dimanche, 25 décembre 2016

Deuxième roman du Liégeois Jean-Charles Beaujean : "Les fleurs de SigirÎya"

 

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        Premier roman paru, Le vacarme du silence a été nominé par les auditeurs de la radio publique au Prix Première RTBF 2013. Encourageant pour son auteur, le  Liégeois Jean-Charles Beaujean qui, en 2016, nous propose son second opus, Les fleurs de Sigirîya (1) Entretemps, écrivain prolifique, il publie aux Éditions Persée un recueil de nouvelles – Rêves de pipeau – et un de poésies – Les cahiers Pouchkine.

        Illustrée d’une peinture de Philippe Waxweiller, la couverture donne l’impression que Les fleurs de Sigirîya est un roman exotique. Il n’en est rien. Liège, Paris, Londres sont les lieux où se déroule l’essentiel du l’histoire. Sigirîya est l’endroit où le personnage central – Baron – se rend pour déposer un billet porte-bonheur dans une très légère fente rocheuse située exactement à l’endroit du pubis supposé d’une apsara et recevoir une fleur de lotus bleue destinée à son amour.

        Qui est Baron ? Plus exactement, il s’agit de Gérard Touffin, ancien légionnaire dans la trentaine bien engagée, que tout le monde appelle Baron pour des raisons qui ne seront expliquées ni maintenant ni plus tard. (…)  je ne fais rien de mes journées. Rien! Mais j’ai une excuse, je suis riche, fichtrement riche ! Plein aux as depuis le décès de mon oncle Georges, un homme fortuné dont je fus le seul héritier. En revanche, Baron est pianiste de bar la nuit. Pour tout le monde, je ne suis qu’un paumé, un artiste qui arrondit ses fins de mois en jouant quelques accords. Ça m’arrange parfaitement.

        L’action commence en août 2040. Dans la plupart des pays européens, des milliers de gens perdent tous les jours et sont contraints de revendre leur maison et leurs biens puisqu’on a aboli depuis vingt ans déjà tous les mécanismes de solidarité. (…) Il n’y a plus à proprement parler de classe moyenne. La plupart des gens vivent au jour le jour dans une espèce de précarité préétablie. Si la société est à la dérive, les personnages demeurent en quête de tendresse, de jalousie, de passion, de poésie, d’amour, de solitude, bref le lecteur s’y attache.

        Jean-Charles Beaujean excelle dans l’art du dialogue. Exemple : - c’est parfait, Mike. Ton idée d’avoir toujours une longueur d’avance pour ne pas se faire plumer, je la trouve géniale ! – Encore une chose, Baron…Tu ne m’as jamais dit  que tu es un ancien légionnaire, petit cachottier ! – Tu ne l’as jamais demandé. C’est dérangeant pour le show-business ?- Au contraire, mon jeune ami. Pour ton image de marque, c’est géant ! Tu n’imagines pas ! Je vois déjà l’article d’ici…Autre exemple : - Laisse-toi  faire, Fleur ! – Pas aujourd’hui, ce n’est pas sérieux… - Qu’est-ce qui n’est pas sérieux ? – Tous ces foulards et ces lacets par terre, ne me dis pas que …- Quoi, il y a un jour particulier pour t’attacher ?

        L’action se termine le 1er janvier 2043, à quatre heures précises du matin, Baron est papa d’une petite princesse qui s’appelle Aurore. Le roman s’achève le 1er janvier 2093 (…) Ce soir, Laure et moi, nous fêtons le cinquantième anniversaire d’Aurore, ma fille adorée. Un authentique roman d’anticipation …

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  • Les fleurs de Sigirîya - Éditions Persée – Jean-Charles Beaujean – ISBN 9782823116014 – 400 pages – format 156 x 234 - ebook 9€ 99 – papier  23€ 90

23:11 Écrit par Pierre André dans Actualité, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 19 décembre 2016

Francis Veber accorde à la Compagnie royale Théâtre Arlequin l'exclusivité de sa pièce Le Placard.

 

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© Colette GRAND'RY

        Petit-neveu de Tristan Bernard, Francis Veber en a tout l’esprit. De surplus, né de père juif – Pierre-Gilles Veber – et de mère arménienne – Catherine Agadjanian -, Francis Veber considère qu’avec deux génocides, deux murs des lamentations dans le sang, il a vraiment tout pour un comique.  Ses quarante-deux films relèvent à quatre-vingt-trois pour cent de la comédie.

        Mieux encore, ses pièces de théâtre – L’emmerdeur, Le dîner de cons, Le placard  - avec en vedette le même petit homme, François Pignon,  sont des comédies qui attire grand public aussi bien à Paris qu’en tournées ou …à la Compagnie royale Théâtre Arlequin (1). Entre 2000 et 2012, en trois productions mises en scène de Marie-Josée Delecour et dans un décor trois fois renouvelé de Philippe Waxweiler, Alexandre Tirelier a joué cent-cinquante-neuf fois Le dîner de cons. Il a également interprété le rôle de François Pignon dans L’emmerdeur, Serge Swysen étant son partenaire dans chacune de ces comédies.

        En reconnaissance, Francis Veber a accordé à la Compagnie royale Théâtre Arlequin l’exclusivité pour la Belgique et durant une saison de produire  Le placard avec naturellement Alexandre Tirelier dans le rôle de … François Pignon. Dans une mise en scène de José Brouwers avec un décor de Philippe Waxweiler et des costumes dessinés par Marie-José Delecour, Le Placard  est assuré d’un succès auprès d’un public ravi d’autant que la régie, le son et la lumière sont l’œuvre de Franco De Bartolomeo et d’Alex Fontaine, ce dernier  assumant également la photographie.

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© Alex FONTAINE

        L’intrigue est simple. François Pignon, comptable depuis six ans chez Condomax,  est viré. Désespéré, abandonné par sa femme, délaissé par son fils adolescent, il envisage le suicide. Son voisin de palier, Belone (Jean-Marie Gelon) l’en dissuade et lui propose un stratagème pour réintégrer le leader du préservatif Condomax. Un photomontage fait l’affaire. Au vu de la photo, tant le PDG Kopel (Serge Swysen) que le DHR (Pierre Ligot) ou les assistant(e)s de direction  Ariane (Delphine Dessambre) et Guillame (Jean-Louis Maréchal) ainsi que la cheffe-comptable, mademoiselle Bertrand (Marie-Josée Delecour) décident la réintégration de l’indéniable homosexuel Pignon. Condomax ne peut être une entreprise discriminatoire ni homophobe. Condomax participe désormais à la Gay-Pride avec en vedette Pignon coiffé d’un préservatif.

     Un exemple d’humour de Francis Veber dans Le placard : apercevant en compagnie de ses invités japonais Pignon en plein ébats sexuels, le PDG se contente de dire nos essayeurs ! Pour reprendre une expression désuète - SGDG (2) – nous estimons à deux cents nonante deux le nombre de saillies parsemant Le placard.

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(1) Représentations de la pièce Le placard par la Compagnie royale Théâtre Arlequin, rueRutxhiel 3, Liège : 31/12 deux soirées réveillon au champagne (19h et 22h30), en février 2017, les 3, 4,10, 11, 17, 18, 24, 25 (20h30) – Contact 04/ 222 15 43 info@theatrearlequin.be

Représentations de la pièce Le placard par la Compagnie royale Théâtre Arlequin en tournée au Centre Culturel de Spa le 13/1 (20h), au Centre Culturel de Remicourt le 14/1 (20h), au Théâtre de Liège le 21/1(20h), au Centre Culturel d’Eupen le 24/3 (20h), en la Salle de la Fraternité à Malmedy le 26/3 (19h30) - Contact 04/ 222 15 43 info@theatrearlequin.be

(2) SGDG = sans garantie du gouvernement      

07:26 Écrit par Pierre André dans Actualité, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 10 décembre 2016

L'Académie française décerne le Prix Eugène Carrière au Liégeois Pierre-Yves Kairis.

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Autoportrait de Bertholet Flémal - Ville de Liège

        Histoire de Liège (1) a inscrit à son programme 2017 une conférence le 18 mai de Pierre-Yves Kairis sur le thème de Lambert Lombard à Léonard Defrance : la peinture à Liège du XVIe au XVIIIe siècle. Nul doute que la conférence connaisse un beau succès d’autant que Pierre-Yves Kairis a reçu, le 1er décembre, au Quai Conti, le Prix Eugène Carrière

      L’académicienne Mme Danièle Sallenave dans son discours sur les Prix littéraires de l'Académie française a déclaré : Prix Eugène Carrière M. Pierre-Yves Kairis, pour Bertholet Flémal (1614-1675). Le « Raphaël des Pays-Bas » au carrefour de Liège et de Paris. Bertholet Flémal, le plus grand peintre de Liège au xviie siècle, méritait une réhabilitation. Pierre-Yves Kairis s’y livre dans cet ouvrage, après avoir été l’auteur d’une découverte, celle d’un tableau de Poussin, La Mort de la Vierge, miraculeusement retrouvé dans l’église Saint-Pancrace de Sterrebeek en Belgique.

        Le Liégeois est le cent-vingt-cinquième récipiendaire du Prix Eugène Carrière. En 2016, il est l’unique lauréat, par contre en 1956, il y a pas moins de douze !  Parmi les récipiendaires, deux sont devenus membres de l’Académie française : René Huyghe, élu en 1960 au fauteuil n° 5, lauréat en 1953 pour son ouvrage Le Carnet de Gauguin. Le culte Mahorie et René de Castries, élu en 1972 au fauteuil n° 2, lauréat en 1956  pour son ouvrage Le Maréchal de Castries.

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©musée Eugène Carrière, Gournay sur Marne

        Qui est Eugène Carrière ? Réponse : peintre, lithographe, penseur né en 1849 à Gournay sur Marne où il a son musée, mort à Paris en 1906, trois ans après avoir fondé le Salon d’Automne.

       Peintre : Art de suggestion par excellence, l’œuvre (…) évolue vers une monochromie de terre et d’ocre, inspiratrice de Picasso, qui ne retient que les jeux d’ombre et de lumière.  Son art est salué par Gauguin et Maurice Denis mais reste incompris du grand public.

    Lithographe : en 1898, il crée l’affiche de lancement de L’Aurore, un journal où toutes les opinions libérales, progressistes, humanitaires, si avancées qu'elles fussent, puissent être librement exposées. Ami de Rodin dont il partage l’amitié et les conceptions esthétiques; le sculpteur lui confie l’affiche et la préface du catalogue de son exposition de 1900, au Pavillon de l’Alma.

     Penseur : il participe aux mouvements des idées : défense de Dreyfus au côté de Clémenceau et de Zola, émancipation féminine, réflexion sur la peine de mort, l’art de la démocratie, etc … Jamais dogmatique, il défend un humanisme qui place les droits de l’homme au premier plan.

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Autoportrait © collection particulière

(1) Histoire de Liège programme 2017 sur le site histoiredeliege.be – informations info@histoiredeliege.be -

04 221 93 67 ou 04 221 93 75

19:29 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 02 décembre 2016

Remous à propos de la ville trois fois sainte.

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        Ville trois fois sainte aux yeux des trois grandes religions monothéistes, Jérusalem a retenu, cette  semaine, l’attention des Présidents de Parlement de pays musulmans.  La première conférence sur Jérusalem et ses défis actuels s’est tenue à İstanbul sous le haut patronage du Président Recep Tayyib Erdoğan. 

        Parmi les diverses interventions, retenons celle du Président de l’Assemblée nationale de Djibouti, un des plus petits pays musulmans. Après avoir retracé l’histoire de la ville sainte où Mahomet en compagnie de l’archange Gabriel a effectué son voyage nocturne, M. Mohamed Ali Houmed ajoute : à défaut d’être le berceau de la réconciliation, nous constatons avec regret que la ville sainte, compte tenu de sa profonde civilisation, est restée prisonnière de la politique arrogante d’Israël, et ce, au mépris des résolutions et chartes internationales.

        Il en appelle, avant qu’il ne soit trop tard, à la solidarité des pays arabes et musulmans en vue de protéger l’identité islamique et arabe de cette ville sainte, la troisième après La Mecque et Médine. 

       En conclusionM. Mohamed Ali Houmed déclare : Il est donc significatif pour nous tous de revaloriser le travail collectif arabe afin de mettre au point une véritable stratégie arabe commune dotée d’une vision appropriée, rénovée et des moyens d’actions adéquats capables de relever les défis autour desquels le mot et la décision arabes sauront s’imposer.

          Cette première conférence sur Jérusalem et ses défis actuels du 28 novembre s’inscrit dans la ligne de l’adoption, le 18 octobre, par l’UNESCO d’un texte présenté par sept pays arabes (Algérie, Égypte, Liban, Maroc, Oman, Qatar, Soudan) visant à la sauvegarde du patrimoine culturel de la Palestine et du caractère distinctif de Jérusalem-Est.

          Ce texte utilise exclusivement les termes arabes pour désigner ce patrimoine. Israël s’en est fâché tout comme la directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova qui a déclaré : Le patrimoine de Jérusalem est indivisible, et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville. Nier, occulter ou vouloir effacer l’une ou l’autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l’intégrité du site (…) La mosquée Al Aqsa/ Al-Haram-al-Sharif, sanctuaire sacré des musulmans, est aussi le Har HaBayit - ou mont du Temple - dont le Mur occidental est le lieu le plus sacré du judaïsme.  

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13:26 Écrit par Pierre André | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg