mardi, 30 septembre 2014

1914 : Août et septembre au jour le jour à Liège.

        Le vendredi 7 août 1914, l’agence de presse berlinoise Wolff  lance une dépêche : la forteresse de Liége est prise (…) Ce matin, à 8 heures, la forteresse était au pouvoir de l’Allemagne. Elle signale également que Guillaume II, a accordé pour ce haut fait d’arme, l’Ordre Pour le Mérite au général d’infanterie Otto von Emmich. Si, effectivement, Liège est aux mains des Allemands, la PLF (Position fortifiée de Liège) résiste, les forts tiennent bon. Le Tzar Nicolas félicite le Roi Albert et le Président Raymond Poincaré octroie la Légion d’honneur à Liège.

        Le mercredi 19 août 1914, le Nieuwe Rotterdamsche Courant annonce qu’à l’usine Cockerill, les ouvriers refusent de fabriquer des munitions pour les Allemands. Le colonel Keppel propose, en vain, d’augmenter leur salaire de 50%. En vue de les séduire, ce colonel leur signale avoir été  Attaché du Gouvernement allemand à l’Exposition de Liége. Effectivement, en 1905, il a succédé en qualité de Commissaire général de la section allemande à M. Riese - directeur général des Deutsche Waffen und Munitionsfabriken - décédé. Mais la présence allemande à l’Expo a été exclusivement d’ordre privé car le gouvernement Impérial crut devoir s’abstenir d’une participation officielle qui eut entraîné le monde industriel dans une entreprise dont le succès ne semblait pas devoir payer les frais !

        Le jeudi 20août 1914, le massacre de la Place de l’Université a lieu. Le commandement de la place de Liège, le major Bayer, s’en explique : c’est moi qui ai fait régner l’ordre le 20 août à Liège. Il le fallait bien, on tirait sur nous. Des Russes ont tiré à bout portant sur nos hommes. Réplique du conseiller communal socialiste Clajot : Singulière façon de vous venger en faisant massacrer des Espagnols et des Liégeois.     

        Le vendredi 21 août 1914, le bourgmestre Gustave Kleyer fait apposer cet avis à la population : Les portes d’entrée  des maisons doivent rester ouvertes toute la nuit. Les fenêtres de la façade vers la rue doivent être éclairées ; les volets, les persiennes, resteront relevés. La circulation cessera à partir de 7 heures (heure allemande) (6 h. belge).  Les cafés seront fermés à la même heure. En revanche, à Herve, autre affiche signée l’échevin Cajot et le juge de Francquen : PAR ORDRE DE L’AUTORITÉ ALLEMANDE  À partir de 8 heures du soir (7 h. belge) il ne peut plus y avoir de lumière aux fenêtres des maisons de la ville de Herve. La patrouille a ordre de tirer dans toute fenêtre éclairée, donnant sur la rue. L’Allemagne pratique l’heure d’été et Belgique pas. D’où, ce double horaire.

        Le mercredi 2 septembre 1914, pour la troisième fois, les Liégeois propriétaires de chevaux doivent venir, avec harnachement et selle, les présenter place Saint-Lambert. Le général Kolewe prévient : Pour tout cheval utilisable qui sera soustrait à cette revue, la ville aura à payer une amende de 1000 francs.

        Le samedi 5 septembre 1914, le pont de bateaux établi sur la Meuse à proximité du Pont des Arches est démantelé de sorte que la navigation des péniches est rétablie.

liebknecht.jpg         Le lundi 7 septembre 1914, le fils de Wilhelm Liebknecht, co-fondateur en 1863 du parti social-démocrate, Karl Liebknecht, député au Reichstag descend au Grand Hôtel, Place Verte. Sans nouvelle de son beau-frère Beba, un étudiant russe à l’Institut Montefiore, il vient s’enquérir de la situation auprès des camarades socialistes dont les députés  Léon Troclet, Joseph Bologne et le conseiller communal Clajot.  En compagnie des deux derniers, il se rend, le mardi, à Namur en passant par Andenne, ville martyre. Karl Liebknecht demande un rapport sur ces atrocités. Il obtient du colonel Renner, la libération d’Andennois, prisonniers à la Chartreuse. Au retour de Namur, le mercredi, il loge au Grand Hôtel et prévoit le lendemain de se rendre à la Maison de Peuple à Bruxelles en s’arrêtant à Louvain.

         Le jeudi 10 septembre 1914, à hauteur de Tirlemont, la voiture se trouve devant des soldats allemands qui déplorent la mort de trois des leurs, victimes de francs-tireurs. Déjà, des fermiers flamands sont arrêtés. Un interrogatoire approfondi – la présence parlementaire  a du bon - les disculpe. Les auteurs de l’embuscade sont des soldats belges. D’autres soldats belges surgissent. C’est la débandade du peloton germain. La voiture de Karl Liebknecht et ses deux cicérones liégeois parvient, via Wavre, à rejoindre, à 16h, la Maison du  Peuple où les attendent le SG du POB, Laurent Vandersmissen et Kamiel Huysmans, Secrétaire du Bureau socialiste international.Horta.jpg

Aux élections de 1912, le SPD a récolté plus d’un tiers des suffrages (110 parlementaires sur les 397du Reichstag) et le parti catholique – Zentrum – avec moitié moins de voix parvient à obtenir 91 sièges. Les socialistes belges reprochent à leur interlocuteur le vote de crédits militaires par des élus SPD. Karl Kiebknecht explose : est-ce que l’on peut vraiment croire que moi, Liebknecht, fils de  Wilhelm Liebknecht, je pouvais voter les crédits de guerre ? Après avoir trouvé le gite chez Huysmans, il ramène ses cicérones à Liège et leur donne une recommandation : un conseil, beaucoup de calme, beaucoup de prudence.

        Le samedi 12 septembre 1914, l’usine à gaz de la rue des Bayards fonctionne à nouveau. C’est un mieux pour les Liégeoises et Liégeois.

        Le lundi 14 septembre 1914, la circulation est autorisée jusqu’à 20h. (h. allemande). Il n’est plus nécessaire de laisser les fenêtres éclairées et les portes d’entrée ouvertes.

        Depuis l’arrivée des Allemands à Liège, la langue wallonne est de plus en plus pratiquée à Liège. Nos concitoyen(ne)s se méfient d’être entendu(e)s par des oreilles malveillantes lorsqu'ils commentent des faits de guerre telle la victoire de Joffre sur la Marne, rapportés par la presse étrangère importée clandestinement.

        Le jeudi 17 septembre 1914, il est interdit de conduire une voiture, une moto, un vélo sans un permis. De même, il est interdit, sous peine d’une amende de 3000 marks et de saisie de l’appareil, de photographier sans autorisation, autorisation systématiquement refusée.

        Le mardi 15 septembre 1914, à la Maison-Blanche à Washington, le Président démocrate Wilson reçoit la délégation belge conduite par le Ministre de la Justice, Henry Carton de Wiart.  Dans Souvenirs politiques, celui-ci écrit : Le Président nous apparut  de type professoral, plutôt sec avec "la longue mâchoire à double détente" suivant une formule assez fréquente chez ses concitoyens. L'accueil qu'il nous fit fut très digne. Je donnai lecture du message solennel dont nous avions soigneusement mesuré les termes. Dans sa réponse, et à l'accent même qu'il y mit, nous sentîmes que cet homme droit comprenait tout ce que la cause de la Belgique représentait du point de vue de la justice immanente. Il marqua en effet une sympathie attentive pour l'exposé que nous lui fîmes, et au cours duquel nous lui demandâmes notamment d'intervenir pour le ravitaillement de notre malheureux pays, menacé par la famine.

Yellow.jpeg

 

        Le gouvernement de Broqueville a décidé, début septembre, l’envoi aux États-Unis d’une mission de cinq personnes dont Vandervelde et Hymans afin de contrer la yellow press. Celle appellation d’une presse populaire et très influente vient de Yellow Kid, une série assez vulgaire lancée, en 1896, par le magnat de presse William Hearst.  La yellow press dont de nombreux lecteurs sont des descendants d’émigrants allemands arrivés aux USA à bord des navires de l’Hamburg América Line, se montre favorable aux thèses austro-allemandes. Elle a notamment publié le télégramme du Kaiser déclarant avoir le cœur brisé par les événements de Louvain provoqués par les francs-tireurs belges parmi lesquels se trouvent des infirmières et des prêtres ! La yellow press critique la venue à la Maison-Blanche de la mission belge car elle la juge en contradiction avec la déclaration américaine du 4 août de s’en tenir à une neutralité stricte dans le conflit européen.  

 

 

 

00:05 Écrit par Pierre André dans Europe, Histoire, Liège, Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 29 septembre 2014

L'accent liégeois, aigu ou grave ?

        Le Moniteur en date de fin septembre 1946 publie un arrêté du Régent, pris le mardi 17 septembre 1946,  stipulant : le nom de ville de Liége s’écrira désormais « Liège ».

        Cet arrêté répond au vœu d’une délibération du Conseil communal  du lundi 3 juin 1946 qui a notamment  revu une autre – datant du vendredi  9 juillet 1880 – approuvant l’orthographe « Liége » mise en évidence par une liste officielle du Ministère de l’Intérieur, poste occupé par l’éminent Gustave Rolin-Jacquemyns.

        Les conseillers communaux de l’époque choisissent Bruxelles de préférence à Paris. En 1878, dans la septième édition de son dictionnaire, l’Académie française a estimé, en effet, qu’un certain  nombre de mots se prononcent depuis longtemps avec un accent grave alors qu’ils continuent de s’orthographier avec un accent aigu. Selon l’Académie, il  convient d’harmoniser prononciation et orthographe. D’où, la profusion d’accent  grave.

        Notre consœur La Gazette de Liége s’est toujours refusé de se soumettre à la décision prise en 1946 sous le mayorat du socialiste Paul Gruselin.  Il y a quarante ans, dans la revue Si Liège m’était conté, le chroniqueur Jean Brose a relevé un détail amusant, le siège de ce journal est pourvu d’une annonce lumineuse ou Liège est indiqué avec un accent grave. Ce temps est révolu où le quotidien possède sa rédaction et son imprimerie rue des Guillemins.  Révolu aussi le temps où le quotidien liégeois se targue d’être le plus fort tirage de la Wallonie. Révolu aussi le temps où Liege s’est écrit sans accent. Ce dernier temps s’est arrêté vers 1790.     

00:00 Écrit par Pierre André dans Culture, Liège, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 28 septembre 2014

La chronique de Marcatchou : POUR QUELLE FÊTE ?

POUR QUELLE FÊTE ?

        La communauté Française de Belgique n’a jamais suscité l’enthousiasme des Wallons, ni des Bruxellois. Quant à nos visiteurs, ils ne manquaient jamais de s’étonner en découvrant, ou plutôt en croyant découvrir une enclave française… La « nouvelle » Communauté Wallonie-Bruxelles nous parait déjà plus familière, mais la juxtaposition des exécutifs, des présidences, des assemblées, nous laisse perplexes, et nécessiterait un itinéraire fléché ou un organigramme.

        La complexité du puzzle institutionnel n’a d’égal, me semble-t-il, que la coexistence et les rivalités des « partis de couleur » dans la Basse-Meuse liégeoise et la vallée du Geer, avec les Rouges, les Bleus, les May’ tés et les Margalés… J’en passe et des plus spitants lors des cramignons !

        Restons dans le domaine de la fête. L’an dernier, un rédacteur du journal « Le Soir » comparait la fête de la Communauté à une épidurale, et le marathon des discours, dans la salle des mariages de l’Hôtel de Ville de Bruxelles à une séance publique d’endormissement…

        Que faire pour apporter à la sacro-sainte réception officielle une certaine pétulance, sinon une pétulance certaine ? J’ai bien ma petite idée. Le 27 septembre 2011, les hasards du calendrier et des éphémérides faisaient coïncider le 75e anniversaire du monument Tchantchès  et la fête de la Communauté. La Fédération des Groupes Folkloriques Wallons trouva là l’occasion d’organiser un cramignon monstre, comme au temps de l’Armistice, qui mit l’île d’Outre-Meuse en liesse. L’année suivante, La F.G.F.W. adoptait la date du 27 septembre pour sa fête annuelle. En 2013, c’est Malmédy, la Cité du Cwarmê, qui vibrait sous les sabots des danseurs de maclotes et des farandoleurs. Ce 27 septembre, c’est Namur la belle, ces échasseurs et ses quarante Molons qui accueillent les délégués du Folklore Wallon venus des quatre coins « di nosse pitite patrèye ». Et en 2015 ?

        Rien de tel que des roulements de tambours, une salve des marcheurs de l’Entre-Sambre-et-Meuse, les cris des macrales, les ricanements des hape-chair des Haguètes pour tirer les invités de la Communauté Wallonie-Bruxelles de leur fatal engourdissement. Non ?

                 MARCOUTCHOU

 

00:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 25 septembre 2014

Sénégal : à la recherche des "fonctionnaires fictifs".

Sénégal.gif

        Dans un entretien exclusif accordé à Acteurs Publics (1), le DG de la fonction publique du Sénégal, Nouhou Demba Diallo explique la manière dont le gouvernement de son pays a lutté contre le fléau pour les finances publiques du recrutement superflu par l'État.

        Dans ce pays qui vise l’émergence d’ici 2020, la fonction publique joue un rôle moteur. Or, des ministères, qui sont de gros employeurs, ont recruté du personnel alors qu’ils avaient sans doute les ressources humaines suffisantes pour couvrir leurs besoins.

        En 2013, le Président de la République, Macky Sall a demandé un audit de la fonction publique, mais un audit physique et biométrique. C’est-à-dire que nous ne nous sommes pas contentés de compter les fonctionnaires, nous en avons fait une lecture biométrique, avec la prise d’empreintes. C’est plus fiable et cela évite les doublons.

        Pour les fonctionnaires présents à leur poste de travail, pas de problème. Pour ceux qui n’y sont pas, il a été demandé de fournir, endéans les deux mois, la preuve par divers justificatifs qu’ils occupent réellement ce poste. Le temps qu’ils préparent leurs justificatifs, ils ont été mis en contentieux, c’est-à-dire que le traitement n’a pas été versé sur leur compte. Dès la preuve apportée, ces agents ont été payés.

        Au total, 1169 fonctionnaires-fictifs ont été débusqués. D’où, pour l'État, une économie supérieure à 7 millions d’euros. 127.130 des Senégalais(e)s constituent actuellement l’administration qui doit être une administration suffisamment performante car c’est elle qui impulse le développement (…) Nous devons nous projeter dans une administration de développement, alors que nous disposons jusque-là d’une administration de gestion.

(1)  Acteurs publics : Newsletter quotidienne du site acteurspublics.com

09:55 Écrit par Pierre André dans Actualité, francophonie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 23 septembre 2014

Les jeunes potentiellement lésés par un loi entrant en vigueur le 1er octobre.

        Soucieux de mettre en conformité la législation belge avec la Convention n°189 de l’Organisation internationale du Travail sur le travail domestique, le Gouvernement Di Rupo a décidé qu’à partir du 1er octobre 2014,  tout citoyen qui recourt aux services d’une personne pour effectuer des travaux ménagers d’ordre manuel (lessiver, repasser, nettoyer, jardiner, …), est dorénavant considéré comme un employeur et cela indépendamment de la durée des prestations. D'un coup de sa baguette magique, Di Rupo accroît le nombre  de petits patrons dans le Royaume et assure – ce qui est un bien – une protection sociale aux gens de maison.

        Seule exception – à la condition de ne pas dépasser 8 heures/semaine - les activités occasionnelles de nature non-manuelles et non professionnelles. Rentre notamment dans cette catégorie, le baby-sitting. La limitation de durée par semaine risque de gêner les jeunes. Ceux-ci n’ont guère d’autres choix que le baby-sitting pour acquérir de quoi payer leurs études ou leurs voyages de formation. Une autre solution en vue de respecter la durée maximale de 8 heures est d’augmenter les tarifs. Mais cette solution ne fait point l’affaire des ménages ayant des enfants et dont les revenus sont modestes!

00:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Politique, Social | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 22 septembre 2014

Achille Van Acker à l'avant-garde d'un nouvel art de vivre !

        J’agis d’abord, je réfléchis ensuite. Cette phrase a été prononcée, fin des années quarante du siècle dernier, par le socialiste Achille Van Acker, quatre fois Premier Ministre. Ce vannier, fils de vannier, obligé d’arrêter ses études primaires à l’âge de 10 ans – nous sommes en 1908 – a eu le courage de se former en autodidacte.

        Sa phrase J’agis d’abord, je réfléchis ensuite lui a valu, à l’époque, nombre de quolibets, de sarcasmes. Les auteurs de ces vilenies doivent avoir honte aujourd’hui car il s’avère que le Brugeois Achille Van Acker a été visionnaire.

         Agir d’abord, réfléchir ensuite UN NOUVEL ART DE VIVRE proclame, en première page, le mensuel Bodytalk, dans sa livraison de septembre. Créé en 2006, par le groupe flamand Roularta, crédité d’un tirage de 212.000 exemplaires - déclaration de l'éditeur, le 22 avril 2014 –,  Bodytalk est un magazine qui se veut source d’informations approfondies sur la manière de vivre heureux et en bonne santé. De plus, les articles sont rédigés avec des médecins ou professeurs d’université, ce qui leur assure une grande valeur scientifique.

Comme quoi, un  vannier peut voir clair avant des prof’s d’univ’ !  

 

 

 

00:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 21 septembre 2014

La chronique de Marcatchou : FAIRE SON BEURRE…

FAIRE SON BEURRE…

        Le mercato n’a rien du petit marché qui fleure bon les herbes de Provence, la marée et les gaufres de chasse à la cannelle faites minute. Au mercato, l’argent n’a pas d’odeur, et rien ne se mijote devant le public. Les chiffres feront sensation plus tard, étalant leurs colonnes de zéros à la une des journaux. En les traduisant en francs belges d’autrefois, je déglutis : « Fât-st-assoti ! » Je ne puis m’empêcher de comparer ces sommes dignes des nababs des émirats, le cul dans le beurre, avec les dringuelles que recevaient les champions du ballon rond de naguère. Jean Loos, ce Liégeois « tot-oute », l’entraineur mythique des « Sang et Marine » au temps du fameux doublé, au début des années ’50, me contait : « Quand je jouais en équipe première et que nous gagnions, nous recevions notre « dimanche ». De quoi nous offrir un steak, frites, salade -et un peu plus- pour nous permettre de reprendre des forces… »

        Dans le même (dés)ordre d’idées, un très humble et très petit document (5cm/10), glissé dans un livre d’occasion, me tombe dans les mains à point nommé, pour me rappeler que tout est relatif. C’est un billet de tombola émis en 1943 par le Vélo-Club de Pépinster, à l’occasion du Grand Prix de Printemps et Circuit de la Hoegne. Mon billet qui porte le n° 7152, était vendu un franc au profit du Tronc des Vieillards. Parmi les lots principaux : un kilo de beurre et 50 kilos de pommes de terre. A l’époque, ces précieux tubercules auraient tenté le diable. 7.152 amateurs avaient risqué un de nos braves petits francs pour remporter le gros lot. Il est vrai qu’en 43, seul le beurre avait le goût du beurre. Hmm ! cuites dans la cendre, du vrai beurre et du sel !

        40 ans plus tard, un de nos grands partis populaires faisait sa campagne en annonçant : « C’est le retour du cœur ! » Notre ami Joseph Ledent, personnage éminemment haut en couleur, et patron du restaurant « La Grasse Poule » retourna prestement le slogan : « C’est le retour du beurre ! » Les journaux de ce matin m’apprennent que 69% des Wallons et des Bruxellois plébiscitent le beurre pour leurs tartines. Joseph, dont le tour de taille était appréciable, n’est plus là pour savourer les résultats de ce sondage. La barbe en bataille, la voix d’un boucanier, il fut prophète en son domaine, rue de la Poule, au cœur historique de Liège.

 

MARCATCHOU    

07:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 18 septembre 2014

Les clés du Paradis - siège du cdH de l'Arrondissement de Liège - remises à Vinciane Pirmolin !

        Ils sont venus tous – y compris  Lulu – pour  assister à un spectacle rare au sein du cdH (appelé jusqu’au 18 mai 2002 PSC : Parti Social- Chrétien), un changement de Présidence d’Arrondissement à Liège.

        Avec ses 18 ans d’exercice de la fonction, l’inoxydable Dominique Drion n’a même pas établi un record. Son prédécesseur, Hector Magotte a fait pareil. Ils sont ex-aequo. À noter que 18 est un chiffre magique pour Magotte qui a été Échevin de la Culture durant 18 ans.  Les élections internes ont appelé, pour la première fois, une femme à la tête de la Présidence d’Arrondissement de Liège, Vinciane Pirmolin – fille de feu Jacques Pirmolin, ancien député permanent.

        Vinciane Pirmolin - épouse de Bernard Delsemme, mère de trois enfants, Tanguy, Valentine et Thibault - a été élue au Conseil communal de Grâce-Hollogne en 1994 et y siège sans discontinuer depuis. Par ordre de préséance, elle occupe la première place dans ce Conseil. Les élections provinciales de 2012 l’amènent au Conseil y retrouver Dominique Drion, chef du groupe cdH (8 membres sur 56).

        La nouvelle Présidente ignore si son règne va durer aussi longtemps que ceux de Magotte ou Drion. En effet, le cdH est loin d’être un fleuve tranquille. S’appuyant sur des chiffres s’étalant des élections législatives de 1946 à 2010, l’un des meilleurs politologues du Royaume, Pascal Delwit a posé la question : le cdH est-il appelé à disparaître ? Il écrit notamment ; la rétraction électorale amène le cdH aux bordures de seuils symboliquement importants qui, s’ils sont franchis, menacent ce statut sinon même l’existence du parti. Nous avons observé que le cdH est désormais sous les 10% dans plusieurs grandes villes, derrière même le PTB à Liège et Charleroi. (…) Certes, le cdH a encore capté 13,9% aux élections fédérales. Mais, la logique d’affaissement se poursuit. Les cinq dernières élections fédérales ont dévoilé les cinq plus mauvais résultats de son histoire. Le risque de basculer sous un certain seuil de crédibilité est donc tout à fait réel.

        Propos qui ne font pas frémir Marie-Do Simonet, ministre contrainte de renoncer à sa charge pour raison de santé (cancer du sein). Mercredi, à la Maison de la Presse, souriante, portant les mains dans ses cheveux, elle a dit: nous reprenons du poil de la bête !

Drion.jpg

Pirmolin.JPG

20:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 15 septembre 2014

Osons DISON et son Centre Culturel !

 

Dison blason.jpg

        Commune limitrophe de Verviers, la troisième ville de la province de Liège, Dison, fusionnée avec Andrimont en 1976, a une longue histoire qui la voit accueillir, au début de la révolution industrielle, des entreprises tout en conservant des pâturages. Pas étonnant qu’aujourd’hui sur son site Internet, Dison se présente entre ville et campagne. Située dans le département de l’Ourte (numéroté 96), Dison est érigée en commune en 1797. La première administration s’installe au premier étage de la sacristie de la chapelle vouée à Saint-Fiacre.

        En 1830, des Disonnais participent à la Révolution de septembre. Ce qui vaut à Dison l’honneur de recevoir le drapeau 1830  aux nouvelles couleurs nationales. Ce drapeau est distribué avec parcimonie. Sur les 2739 communes que compte le Royaume à l’époque, 98 seulement reçoivent l’étendard rappelant leur courage et leur détermination à faire triompher la Révolution.

        En 1914, la palme du plus jeune volontaire de guerre semble devoir être attribué au matricule 156/7674 du 6e Régiment d’Artillerie, Joseph Meessen, né à Dison le 6 décembre 1900. À son retour de guerre, son papa, distillateur à Thimister, crée le Bitter de la Victoire.

        Dison est une commune où il fait bon vivre, dont la population  y croît. En 2004, 13.961 habitants dont 8%61de non-Belges, en 2013, 15.368 habitants dont  12%59 de non-Belges. Le Bourgmestre Yvan Ylieff, en charge du mayorat depuis la fusion en 1976 mais déjà bourgmestre d’Andrimont depuis 1972 est le fils cadet d’un Bulgare immigré. Yvan Iliev Brastinkoff, contraint à l’exil suite à l’insurrection du 23 septembre 1923 à Sofia, expulsé de France, entré tôt en résistance contre le fascisme et le nazisme,  époux d’une Liégeoise catholique de gauche qui lui donne cinq enfants dont Yvan, licencié en histoire de l'ULg, député et ministre.

        Dison a un centre culturel (1) aux activités variées tel un itinéraire 14-18, dans la région avec Georges Zeyen dimanche prochain ou en octobre, découverte de  Bruges sous un angle original : la vie des soldats de la Première guerre Mondiale.

        En collaboration  avec le CRVI et l’ADL, le Centre Culturel de Dison organise Des Hauts Débats (2). Le premier invité n’est autre que François Gemenne qui face à la presse verviétoise aborde le thème Immigration, problème ou solution? François Gemenne est chercheur en science politique à l'université de Liège (CEDEM) et à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (CEARC). Il est expert associé au CERI (Centre d’études et de recherches internationales). Associé au CNRS depuis 1967, le CERI est devenu en 2002 une Unité mixte de recherche (UMR) sous la double tutelle de Sciences Po et du CNRS. François Gemenne a la réputation – depuis un certain passage a Salut les Terriens - de ne pas pratiquer la langue de bois. Dison, un régal, le 18 septembre !

 

(1)    Centre Culturel de Dison - 2 rue des Ecoles B-4820 Dison -  087 / 33 41 81

(2)    Jeudi 18 septembre 2014 - 19h - Salle Le Tremplin (rue du Moulin, 30a - 4820 Dison - à côté de l’Intermarché)  - P.A.F. : 2€ - Infos et réservations : 087/33 41 81 - info@ccdison.be

00:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Gastronomie, Histoire, Littérature, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 13 septembre 2014

La chronique de Marcatchou : "QUI A PEUR DE L'ESPRIT RIVE DROITE ?".

QUI A PEUR DE L’ESPRIT RIVE DROITE ?

 

         « L’esprit souffle où il veut ». Si Paris s’enorgueillit avec raison de son esprit rive gauche, chez nous, l’esprit frondeur de Tchantchès règne en rive droite où visiteurs et « Djus-d’là » pur jus le ressentent comme le pigment essentiel de la couleur locale. Seuls quelques frileux et pisse-froid s’en défient. Cette frilosité aurait-elle gagné les organisateurs des Fêtes de Wallonie en Province de Liège ? Le moins que l’on puisse dire et écrire de la mouture 2014 du programme, c’est qu’il ne fait pas la part belle à la dernière grande île de Meuse. La fête du Coq snobe purement et simplement Outre-Meuse et Saint-Pholien, l’ancien quartier des tanneurs. Elle y laissera quelques plumes… On n’est pas loin de croire que certains prennent plaisir à détricoter le patchwork d’animations qui, par-delà le pont-des-Arches s’unissait aux tapis rouges du palais provincial et du village des confréries gastronomiques.

        Inutile de remonter à 1913 et à la création de l’Assemblée wallonne et du drapeau au Coq Hardy. Rappelons qu’en 1959, dès la création par la ville de l’a.s.b.l. « Les Manifestations liégeoises », le cortège folklorique du quatrième dimanche de septembre démarrait, à la nuit tombante, de la place Théodore Gobert, animant la rue Puits-en-Sock et la chaussée-des-Prés avant de gagner le Centre. Les anciens n’ont pas oublié la retraite aux flambeaux, avec le concours de l’armée, ni le feu d’artifice tiré entre la Passerelle et le pont Neuf.

        Parlons du grand cramignon d’ouverture, du vendredi soir, mis sur pied en l’an 2000, au temps du gouverneur Paul Bolland, par la Fédération des Groupes Folkloriques Wallons. Il s’échappait de l’auberge de jeunesse Georges Simenon pour serpenter au cœur de Liège  et (ré)animer le Village des Confréries. Après dix ans de bons et joyeux services, notre danse en chaîne traditionnelle fut sabotée quand on substitua aux musiciens de la Basse-Meuse une bandas incapable de donner le « Valeureux Liégeois » et noss « Tchant dès Walons » en bouquet final. Oui, ce fut le bouquet…

        Le cortège qui évoquera 1914, avec ses Lanciers et ses régiments de Ligne, ne sortira pas le 21 septembre de l’ancienne caserne Cavalier Fonck. Ce serait sans doute trop évocateur ! Quant à la brocante libre des boulevards qui, depuis trente ans, regroupe plus de 150 exposants, particuliers ou professionnels, ne la cherchez pas au programme. Elle aura bien lieu, de la Passerelle à Bavière, organisée, comme chaque année, par la Commune libre de Saint-Pholien-des-Prés. Dès 10 heures et jusqu’à l’après-midi, « Li Vî Mayeûr », Tintin et Matante Jeanne, les géants de Saint-Pholien animeront en musique ce fameux marché aux puces. Brocante libre, Commune libre, libres gens, libres propos : qui a peur de l’esprit rive droite ? pas moi, pas vous ! Alors rendez-vous dimanche 21 sur notre grand terrain d’aventure(s). Quelques emplacements sont encore… libres. Sur les boulevards : 0499/352.964 ou 04/343.18.27. Place Jehan-le-Bel : 04/365.37.31.

Et bone Fièsse à tos lès Walons (sins rouvî lès-ôtes !)

 

MARCATCHOU

  

07:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 10 septembre 2014

Premier invité de noms de dieux, Alexandre Romanès-Bouglione.

        Des divergences de vue entre père et fils, il y en a partout dans le monde y compris dans le monde magique du cirque. On a beau être équilibriste, dompteur de fauves, il y a un moment où trop, c’est trop. Estimant que le cirque de la famille s’éloigne un peu trop de l’esprit et de la tradition tziganes, Alexandre Bouglione – fils de Firmin - s’en va. 

        Il écrit des poèmes, rencontre Jean Genet dans l’escalier. Ils habitent le même immeuble… Ils sympathisent, Jean Genet l’encourage à écrire. Gallimard le publie. Après avoir exercé l’un ou l’autre métier, l’envie du cirque le reprend. Avec sa seconde femme, Délia Romanès, une Roumaine, il fonde le cirque Romanès. Ce cirque, premier cirque européen tzigane, représente la France lors de l’Exposition Universelle de Shanghai en 2010.

        Edmond Blattchen reçoit ce samedi (1) Alexandre Romanès-Bouglione à l’émission noms de dieux. Son invité est une personne-ressource des médias français lorsque l’actualité met en avant un drame ou l’autre vécu par un groupe gitan dans l’Hexagone. Dans l’émission de service public de la RTBF.be, l’invité d’Edmond Blattchen se livre davantage. Ainsi, au chapitre phrase, Alexandre Romanès-Bouglione présente un proverbe indien assurant tout ce qui n’est pas donné est perdu. Quant au chapitre pari, la vision est si on veut vraiment trouver une solution réelle aux problèmes que posent les tribus tziganes, il faut agir avec l’Europe.

noms de dieux.jpg

(1) Diffusion  le samedi 13 septembre  2014 sur « la deux » vers 22h45. Rediffusion dans la boucle de nuit  sur « la deux » du mardi 16 au mercredi 17 septembre  vers 0h40. Sans oublier, la possibilité de voir l’émission durant une semaine sur le Net.

 

 

 

22:18 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 09 septembre 2014

Plein emploi ou crise, la pub au secours de l'employeur !

        À la lecture de 7Dimanche – un hebdomadaire gratuit -, il est, presque, permis d’imaginer que le Royaume connaît le plein emploi. À moins que, sinistre réalité, le Royaume ne soit au plus profond de la crise.

        Dans l’édition en date du 7 septembre de 7Dimanche, un employeur, acteur de la plus belle mutation en cours dans le secteur des médias, est contraint de faire une pub sur un sixième de page – grand format – en vue de dénicher le/la réceptionniste polyvalent(e) convoité(e).

        Dès la définition de fonction, l’employeur ne cache pas l’ampleur de la mission qui comprend sept secteurs dont participer aux réunions commerciales hebdomadaires et établir les procès-verbaux de réunion sans compter les tâches diverses de secrétariat pour la direction, outre, bien sûr, réceptionner les appels téléphoniques, les traiter et les transmettre au bon interlocuteur.

        Quant au profil recherché, il est à la même mesure. Nécessité d’une expérience, d’une aisance au téléphone, d’une maîtrise de Word, Excel et PowerPoint.

        Et l’employeur en échange de cette pub sur un sixième de page – grand format – qu’offre-t-il ? Un CDD (Contrat à durée déterminée) allant du 15 octobre au 22 février !   

07:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Social | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 06 septembre 2014

La chronique de Marcatchou : "COMPLETEMENT MARTEAU".

         Complétement Marteau

        Les cours et impasses qui font le charme de nos vieux quartiers et l’enchantement des visiteurs,  ont toujours agacé prodigieusement la plupart des urbanistes et leurs sbires, leveurs de plans, tireurs au cordeau. Je ne puis m’empêcher de mettre en parallèle la pensée unique et les artères rectilignes des lotissements d’aujourd’hui.

        J’avoue regarder les défilés militaires des 14 et 21 juillet, mais « l’ennui naquit un jour de l’uniforme ôté » : je décroche  dès avant le passage du charroi. A  choisir, je préfère les méandres et entrelacs des cramignons rouges, bleus.

        J’ai déjà évoqué dans Vlan Liège l’affaire de la rue Derrière–les-Potiers, en Outremeuse, quand peu avant les années ‘30’, on assassinait  pardon ! on assainissait en les condamnant à la démolition plus de 120 maisons, 10 ou 12 venelles et impasses soit 203 ménages, 578 braves gens d’amon-nos-ôtes, déportés à Naniot,  avec croix et potales.  La rue Grande-Béche, elle aussi, a payé un lourd tribut à l’assainissement ou à la gourmandise de certains. Manquent à l’appel : l’impasse Degueldre, plus connue autrefois sous son appellation populaire de « Trô Noquète » que je garde bien de traduire, « èl Vèssèye », l’impasse de la vessie, « le trô Soyeû », la cour Thonnard  et la fameuse impasse de la Porte-de-l’Enfer dont l’entrée était surmonté d’une potale. On n’est jamais assez prudent ! Il nous reste, outre l’entrée des artistes du Trianon-Pavillon-de-Flore et les colombages de la Taverne Tchantchès, le trou Marteau, rare vestige du Djus-dl’à champêtre.

        Ce trou Marteau qui doit son nom à une enseigne aujourd’hui disparue se croyait à l’abri derrière une façade assez commune de la fin du XIXe siècle. Quand la porte du n° 105-109 s’ouvre sur un corridor propre et net, on croit remonter dans le temps. Deux ou trois maisonnettes blanchies à la chaux se serrent non loin d’un superbe christ du XVIIIe siècle. Surprise et attendrissement, on découvre encore un potager et les frondaisons du jardin nature du voisin.  Discret, un édicule utilitaire avec un cœur ajouré sur sa porte ajoute encore au charme des lieux. René Hénoumont, notre prince des conteurs, a laissé sur ce genre de « cabinet de toilette » des pages d’anthologie… Bref, un petit coin de paradis pour des locataires aux revenus modestes, vivant heureux et quasi-cachés.

        Qui peut en vouloir au trou Marteau ? Un quidam qui loua durant peu de temps, les quelques mètres carrés douillets que compte une de ces maisonnettes. Il y résida peu ou prou, ne cherchant que les services d’une boîte aux lettres. Ce malotru de passage eut l’inélégance de dénoncer ce qui fut son domicile fictif au Centre régional du logement, un service de la Région Wallonne qui s’ébranle à chaque délation, « en application du décret du 29 octobre 1998, instituant le code du logement, et de l’arrêté du gouvernement  et gnagna et gnagna… »

        L’enquêteur de la Région wallonne appréciera-il ce cocon pittoresque qui fait le bonheur de celle qui y vit en paix, loin des bruits de la rue ? S’en tiendra-t-il à des critères technobureaucratiques – ce qui serait complétement marteau ?

        Je vous tiendrai au courant puisque cette oasis du XVIIIe siècle dispose tout de même de l’électricité, sans parler de l’eau, du gaz, d’un coin douche et du chauffage central.  Un taudis, quoi !

         MARCATCHOU

10:04 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 05 septembre 2014

La plume de Marcatchou trouve place au sein de "Liège 28"

        C’est en mars 1988 que «  nous avons mis la flamme au bois résineux ». Les Éditions Liégeoises se mirent alors à crépiter. Je serai donc resté votre gardien des légendes durant plus d’un quart de siècle, et libre comme l’air de la Cité Ardente. Ce bref extrait du dernier article de Marcatchou alias Jean-Denys (à moins que ce ne soit l’inverse) paru dans Vlan-Spectacles, article dans lequel Jean-Denys Boussart annonce qu’il est prié de s’en aller, quand tout le monde rentre, en cette fin d’août a suscité l’émoi sur les réseaux sociaux.

        Émoi provenant de milieux très différents, philosophiquement, politiquement, culturellement ne comprenant pas l’éviction de celui qui, durant plus de vingt-cinq ans, a assuré l’originalité liégeoise des Éditions du même nom, ayant donné un esprit à Vlan Liège, une âme, si vous préférez…

        Dans un esprit de confraternité, Liège 28 accorde l’hospitalité chaque samedi aux chroniques de  Marcatchou. Liège 28 laisse ainsi, à un Vlan mieux éclairé, le temps de revoir sa position. Liège 28 laisse également le temps à un concurrent papier de réaliser un excellent transfert au mercato journalistique.

        Dès demain, à l’aube, toutes les saveurs de Marcatchou avec une chronique intitulée Complétement Marteau.

19:54 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Liège, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 03 septembre 2014

Pradez : funérailles samedi, 11h30 à Uccle, rue du Silence.

Pradez.png

         Les funérailles de Georges Pradez se dérouleront samedi 6 septembre à 11h30 au crématorium de Bruxelles, rue du Silence (la mal-nommée en l’occurrence pour ce génie de la parole).

        Décédé dans la nuit du 31 août au 1er septembre, Georges Pradez a commencé sa brillante carrière au Centre RTBF-Liége – dirigé par Robert Stéphane – dans le magazine F, en octobre 1964.

       D’après sa compagne, dimanche soir, il jouait au lit avec un de ses jeux vidéo préférés (avec des avions ...). Vers 3 heures du matin, elle s’est réveillée et a constaté son décès.

11:10 Écrit par Pierre André dans Actualité, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 02 septembre 2014

Anne Poncelet rédactrice en chef du B.L.I. liégeois.

          Promu rédacteur en chef de la Première, le Liégeois Jacques Crémers a pris ses fonctions à Bruxelles le 1er septembre. Son précédent poste – rédacteur en chef du Bureau local d’information (BLI) liégeois - est désormais occupé par la Spadoise d’origine, Anne Poncelet.

        Licenciée en journalisme et communication, Anne Poncelet a commencé sa carrière au Festival du Théâtre de Spa, la poursuit à RTC Télé Liège, puis à la Fédération des Télévisions locales, enfin à Télévesdre avant de rejoindre la RTBF, il y a une quinzaine d’années.

         Anne Poncelet y a assumé diverses tâches dont celle de journaliste à la rédaction liégeoise du JP et du JT de 2000 à  2002.

         Autre information relative à Media Rives : Madame Dominique Jamar en est Intendant Général.

         Enfin, information mineure mais information tout de  même : Ce vendredi 5 septembre, la Société GALLER viendra, gracieusement, nous faire déguster ses gaufres artisanales (praliné, chocolat noir, framboise) à la cafétéria de 8h30 à 10h.

                                                                                                         © RTBFbe CAP 48

                                                                                                         Anne Poncelet

Poncelet.jpg

21:01 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 01 septembre 2014

De passage à Liège, le duc de Richelieu s'intéresse à la Binamêye revolucion.

Duc de Richelieu.jpeg

        Petit-neveu du Cardinal de Richelieu, Armand-Emmanuel du Plessis, duc du Richelieu sollicite en 1790, des autorités françaises issues de la Révolution un passeport pour remplir ses engagements. En effet, quoique Français, le duc s’est mis au service de la Russie. Potemkine a besoin  de ce jeune Français – né le jeudi 25 septembre 1766  - pour mener à bien la guerre contre l’Empire ottoman, conflit entamé en 1787 dans le but de permettre à la Russie d’accéder aux mers du Sud.

        Le passeport est octroyé. Le duc n’est pas considéré tel un émigré dont les biens sont saisis. En revanche, il promet de revenir  aussitôt la guerre finie et désire que les connaissances qu’il acquerra le mettent  à la portée de concourir un jour à la gloire de la patrie.

        Le duc se met en route. Le jeudi 2 septembre 1790, celle-ci l’amène à Liège une grande ville sur la Meuse : elle peut contenir trente mille habitants ; on ne peut pas dire qu’elle soit belle, mais elle est peuplée et vivante, ce qui fait qu’elle paraît assez agréable.

        Ce diplomate,  bon enfant des Lumières, tendance Fénélon et Montesqieu, est au courant de la Binamêye revolucion  du 18 août 1789. Cette révolution, qui, à juste titre, a attiré l’attention de l’Europe, est une des singularités de l’époque dans laquelle nous vivons.

        Le duc fait remonter les causes de cette Binamêye revolucion  à la position prise par le Prince-Évêque  Maximilien-Henri de Bavière. La source des différends des États et de l’Évêque est l’élection des magistrats. Jusqu’en 1684 le peuple a joui du droit de les élire. À cette époque un évêque qui était de la Maison de Bavière, et sûr par conséquent d’être soutenu dans ses entreprises, prétextant les troubles que ces élections occasionnaient, s’empara du droit de les nommer, et depuis ce moment les évêques ont toujours joui de cette prérogative.

        L’année dernière, la révolution de France ayant donné le branle à tous les esprits, la suite est connue.  La Chambre impériale de Wetzlaer s’en mêle et ordonne au roi de Prusse, en sa qualité de duc de Clèves, de faire marcher un corps de troupes contre les révolutionnaires principautaires. Mais surprise, ceux-ci reçoivent ses troupes en libérateurs. En effet, ils étaient à peine dans Liége que le Roi de Prusse fit faire à l’Évêque des propositions tendant à remettre les choses sur le pied où elles étaient avant 1684, ce qui était précisément le point de la contestation.

        Le Prince-Évêque Constantin-François de Hoensbroeck s’entête, dit non. La Chambre impériale de Wetzlaer s’obstine et envoie de nouvelles troupes. Telle est la situation au moment où le duc de Richelieu reprend  la route le samedi 4 septembre 1790.  De dessus cette hauteur, on a encore une très vue de la ville de Liége et de toute la vallée où elle est située. Le pays que l’on traverse est superbe et très peuplé, il est surtout fertile en pâturages et la quantité des bestiaux est énorme.

        Le duc de Richelieu arrive à temps en Russie pour participer  le mercredi 12 décembre 1790 à la bataille victorieuse d’Ismaël. La tzarine Catherine II lui remet une épée en or et le décore de l’ordre de Saint-Georges. En 1792, le traité de Iassy accorde la Crimée à la Russie.

Ismaël.jpg

00:00 Écrit par Pierre André dans Europe, Histoire, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg