mardi, 19 septembre 2017

"Des lieux et des moments" ou quand Philippe Maystadt rend hommage à Jean-Maurice Dehousse.

Maystadt.jpg

   Les pages qui suivent ne sont pas mes mémoires sont les premiers mots de Philippe Maystadt en avertissement de son ouvrage le plus récent Des lieux et des moments Comment on décide en politique  (1). Il s’en explique : les mémoires d’hommes politiques sont souvent une tentative d’autojustification. Une exception, les mémoires de Jean-Luc Dehaene. Il a dicté quotidiennement, le résumé de sa journée qu’une secrétaire a retranscrit le lendemain matin. Ce n’est pas non plus un ouvrage de sciences politiques. L’auteur assure n’en avoir ni la formation, ni la connaissance de la littérature scientifique  idoine.

     Philippe Maystadt vise modestement d’aider à comprendre comment se prennent des décisions politiques (…) Cette compréhension est indispensable pour apprécier le fonctionnement de nos démocraties. Tous les lecteurs peuvent y trouver les moyens d’être plus lucides face à la complexité et à l’opacité des mécanismes de gouvernement.

    Les lieux ? Le Lambermont, Val Duchesse, l’Hôtel du Gouverneur, le Cap d’Antibes, le Palazzo Pubblico à Sienne, chacun les a vus à TV durant quelques secondes. Philippe Maystadt y ajoute sa note personnelle. Devant L’Allégorie du bon gouvernement, son interprétation sans doute anachronique lui fait voir un artiste voulant faire comprendre l’importance  du peuple dans le gouvernement  démocratique de Sienne. Il est source du pouvoir  et la Sagesse et la Justice passent par lui pour atteindre le Bon Gouvernement. Celui-ci est symbolisé par un vieillard  majestueux,  aux traits énergiques, à la barbe et aux cheveux blancs, une sorte de Charlemagne. Son vêtement est aux couleurs de la ville, blanc et noir (tiens, comme Charleroi !). Sacré Carolo né à Petit-Rechain !

   Dans ces lieux sont prises des décisions politiques censées résoudre des problèmes politiques. Mais qu’est-ce qu’un problème politique ? Tout problème qui apparaît dans une société ne devient pas pour autant politique. Il le devient quand la perception de l’intensité du problème est telle qu’elle requiert une intervention publique. Les décisions politiques suivent des chemins différents et tout au long de sa carrière politique, Philippe Maystadt en a connu toute la gamme y compris la décision par rejet voire même la décision par fait accompli !

    La note infrapaginale numéro 26 va à l’encontre de l’esprit du 19 juin. Elle est un hommage à la loyauté et vaut d’être contée : Dehaene a eu l’habileté de laisser Jean-Maurice Dehousse, casquette de marin sur la tête, s’adresser le premier à la presse pour annoncer qu’il y avait un accord et qu’il le soutenait.  Jean-Maurice était le plus dur des ministres PS pendant la négociation et cela était connu à l’extérieur. Sans élever la voix mais avec une fermeté courtoise, il avait négocié pied à pied chaque pas vers le compromis. Toutefois, ayant beaucoup négocié avec lui (…) je savais qu’on pouvait lui faire confiance : il était de ces hommes politiques qui peuvent être très acharnés dans la négociation mais qui, une fois leur accord donné, défendent le compromis avec une grande loyauté.

LIEGE J-M Dehousse.JPG© Francis Carlier

  • Des lieux et des moments Comment on décide en politique – Philippe Maystadt – Essai – Éditions Avantpropos – 139 pages – 19 € 95

 

15:04 Écrit par Pierre André dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg