jeudi, 16 mars 2017

Capitale de la Résistance, Liège a attendu 70 ans "LE SILENCE DE LA MER' de Vercors !

 

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     Chacun connait (ou devrait connaître) le thème du Silence de la mer. L’action se déroule en France occupée. Des Français, un oncle et sa nièce, doivent accueillir un officier allemand, Werner von Ebrennac. Ils se posent la question comment le supporter. La réponse est simple et claire  comme si cet officier n'existait pas. Comme s'il était muet et transparent. Tu verras, personne ne peut supporter longtemps d'être ignoré aussi longtemps. Tout au long de son séjour, Werner von Ebrennac soliloque : Il sortira de cette guerre de grandes choses pour l'Allemagne et pour la France. Je pense avec mon père que le soleil va briller sur l'Europe. Retour de permission, il réalise combien ses supérieurs l’ont berné d’où sa demande à être affecté au front. L’oncle lui cite Anatole France : Il est grand pour un soldat de désobéir à des ordres criminels. Werner s’en va au front. C’est une manière élégante de se suicider dans l’honneur pour un von Ebrennac.

     Chacun connaît (ou devrait connaître) la Compagnie Royale Théâtre Arlequin. Septante ans après la création parisienne, dans une mise en scène de Jean Mercure, de la pièce inspirée de la nouvelle Le Silence de la mer, Liège a, enfin, connu, des représentations (1), dans une mise en scène d’Alexandre Tirelier, de ce spectacle. Liège en a été privé pour deux raisons : les Galas Karsenty ne l’ont jamais programmé et feu le Gymnase a fait de même, en dépit de ses 36 pièces montés annuellement !

     Le rôle de Werner von Ebrennac est incarné par Fabian Nicolaï, un artiste qui vient de rejoindre talentueusement la troupe de l’Arlequin. José Brouwers et Camille Fernandez assument les rôles d’oncle et de nièce. Leur lecture et leur silence confèrent l’esprit de résistance qui rend muet l’amour de la musique que partagent au moins Werner et la jeune Française. Un spectacle remarquable à l’émotion intense.

     Mais qui est ce Vercors auquel le porte-parole du général De Gaulle, Maurice Schumann, en 1942, à la BBC s’adresse vous, Vercors, encore inconnu et déjà célèbre … ? Pour en savoir davantage, nous avons consulté le Maitron (2). Nathalie Gilbert, auteure de la notice de Jean Bruller dit Vercors précise qu’il effectue sa scolarité à l’Ecole alsacienne qui prolongeait les principes éducatifs des parents : soucieuse de donner à ses élèves une solide culture des sciences et des humanités, privilégiant les méthodes éducatives douces, cette école, de tradition protestante, entendait également former des hommes et des citoyens guidés par une morale intérieure rigoureuse. Cette conscience personnelle, qui doit au besoin se réformer par elle-même, incarne particulièrement l’homme que fut Jean Bruller.

     Diplôme d’ingénieur, service militaire à Tunis,  A son retour en 1926, il entreprit officiellement sa carrière de dessinateur. (…) il publia son premier album alliant texte et dessins, 21 Recettes de mort violente à l’usage des personnes découragées ou dégoûtées de la vie pour des raisons qui, en somme, ne nous regardent pas. Parallèlement, il continua à fournir des dessins pour divers journaux (Le Rire, Fantasio), il devint l’un des illustrateurs des Editions Nathan : la trilogie Pif et Paf.

     Dans les années trente le dessinateur fut donc en contact avec notamment André Gide, Romain Rolland, Roger Martin du Gard, Georges Duhamel, Jean Guéhenno, Charles Vildrac. Ce milieu de gauche, famille intellectuelle de Jean Bruller par héritage paternel, lui dessilla les yeux sur les méfaits du colonialisme (…) A partir de 1932, Jean Bruller entama son œuvre de la maturité préfacée par Jules Romains, La Danse des vivants. Cet album à la philosophie intemporelle inspirée des moralistes du Grand Siècle (…) La philosophie pessimiste du moraliste sur la nature humaine, dégagée des contingences du réel, fut ébranlée par l’Histoire. Elle proposa alors (…) les prémisses de l’évolution d’une pensée intégrant des éléments marxistes, toutefois dominée jusqu’à la fin de sa carrière par l’idéalisme.

     À l’armistice, décidé à ne rien publier sous le joug ennemi, il réside, au 31bis de la rue du Touarte, à Villiers-sur-Morin, petit village en Brie (600 habitants à l’époque) et travaille chez le menuisier. En 1941, il intégra le réseau de l’Intelligence Service, bientôt démantelé. Il entra alors en Résistance intellectuelle (…) Lescure et Bruller créèrent donc leur propre maison d’édition clandestine, Les Editions de Minuit, entreprise viable grâce au réseau des imprimeurs avec lequel le dessinateur avait travaillé dans l’entre-deux-guerres. Celui-ci publia son célèbre récit Le Silence de la mer le 20 février 1942 sous le pseudonyme de Vercors, du nom de cette montagne qui l’avait impressionné en 1939. Si la plume remplaça le crayon, il serait erroné de croire que l’écrivain ne serait pas né sans les contingences historiques. Jean Bruller aimait en effet à compléter ses albums de textes.

     Au lendemain de la guerre, symbole de la Résistance intellectuelle, auréolé d’une soudaine notoriété, Vercors fut nommé à la commission d’épuration de l’édition qu’il quitta dès janvier 1945, jugeant inacceptable les complaisances accordées aux éditeurs. Membre actif du Comité National des Ecrivains (CNE) chargé d’établir la « liste noire » des écrivains compromis, il se montra le plus intransigeant sur le sujet.

     Compagnon de route du Parti communiste, il rendit compte de ses rapports conflictuels avec le PCF dans Pour Prendre congé (PPC, 1957). Désormais, il se montra plus ou moins proche du Parti en fonction des événements et n’hésita plus à se rapprocher des gauches dissidentes pour certains combats comme la guerre d’Algérie. La torture pratiquée par la France dans ce conflit, lui fait refuser la Légion d’honneur en 1960. 

     Inventeur des callichromies, un dérivé de la sérigraphie, reproduction de tableaux à l’huile, il conserve son nom Jean Bruller pour ses œuvres d’artiste et adopte le nom de Vercors en tant qu’écrivain. Vercors s’impliqua pour certaines avancées sociétales. Ainsi il se prononça contre la peine de mort. Il soutint la loi d’autorisation de l’IVG dans Ce que je crois (1975). Dans ses lettres privées, il défendit le droit à mourir dans la dignité.

    Né le 26 avril 1902, jour anniversaire du centenaire de la naissance de Victor Hugo, il décède à 89 ans, à son domicile Quai des Orfèvres à Paris.

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(1)Compagnie Royale Théâtre Arlequin – vendredi 17, 31 mars et samedi 18, 25 mars, 1 avril à 20h 30 – rue Rutxhiel 3 Liège – tél. 04/222.15.43  info@theatrearlequin.be - réservation : billetterie du Forum & du Théâtre Arlequin, rue du Pont d’ Avroy 12 , tél. 04/223.18.18 et par internet www.theatrearlequin.be

(2) http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article178469, notice VERCORS [BRULLER Jean, dit] par Nathalie Gibert, version mise en ligne le 8 février 2016, dernière modification le 8 février 2016. Le printemps du Maitron - 22 mars 2017 - une journée consacrée au Maitron se déroulera dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, de 14h à 22h, en présence de nombreux intervenants - pour assister à cette journée, merci de vous inscrire en envoyant vos Nom et Prénom par mail à l’adresse info@maitron.org

12:51 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, francophonie, Histoire, Littérature, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 10 décembre 2016

L'Académie française décerne le Prix Eugène Carrière au Liégeois Pierre-Yves Kairis.

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Autoportrait de Bertholet Flémal - Ville de Liège

        Histoire de Liège (1) a inscrit à son programme 2017 une conférence le 18 mai de Pierre-Yves Kairis sur le thème de Lambert Lombard à Léonard Defrance : la peinture à Liège du XVIe au XVIIIe siècle. Nul doute que la conférence connaisse un beau succès d’autant que Pierre-Yves Kairis a reçu, le 1er décembre, au Quai Conti, le Prix Eugène Carrière

      L’académicienne Mme Danièle Sallenave dans son discours sur les Prix littéraires de l'Académie française a déclaré : Prix Eugène Carrière M. Pierre-Yves Kairis, pour Bertholet Flémal (1614-1675). Le « Raphaël des Pays-Bas » au carrefour de Liège et de Paris. Bertholet Flémal, le plus grand peintre de Liège au xviie siècle, méritait une réhabilitation. Pierre-Yves Kairis s’y livre dans cet ouvrage, après avoir été l’auteur d’une découverte, celle d’un tableau de Poussin, La Mort de la Vierge, miraculeusement retrouvé dans l’église Saint-Pancrace de Sterrebeek en Belgique.

        Le Liégeois est le cent-vingt-cinquième récipiendaire du Prix Eugène Carrière. En 2016, il est l’unique lauréat, par contre en 1956, il y a pas moins de douze !  Parmi les récipiendaires, deux sont devenus membres de l’Académie française : René Huyghe, élu en 1960 au fauteuil n° 5, lauréat en 1953 pour son ouvrage Le Carnet de Gauguin. Le culte Mahorie et René de Castries, élu en 1972 au fauteuil n° 2, lauréat en 1956  pour son ouvrage Le Maréchal de Castries.

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©musée Eugène Carrière, Gournay sur Marne

        Qui est Eugène Carrière ? Réponse : peintre, lithographe, penseur né en 1849 à Gournay sur Marne où il a son musée, mort à Paris en 1906, trois ans après avoir fondé le Salon d’Automne.

       Peintre : Art de suggestion par excellence, l’œuvre (…) évolue vers une monochromie de terre et d’ocre, inspiratrice de Picasso, qui ne retient que les jeux d’ombre et de lumière.  Son art est salué par Gauguin et Maurice Denis mais reste incompris du grand public.

    Lithographe : en 1898, il crée l’affiche de lancement de L’Aurore, un journal où toutes les opinions libérales, progressistes, humanitaires, si avancées qu'elles fussent, puissent être librement exposées. Ami de Rodin dont il partage l’amitié et les conceptions esthétiques; le sculpteur lui confie l’affiche et la préface du catalogue de son exposition de 1900, au Pavillon de l’Alma.

     Penseur : il participe aux mouvements des idées : défense de Dreyfus au côté de Clémenceau et de Zola, émancipation féminine, réflexion sur la peine de mort, l’art de la démocratie, etc … Jamais dogmatique, il défend un humanisme qui place les droits de l’homme au premier plan.

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Autoportrait © collection particulière

(1) Histoire de Liège programme 2017 sur le site histoiredeliege.be – informations info@histoiredeliege.be -

04 221 93 67 ou 04 221 93 75

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mercredi, 16 novembre 2016

21 rue La Boétie

 

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        Si le cinéma emprunte souvent des thèmes à la littérature, il est plus rare qu’une expo s’inspire d’un livre. C’est le cas pourtant de l’expo 21 rue La Boétie (1) qui n’a vu le jour que grâce à la parution, en 2012, de l’ouvrage éponyme d’Anne Sinclair. De nationalité américaine, Anne Sinclair née à New-York a été bouleversée d’entendre un fonctionnaire français lui demander vos quatre grands parents sont-ils français ? Le fonctionnaire a demandé ce qu’autorise une loi française de 2009 en matière de nationalité. La phrase lui rappelle la Shoah et le destin de ceux qui, recherchés par les nazis, avaient choisi de partir et qui furent ensuite dépossédés, pillés, déchus de leur nationalitéPaul Rosenberg quitte la galerie d’art du 21 rue La Boétie pour New-York. Un gentil grand-père qui l’a toujours traitée, gamine comme une grande fille.

        J'ai eu soudain envie de revisiter ma légende familiale. Je me suis plongée dans les archives. J’ai retrouvé des correspondances entre Paul Rosenberg et ses peintres, exhumé des « papiers de famille », interrogé des proches et retourné sur les traces de sa famille  J'ai voulu comprendre l'itinéraire de ce grand-père lumineux, intime de Picasso, de Braque, de Matisse, de Léger, devenu paria sous Vichy. Ce grand-père fut un grand marchand. A Paris jusqu'en 1940, puis exilé à New York pendant la guerre. Il était français, juif et amoureux des arts. Ce livre raconte son histoire qui, indirectement, est aussi la mienne.

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        De la conception à la réalisation, l’exposition 21 rue La Boétie est l’œuvre de Tempora, une société fondée, en 1998, par le Liégeois Benoît Remiche. Après avoir fait les beaux jours de la Boverie, 21rue La Boétie s’en va à Paris, au musée Maillol, du 2 mars au 27 juillet 2017. Anne Sinclair est la marraine de l’exposition. Elle s’en explique au  Quotidien de l’Art (27/10/2017) : au début, j’étais à la fois émue et très dubitative, me demandant si cela était faisable, puis très enthousiaste bien évidemment. Je les ai accompagnés puisque mon livre a servi de guide aux commissaires (Elie Barnavi, Isabelle Benoit, Vincent Delvaux, François Henrard et Benoît Remiche)  qui ont effectué un gros travail de recherche pour retrouver les œuvres. J’ai donné mon avis et impulsé les recherches dans certaines directions, particulièrement du point de vue historique.

        Ça a de la gueule. Mon grand-père aurait adoré.  C’est une exposition à la croisée de l’art et de l’histoire. Elle retrace ce qu’a été le marché de l’art avant qu’il soit justement un marché. Mon grand-père était un marchand certes, mais surtout un admirateur forcené de ses artistes. Il disait « Je suis un passeur, mais je ne suis que ça ». Articulée en six chapitres,  l’expo présente notamment soixante-quatre tableaux qui sont passés à une époque ou l’autre à la galerie Paul Rosenberg. Deux de ceux-ci représentent  l’un, Marguerite, l’épouse de Paul, et sa fille Micheline vues par Pablo Picasso en 1918 et l’autre, de Marie Laurencin, Anne Sinclair à l’âge de quatre ans. J’ignorais qu’elle peignait toutes les femmes avec les yeux noirs en amande, mais j’ai dû le pressentir car c’est effrontément que je lui précisai : « Attention, hein, j’ai les yeux bleus ! » Je me rappelle son rire, sa promesse de ne pas les trahir, et elle me gratifia, de fait, de deux billes bleu lavande.

        21 rue La Boétie se révèle un grand succès. Une moyenne de plus de mille visiteurs par jour le premier mois. En marge de l’expo, d’autres activités sont prévues à la Boverie. Ainsi, ce 17 novembre, l’auteur de L'Homme de l'art. Daniel-Henry Kahnweiler, 1884-1979, Pierre Assouline va venir parler de marchands et collectionneurs d’art :Paul Rosenberg, Daniel-Henry Kahnweiler et les autres suivi d’une session de questions-réponses.       

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(1) 21 rue La Boétie – La Boverie, parc de la Boverie, 4020 Liège – 32 (0) 2/ 549 60 49 info@21ruelaboétie.com – tarifs de 1,25 € (art. 27) à 17 € (adulte), senior (+65) 14€, groupe 12  €, groupe scolaire 6 €, famille (2 adultes, 2 enfants) 48 € (6 € par enfant supplémentaire) – l’expo se termine le 29 janvier 2017 – heures d’ouverture : du mardi au vendredi  de 9.30 à 18.00, week-end 10.00 à 18.00, ouvert jours fériés sauf 25/12 et 01/01/2017, fermé le lundi sauf 26/12 et 02/01/2017. Visite guidée 85 €/guide pour 1h30 de visite, maximum 20 personnes, disponible en français, anglais, allemand, néerlandais. 

15:21 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 27 août 2016

Ce qui est bon à prendre est bon à garder ...

         Ce qui est bon à prendre est bon à garder dit un proverbe anglais dont les Français ont fait une règle en proclamant le principe d’inaliénabilité du domaine public qui s’applique en particulier aux collections des musées publics. Les biens constituant les collections des musées de France appartenant à une personne publique font partie de leur domaine public et sont, à ce titre, inaliénables. Par rapport à d’autres pays européens, la France est celui où le principe d’inaliénabilité est le plus strict (1).

        L’idée du surintendant des bâtiments de France, le comte de La Billarderie d'Angiviller  est reprise, en mai 1791, par un élu de la sénéchaussée de Bigorre, Bertrand Barère. Celui-ci  souhaite que la galerie du Louvre… devienne un Muséum célèbre et précise même  qu'on y déploie les nombreux tableaux de Rubens et d'autres peintres illustres. Dans les années à venir, ce projet culturel se réalise tandis que la Révolution poursuit son cours.

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La Descente de croix - PP Rubens - photo IRPA-KIK

        En 1792, après la bataille de Jemappes, les troupes de Dumouriez se contentent de prélever le nécessaire  à leurs besoins dans les pays conquis – la Principauté de Liège et les Pays-Bas autrichiens. Mieux, en Principauté de Liège, les patriotes votent au suffrage universel masculin le rattachement à la France (2).

        En revanche, en 1794, après la bataille de Fleurus, les troupes de Jourdan  vivent sur le dos des pays conquis – les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège. Mieux, le Comité de Salut public a désigné des agents extracteurs d’œuvres d’arts. Ceux-ci font notamment le plein de Rubens et autres chefs d’œuvre de la peinture flamande destinés au Muséum central des Arts. En Principauté, les Français ne trouvent guère d’œuvres à leur goût, à peine une dizaine, mais les patriotes locaux dont le peintre Léonard Defrance, estiment que leurs grands peintres doivent figurer dans les collections du Muséum central des Arts, ancêtre du Louvre.

        Ces tableaux connaissent des sorts multiples. Par le décret Chaptal de 1801, les uns sont attribués aux quinze musées départementaux au rang desquels figure celui de la Dyle. Autrement dit, celui de Bruxelles, ancêtre des Musées royaux, dont le conservateur est Guillaume Bosschaert qui, sous l’Ancien Régime, a été choisi en qualité d’expert par le comte de La Billarderie d'Angiviller. Certains autres ont été récupérés au lendemain de Waterloo par les troupes des coalisés qui occupent la France jusqu’en 1818.

        Par après, il n’est plus guère question de restitution ou récupération des œuvres acquises par les Conquêtes artistiques françaises. Mais comme l’écrit Pierre-Yves Kairis dans un rapport  remis en octobre dernier à la secrétaire d’État à la Politique scientifique, Elke Sleurs : la question est revenue dans l’actualité car, depuis la décolonisation et les nombreuses recommandations de l’UNESCO soutenant le retour vers les pays sources du patrimoine culturel spolié, les demandes de restitutions de toutes sortes se sont multipliées. Elke Sleurs envisage, à l’IRPA (3), un colloque international début 2018 sur base du rapport Kairis publié par La Tribune de l’Art (http://www.latribunedelart.com/note-sur-les-tableaux-enle...).

        Dans ce rapport, il est fait mention de deux candidats PS aux communales de Liège tentant, en 1988, d’obtenir de Mitterand ce que la Commission des Hospices civils de Liège a réclamé, en 1864, à Napoléon III à savoir un tableau attribué à Rubens qui se trouve encore au Musée de Marseille alors qu’auparavant,  sa place initiale a été la chapelle de l’Hospice des Incurables et des filles repenties de Liège.

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Autoportrait de Bertholet Flémal - Ville de Liège

        Autre aspect liégeois du rapport Kairis, les aventures de la Conversion de Saint-Paul, une toile de Bertholet Flémal, peintre-chanoine de la collégiale Saint-Paul. À l’initiative du dernier consul-général de France à Liège, Zaïr Kedadouche, le Musée des Augustins de Toulouse prête, en 2011, pour six mois la Conversion à l’église à laquelle son auteur l’a destinée. Le ministre Jean-Claude Marcourt qui a eu le Patrimoine dans ses compétences s’efforce de prolonger la durée du prêt tout comme le conservateur du Trésor de la cathédrale, Philippe Georges qui  propose en échange plusieurs toiles de Frans Francken le jeune. Tout cela en vain. En 2014, le jour où jamais tant de chefs d’État et de gouvernements ne sont venus à Liège, obstinées les autorités ont remis une lettre au Président de la République, François Hollande. Toujours, en vain.

        Le salut réside peut-être dans le ciel. En conclusion, le rapport Kairis mentionne : le précédent des manuscrits coréens permet de considérer que c’est par le biais de pressions économiques que des démarches diplomatiques pourraient aboutir à quelques restitutions ponctuelles, conformément à une nouvelle doctrine hexagonale qui ne dit pas son nom. En clair, l’achat habilement négocié par la Belgique de quelques avions Rafales français permettrait peut-être le retour de quelques-uns des tableaux saisis en 1794…  

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Conversion de Saint-Paul Photo Daniel Martin

  • (1) Cfr Documents de travail du Sénat français – Série Législation comparée – L’aliénation des collections publiques – Décembre 2008 – LC 191.
  • (2) Cfr Liège 28 du 30/7/2015.
  • (3) IRPA Institut royal du Patrimoine artistique.

11:25 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Histoire, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 19 août 2016

Dix concitoyennes et concitoyens recoivent le titre de Citoyenne et Citoyen d'honneur de la Ville de Liège.

      

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         Al bone franquète al Violète, cinq mots pour résumer l’ambiance régnant en la salle des pas perdus de l’Hôtel de Ville à l’occasion de la remise de la distinction Citoyenne et Citoyen d’honneur de la Ville de Liège. La barre des cent récipiendaires a été franchie depuis la date – 2009 - à laquelle cette nouvelle appellation vu le jour. Auparavant, le Collège décernait la médaille de reconnaissance de la Ville de Liège à celles et à ceux qui - comme les Citoye(ne)s d’honneur aujourd’hui - ont contribué, amplifié ou redynamisé la réputation de la cité ardente, à la force de leur talent et de leur travail. Aujourd’hui le site officiel de Liège place dans la même rubrique Les citoyens d'honneur celles ou ceux d’avant ou d’après 2009. Parmi ceux-ci, David Goffin (2012),  Nafissatou Thiam Charline, Van Snick (2013). Innovation cette année dans l’attribution de ces récompenses, cette cérémonie de distinction sera désormais paritaire homme-femme. Le bourgmestre Willy Demeyer de mentionner, sans les hiérarchiser, les mérites des divers(e)s récipiendaires de la promotion 2016.  

        Une promotion qui fait la part belle aux consœur et confrères. Trois journalistes – Mamine Pirotte, Charles Ledent et Edmond Blattchen - reçoivent le titre de Citoyen(ne)s d’honneur. Jusqu’à présent, une seule journaliste Hadja Lahbib a été sacrée citoyenne d’honneur en 2011 tandis qu’en 2002 Jean-Marie Peterken a reçu la médaille de reconnaissance de la Ville de Liège. 

        Le bourgmestre de déclarer : Femme de caractère, femme jusqu’au bout des ongles et des convictions, Mamine Pirotte incarne une part de la renommée médiatique de Liège. L’édile qui souhaite voir débarquer dans sa ville Dimitri Boizot pour y mener une enquête racontée par Patrick Philippart, nom de romancier de Charles Ledent, constate que l’obstination et la passion sont les 2 qualités qui ont permis à Charles Ledent d’écrire plus d’une dizaine de romans en 15 ans tandis que les vertus d’Edmond Blattchen sont : Expliquer, décoder, transmettre, le monde et ses enjeux, représentent pour lui, une mission qui va bien au-delà de la mission de service public, c’est une œuvre personnelle. Pour ce faire, il a toujours préparé ses émissions avec minutie, curiosité et exhaustivité et cela va sans dire, probablement une certaine dose d’angoisse.

        Les sept autres récipiendaires ont eu droit également à une présentation maïorale personnalisée. À l’octogénaire Annie Massay qui s’initie dès son adolescence à l’athéisme, au socialisme et au féminisme. Trois valeurs qui marqueront profondément sa future carrière le bourgmestre évoque les luttes syndicales dont la grève des femmes de la FN en 1966 auxquelles elle a participé.

        Au quintuple papa - il contribue à lui seul à accroître la population liégeoiseGaëtan Servais qui avec Fabrice Lamproye a lancé Les Ardentes en 2006, Willy Demeyer souligne que celles-ci ont amené, de manière cumulative près de 700.000 personnes à Coronmeuse (…) situer Liège surla carte des festivals d’été. C’est aujourd’hui chose faite ! Pour les jeunes liégeoises et les jeunes liégeois, nés après  1990,  on  peut  même  parler  de  « génération Ardentes ».

        Ancienne élève du Lycée Léonie de Waha, Caroline Pholien exerce en tant qu'indépendante les métiers de peintre en décor du patrimoine et de doreur. Le maïeur cite quelques restaurations pour illustrer le talent de cette liégeoise : le Grand Foyer de l'Opéra Royal de Wallonie, les dorures du Palais du Gouverneur de Liège ou encore la restauration au Château de Versailles (dorures de la salle à manger de chasse et de l'antichambre des chiens) sans oublier que femme passionnée et passionnante, en 2011, elle ouvre une galerie d'arts « la Galerie Isabeau » où elle présente ses créations contemporaines.

        Chantal Van Laer est la troisième génération à la tête d’un magasin bien connu de nombre de Liégeois puisqu’il existe depuis 93 ans ! Installée au cœur du quartier d’Outremeuse depuis 1923, la Maison Van Laer, fut tout d’abord, sous l’égide de Florence, une confiserie. Avant que son mari, Henri Van Laer, n’y ajoute aussi du vin. Rapidement, l’enseigne s’est spécialisée dans le vin. Son fils José y ajoute une expertise du rhum et du whisky tandis que sa fille Chantal Van Laer va peu à peu, apprendre et partager la passion familiale avec cet objectif, retrouver le meilleur du terroir, la finesse des tanins.(…) Sa passion, elle la partage aujourd’hui avec ses clients au travers notamment des dégustations tant de vin que d’alcool. Goûter et conseiller avec la convivialité liégeoise représentent une belle manière de convaincre ceux-ci d’étoffer leur cave.

        Spécialiste du droit du travail, l’avocat Jean-Paul Lacomble est à la tête du Royal Football Club Liégeois – matricule 4 créé en 1892 - en 5 ans à peine, avec d’autres administrateurs liégeois autour de lui, Jean-Paul a réussi à assurer la viabilité financière du Club, accroître le nombre de ses spectateurs, recréer un esprit « Rouge et Bleu », progresser d’un échelon au niveau sportif et faire revenir, après 20 ans d’attente, le RFCL à Rocourt. Excusez du peu ! En un mot, le club a retrouvé sa crédibilité et ses racines. Et Jean-Paul Lacomble a voulu donner un sens à cet investissement dans le foot en assignant au club un projet social qui a pour objectif, au-delà de former des footballeurs, de « fabriquer » des citoyens. Cet engagement se matérialise notamment par la création d’une école de devoirs.

        Gaëtane Leroy est une amoureuse du cœur historique de Liège et ce, depuis ses études en Histoire de l'art à l'Université de Liège. (…) Cet embellissement de l'ancienne imprimerie Bassompierre, active au 18eme siècle, a été effectué avec respect afin de conserver l'âme du lieu. (…) Outre le caractère liégeois du bâtiment qui a été conservé, sa gérante propose des produits issus de la production et des commerces locaux ainsi que des séjours thématiques en collaboration avec ses nombreux voisins. Lorsqu’ils font le choix de séjourner dans cet hôtel, les touristes reçoivent ainsi un accueil personnalisé et effectuent une escale au plus près du cœur de la Ville.

           En 1992, Guy Stockis a repris l’établissement créé quai sur Meuse par Julien Lequet. Y manger son premier boulet constitue une sorte de rituel de passage incontournable pour le néo-liégeois. Un rite savamment perpétué par les principautaires, un sourire de connivence aux lèvres, avec un plaisir encore accru si l’initié du jour ne présage rien de l’accueil à la liégeoise… Car le lieu doit beaucoup à la personnalité de son patron. Cabochard, grande gueule, il met autant de générosité dans ses apostrophes que dans sa cuisine. Bref, en prélude aux festivités mariales du 15 août, une sympathique cérémonie al bone franquète al Violète

la photo, premier rang, de gauche à droite : Guy Stockis, Chantal Van Laer, Jean-Paul Lacomble, Mamine Pirotte, Gaëtan Servais,      deuxième rang, de gauche à droite : Edmond Blattchen, Annie Massay, Caroline Pholien, Gaëtane Leroy, Charles Ledent.

 

08:08 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Gastronomie, Littérature, Media, Social, Spiritualité, Télévision, Viticulture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 13 août 2016

"Petite prolongation" - jusqu'au 21 août - de l'expo SEMPÉ au Centre culturel de Marchin.

 

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      Par une délicate attention, le Centre culturel de Marchin (www.centreculturelmarchin.be) a décidé une petite prolongation de l’exposition consacrée à Jean-Jacques SEMPÉ en collaboration avec l’édition galerie Martine Gossieaux de Paris. La petite prolongation jusqu’au 21 août – de 14 à 18h – permet de célébrer le 17 août l’anniversaire de SEMPÉ, né, il y a 84 ans, à Pessac, commune limitrophe de Bordeaux.

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      On ne peut dire que son enfance a été une enfance heureuse. Son père a davantage d’amour pour l’AOC pessac-léognan que pour son épouse d’où de perpétuelles scènes de ménage. Jean-Jacques connait l’envoi dans les colonies de vacances, les jolies colonies de vacances de l’avis de Pierre Perret ! SEMPÉ ne parait pas trop traumatisé par cette enfance qui l’a vu quitter l’école primaire à 14 ans, une scolarité amputée de deux ans pour faits de guerre. Dans le film Sempé, dessinateur d'humour  - diffusé en boucle à Marchin – il raconte ces épisodes parmi d’autres. Mes parents ont fait ce qu'ils ont pu les pauvres, vraiment. Je ne leur en veux pas une seconde, ils se sont débrouillés comme ils ont pu.

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       En 1951, dans le journal du septième jour comme se définit Sud Ouest Dimanche (SOD) – supplément magazine du quotidien régional Sud Ouest dirigé par Jacques Lemoine - le jeune SEMPÉ publie ses premiers dessins empreints déjà de cet humour jamais méchant qui le caractérise. C’est dans SOD qu’apparait le personnage de Nicolas, un prénom bien connu depuis 1822 grâce au caviste Louis Nicolas. Lorsqu’il est demandé à SEMPÉ d’insérer son personnage Nicolas dans une BD, il fait appel au scénariste Goscinny qu’il a connu au Moustique, un hebdomadaire publié par les éditions Dupuis de Marcinelle. Le 16 septembre 1956, dans Sud Ouest Dimanche, première apparition des aventures du Petit Nicolas de SEMPÉ et Goscinny. Aventures faites de souvenirs et de l’imagination du Bordelais échangés avec le Parisien. Ensuite le succès est là, va au-delà jusqu’aux couvertures du New Yorker.

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      Si SEMPÉ a fait sourire et rire des millions de personnes, il a également transmis son sens de l’humour à sa fille Inga, designer. À un journaliste qui lui dit Vous avez un air de l’actrice Isabelle Carré, elle rétorque  Ah bon ? Mais est-elle seulement aussi antipathique que moi ?

14:40 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 18 mai 2016

Liège ... belle à croquer !

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©C. Raes

        Jusqu’à la fin du XIXème siècle, il n’est pas exagéré de dire que parmi les voyageurs qui arpentent le monde, nombre de ceux-ci tiennent un carnet de notes agrémenté de l’un ou l’autre croquis. Siècle de l’image et de la vitesse, le XXème met à mal cette tradition qui curieusement a tendance à renaitre en ce début de troisième millénaire.

        Le mérite en revient à Gabriel Campanario, un émigré barcelonais, dessinateur au Seattle Times qui, en 2007, a l’idée de fonder une association dont le but est de promouvoir le dessin d’observation in  situ. En compagnie d’une centaine de dessinateurs répartis dans le monde Campaniero fonde en 2008 Urban Sketchers ou les Croqueurs urbains. Parmi ces Croqueurs, un Liégeois, Gérard Michel, architecte, féru de croquis comme d’autres font de la confiture !

LIEGE Gérard Michel.jpg©G.Michel

        Adeptes d’Internet, les fondateurs d’Urban Sketchers établissent, en huit points, un Manifeste définissant  l’esprit du mouvement : Nous dessinons in situ, en intérieur ou en extérieur et croquons sur le vif. Nos dessins sont les témoins de notre quotidien et de nos voyages. Ou encore Nous nous soutenons, aidons, et encourageons les uns les autres et dessinons en groupe. Nous partageons nos dessins en ligne. Nous montrons le monde de dessin en dessin.

        Gérard Michel propose à la vénérable institution liégeoise la Société libre d’Émulation dont la devise est Utile dulci d’inviter quelques Croqueurs à visiter Liège. Fidèle à son protecteur François-Charles de Velbrück et à sa vocation d’origine, l’Académie a aussitôt embarqué. Reçus en résidence à Liège durant une semaine, treize Croqueurs venus d’horizons divers – Flandres, Pays-Bas, Allemagne, France, Espagne, Italie et Liège – munis chacun d’un carnet-accordéon de cinq mètres de long ont déambulés dans la cité ardente à charge pour eux de ramener des esquisses urbaines, matières à exposition de soixante mètres de dessins... qui ont été présentés pendant trois semaines au Théâtre de Liège.

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        Le succès rencontré lors de cet évènement a incité la Société libre d’Émulation à publier un livre d’un poids de 600 grammes, Liège des Urban Sketchers (1) reprenant 150 dessins sur 200 pages.

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        Cet ouvrage prend place à côté des Carnets de voyage de Gabriel Campanario qui entend dessiner le monde, de ville en ville en offrant cinquante villes de trente pays croqués par de multiples Urban Ske.tchers. Le livre Liège des Urban Sketchers sera en vedette lors du prochain symposium mondial des Croqueurs urbains qui se tiendra à Manchester du 27 au 30 juillet, réunissant plusieurs centaines de dessinateurs. Au premier symposium, en 2010, à Portland, ils étaient 80 et l’an dernier, à Singapour 390. Décidément, les Urban Sketchers croquent la ville à belles dents ...

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Liège des Urban Sketcheurs – N°ISBN : 978-2-9601788-0-7 - Croquis de Florian Afflerbach (Siegen), Simonetta Capecchi (Naples),  Fabien Denoël (Liège), René Fijten (Maastricht), Miguel Herranz (Barcelone), Lapin (Barcelone), David Magli (Grenoble), Gérard Michel (Liège), Antoine Michel (Liège), Corinne Raes (Haacht),  Luis Ruiz Padron (Malaga), Rolf Schroeter (Berlin), Inma Serrano (Séville) – Coordinateur Gérard Michel - 150 dessins – 200 pages - Impression : Raymond Vervinckt & fils sprl. - Diffusion : Société libre d’Émulation asbl. - 20,7 x18.6 x 2.6 cm – 29 €

17:54 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 09 janvier 2016

Liège aide Haïti : un concert exceptionnel le 17 janvier à l'ORW.

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        La terre s'est mise à onduler comme une feuille de papier que le vent emporte. Bruits sourds des immeubles en train de s'agenouiller. Ils n'explosent pas. Ils implosent, emprisonnant les gens dans leur ventre. Soudain, on voit s'élever dans le ciel d'après-midi un nuage de poussière. Comme si un dynamiteur professionnel avait reçu la commande expresse de détruire une ville entière sans encombrer les rues afin que les grues puissent circuler. Témoignage de Dany Lafferière – devenu Immortel en mai 2015 en occupant le fauteuil n° 2 à l’Académie française – évoquant un court instant se déroulant à Port-au-Prince le mardi 12 janvier 2010 à 16h53.

        Un court instant suivi de répliques qui, au total, a fait deux à trois-cent mille morts, autant, si pas davantage, de blessés sans compter le nombre de sans-abris vu les immeubles détruits. L’aide internationale s’est aussitôt manifestée – et des Liégeois(e)s n’ont pas été les derniers à s’y joindre au point qu’afin de pérenniser cette action en faveur de Haïti, il a été fondée le lundi 17 janvier 2011, à l’Hôtel de Ville de Liège, une asbl Liège aide Haïti. Le président d’honneur est Willy Demeyer, le parrain Pierre Kroll. L’objectif de l’asbl est d’améliorer les conditions de vie de la jeunesse haïtienne et au sein de celle-ci les personnes défavorisées, par le biais de l’éducation, de l’enseignement général, technique ou professionnel, de la culture et de la santé.

        Un objectif qui atteint s’inscrit dans le droit fil de la déclaration de Jean-Max Bellerive, Premier Ministre de Haïti, au lendemain du séisme, le 18 février 2010 : Nous partageons un rêve : celui de voir Haïti comme un pays émergeant d’ici 2030, société de la simplicité, équitable, juste et solidaire, vivant en harmonie avec son environnement, sa culture et une modernité maîtrisée où l’État de droit, la liberté d’association et d’expression et l’aménagement du territoire sont établis; dotée d’une économie moderne, forte, dynamique, compétitive, ouverte et à large base territoriale, où l’ensemble des besoins de base de la population sont satisfaits et gérés par un État unitaire, fort, garant de l’intérêt général, fortement déconcentré et décentralisé.

        Sur le site de Liège aide Haïti www.liegeaidehaiti.org, chacun peut trouver le détail des moyens déployés que ce soit en formation hôtelière, pédagogique ou scolaire. Si le taux net de scolarisation avoisine les 90% répartis entre 8400 écoles (6262 privées, 2138 publiques), il n’en reste pas moins de 400 000 enfants d’âge scolaire ne fréquentant pas les salles de classe. Le Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO) n’est pas encore atteint à cent pour cent. Haïti est un pays jeune, sur une population de dix millions cent mille, 34% ont moins de quinze ans. Liège et Port-au-Prince vont officialiser des accords de partenariat portant principalement sur le renforcement de la formation professionnelle des jeunes Haïtien(ne)s.

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        L’occasion de la signature en est donnée au concert exceptionnel organisé le 17 janvier à l’Opéra royal de Wallonie. Un concert que le musicien-compositeur Sweet Micky (Michel Martelly) – élu président de la République d’Haïti en 2011 et dont le mandat s’achève, en principe, le 7 février 2016 – aurait à coup sûr apprécié. Liège aide Haïti a eu l’idée de réunir la soprano Jodie Devos, son pianiste Jean-Philippe Collard-Neven et les géants du jazz belge Steve Houben et Jean-Louis Rassinfosse et leur demander de mettre à l’honneur les airs de la Belle Epoque et des grandes comédies musicales. Insouciance et joie de vivre au programme… Poulenc, Gershwin, Bernstein, Legrand, Cosma, Nina Simone (1).

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  • De la Belle Époque à West side story – Opéra royal de Wallonie – dim. 17 janvier à 20h – infos et réservation : 04 221 47 22 operaliege.be

19:43 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 13 octobre 2015

"JARDINS AU PAYS DE LIEGE", finale de la saison 2015 à Neupré dans le jardin de Gaby et Michel Hansenne.

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         À l’instar des Journées du Patrimoine qui permettent au grand public de découvrir des lieux inconnus, alors que ce siècle avait deux ans, des jardiniers décident de présenter leurs jardins privés. Trois raisons motivent la création de Jardins en Pays de Liège : offrir le plaisir d’admirer la nature dans son épanouissement,  contribuer à pérenniser une œuvre s’occupant de l’accueil d’enfants handicapés Enfant d’un même père (1), partager la passion du jardinage.

        La saison 2015 a commencé, fin avril,  par la visite de deux jardins l’un à Louveigné, l’autre à Embourg. Elle se termine en beauté, ce week-end des 17 et 18 octobre,  à Neupré (2) dans le jardin entourant une vieille ferme du Condroz. Jardin aménagé pour être agréable  à vivre et utile  en toutes saisons même l’hiver ou les baies et graines font la joie des oiseaux .

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        L’hôtesse – Gaby Hansenne – décrit ce que verront les visiteurs en cette saison : des teintes d’automne allant de l’orange (viburnum)  au fuchsia (euonymus) et au rose (acer)   en passant par le doré (parrotia). LIEGE Parrotia.JPG

Des fleurs encore, des hydrangeas qui prennent de nouvelles couleurs, une dernière floraison des rosiers au milieu des asters, des sedums  et des graminées qui sont au top.  Des hostas  qui s’endorment et leur feuillage qui devient presque transparent. Sous les châtaigniers un épais tapis  doux et piquant à la fois.

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Des myriades de petites pommes sur les malus et pour ceux qui font des projets pour le printemps prochain, une table/potager.

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        Que du bonheur et ce n’est pas tout. Vincent Botta dont on se souvient qu’il est le photographe de Jardins et coins secrets de Liège et des Coteaux de la Citadelle de Liège présente son nouvel ouvrage Jardins en Pays de Liège, 15 ans de passion partagée. Des photos inédites. Le dimanche, les guides composteurs de Neupré sont à la disposition de tout qui se sent une âme de jardinier qu’il soit du Pays de Liège ou d’ailleurs …

 

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(1)  Enfants d’un même père – asbl 76 Petit Seny à Seny-Tinlot – Tél. 085.51 22 59 - emp.asbl@swing.be

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(2)  Gaby et Michel Hansenne – 28 rue des Deux-Églises – Neupré - Accès : Au croisement de la N63 (Liège-Marche) et de la N639 (Engis-Esneux) prendre la direction de Esneux, ensuite la 2ème à droite - Jardin ouvert les 17 et 18 oct. de 10 à 18h – droit d’entrée 3€, gratuit enfants en dessous de 12 ans. Site Jardins en Pays de Liège www.jardinsenpaysdeliege.be

18:46 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 24 août 2015

NAOS ou l'art et le mystère des églises byzantines au Péloponnèse exposés à la Collégiale de Huy.

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©Affiche Ph Roussel

       Faute de main courante, à Huy, l’accès par le parvis Théoduin de Bavière à la Collégiale Notre-Dame et Saint Domitien – inscrite au Patrimoine exceptionnel de la Wallonie – est quelque peu malaisé pour tout qui éprouve des difficultés à se mouvoir. Cette absence de main courante est d’autant plus inexplicable que des travaux de restauration y sont en cours depuis des dizaines d’années. Un détail mais le diable s’y niche même dans une collégiale heureux mélange de gothique rayonnant du 14e siècle et flamboyant du 15e siècle comme l’est celle de Huy L’intérieur de cette église est remarquable. Cette vidéo – 1’33’’ – l’atteste www.tresordehuy.com en le présentant sous forme d’une visite aérienne inédite.

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         Dans ce cadre superbe, Robert Laffineur offre NAOS (1). Ce nom désigne un lieu de culte chrétien datant de la période byzantine allant de la partition de l’empire romain tout à la fin du IVème siècle à la prise de Constantinople, le 29 mai 1453. L’exposition se veut une découverte de la période médiévale de la culture grecque dans le Péloponnèse.                                   

                                      ©R Laffineur

HUY Byz RTC.jpgLigourio.jpg©R Laffineur

         La maçonnerie des murs extérieurs fait toujours largement appel à la brique, même pour les éléments décoratifs, insérés entre les pierres suivant la technique dite du cloisonné. Elle inclut fréquemment des blocs de remploi, parfois sculptés ou inscrits, des spolia en provenance de bâtiments antiques des environs, dont la disposition est entièrement libre et produit des effets de patchwork souvent étonnants. A quelques exceptions près (…)- il s’agit d’architectures aux formes et à la décoration simples, aux dimensions modestes et à l’allure souvent campagnarde. (…) Cette sobriété et parfois cette rusticité s’harmonisent à merveille, il est vrai, avec la grandeur et l’austérité des paysages. Elles sont aussi plus expressives d’une spiritualité populaire et rurale qui persiste jusqu’à nos jours. 

©R Laffineur

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          Autant la nudité externe des naoi est patente autant la décoration intérieure des édifices est plus généreuse, voire exubérante, avec des peintures couvrant toutes les surfaces murales (…) Le programme iconographique est dominé fréquemment, dans l’abside centrale, par la figure de la Théotokos, la Vierge mère de Dieu, et, sous la coupole centrale, par l’image du Pantocrator ou Christ en majesté, maître de toutes choses. Si elles obéissent foncièrement à des schémas et des canons imposés, ces représentations figurées des églises du Péloponnèse n’en expriment pas moins,(…) la sensibilité individuelle des artistes anonymes qui ont œuvré à l’expression d’une foi collective (…) Cette permanence des styles et cette fidélité à l’orthodoxie iconographique amèneront la poursuite des traditions décoratives byzantines pendant les siècles de la turcocratie, au même titre que l’étonnante persistance des formes de l’architecture religieuse jusqu’à aujourd’hui.

         Aux yeux du Consul honoraire de la République hellénique à Liège pour la Wallonie cette exposition se veut un hommage à ces artistes anonymes et à cette pérennité de la culture grecque, un hommage à la Grèce éternelle, qui (…) a toujours su défendre les valeurs d’identité, de solidarité et de liberté, qui sont la marque des grandes nations.

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(1)   NAOS – jusqu’au dimanche 27 septembre – Collégiale de Huy – du mardi au dimanche de 9h à 12h et de 13h à 18h -

 

 

 

06:16 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Religion, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 16 mai 2015

LE 56ème FESTIVAL THÉÂTRAL DE SPA : D’ ÉCLAIRANTES ÉNUMÉRATIONS.

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        Le Festival de théâtre de Spa  se présente chaque année en communiquant une série de chiffres que l’on peut compléter, voire parfois rectifier au lieu de les arrondir : sa 56ème édition depuis 1959 (1) propose en  2015,  10.000 places  en six lieux et en dix jours afin de permettre à 73 comédiens (20 dont 7 musiciens  des Baladins du Miroir, 18 de deux productions de l’Atelier-Théâtre Jean Vilar et six nous venant des Pays de Loire, tandis que les 16 autres  spectacles - sur 20  soit   80%  de ceux-ci - ont ensemble  eu recours à 29 comédiens soit moins de deux en moyenne par spectacle) de jouer 44 fois 20 pièces dont quatre créations et trois spectacles venus de France dont celui (« sold out » c’est-à-dire complet en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire) avec la triomphatrice  du Molière de la meilleure comédienne de l’année :  la Liégeoise Marie Gillain. On pourrait poursuivre  l’inventaire à la Prévert  en évoquant quatre rencontres, trois lectures, cinq spectacles de rue, six stages dont cinq pour des catégories de jeunes allant de 2 ans et demi à 17 ans ou bien encore un dîner spectacle, des formules Thermes-Théâtre etc….

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        Mais chez les lecteurs curieux les énumérations ne font l’objet d’appréciations qu’après comparaisons. Je lis ainsi qu’en 1961, le festival annonçait 26.252 spectateurs pour 39 représentations en  18 jours  par 37 comédiens résidant à Spa et 42 comédiens navetteurs . Ou bien que pour sa mise en scène de la création mondiale en langue française de la pièce magistrale de Bertold Brecht « Arturo Ui », Jacques Huisman avait employé trente six comédiens.  Quand fin 2002, Armand Delcampe  secondé notamment par le Bourgmestre Houssa obtint du Ministre libéral wallon de la Culture  Richard Miller, la signature d’un contrat-programme pour le Festival spadois, il put annoncer pour 2003, 88 représentations (le double de cette année) de 28 spectacles dont 8 créations en 16 jours… En 2006 on annonça même plus de 100 représentations !

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        Aujourd’hui, Cécile Van Snick nous écrit :  « Le contrat-programme signé en 2002 prévoyait un échelonnement de la subvention jusqu’ en décembre 2006 . Ensuite, nous avons eu droit à quelques indexations. Celles-ci s’arrêtent en 2011. En 2015, la subvention a été diminuée de 1%. Lorsque j’évoquais en conférence de presse le montant de 17.000 euros en moins pour l’artistique, c’était en additionnant l’ensemble des montants diminués cette année (aide de la Présidence de la Fédération, aide du Tourisme, diminution de la subvention de la Fédération, Arts & Vie,…)                

        La subvention de 173.525 euros  en 2002 a progressé de 38,6% en quatre ans pour atteindre 240.451 euros en 2006 mais la ministre  bruxelloise Fadila Laanan a refusé de renouveler le contrat-programme et s’est  contentée en huit ans d’une progression de 6,4%  (de 240.451 à 255.910 euros en 2011  montant maintenu sans indexation jusqu’en 2014 et abaissé en cette année 2015 à 253.351 euros). Nous connaissons l’impécuniosité de l’ex-Communauté française devenue une Fédération Wallonie-Bruxelles à régionaliser. Les clés de répartition des subventions communautaires  localisables avaient été généreusement fixées pour Bruxelles (alors quelque 20% des francophones de la Fédération dans cette région dotée de l’essentiel des budgets des institutions culturelles fédérales) à 25%, 75% devant revenir à la Wallonie. Dans le secteur des arts de la scène (comme à la R.T.B.F.) c’est à présent l’inverse grâce à des Charles Piqué et Fadila Laanan  qui avec la complicité des Wallons de l’establishment bruxellois ont roulé dans la farine ministres et parlementaires wallons pourtant largement majoritaires au sein de la Fédération. Spa fournit à cet égard avec son Festival de Théâtre un exemple flagrant d’iniquité.

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        En effet une véritable aberration se révèle dans  les subventions de deux Festivals : l’un flamingant d’avant-garde te Brussel le « KunstenFestival des Arts » qui en plus des crédits considérables de la Communauté flamande et même de l’Union Européenne ainsi que des aides service de Brussel-Bruxelles-hoofdstad-capitale recevait en 2013 près de  600.000 euros (597.566) alors que le Festival Royal de Théâtre de Spa recevait pour sa 54ème édition   255.910 euros  soit quelque 40% de ce qui était octroyé aux affidés de Mevrouw Frie Leysen (2). Cela dans un silence qui est selon moi aussi assourdissant que scandaleux. Espérons que cela  change car autrement la mort à petits feux du Festival de Spa se terminera par une euthanasie. Le seul moyen de l’éviter nous semble être de transférer des subventions de Bruxelles vers la Wallonie.            

        Ceci dit , je n’ai pas présenté  les spectacles. C’est parce que vous trouverez bien davantage à leur sujet sur le site du Festival (www.festivaldespa.be) que ce que je pourrais en dire ici. Par contre vous n’y trouverez pas ce que vous avez pu lire ci-dessus. Mais je prévois de vous donner en suivant deux représentations lors de cinq soirées du 7 au 16 Août une dizaine d’appréciations motivées.                                    

        Jean-Marie Roberti

___________________

(1) Depuis 1959, c’est-à-dire d’abord un quart de siècle en décentralisation du Théâtre National dirigé par Jacques Huisman auquel succéda un Jean-Claude Drouot alias Thierry la Fronde  qui échoua en 1986 et 1987, deux « anciens » Billy Fasbender et André Debaar prenant le relais en 1988 et présentant jusqu’en 1998 une vitrine des productions dramatiques en Communauté française, tandis que depuis 1999, c’est-à-dire depuis 17 ans, c’est le duo Armand  Delcampe et Cécile Van Snick qui met désormais l’accent sur la création (comme le démontrait en 2009,   dans son livre sur le cinquantenaire du Festival,  le journaliste de « La Libre Belgique » Philippe Tirard)  et qui  assume (aujourd’hui très difficilement)  l’actuelle pérennité de  cette manifestation estivale majeure de l’art dramatique en Wallonie.

(2) Une fine observatrice de la vie culturelle bruxelloise, par ailleurs ancienne parlementaire, nous fait justement remarquer que la Fédération Wallonie-Bruxelles a certes obtenu que l'appellation KunstenFestival soit complétée par la mention  "des Arts"  mais, ajoute-t-elle, il faut attaquer ce "kunst" sur le fait que le contrat ne prévoit que trois productions de la Fédération Wallonie Bruxelles. Elle souligne encore que "les 35 producteurs bruxellois ne sont pas francophones" A son avis,  un double financement par les Flamands et les francophones serait de nature  à permettre des créations et un caractère mondial où, conclut-elle, la Wallonie devrait être plus présente.  Nous pourrions souscrire à une telle conclusion si la Wallonie obtenait dans ce secteur de l'art dramatique (comme dans bien d'autres domaines culturels) une proportion équitable des interventions publiques (et non pour le Festival théâtral de Spa 40% de ce que la Fédération  octroie au riche KunstenFestival). Nous apprenons que le Théâtre dit National (auquel cette Fédération accorde plus de six millions d'euros annuels) annonce l'organisation d'une saison 2015-2016 complètement commune avec le  Koninklijke Vlaamse Schouwburg. Grâce à l'addition des subventions 70 spectacles peuvent être programmés en région de Bruxelles-Capitale en y assurant à la Flandre une place démesurée par rapport à sa représentativité réelle (10% des demandes de pensions sont rédigées en néerlandais vient-on d'apprendre) et cela dans un esprit belgicain et recentralisateur. Jusques à quand la majorité wallonne de la Fédération Wallonie-Bruxelles se laissera-t-elle rouler dans la farine ? 

22:50 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, francophonie, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 07 mai 2015

Au Kinépolis, FESTIVAL DU FILM MAROCAIN, deuxième édition, les 9 et 10 mai.

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        Le samedi9 et dimanche 10 mai à Kinépolis-Rocourt va se dérouler le 2ème Festival du film marocain de Liège FFML (1). Hormis le réalisateur Kamal Kamal qui en est à son troisième long-métrage Sotto Voce, les cinq autres – Mohamed Amin Benamraoui, Rachid El Ouali, Mourad El Khaoudi, Othman Naciri, Abdeslam Kelai - n’ont jamais réalisé que des courts-métrage. Le FFML est assuré d’une vision sur l’avenir du cinéma marocain.

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        De par sa situation géographique et la variété de ses paysages, le Maroc peut se revendiquer Terre de cinéma. On y tourne, bon an, mal an, entre vingt et trente longs métrages : Orson Welles y a réalisé Othello en 1949 alors que le Maroc est sous Protectorat de la France. Le Protectorat français a créé dès 1944, le Centre Cinématographique Marocain (CCM). Le Maroc devenu en 1955 un Royaume indépendant conserve en l’état le CCM avant de le réformer en 1977 en lui confiant l’organisation et la promotion de l’industrie cinématographique au pays. Des studios de tournages sont créés, Mohamed VI inaugure ceux de Ouarzazate. Des écoles forment aux métiers du cinéma en partenariat avec des institutions étrangères dont l’INSAS de chez nous. Bien que Terre de cinéma, le Maroc n’est cependant pas encore connu pour une production typiquement marocaine.  

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        Le Festival du Film Marocain de Liège a l’ambition de contribuer à cette notoriété en présentant six films aux synopsis très variés. Ainsi Adios Carmen raconte l’histoire d’un enfant de dix ans qui vit seul avec son oncle, violent et buveur, depuis que sa mère, veuve, est partie se remarier en Belgique. Carmen, une réfugiée espagnole fuyant le franquisme lui fait découvrir le cinéma. Bientôt, les tensions entre le Maroc et l’Espagne se profilent … la suite au FFML. Ainsi Ymma narre comment un publicitaire de Casablanca s’en va à la recherche, en Corse, d’une femme mystérieuse croisée sur le Net … la suite au FFML. Ainsi Malak conte les mésaventures d’une jeune fille de dix-sept ans enceinte. Délaissée par le père de son enfant,  elle doit affronter sa famille, son entourage dans sa condition de mère célibataire … la suite au FFML. Ainsi Sotto Voce qui traite de la guerre de libération d’Algérie. La mère du réalisateur de ce film, à l’époque de ce conflit est une moudjahid algérienne qui doit trouver refuge au Maroc. La frontière marocco-algérienne est truffée de mines et gardée militairement. Le récit évoque Moussa, passeur marocain en charge d’un groupe de fuyards à travers les montagnes de l’Algérie vers le Maroc … la suite au FFML.

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   (1) Renseignements complémentaires : tél. 0470 33 12 41 ou  info@assala.org

11:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 20 mars 2015

Compagnie royale L'ARLEQUIN met à l'affiche L'ETRANGER d'Albert Camus.

 

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        L’assassinat de Georges Wolinski par les frères Kouachi a été ressenti comme un drame personnel au théâtre Arlequin. Par trois fois, Georges Wolinski est venu, la saison 1985-86, voir, à l’Arlequin, l’adaptation à la scène de son album À bas l’amour copain. En ce temps-là, l’adaptation et la mise en scène a été réalisée par José Brouwers qui évoque ces rencontres. Comme les autres victimes du 7 janvier 2015, Georges Wolinski a été la cible du terrorisme dont Albert Camus a dit : le terrorisme est un crime qu’on ne peut excuser.

        Cette phrase comme d’autres telle mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde figurent dans l’à propos tracé par Camille Fernandez et José Brouwers. Cet à-propos permet au public de se remémorer les grandes lignes de la vie de ce Prix Nobel de littérature en 1957. Ce prologue rappelle que le fondement de la philosophie camusienne est l’absurde.

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        En adaptant pour la scène ce roman L’Étranger,(1) José Brouwers n’a nullement trahi l’auteur. La pièce commence par cette phrase Aujourd'hui, maman est morte. Dès ce moment, l’indifférence au monde affichée par Meursault (Pierre Ligot) bascule et l’amène, toujours indifférent devant un jury d’assises qui le condamne pour le meurtre d’un Arabe à la peine capitale. Serge Swysen interprète avec justesse les multiples personnages qui relancent la trame de la pièce. Le décor de Philippe Waxweiller est minimaliste mais il rend toute l’atmosphère d’Alger et de son soleil. Les costumes imaginés par Marie-Josée Delecour contribuent au succès de L’Étranger.

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(1)vend. 20 mars,  sam 21  , vend. 27 à 20h30 – info@theatrearlequin.be – Compagnie  royale

 l’Arlequin – rue Rutxhiel -

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dimanche, 15 mars 2015

EUROVIDEO 2015 met Liège sur la carte de l'Europe de Donostia-San Sebastian à Kaliningrad !

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        En 1965, Sony met sur le marché un appareil qui va bouleverser notamment l’art et donner naissance à ce que l’on appelle vidéographie. Dès 1971, sous l’impulsion de Robert Forget, cinéaste à l’ONF (Office National du Film) s’ouvre au 1604, de la rue Saint-Denis, à Montréal, le siège de Vidéographe, un temple de la création. Il faut attendre 1975 avant que le terme vidéographie apparaisse dans les dicos français. Le terme vidéaste y fait son apparition en 1982.

         Les artistes se sont mis à l’art vidéo depuis bien avant. Ainsi, le Centre de production de la RTBF-Liège dirigé par Robert Stéphane a lancé dès 1976 Vidéographie, la première émission en Europe consacrée à l’art vidéo. Durant 135 émissions, téléspectatrices et téléspectateurs découvrent notamment les œuvres de Nam June Paik, Jean-Luc Godard, Jacques-Louis Nyst, Danièle Nyst, les frères Dardenne et autres Jean-Claude Riga, Jacques Charlier, Jacques Lizène, etc.

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        En 2003, l’ASBL Vidéographies avec s est fondée. Ancrée à Liège, elle vise à entretenir le mouvement des images et le choc des imaginaires. Ses objectifs sont de promouvoir la création, l'expérimentation et les arts numériques par l'organisation d'événements et la production d'émissions TV.

        En liaison avec Mons - capitale culturelle européenne 2015  avec Pilsen (jumelée avec Liège) - Vidéographies en partenariat avec le Ludwig Forum d’Aix-la-Chapelle, Duplex 100m² de Sarajevo et Tabakalera de Donostia-San Sebastian organisent les 17, 18 et 19 mars Eurovidéo 2015 (1). Sous ce nom, une compétition de jeunes créateurs européens qui, grâce à RTC-Télé Liège, sera diffusée dans quatre villes d’Europe et une de Russie, Kaliningrad de manière à ce que les téléspectatrices et téléspectateurs puissent décerner le Prix du public européen. Quant au Grand Prix Eurovidéo 2015, il est attribué par un jury de professionnels européens de l’art contemporain.

        Eurovidéo 2015 est aussi l’occasion de montrer une vingtaine de vidéos en provenance des États-Unis, de Corée du Sud, de Bosnie-Herzégovine, d’Allemagne, de Belgique, de Hollande. La salle du Théâtre de Liège durant les trois jours du Festival se métamorphose en Café Europa pop up. Un concept de Mons 2015, inspiré de la tradition des cafés, lieux emblématiques de la mixité sociale, le Café Europa est un lieu de convivialité connecté (…) Au Café Europa, on perçoit la valeur du do-it-yourself et de l’open source et la chance de redéfinir ensemble le lien social.

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(1)    Théâtre de Liège – Salle de l’œil vert – 20h

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ADDENDUM

PALMARÈS DE L’EUROVIDÉO 2015            

PRIX DU PUBLIC DES CAFÉS EUROPA (Liège, Mons, Donostia-San Sebastian, Skopje, Sarajevo, Kaliningrad)

Ex aequo : POINT OF VIEW  de Sasha Tatic ( Bosnie Herzegovine) et METE-O-ROLOGY  de Fernando Visokis et Thiago Parizi (Finlande).

 

PRIX DÉCERNÉS PAR LE JURY PROFESSIONNEL EUROPÉEN composé de Miriam Lowack (Aachen), Pierre Courtin (Sarajevo), Victor Iriarte Onate (Donostia-San Sebastian), Wolf Kuehr (Mons 2015), Zoé Tabourdiot (Mons 2015), Anne Francoise Lesuisse (Liège). Francoise Safin (Liège), Marc Emmmanuel Melon (Liège), Robert Stéphane (Liège)

Prix Innovation  LAGOS SAND MERCHANTS de Kahrima Ashadu (Pays Bas)

Prix Innovation  THIS IS BRITAIN de Pablo Saura (Grande Bretagne)

GRAND PRIX EUROVIDÉO 2015 : LE MAROC DE DEMAIN  de Younes Baba Ali (Belgique)

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Biographie du récipiendaire du Grand Prix EUROVIDÉO 2015monsieur Younes Baba-Ali

 

Né en 1986 à Oujda, au Maroc, Younes Baba-Ali vit dès le plus jeune âge à Nantes, où il fut initié à la création artistique par l’artiste polonais Ryc’ho Swierad Ryszard. Après ses études de graphisme à Nantes, il entame ensuite son cursus à l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, où il obtient son Diplôme National d’Art Plastique avec mention en 2008. Entre 2006 et 2008, il participe a divers événements artistique à Strasbourg, tel que l’exposition collective “3 days exhibition concept“ organisée par Frank Bragigand au CEAAC.

Par la suite, il réalise un séjour de 6 mois à Wroclaw, en Pologne, qui lui permit de travailler avec le centre d’Art des nouveaux Médias “Wro Art Center“ où il y réalisa l’installation vidéo intitulée “Différence“. Il fût ainsi invité par la curatrice polonaise Dorota Hartwitch dans ce même centre, pour une résidence de 3 mois qui lui permit de créer l’installation sonore “Horn Orchestra“ et de participer à la biennale “WRO 09“ avec l’installation “Sound Neon“. Depuis 2008 il participe à plusieurs expositions et biennales internationales, comme la Biennale “Art In Marrakech“; la BJCEM Biennale de Skopje, Macedoine; Sketch Gallery, Londres; “FIAV 09“, Catania, Sicile; “Brick+Mortar International Video Art Festival“, Greenfield, USA; “Espacio Menos Uno“, Madrid; “Loop Video Art Festival“, Barcelone; “Interférence“, Breda, Hollande; CEAAC, Strasbourg; “In-Sonora Sound Art Festival“, Madrid et “La Galerie du Syndicat Potentiel“, Strasbourg.

 

23:15 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 13 mars 2015

Théâtre de l’ÉTUVE : un programme PYTHONESQUE en mars, accueil délirant du printemps!

        Au réveillon de Nouvel-An, le théâtre de l’Étuve a présenté avec succès l’œuvre originale de son co-directeur John Grégoire, Les casse-pieds sonnent toujours deux fois. Un succès confirmé en février et début mars devant des salles remplies.

        En vue de se réjouir davantage encore de l’arrivée du printemps, l’Étuve a invité la Compagnie Zeron Tropa  de Michel Udiany à présenter des sketches inspirés de l’humour déjanté des Monty Python’s  (1). Cet humour a fait plier de rire de 1969 à 74 les Britanniques. Durant cette période, la très sérieuse BBC a diffusé cette émission au point de la rendre cultissime. Le très sérieux Oxford English Dictionary  a enrichi la langue anglaise d’un néologisme  Pythonesque qui se définit : denoting or resembling  the absurdist or surrealist humour or style of Monty Python’s Flying Circus.

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        Le très sérieux et talentueux Michel Udiany - professeur d'histoire, comédien (notamment au Café de la gare et à Bobino), auteur dramatique et romancier – a écrit et mis en scène Monty Python’s et maintenant, quelque chose de complétement différent. Un spectacle qui tranche avec Quatorze présenté en août 2014, au Monument interallié, à l’occasion du centenaire de la première guerre mondiale.

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(1)    Sam. 21 mars (20h15), dim. 22 mars (15h), vend. 27 et sam.28 mars (20h15)  PAF 10 et 13 €  Réservations : Tél. 0492 56 29 10  Courriel reservationetuve@gmail.com

16:26 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 01 mars 2015

RIO HAUTE COUTURE DU DESSIN AU DÉFILÉ, une expo au CTLM à Verviers.

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        Dans les pays d’Europe et d’Amérique de tradition chrétienne se célèbre le Carnaval, héritage en quelque sorte des saturnales romaines. Les festivités du Carnaval différent de régions et régions. Le plus populaire au monde – deux milliards de téléspectateurs – est celui de Rio de Janeiro qui attire des centaines de milliers de spectateurs.

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         Le Centre touristique de la Laine et de la Monde (CTLM) de Verviers a confié à Alain Taillard le soin de présenter les coulisses de ce Carnaval sous le titre RIO, haute couture, du dessin au défilé (1). Tombé en amour du Carnaval de Rio, Alain Taillard est, fait rare pour un Européen, devenu, depuis 2008, un des  destaques, personnages costumés, au sommet de l’un des chars de l’Escola de Samba de Mangueira.

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        Ces écoles – rien à voir avec celles de Jules Ferry ou Joëlle Milquet – sont des modèles sociaux où l’on s’amuse, chante, danse en vue du Carnaval. Celui de Rio est une compétition avec ses règles et ses classements. Ne sont admis à défiler, 62 à 85 minutes, sur l’Avenida Marquês de Sapucaí où, en 1984, l’architecte Oscar Niemeyer a édifié la Passarela do Samba (le Sambodrome)  que les meilleures écoles de la ville (plus de 12 millions d’habitants).

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         L’Escola de Samba de Mangueira et Escola de Samba Portela ont le record des titres de championnes du Carnaval, titre accordé par  les trente sis jurés de la LIESA (Liga Independente das Escolas de Samba do Rio de Janeiro) selon neuf critères tels les percussionnistes, la qualité de la samba, l’évolution du défilé, le thème, les costumes, la chorégraphie, la porte-drapeau.

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         Le Carnaval de Rio est une compétition et l’on s’y prépare sous la direction du carnavalesco qui choisit le thème, la musique, les personnes-clés. On crée, on taille, le tout dans le plus grand secret. Comme l’a souligné Michèle Corin, directrice du CTLM, à l’inauguration . la semaine du carnaval, ce sont aussi quelques jours durant lesquels chacun, riche ou exclu de la croissance, se plonge à corps perdu dans une fête qui suspend un temps les différences sociales et contribue à résoudre certains conflits sociaux. Tout au long de l’expo, l’équipe du CTLM a prévu une série d’animations qui vont notamment  de la soirée brésilienne à la création de costumes carnavalesques par les écoles et associations verviétoises.

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(1)   RIO, haute couture, du dessin au défilé - Centre Touristique de la Laine et de la Mode (CTLM), rue de la Chapelle, 30 à 4800 Verviers  - du mardi au dimanche de 10h à 17h. jusqu’au 22 mai - Renseignements : 087 30 79 20 – www.aqualaine.be

       
 

 

 

00:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Musique, Social | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 04 février 2015

Théâtre de l’ÉTUVE : un programme chaud-show en ce mois froid de février !

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        Le mois de février a beau être le plus court de l’année, il n’en demeure pas moins qu’il sera un des mois le plus chargé d’activités pour le Théâtre de l’Étuve.

        D’ordinaire, les spectacles de l’Étuve  ne sont pas représentés le dimanche, jamais le dimanche ! Sauf pour le dernier allemand du Caucase (1) , un spectacle de Raphaël Le Mauve, Grand Prix du Théâtre 2013 organisé par l’ Association Création Théâtre (ACT). Sans résumer – c’est impossible - le dernier allemand du Caucase, disons qu’il s’agit d'humour poétique - trash et  politiquement très incorrect... un régal... !

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        Retour la semaine suivante, à la normale si l’on peut dire. Enfiler un vendredi 13, une Saint-Valentin, une chorale d’une vingtaine de personnes sur la scène minuscule de l’Étuve, c’est normal ? Peu importe la réponse, le concert, dirigé par Line Adam, d’I canta Storia (2) vaut le déplacement. I Canta Storia conte en chansons l’histoire d'une Italie multiple tissée de jours de liesse et de déchirements, d'émigration difficile, de foi vivante et de croyances populaires, de nostalgie et de révolte. C’est tout simplement merveilleux… !

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        Celles et ceux qui ont choisi de passer le réveillon de Nouvel An dans la cave de l’Étuve vont retrouver avec plaisir Les casse-pieds sonnent toujours deux fois (3). Ce spectacle de John Grégoire et Carine Lipeville fait littéralement le tour du monde  des raseurs, importuns, casse-culs, chieurs, enquiquineurs, crampons, malavisés, gêneurs et autres trouble-fête qui entourent le quotidien des autres. Sans oublier que les autres dont Sartre a dit qu’ils sont l’enfer sont tout aussi raseurs, importuns, casse-culs, chieurs, enquiquineurs, crampons, malavisés, gêneurs et autres trouble-fête. Bref, nul(le) ne s’en tire mais chacun(e) rigole !

        Sur le site du Théâtre de l’Étuve - www.theatre-etuve.be - , il est loisible d’avoir via You Tube un avant-goût de ces différents spectacles à l’affiche.

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(1)  le dernier allemand du Caucase vendredi 6, samedi 7 février à 20h15 et dimanche 8 à 15h30 -PAF 15€ et 12 € - Réservation : par courriel à reservationetuve@gmail.com ou par SMS au 0492/56.29.10

(2)  I canta Storia – vendredi 13, samedi 14 février à 20h15 - PAF 15€ et 12 € - Réservation : par courriel à reservationetuve@gmail.com ou par SMS au 0492/56.29.10

(3) Les casse-pieds sonnent toujours deux fois – en février, vendredi 20 et 27(complet), samedi 21 (complet) et 28 à 20h15 et mars, vendredi  6, samedi 7 à 20h15 - PAF 15€ et 12 € - Réservation : par courriel à reservationetuve@gmail.com ou par SMS au 0492/56.29.10

18:43 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 18 janvier 2015

L'art épistolaire : l'art des câlins et des malins de la Bafouille Incontinente !

Je pense à toi tout le temps

        En prélude à la Saint-Valentin, le 21 janvier a été décrétée – par qui, mystère, par Charlie ? - la journée des câlins. L’occasion rêvée pour envoyer des cartes  via la Poste. Les spécialistes des cartes envoyées par courriel se sont précipitées sur ce nouveau filon ; Envoyez des cartes attendrissantes à vos proches. Des câlins, des bisous, des mots doux : exprimer sa tendresse, c'est bon pour le moral. Le made in France est de rigueur ; toutes ces cartes sont créées et imprimées dans notre centre de production basé en France. Chaque carte a un coût, 0.99€, mais la livraison est gratuite. Déposés à la Poste, le lundi 19, les câlins vont arriver à destination le mercredi 21. Le commerce est le commerce. Toujours du neuf…comme un célèbre magasin de jouets l’a longtemps affiché sur sa vitrine au 9 rue de l’Université.

        Journée des câlins ou pas, nombre de Liégeois(e)s, aiment pratiquer l’art épistolaire. Elles/Ils le renouvellent sans cesse au point que depuis trente ans, une revue La Bafouille Incontinente (1) accueille leurs lettres sur des thèmes aussi sérieux ou délirants que d’écrire à Jules César ou Jeanne d’Arc. Dans sa dernière livraison La Bafouille Incontinente a adressé un courrier à l’inventeur du zéro. Point n’est besoin d’écrire telle une marquise pour oser le plaisir de bafouiller.

        Comme le plaisir se partage et croît du même coup, chaque parution trimestrielle est suivie d’une lecture par les auteur(e)s (2). Le public devenu le destinataire déniche les subtilités du texte Si le texte plaît, chacun(e) se sent couvert(e) de câlins. La marquise n’a-t-elle point écrit : c’est une chose plaisante à observer que le plaisir qu’on prend à parler, quoique de loin, à une personne que l’on aime, et l’étrange pesanteur qu’on trouve à écrire aux autres.

 

 (1)    Contact : Marcelle Imhauser - rue du Général De Gaulle 200/82  Liège 4020 -
marcimhauser@hotmail.com

(2)    19 février, 18h, à l'Aquilone, 25, Bd Saucy, 4020 Liège – PAF gratuite -. Revue: 5€

 

17:13 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 31 décembre 2014

Hubert Grooteclaes, l'autodidacte d'Aubel, créateur de l'école liégeoise de la photographie universellement reconnue !

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        Deuxième rétrospective à Liège de l’œuvre  du photographe Hubert Grooteclaes (1). La première a eu lieu, il y a plus d’un quart de siècle, en 1987, en la salle Saint-Georges. À l’époque,  Grooteclaes a déclaré : Rétrospective ? Une façon agréable de sentir que l'on devient vieux. Aujourd’hui, sa voix d’outre-tombe dit : Rétrospective ? Une façon agréable de sentir que l'on reste jeune !

        Outre ses deux rétrospectives liégeoises, l’artiste a, à son actif, 102 expositions. Je ne tiens déjà pas compte des expositions de groupe. C'est ridicule. Je ne tiens compte que de mes expositions personnelles (…) Je suis un orgueilleux, ça sûrement …c'est pas un défaut.

        102 expositions, un peu partout dans le monde, notamment à Paris, Londres, Turin, Washington, Tokyo, Hiroshima, Lille (Festival anarchiste).  Une morale de l'anarchie ne peut se concevoir que dans le refus. C'est en refusant que nous créons. Je vous parlerai plus volontiers de beauté que de technique. C'est pour moi l'essentiel. Elle me permet de sublimer l'ordinaire en marge des conneries quotidiennes. Je m'efforce toujours d'asseoir la photographie comme une fête de l'intelligence.

        Pour ses vingt ans, sa maman offre à son fils, orphelin de père dès l’âge de six ans, un Zeiss Ikon. Depuis la fin de sa poésie au collège Saint-Hadelin, à Visé, Hubert Grooteclaes assiste sa maman, fromagère à Aubel. Il continue d’exercer ce métier jusqu’à ses vingt-sept ans. La photo est son hobby.  Il en fait son boulot, son art.

        Le 14juillet 1963, son ami Léo Ferré  (2) le qualifie l’homme avant le déclic, pour être le vol avant l’oiseau qui doit sortir forcément de vos boîtes amicales.Vingt ans plus tard, le Liégeois Joseph Orban écrit : quand Grooteclaes déclenche son obturateur, ce n'est pas une machine qui bâille, c'est un cœur qui impressionne la lumière. Des mots qui font mouche auprès d’Hubert Grooteclaes ; Je crois qu'un artiste demande à être aimé. C'est tout (…) déjà de rencontrer des gens qui aiment bien ce que vous faites, c'est agréable.

       Le paradoxe de Grooteclaes, l’autodidacte, c'est d’être à l’origine de l’école liégeoise de la photographie en enseignant à l’École Supérieure des Arts Saint-Luc de Liège. La prise de vue, c'est vite fait (…) C'est alors que c'est difficile. Après, c'est tout noir, tout seul dans le noir. Recommencer, ne jamais être content. De ses étudiants, Grootclaes demande qu’ils soient passionnés (…) J'essaie qu'ils aient un jugement juste pour la photo. Et ça, c'est déjà difficile. Il faut savoir ce qui se fait un peu partout. Il faut s'être trompé très souvent et se remettre en question, toujours. Ne jamais être sûr de soi...  j'essaie que mes élèves puissent montrer leurs photos à Amsterdam, à Milan, à New-York sans qu'on leur rie au nez. C'est difficile, mais c'est comme ça. Autrement, si vous voulez plaire à Amay, ou à Houtsiplout, c'est facile: il ne faut pas surprendre.

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(1)  Rétrospective Hubert Grooteclaes – Grand Curtius, Féronstrée 136 – Jusqu’au 8 février 2015 – fermé le mardi

(2)  Apéro littéraire musical, le 16 janvier 2015, 18h – Grand Curtius - Erno le Mentholé face à Léo Ferré

      Hommage à Léo Ferré, le 18 janvier 2015, 20h30 - Théâtre de Liège - Relecture d’œuvres de Ferré en jazz par Gianmaria Testa, Paolo Fresu, Roberto Cipelli, Attilio Zanchi, Philippe Garci - Réservation Aquilone 0496 21 50 46 et Théâtre de Liège 04 342 00 00 - PAF 25 €

 

 

 

18:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 06 décembre 2014

chi va piano va sano certes mais il faut aller vite avec les Amis de l'Orchestre pour acquérir le nouveau piano !

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        Le grand piano de concert Steinway de l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège (OPRL) présente quelques signes de fatigue. Depuis 1992, il réjouit l’ouïe de tous les mélomanes qui fréquente la Salle Philharmonique du boulevard Piercot. Il a été décidé de le remplacer.

        Mais un nouveau piano coûte cher 100.000 €, une somme qui ne se trouve pas sous les pieds d’un cheval. Aussi Les Amis de l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège ont décidé d’endosser le harnais pour soutenir  l'OPRL et témoigner une fois encore que l’amitié n’est pas un vain mot. Depuis leur fondation en 1988, ils ont déjà offert quelques 300.000 € à l’Orchestre de leur cœur.

        Durant la saison 2014-2015, les Amis de l’Orchestre (1) construisent le nouveau piano en proposant d’acquérir symboliquement des éléments constitutifs du nouveau. Ceci va de l’acquisition d’une des 52 touches blanches au coffre. Les prix varient. La touche blanche vaut 30 €, la noire 45€. Ceci va à l’encontre de la règle bien connue : une blanche vaut deux noires mais la relative rareté des touches noires – 36 – justifie le prix.

        La vente symbolique doit, selon nos calculs, rapporter 30.720€.  Chaque contributeur  qu’il ait acquis une touche, un marteau (80€), une pédale (500€), le tabouret (1.000€), le couvercle (3.000€), la table d’harmonie (5.000€), le cadre en fonte (8.000€) ou le coffre (10.000€) est invité pour un récital exclusif  lors de l’arrivée du nouveau piano. De plus, son nom sera cité dans les remercîments.

(1) Contact : Guy Delville, Président des Amis de l’Orchestre guy.delville@skynet.be  – BE70 1960 2954 3225

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jeudi, 13 novembre 2014

À noms de dieux, le 15 novembre, REZA, le photographe de l’âme.

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        Pour la première fois depuis sa création, noms de dieux reçoit (1) un photojournaliste, Reza Deghati mieux connu sous le nom de REZA. Originaire de Tabriz, une ville de plus d’un million d’habitants, chef-lieu de la province de l’Azerbaïdjan oriental, au nord-ouest de l’Iran, Reza est architecte de formation.

        Adolescent, au lycée il crée un journal L’Envol dans lequel il évoque la misère ambiante. Sitôt paru, la direction du lycée confisque tous les exemplaires et les déchire. Sous Mohammad Reza Chah Pahlavi, officiellement, il n’y a pas de misère. Reza est réprimandé. Il ne promet toutefois pas de s’amender. Jeune étudiant, il récidive. La misère du peuple – surtout celles des enfants - coexistant avec l’opulence indécente du pouvoir en Iran le révolte. En 1974, il est arrêté pour militantisme artistique contre le Chah par la SAVAK, organisme de police politique. Il est emprisonné durant trois ans dont cinq mois de torture.

        Il évoque, pour la première fois, un épisode de cette torture dans noms de dieux. Sous la direction du Guide de la Révolution, Rouhollah Khomeiny, la République islamique traque les membres de la SAVAK. En sa qualité de photographe du magazine Newsweek, Reza est convié à une conférence de presse où sont présentés des membres de la SAVAK. Reza reconnaît l’un de ses tortionnaires. À la fin de la réunion, Reza lui tend la main en l’appelant sous son nom de code. Ce geste a joué un rôle majeur dans la vie de Reza qui, en 1981, choisit l’exil. La tyrannie de la République vaut celle de la monarchie !  

        Le monde est mon champ de vision déclare Reza qui travaille pour les titres de presse les plus célèbres de la planète. Aux USA, la National Geographic Society – société savante fondée en 1888 – le reçoit comme membre en 1991. En préface d’une exposition de ses photos dans les Jardins du Luxembourg, à Paris, Reza écrit : les chemins multiples que j’ai pris depuis trente ans, m’ont conduit à la rencontre d’enfants, de femmes et d’hommes dont les destins, uniques, m’ont marqué. Proche de chacun d’eux, au point de sentir leur souffrance comme leur joie, j’ai raconté grâce à cet alphabet universel qu’est la photographie, leurs mémoires d’humains pris dans la tourmente du monde.

        Convaincu que les peuples n’avancent vers la paix que via la liberté d’opinion, d’expression, Reza a fondé en 2001, l’ONG internationale AINA qui a, dans ses objectifs, la formation aux techniques de la communication les jeunes et les femmes. Cette ONG est notamment active en Afghanistan.

 

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(1)    REZA, le photographe de l’âme - Diffusion  le samedi 15 novembre 2014 sur « la deux » vers 22h50. Rediffusion dans la boucle de nuit  sur « la deux » du mardi 18 au mercredi 19 octobre  vers 0h40. Sans oublier, la possibilité de voir l’émission durant une semaine sur le Net, en cliquant sur www.ladeux.be/revoir

 

Selfie REZA et Pierre André         Copyright Webistan

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lundi, 27 octobre 2014

Le 56ème Festival royal de théâtre de Spa peut avoir lieu ! Et après ?

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        Fidèle à l’apophtegme de Beaumarchais sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur, notre confrère Jean-Marie Roberti couvre le Festival de Théâtre de Spa depuis de nombreuses années. Outre l’aspect culturel, il est un des rares confrères à s’intéresser aux conditions institutionnelles auxquelles se trouvent confrontés Armand Delcampe et Cécile Van Snick, organisateurs de ce Festival devenu Royal. Royal, certes … Mais menacé sûrement selon le mot de Delcampe. En 2002, Richard Miller, ministre de la Culture à l’époque, a signé un contrat-programme quinquennal avec la Ville de Spa. Celui-ci n’a jamais été renouvelé par Fadila Laanan qui a occupé, durant dix ans, ce ministère de la Culture. Un record de longévité ministérielle exercé pour se contenter de prolonger, par de simples avenants annuels, un contrat-programme obsolète.

        Le Festival (royal) de Théâtre de Spa est la principale manifestation estivale wallonne d’art dramatique à qui est, systématiquement et injustement, refusé le renouvellement d’un contrat-programme pluriannuel comme l’a proclamé à de multiples reprise Jean-Marie Roberti. Et de comparer la subvention accordée à Spa et les largesses financières de la Communauté française – l’ancienne appellation de la Fédération Wallonie-Bruxelles – s’en allant vers ce « Festival des Arts de Bruxelles » étant mieux connu sous l’appellation que lui donna sa fondatrice Mevrouw Frie Leysen : « Het Kunsten Festival » au service, dans la capitale de l’Europe, de la Communauté flamande et d’une expression dramatique réservée à une petite minorité  d’avant-garde. À ces largesses viennent s’ajouter celles de l’Union européenne, de la Communauté flamande, de la Région de Bruxelles-Capitale et de la Ville de Bruxelles. Face à cette situation, les député(e)s wallon(ne)s pourtant majoritaires au sein du Parlement de la Communauté restent amorphes. Jean-Marie Roberti le déplore : C’est dans le silence assourdissant de trop d’élus de la majorité wallonne du Parlement de l’ex-Communauté française  que sont votés des budgets qui bafouent toute équité quant à la répartition des dépenses localisables entre régions wallonne et bruxelloise.

        Au lendemain des élections de mai, la situation peut-elle évoluer favorablement pour le Festival royal de Théâtre de Spa ? Il est permis de le penser encore qu’un certain nombre de membres du Conseil de l’art dramatique désignés en 2012 pour cinq ans par la ministre précédente restent en place. Un certain optimisme est né de la première intervention d’un nouveau parlementaire, Charles Gardier – récipiendaire en 2013 de l’Ordre du Mérite wallon – qui a interrogé Joëlle Milquet, ministre de la Culture quant à l’avenir du Festival royal du Théâtre de Spa.

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       Le Festival royal de Théâtre de Spa existe depuis 1959. La 55e édition de cet événement culturel incontournable en Fédération Wallonie-Bruxelles s’est déroulée cet été.

Les avantages de ce festival sont nombreux. Tous les styles de théâtre y sont représentés, ce qui en fait la vitrine artistique d’une grande partie de la production francophone belge. Il attire un public varié et nombreux. En effet, plus de 14 000 spectateurs ont participé au festival cette année.

Le taux d’occupation était donc proche du maximum. La politique des prix pratiquée le rend accessible à toutes les couches de la population, y compris aux jeunes qui découvrent ainsi un univers culturel différent. Le festival met l’accent sur la création d’œuvres d’auteurs belges et met ainsi en évidence la valeur artistique de nos talents. Autant d’avantages, le tout dans le cadre particulier, reconnaissons-le, de la ville de Spa, berceau du thermalisme moderne. (…)

Pourtant, son avenir pose question. Y aura-t-il une 56e édition, et si oui, sera-t-elle de qualité?

En effet, depuis la fin du contrat-programme entre ce festival et la Communauté française en 2006, les moyens réduits dont il dispose ne correspondent plus à ses besoins. Ces limitations budgétaires entraînent une liberté de choix restreinte et une programmation réduite. Les subventions sont, à titre d’exemple, 2,33 fois inférieures à celles attribuées au Festival des Arts de Bruxelles. (…) Je vous interroge aujourd’hui sur le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles. Comptez-vous accorder à ce festival les moyens que la Fédération ne lui reconnaît plus depuis 2006, ce qui délaisse ainsi l’art dramatique dont nous devrions pourtant être fiers? Comment comptez-vous rassurer les organisateurs de ce festival? 

 

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        Réponse prudente de l’ancienne ministre fédérale : le Festival royal de Théâtre de Spa, qui vient de fêter sa 55ème édition, a été intégré dans les nouveaux échéanciers prévus par Mme Fadila Laanan pour le secteur théâtral.

D’après mes informations, la commission d’avis est sur le point de m’envoyer sa note relative à la conclusion des prochains contrats-programmes.

Le renouvellement du festival de Spa, ses conditions et ses montants font l’objet d’un des trente-neuf dossiers concernés. Le cadre budgétaire sera donc prochainement fixé pour 2015 et les années ultérieures.

J’ai rencontré, hier, (NDLR : 1er octobre) la commission d’avis. Les avis devraient me parvenir officiellement dans les semaines qui viennent, après analyse par le service juridique de l’administration. Je prendrai les décisions les plus opportunes sur la base de ces avis, après avoir entendu les différents acteurs.

À ce stade, je ne peux donc vous communiquer aucune décision, mais je connais l’importance et la qualité du festival. Un avenant au contrat-programme permet de le prolonger jusqu’au 31décembre 2015 pour garantir la continuité de l’événement. Pour le festival de Spa comme pour les autres dossiers, les contrats-programmes seront fixés à partir du 1er janvier 2016 pour les cinq prochaines années. 

        En réplique, Charles Gardier entend rester vigilant : J’attends avec impatience le retour de la commission d’avis. J’espère qu’il prendra en compte l’importance de ce festival et des matières théâtrales en général. Je ne manquerai pas de revenir vers vous si nécessaire. Il est à souhaiter que d’autres parlementaires des divers partis mènent le combat avec Charles Gardier qui a eu raison de soulever le problème dès à présent. Car 2015 sera décisif quant à la vie ou à la mort d’un Festival qui depuis 1959 occupe une place importante dans ce secteur culturel. En 2015, les contrats-programmes seront élaborés pour les années allant de 2016 à 2020. Le Festival royal de Théâtre de Spa mérite réparation pour les neuf ans de sacrifices qui lui ont été infligés à tort.

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00:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Economie, francophonie, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 13 octobre 2014

C'était au temps où Verviers verviétait ... La Belle Époque au C.T.L.M.

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00:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 06 octobre 2014

Théâtre de l'Étuve : les spectacles d'octobre !

        Liège 28 a toujours eu une tendresse particulière pour le théâtre qui, un jour, donnera son nom à la rue de l’Étuve selon le mot de l’écrivain liégeois Alexis Curvers. Sans remonter à l’époque de Jean Mottard, Georges Konen, René Godefroid, Dolly Damoiseau, Paul Libens et tant d’autres qui ont transformé une mûrisserie de bananes en un lieu mythique, en 2010 avec les confrères de la presse liégeoise, nous avons contribué à la réussite de l’Étuvethon. Cette opération a permis d’empêcher une cave émancipée de revenir une cave terne, ou pire, une caverne emplie de fantômes.

        Le mercredi 2 février 2011, à 20h15, l’Étuve a repris vie. Si, en excellent comptable, on compare les résultats des années civiles 2012 et 2013, il y a lieu d’être souriant. Que ce soit le nombre de spectacles (+13%), le nombre de spectateurs (+14%), le nombre de représentations (+26%) ou la recette globale (+28%), les chiffres sont en hausse. Souriant, confiant mais aussi patient. Promise début de cette année, une subvention n’est toujours pas au rendez-vous.

       Brassens.jpg La saison 2014-2015 a commencé par un spectacle dont l’Archevêque de Malines raffole, si l’on en croit la récente émission de la RTBF, 69 minutes sans chichis. Ce qui séduit Léonard chez Brassens, c’est le côté non conventionnel, c’est la beauté de ses textes, l’intense poésie de ceux-ci. Et aussi la manière dont il aborde toutes les vanités de l’existence, il est très sensible au mystère de la mort. Lors du premier spectacle de l’Étuve, Jean Dufour a présenté un Brassens tout nu, tout cru, poète dont les textes ont été transformés en contes, en sketches. Bref, un Brassens sans soutien-Georges, un spectacle apprécié.

        Le deuxième spectacle (1) s’intitule DUO. Écrit par Robert Sullon, il conte l’histoire de duettistes qui, après trente ans de vie artistique, estiment réciproquement son humour subtil, l’autre est débile ! Une pièce drôle, grinçante, terriblement humaine interprétée par Robert Sullon, John Grégoire et Alexandra Sullon.

                                                                 

        Le troisième spectacle d’octobre (2) est une reprise d’une pièce qui s’est révélé un immense succès la saison dernière, Michel Udiany aggrave son cas. L’occasion pour l’auteur liégeois Michel Udiany d’observer la société actuelle et d’en rendre compte avec un humour acide assez désopilant.

        Michel Udiany n’est pas, ce que l’on a appelé dans les siècles passés, qu’un histrion, il est également un historien rigoureux. Dans le cadre des commémorations officielles de la guerre 14-18, sa compagnie Zéron Tropa, en collaboration avec l’Étuve, a présenté à la Tour du Mémorial Interallié de Cointe, Quatorze. En sept tableaux, description les jours qui précèdent la guerre en août 14 et l’impact de l’entrée en guerre sur la vie des gens.

        La suite de la saison 2014-2015 du Théâtre de l’Étuve est à découvrir, au mois le mois, dans Liège 28. Déjà, l’attention se porte sur ce qui devient une tradition, le réveillon de nouvel an avec un spectacle Les casse-pieds sonnent toujours deux fois avec bulles et zakouskis à l’entracte.

(1) 10, 11, 17, 18 octobre à 20h15 reservationetuve@gmail.com

(2) 31 octobre, 1 novembre à 20h15 reservationetuve@gmail.com

00:52 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 16 août 2014

Y AURA-T-IL UN 56ème FESTIVAL ROYAL DE THEÂTRE DE SPA ? « MADAME NON » REPONDRA-T-ELLE OUI ?

 

 Cécile Van Snick et Armand Delcampe en 2009 heureux de célébrer les 50 ans du Festival ; se retrouveront-ils en 2015 ?

        Vendredi soir, à l’issue de l’ultime représentation du 55ème  Festival Royal de Théâtre de Spa, Armand Delcampe co-directeur depuis 16 ans de ce Festival, mon épouse et moi, nous nous sommes embrassés en formulant l’espoir de nous revoir l’an prochain.  D’abord parce que lorsqu’on aborde son quatrième quart de siècle c’est l’état de santé qui est susceptible de décider. Mais aussi parce que les moyens diminuent chaque année comparés aux besoins. Certes il y a des éléments positifs qu’a soulignés la co-directrice Cécile Van Snick qui a fait état d’un taux d’occupation des places disponibles  de l’ordre de 90%,. Plusieurs fois les réservations conduisirent à organiser une représentation supplémentaire. Une centaine de personnes suivirent chaque lecture et chaque rencontre.

        Au sein de l’équipe du Festival les nouveaux responsables de la gestion, des services techniques et de la communication réussirent des prestations très appréciées. Quant à moi qui ai suivi dix représentations en cinq soirées, mon « top 4 » va de « Karl Marx, le Retour »  à « No Sport » en passant par « Discours à la Nation «  et « L’école est finie ». Et l’on me dit que j’ai « raté » « Belles de nuit » et surtout « Mangez-le si vous voulez ».

       Sur les 18 spectacles principaux, un tiers était constitué de « one (wo)man show » et un second tiers mettait en scène deux comédien(ne)s. Quand vous devez tenir compte pour des raisons strictement budgétaires de la nécessité de trouver des distributions aussi réduites, cela signifie que votre liberté de choix pour programmer un Festival déjà raccourci en durée et ayant renoncé à tout vedettariat, est réduit comme un peau de chagrin.  Moins pessimiste qu’Armand Delcampe et moi, sans être aussi optimiste que l’octogénaire Bourgmestre de Spa, Cécile Van Snick devra convaincre la nouvelle Vice-Présidente bruxelloise du Gouvernement Wallonie Bruxelles responsable à la fois de l’Enseignement obligatoire et de la Culture de répartir autrement les subventions localisables à l’art dramatique domaine où la Wallonie est gravement spoliée notamment quand on compare le Kunsten Festival instrument de propagande flamande à Bruxelles et le Festival Royal de Spa.. Certes, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir mais le sursis menaçant n’est pas écarté.

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         Ce 15 Août au Radisson, Stéphane Stubbé a interprêté « No Sport » adaptation qu’il a écrite d’un personnage historique qu’il admire : Sir Winston Churchill. C’était intéressant, souvent amusant, joué avec talent et conviction. Les multiples facettes du « sauveur de l’Occident » en mai 40 sont-elles toutes rencontrées ? Sûrement pas , la mine était trop profonde. Je connais d’autres admirateurs de Churchill : par exemple, le chanoine Eric de Beukelaere  et Armand Delcampe précité. Si ces deux-là avaient  traité ensemble le même sujet, les dimensions à la fois théistes et franc-maçonnes de Churchill auraient été subtilement soulignées ce qui n'est pas le cas ici mais ne nous a pas empêché de passer un bon début de soirée.

        Par contre à 21 heures, nous ne sommes pas entrés dans le texte  de l’américaine Joyce Carol Oates illustrant la violence sauvage d’une société d’Outre-Atlantique, pire que la nôtre.  Nous reconnaissons très volontiers l’excellente prestation du comédien Alexis Goslain, son rythme, son agilité mais un bon acteur sans texte convainquant ne peut seul sauver un spectacle.

       Rappelons une fois encore en conclusion la phrase de Beaumarchais : « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. »                                                 

 Jean-Marie ROBERTI

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13:40 Écrit par Pierre André dans Actualité, Amour, Art, Culture, francophonie, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 15 août 2014

THEÂTRE A SPA A L’HEURE DU ONE MAN SHOW : DECEVANT PARFOIS MAIS MAGISTRAL GRACE A ASCANIO CELESTINI ET DAVID MURCIA !

 

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THEÂTRE A SPA A L’HEURE DU ONE MAN SHOW : DECEVANT PARFOIS MAIS MAGISTRAL GRACE A ASCANIO CELESTINI ET DAVID MURCIA !

Huitième des onze jours du 55ème Festival Royal de Théâtre de Spa, ce mardi 12 Août 2014, deux des cinq lieux de représentation n’étaient pas utilisés : le Salon gris (où trois pièces étaient programmées trois fois soit neuf soirs sur onze à 18h30’) et la Salle des Fêtes (où les après-midis à 15h30’ des goûters étaient offerts lors de cinq rencontres et de trois lectures auxquelles on ajoutera deux concerts de fins de soirée).
 
Mardi dernier le choix des festivaliers était réduit à un spectacle à l’Hôtel Radisson à 19 heures et à une des deux représentations plus tardives à 20h30’ au Théâtre Jacques Huisman ou bien à 21 heures au Salon bleu.

Sans compter techniciens ni personnel de salle, combien de comédiennes et de comédiens pouvions nous voir dans ces trois spectacles ?

Le total est aisé à calculer : trois acteurs, un par représentation.

La programmation d’une telle soirée constitue un bon exemple de ce à quoi la co-direction du Festival est contrainte faute de moyens qui ne cessent de décliner puisque leur stagnation s’est aggravée en fonction de l’évolution des coûts du secteur pendant les dix
années  d’indifférence de la ministre anderlechtoise aujourd’hui compétente pour la propreté publique à Bruxelles.

Répétons donc comme Cécile Van Snick a demandé que cela soit fait avant chaque représentation : « LE FESTIVAL EST EN SURSIS ». . .

Mardi après « La danse du fumiste » de Paul Emond nous avons choisi « Discours à la Nation » d’Ascanio Celestini  plutôt que « L’Ami des belges » de Jean-Marie Piemme.

A l’issue de la représentation du premier de ces trois « one man show », mon épouse a eu ce commentaire (juste comme toujours de sa part) : « C’était quand même une belle performance d’acteur ».

Certes !

Et que grâces en soient rendues  à Gilles-Vincent Kapps.

Mais cette performance conduit dans une impasse, une fumisterie pour nous sans intérêt.

Nous avons par contre heureusement fait le bon choix pour notre seconde représentation de cette soirée (nous n’écrivons pas le meilleur car nous ne connaissons pas la pièce de Piemme et parce que lors de ce Festival il nous a été dit que nous aurions le week-end
raté un chef d’œuvre « Mangez le si vous voulez » de Jean Teulé mis en scène et interprété par Jean-Christophe Dollé et Clotilde Morgiève).

Ascanio Celestini (adapté en français par Patrick Bebi) est le digne continuateur de Dario Fo.

Cette fois ce n’est pas pour lui mais pour le grand acteur David Murgia qu’il a écrit et mis en scène un décapant « Discours à la Nation ».

Et c’est à un représentant de la classe dominante qu’il donne la parole pour se gausser en termes caustiques, parfois simplement ironiques mais souvent féroces et cyniques, de ces pauvres types de la classe des dominés dont les vieux engagements idéologiques peuvent être avec jubilation retournés contre eux.

La docilité des exploités, la démission des politiques et des syndicalistes, les exigences d’un marché mondialisé ultralibéral conduisent à supprimer toute résistance et à se moquer sans remord de celles et ceux grâce auxquels une petite minorité s’enrichit en
creusant le fossé d’une société duale entre Continents, Etats et Régions comme entre puissants et misérables, riches et pauvres.

 

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David Murgia (accompagné rythmiquement à la guitare par le compositeur Carmelo Prestigiacomo) incarne avec une parfaite décontraction apparente le personnage cruel et souriant concocté par Celestini.

Il a abaissé le masque des gens bien élevés, il retourne les couteaux dans les plaies et simultanément il est vraiment très drôle et nous a permis d’inscrire ce « Discours à la Nation » au firmament du Festival avec le magistral retour de Karl Marx.

Nous nous réjouirions enfin du fait qu’il s’agit d’une production liégeoise trop rare à Spa mais à vrai dire les réalisations du « Festival de Liège » sont plus bruxelloises que liégeoises car elles émanent du Théâtre National dit de la Communauté française et non
encore de la Fédération Wallonie Bruxelles (sans doute parce que prononcer Wallonie avant Bruxelles est dérangeant pour qui le rééquilibrage régional des budgets rabougris consacrés à « l’art dramatique » serait imbuvable).

Mais c’est au lendemain du 15 Août que nous ferons le bilan d’une organisation culturelle « en sursis ».

Jean-Marie ROBERTI

05:32 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, francophonie, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 24 juillet 2014

Indispensable à qui aime Liège, le Guide architecture moderne et contemporaine 1895-2014.

        À l’instar d’autres grandes villes, Liège dispose maintenant d’un Guide architecture moderne et contemporaine 1895-2014 (1). Le fait est d’importance.  La présentation de l’ouvrage au public s’est faite en la Salle Académique de l’ULg. Les universités belges francophones (ULg, UMons, ULB et UCL) ont tenu à apporter leur concours scientifique aux auteurs Sébastien Charlier – doctorant en histoire, art et archéologie ULg – et Thomas Moor, historien également.

       Dans l’avant-propos, ceux-ci notent que l’architecture moderne et contemporaine reste le parent pauvre de la culture belge francophone. Il en résulte qu’elle demeure largement méconnue – voire rejetée – du grand public autant que de nos élus (…) la régionalisation à l’aube des années 1980, évolution propre à l’histoire belge, a puisé en Wallonie les ressources de sa légitimation (…) dans une valorisation sélective du patrimoine, ciblant prioritairement le bâti antérieur à la période que couvre ce guide (…) Il est significatif qu’aucun département ou direction de l’architecture n’ait été mis en œuvre lors de ces réformes de l’État – a contrario du patrimoine – et que ce ne soit qu’en 2007 qu’un service transversal ait été mis en place à la Communauté française (…) avec la Cellule architecture, pour que la dimension publique de l’architecture soit enfin revendiquée et vécue comme constitutive de notre citoyenneté.

        Le communiqué de presse de Caracas PR précise notamment que la publication a été réalisée avec le concours de la Ville de Liège (Archives communales et Département de l’Urbanisme). La photographie a fait l’objet d’une commande auprès d’une jeune auteure, Élodie Ledure, sous la direction artistique du critique Emmanuel d’Autreppe. (…) le graphisme est développé par Double Page (Daniela Corradini), associé à David Cauwe.

        Les notices qui accompagnent chaque édifice public ou privé ont été rédigées par 48 personnes dont 26 femmes. La parité est conforme à la proportionnelle femmes/hommes dans la vie !

        Ce livre est à acquérir et à lire de sorte que disparaissent les péremptoires j’aime pas des adversaires de la modernité et de la contemporanéité. Édifiée sur un site parcouru par un fleuve, la Meuse, alimenté sur sa rive droite de la rivière Ourthe, venue du fin fond des Ardennes et sur sa rive gauche de la rivière Légia, venue de la proche Hesbaye, Liège se révèle être une ville où pas moins de cent quarante-quatre artistes sont associés aux œuvres répertoriées dans ce premier ouvrage d’une collection de guides. Le  prochain sort en février 2015 et traite – cela va de soi en sa qualité de capitale européenne de la Culture – de Mons & cœur du Hainaut.      

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(1)  Guide architecture moderne et contemporaine 1895-2014  - sous la direction de Sébastien Charlier et Thomas Moor – Co-éditeurs Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Mardaga - Format 17 x 24 – 400 pages – relié, cousu fil de lin – 35 €

15:23 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Economie, Politique, Université | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 20 juin 2014

Carte Blanche à Jacques BRAIPSON pour célébrer la Fête de la Musique à l'An Vert.

        Incontestablement, à Liège et ailleurs, Jacques Braipson est connu pour son goût et son amour de la musique. En 1983, en suite d’une rencontre avec Maurice Fleuret, le directeur de la musique en France, il lance à Liège, avec le PAC, la première Fête de la Musique à l’image de celle créée en 1982, en France par Jack Lang. Dans le reste du Royaume de Baudouin,  on attend 1984. D’où le slogan en 2014, Liège se met sur son trente et un pour fêter les 30 ans de la fête de la musique.

        Directeur à Liège des Jeunesses Musicales dont il a été le Président national, il a amené quantité de concerts parmi lesquels Genesis (Peter Gabriel), Serge Reggiani, Claude Nougaro, etc, etc. Aujourd’hui vendredi 20, à 20h, à l’An Vert, rue Mathieu Polain, Carte Blanche est donnée à Jacques Braipson qui a invité au rendez-vous à la chanson francophone.

        Il y a La Cécité Amoureuse, un groupe avec des chansons qu’auraient bien pu connaître les cabarets. Si nous n’avions pas eu la bêtise de les laisser mourir. Il y a Valérie Lindekens accompagnée de Vincent de Nève. Entre eux, une complicité s’installe hâtivement…Valérie joue avec les mots et propose des mélodies auxquelles Vincent ajoute sa touche musicale harmonieuse. Il y a Jacques Braipson en personne. Il chante lui-aussi en s’accompagnant à la guitare et à l’harmonica. Il y a Yves Teicher & Co que Jean-Pierre Schroeder de la Maison du Jazz décrit ainsi ; La folie douce de la musique tsigane, la virtuosité ébouriffante du soliste classique, l'imagination débordante du jazzman, l'expérience de la route et du voyage, une passion immodérée pour toutes les musiques et un coeur gros comme ça ! Bref de la chanson de 20 à 80 ans. Naturellement, le tout s’achève par une jam.

Photo : Plus de 4000 MERCIS à tous les fans de la page de la Fête de la Musique à Liège.
Le cap a été franchi avant le 21 juin: objectif du "Community Manager" atteint (c'est la gars qui écrit ce message avec un sourire au lèvre ;) ).
Nous fêterons cela comme il se doit durant tout ce WE, en musique!
Merci.

11:45 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, francophonie, Liège, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 04 juin 2014

Cointe, un coin de Liège connu au plan international.

 

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       La colline de Cointe connait cette année ses heures de gloire. Le lundi 4 août 2014 va s’y dérouler la journée de commémoration du 100e anniversaire de 14-18. Tout l’été, les piétons vont y effectuer la promenade du Mémorial entre la gare des Guillemins  et Mémorial interallié, promenade parsemée de photos géantes sur les façades de Cointe. Et ce week-end, du 6 au 9 juin, Cointe  célèbre son 10e Festival des Arts.

       Le programme est riche. Il comprend notamment des pièces vocales des 16e et 17e siècles (1), un concert de jazz  (2), une rencontre littéraire sous forme de dialogue entre le journaliste RTBF Edmond Blattchen et le philosophe Pierre Somville, membre de l’Académie royale de Belgique, professeur émérite de l’ULg (3). Au programme, on trouve également le traditionnel Parcours chez les artistes (4). Artistes très souvent féminines telles Mariette Smit, Nancy Pierret, Antonella Repaci, Hélène et Isabelle Davoise, Eliane Lambert, Gisèle Schaffrath, Bénédicte Moyersoen, Nicole Nardellotto ou encore Madeleine Defawes

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(1)    Vendredi 6/6, 20h30, crypte de la Basilique

(2)    Samedi 7/6, 20h30, rue Saint-Maur 93

(3)    Dimanche 8/6, 16h, rue Saint-Maur 93

(4)    Dimanche 8/6 et lundi 9/6, de 14 à 19h.

22:45 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Littérature, Loisirs, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 18 mai 2014

René CHAUMONT, une des plus belles voix de Liège, sa ville.

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       Actuellement - sauf erreur ou omission comme disent les banquiers – Liège compte 62 impasses. La Ville de Liège honore, dans ses impasses, le nom d’un des premiers décorés de la Légion d’honneur ou encore des vertus telles l’Espérance ou la Mutualité.  En fait, il y a davantage d’impasse car ne sont pas reprises sur le plan de Liège (édition 2010) les impasses privées tel l’impasse Graindor qui donne sur la rue Saint-Laurent. Et pourtant, c’est dans cette impasse qu’est né le 14 mai 1933 René Chaumont dont la voix est une basse noble.

       Sur son site www.renechaumont.com le chanteur  explique les caractéristiques de cette voix dont la nature l’a doté. La basse profonde (ou basse noble, ou encore basse Nivette, en référence au chanteur du XIXe siècle Juste Nivette), jadis appelée basse-contre, est la plus grave des voix de basse. Il s'agit d'une voix sombre et puissante, apte à se faire solennelle aussi bien que sépulcrale, et capable de soutenir un ensemble vocal extrêmement chargé. Les vraies basses profondes sont très rares.

       En 1972, René Chaumont remporte le Grand Prix de la Chanson wallonne. Il est engagé à dans les chœurs de l’Opéra de Paris mais son cœur demeure attaché à Liège.  Il interprète notamment Liège, ma ville de Paul Libens et René Fourré. Ami de Jean-Denys Boussart, il enregistre, en 1998, une production du  Royal Caveau Liégeois constituée des plus belles chansons wallonnes, Po l'pus grande glwère dèl pitite patrèye. En 1999, Chaumont chante Saint-Pholien des Prés, chansons qui aujourd’hui sont plus jamais d’actualité puisque à l’occasion du centenaire de l’église actuelle, une exposition (1) retrace neuf siècles d’histoire de ce quartier.

(1) Du 18 mai au 22 juin - Mairie de la commune libre de Saint-Pholien des Prés - 16 rue des Ecoliers, 4020 Liège.

 

21:08 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg