lundi, 28 septembre 2015

Sur la Trois, à la RTBF, "noms de dieux" reçoit Jean-Michel HIRT

        L’émission de service public noms de dieux cessera en décembre 2015 après la diffusion du numéro 200. Durant 24 ans, noms de dieux aura été à l’antenne de la RTBF. C’est un record de durée dans un paysage audiovisuel en constant changement.

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        Robert Stéphane – à l’époque Administrateur général de la RTBF - se souvient du jour où Edmond Blattchen lui a proposé son projet.  Tentative folle... Mais structurée avec intelligence. L'esprit d'un bon service public est à mon sens de faire la pédagogie des enjeux par le spectacle. Clarifier le monde, le rendre compréhensible mais en utilisant le spectacle pour accrocher le spectateur. Noms de dieux décidait d'appliquer ce concept sur un des thèmes les plus importants : Qu'est- ce que le monde ? D'où vient-il ? Où va-t-il ? Quelles en sont les explications religieuses et philosophiques ? Mais Edmond Blattchen l' a immédiatement conçu à travers un système de chapitres introduits par des concepts, des objets des textes, des images Cela lui a permis   de relancer l'interlocuteur interviewé et de fixer le spectateur sur des sujets difficiles mais cruciaux.

        Le premier invité, le 14 janvier 1992, le philosophe Bernard-Henri Lévy. Le mois suivant, le mardi 11, le nouvel évêque de Namur André-Mutien Léonard. Un départ en force qui s’est poursuivi (1) et se poursuit.

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        Pour son antépénultième  édition (2), noms de dieux reçoit le psychanalyste Jean-Michel Hirt, professeur de psychopathologie à l’université de Paris 13. Spécialiste en psychologie clinique interculturelle c-à-d celle qui va prendre en compte la culture de l’autre.  Comme l’autre est le patient, le malade - en psychiatrie, c’est plus souvent le malade – et bien au lieu de faire comme si une schizophrénie était la même chose à Liège qu’à Ouagadougou, il s’agit d’entendre d’où vient cet autre, d’avoir une réflexion sur quel réseau culturel il a été pris, éduqué, élevé, ainsi nous pouvons lui permettre de se retrouver et de ne pas être en terre étrangère, seul.

        Jean-Michel Hirt est l’auteur de plusieurs ouvrages notamment : Le miroir du Prophète, Psychanalyse et Islam (Grasset),  Paul, l’apôtre qui  « respirait le crime » (Actes Sud), L’Insolence de l’amour, fictions de la vie sexuelle  (Albin Michel), Le voyageur nocturne, lire à l’infini le Coran (Bayard).

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(1)    Liste des invités de noms de dieux  https://fr.wikipedia.org/wiki/Noms_de_Dieux

(2)    Diffusion le jeudi 1er octobre 2015 vers 21h25 sur « la trois ». Rediffusion sur « la trois » le samedi 3 octobre vers 23h25. Sans oublier, la possibilité de voir l’émission durant une semaine sur le Net, en cliquant sur www.latrois.be/revoir

19:33 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 20 septembre 2015

Liège compte une nouvelle rue : rue Jean Gol.

 

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        Vingt ans, jour pour jour, après son décès, le Ministre d’État Jean Gol a une rue à son nom à Liège. Ainsi en a décidé le 18 septembre 2015 le Collège communal, sur proposition de Julie Fernandez-Fernandez, estimant que Jean Gol est toujours resté attaché à la Ville de Liège, raison pour laquelle un hommage lui est rendu.

        Étudiant, Jean Gol a été actif au sein de diverses associations wallonnes de gauche où il milite notamment avec Guy Mathot, Roger Dehaybe, Jean-Marie Roberti, Urbain Destrée et d’autres. Co-fondateur du Parti wallon des travailleurs (1964), du Parti wallon (1965), du Rassemblement wallon (1968), du Parti des Réformes et de la Liberté de Wallonie (1976) qui prend nom en 1979, de Parti réformateur libéral dont il assume la présidence. Visionnaire d’une patrie francophone, il s’allie avec le FDF aux élections européennes de 1994. Le PRL-FDF a trois élus dont Jean Gol et Antoinette Spaak alors que le nombre de sièges à pourvoir a été réduit de onze à dix.

        Une déclaration de Jean Gol de janvier 1976 : au-delà de s’affirmer Wallon, il convient « d’agir wallon ». Le fédéralisme n’est pas une solution miracle (…) Les problèmes wallons ne seront résolus que grâce à une modification profonde des mentalités en Wallonie, (cfr p. 270 – Encyclopédie du Mouvement wallon – Tome IV)

        La vie de Jean Gol est avant tout une vie politique. Pour preuve, la réponse obtenue par l’historien Joseph Tordoir de Rosita Winkler et de Carine Lescot :il était quasiment impossible de différencier l’homme privé de l’homme public, tant la politique avait rythmé sa vie depuis son adolescence (cfr Liège 28 du 24/11/2005).

        La rue Jean Gol se situe dans le quartier des Guillemins. Elle constitue le prolongement de la rue Bovy et relie la rue de Sclessin à la rue de Fragnée, juste derrière la Tour des Finances. Ce qui ne manque pas d’humour si l’on se souvient que Jean Gol a inventé l’expression la rage taxatoire à l’encontre de tous les gouvernements dont son parti ne faisait pas partie.

       Dans le morceau du quartier des Guillemins dont la toponymie était consacrée à des libertés accordées à Liège par le prince-évêque Albert de Cuyck et des militaires qui les ont défendues en 14-18, on assiste à un glissement politique. La rue Auguste Buisseret, l’esplanade Pierre Clerdent, voici la rue Jean Gol, tous libéraux de qualité sous les yeux même du local du cdH, voisin d’un sex-shop, situé rue Paradis. En vue d’apporter un baume au cdH, disons que parmi les distinctions honorifiques de Jean Gol figure la grand-croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique !

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23:10 Écrit par Pierre André dans Actualité, francophonie, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 11 septembre 2015

"D'UN MONDE À L'AUTRE", une biographie patrimoniale

        Incontestablement, la Wallonie est passée d’un monde à l’autre entre le XVIIIe siècle et 1830. Les traces de ce changement sont le thème des Journées du Patrimoine (1). Outre les visites (2), cette année, l’Institut du Patrimoine wallon publie un ouvrage collectif dont la consigne est de faire primer la lisibilité sur la technicité. Consigne respectée et le lecteur de se divertir. Le titre de l’ouvrage D’un monde l’autre (3) évoque le patrimoine architectural wallon hérité de cette longue période (1713-1830) dans le cadre de récits biographiques consacrés à quarante personnalités, wallonnes ou non, toutes liées d’une manière ou l’autre à ce patrimoine. Mutatis mutandis, c’est une Biographie patrimoniale comme il existe une Biographie nationale voulue au début du Royaume en composant un livre où tous les Belges remarquables, n’importe à quel titre, reçussent l’hospitalité.

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        L’homme le plus riche de Verviers au XVIIIe, Francois Franquinet est en couverture D’un monde à l’autre sans figurer parmi les Belges remarquables. Le papa de Charles-Joseph de Ligne le marie à Françoise-Marie-Xavière de Liechtenstein (…) mariage de convenance lié au titre de la jeune épouse. Autre anecdote relative au bâtisseur d’Aigremont, Mathias Clercx. Lors de la construction,  il note scrupuleusement toutes les dépenses (…) et même le coût du carnet où il fait ses notes. À propos de François-Charles de Velbrück, prince-évêque éclairé, il est dit ; sa condition de dignitaire ecclésiastique ne l’empêche pas d’entretenir une relation de longue durée avec Marie-Christine Josèphe Bouget au point d’avoir ensemble deux enfants. Quant à Marie-Anne Biolley, épouse d’un mari impotent, elle accueille William Cockerill en 1799qui va révolutionner l’industrie textile de Verviers. Un William qui achète en 1819, à Spa, une concession pour accueillir un caveau familial. Du mausolée construit par William, deux siècles plus tard ne subsiste qu’une dalle.

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Les avatars conjugaux de Pierre-Henri Dethier (1736-1817) sont dignes d’un magazine pipole du XXIème siècle. Avec Michel-Laurent de Selys-Longchamps, on entre dans la vie municipale de Liège, ville française dont il est le premier maire républicain.

        Mais ces personnalités riches qui ont investis dans ce patrimoine n’ont pu le faire que grâce à des artisans, des artistes, des architectes dont le talent séduit encore. Ainsi, venus du Tessin, les Moretti sont une famille experte dans l’art du stuc qui s’est d’abord manifestée à Liège pour rayonner dans la future Belgique. Autre Tessinois, l’architecte Gaetano Pisoni qui a reconstruit à Liège la collégiale Saint-Jean l’Évangéliste après avoir tracé les plans du palais de Charles de Lorraine à Bruxelles. Artiste natif de Spa , Remacle  Leloup,  illustre les Délices du Païs de Liège de Pierre-Lambert de Saumery. Sur site, Remacle prend le temps de repérer les lieux ; il choisit consciencieusement plusieurs points de vue afin d’appréhender l’objet sous toutes les coutures

         Citons encore des architectes ou maîtres-maçons tels Jean-Gilles Jacob et le château de Warfusée, Barthélemy Digneffe édifiant pour Léonard de Hayme, récemment anobli, la gentilhommière de Sterpigny appelé maison Caprasse avant de devenir son architecte attitré, Jacques-Barthélemy Renoz qui est à la fois architecte – il est l’auteur de l’Hôtel de Ville de Verviers (4) – et homme d’affaires avisé dans les jeux, les charbonnages, les transports en diligence Liège-Paris à grande vitesse, les chaussées entretenues permettent de faire grimper la vitesse horaire à … 3,4km/h.     

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(1)    27ème édition Samedi 12 et dimanche 13 septembre 2015

(2)    Notamment, la visite-spectacle du Musée d’Ansembourg à 10, 14 et 16h, les 2 jours. En outre, toujours au départ du Musée d'Ansembourg, à l'initiative du Vieux Liège et de SOS Mémoire de Liège, spectacle itinérant vers la Violette sur le thème l'heureuse révolution du 18 août 1789, le 12/9 à 15h, le 13/9 à 10h30 et 15h.

(3)    D’un monde à l’autre – Édition IPW – Collectif d’auteur(e)s sous direction Freddy Joris – 296 p – 15 €

(4)    Le n° 130 des Carnets du Patrimoine de l’IPW est consacré à l’hôtel de ville de Verviers – Architecture, histoire, restauration – 56 p – 5€

11:41 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 01 septembre 2015

La Côte d'Ivoire rend l'école gratuite obligatoire de 6 à 16 ans pour tous les enfants.

        Rentrée scolaire innovante en Côte d’Ivoire, cette année-ci, à partir de septembre, l’école devient obligatoire de 6 à 16 ans. L'enseignement se fait en français, langue officielle du pays.

         C’est un projet historique comme l’a qualifié la ministre de l’Éducation nationale et de l’enseignement technique, madame Kandia Camara. Douze mille classes ont été construites et trente-cinq mille enseignants ont été recrutés. Ce projet vise à donner les mêmes chances à tous les enfants ivoiriens quelque soit leur milieu d'origine. Il résout également la question du chômage en permettant aux jeunes d’être bien formés. Plus de 150 millions d’euros sont consacrés à ce projet d’école obligatoire que le Président Ouattara avait inscrit dans son programme électoral présidentiel.

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        La mise en œuvre de la scolarisation obligatoire se heurte pourtant à des réticences que la ministre s’efforce de lever en soulignant les avantages de l’école obligatoire pour les enfants aussi bien que pour les familles. Pour l’enfant, la scolarisation obligatoire permet de combattre l’analphabétisme et l’illettrisme, de lutter contre les pires formes de travail des enfants, d’assurer l’égalité des chances en faveur des enfants issus de milieux défavorisés et entre les enfants des deux sexes. Pour les familles, c’est la gratuité de la scolarisation des enfants. Cette décision du Président de la République est en leur faveur. Les familles sont heureuses parce que leurs enfants sont épanouis. Ils savent lire et écrire et ont du travail. Pour la nation, elle met à la disposition de l’État des ressources humaines bien formées pour réaliser le développement. 

        La scolarisation obligatoire est accompagnée de diverses mesures dont le retour du port de l’uniforme.

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09:56 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg