lundi, 10 octobre 2016

2 octobre 1976, Mitterrand et Dalida participent à la campagne électorale du "Nouveau Liège".

 

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        Au siècle dernier, début des années septante, le débat politique porte notamment sur la fusion des communes. À l’époque, il y en a 2 359. Lorsque la Loi Michel est d’application, il en subsiste 596. Ce qui ne fait pas nécessairement le bonheur des communes fusionnées appelées désormais sections.  Ainsi le NON A LIEGE de Grivegnée sur l’enceinte du cimetière de Robermont est un exemple de cette opposition. Huit communes - Angleur, Bressoux, Chênée, Glain, Grivegnée, Jupille, Rocour, Wandre -, deux quartiers – Ans-bas et Sclessin -, quelques rues de Saint-Nicolas et Vottem fusionnent avec Liège que d’aucuns appellent le Nouveau Liège. Pas question de le nommer Grand Liège qui évoque encore le Gross Lüttich  durant la dernière guerre. Le Nouveau Liège a une population de 227 974 habitant(e)s.

        Le dimanche 10 octobre 1976, entre 8h et 13h, 153 165 personnes âgées de 21 ans et plus sont invitées à désigner les 51 membres du Conseil communal appelés à siéger de 1977 à 1982.  Seuls 141 245 se présentent  dans les divers bureaux de vote. En dépit du vote obligatoire, 11 920 (soit 12%85) se sont abstenus. Depuis, de scrutin en scrutin, le taux d’abstention ne cesse de croître. Elles sont bien lointaines les luttes en faveur du Suffrage Universel, le SU !

        En 1976, huit listes sont en lice : liste n°2 (Parti Social-Chrétien) en tête Jean-Pierre Grafé ; liste n°5 (Parti Socialiste Belge) en tête Édouard Close ; liste n°6 (Rassemblement Wallon) en tête Jean Gol ; liste n°7 (Parti Communiste Belge) en tête Albert Juchmès ; liste n°11 (Rassemblement Libéral Liégeois) en tête Hubert Pirotte ; liste n°12 (Démocratie Chrétienne) en tête Marc Delbovier ; liste - incomplète (30 candidat(e)s) - n°13 (Union des Progressistes) en tête Stassar ; liste - incomplète (3 candidats) - n°14 (Parti du Travail) en tête Deceukelier.   

        À l’issue du dépouillement des votes-papier, les résultats tombent. PSB 21 élus (Édouard Close 13 005 voix de préférence) ; PSC 14 élus (Jean-Pierre Grafé 15 558 vp ) ; RW 7 élus (Jean Gol 7 307 vp) ; RLL 7 élus (Hubert Pirotte 4 077 vp) ; PCB 2 élus (Albert Juchmès 603 vp). Les trois autres listes n’ont pas d’élu.

        La campagne électorale – libre à l’époque de toute législation relative aux dépenses électorales et au financement de partis – a été mémorable. La Fête de la Rose, le week-end du 2 octobre 2016, a célèbre le quarantième anniversaire du meeting PSB du 2 octobre 1976 qui a vu le premier secrétaire du PS, François Mitterrand et la chanteuse Dalida enthousiasmer nombre de Liégeoises et Liégeois. 

        Durant ce week-end du 2 octobre 2016 a été évoqué la Une de La Meuse du samedi 9 octobre 1976 présentant, pleine page, la photo d’Edouard Close, légendée : Le bourgmestre de Liège. À Liège, on y voit la patte du rédacteur en chef de La Meuse, Paul Gabriel spécialiste des Unes qui marquent l’esprit. La réalité est plus prosaïque. La direction du quotidien liégeois a vendu pour une somme appréciable – il est question d’un million de francs belges – la Une à quatre sponsors de la campagne électorale du PSB parmi lesquels figure la Brasserie Piedboeuf. Ce n’est pas le seul coup de pouce de Piedboeuf  à  cette campagne. Lasse de payer la taxe sur les brasseries imposée par Jupille, Piedboeuf - seule brasserie à la payer tout simplement parce qu’elle est la seule à Jupille – espère sa suppression par le Nouveau Liège. La taxe est supprimée peu après.

        Dans le respect de l’accord préélectoral rendu public le 25 février 1976, le Collège des Bourgmestre et Échevins est constitué d’élus PSB et RLL. Alliance libérale-socialiste assumée comme « maçonnique » assure le politologue Pierre Verjans dans la revue Politique de septembre 2012. Les résultats électoraux du RLL sont décevants en dépit de l’appui de Jean Defraigne (1 307 vp) qui a démissionné, le 31 juillet 1976, de son poste de ministre des Travaux publics dans le gouvernement Tindemans. Démission motivée parce qu’en fait, il semble surtout vouloir reprendre sa liberté pour préparer les élections communales liégeoises sans être lié par les accords gouvernementaux (1).

        Avec 7 élus, le RLL se partage en 5 échevine)s – Hubert Pirotte, Georges Goldine (1 442 vp), Jules Borsu (1 948vp), Madeleine Langevin (2 378), Joseph América (1 525) – et en 2  conseillers  -Jean Defraigne, Paul Swegerynen (1 191vp). Avec 21 élus, le PSB se partage entre 1 bourgmestre – Édouard Close -, 5 échevin(e)s – Raymond Petit (674), Gilberte Évrard (1 381vp), Henri Schlitz (1 702vp), Jean-Pierre Digneffe (1 734vp), Gilbert Polet (784vp)  – et 16 conseiller(e)s siégeant sur les bancs du Conseil.

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(1)    Page 161, tome IV de l’Encyclopédie du Mouvement Wallon – Institut Destrée – Paul Delforge

01:50 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

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