jeudi, 28 juillet 2016

Récipiendaire du Prix 2015-2016 du Corps consulaire de Liège, madame Cécile Havard.

        Cinq mille cinq étudiants en provenance de cent dix pays, notre Université s’internationalise a déclaré le recteur Albert Corhay à la remise du Prix du Corps consulaire de Liège. Un Corps constitué de quarante-six consuls représentant quarante-quatre pays, symbole de l’internationalisation du pays de Liège. Ouvert à tous les étudiant(e)s de l’ULg, ce Prix créé, au XXIe siècle, à l’initiative du professeur Dondelinger, consul honoraire du Grand-Duché de Luxembourg est doté de trois mille euros. Bien davantage que certains Prix décernés par l’Académie française ne dépassant pas les mille euros. Ce prix vise à susciter et à encourager, chez de jeunes étudiants diplômés, des vocations pour la vie diplomatique ou des carrières de recherches qui touchent à ce domaine.

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© Ulg-Photo: M. Houet 2016

         Le Prix 2015-2016 a été remis par le doyen du Corps consulaire, Fernand Goffioul, consul honoraire d’Espagne,  à Cécile Havard (24 ans) pour son mémoire  la crise des ressources humaines pour la santé dans les pays en développement.  L’objectif premier de ce mémoire est de mieux cerner la problématique des ressources humaines de santé, souvent négligée dans les programmes nationaux et internationaux alors qu’elle s’avère pourtant essentielle pour le développement des systèmes de santé afin de garantir un accès universel aux soins médicaux.  Cécile Havard tente de fournir des pistes de réflexion dans le but de déterminer comment pallier la crise des ressources humaines de santé.

        Il faut savoir que partout dans le monde, il y a pénurie de médecins, de sages-femmes et d’infirmiers. Le besoin est estimé à sept millions deux pour permettre un accès universel aux services de santé vitaux. Par ailleurs, la mauvaise répartition géographique du personnel médical aggrave davantage le problème dans certaines régions du monde, comme en Afrique subsaharienne (…) L’inégalité de cette répartition est encore accentuée par l’accélération des migrations causées par l’ouverture des marchés du travail, laquelle attire les professionnels qualifiés vers des régions plus riches au détriment de régions plus pauvres dans lesquelles les besoins en ressources humaines de santé sont, généralement, les plus importants.    

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© Ulg-Photo: M. Houet 2016 

Photos : - Cécile Havard en compagnie du Doyen du Corps consulaire, Fernand Goffioul, consul honoraire d'Espagne et de Didier Bronne, consul honoraire de Norvége.

- Cécile Havard entourée de membres du Corps consulaire, du ministre Bacquelaine, du gouverneur Jamar et du recteur Corhay.

08:03 Écrit par Pierre André dans Actualité, Corps consulaire de Liège, Université | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 22 juillet 2016

La France décerne la médaille nationale de reconnaissance aux victimes d'actes terroristes.

        À l’instar de Napoléon 1er et du général de Gaulle qui ont créé respectivement l’ordre national de la Légion d’honneur et celui du Mérite, le Président François Hollande vient de créer la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme destinée à manifester l’hommage de la Nation aux victimes d’actes terroristes commis sur le territoire national ou à l’étranger. Distinction accordée par décret du Président de la République. L’administration en est confiée à la grande chancellerie de la Légion d’honneur.

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        Sous un ruban blanc de 4 cm de large, les insignes de la nouvelle médaille représentent à l’avers, une fleur à cinq pétales chargée de cinq épis de feuilles d’olivier pour symboliser la valeur de la paix au sein de la République tandis qu’au cœur, la statue de la place de la République à Paris. La mention RÉPUBLIQUE  FRANÇAISE est au centre de la médaille couleur argent bordée de bleu. Le revers est identique à l’exception du cœur, deux drapeaux français croisés, et du centre, la devise «LIBERTÉ – ÉGALITÉ – FRATERNITÉ».  

        Le décret du Président Hollande rétroagit ; la médaille est décernée, à compter du 1er janvier 2006. Il est vrai que les actes de terrorisme ne date pas du jour où tout un chacun s’est affirmé Je suis Charlie. Déjà en 1937, la Société des Nations a adopté – sans qu’il y ait, toutefois, ratification – la Convention de Genève sur la prévention et la répression du terrorisme. À l’époque, le terrorisme est défini comme les faits criminels dirigés contre un Etat et dont le but ou la nature est de provoquer la terreur chez des personnalités déterminées, ou des groupes de personnes ou dans le public. La médaille nationale de reconnaissance est accordée tant aux Français qu’aux étrangers tués, blessés ou séquestrés lors d’actes terroristes. Pour les Français, peu importe que les actes terroristes se déroulent en France ou à l’étranger. En revanche, les étrangers victimes d’actes terroristes à l’étranger ne sont admissibles à la médaille nationale de reconnaissance que si ceux-ci  sont dirigés contre les intérêts de la République française. Pour paraphraser Michel Rocard, la France ne peut reconnaitre tous les actes terroristes du monde.  

        Si la presse française a relevé la coïncidence entre le décret du 12 juillet, sa publication au Journal officiel du 13 juillet et l’attentat de Nice le 14 juillet, aucun organe n’a commis la faute de goût en titrant  Nice, plus de trois cents candidats à la MNR ! Un sondage express du quotidien régional L’Union montre que près de soixante pour cent des gens du Grand Est sont adversaires de la création de cette médaille à l’inverse de quelques vingt pour cent favorables.

00:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 12 juillet 2016

Oufti, quel Congrès ... le XIVe Congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français

       

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        La préparation du XIVe Congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français a été longue, six ans. Tout d’abord, il y a le temps de la réflexion, Liège est-elle à même de relever le défi de faire aussi bien – sinon mieux – que Durban (3 millions 400 mille habitants), Paris (2 millions 300 mille), Tokyo (13 millions et demi) ? Fort de l’appui de l’Université, de la Province, de la Ville, Jean-Marie Klinkenberg présente, en 2012 à Durban, la candidature de Liège. Elle est acceptée et ce Congrès se déroule à Liège, du 14 au 21 juillet 2016, sur le thème Français langue ardente.

        Durant quatre ans, tout est mis en œuvre pour faire du Congrès une réussite. Ainsi, la Province de Liège met à la disposition  150 chambres des internats de Seraing et d’Herstal de l’enseignement provincial aussi bien des aides matérielles et logistiques. Ainsi, le service de la communication intervient lors des cérémonies d’ouverture et de clôture du Congrès de même que la collaboration de Fédération du tourisme a été précieuse dans la conception de l’offre culturelle et touristique  proposée aux congressistes sans oublier la réception officielle au Palais provincial des 1500 participants venus de 103 pays.   

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        Dans son message aux congressistes, la Secrétaire-générale de l’OIF (1), Michaëlle Jean déclare : Vous allez vous nourrir mutuellement de la diversité de vos perspectives qui sont riches et qui témoignent d'un investissement constant. Vous le ferez, en ayant bien à l'esprit le message de l’un des pères fondateurs de la Francophonie, Léopold Sédar Senghor: « S’enrichir de nos différences pour converger vers l’universel. » La Francophonie qui nous rassemble est un puissant maillage de réseaux institutionnels, professionnels et de la société civile. Parmi ces réseaux, la Fédération internationale des professeurs de français est l’un des plus emblématiques de la « Francophonie des solutions » – j'aime la nommer ainsi – qui trouve sa force dans des synergies fécondes. Consciente de ses atouts, de ses accomplissements dans tous les domaines, de ses bonnes pratiques à partager, des passerelles à renforcer ou à construire, cette Francophonie trouve dans la langue française un formidable levier.

        Plus de cinq cents communications allant de La culture d'évaluation des compétences au Kazakhstan à L’état du français dans l’empire ottoman et dans la Turquie nouvelle ou encore les Représentations sémantiques des mots « French (français) » et « Francophone (francophone) » chez les élèves et les étudiants du français au Botswana sans oublier D’une implantation de l’approche neurolinguistique (ANL) à Taïwan.

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        L’ensemble des communications vise à mieux encore enseigner le français. Obtient-on un meilleur résultat par L'argot, langage ardent ? Berry van de Wouw le croit : Ce langage coloré mérite donc qu'on en parle en classe. (…) Le matériel est prêt à l'emploi et sera distribué sur clé USB aux participants. Et pourquoi pas essayer les poèmes tels le limerick, le pantoum, le tanka et le haïku ? Ou encore l’humour depuis Philogelos jusqu'aux humoristes contemporains, chaque production comique peut constituer un élément déclencheur dans la démarche didactique en rafraichissant l'ambiance de la classe. L'épanouissement de l'humour en tant qu'outil éducatif est censé atteindre un noble but car « ridendo castigat mores » estime Raluca Ionescu. Un avis partagé par un autre collègue Greet Aelvoet - l’humour influence positivement non seulement notre épanouissement personnel mais également le processus d’enseignement et d’apprentissage - qui a décidé d’enseigner la langue française avec un sourire aux lèvres.

        C’est cool, ici ! C’est vraiment l’fun ! Le rôle des anglicismes en français de France et en français québécois, tel est le titre de la communication de Frédérique Grim de la Colorado State University (USA). Elle s’interroge : Quel mot enseigner dans un cours de français langue seconde ? Devrions-nous nous attacher au vocabulaire purement français ? Sans dévaloriser les langues qui influencent l’usage actuel, l’anglais semble fournir la majorité des néologismes dans la langue française. Entre le français parlé en France et le français dit « québécois », les différences lexicales se retrouvent non seulement au sein de la langue française, mais aussi dans le choix des mots anglais qui entrent dans chacune de ces variétés.

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        Un point de vue que ne partage point le Québécois Jean-Pierre Roy tanné de voir comment et pourquoi la langue anglaise s'infiltre avec autant d'aisance et d'ampleur... Son documentaire La LANGUE À TERRE, film pamphlétaire suit un parcours  politico-historique et s'indigne de l'anglicisation de nos cultures, pénétrées par une langue anglaise mondialisé qui s'impose partout et de plus en plus rapidement. L’impact de l’anglais ne se fait pas sentir qu’au Québec - Bernard Landry, Yves Beauchemin, Pierre Curzi, Louise Beaudoin, Yves Michaud et Victor-Lévy Beaulieu notamment ont conscience du problème - il en va de même ailleurs sur la planète. LA LANGUE À TERRE explore ainsi la place qu’occupe le « globish » en France, notre mère-patrie. Bernard Pivot, Cédric Klapisch, Jean-Pierre Raffarin et Patrice Leconte, entre autres, se questionnent sur les incidences de l’anglais sur la société française. Les Français sauront-ils protéger leur culture et conserver leur place de choix dans le monde ? En cette ère d’hypermondialisation, les nations pourront-elles résister à l’intrusion de l’anglais devenu lingua franca ?

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        Chaque délégation a élaboré un livre blanc sur la situation du français dans son pays en sorte que la synthèse des cent-trois livres blancs donne, à l’issue du Congrès, une vision claire de l’état de la langue française et de la diversité linguistique de la planète.

(1) OIF Organisation internationale de la Francophonie

16:46 Écrit par Pierre André dans Actualité, francophonie, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg