vendredi, 26 mai 2017

Une 58ème édition pour un Festival de Théâtre, c’est rare. Pour celui de Spa, c’est l’heure d’un nouveau départ !

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     En 1999, Armand Delcampe qui avait fondé le Théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve prit la barre du Festival de Spa. Lui, homme de gauche, obtient en 2002 d’un Ministre libéral wallon intelligent Richard Miller, un contrat programme qui ne fut jamais revalorisé par les Ministres de la Culture bruxellois les Eric Tomas, Charles Picqué, Fadila Laanan et Joëlle Milquet. Nous avons démontré que la Wallonie qui devrait en toute équité recevoir dans le domaine des subventions localisables à l’art dramatique au moins les trois quarts des sommes réparties par la communauté française en obtenait moins d’un tiers. Cela ne suffisait pas à Madame Milquet qui en 2015 annonça la diminution des subsides au Festival de Spa comme au Théâtre Arlequin et à d’autres institutions wallonnes, dans une optique de fermeture pure et simple. Armand Delcampe s’opposa vivement à ces menaces et trop peu suivi par la majorité wallonne du Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles où les élus wallons majoritaires semblent avoir budgétairement la vocation d’être cocus et contents, il démissionna de la direction du Festival en décembre 2015. Cecile Van Snick qui avait pris le relais de sa direction du Théâtre Jean Vilar et partageait celle du Festival de Spa accepta de rester en place jusqu’en 2017 après qu’un successeur ait été trouvé. Un heureux évènement se produisit en avril 2016. Madame Milquet qui avait présidé le P.S.C. pour le transformer en CdH puis qui fut Vice-Première ministre fédérale avant de cumuler l’enseignement et la culture en communauté française se tira une balle dans le pied (ses pratiques dans la gestion de ses cabinets ministériels n’étant plus défendables par ses amis politiques eux-mêmes).

        Une Spadoise – Alda Greoli - a hérité de la Culture et les menaces sur le Festival de théâtre de Spa s’estompent. D’autant que, sous la présidence du Bourgmestre Joseph Houssa, un appel public a permis de trouver en 2016 un nouveau Directeur – Axel de Booseré - qui avec Cécile Van Snick cette année puis seul dès l’an prochain assume la responsabilité d’un Festival qui mérite d’être pérennisé .

Qui est Axel de Booseré ?

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                         Axel de Booseré qui aura 54 ans ce 3 Juillet, suivit les cours d’art dramatique du Conservatoire Royal de Liège puis il débuta sa vie professionnelle au sein du Théâtre du Carmagnole.

        Il collabora avec le Théâtre national dès 1992. En jouant d’abord dans Le partage de midi  de Claudel. Sa première mise en scène fut en 1994. celle de la toute première pièce écrite par Bertolt Brecht en 1918-19 et plusieurs fois remaniée ultérieurement : Baal le dieu de la fertilité pour les Cananéens, les Phéniciens et les Araméens au Proche-Orient. Avec deux autres Liégeois, Claude Fafchamps et Maggy Jacot il fonda en 1998 la Compagnie Arsenic  qui avait l’ambition sous un chapiteau mobile de servir un public populaire par des spectacles parfois fantastiques, souvent poétiques qui s’avérèrent à plusieurs reprises de grands succès : Dragon, Mac’Beth, Eclats d’Harms, etc.  En 2012 l’administratif  Fafchamps obtint la majorité au Conseil d’administration de l’A.S.B.L. pour licencier Axel de Booseré qui n’était pas d’accord de transformer sa compagnie en centre culturel, lieu d’accueil d’activité diverses. Maggy Jacot fut solidaire de de Booseré mais les subventions restèrent du côté de Claude Fafchamps qui n’en fit pas grand-chose.

        Axel de Booseré lui repartit de zéro, donne des cours de dramaturgie et de mise en scène à l’Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc à Liège et refonda une nouvelle Compagnie : Pop Up Cie qui créa plusieurs spectacles marquants : un très politique Ubus (au pluriel car le dramaturge liégeois Jean-Marie Piemme ajouta un texte à celui d’Alfred Jarry) qui fut créé à Pilzen (ville jumelée à Liège) puis dans la Cité ardente avant d’être présenté à Mons quand s’y déroula en 2015 l’année de la capitale européenne de la culture. Axel de Booseré a aussi mis en scène pour Pop’Up Cie la pièce Alpenstock de Rémi De Vos qui sera reprise en fin de Festival de Spa. Axel de Booseré connaît bien celui-ci où il a souvent joué et mis en scène.

        Nous l’avions vu avec beaucoup d’intérêt lors d’une des représentations de La Vie de Galilée  montée par le Théâtre Jean Vilar. Ce dernier sera à nouveau présent, lui aussi en fin de festival, quand Armand Delcampe – de retour à Spa la tête haute après avoir été distingué par le Conseil communal unanime – rendra hommage à Jean Louvet le grand poète et dramaturge wallon du XXème et du début de celui-ci décédé en 2015.

        Axel de Booseré est un metteur en scène et comédien de grand talent et de longue expérience. Il s’est battu pour pouvoir grâce à des compagnies cohérentes monter des œuvres théâtrales de qualité. Liégeois, sa tasse de thé ne se partage pas avec l’establishment bruxellois. Ses options sont progressistes et il respecte ses grands prédécesseurs de Jean Vilar à Armand Delcampe. Bref, nous pensons qu’il réunit les conditions pour impulser un nouveau départ au Festival de Spa. Encore conviendra-t-il de le soutenir dans la prochaine difficile négociation d’un contrat programme, la Ministre ne semblant pas convaincue de l’absolue nécessité de répartir de manière fondamentalement différente les subventions localisables en Wallonie et à Bruxelles en commençant par inverser l’actuel un tiers-deux tiers.

        Ceci dit je vous renvoie au site http://www.festivaldespa.be pour la présentation détaillée du Festival 2017 et les modalités pratiques (en incitant les Liégeois à contacter nos amis les délégués du Festival que sont de très longue date, les très efficaces Françoise et André Bisschops au 04 343 31 91 ou par courriel : andre.bisschops@gmail.com)

Les 55 représentations de 26 spectacles

        Concluons en résumant les grandes lignes de ce 58ème Festival de théâtre de Spa. Du 11 au 21 Août 2017, soit en onze jours, cinquante-cinq représentations de vingt-six spectacles dont trois créations d’auteurs belges et deux spectacles importés de France se dérouleront en huit lieux. Une majorité d’auteurs francophones belges (dix-sept sur vingt-six) est à l’affiche qui comprend aussi de grands classiques comme Alfred de Musset (On ne badine pas avec l’amour) d’après Gustave Flaubert une adaptation de Bouvard et Pécuchet) ou bien encore du vaudevilliste Eugène Labiche (L’Affaire de la Rue Lourcine).

       Quatre œuvres contemporaines retiendront notre attention  Ces quatre oeuvres sont Alpenstock  de Rémi De Vos mis en scène par Axel de Boisseré et Maggy Jacot, Cercle, miroir et transformation  d’Annie Baker en spectacle inaugural au Théâtre Jacques Huisman le 11 Août 2017, Les filles aux mains jaunes de Michel Bellier et bien sûr Au fil de l’histoire de Jean Louvet, suivi de Tournée générale  qu’Armand Delcampe met en scène et interprète avec six autres comédiens. Et il y a bien d’autres événements dont la pièce de Jean-Pierre Doppagne,  J’ai faim qui contraste avec l’ironique Ripaille de Christian Dalimier, les deux spectacles des Baladins du Miroir (dont Le Roi Nu), les sonores BaetleJuice  et  Piletta ReMix, un théâtre d’objets  Ressacs, etc.... A quoi s’ajouteront animations et formations.

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Jean-Marie Roberti.

10:19 Écrit par Pierre André dans Actualité, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

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