrement de l’Union soviétique générait une liesse presque universelle : non seulement l’« ennemi » était mort mais les idées du marxisme étaient discréditées.
[…] Je voulais montrer Marx furieux que ses conceptions eussent été déformées jusqu’à s’identifier aux cruautés staliniennes.
Je pensais nécessaire de sauver Marx non seulement de ces pseudo-communistes qui avaient installé l’empire de la répression mais aussi de ces écrivains et politiciens de l’Ouest qui s’extasiaient désormais sur le triomphe du capitalisme.
Je souhaite que cette pièce n’éclaire pas seulement Marx et son temps mais également notre époque et la place que nous y tenons. »


La réussite est exceptionnelle.

Ce discours est intelligent, nuancé, souvent très drôle, percutant.
Il ravit celles et ceux qui ne sont pas de droite au point de susciter l’enthousiasme.
Tant de vérité, tant d’humanisme aurait conduit si on le leur avait demandé, les spectateurs à mêler à leurs ovations, le chant de l’Internationale.
Ce spectacle requinque.
J’ai entendu une spectatrice dire en souriant : "Si Elio était socialiste, il engagerait Michel Poncelet pour améliorer le moral des militants de ses sections locales ".
Mais écoutons un moment quelques extraits de ces explications marxistes qui concernent aussi la famille, la religion et bien d’autres sujets.


« Vous vous demandez sans doute comment je suis arrivé jusqu’ici, les transports en commun !
J’ai lu vos journaux.
Ils proclament tous que mes idées sont mortes !
Mais il n’y a là rien de nouveau.
Ces clowns le répètent depuis plus d’un siècle.
[…] J’ai vu les luxueuses publicités dans vos magazines et sur vos écrans.
Oui tous ces écrans avec toutes ces images.
Vous voyez tant de choses et vous en savez si peu.
Personne ne lit-il l’Histoire ?
Quel genre de merde enseigne-t-on dans les écoles par les temps qui courent ?


"Ils prétendent que, du fait de l’effondrement de l’Union soviétique, le communisme est mort.
Ces imbéciles savent-ils seulement ce qu’est le communisme ?
Pensent-ils qu’un système mené par une brute qui assassine ses compagnons de révolution est communiste ?
Scheissköpfe ! . . .
Et ce sont des journalistes et des politiciens qui racontent ce genre de salades !
Qu’est-ce qu’ils ont bien pu faire comme études ?
Ont-ils jamais lu le Manifeste qu’Engels et moi avons écrit quand il avait vingt-huit ans et moi trente ?
Nous y disions qu’"en lieu et place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classe, nous devons avoir une association dans laquelle le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous."
Vous entendez ça ?
Une association !
Comprennent-ils le but du communisme ?
La liberté individuelle !
Que chacun puisse devenir un être humain plein de compassion.
Pensez-vous que quelqu’un qui se prétend communiste ou socialiste mais se comporte comme un gangster comprenne quoi que ce soit au communisme ?
Abattre tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous, est-ce possible que ce soit ça le communisme pour lequel j’ai donné ma vie ?
Ce monstre qui s’est accaparé tout le pouvoir en Russie — et qui a tout fait pour interpréter mes idées comme un fanatique religieux — est-ce qu’il a permis à ses vieux camarades qu’il collait au peloton d’exécution, de lire la lettre dans laquelle je disais que la peine de mort ne pouvait être justifiée dans aucune société se disant civilisée ?
Le socialisme n’est pas censé reproduire les erreurs du capitalisme !
Ici, en Amérique, vos prisons sont surpeuplées.
Qui les remplit ?
Les pauvres.
Certains ont commis des crimes violents, de terribles crimes.
La plupart sont des cambrioleurs, des voleurs, des bandits, des revendeurs de drogue.
Ils croient tous à la libre entreprise !
Ils font ce que font les capitalistes, mais à une plus petite échelle . . .
Savez-vous ce qu’Engels et moi avons écrit sur les prisons ?
« Plutôt que de punir les individus pour leurs crimes, on devrait éliminer les conditions sociales qui engendrent le crime, et fournir à chaque individu tout ce dont il a besoin pour développer sa propre vie. »
D’accord, nous avons parlé de « dictature du prolétariat ».
Mais ni de dictature du parti, ni de dictature du comité central, encore moins de dictature d’un seul homme.
Non, nous avons parlé d’une dictature provisoire de la classe ouvrière.
Le peuple prendrait la tête de l’État et gouvernerait dans l’intérêt de tous – jusqu’à ce que l’État lui-même devienne inutile et disparaisse progressivement.

Voyez-vous cet épisode merveilleux de l’histoire de l’humanité, la Commune de Paris ? . . . 

Les gens étaient réunis vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans toute la ville, par groupes de trois ou quatre, prenaient les décisions ensemble pendant que la ville était encerclée par les armées françaises, menaçant de les envahir à tout moment . . .
Voilà la véritable démocratie !
Pas les démocraties anglaises ou américaines, où les élections ne sont que du cirque, où, quel que soit le candidat qui gagne, les riches continuent de diriger le pays . . .
La Commune de Paris ne vécut que quelques mois.
Mais elle fut la première assemblée législative de l’histoire à représenter les pauvres.
Ses membres refusèrent des salaires supérieurs à ceux des ouvriers.
Ils réduisirent les horaires des boulangers.
Et ils réfléchirent au moyen de rendre les théâtres gratuits . . . »
Ajoutons cette phrase qu’au siècle dernier Zinn prêtait à Marx homme du siècle précédent mais dont l’actualité nous semble évidente :
« La guerre pour soutenir l’industrie, pour rendre les gens tellement fous de patriotisme qu’ils en oublient leur misère.
Des fanatiques religieux pour promettre aux masses que Jésus va revenir.
Je connais Jésus.
Il n’est pas prêt de revenir . . . »

 


Qui incarne Marx ?
Un citoyen de Jandrain Jandrenouille, Michel Poncelet qui aura 56 ans le mois prochain et qui depuis un tiers de siècle s’affirme professionnellement à Bruxelles.
Il signe ici une création marquante donnant une réelle crédibilité au personnage historique de Karl Marx.
Cette grande performance individuelle a été rendue possible par une demi-douzaine de collaborateurs de la Compagnie productrice PEG Logos : Fabrice Garden metteur en scène « juste » (comme je les aime : qui sert le texte et ne s’en sert pas), la créatrice du costume Béatrice Guillaume et plus rare de la barbe Véronique Lacroix (barbe qui a réussi à être - à son avantage - comparée avec les photos de Marx) éclairage, son et régie étant assumés par Daniel Scahaise, Laurent Beumier et Nicolas Fauchet.

 


Après les trois représentations spadoises de ces 8 et 9 Août et celle du Karreveld à Bruxelles le 10 Août, huit représentations sont programmées au début de l’an prochain au Blocry à Louvain la Neuve les 15, 16, 17 et deux fois le 20 Janvier 2015 et aux Riches Claires à Bruxelles les 10 et 23 Janvier ainsi que le 5 Février 2015.

 


Quand j’écoutais Michel Poncelet, je voyais des affiches qui de manière prémonitoire illustraient à la fin des années 1960 plusieurs des thèmes traités pour décrire les préoccupations de Karl Marx.
Ces affiches furent des créations de mon ami Philippe Gibbon né à la vie militante en 1968 et devenu en Wallonie un des plus talentueux artistes aux multiples facettes illustrées en 2008 par une rétrospective en l’église Saint-André. Philippe m’a fait parvenir des reproductions en taille réduite de cinq de ces affiches :
  - en août 1968, un tête de Marx disant ce qu’il pense aux Brejnev, Ulbrich, Kadar et autres Gomulka ayant acquiescé à l’écrasement sous les chenilles des chars soviétiques des militants du Printemps de Prague

  

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  - en 1969, la re-création d’une affiche du syndicat CGIL ramenée de l’automne chaud italien : "LES PATRONS SONT-ILS INDISPENSABLES ? » (ces dessins et ce lettrage de Gibbon ayant été repris en de multiples langues (la dernière fois par des anarchistes russes). Nul doute que cela aurait plu à l’exigence de vulgarisation que Madame Marx souhaitait imposer à son époux.

  

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   - en 1971, une affiche citant Engels pour célébrer le centenaire de la Commune de Paris

 

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   - un clin d’oeuil, Marx assis demandant « Eh bien, mes cocos, vous y mettez du temps ! »

 

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 Je persévère et je signe : oui ce retour de Karl Marx est enthousiasmant.
Par contre, je n’ai pas du tout été convaincu par la fresque de l’évolution pendant un siècle et demi d’une usine métallurgique bourguignonne, fresque souvent vaudevillesque, établie au départ de témoignages recueillis par un des comédiens (originaire du village dominé par cette usine) et mis à la disposition de l’auteur metteur en scène.
Ces "Métallos et dégraisseurs" produits par la Compagnie Taxi-Brousse sont pétris de bonnes intentions et nécessitent beaucoup d’efforts.
Ils ne méritent pas que je détaille le fait que je n’ai pas accroché du tout à ce spectacle.

 

Jean-Marie Roberti

15:12 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 08 août 2014

AVEC « L’ECOLE EST FINIE ! » DE DOPAGNE, LE FESTIVAL DEBUTE EN MODE MAJEUR.

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AVEC « L’ECOLE EST FINIE ! »  DE DOPAGNE, LE FESTIVAL DEBUTE EN MODE MAJEUR.

Pendant huit soirées le 55ème Festival royal de théâtre propose à Spa quatre représentations et lors de trois autres fins de journée, il en offre trois (sans comptabiliser les spectacles reprogrammés parce que trop tôt complets).

Avant d’évoquer les deux représentations auxquelles nous avons assisté lors de la soirée d’ouverture, répondons à la question que nous avions posée : le co-directeur Armand Delcampe qui aura 75 ans le 11 Août n’avait pas (75 – 55) vingt ans lors du premier festival car celui de 1959 fut suivi par l’annulation de celui de 1960, cette 55ème édition ayant donc lieu 56 ans après la 1ère . . .

 

LE TRIO DOPAGNE, VAN SNICK, STRUVAY

Le Namurois Jean-Pierre Dopagne latiniste distingué et prof’ de français (déjà retraité alors qu’il n’aura 62 ans que ce 10 Août) a écrit une quinzaine de pièces dont, il y a vingt ans, « L’enseigneur » qui fut créé par l’exceptionnel von Sivers, traduit une quinzaine de fois et joué à des milliers de reprises à travers le monde.

 

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Jean-Pierre Dopagne

 

La création ce mardi 5 Août à Spa, en présence de l’auteur et des co-directeurs du Festival,  de « L’Ecole est finie ! » constitue, elle aussi, un moment important pour le théâtre français en Wallonie car il s’agit d’une œuvre sincère, juste, dénonçant un laisser faire, laisser aller qui, loin de ne concerner que quelques maîtres grincheux, conduit, par manque de rigueur, les jeunes  - y compris celles et ceux qui devraient apprendre à former les générations suivantes – à ne plus apprécier de grands textes littéraires d’hier et d’aujourd’hui.

L’Ecole  – avec un grand E – est finie,  les profs pourraient ne plus se reproduire et choisir d’avorter si la médiocrité ambiante, la commercialisation des facilités les moins intéressantes se généralisent.

Cette dénonciation est aussi un appel à réagir.

Ce n’est pas en accordant des très bien à ce qui est nul que nous y parviendrons.

Caroline nous conte sa cahoteuse accession au professorat en sa langue maternelle.

Sa démonstration, l’auteur la confie pendant quelque 80 minutes à une jeune comédienne seule en scène où ses qualités sont mises en valeur par l’expérience de l’art dramatique que confirme la co-directrice du Festival.

Sortie première de sa promotion du Conservatoire Royal de Mons, Chloé Struvay trouve ici un rôle à sa mesure.

 

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Naturelle, sympathique jusque dans ses contradictions, elle joue juste, sans exagération ni hésitation, sans effort apparent non plus.

Elle possède son rôle et parcourt sans fausse note le registre des émotions passant du souriant au grave, de l’indignation à la résignation.

Bref une belle performance préparée avec et grâce à Cécile Van Snick qui a su servir l’auteur et la comédienne, le texte et la cause qu’il défend sans chercher à s’en servir comme le font trop de metteurs en scène.

 

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Ce trio aime ce qu’il fait et le fait bien.

Il s’avère convaincant car convaincu.

L’Ecole mérite d’être défendue avec sa majuscule.

Ce spectacle d’ouverture s’avère vraiment digne d’un festival prestigieux qui cette année a fait le choix exclusif du contemporain.

 

MAIS IL N’Y A RIEN DE BEAU ICI !
 
Nous nous attarderons moins au second spectacle que nous avons vu avant d’aller disserter de la capitale de l’Etat mexicain du Chiapas avec l’inaltérable Bourgmestre de la Ville de Spa l’octogénaire et souriant Joseph Houssa mais en l’absence de la bruxelloise nouvelle Ministre de la Culture Mme Joëlle Milquet et même du nouveau ministre du budget de la Fédération Wallonie Bruxelles, le Brabançon wallon André Flahaut pourtant proche d’Armand Delcampe.

Le couple Geneviève Damas Jean-Philippe Collard-Neven raconte ses expériences de la vie multiculturelle au sein de la commune de Schaerbeek, existence désorientée mais riche de découvertes.

L’esprit est positif, la démonstration anecdotique.

Volontiers photographe et musicien, Jean-Philippe Collard-Neven, n’est pas toujours parfaitement intelligible dans son expression verbale.

Ce témoignage est pavé de bonnes intentions ce qui ne suffit pas à pérenniser une œuvre intitulée « Mais il n’y a rien de beau ici ! » appréciation policière répondant à l’intérêt manifesté photographiquement par l’auteur principal d’un duo où le rôle de la comédienne est le plus important.

 

Jean-Marie Roberti 

 

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jeudi, 07 août 2014

Feuilleton : ATTENTAT À MINDANAO par Oncle Bob 3/3

       L’angoisse nous saisit. Le dessert ne passe pas. Le serveur a été s’informer. Il nous informe qu’un attentat a eu lieu sur le ponton du bord de mer, détruit en grande partie. D’après les autorités militaires, il s’agirait d’un attentat de rebelles qui n’ont pas apprécié la visite de journalistes européens, coupables d’avoir filmé un cimetière musulman. La barque d’un badjao a été retrouvée incendiée.

       Ikaw et ses enfants sont-ils toujours en vie? Qui sont les responsables de cet attentat? Les rebelles ou les militaires? Une question qui restera sans réponse. Nous décidons de quitter Zamboanga et Mindanao dès le lendemain.

       Enrique Santos nous accueille à Manille et s’empresse de dire:‘‘-Aux Philippines, les nouvelles traversent l’archipel à la vitesse d’un éclair. Vous ne m’avez pas écouté, avez été imprudents …  Je connais votre parcours“

       Enrique nous surprend agréablement en nous offrant une série de photos du périple à Manille et chez les Ifugaos. La qualité artistique et technique des agrandissements est remarquable. Nous félicitons notre photographe et le remercions. Je ne peux m’empêcher de lui dire;-‘‘ Enrique, tu as été un guide parfait et un excellent photographe. Ce sont tes meilleurs rôles. Tu en possèdes d’autres, plus secrets. Préserve et développe ton sens artistique; ce sont les meilleures armes que puisse posséder un homme“.

FIN DU RÉCIT "ATTENTAT À MINDANAO" - © Auteur ; ROBERT LOMBAERTS

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mercredi, 06 août 2014

Feuilleton : ATTENTAT À MINDANAO par Oncle Bob 2/3

        Si la traversée s’effectue sans problèmes, notre arrivée au ponton s’avère plus délicate. Une dizaine d’hommes armés de mitraillettes nous attendent. Un projecteur nous aveugle. Nous récupérons notre sac de matériels qui sont fouillés puis confisqués.

       Un gradé se présente, le commandant Diaz, cassant mais poli, parlant parfaitement l’anglais et l’espagnol. Il est grand, les traits métissés et fait singulier, possède des yeux bleus. Il nous demande de patienter, puis se dirige vers notre compagnon de voyage, Ikaw.

       La discussion engagée est assez violente et je distingue nettement que notre badjaodonne une liasse de billets verts au Commandant qui le laisse repartir. En regardant Bogdan, je lui demande s’il possède encore des dollars sur lui. Bodgan , homme minutieux , prudent, sait parfaitement gérer les sommes mises à sa disposition. Il m’indique qu’il a conservé des photocopies de nos autorisations, les pièces d’identité et des dollars dans une pochette imperméabilisée qu’il conserve sous la chemise. Un peu plus rassuré nous montons dans l’une des jeeps du commandant Diaz qui nous emmène à la caserne où stationnent les forces armées qui combattent les rebelles.

        L’interrogatoire est correct mais Diaz ne comprend pas notre démarche : filmer un cimetière musulman sur un ilot n’a aucun sens pour lui. Il vitupère cette communauté. Sa généralisation concernant la violence des musulmans nous pèse. L’envie me taraude de lui rappeler l’inquisition en Europe et la violence espagnole dans son propre pays mais la sagesse m’incite au silence. Bogdan en présentant toutes nos autorisations et une lettre personnelle du Ministre de l’Intérieur modifie les réactions de notre interlocuteur dont le ton devient aimable.

       Nous aurions dû le consulter avant notre traversée car les badjaos sont souvent les agents de renseignements des rebelles et nous aurions pu être pris en otage. Il va nous reconduire personnellement à notre hôtel tout en souhaitant une prudence accrue. Le commandant Diaz détient du pouvoir et à l’art de s’en servir. Il a déjà subtilisé des dollars au pauvre piroguier et a l’audace de demander à Bogdan de lui donner un peu d’argent pour mettre de l’essence dans son véhicule.

       Nous ne sommes pas dupes. La corruption existe sous toutes les latitudes et tous les continents. Bogdan a le courage de refuser sous le regard courroucé de l’homme dont les yeux bleus ont viré au gris sombre. Sans nous saluer, le commandant Diaz démarre en trombe pour rejoindre sa caserne. Bon débarras.

       Après ce retour chaotique nous nous relaxons sur la terrasse du restaurant de l’hôtel en dégustant des turo turo sortes de tapas en entrée. Le plat national, l’adobo confectionné avec du poulet du porc et des calamars accompagnés de légumes vinaigrés ravit mes papilles. Bogdan apprécie le lapu lapu, spécialité de poisson grillé servi avec une sauce soja et de l’ail.

       La fin du repas s’achève au moment où éclate une violente explosion suivie de flammes et de fumées qui viennent du bord de mer.

             ( à suivre )

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mardi, 05 août 2014

Feuilleton : ATTENTAT À MINDANAO par Oncle Bob 1/3

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L'Archipel des Philippines compte plus de sept mille îles et de nombreux ilots. Nos trois semaines de tournages nous obligeaient à limiter nos visites aux sites les plus importants, recommandés par Enrique, notre délégué de l’office du tourisme. Après Luzon (capitale Manille), puis Cebu et Palawan, nous avons terminé notre parcours dans le sud de l’archipel, d’abord à Davao et enfin à Zamboanga. Cette ville, dont le nom signifie ‘‘la cité des fleurs‘‘, se situe au sud-ouest de l’île. Carrefour économique vers d’autres pays asiatique; l’île a intégré un flux de migrants malaisiens et indonésiens. Dès le 15ème siècle des prédicateurs musulmans issus de ces pays et aussi originaires d’Inde répandent la parole coranique.

        C’est ainsi que la communauté musulmane finit par former une forte minorité d’habitants. Les relations sont difficiles tant avec les autres religions qu’avec le pouvoir politique. Le gouvernement central du Président Marcos décrètera la loi martiale qui durera neuf ans, suite aux massacres de Jadbah et Manili. Cette loi vise non seulement les musulmans mais aussi les communistes. Entre les Moro (musulmans), les Settlers (catholiques) et les Lumad (indigènes) les conflits intercommunautaires sont violents et l’armée philippine est omniprésente. Le mouvement indépendantiste des Moro, même muselé, parvient encore à commettre des attentats. Enrique, nous avait mis en garde contre les rebelles qui se fondaient dans la population.

       Notre envie de filmer des activités ont guidé nos pas vers un vaste ponton qui s’enfonce dans la mer. Sur ce lieu, qui sert aussi d’embarcadère pour les pêcheurs et les piroguiers en quête de touristes, les enfants s’amusent à plonger pour récupérer des pièces de monnaie. Eclats de rire, clapotis des vagues, départ de piroguiers pour la pêche; autant de petites touches impressionnistes qui donnent de la vie aux images. Tout ici respire le bonheur de vivre et les habitants logés sur des maisons sur pilotis nous adressent de joyeux : hello kano ..!!!!

       Un homme s’approche et nous interpelle dans un anglais approximatif. La communication s’établit et il m’apprend qu’il fait partie d’une communauté nomade, les badjao. Il s’appelle Ikaw badjao et, dans son ethnie, le nom de famille est unique: badjao. Ikaw, nomade sédentarisé, vit de pêche, de vente de coquillage et du tourisme. Suite aux multiples incidents intercommunautaires et à une guérilla toujours présente les touristes sont rares et il est heureux de nous aider pour quelques dollars à découvrir un lieu qu’il n’a jamais montré à des étrangers.

       Cet homme ouvert, sympathique, nous suggère de passer la fin de la journée sur un îlot désert où il n’y qu’un cimetière musulman. Il nous propose de filmer cet endroit unique ; puis de profiter des joies d’un barbecue impromptu et d’un repos bien mérité. Confiant, Bogdan lui donne de l‘argent pour nous ramener du marché des aliments et des boissons. En attendant son retour, nous replions notre matériel, prêts à embarquer pour l’ilot que nous appellerons l’ilot Moro. Ikaw accompagné de deux de ses enfants rapporte des langoustes toujours vivantes, du poisson fraîchement pêché, des bouteilles de san miguel et des boissons sucrées.

       Nous prenons place sur son bateau pour gagner cet ilot paradisiaque à un quart d’heure de navigation de l’embarcadère. Une plage de sable de corail rose s’offre à nous dans un lagon à l’eau transparente.

    Sur une gigantesque dune de sable reposent des centaines de tombes marquées par des piquets en bois sur lesquels se trouvent parfois des panneaux où des noms usés par le temps sont devenus illisibles. Les corps revêtus d’un linceul reposent en paix, tournés vers La Mecque, dans ce lieu tranquille, marqué seulement par l’humide chaleur tropicale.

Les prises de vues terminées, un délicieux repas nous attend. Ikaw et les siens ont préparé les langoustes et les poissons grillés accompagnés d’une sauce vinaigrée, aillée et épicées. Un pur délice.mindanao paix.jpg La chaleur est tellement insupportable que le lagon reste le seul endroit tempéré où se réfugier. L’eau y atteint presque la température corporelle. Bogdan et moi, plutôt terriens, passons plus de quatre heures dans ce bain chaud en observant la faune et la flore marine tout en dégustant des bières fraîches. Ikaw nous incite à retourner à notre point d’embarquement car la nuit tombe vite et il ne pourrait pas assurer notre sécurité.

               ( à suivre )

07:00 Écrit par Pierre André dans Cinéma, Culture, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 04 août 2014

Spa, « L’ECOLE EST FINIE »

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CE MARDI LE 55ème FESTIVAL ROYAL DE THEATRE DE SPA S’OUVRE EN CREANT LA PIECE DE JEAN-PIERRE DOPAGNE « L’ECOLE EST FINIE »

Depuis 16 ans ce Festival (fondé en 1959 par Jacques Huisman et le Théâtre National de l’époque) est dirigé par Armand Delcampe et Cécile Van Snick liés eux à l’Atelier-Théâtre de Louvain-la-Neuve.

Nous avons annoncé il y a quelques semaines (sur l’air de « Tout va très bien… ») en 11 jours et 5 lieux, la programmation de 41 représentations (il y en aura davantage quand ce sera possible là où les réservations ont dépassé les disponibilités) de 18 spectacles par autant de compagnies dont 5 créations.

Nous vous renvoyons vers le site http://www.festivaldespa.be mais Pierre André nous ayant cette année aussi ouvert son blog « Liège 28 » dont la (bonne) réputation n’est plus à faire.

Nous vous livrons les choix que nous avons effectués et nos prévisions de publication de nos comptes rendus que nous espérons positifs sans exclure cependant d’éventuelles remarques critiques pour rester fidèles à l’esprit de Beaumarchais pour lequel « sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ».

Nous désirons aller cinq jours à Spa voir dix spectacles, assister à deux rencontres et, en clôture, à un débat avec le public et à un concert.

Il y a vingt ans Jean-Pierre Dopagne présentait à Spa la pièce qu’il avait écrite sur base de son expérience professionnelle : « L’enseigneur ou une ombre au tableau » qu’incarnait l’exceptionnel comédien qu’est Alexandre von Sivers dans une mise en scène de Pierre Fox.

Résultat : une bonne vingtaine de traductions et bien plus de 5.000 représentations.

C’est dire « vingt ans après » avec quel intérêt est attendue la nouvelle pièce de Dopagne qui ouvrira ce 55ème Festival dans une mise en scène de la directrice Cécile Van Snick et une interprétation de Chloé Struvay.

Voici donc notre calendrier en cette première moitié du mois d’août :
- le mardi 5 « l’école est finie » puis « il n’y a rien de beau ici » présentés dans Liège 28 la nuit du 6 au 7
- le vendredi 8 rencontre de Patrick Grégoire auteur et metteur en scène de « Métallos et dégraisseurs » et avant la représentation de ce spectacle, la pièce « Karl Marx, le retour », commentés dans Liège 28 la nuit du 9 au 10
- le dimanche 10 rencontre de Jean- Marc Chotteau adaptateur et metteur en scène d’une pièce inspirée de Diderot : « La Comédie du Paradoxe » (plutôt que le paradoxe du comédien conçu par l’encyclopédiste français) et en outre Sunderland programmés dans Liège 28 la nuit du 11 au 12
- le mardi 12 « La danse du fumiste » et « Discours à la Nation » dont nous parlerons dans Liège 28 la nuit du 13 au 14
- enfin le vendredi 15 (et dans la nuit du 16 au 17 dans Liège 28) la rencontre avec le public, les pièces « No sport » et « Le triomphe du singe araignée » et si nous ne sommes pas trop fatigués le concert de Mariana Tootsie et des « Chéris d’amour » (pop-jazz mâtiné de soul . . .)

Il me reste à poser quelques questions : quel fut en dix ans le nombre de présences au Festival de théâtre de Spa de Madame la Ministre de la Culture Fadila Laanan ?

Le transfert de cette Anderlechtoise comme Ministre de la Propreté Publique de la Région de Bruxelles-Capitale se justifie-t-il en fonction des sphères d’intérêt qui sont les siennes ?

La Bruxelloise qui lui a succédé au département de la Culture Madame Joëlle Milquet fera-t-elle mentir son surnom de Madame Non en recevant une invitation à Spa ?

Le nouveau ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles contribuera-t-il à concrétiser des modifications nécessaires comme celle que nous préconisons en inversant les subventions au Festival spadois et au KunstenFestival bruxellois ?

Enfin sachant qu’Armand Delcampe entrera dans son quatrième quart de siècle le second lundi du 55ème Festival de Spa comment se fait-il qu’alors que 75 moins 55 égalent 20, celui qui prit la responsabilité du Festival en 1999 n’avait pas encore vingt ans lors de la fondation de celui-ci par Jacques Huisman ?

Ou bien vous trouverez immédiatement la réponse évidente ou bien je vous la donnerai ici même mercredi soir.
 
Jean-Marie ROBERTI

12:44 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Feuilleton : CEBU : MAGELLAN, LAO TSEU ET CHUANG MU par Oncle Bob 3/3

       Je propose à Chuang Mu une invitation à dîner pour la remercier de nous avoir pris en charge. Elle accepte tout en précisant qu’elle doit rentrer dans le cocon familial avant minuit. Après un agréable repas, je lui suggère de terminer la soirée avec un thé vert sur la terrasse de ma chambre. C’est l’occasion pour moi d’être à l’écoute de sa vie d’étudiante sur l’un des quatre campus de l’Université San Carlos, un établissement créé par les jésuites espagnols. Après la deuxième guerre mondiale, cette Université s’inspire des modèles américains et offre donc des diplômes valables en Asie et dans tous les pays anglo-saxons. Chuang Mu souhaite étudier la langue française lorsqu’elle terminera ses études universitaires car elle a toujours éprouvé une fascination pour la France et surtout Paris cette ville mythique.

       Le contact corporel reste toujours mystérieux. Est-ce un aboutissement ou un commencement ? Le plaisir de deux corps qui s’enchevêtrent, s’enlacent, se caressent, s’apprivoisent, mène à une plénitude éphémère. En caressant les seins, petites pommes à la fois dures et tendres de Chuang Mu, je découvre une petite boule dure qui m’inquiète.

       Le passé retrouve le petit garçon de dix ans avec sa mère atteinte d’une tumeur au sein gauche. L’inquiétude est totale et mon père tente de me rassurer en expliquant la différence entre tumeur maligne et bénigne. Ma mère a échappé au pire car la tumeur n’était pas cancéreuse. Ce moment douloureux de l’enfance, je le revis à dix mille kilomètre de distance avec une jeune femme pleine de vie.

       Je me permets de l’interroger sur cette tumeur. Elle n’ignore pas cette petite proéminence. Elle se méfie de cette excroissance mais indique qu’elle n’a pas les moyens de se faire opérer. Cette situation n’est pas tolérable. Je prends ses coordonnées et lui promet d’envoyer la somme nécessaire à l’opération dès mon retour en Europe. Un faible sourire éclaire son visage. Elle me signifie qu’il est temps de me quitter pour rejoindre son domicile.

       Me retrouvant seul le vague à l’âme m’envahit. Je suis trop triste pour en parler à mon ami Bogdan mais décidé à agir. Lors de mon retour en Europe, une lettre m’attend avec la somme à envoyer pour l’opération. J’opère un transfert bancaire. Six mois après cet envoi, je reçois une enveloppe de Cebu. Sur une carte postale du Temple taoïste, ma déesse chinoise des plaisirs a écrit en français : ‘‘ Tout est OK, Merci, Thanks,谢谢

FIN DU RÉCIT "CEBU : MAGELLAN, LAO TSEU ET CHUANG MU" - © Auteur ; ROBERT LOMBAERTS

07:00 Écrit par Pierre André dans Cinéma, Culture, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 03 août 2014

Feuilleton : CEBU : MAGELLAN, LAO TSEU ET CHUANG MU par Oncle Bob 2/3

       Le matériel installé, je peux filmer cette ville portuaire qui a été longtemps la première capitale de l’archipel philippin. Bogdan me touche légèrement l’épaule et m’incite à me retourner. Une jeune fille souriante regarde notre tournage avec intérêt. Elle s’approche lentement et demande si nous souhaitons visiter le temple de Lao Tseu.

       Nous apprenons qu’elle est étudiante en philosophie et qu’elle peut pallier notre ignorance en matière de taoïsme. Je me réjouis de cette rencontre car mon premier diagnostic est positif. Voilà une fille intelligente qui va nous apprendre les rudiments d’une pensée ancienne toujours vivante. Notre guide s’appelle Mademoiselle Chuang Mu. Toujours curieux de la signification des noms, je lui demande le sens de son nom. Elle nous avoue, un peu gênée, que Chuang Mu, signifie: la déesse chinoise des plaisirs. Bogdan et moi échangeons des regards complices. Sous le charme duquel d’entre nous mademoiselle Chuang Mu tombera-t-elle?  Nous évacuons très vite nos fantasmes et nous gravissons les marches qui mènent au temple. Chuang Mu nous explique qu’une partie de la population de l’île est d’origine chinoise et que certains Chinois suivent encore la voie de Lao Tseu.

       Lao.jpgPersonnage réel ou mythique, il aurait influencé Confucius. Les représentations iconographiques le montrent sur un trône où sur le dos d’un buffle. Une longue barbe blanche, une large robe richement ornementée, colorée; un éventail dans les mains. Notre guide nous raconte que les anciens sont persuadés qu’une comète à ensemencé la mère du vieux sage alors qu’elle était assise sous un prunier. Il est né vieux et sage .Elle nous explique que son enseignement relève d’une culture de lettré. En montant les marches qui nous mènent au temple, Chuang Mu explique qu’à chaque marche correspond un chapitre des écritures taoïstes. Lao Tseu a marqué les esprits par ses paradoxes. Pour notre plus grand plaisir, Chuang Mu nous en livre quelques-uns: ‘‘ La faiblesse et plus forte que la force ‘‘, Savoir se contenter de ce que l’on a, c’est déjà être riche“ et enfin ‚‘‘ On façonne l’argile pour en faire des vases mais c’est du vide interne qu’en dépendent les usages ‘‘.

       Le livre de la Voie met en valeur le Yin et le Yang. La numérologie est aussi intégrée dans la pensée. Le nombre cinq marque les énergies, les éléments, les couleurs et les directions. L’enseignement de Lao Tseu manifeste la volonté d’atteindre l’harmonie. Il n’y a ni dieu, ni maître. Chacun doit trouver sa voie et suivre son chemin. Les règles sont librement consenties. Ici pas de tyrannie de la foi, ni de prosélytisme. J’ai l’impression que les taoïstes pratiquent une éthique libertaire. Cela me rappelle la citation d’Elisée Reclus, géographe et anarchiste, fondateur de l’Université libre de Bruxelles affirmait : ‘‘l’anarchie est la plus haute expression de l’ordre‘‘. Se gérer soi-même en parfaite harmonie avec les autres constitue le fondement même de la pensée libertaire qui rejoint ainsi la pensée taoïste.

       Après de multiples prises de vues, notamment le gigantesque dragon polychrome situé devant le temple et la réplique miniature de la muraille de Chine qui le protège, je filme la vue imprenable des îles Mactan et Bohol. Nous partageons nos bouteilles d’eau avec notre guide. L’heure est au silence et à la méditation car le soleil rougeoyant descend rapidement à l’horizon. Les brouhahas de la ville nous parviennent faiblement tandis que le son d’un gong transperce l’air pour rejoindre les ancêtres avant de se fondre dans la nature.

               ( à suivre )

13:00 Écrit par Pierre André dans Cinéma, Culture, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg