lundi, 26 juin 2017

Bulletion du Vieux-Liège : Juliette Noël à l'assaut d'une légende relative à Marie Walewska !

Walewska pologne.jpg

       Moins de trois ans avant la Révolution française, en Pologne, chez les Laczynski, une famille noble, naît Marie. Elle a pour précepteur un Français, Nicolas Chopin, futur papa de Frédéric avant d’être envoyée parfaire son éducation au couvent Notre-Dame de l’Assomption à Varsovie. Marie est intelligente et studieuse, avec une douceur de caractère qui l'a fait aimer par tous ici. De plus, elle est d’une grande beauté.

        Les propositions de mariage ne manquent pas. Parmi ceux qui lui font la cour, il y a un jeune homme beau, riche et charmant qui lui a plu tout de suite. Il a pourtant un gros défaut : il est russe et, de plus, appartient à la famille du terrible feld-maréchal Souvorov, ennemi juré de la Pologne que ses puissants voisins, la Russie, la Prusse et l’Autriche, s’étaient partagée. La famille de Marie s’oppose et lui impose le mariage, fin 1804, avec le comte Anastazy Colonna Walewski, ancien chambellan du dernier Roi de Pologne. Point beau, riche de propriétés obérées et vieux - 72 ans, elle 18 -, on comprend qu’avant les noces, elle avait pleuré longtemps et a continué à sangloter pendant la cérémonie.  

        En ayant terminé avec la campagne de Prusse, Napoléon entame la campagne de Pologne. Il arrive à Varsovie, le 18 décembre 1806, en libérateur. Des milliers de Polonais, les Légions polonaises de Dombrowski sont engagées depuis une dizaine d’années dans les armées françaises. Fin décembre 1806, dans un climat de Napoléonmania, l’empereur remarque, dans la foule, la jeune comtesse Walewska, lui parle. Le 1er janvier 1807, il lui écrit Marie, ma douce Marie, ma première pensée est pour toi, mon premier désir est de te revoir. Tu reviendras, n’est-ce pas ? Tu me l’as promis. Sinon l’aigle volerait vers toi. (…) Daigne donc accepter ce bouquet : qu’il devienne un lien mystérieux qui établisse entre nous un rapport secret au milieu de la foule qui nous environne. Exposés aux regards de la multitude, nous pourrons nous entendre. Quand ma main pressera mon cœur, tu sauras qu’il est tout occupé de toi et, pour répondre, tu presseras le bouquet ! Aime-moi, ma gentille Marie, et que ta main ne quitte jamais ton bouquet.

       Le 7 janvier 1807, elle participe au bal de carnaval dont La Gazette de Varsovie rend compte : Sa majesté l'Empereur a assisté à un bal chez le ministre des relations extérieures, le Prince de Bénévent, au cours duquel il a invité à une contredanse la femme du chambellan Anastase Walewski. Des patriotes polonais avec l’assentiment du mari imaginent que Marie est la personne la mieux placée pour convaincre Napoléon de ressusciter le Royaume de Pologne. C’est la période épouse polonaise qui voit l’Empereur et Marie filer le parfait amour au Château royal de Varsovie, au château de Finckenstein, à Paris dans le IXème arrondissement, au Palais impérial de Schönbrunn. Napoléon ne ressuscite pas le Royaume mais par l’accord de Tilsitt, en juillet 1807, crée le Duché de Varsovie où est en vigueur le Code Napoléon.

     Enceinte de Napoléon à Schönbrunn, Marie accouche chez son mari, le vendredi 4 mai 1810 d’Alexandre. L’Empereur est averti de l’heureux événement à Anvers. Soucieux de l’avenir de son fils, il comble la mère de rentes et propriétés diverses. Les générosités de l’Empereur se font moins sur sa cassette personnelle que sur les biens de l’Empire. Marie est devenue riche, surtout grâce aux donations que Napoléon a faites au petit Alexandre. Mais elle risque de ne plus l’être si son mari endetté se met à rembourser. Aussi Marie demande le divorce le 12 juillet 1812 et l’obtient … le 24 août, une rapidité digne de Reno (Nevada USA) !

       Catholique, Marie doit attendre la mort de son ex – le 20 janvier 1815 - avant de convoler en justes noces avec le bel Philippe-Auguste, comte d’Ornano qu’elle a connu à Varsovie en 1807. Jeune, beau, très chic, d’une famille corse liée à la famille Bonaparte, protégé de Laetitia, la mère de Napoléon, ce lieutenant-général participe aux Cent-Jours de Napoléon. Ce qui lui vaut d’être banni de France par la Seconde Restauration. Il se réfugie dans le Royaume des Pays-Bas et épouse, le 7 septembre 1816, Marie  en la collégiale Sainte-Gudule de Bruxelles. En compagnie des enfants de Marie, Antoine et Alexandre, les époux viennent s’établir à Liège d’abord rue Sœurs-de-Hasque puis rue de Fragnée, n° 876, quartier du Sud.

       Dans la dernière livraison du Bulletin de la Société royale LE VIEUX-LIÈGE (1), Juliette Noël relate les endroits où a vécu à Liège  Marie Walewska. C’est de la légende de son habitation rue Mandeville à la réalité. S’appuyant essentiellement sur des documents des Archives de l’État et de Ville de Liège, Juliette Noël retrace notamment l’endroit où est situé le 876, rue Fragnée. Il faut savoir que la numérotation, à l’époque, est continue. Il n’était pas question de donner des numéros pairs ou impairs selon le côté où on se trouvait. Il appert d’un document passé en l’étude du notaire royal Philippe Parmentier que le propriétaire Nicolas Bernimolin donne en location pour une durée d’un an, expirant le quinze mars 1818, l’immeuble et les terrains l’entourant. C’est alors un véritable domaine. Il se dénomme « Sans souci ». Situé à hauteur du numéro 20 de l’actuelle rue du Vieux-Mayeur qui, en ce temps-là, s’appelle ruelle du Vieux-Mayeur, l’immeuble loué a une longueur d’environ 22 mètres avoisinant des jardins de plus d’un hectare.

        Dans la partie finale de son article consacré à l’immeuble occupé par Marie Walewska à Liège, Juliette Noël s’attaque à une légende qui situe cette habitation rue Mandeville. Tâche ardue car l’auteur de la légende n’est autre que Théodore Gobert. Celui-ci a publié des notices sur  les rues de Liége en sa période de journaliste à La Gazette de Liège, notices rassemblées en 1891  en quatre volumes éponymes. Il n’est pas question dans cette première édition de Marie Walewska. Vient la seconde édition, en 1926, où Gobert écrit : Située au pied de la colline, cette demeure caractéristique étendait au loin ses superbes jardins plantés d’arbres touffus, qui en faisait l’une des plus agréables résidences rurales. Ici vint s’installer, après la chute de Napoléon 1er, une dame qui, à cette époque, a beaucoup fait parler d’elle. Il s’agit de la comtesse Walewska. Gobert l’a fait mourir le 15 décembre au lieu du 11. 

        Juliette Noël n’a pas d’explication sur cette affirmation erronée de Gobert ; J’opine à croire qu’il a fait un amalgame avec d’autres biens (…) Quoi qu’il en soit, Gobert sera suivi par les écrivains liégeois postérieurs (…) Les écrivains non-liégeois reprendront l’information. Pour eux, naturellement, la localisation correspondait à un endroit qui leur était inconnu.  Juliette Noël, une orfèvre de la précision !

      Dans ses Mémoires, le comte Alexandre évoque la période liégeoise après le mariage de sa maman : Mon frère aîné, qui avait 4 ans de plus que moi, Monsieur Carité, un vieux valet de chambre nommé André et moi nous partîmes de Paris en diligence pour aller retrouver ma mère aux Eaux de Chaudfontaine près de Liège. (…) Quelques mois après, nous étions établis dans une charmante maison de campagne à la porte de Liège où ma mère mit au jour au mois de juin 1817 un gros garçon qui fut baptisé sous le nom de Rodolphe. (…) j'accompagnais aussi quelquefois mon beau-père chez un libraire de Liège nommé Desoret (NDLR lire Desoer). Là, j'entendais parler politique sans y rien comprendre, cependant j'ai retenu quelques mots de ces conversations dont plus tard j'ai compris le sens. (…) La campagne que nous habitions était à une demi-lieue de la ville. (…) Le Général Ornano ayant obtenu son rappel, ma mère partit pour Paris au mois d'octobre 1817 avec le nouveau-né qu'elle nourrissait malgré les avertissements de son accoucheur de Varsovie le célèbre Czekieski, qui lui avait prédit que si jamais elle se décidait à nourrir elle le paierait de sa vie. Peu de jours après son départ, le Général Ornano, mon frère et moi, nous nous mîmes en route pour aller la rejoindre. Nous voyagions en poste dans une bonne berline lorsqu'au milieu de la nuit près de Namur, nous versâmes dans un fossé (…) Nous arrivâmes le lendemain à Paris à trois heures du matin nous rendant dans la chambre de ma mère. Elle se réveille pour nous embrasser. Quel doux réveil dit-elle mon mari et mes enfants, ce sont là les dernières paroles. Le lendemain, son état s’aggrave au point que ses enfants ne peuvent plus la voir. Elle expire le 11 décembre à six heures du soir d’un abcès au sein dont on n'avait reconnu l'existence que trop tard pour risquer une opération et de calculs rénaux.

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(1) Le Vieux-Liège fondé le 20 février 1894 – Devise Rien aymez s’il n’est cognu - levieux-liege.be – Cotisations et abonnements aux publications trimestrielles, membres adhérents 25 €, membres de moins de 25 ans 15€ à verser au compte BE42 0000 3248 4054

18:01 Écrit par Pierre André dans Actualité, Amour, Europe, Histoire, Liège, Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 16 juin 2017

Pas de panique si vous allez en France. La France ne se limite pas à Paris, Lyon, Grenoble!

 

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      Depuis le lundi 12 juin, jour où paraît dans La Dernière Heure le texte suivant : Si vous partez en France cet été, il est grand temps d'acheter votre écovignette (...) Tous les véhicules, motos, voitures ou utilitaires, qu'ils soient immatriculés en France ou à l'étranger sont concernés. Cette vignette ronde les identifie selon leurs émissions polluantes (oxyde d'azote, particules). Depuis le 1er avril dernier, elle est obligatoire également pour les conducteurs étrangers. La vignette, d'un coût de 3,70 euros (4,80 € frais d'envois inclus vers la Belgique),peut être obtenue sur www.certificat-air.gouv.fr. Si vous n'en êtes pas équipés et que vous vous faites contrôler, il vous en coûtera pas moins de 68 € d'amende et même 135 € pour les poids lourds,la panique règne parmi les automobilistes du Royaume qui envisagent de rendre en France ou de la traverser. D'autant que La Libre, l'Avenir, Le Soir, RTBF ont repris l'information.

      Ces divers articles  nous paraissent prendre de larges libertés par rapport au décret du 29 juin 2016 instituant la vignette "Crit'air". C’est une démarche volontaire, qui peut donner des avantages aux conducteurs, mais chacun est libre de prendre un certificat ou non. Tout le monde est concerné. Crit’Air n’est pas obligatoire pour utiliser son véhicule. Pour la majorité des automobilistes français il constitue un outil pédagogique destiné à développer le véhicule propre. Les collectivités rencontrant des problèmes de pollution aigüe pourront s’appuyer sur les certificats « Crit’air » afin d’adapter la circulation et améliorer durablement la qualité de l’air. Dans ces cas particuliers, le certificat pourra devenir indispensable pour circuler. Crit’Air est avant tout un outil au service des collectivités locales qui engagent des mesures volontaristes en faveur de la qualité de l’air. (...) Le prix d’un certificat est de 4,18 €, payable en ligne. Ce prix couvre les frais de fabrication et d’envoi du certificat, ainsi que les frais de gestion, dont le centre d’appels. Il ne s’agit pas d’une taxe et il n’y a pas de recettes pour le budget de l’État. (...)  Le certificat qualité de l’air est obligatoire pour circuler dans les zones à circulation restreinte instaurées par certaines collectivités (Paris) ou pour circuler lorsque le préfet instaure la circulation différenciée lors de certains épisodes de pollution.

       L’amélioration de la qualité de l’air est l’objectif de la création des zones à circulation restreinte (ZCR). La ville de Paris en créant, pour une durée de cinq ans, sa ZCR le 1er juillet 2016 entend  lutter tant contre la pollution de fond (accumulation de polluants dans l’atmosphère) que contre la pollution de proximité (exposition dans leurs déplacements quotidiens des piétons, cyclistes, automobilistes). Cette pollution de proximité est particulièrement importante dans les rues canyons, dont la configuration géométrique (faible largeur, hauteur des bâtiments) empêche la bonne ventilation.

    Paris n’a rien inventé puisqu’il existe près de deux cents zones de basses émissions en Europe, les premières datent de 1996 en Suède. Depuis 2008, en Allemagne, 53 ville ont introduit des ZCR, appelée également LEZ - Low Emission Zones. (1)

     La ZCR de Paris a également pour ambition de diminuer ou renouveler le parc automobile. Diminution par l’octroi de primes diverses aux Parisiens  qui prennent conscience que la voiture individuelle ou le deux-roues motorisé ne sont pas indispensables pour la plupart des trajets quotidiens. Renouvellement par l’acquisition de voiture propre (électrique, hydrogène hybride rechargeable, GNV).

   Le site officiel de la Ville de Paris précise : Dès lors que vous effectuez régulièrement ou occasionnellement un déplacement à Paris, vous devrez, comme tous les automobilistes parisiens, apposer la vignette Crit'Air sur votre véhicule. Si celui-ci ne correspond pas à une catégorie autorisée à circuler, il vous faudra privilégier, entre 8h et 20h les jours de semaine, les transports en commun, l'autopartage comme Autolib', le covoiturage, voire le vélo. Ultime précision : L’interdiction de circuler vaut par ailleurs, sauf indication contraire, toujours du lundi au vendredi de 8h à 20h, bien que cela ne figure pas sur les panonceaux.

    En France, deux autres villes ont introduit les ZCR. Il s’agit de Lyon et de Grenoble. Depuis le 1er janvier 2017, le centre-ville élargi de Grenoble est devenu une Zone à Circulation Restreinte (ZCR) avec une interdiction de la circulation pour les véhicules de marchandises « non classés », du lundi au vendredi de 6 h à 19 h.

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(1) Pour tout déplacement en Europe, il est possible de le planifier en fonction des villes avec ZCR sur le site http://fr.urbanaccessregulations.eu/userhome/access-regul...

20:06 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 05 juin 2017

Résultats partiels des élections dans la quatrième circonscription...+ ADDENDUM

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 LE FAVORI DU SECOND TOUR DANS LA QUATRIÈME CIRCONSCRIPTION DES FRANÇAIS À L'ÉTRANGER. 

      Au lendemain du vote des Français à l’étranger, les résultats de la 4ème circonscription sont encore partiels. Manquent les résultats du Luxembourg mais ils ne permettent pas d’influencer de manière significative les résultats définitifs.

      En Belgique et aux Pays-Bas, le nombre d’électeurs inscrits dépassent de peu le chiffre de 100 000, très exactement 100 008. Se sont exprimés 22 824 électrices et électeurs (22% 82). Le nombre d’abstentions est de 77% 18, chiffre qui dépasse celui atteint au premier tour des législatives de 2012, 75% 94.

     Sont admis à participer au second tour le dimanche 18 juin Pieyre-Alexandre Anglade de La République en marche et Sophie Rauszer de France insoumise. Comme dit dans notre texte de présentation, vu le premier tour des présidentielles dans la circonscription  les résultats d’Emmanuel Macron - 26 268 voix soit 38,77% - et de Jean-Luc Mélenchon - 11 899 voix soit 17,56% - procurent à Pieyre-Alexandre Anglade la dynamique de la victoire et à Sophie Rauszer la dynamique de la gauche. En plus, ils ont l’atout de leur jeunesse, 30 ans et 29 ans.  En Belgique et aux Pays-Bas, Anglade recueille 11 521 suffrages et Rauszer 2769.

          Parmi la douzaine de bureau de vote installés, celui de Liège accorde 452 suffrages à Anglade (46%) et 173 à Rauszer (17% 6). Liège montre sa vitalité de gauche en créditant la candidate de France insoumise de 17% 6 alors que pour le Royaume sa moyenne est de 13%. Le candidat de La République en marche doit se contenter de 46% alors que pour le Royaume sa moyenne est de 49% 3.

        Sur les 983 votes exprimés à Liège, 11 candidat(e)s n’atteignent pas les 20 voix. L’un – c’est un homme – n’en recueille même aucune. Quant à l’élu 2012, le socialiste Philip Cordery, il obtient 75 voix (7% 6 supérieure à sa moyenne belge 6%) et la représentante de la droite Les Républicains, elle fait 59 voix (6% inférieure à sa moyenne belge 8% 8).

ADDENDUM

 

      Le Grand-Duché de Luxembourg ayant notamment rentré son nombre d’inscrits (22 757) et son nombre de suffrages exprimés (4 840), les résultats de la quatrième circonscription – la 4ème circo comme on dit à Paris – sont complets, les 65 bureaux dépouillés. Sur les 122 765 inscrits, 27 664 (22% 53) ont exprimés un vote. 95 101 (77% 47) des électeurs potentiels ont préféré s’adonner aux joies de l’abstention ! Résultat des courses : Pieyre-Alexandre Anglade totalise 14 461 voix (52% 27) et Sophie Rauszer en compte 3 030 (10% 95).

     Avec ses 10% 95 de suffrages, Sophie Rauszer n’atteint pas le pourcentage de 12% 50 nécessaire pour une qualification au second tour. Toutefois, cette règle ne joue que si au moins le scrutin dépasse 25% des inscrits. Ce qui n’est pas le cas de la 4ème circo où le taux ne se hisse qu’à 22% 53 des inscrits. C’est en vertu de la même règle que Pieyre-Alexandre Anglade en dépit de ses 52% 27 de votes exprimés est soumis à un second tour. Vraisemblablement, ce second tour doit lui être favorable.

20:56 Écrit par Pierre André dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 01 juin 2017

Le vote des Français à l'étranger: candidates et candidats de la 4ème circonscription Benelux.

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Pieyre-Alexandre ANGLADE, candidat de LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE

   Sur les 577 membres de l’Assemblée nationale élus le 18 juin, onze représentent les Françaises et Français résidants hors de France. En fait, ils ont été élus par 1 150 550 personnes dont il y a lieu de retirer les abstentionnistes. Pour voter à l'étranger Vous devez être inscrit au préalable sur la liste électorale consulaire précise le ministère français de l’Intérieur.

     Pour recueillir le vote de ses expatriés, la France a divisé l’ensemble du monde – tout au moins les cent-cinquante pays repris sur une liste établie par la France – en onze circonscriptions. Si les expats résident dans un pays ne figurant pas parmi les onze circonscriptions, par exemple ceux établis en Corée du Nord, la solution est l'inscription sur la liste électorale d'une commune de France telle la commune dc naissance et ensuite le vote par procuration. Celles et ceux qui habitent notre Royaume figurent dans la quatrième circonscription appelée parfois circonscription Benelux car elle englobe le Royaume des Pays-Bas et le Grand-Duché de Luxembourg.  

      Cent-quatre-vingt-quatre candidates et candidats sont en lice dans les onze circonscriptions réservées aux Français à l’étranger  pour siéger parmi les 577 membres de l’Assemblée nationale soit presque dix-sept candidatures par siège. Pour les 566 sièges restants, il y a sept-mille-six-cent-nonante-huit candidatures soit presque quatorze candidatures par siège. Avec dix-huit candidatures, la quatrième circonscription dépasse légèrement les normes, il n’en est pas de même dans la neuvième circonscription – Afrique du Nord et Occidentale - qui compte vingt-sept candidatures.

     Onze candidates et candidats ont été en lice pour le premier tour des présidentielles, dix-huit le sont pour le premier tour des législatives dans la quatrième circonscription (Benelux) qui se déroule le dimanche 4  juin et non le 11 juin, premier tour des législatives en France. La  date du second tour auquel on accède en réunissant 12% 5 des suffrages exprimés, est identique – 18 juin – pour la France et les expats

   Dans sept circonscriptions dont la quatrième se présente un candidat d’extrême-droite, une manière comme une autre de dédiaboliser (un peu) le Front National qui a investi Soraya Lemaire. Six candidat(e)s ont l’étiquette divers sans autre précision tandis que sont catalogués divers droite Denis Dhiver et Muriel Réus. Un seul représentant de divers gauche, Bertrand de Cordier. Ni le Parti communiste, ni France debout n’ont investi de candidat(e)s dans la circonscription Benelux. En revanche les partis Écologiste (Perrine Ledan), Union des Démocrates et des Indépendants (Caroline  Laporte), Radical de gauche (Frédérique Plaisant), Les Républicains (Valérie Bros), La France insoumise (Sophie Rauszer), Socialiste (Philip Cordery), République en marche (Pieyre-Alexandre Anglade) ont tenu à être présents sous leur couleur dans la quatrième circonscription. 

      Élu en 2012, de la circonscription Benelux, le député socialiste Philip Cordery souhaite se voir confirmer pour un second mandat dans la phalange PS après avoir été recalé dans sa demande d’investiture par la République en marche. Dans un document de 37 pages – Bilan de mandat 5 ans au service des Français du Benelux – il présente le travail du titulaire du siège 539 à l’Assemblée nationale. J’ai fait de l’enseignement et de l’éducation l’une des priorités de mon mandat… force est de constater que les trois pays du Benelux ont été, dans de nombreux domaines, les précurseurs d’avancées sociétales majeures notamment en ce qui concerne le mariage homosexuel ou la fin de vie. Je me suis donc inspiré des expériences et des législations nationales de ces pays pour enrichir le débat en France…. L’Europe a été au cœur de mon action à l’Assemblée nationale. Philip Cordery s’est également préoccupé de diffusion de la culture française notamment en soutenant à Liège les Amitiés françaises.

     Quoique ayant été conseillère du XVIème arrondissement de Paris, Valérie Bros, candidate des Républicains se présente comme novice en politique. Elle a le sens de la réplique assassine ; Je crois me rappeler que Philip Cordery avait pris 37 engagements. Et 37 engagements c’est peut-être plus que ce qu’on ne peut tenir… Bros est le nom du mari de Valérie Khoury, mère de cinq enfants, tous nés à Bruxelles. Née à Rabat, elle a un cursus académique impressionnant : licenciée en droit, elle est diplômée de l’École des Hautes études commerciales HEC, diplômée d’études supérieures spécialisées de fiscalité internationale DESS, diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris IEP, promotion Victor  Schoelcher de l’ENA.

      Son parcours professionnel est aussi impressionnant : conseiller référendaire à la Cour des Comptes, elle a été membre des cabinets de Francis Mer (gouvernement Raffarin) et de Michel Barnier (gouvernement Fillon). Actuellement, elle mène une activité entrepreneuriale privée. Dans le programme électoral de Valérie Bros figure notamment  tout ce qui tourne autour de l’éducation. Scolariser ses enfants dans le système scolaire français à l’étranger, ne doit pas être un luxe mais un droit. (…) on a deux difficultés importantes : la première c’est l’accessibilité. Cette scolarité coûte très cher(…) la deuxième chose c’est qu’il n’y a pas assez de places. (…) Il y a des centaines et parfois des milliers d’enfants, en liste d’attente pour arriver dans cet enseignement.

      Le grand handicap de ces deux candidatures dites de grand parti tient en les scores obtenus au premier tour des présidentielles par François Fillon - 16 102 voix soit 23,77% - et Benoit Hamon – 6009 voix soit 8,87%. Pratiquement aucune dynamique. En revanche, les résultats d’Emmanuel Macron - 26 268 voix soit 38,77% - et de Jean-Luc Mélenchon - 11 899 voix soit 17,56% - procurent à Pieyre-Alexandre Anglade la dynamique de la victoire et à Sophie Rauszer la dynamique de la gauche. En plus, ils ont l’atout de leur jeunesse, 30 ans et 29 ans. Néanmoins, comme le taux d’abstentions -  44, 54 % en avril - risque d’augmenter encore vu le week-end de Pentecôte, la lutte reste ouverte aux surprises.

     Sophie Rauszer est fan de Rosa Luxemburg : Juive allemande d'origine polonaise, elle a dédié sa vie à son combat et s'est imposée comme LA femme politique de son siècle. ( …) ses ambitions de société sont encore aujourd'hui un horizon. Ainsi, le projet socialiste "mettra fin à l'inégalité entre les hommes, à l'exploitation de l'homme par l'homme, à l'oppression d'un peuple par un autre ; il libérera la femme de l'assujettissement à l'homme". Adolescente, en 2005, elle milite en faveur du non lors du référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe. Le non l’emporte par 54 % 68 des suffrages exprimés. Cette victoire la stimule au point qu’à vingt-quatre ans, étudiante en études européennes, elle est en juin 2012, candidate suppléante aux législatives dans la quatrième circonscription de Côte d’Or pour le Front de Gauche. En 2017, elle est candidate France Insoumise dans la quatrième circonscription des Français à l’étranger. Elle aime le débat et déteste être oisive. Aussi est-elle assistante parlementaire  au Parlement européen.

     Pieyre-Alexandre Anglade est le candidat de la République en marche. Il a mis en place le mouvement En Marche fort de 4000 adhérents en Benelux dont 2500 en Belgique. La première réunion s’est tenue au London college, place de Londres à Ixelles. C’est là le lieu choisi par Pieyre-Alexandre Anglade pour tenir sa dernière rencontre publique le 2 juin. Dans Le Petit journal (www.lepetitjournal.com), il a confié à notre consœur Noémie Choimet comment de nombreuses personnes venues des partis traditionnels  voulaient s'accaparer ce renouveau. Je ne voulais pas de cette récupération alors j'ai déposé ma candidature à l'investiture d'En Marche dans la circonscription du Benelux. Mon engagement en faveur d’En Marche et d’Emmanuel Macron est donc mûrement réfléchi. Je me suis engagé dès la première heure alors que rien ne laissait présager le succès d’En Marche. Je me suis démené, parce que j’y croyais. Ce qui le séduit dans la République en marche : ce besoin de renouveau, cette nécessité de changement, cette urgence de refonder la vie politique. Les défis sont trop grands pour ne pas comprendre qu'il est aussi de mon devoir de contribuer et de mettre fin à cet immobilisme qui nous conduit vers une spirale négative et dangereuse. Seule LREM dispose d'un espace de liberté pour réunir ce que la société a de mieux à nous offrir. Le projet qu'il porte a été écrit par et pour des citoyens désireux de participer et de reprendre la parole. L'optimisme qui porte LREM brise le pessimisme généralisé du monde politique.

     Diplômé de l’Université de Paris IV en Histoire et relations internationales et titulaire d’un master en politiques européennes de Sciences po de l’Université de Strasbourg, Pieyre-Alexandre Anglade a été durant quatre ans, l’assistant parlementaire de l’eurodéputée Nathalie Griesbeck (Modem). Actuellement, il occupe les mêmes fonctions auprès du vice-président du Parlement européen Pavel Telicka. Disons encore qu’il est apparenté au champion cycliste Henri Anglade, deux fois champion de France sur route. Déjà en marche…

17:11 Écrit par Pierre André dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg