lundi, 17 juillet 2017

Le journaliste professionnel Edmond Blattchen, Chevalier de l'Ordre de la Couronne.

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      Par arrêté-royal du 5 mai 2017, il a plu à Sa Majesté le Roi  Philippe, en reconnaissance des services rendus par le journaliste professionnel Edmond Blattchen de lui conférer la décoration de Chevalier de l’Ordre de la Couronne. Il convient d’ajouter que c’est sur proposition du Ministre Daniel Bacquelaine que le Roi a agi. La remise de la décoration par le Ministre Bacquelaine a eu lieu dans les salons de l’Hôtel de Maître du Cercle de la Société Littéraire.
 
      Le Ministre prend plaisir à rappeler le parcours admirable d’Edmond Blattchen entré à 22 ans dans cette vénérable maison de service public jusqu’à sa pension. Je note au passage votre départ à la retraite après l’âge de 65 ans, soit une incarnation de notre réforme des pensions et je ne peux que vous en féliciter ! L’itinéraire professionnel de Blattchen va de l’information régionale à Contraste, de Chansong aux émissions d’À Suivre et de L’Écran témoin avant qu’apparaisse, en 1992, le magazine mensuel au titre un rien provocateur noms de dieux.
 
    (…) C’est le début d’une nouvelle aventure qui fera date dans le paysage audiovisuel belge et qui continue à faire sens aujourd’hui où le nom de Dieu est prétexte à tant d’atrocités, tant de brutalité à travers le monde. (…) Mais les entretiens que vous menez avec l’empathie et la rigueur journalistique que l’on vous reconnaît sont loin de se confiner aux seules questions de religion. On y traite de philosophie, de morale ou même d’éthique au gré des évolutions de notre société. Votre invité se confie sur sa vision de l’avenir, sur notre système et les valeurs qui le guident ou ne le guident plus. (…) Durant 55 minutes, vous nous avez fait partager des discussions passionnantes offrant à chacun de nous à la fois repères et perspectives. Le décor est esthétiquement sobre, volontairement dépouillé, afin que seule la densité du contenu puisse émerger et marquer les esprits. (…) Dans une société en proie aux troubles, l’Homme a plus que jamais besoin d’un cadre moral, de repères voire de références philosophiques.
 
     Un constat de Daniel Bacquelaine : Les nouveaux philosophes se nomment de nos jours média et réseaux sociaux. Qu’on le veuille ou non, ce sont eux qui sont les dépositaires ou plutôt les substituts de l’éducation et de la culture. Je regrette parfois que la télévision en particulier sacrifie la réflexion à la distraction sur l’autel d’une logique concurrentielle et consumériste. Face à ce constat, « noms de dieux » incarnait et incarne toujours, décidément et à mon sens, une émission de service public au sens propre du terme qui sensibilise par-delà les sensibilités. (…) Alors que nos valeurs deviennent de plus en plus floues, l’émission « noms de dieux » que vous avez présentée pendant presque un quart de siècle aura poussé ses fidèles… téléspectateurs à la réflexion. À votre manière, c’est au vivre-ensemble que vous avez contribué.
 
      Après avoir félicité Edmond Blattchen, le Ministre des Pensions lui remet les insignes de Chevalier de l’Ordre de la Couronne, une Croix de Malte à cinq branches émaillées de blanc entre lesquelles sont disposés des rayons rectilignes. Si l’Ordre de la Couronne est la plus prestigieuse distinction obtenue par notre confrère, il convient de se souvenir que la Province de Liège lui a accordé, en 1982, le Prix des Jeunes Talents. Ensuite, il a été honoré des Prix Richelieu, Scriptores christiani, Ex-libris, chaque fois pour l’ensemble de son œuvre.
 
      Prenant la parole, Edmond Blattchen se montre surpris de la situation, recevoir une Médaille de l’Ordre de la Couronne, Place de la République française : comment ne pas saisir en cet instant, l’ironie qui fait coïncider, dans une cacophonie inaudible, « La Brabançonne », et « La Marseillaise ». La suite de son discours est l’expression de son cœur, l’expression de remerciements à toutes celles et ceux qui ont contribué à le rendre tel qu’il est en ce moment. Sa gratitude va à Anne Hislaire, à Robert Stéphane, Henri Mordant et tant d’autres et se clôture par cet hommage : j’en termine avec ceux qui m’ont donné plus que tout, puisqu’ils  m'ont donné … la vie : ma mère, Aline, la troisième des filles et des cinq enfants de Laure et de Jules Likin, le boulanger d’Engis,  et Edmond Blattchen, mon père, simple employé des Cristalleries du Val Saint-Lambert en journée, et courtier en assurances le soir. Tout au long de sa vie modeste, discrète, paisible, mon père, à sa manière, fut un héros : ma plus grande fierté c’est celle-là : je suis, en effet, un fils de résistant ! Mon Dieu, le vrai, c’était lui ! Merci !

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©SPF Affaires étrangères & Jean-Pol Schrauwen

 

09:29 Écrit par Pierre André dans Actualité, Media, Politique, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg