mercredi, 29 juin 2016

Débarquant à Liege-Airport, personne n'ignore qu'elle est à Liège mais sait-elle que le pays de Liège est la terre natale de Zénobe Gramme, père de la seconde révolution industrielle?

        Toutes ces différentes personnalités ont un point commun - et la liste ne se limite point à ces seuls noms - Gengis Kahn, Roland Garros, Léonard de Vinci, Krim Belkacem, Pierre-Eliott Trudeau, Saint-Exupéry,  Murtala-Muhammed, Atatürk, Franz-Joseph Strauss, Mohammed V, John-Fitzgerald Kennedy, Aimé Césaire, Habib Bourguiba. Chacun figure au fronton d’aéroports. Rares sont les noms de femmes auxquelles cet honneur est dévolu. Nous en citerons quatre : Reine Béatrix à l’aéroport d’Oranjestad, Princess Juliana à Saint-Martin, Maria Montez à Santa Cruz de Barahona, Sabiha Gökçen à Istambul. Deux sont de sang royal, l’une est actrice, l’autre, fille adoptive d’Atatürk, a été première femme pilote de chasse au monde.

        En débarquant de l’avion, voyant le nom d’une personne au fronton de l’aéroport, chacun(e) découvre de nouveaux éléments d’une histoire locale que le lieu n’évoque en rien. Mieux, lorsque plus tard, ce nom apparait à nouveau, il fait se profiler le souvenir de la ville. Ainsi Monastir a dénommé son aéroport Habib Bourguiba, enfant de cette cité. La stature de cet homme d’État tunisien rejaillit sur sa ville natale et plus tard, au nom de Bourguiba se profilera Monastir.

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        Ces quelques exemples pris d’aéroports magnifiant des hommes et des femmes de talent né(e)s chez eux doivent nous inspirer. Le pays de Liège a compté des talents, des génies. Il en compte encore qui assurent le redéploiement économique et culturel de notre région. Nous pouvons, nous devons en être fiers !

        Lorsque la première révolution industrielle naît en Grande-Bretagne, la Wallonie et plus particulièrement le pays de Liège lui emboîte le pas sur le continent européen. C’est un enfant du pays, Zénobe Gramme, qui donne naissance à la seconde révolution industrielle en brevetant et commercialisant la dynamo. Évoquant Zénobe Gramme, l’historien Paul Delforge de l’Institut Jules Destrée voit en lui le modèle du Wallon inventif et entreprenant. Un certain mythe entoure celui qui aurait répondu un jour à un physicien qui avait mis la dynamo en équations : « s'il m'avait fallu savoir tout cela, je ne l'aurais jamais inventée ». En est-on si sûr ?  

        Quelques années après sa mort, Liège a rendu hommage à Zénobe Gramme en édifiant, par souscription publique, un monument au confluent de la Meuse et de l’Ourthe. Il a été inauguré par sa fille Zoé, le 7 octobre 1905, dans le cadre de l’Exposition  Universelle. À cet hommage du XXème siècle peut s’ajouter celui du XXIème qui consiste à ajouter à la dénomination de Liège-Airport celle de Aéroport Zénobe Gramme.   

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10:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Histoire, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 22 juin 2016

En 2017, "HAMILTON" qui triomphe à Broadway sera joué à Londres.

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        Nos confrères du journal liégeois Mathieu Laensberg - Charles Rogier, Joseph Lebeau, Paul Devaux – Pères fondateurs du Royaume envient peut-être la gloire qu’un autre Père fondateur d’une République, Alexander Hamilton, obtient actuellement à Broadway. La comédie musicale de Lin-Manuel Miranda, Hamilton, à l’affiche depuis juillet dernier, retrace des tranches de vie de personnalités historiques ou politiques. En costumes d’époque mais avec des airs urbains où se mêlent hip-hop et rap, Hamilton est une fresque historique tour à tour irrévérencieuse, patriotique, fleur bleue et traitant de thèmes tels l’immigration et l’ouverture aux étrangers.

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         D’origine portoricaine, Lin-Manuel Miranda a perçu tout le potentiel de la biographie d’Alexander Hamilton. Orphelin à dix ans, tué dans un duel par un vice-président des États-Unis, Aaron Burr, Hamilton a, d’abord, connu l’emploi dans une maison de comptes, entame des études au King’s Collège – future Université Columbia – de New-York, participe à la guerre d’indépendance américaine en qualité de secrétaire de Général Washington, combat aux cotés de La Fayette à Yorktown, épouse une jeune fille d’une famille influente et riche, premier Secrétaire du Trésor, fondateur de la Banque Fédérale, etc, etc.

       Hamilton côtoie tout qui compte aux États, à Londres, à Paris. Visionnaire, brillant constitutionnaliste, séduisant, il est aussi un être paradoxal ainsi le créateur de la Banque Fédérale a tant de dettes que ses amis se cotisent afin de les rembourser à sa mort. Mieux, adversaire de la Révolution française, il est déclaré en même temps que Georges Washington citoyen français par un décret du dimanche 26 août 1792 de l’Assemblée nationale considérant que les hommes qui, par leurs écrits et par leur courage, ont servi la cause de la liberté et préparé l’affranchissement des peuples, ne peuvent être regardés comme étrangers par une nation que ses lumières et son courage ont rendue libre.

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        Les 1319 sièges du Richard Rodgers Theatre sur la 46ème rue sont occupés à chaque représentation. Chaque semaine, c’est 600.000 $ de bénéfices engrangés. Il est prévu une tournée mondiale de Hamilton. Qualifiée par Michèle Obama de la plus grande œuvre artistique que j’ai jamais vue dans ma vie, les Liégeois(e)s découvriront Hamilton à moins de cinq cents kilomètre de la Cité ardente, à Londres, dans le courant de 2017.

 

 

 

 

08:45 Écrit par Pierre André dans Actualité, Histoire, Musique, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 13 juin 2016

Le Corps Consulaire de Liège en voyage en Grèce.

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        Le Corps Consulaire de Liège et son Doyen Fernand Goffioul, consul honoraire d’Espagne, ont choisi la Grèce comme destination de leur voyage annuel. La préparation en a été confiée au consul honoraire de Grèce, Robert Laffineur, professeur émérite de l’Université de Liège en histoire de l’art et archéologie de l’antiquité classique. Considérant la Grèce comme son pays d’adoption, il a su, dans le programme réalisé, allier les mythes helléniques et les réalités grecques contemporaines.

        Première étape dans le monde hellénique, cela va de soi, l’Acropole – quand je vis l’Acropole, j’eus la révélation du divin … - ensuite visite des lieux de fouille de l’École française d’Athènes, le sanctuaire d’Apollon à Delphes ou de l’École belge d’Athènes à Thorikos avec son théâtre ancien si particulier et ses tombes à coupole mycéniennes. Sans oublier les musées et les temples qu’ils soient de Poseidon au Cap Sounion, d’Aphaia à l’île d’Égine ou encore de Zeus l’Olympien dans le parc public d’Hadrien à Athènes. Le tout commenté avec intelligence, humour par un consul (et professeur émérite) pour ses pairs.

        L’ambassadeur de Belgique en Grèce Luc Liebaut a tenu à recevoir  dans les jardins de sa résidence  le Corps Consulaire de Liège en compagnie notamment de membres du Belgian Business Club, une association où se retrouvent importateurs grecs de biens belges et investisseurs belges dans ce pays. Autre contact avec la société grecque, la réunion de travail avec les dirigeants d’Enterprise Greece a permis de mieux connaître la situation économique. Le président du Conseil d’Administration de l’AWEX, Dominique Godin pour sa part explique les atouts de la Wallonie. Dernier contact avec la réalité grecque, la relève de la garde des evzones auprès du Soldat inconnu grec et la visite du Parlement. À noter l’édification en 2000 dans sa cour ouest, d’une statue géante du premier ministre Charilos Trikoupis. Un hommage à celui qui a affronté, fin 19ème siècle, des difficultés présentant des similitudes  avec les problèmes d’aujourd’hui.

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        La cerise sur le gâteau du voyage a été la réception, au pied du stade où Pierre de Coubertin a lancé les Jeux olympiques modernes en 1896, par Dimitris Avramópoulos, pénultième consul de carrière en poste à Liège (1983-1987) et actuellement Commissaire européen en charge de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté. Évoquant ces matières en off the record, Dimitris Avramópoulos se fait grave tandis qu’auparavant, il a échangé des souvenirs liégeois. Parmi ceux-ci, la création par le chargé de cours Laffineur, en 1986, des premières  Rencontres égéennes internationales auxquelles le consul Avramópoulos apporte son appui car elles marquent l’anniversaire  des sensationnelles  découvertes de Schliemann  à  Mycènes. Une collaboration initiale fructueuse puisque les Rencontres égéennes internationales en sont à leur 16ème édition.  

        Le programme du Corps Consulaire de Liège n’a pas fait l’impasse sur la cuisine grecque dont Archestratos a vanté les mérites dès 330 avant J-C. Des maisons de bouche (1) propices à exalter la variété de l’art culinaire et à souder un groupe. Quand, au Cookoovaya, Gérard Blaise se réjouit de la troisième victoire (Silverstone, Monza, Aragón) de son petit-fils Max Defourny en cinq courses de formule Renault 2.0, chacun(e) est un peu le papy ou la mammy du jeune Max (17 ans). À l’issue de ces repas, chacun(e) se connaît mieux !    

(1)    Agora Select, Ch. Mexi 8 – K. Ventiri 9 (la mention de deux noms de rues dans une adresse grecque indique que le lieu se trouve à l’angle des deux rues) 115 28 Athènes-quartier Ilisia, To Kafeneio, Loukianou 23, 106 74 Athènes-quartier Kolonaki, Akrogiali, Paralia Souniou (Sounion), Cookoovaya, Ch. Mexi 2, 115 28 Athènes-quartier Ilisia, Stamatopoulos Tavern, Lyssiou 26, 105 58 Athènes-quartier Plaka,  Restaurant Orizontes, Lofos Likavitou, 106 76 Athènes-colline du Lycabette.

20:15 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 04 juin 2016

FETE de la MUSIQUE...dans l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture...et à TOULOUSE ?

Au solstice d’été, le 21 juin, la Fête de la musique en est, cette année, à sa 35ème édition. Créée par le ministre de la Culture de François Mitterand , Jack Lang dans l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture, la Fête de la musique a été célébrée l’an dernier dans 120 pays sur les 197 reconnus par l’ONU.


Cette année, France-Télévisions retransmet depuis la place du Capitole, à Toulouse, un concert présenté par Garou. À l’affiche, quelques vingt-cinq artistes dont Frero Delavega , Christophe Maé, Soprano , Jain, Pascal Obispo, Vianney , Kendji Girac, Jean-Pierre Mader , etc.


En raison du plan Vigipirate renforcé, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR) a décidé d’instaurer un système gratuit d’accréditation nominatif pour tout qui désire assister au concert via le site municipal. En dépit d’une attaque de ce site par un hacker le jour J, le 3 mai, 16 000 Toulousain(e)s – la capacité de la place - se sont fait accrédités ce jour-là. Toutefois, dès la décision mayorale connue, les réseaux sociaux l’ont critiquée. Un collectif Culture à Toulouse, reviens vite ! a dénoncé la privatisation de l’espace public du Capitole et a demandé la suppression de l'accréditation obligatoire pour conserver un droit de passage pour TOUS les Toulousains, respectant les mesures de sécurité nécessaires.


Ce collectif reçoit l’appui de Jack Lang. Dans la Dépêche du Midi, il déclare, notamment, à notre consoeur Claire Raynaud : Je ne comprends pas comment un responsable politique peut prendre une telle décision qui est totalement contraire à l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture, qui est l'essence même de la Fête de la musique. ( …) Je ne connais pas personnellement le maire de Toulouse mais je le conjure de revenir sur sa décision. J'espère qu'il va se ressaisir. Cela me semble tout simplement inimaginable qu'il maintienne ce dispositif. La Fête de la musique, faut-il le rappeler, c'est un moment civique et citoyen. La place du Capitole appartient aux Toulousains et il ne peut pas leur en barrer l'accès ce soir-là, qui est tellement particulier et cher au cœur des Français. Je voudrais aussi lui rappeler que quand nous avons lancé cet événement en 1982, les débuts n'ont pas été flamboyants partout dans les villes de province, sauf à Toulouse, justement, qui s'est tout de suite mobilisée en masse pour faire vivre et grandir cet événement.


Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc a maintenu son dispositif. Il s’en est expliqué lui aussi dans La Dépêche du Midi en rendant hommage à … Jack Lang : nous ne sommes plus, hélas, en 1982, lorsqu'il avait eu l'idée géniale de lancer la Fête de la musique. Moi aussi, je préférerais que la Fête de la musique soit organisée en toute insouciance comme à l'époque, et que tous les accès soient libres. Mais, depuis, le monde a changé. C'est le Président François Hollande qui le dit, «Nous sommes en guerre» (…) La Place du Capitole, le 21 juin prochain, sera en fait un vaste plateau de télévision puisque le concert sera diffusé en direct sur France 2. Une émission de télévision dans un espace public, avec 16 000 personnes, c'est un événement très spécifique, qui exige, surtout par les temps actuels, un dispositif de sécurité tout aussi spécifique. (…) Mon devoir de maire de Toulouse, c'est de protéger les Toulousains, et ce devoir je le remplirai totalement quitte à être critiqué. Le système d'inscription gratuite préalable avec délivrance de «pass» permettra cette protection. Je maintiens donc l'organisation du 21 juin telle que prévue et sans rien changer.


Réaction du collectif Culture à Toulouse, reviens vite !, inviter les Toulousain(e)s à se faire accréditer en masse mais de ne pas utiliser leur pass le 21 juin de sorte que la place du Capitole soit presque totalement déserte. Une exigence sécuritaire supplémentaire de la mairie obligeant chaque titulaire d’accréditation à venir, le 19 juin, retirer personnellement – y compris les enfants - un bracelet indéchirable en présentant une pièce d’identité est susceptible d’accroître la désertification. Si telle est la réalité, ce sera un désaveu - affiché devant les cinq millions de téléspectateurs attendus par France 2 - de la politique sécuritaire du maire Moudenc. Suspense donc, une raison supplémentaire de regarder la TV à moins que fidèle à l’esprit de la Fête de la musique, chacun(e) n’aille dans les rues de sa commune découvrir toutes les musiques dans l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture !

19:07 Écrit par Pierre André dans Culture, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg