mardi, 03 octobre 2017

Anne BERT : "Mon tout dernier été fut le plus beau humainement parlant, fraternel."

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    Le hasard fait (parfois) bien les choses. En novembre 2012, les chemins du blog Impermanence  et celui de Liège 28 se sont croisés. Un contact téléphonique avec Anne Bert, auteure érotique et éditrice entre autres d’Impermanence, aboutit au jumelage des deux blogues. Un même goût de la vie, une identique aspiration à la liberté nous a rassemblés. Depuis 2012, Liège a droit de cité dans la région de Saintes et  les lectrices et lecteurs de Liège 28 ont un accès direct à Impermanence Près de deux cents textes sont disponibles.
 
    Sur ce blog : je parle de mes propres livres, mais aussi de  parutions, récentes ou non, de livres  qui ont souvent pour sujet l’intime des hommes et des femmes (…) Des billets d’humeur, sur l’actu,  mais aussi des textes inspirés de ce que je vois.. Bref, ici donc un peu de tout ce qui fait et défait le temps.
 
    Rédigeant la recension de Cinquante Nuance de Grey, Anne Bert s’interroge : La question, finalement, est de savoir si le succès commercial de ce livre érotique témoigne d’un succès littéraire, de la reconnaissance d’un talent d’écrivain. Est-ce le succès de l’esprit (oui, parce que même s’il s’agit de cul, il faut de l’esprit pour pouvoir en parler et l’écrire) ou bien le succès d’un concours de circonstances et d’un marketing bien orchestré après la révélation du désir des femmes qu’on leur parle de sexe et d’histoire de prince charmant venant les réveiller d’un coup de fouet et d’une bonne fessée ? Mais la réponse importe-t-elle dans ce maelstrom  de dollars et  cette dissolution des belles lettres ? Les fesses chauffées à blanc sont de braise et l’incendie se propage partout où le tiroir-caisse fait bling bling, film, comédie musicale, godemichés, parfums, lingerie, cartes de vœux, bijoux de cul et de cou, jeux de société, carnets intimes, et pourquoi pas prochainement pieds de cochonou et langue de porc à effigie du beau Christian et du savon pour laver la foufoune à celle d’Anastasia, si ça fait du blé ? Ahlala…cette horreur m’évoque Cyrano…il disait … »Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non ! Non ! C’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! -‘ Ce qui sonne bien, non pas dans l’escarcelle des éditeurs, mais dans le creux de mon oreille.
 
    Début 2016, coup de massue, Anne Bert écrit : J‘ai appris en octobre 2015 que j’étais atteinte de la maladie de Charcot autrement dite SLA (Sclérose Latérale amyotrophique). Cela réoriente mes priorités, et stoppe mes fonctions de directrice de collection chez Numeriklivres. Désormais j’utilise un logiciel vocal et notes audios sur ce blog. 
 
    Ses priorités sont  la lutte pour obtenir le droit à choisir une aide active à mourir en phase terminale de maladie ou en cas de maladie incurable et de souffrances physiques et psychologiques insupportables, que ce soit par euthanasie ou par  suicide assisté. Elle écrit dans ce sens à tous les candidats à la Présidentielle, lance une pétition qui récolte plus d’un quart de million de signataires, se résout à se faire euthanasier en Belgique. Dans Le Figaroun médecin ironise sur le tourisme euthanasique ! Anne Bert est décédée ce lundi. 
 
    Son combat continue. En ce mois d’octobre, Fayard publie son  livre ultime,Le tout dernier été. Un ouvrage qui est  une réflexion sur la fin de vie, sur la liberté, la mort et sur notre devoir d’introspection, mais aussi sur la joie et le goût de vivre Portant un regard sur cet été, Anne Bert de conclure : Mon tout dernier été fut le plus beau humainement parlant, fraternel.

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22:08 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Littérature, Media, Politique, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 29 août 2017

Armand s’en va, Cécile le suit et Joseph annonce qu’il ne se représentera plus…  LA FIN DU 58ème FESTIVAL DE SPA TOURNE UNE PAGE DE L’HISTOIRE DU THÉÂTRE EN WALLONIE

 

       En onze jours, du 11 au 21 août 2017, le cinquante huitième Festival de théâtre de Spa a organisé soixante-huit activités dont cinquante-six représentations de vingt-six spectacles (dont dix affichèrent complets) suivis par près de dix mille spectateurs dont six cent trente abonnés.

      Ce bilan en une longue phrase ne dit pas l’essentiel à savoir qu’une page importante vient d’être tournée dans l’histoire du théâtre en Wallonie

      Ce lundi 21 août 2017, lors du traditionnel entretien de clôture du Festival de Spa, le Bourgmestre Joseph Houssa, entré dans sa 88ème année, a annoncé qu’en 2018 il ne se présentera pas au scrutin communal du 14 octobre. Devenu conseiller à la fusion de communes en 1976-77 et Bourgmestre dès janvier 1983 (il a donc entamé sa trente-cinquième année de mayorat),  cette personnalité dont la liste a obtenu en 2012 plus de 55 % des votes valables (47 % de ces 55 % étant des votes nominatifs de préférence en sa faveur) a, en 1986-87, géré la crise que connut le Festival lorsqu’un Jean-Claude Drouot méprisant succéda au fondateur Jacques Huisman.  Joseph Houssa joua en 1988 un rôle actif dans la transmission de l’animation du Festival à Billy Fasbender et André Debaar,  puis en 1999, il transmit la direction à un quatuor qui devint vite un duo.

Celui-ci fut dominé dans un premier temps par Armand Delcampe qui put, avec le Bourgmestre, signer en 2002 un contrat programme accepté par le Ministre libéral wallon de la culture, Richard Miller puis négligé par les Ministres socialistes bruxellois de la Culture pendant près de 20 ans. En 2015-2016, un conflit avec la Ministre Joëlle Milquet, qui réduisit les subventions en souhaitant une fermeture, amena Armand Delcampe à se retirer, la co-directrice du Festival Cécile Van Snick assumant une direction intérimaire, tandis que le Bourgmestre Houssa et le Conseil d’administration du Festival confiaient le relais au liégeois Axel de Booseré qui sera seul à la barre, en 2018, lorsque Joseph Houssa prendra sa retraite avec les sentiments de gratitude et de regrets de beaucoup de Spadois et de nombre de leurs amis . Parler d’une page qui se tourne sans évoquer son action toujours la plus favorable possible à l’égard du Festival de théâtre, nous aurait semblé injuste.

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Joseph HOUSSA, Bourgmestre de SPA

      Ceci dit venons en (mais en ouvrant d’abord une nouvelle parenthèse) aux quatre derniers spectacles auxquels nous avons eu le plaisir d’assister et qui furent des réussites.

PRÉSENCES MINISTÉRIELLES

      Première surprise : la personne qui m’accompagnait au spectacle J’ai faim de Jean-Pierre Dopagne me demanda en regardant une spectatrice qui s’asseyait deux rangs devant nous : la reconnais-tu ? Mais ne dis pas de nom… Je répondis: Ne serait-ce pas une Spadoise d’origine qui vient de déménager de l’agglomération bruxelloise vers Liège ? Nous n’avons pas précisé la fonction exacte de cette dame : Ministre Vice-Présidente du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Ministre de la Culture, de la petite Enfance et de l’Education permanente ainsi que Ministre Vice-Présidente du Gouvernement de la Wallonie, Ministre de l’Action sociale, de la Santé, de l’Egalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative (étant entendu que cette simplification ne s’applique pas d’emblée à l’intitulé des titres ministériels). Cette nouvelle responsable de l’action sociale en Wallonie venait de s’illustrer par une petite phrase confiée au quotidien du monde de la Finance L’Echo et confirmée ensuite : Il faut responsabiliser les gens en mettant fin à l’assistanat.Ce genre d’affirmation, rarement entendue jusqu’à présent aux Mutualités chrétiennes, pourrait par contre être utilisée comme réplique grinçante par le dramaturge Jean-Pierre Dopagne.

      Madame Greoli sursauta légèrement quand, sur scène, un Bourgmestre qui engagé à ne jamais abandonner sa fonction communale, annonçait à ses concitoyens qu’il allait les quitter pour devenir Ministre de l’industrie … culturelle. L’auteur ne précisait pas si cet Hôtel de Ville  était proche du confluent de la Sambre et de la Meuse.

      Nous étions étonnés que la Ministre de la Culture vînt au Festival de Spa (contrairement à ses prédécesseurs Philippe Moureaux, Eric Thomas, Charles Picqué, Fadila Laanan et Joëlle Milquet) sans être accompagnée du Bourgmestre, des Directeurs du Festival, de l’auteur et du metteur en scène, etc. Questionnée, Cécile Van Snick me précisa qu’Alda Greoli était venue à plusieurs spectacles du Festival cette année et l’an dernier.

      Cette participation discrète nous amène à espérer que la Ministre acceptera de conclure en octobre un nouveau contrat programme qui permette d’apporter les moyens nécessaires pour renouer avec l’importance d’un Festival de qualité tel qu’il le fut aux meilleurs moments de l’époque du National, puis quand Armand Delcampe proposait jusqu’à une centaine de spectacles comprenant de nombreuses créations intéressantes.

      Ce qui serait peu probable si la Ministre se contentait de suivre l’avis intéressé d’une majorité de subventionnés bruxellois. Quand donc la large majorité parlementaire wallonne comprendra-t-elle que pour rétablir l’équité il est souhaitable d’en revenir aux clés de répartition sur lesquelles, à la fin des années 1970, les Ministres François Persoons et Jean-Maurice Dehousse avaient conclu un accord octroyant à Bruxelles 25 % des dépenses culturelles localisables (vu que cette Région qui bénéficie de la plupart des institutions culturelles restées fédérales réunit 22 % des francophones du Royaume dont elle est la capitale) les trois quarts de ces dépenses allant dans cette hypothèse à la Wallonie qui aujourd’hui, dans les faits, ne bénéficie que d’un tiers des subventions à l’art dramatique ce qui est – de toute évidence – inacceptable. Mais la volonté politique pour en revenir à l’équité ne fait-elle pas tristement défaut ?

J’AI FAIM de Jean-Pierre Dopagne

      Décidément, Jean-Pierre Dopagne confirme qu’il est, en Wallonie, un dramaturge majeur maîtrisant excellemment une construction théâtrale complexe dans un style oral qui a l’apparente simplicité du langage naturel. Comme feu notre ancien Professeur de littératures comparées à l’Université de Liège, Robert Vivier romaniste sensible au charme musical de la langue italienne, Jean-Pierre Dopagne structure cette composition sur les misères de notre monde en faisant tourner sept personnages autour d’une pancarte proclamant J’AI FAIM qu’a placée à côté d’elle une femme jeune et mystérieuse tant qu’elle se tait.

      Les réactions sont fonction des déceptions éprouvées, des ambitions déçues, des rêves abandonnés. Comme toujours, chez ce faux Candide de Dopagne (qui est définitivement retraité de l’enseignement supérieur puisqu’il a fêté son 65ème anniversaire la veille de l’ouverture le 11 août 2017, du festival spadois), l’ironie affleure, cruelle. Iconoclaste, Dopagne dénonce les dysfonctionnements tant de la collectivité que des individus. 

      Depuis 20 ans, celui qui fut l’adaptateur de Dario Fo, a écrit, outre trois saynètes, treize pièces éditées par Lansman, traduites en une quinzaine de langues, la plus célèbre restant L’Enseigneur jouée en France sous le titre Prof par le grand comédien Jean Piat.

     Il nous paraît désolant que la Wallonie n’ait pas encore distingué son mérite exceptionnel : elle pourrait le faire en attribuant aussi cette fois à titre posthume cette distinction à Robert Vivier dont je ne pourrai jamais assez vous recommander la lecture d’un texte assez court (http://www.larevuetoudi.org/fr/story/un-grand-peuple-robert-vivier) écrit lors de la question royale en 1950 par le père adoptif à Chênée d’Haroun Tazieff, le vulcanologue.

      Les huit jeunes comédiens qui ont (dans une sobre mise en scène d’Antoine Motte dit Falisse, assisté par Nathalie Berthet) interprété J’ai faim : Laura Dussard, Manon Hanseeuw, Julie Verleye et Laurie Willième ainsi que Maxime Anselin, William Clobus, John Krier et Gilles Poncelet sont très professionnels. Leur compagnie porte le nom d’un héros du roman Cléopâtre écrit, au XVIIème siècle, par Gauthier de Costes de La Calprenède. Ce héros s’appelle Artaban. Ces comédiens ont-ils été aussi fiers que celui-ci en apprenant que « leur Ministre », celle de la Culture, les a applaudis ? Ils ne nous l’ont pas dit mais, sceptiques comme Dopagne, ces jeunes apprécieront les responsables du domaine de leurs activités en fonction de ce que permettront les moyens tels qu’ils seront répartis;

BEATLEJUICE de Dominique Jonckheere

      Voilà qui n’est pas du théâtre mais un spectacle que les festivaliers ont accueilli avec enthousiasme. Musicien, chanteur, chef d’orchestre, comédien, humoriste à ses heures, l’ingénieur-informaticien Dominique Jonckeere est d’abord un pédagogue perfectionniste passionné. Il travaille vraiment beaucoup mais fondamentalement par plaisir, un plaisir qu’il apprécie pleinement quand il suscite celui des autres.

      Ses brillantes études d’ingénieur civil lui permirent de s’assurer en une vingtaine d’années, une aisance matérielle suffisante pour se consacrer exclusivement à la musique. Il joua d’abord de la guitare, accompagna un moment le chanteur Philippe Lafontaine puis, à 25 ans, se tourna vers la musique classique, fonda et dirigea un chœur (1981-1994) puis un Orchestre (1989-1999) tous deux appelés Oratorio et depuis 20 ans, ce jeune sexagénaire multiplie compositions (notamment pour une dizaine de films) et concerts (plus de 500 de Bach au Rock) en réalisant en outre des spectacles musicaux concernant Purcell et Haendel, Bach et Mozart mais aussi les musiques les plus actuelles. À cet égard, je suis un complet béotien limitant mon écoute à la chanson française à texte et à la musique la plus classique. J’avoue que j’ignorais pratiquement tout des Beatles. J’avoue aussi avoir été séduit et m’être bien amusé lors des deux parties de ce spectacle minutieusement mis au point avec le concours d’une équipe d’une quinzaine de collaborateurs allant d’’une assistante de production et d’un ingénieur du son à la voix et aux bruitages assumés par sa compagne, la comédienne Patricia Houyoux en passant par une douzaine de musiciens en studio : cinq violons, deux altos, un violoncelle, une trompette, un saxo, une clarinette et une choriste. Je suis bien incapable d’apprécier tel ou tel aspect des choix musicaux assurés parmi les 200 chansons des Beatles mais je peux vous assurer une chose : si vous apprenez l’organisation d’un spectacle musical par Dominique Jonckheere courrez-y : c’est une assurance de la plus haute qualité

AU FIL DE L’HISTOIRE DE JEAN LOUVET & TOURNÉE GÉNÉRALE

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            Armand DELCAMPE en compagnie de l'équipe de Liège 28, Pierre ANDRÉ et Jean-Marie ROBERTI 

      Un hommage en deux parties (une biographique et une mise en scène d’un dernier acte théâtral) a été joué, une seconde fois, le dernier soir de ce 58ème Festival .

      Cet hommage Armand Delcampe voulait le consacrer à son compagnon depuis plus de trente ans : Jean Louvet. Armand Delcampe a raison : Louvet, fils de mineur devenu prof de français, dramaturge de talent, homme de gauche aux convictions indéracinables et grand Wallon, chantre de la pleine souveraineté de notre peuple mérite amplement cet hommage. Les complices d’Armand dont son épouse Marie-Line Lefebvre furent excellents.

      Mais pourquoi étions-nous là ? Pourquoi le Bourgmestre de Spa, Joseph Houssa était-il assis dans la rangée qui précédait la nôtre ? Soyons francs, c’était moins pour Louvet que pour Armand Delcampe lui-même dont nous nous disions que ce serait sans doute sa dernière prestation au Festival de Spa auquel il a tant donné de lui-même pendant près de vingt ans.

      Il y a trop à dire à son sujet et à propos de luttes que nous avons partagées comme le rappelle dans La Gazette de Liége ce lundi 28 août le chef d’édition Paul Vaute en citant Liège 28.

ALPENSTOCK de Rémi De Vos

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          Axel de BOOSERÉ, nouveau directeur du Festival de Théâtre de SPA 

      Enfin nous avons quitté ce 58ème Festival de Spa en assistant à une représentation d’une farce paroxystique de Rémi De Vos qu’Axel de Booseré, nouveau directeur du Festival (après l’avoir été de la Compagnie Arsenic qui rassembla 200.000 spectateurs lors de 1.200 représentations), a avec sa complice Maggy Jacot, conçu, mis en scène, scénographié et pour laquelle il a créé les costumes. Avec trois talentueux comédiens Mireille Bailly, Didier Colfs et Thierry Hellin chargés de gonfler les traits et grâce à une équipe de sept techniciens et artisans de qualité pour régler comme du papier à musique les deux demi-heures de ce spectacle échevelé, où ce ne sont pas les portes qui claquent comme dans les vaudevilles mais des éléments du décor qui se détachent de partout, s’avérèrent très joyeuses. En bref du rire et une heureuse conclusion du festival, le racisme étant ridiculisé.

 

Jean-Marie ROBERTI

 

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vendredi, 18 août 2017

Au 58ème festival de théâtre de Spa, du bruit pour les enfants et pour les adultes, une adaptation intéressante mais améliorable.

 

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À longue soirée, courte critique.

    Ce jeudi 17 août, nous avons entendu à 19 heures au Radisson Piletta Remix du Collectif bruxellois Wow et nous avons vu, en la grande salle Jacques Huisman, de 20 heures 30’ à 23 heures 20’ (entracte d’un quart d’heure compris) l’adaptation, la mise en scène, la scénographie et l’interprétation par Jean-Marc Chotteau du dernier roman - Bouvard et Pécuchet - du père de Madame Bovary, Gustave Flaubert.

    Que dire de Piletta Remix ? Que ce n’est pas du William Shakespeare bien que le titre Much Ado About Nothing  (Beaucoup de bruit pour rien) aurait été plus explicite. Chaque spectateur était équipé d’un casque audio et pouvait entendre tous les bruitages de l’enregistrement radiophonique d’un conte de nature à amuser les enfants et ceux friands de sons surprenants. Quant aux autres, ils reconnaissaient une qualité à ce spectacle : sa brièveté relative, à peine plus de trois quarts d’heure. 

    Par contre, la représentation de Bouvard et Pécuchet était non seulement beaucoup plus longue mais elle appelle un commentaire beaucoup plus nuancé. À Lille et Mouscron, le Centre transfrontalier de création théâtrale que Marc Chotteau à Tourcoing a créé en fusionnant sa compagnie et le Centre culturel mouscronnois au sein d’une équipe intitulée La Virgule ne manque pas d’ambition. Théâtraliser l’ultime roman de Gustave Flaubert, ce grand prosateur qui avait tendance à se moquer de manière à la fois caricaturale et réaliste de la sottise et de la médiocrité bourgeoises, constitue assurément une gageure qui s’avère partiellement réussie. Des moyens importants ont été mobilisés pour que lumières et décors changeants et remarquables soient parfaitement adaptés au texte.

    Les deux comédiens, Jean-Marc Chotteau et Eric Leblanc sont des professionnels expérimentés capables de faire rire le public même lors de scènes essentiellement mimées. Notre regret dans cette grande salle au plafond très élevé c’est que parfois, trop souvent surtout dans la fin des répliques de Pécuchet alias Eric Leblanc, le texte n’ait plus été audible. Nous étions placés au cinquième rang au milieu de la salle et mes voisins me confirmaient que je n’étais pas le seul malentendant tout en se réjouissant de n’avoir pas été assis au fond du parterre ou à l’étage. Cette situation ne sert pas l’attention nécessaire pour suivre une aussi longue adaptation faite pourtant de scènes courtes. Ces remarques ne nous conduisent cependant pas à oublier les nombreuses qualités d’un spectacle intéressant mais améliorable.

 

Jean-Marie ROBERTI

 

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mercredi, 16 août 2017

Le 58ème Festival de Théâtre de Spa : Du rire à l’émotion, bref de la vie condensée…

 

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    Laissons là nos souvenirs de cinquante-huitard  (Avignon, TNP….) et venons- en aux deux spectacles savourés le soir du 15 Août. Ripaille est la nouvelle création de Christian Dalimier qu’il a écrite et qu’il a interprétée avec Laurence Warin au Radisson Palace spadois, dans une mise en scène d’Emmanuelle Mathieu.

    Quant aux Filles aux mains jaunes (jaunes à force de devoir fabriquer des obus), elles commémorent, sous la plume de Michel Bellier, le centenaire du sort cruel mais émancipateur que connurent alors les femmes. Mise en scène par Joëlle Cattino, la fondatrice et directrice artistique de la Compagnie marseillaise (siège sur la Canebière!), Dynamo qui produit ce spectacle destiné à tourner jusqu’en novembre de l’an prochain, cette pièce est servie par un quatuor féminin, homogène et talentueux constitué par Bénédicte Chabot, Inès Dubuisson, Anne Sylvain et Blanche Van Hyfte.

    Il y a deux ans, en août 2015, nous avions eu au Festival de théâtre de Spa, un grand coup de cœur pour une œuvre qui évoquait aussi particulièrement le sort en 1914-18 de celles de l’arrière à travers les échanges épistolaires d’une institutrice et de son mari mobilisé. Cette pièce intitulée Lettres à Elise était signée d’un brillant auteur wallon Jean-François Viot, mise en scène par Nele Paxinou, fondatrice des Baladins du miroir et excellemment interprétée par Sophie Lajoie et Jean-Marie Pétiniot. Une telle réussite, récemment traduite en…. allemand, vaut d’être rappelée même si elle place haut le degré atteint lorsqu’on utilise l’échelle des comparaisons. Et nous nous réjouissons que Jean-François Viot dont nous avions aussi très positivement apprécié à Spa Sur la route de Montalcino ait ce printemps brillamment défendu à la Chambre un statut de l’artiste à rénover et qu’il nous annonce la création à l’Atelier-Théâtre Jean Vilar de sa pièce : Maria Callas : il était une voix... ainsi que l’heureux aboutissement de la longue écriture d’un premier roman.

    Ripaille et Les filles aux mains jaunes sont évidemment deux spectacles totalement différents. Le premier purement divertissant, le second chargé d’émotion. Comme la vie (dont il est le miroir soulignaient les Baladins), le théâtre affiche toute la gamme des sentiments humains et chez les plus grands dramaturges (Shakespeare, Molière….) ils ne se succèdent pas, ils se juxtaposent.

    Christian Dalimier, grand, mince, détendu est un manieur de mots, épicurien. Mais pas seulement : cet Hutois – qui réussit à ouvrir aux spectacles théâtraux, le très beau château de Modave – mis par exemple en scène à Spa en 2010 le chef d’œuvre des pièces noires de Jean Anouilh : Antigone. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier les plaisirs de la table comme il l’avait déjà montré à Spa en 2012 dans une ode au vin qu’il avait intitulée Entre deux verres. Cette fois c’est toute la volupté des plaisirs gastronomiques qu’il a décrite et qu’il joue avec la fille d’une famille de cuisiniers : Laurence Warin devenue une très dynamique et souriante comédienne. Dans cette pièce, teintée de gentilles touches érotiques - et parfois de quelques effets trop faciles – c’est de nous que nous rions, des gourmets qui cèdent à la gourmandise. Et parfois avec des retours vers des classiques tel un extrait des Trois sœurs d’Anton Tchekhov, sans oublier - en conclusion – une référence aux Madeleines de Marcel Proust (1), cuisinées sur scène et servies chaudes à quelques spectateurs choisis par hasard au premier mais aussi aux derniers rangs….

    Le changement d’atmosphère est radical quand du Radisson à 19 heures on arrive à 21 heures au Salon bleu du Casino. Le gris domine. Du départ de leurs poilus, la fleur au fusil, qui les conduisit dans une usine d’armement chimiquement polluée jusqu’à la délivrance d’un armistice attendu quatre ans et cent six jours, en passant par des monceaux de morts comprenant même des fusillés insoumis, quatre femmes subissent les rythmes infernaux d’une production malsaine. Il y a les résignées entraînées par les battantes chez qui naissent des revendications qualifiées d’un beau mot : socialistes. Comme cinquante ans plus tard les femmes machines de notre usine d’armement qui exigeaient il y a cinquante ans l’application du seul article social du Traité de Rome de 1957, ces femmes sous-payées revendiquaient l’obtention à travail égal d’un salaire égal. Et des crèches, et de l’hygiène et du respect. Un juste féminisme naissait. Michel Bellier le dit sans les nuances des Lettres à Elise. Cette pièce en partie de circonstance puisqu’elle permet des engagements commémoratifs, est généreuse et émouvante. Le grand professionnalisme des comédiennes est incontestable.

    Cependant – après avoir interrogé quelques autres personnes qui certes étaient d’âge posé – nous regrettons la trop fréquente et trop grande célérité du débit. Les Méridionaux parlent certes plus vite que les Liégeois, et que dire des Méridionales ! Mais devoir s’accrocher pour ne pas être décrochés lors de l’écoute d’un texte, c’est une exigence exagérée. Une interprétation plus posée ne serait pas moins convaincante.

    Nous avons finalement passé une excellente soirée du 15 août. Quand à vingt-deux heures trente nous avons quitté Spa le feu d’artifice prévu était tiré alors qu’éclairs et tonnerre éclataient dans un ciel qui déversa des trombes d’eau jusqu’à proximité de Liège. Ce feu d’artifices contrairement au Festival de Spa était donc dépourvu de spectateurs mais s’inscrivait dans nos traditions surréalistes.           

 

Jean-Marie ROBERTI

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(1) Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause écrit le romancier des sept tomes d'À la recherche du temps perdu (cette citation étant extraite Du côté de chez Swann).

 

18:22 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 15 août 2017

Au LVIIIème Festival de Spa : DU MANQUE DE MOYENS WALLONS AU BON EXEMPLE D’UNE NOUVELLE COMMANDEUSE DE L’ORDRE DE LA COURONNE.

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    Dimanche dernier, 13 août 2017, nous avons choisi au 58ème Festival de Spa, d’assister à deux spectacles : On ne badine pas avec l’amour d’après Alfred de Musset, co-production des Théâtres de la Chute et Varia d’une part et d’autre part Le Roi nu d’Evguéni Schwartz une co-production des Baladins du Miroir et de la Maison Éphémère dont le co-directeur artistique Guy Theunissen a assuré la mise en scène.

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    Dans la seconde moitié des années 1950, j’ai eu, très jeune, le grand privilège de découvrir trois œuvres majeures d’Alfred de Musset, au Théâtre National Populaire, en Avignon puis à Chaillot, dans trois interprétations de Gérard Philippe, servies par la musique de scène de Maurice Jarre : 1°) Lorenzaccio, dans la cour d’honneur du Palais des Papes, avec aussi Daniel Ivernel, dans une mise en scène de Jean Vilar reprise par l’acteur du rôle-titre,  2°) Les caprices de Marianne dans les Jardins (d’aucuns disent les Vergers) d’Urbain V, avec aussi Geneviève Page, dans une mise en scène de Jean Vilar et 3°) On ne badine pas avec l’amour  dans la grande salle d’un Palais prestigieux, place du Trocadéro, où l’on trouve également le Musée de l’Homme, avec aussi Suzanne Flon dans une mise en scène du cinéaste René Clair.

    Il s’agissait certes d’interprétations d’une qualité tout-à-fait exceptionnelle, d’un accompagnement musical toujours dense et harmonieux, parfois même surprenant (particulièrement lors de l’ouverture de Lorenzaccio par les fanfares du père de Jean-Michel) et cela dans des mises en scène assurément innovantes. Mais ces innovations allaient de pair avec le respect de l’intégrité des œuvres. Ce n’est pas le cas ici.

    En découpant dans les trois actes de cette pièce, les scènes concernant le dramatique trio amoureux formé par Perdican, Camille, victime de l’intégrisme catholique, et Rosette, et en éliminant les scènes légères et humoristiques conçues par Musset au profit d’intermèdes burlesques de son cru entremêlés de poèmes de l’auteur, le metteur en scène et scénographe Benoît Verhaert se sert de Musset. Nous aurions préféré qu’il le serve. En outre, nous ne comprenons pas l’intérêt des anachronismes musicaux de Samuel Seynave.

    Verhaert et Seynave ne sont pas plus René Clair et Maurice Jarre que Stéphane Pirard et Céline Peret ne sont Gérard Philippe et Suzanne Flon. Mais ce spectacle, condensé en une bonne heure pour permettre des animations notamment scolaires, mérite de larges circonstances atténuantes. Il a été monté et joué par cinq comédiens (Audrey D’Hulstère et Vincent Raoult s’ajoutant aux trois précités) qui sont de vrais professionnels talentueux, dynamiques qui entrainent une chaleureuse adhésion du public. Que nous n’atteignions pas aujourd’hui le niveau auquel étaient parvenus Jean Vilar, Gérard Philippe et bien d’autres (je me souviens de Philippe Noiret et de Jean-Pierre Darras alors dans de tout petits rôles) est malheureusement normal. C’est une question de moyens.

    D’origine spadoise, Madame Alda Greoli, la Ministre Vice-Présidente des Gouvernements de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge de l’Action sociale, de la Santé, de l’Egalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative en Wallonie ainsi que de la Culture et de l’Enfance au niveau communautaire ne semble pas prête à s’inscrire, deux tiers de siècle plus tard, dans la lignée de Jeanne Laurent.

    Cette archiviste-paléographe quadragénaire nommée en 1946 sous-directrice des spectacles et de la musique au Ministère de l’enseignement dont dépendait la culture lutta afin de pouvoir créer un théâtre national populaire visant un large public y compris en dehors de Paris alors que les activités dramatiques étaient l’apanage de la bourgeoisie de la capitale française. Le jour même où en juillet 1951, elle obtint enfin un accord politique sur son projet de création, elle prit le train vers Avignon où depuis 1947 Jean Vilar animait un festival estival d’art dramatique et elle dut beaucoup insister pour convaincre ce grand metteur en scène et comédien d’accepter la charge d’une telle direction.

  À notre connaissance, la gare de Spa n’a pas encore vu arriver la responsable chez nous de l’art dramatique afin de proposer au Liégeois Axel de Booseré de diriger un rééquilibrage entre Bruxelles et la Wallonie des subventions théâtrales sur une base équitable : non plus deux tiers pour la capitale et un tiers pour le reste mais bien les trois quarts pour la Wallonie et 25 % pour Bruxelles siège des institutions culturelles fédérales. Sans doute faudra-t-il attendre que les membres wallons du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui sont 75 sur 94 se rendent compte que 79,79 % constituent une majorité suffisante pour enfin se faire respecter en particulier dans le domaine des dépenses budgétaires localisables.

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    C’est sous le chapiteau des Baladins du Miroir que nous avons suivi la représentation du Roi nu. Cette pièce est l’œuvre d’un écrivain soviétique qui eut 21 ans lors de la Révolution de 1917, qui abandonna des études de droit pour le théâtre et qui engagé contre le totalitarisme, se consacra d’abord à la littérature enfantine. Au départ de contes d’Andersen, il rédigea une première pièce pour adultes Le Roi nu. Il eut beau expliquer que le tyran qu’il visait était Hitler, les censeurs du Kremlin en interdirent la représentation au cas où des spectateurs auraient confondu avec Staline. Une autre de ses œuvres pour adulte Le Dragon eut plus de chance : elle fut représentée une fois. Schwartz fut longtemps malade et décéda en 1958 cinq ans après que Khroutchev ait succédé à Staline mais il ne vit pas représenter en U.R.S.S. son Roi nu qui dut attendre 1960 pour l’être Cette farce (qui au premier degré suscita l’hilarité des jeunes enfants présents devant nous) ne manque pas de causticité et vaut surtout par le rythme donné au spectacle par le texte lui-même, les décors, les danses et une musique entraînante mais marquée - comme des allusions à l’informatique – par d’inutiles anachronismes. La qualité d’ensemble du spectacle est principalement due à l’homogénéité d’une troupe de deux douzaines de membres dont une moitié de comédiens : Les Baladins du Miroir qui constituent la compagnie wallonne la plus remarquable.

    Elle a été fondée et dirigée par Nele Paxinou qui, le mois dernier, est devenue sur proposition transmise par Didier Reynders au Palais Commandeuse (féminin de Commandeur selon mon Petit Robert) de l’Ordre de la Couronne. Mais on dément que ce soit après qu’il ait vu Le Roi nu que Philippe 1er ait fait promulguer l’accès de cette comédienne à cette haute distinction. Nele est née en 1942 à Anvers d’un père grec et d’une mère flamande qui s’installèrent à Bruxelles où leur fille devint une jeune comédienne professionnelle. Frappée à 23 ans par une maladie qui la priva de l’usage de ses jambes, elle entreprit et réussit à Louvain-la- Neuve deux licences universitaire : une en philosophie et l’autre en sciences théâtrale chez Armand Delcampe. À trente-trois ans elle réalisa de premières mises en scène dont en particulier de pièces de Michel de Ghelderode. À quarante, elle fonda sa compagnie itinérante qui prit comme nom Les Baladins du Miroir parce que le théâtre est le miroir de la vie. Implantée entre ses tournées chez elle à Thorembaix-les-Béguines, sa compagnie qui donne le meilleur exemple de promotion de l’art dramatique en Wallonie vient de déménager dans un domaine de deux hectares et demi à Jodoigne ce qui n’a pas pu se faire sans l’appui de Louis Michel. Il faudrait aller plus loin en inversant les subventions accordées au très bruxellois Théâtre national et à la compagnie de Nele Paxinou. Celle-ci a récemment cédé le relais de la direction générale à Gaspar Leclère qui l’avait rejointe en 1984. Nous ne l’avons pas revue cette année à Spa où nous n’avons pas encore croisé le Bourgmestre Joseph Houssa qui, le mois dernier à 87 ans, avait présidé aux réactions nécessitées par une menace d’attentat lors de Francofolies.

    Mais laissons cette fois la conclusion à Nele Paxinou qui faite en septembre 2012 Chevalière du Mérite Wallon écrivait alors : De la créativité, de la créativité, de la créativité ! … Ce simple mot recèle en lui l’avenir de notre jeunesse et la survie de notre société moribonde. Apprenons aux jeunes à en mettre dans chacune de leurs actions. C’est grâce à l’éducation et à la Culture que nous pourrons « encore » leur montrer le chemin … 

Jean-Marie ROBERTI

 

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samedi, 12 août 2017

FESTIVAL DE SPA : SANS GRANDS TEXTES, PAS DE GRAND THÉÂTRE...

     

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Spa est par excellence une ville d’eau puisque ses trois lettres sont devenues nom commun. Elle n’a pas failli à sa réputation lors de l’ouverture sous un ciel lourdement menaçant de son 58ème Festival de Théâtre.

      Lors de chacune de ses onze soirées, les spectateurs ont le choix entre quatre représentations (sauf le 19 août où il y a une option en moins mais en ajoutant par contre les cinq représentations de Baladins du Miroir sous leur propre chapiteau ces 12, 13, 14, 16 et 17 août). Ayant sélectionné douze spectacles en six soirées, j’avoue regretter mes deux choix initiaux. Jean Vilar estimait qu’un théâtre de qualité nécessitait de grands textes interprétés humblement par des compagnies constituées de metteurs en scène et de comédiens soucieux de servir les auteurs et non de s’en servir. Cette primauté que j’accorde aux textes aurait dû me conduire à aller assister à deux créations (Caméléon et Jours radieux) de deux auteurs de chez nous, le Bruxellois Robert Burniaux alias Jean Muno (1924-1988) et le Wallon Jean-Marie Piemme (1944). Mais ne pleurons pas…. 

      J’avais aimé le titre de la pièce d’ouverture du Festival Ressacs. Je m’étais dit que ce mot français évoquant le retour en arrière de vagues frappant un obstacle, s’avérait bien plus élégant et éloquent que ces flash-backs chers notamment aux milieux cinématographiques. Ce que le programme du Festival ne précisait malheureusement pas c’est que la langue employée dans ce spectacle était surtout un anglais certes basique mais qu’une proportion importante de Wallons ne peuvent pas suivre, y compris même si c’est dans une moindre mesure, parmi les spectateurs non prévenus. En outre cet anglais basique n’avait rien d’un texte dramatique de qualité et les efforts d’Agnès Limbos et de Grégory Houben en vue de rendre ce spectacle joyeux et poétique nous parurent vains. Une partie du public a certes réagi chaleureusement par des applaudissements qui n’étaient pas de simple politesse mais les personnes que je connais et moi avons trouvé ce spectacle profondément ennuyeux.

      Nous espérions beaucoup mieux d’une pièce de l’américaine Annie Baker qui mobilisa 18 personnes – dont parmi les cinq interprètes la co-directrice du Festival spadois qui dirige aussi le théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve, Cécile Van Snick pour une représentation de près de deux heures (14 personnes pour un peu plus d’une heure de spectacle pour Ressacs). Et là à nouveau, nous avons été profondément déçus. Le défoulement de cinq comédiens lors de six semaines de thérapie dans le cadre d’un atelier théâtral n’était basé sur aucun texte cohérent publiable. Comme une partie du public nous avons à nouveau décroché. 

    Nous avons terminé la soirée lors d’une brève réception qui nous a permis de rencontrer des personnalités peu nombreuses et de notre génération âgée,  telles Valmy Féaux ou Jean-Louis Luxen. Par contre nous avons été surpris de l’absence du Bourgmestre Joseph Houssa.

   Le nouveau Directeur du Festival (qui ne sera responsable de la programmation que l’été prochain, Cécile Van Snick ayant opéré des choix dont elle ne reprend cette fois aucun dans l’agenda 2017-18 de l’Atelier Jean Vilar) Axel de Booseré nous a informé qu’il a déposé à la Fédération Wallonie-Bruxelles le dossier demandant la réanimation d’un contrat programme pour les fort nombreux spectacles et spectateurs du Festival de Théâtre de Spa. La réponse de la Ministre Gréoli attendue en octobre, sera-t-elle positive? Nous l’apprendrons lorsque reprendra le fonctionnement d’une Fédération dont nous continuons à vouloir la disparition.

      Nous retournerons à Spa ce dimanche 13 août en souhaitant que la pièce On ne badine pas avec l’amour annoncée comme étant d’après Alfred de Musset (et non d’A. de Musset tout court) respectera le texte brillant de cette comédie. Puis nous découvrirons le nouveau spectacle des Baladins du Miroir : Le Roi nu avec un gros a priori favorable. A suivre donc en souhaitant qu’après la pluie arrive le beau temps.

Jean-Marie ROBERTI

 

 

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mardi, 01 août 2017

Vers un bon redémarrage du Festival de théâtre de Spa.

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       Dix jours avant l'ouverture du 58ème Festival de théâtre de Spa, le taux d'occupation des places pour les 68  représentations en onze jours de 26 spectacles dont trois créations dépassait déjà les 70%. Axel de Booseré pour sa première direction d'un Festival qui fut menacé de suppression par l'ex-Ministre Joêlle Milquet peut donc augurer d'un appréciable succès.

    Huit spectacles affichent déjà « Complet  » : Ressacs , On ne badine pas avec l’amour, J’ai faim, Ripaille, , L’Entrée du Christ à Bruxelles, Le Chachacha du chef de gare, Les Filles aux mains jaunes et La Solitude du mammouth, pièce pour laquelle on vient de prévoir une représentation supplémentaire le dimanche 20 août à 14 heures.

    Des places demeurent  disponibles notamment pour  les deux accueils français : Bouvard et Pécuchet, une pièce drôle et réjouissante tirée de l’œuvre monumentale de Flaubert et L’Affaire de la rue Lourcine, une comédie surréaliste de Labiche. Et aussi pour cinq autres spectacles:  Jet Lag qui allie danse, cirque et théâtre gestuel, l’histoire en paroles et en musique de la vie des Beatles et de leurs succès, Beatle Juice de Dominique Jonckheere,  En attendant le jour, témoignage sur l'euthanasie  de François Sauveur, Le  Roi nu des Baladins du Miroir  sous leur chapiteau  et Théroigne de Méricourt, de Fabrice Gardin sous chapiteau également .

Profitez des dernières places à prix réduits dans le cadre du SPASS, abonnement dernière minute 3 ou 4 spectacles à partir de 21€.

Jean-Marie Roberti

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INFO ET RÉSERVATIONS :  Téléphone gratuit 0800 24 140 - www.festivaldespa.be - Rue du Marché, 20 à Spa

14:18 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 10 décembre 2016

L'Académie française décerne le Prix Eugène Carrière au Liégeois Pierre-Yves Kairis.

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Autoportrait de Bertholet Flémal - Ville de Liège

        Histoire de Liège (1) a inscrit à son programme 2017 une conférence le 18 mai de Pierre-Yves Kairis sur le thème de Lambert Lombard à Léonard Defrance : la peinture à Liège du XVIe au XVIIIe siècle. Nul doute que la conférence connaisse un beau succès d’autant que Pierre-Yves Kairis a reçu, le 1er décembre, au Quai Conti, le Prix Eugène Carrière

      L’académicienne Mme Danièle Sallenave dans son discours sur les Prix littéraires de l'Académie française a déclaré : Prix Eugène Carrière M. Pierre-Yves Kairis, pour Bertholet Flémal (1614-1675). Le « Raphaël des Pays-Bas » au carrefour de Liège et de Paris. Bertholet Flémal, le plus grand peintre de Liège au xviie siècle, méritait une réhabilitation. Pierre-Yves Kairis s’y livre dans cet ouvrage, après avoir été l’auteur d’une découverte, celle d’un tableau de Poussin, La Mort de la Vierge, miraculeusement retrouvé dans l’église Saint-Pancrace de Sterrebeek en Belgique.

        Le Liégeois est le cent-vingt-cinquième récipiendaire du Prix Eugène Carrière. En 2016, il est l’unique lauréat, par contre en 1956, il y a pas moins de douze !  Parmi les récipiendaires, deux sont devenus membres de l’Académie française : René Huyghe, élu en 1960 au fauteuil n° 5, lauréat en 1953 pour son ouvrage Le Carnet de Gauguin. Le culte Mahorie et René de Castries, élu en 1972 au fauteuil n° 2, lauréat en 1956  pour son ouvrage Le Maréchal de Castries.

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©musée Eugène Carrière, Gournay sur Marne

        Qui est Eugène Carrière ? Réponse : peintre, lithographe, penseur né en 1849 à Gournay sur Marne où il a son musée, mort à Paris en 1906, trois ans après avoir fondé le Salon d’Automne.

       Peintre : Art de suggestion par excellence, l’œuvre (…) évolue vers une monochromie de terre et d’ocre, inspiratrice de Picasso, qui ne retient que les jeux d’ombre et de lumière.  Son art est salué par Gauguin et Maurice Denis mais reste incompris du grand public.

    Lithographe : en 1898, il crée l’affiche de lancement de L’Aurore, un journal où toutes les opinions libérales, progressistes, humanitaires, si avancées qu'elles fussent, puissent être librement exposées. Ami de Rodin dont il partage l’amitié et les conceptions esthétiques; le sculpteur lui confie l’affiche et la préface du catalogue de son exposition de 1900, au Pavillon de l’Alma.

     Penseur : il participe aux mouvements des idées : défense de Dreyfus au côté de Clémenceau et de Zola, émancipation féminine, réflexion sur la peine de mort, l’art de la démocratie, etc … Jamais dogmatique, il défend un humanisme qui place les droits de l’homme au premier plan.

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Autoportrait © collection particulière

(1) Histoire de Liège programme 2017 sur le site histoiredeliege.be – informations info@histoiredeliege.be -

04 221 93 67 ou 04 221 93 75

19:29 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 16 novembre 2016

21 rue La Boétie

 

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        Si le cinéma emprunte souvent des thèmes à la littérature, il est plus rare qu’une expo s’inspire d’un livre. C’est le cas pourtant de l’expo 21 rue La Boétie (1) qui n’a vu le jour que grâce à la parution, en 2012, de l’ouvrage éponyme d’Anne Sinclair. De nationalité américaine, Anne Sinclair née à New-York a été bouleversée d’entendre un fonctionnaire français lui demander vos quatre grands parents sont-ils français ? Le fonctionnaire a demandé ce qu’autorise une loi française de 2009 en matière de nationalité. La phrase lui rappelle la Shoah et le destin de ceux qui, recherchés par les nazis, avaient choisi de partir et qui furent ensuite dépossédés, pillés, déchus de leur nationalitéPaul Rosenberg quitte la galerie d’art du 21 rue La Boétie pour New-York. Un gentil grand-père qui l’a toujours traitée, gamine comme une grande fille.

        J'ai eu soudain envie de revisiter ma légende familiale. Je me suis plongée dans les archives. J’ai retrouvé des correspondances entre Paul Rosenberg et ses peintres, exhumé des « papiers de famille », interrogé des proches et retourné sur les traces de sa famille  J'ai voulu comprendre l'itinéraire de ce grand-père lumineux, intime de Picasso, de Braque, de Matisse, de Léger, devenu paria sous Vichy. Ce grand-père fut un grand marchand. A Paris jusqu'en 1940, puis exilé à New York pendant la guerre. Il était français, juif et amoureux des arts. Ce livre raconte son histoire qui, indirectement, est aussi la mienne.

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        De la conception à la réalisation, l’exposition 21 rue La Boétie est l’œuvre de Tempora, une société fondée, en 1998, par le Liégeois Benoît Remiche. Après avoir fait les beaux jours de la Boverie, 21rue La Boétie s’en va à Paris, au musée Maillol, du 2 mars au 27 juillet 2017. Anne Sinclair est la marraine de l’exposition. Elle s’en explique au  Quotidien de l’Art (27/10/2017) : au début, j’étais à la fois émue et très dubitative, me demandant si cela était faisable, puis très enthousiaste bien évidemment. Je les ai accompagnés puisque mon livre a servi de guide aux commissaires (Elie Barnavi, Isabelle Benoit, Vincent Delvaux, François Henrard et Benoît Remiche)  qui ont effectué un gros travail de recherche pour retrouver les œuvres. J’ai donné mon avis et impulsé les recherches dans certaines directions, particulièrement du point de vue historique.

        Ça a de la gueule. Mon grand-père aurait adoré.  C’est une exposition à la croisée de l’art et de l’histoire. Elle retrace ce qu’a été le marché de l’art avant qu’il soit justement un marché. Mon grand-père était un marchand certes, mais surtout un admirateur forcené de ses artistes. Il disait « Je suis un passeur, mais je ne suis que ça ». Articulée en six chapitres,  l’expo présente notamment soixante-quatre tableaux qui sont passés à une époque ou l’autre à la galerie Paul Rosenberg. Deux de ceux-ci représentent  l’un, Marguerite, l’épouse de Paul, et sa fille Micheline vues par Pablo Picasso en 1918 et l’autre, de Marie Laurencin, Anne Sinclair à l’âge de quatre ans. J’ignorais qu’elle peignait toutes les femmes avec les yeux noirs en amande, mais j’ai dû le pressentir car c’est effrontément que je lui précisai : « Attention, hein, j’ai les yeux bleus ! » Je me rappelle son rire, sa promesse de ne pas les trahir, et elle me gratifia, de fait, de deux billes bleu lavande.

        21 rue La Boétie se révèle un grand succès. Une moyenne de plus de mille visiteurs par jour le premier mois. En marge de l’expo, d’autres activités sont prévues à la Boverie. Ainsi, ce 17 novembre, l’auteur de L'Homme de l'art. Daniel-Henry Kahnweiler, 1884-1979, Pierre Assouline va venir parler de marchands et collectionneurs d’art :Paul Rosenberg, Daniel-Henry Kahnweiler et les autres suivi d’une session de questions-réponses.       

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(1) 21 rue La Boétie – La Boverie, parc de la Boverie, 4020 Liège – 32 (0) 2/ 549 60 49 info@21ruelaboétie.com – tarifs de 1,25 € (art. 27) à 17 € (adulte), senior (+65) 14€, groupe 12  €, groupe scolaire 6 €, famille (2 adultes, 2 enfants) 48 € (6 € par enfant supplémentaire) – l’expo se termine le 29 janvier 2017 – heures d’ouverture : du mardi au vendredi  de 9.30 à 18.00, week-end 10.00 à 18.00, ouvert jours fériés sauf 25/12 et 01/01/2017, fermé le lundi sauf 26/12 et 02/01/2017. Visite guidée 85 €/guide pour 1h30 de visite, maximum 20 personnes, disponible en français, anglais, allemand, néerlandais. 

15:21 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 19 août 2016

Dix concitoyennes et concitoyens recoivent le titre de Citoyenne et Citoyen d'honneur de la Ville de Liège.

      

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         Al bone franquète al Violète, cinq mots pour résumer l’ambiance régnant en la salle des pas perdus de l’Hôtel de Ville à l’occasion de la remise de la distinction Citoyenne et Citoyen d’honneur de la Ville de Liège. La barre des cent récipiendaires a été franchie depuis la date – 2009 - à laquelle cette nouvelle appellation vu le jour. Auparavant, le Collège décernait la médaille de reconnaissance de la Ville de Liège à celles et à ceux qui - comme les Citoye(ne)s d’honneur aujourd’hui - ont contribué, amplifié ou redynamisé la réputation de la cité ardente, à la force de leur talent et de leur travail. Aujourd’hui le site officiel de Liège place dans la même rubrique Les citoyens d'honneur celles ou ceux d’avant ou d’après 2009. Parmi ceux-ci, David Goffin (2012),  Nafissatou Thiam Charline, Van Snick (2013). Innovation cette année dans l’attribution de ces récompenses, cette cérémonie de distinction sera désormais paritaire homme-femme. Le bourgmestre Willy Demeyer de mentionner, sans les hiérarchiser, les mérites des divers(e)s récipiendaires de la promotion 2016.  

        Une promotion qui fait la part belle aux consœur et confrères. Trois journalistes – Mamine Pirotte, Charles Ledent et Edmond Blattchen - reçoivent le titre de Citoyen(ne)s d’honneur. Jusqu’à présent, une seule journaliste Hadja Lahbib a été sacrée citoyenne d’honneur en 2011 tandis qu’en 2002 Jean-Marie Peterken a reçu la médaille de reconnaissance de la Ville de Liège. 

        Le bourgmestre de déclarer : Femme de caractère, femme jusqu’au bout des ongles et des convictions, Mamine Pirotte incarne une part de la renommée médiatique de Liège. L’édile qui souhaite voir débarquer dans sa ville Dimitri Boizot pour y mener une enquête racontée par Patrick Philippart, nom de romancier de Charles Ledent, constate que l’obstination et la passion sont les 2 qualités qui ont permis à Charles Ledent d’écrire plus d’une dizaine de romans en 15 ans tandis que les vertus d’Edmond Blattchen sont : Expliquer, décoder, transmettre, le monde et ses enjeux, représentent pour lui, une mission qui va bien au-delà de la mission de service public, c’est une œuvre personnelle. Pour ce faire, il a toujours préparé ses émissions avec minutie, curiosité et exhaustivité et cela va sans dire, probablement une certaine dose d’angoisse.

        Les sept autres récipiendaires ont eu droit également à une présentation maïorale personnalisée. À l’octogénaire Annie Massay qui s’initie dès son adolescence à l’athéisme, au socialisme et au féminisme. Trois valeurs qui marqueront profondément sa future carrière le bourgmestre évoque les luttes syndicales dont la grève des femmes de la FN en 1966 auxquelles elle a participé.

        Au quintuple papa - il contribue à lui seul à accroître la population liégeoiseGaëtan Servais qui avec Fabrice Lamproye a lancé Les Ardentes en 2006, Willy Demeyer souligne que celles-ci ont amené, de manière cumulative près de 700.000 personnes à Coronmeuse (…) situer Liège surla carte des festivals d’été. C’est aujourd’hui chose faite ! Pour les jeunes liégeoises et les jeunes liégeois, nés après  1990,  on  peut  même  parler  de  « génération Ardentes ».

        Ancienne élève du Lycée Léonie de Waha, Caroline Pholien exerce en tant qu'indépendante les métiers de peintre en décor du patrimoine et de doreur. Le maïeur cite quelques restaurations pour illustrer le talent de cette liégeoise : le Grand Foyer de l'Opéra Royal de Wallonie, les dorures du Palais du Gouverneur de Liège ou encore la restauration au Château de Versailles (dorures de la salle à manger de chasse et de l'antichambre des chiens) sans oublier que femme passionnée et passionnante, en 2011, elle ouvre une galerie d'arts « la Galerie Isabeau » où elle présente ses créations contemporaines.

        Chantal Van Laer est la troisième génération à la tête d’un magasin bien connu de nombre de Liégeois puisqu’il existe depuis 93 ans ! Installée au cœur du quartier d’Outremeuse depuis 1923, la Maison Van Laer, fut tout d’abord, sous l’égide de Florence, une confiserie. Avant que son mari, Henri Van Laer, n’y ajoute aussi du vin. Rapidement, l’enseigne s’est spécialisée dans le vin. Son fils José y ajoute une expertise du rhum et du whisky tandis que sa fille Chantal Van Laer va peu à peu, apprendre et partager la passion familiale avec cet objectif, retrouver le meilleur du terroir, la finesse des tanins.(…) Sa passion, elle la partage aujourd’hui avec ses clients au travers notamment des dégustations tant de vin que d’alcool. Goûter et conseiller avec la convivialité liégeoise représentent une belle manière de convaincre ceux-ci d’étoffer leur cave.

        Spécialiste du droit du travail, l’avocat Jean-Paul Lacomble est à la tête du Royal Football Club Liégeois – matricule 4 créé en 1892 - en 5 ans à peine, avec d’autres administrateurs liégeois autour de lui, Jean-Paul a réussi à assurer la viabilité financière du Club, accroître le nombre de ses spectateurs, recréer un esprit « Rouge et Bleu », progresser d’un échelon au niveau sportif et faire revenir, après 20 ans d’attente, le RFCL à Rocourt. Excusez du peu ! En un mot, le club a retrouvé sa crédibilité et ses racines. Et Jean-Paul Lacomble a voulu donner un sens à cet investissement dans le foot en assignant au club un projet social qui a pour objectif, au-delà de former des footballeurs, de « fabriquer » des citoyens. Cet engagement se matérialise notamment par la création d’une école de devoirs.

        Gaëtane Leroy est une amoureuse du cœur historique de Liège et ce, depuis ses études en Histoire de l'art à l'Université de Liège. (…) Cet embellissement de l'ancienne imprimerie Bassompierre, active au 18eme siècle, a été effectué avec respect afin de conserver l'âme du lieu. (…) Outre le caractère liégeois du bâtiment qui a été conservé, sa gérante propose des produits issus de la production et des commerces locaux ainsi que des séjours thématiques en collaboration avec ses nombreux voisins. Lorsqu’ils font le choix de séjourner dans cet hôtel, les touristes reçoivent ainsi un accueil personnalisé et effectuent une escale au plus près du cœur de la Ville.

           En 1992, Guy Stockis a repris l’établissement créé quai sur Meuse par Julien Lequet. Y manger son premier boulet constitue une sorte de rituel de passage incontournable pour le néo-liégeois. Un rite savamment perpétué par les principautaires, un sourire de connivence aux lèvres, avec un plaisir encore accru si l’initié du jour ne présage rien de l’accueil à la liégeoise… Car le lieu doit beaucoup à la personnalité de son patron. Cabochard, grande gueule, il met autant de générosité dans ses apostrophes que dans sa cuisine. Bref, en prélude aux festivités mariales du 15 août, une sympathique cérémonie al bone franquète al Violète

la photo, premier rang, de gauche à droite : Guy Stockis, Chantal Van Laer, Jean-Paul Lacomble, Mamine Pirotte, Gaëtan Servais,      deuxième rang, de gauche à droite : Edmond Blattchen, Annie Massay, Caroline Pholien, Gaëtane Leroy, Charles Ledent.

 

08:08 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Gastronomie, Littérature, Media, Social, Spiritualité, Télévision, Viticulture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 13 juin 2016

Le Corps Consulaire de Liège en voyage en Grèce.

GRECE Egine.jpg©FCW

        Le Corps Consulaire de Liège et son Doyen Fernand Goffioul, consul honoraire d’Espagne, ont choisi la Grèce comme destination de leur voyage annuel. La préparation en a été confiée au consul honoraire de Grèce, Robert Laffineur, professeur émérite de l’Université de Liège en histoire de l’art et archéologie de l’antiquité classique. Considérant la Grèce comme son pays d’adoption, il a su, dans le programme réalisé, allier les mythes helléniques et les réalités grecques contemporaines.

        Première étape dans le monde hellénique, cela va de soi, l’Acropole – quand je vis l’Acropole, j’eus la révélation du divin … - ensuite visite des lieux de fouille de l’École française d’Athènes, le sanctuaire d’Apollon à Delphes ou de l’École belge d’Athènes à Thorikos avec son théâtre ancien si particulier et ses tombes à coupole mycéniennes. Sans oublier les musées et les temples qu’ils soient de Poseidon au Cap Sounion, d’Aphaia à l’île d’Égine ou encore de Zeus l’Olympien dans le parc public d’Hadrien à Athènes. Le tout commenté avec intelligence, humour par un consul (et professeur émérite) pour ses pairs.

        L’ambassadeur de Belgique en Grèce Luc Liebaut a tenu à recevoir  dans les jardins de sa résidence  le Corps Consulaire de Liège en compagnie notamment de membres du Belgian Business Club, une association où se retrouvent importateurs grecs de biens belges et investisseurs belges dans ce pays. Autre contact avec la société grecque, la réunion de travail avec les dirigeants d’Enterprise Greece a permis de mieux connaître la situation économique. Le président du Conseil d’Administration de l’AWEX, Dominique Godin pour sa part explique les atouts de la Wallonie. Dernier contact avec la réalité grecque, la relève de la garde des evzones auprès du Soldat inconnu grec et la visite du Parlement. À noter l’édification en 2000 dans sa cour ouest, d’une statue géante du premier ministre Charilos Trikoupis. Un hommage à celui qui a affronté, fin 19ème siècle, des difficultés présentant des similitudes  avec les problèmes d’aujourd’hui.

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        La cerise sur le gâteau du voyage a été la réception, au pied du stade où Pierre de Coubertin a lancé les Jeux olympiques modernes en 1896, par Dimitris Avramópoulos, pénultième consul de carrière en poste à Liège (1983-1987) et actuellement Commissaire européen en charge de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté. Évoquant ces matières en off the record, Dimitris Avramópoulos se fait grave tandis qu’auparavant, il a échangé des souvenirs liégeois. Parmi ceux-ci, la création par le chargé de cours Laffineur, en 1986, des premières  Rencontres égéennes internationales auxquelles le consul Avramópoulos apporte son appui car elles marquent l’anniversaire  des sensationnelles  découvertes de Schliemann  à  Mycènes. Une collaboration initiale fructueuse puisque les Rencontres égéennes internationales en sont à leur 16ème édition.  

        Le programme du Corps Consulaire de Liège n’a pas fait l’impasse sur la cuisine grecque dont Archestratos a vanté les mérites dès 330 avant J-C. Des maisons de bouche (1) propices à exalter la variété de l’art culinaire et à souder un groupe. Quand, au Cookoovaya, Gérard Blaise se réjouit de la troisième victoire (Silverstone, Monza, Aragón) de son petit-fils Max Defourny en cinq courses de formule Renault 2.0, chacun(e) est un peu le papy ou la mammy du jeune Max (17 ans). À l’issue de ces repas, chacun(e) se connaît mieux !    

(1)    Agora Select, Ch. Mexi 8 – K. Ventiri 9 (la mention de deux noms de rues dans une adresse grecque indique que le lieu se trouve à l’angle des deux rues) 115 28 Athènes-quartier Ilisia, To Kafeneio, Loukianou 23, 106 74 Athènes-quartier Kolonaki, Akrogiali, Paralia Souniou (Sounion), Cookoovaya, Ch. Mexi 2, 115 28 Athènes-quartier Ilisia, Stamatopoulos Tavern, Lyssiou 26, 105 58 Athènes-quartier Plaka,  Restaurant Orizontes, Lofos Likavitou, 106 76 Athènes-colline du Lycabette.

20:15 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 04 juin 2016

FETE de la MUSIQUE...dans l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture...et à TOULOUSE ?

Au solstice d’été, le 21 juin, la Fête de la musique en est, cette année, à sa 35ème édition. Créée par le ministre de la Culture de François Mitterand , Jack Lang dans l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture, la Fête de la musique a été célébrée l’an dernier dans 120 pays sur les 197 reconnus par l’ONU.


Cette année, France-Télévisions retransmet depuis la place du Capitole, à Toulouse, un concert présenté par Garou. À l’affiche, quelques vingt-cinq artistes dont Frero Delavega , Christophe Maé, Soprano , Jain, Pascal Obispo, Vianney , Kendji Girac, Jean-Pierre Mader , etc.


En raison du plan Vigipirate renforcé, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR) a décidé d’instaurer un système gratuit d’accréditation nominatif pour tout qui désire assister au concert via le site municipal. En dépit d’une attaque de ce site par un hacker le jour J, le 3 mai, 16 000 Toulousain(e)s – la capacité de la place - se sont fait accrédités ce jour-là. Toutefois, dès la décision mayorale connue, les réseaux sociaux l’ont critiquée. Un collectif Culture à Toulouse, reviens vite ! a dénoncé la privatisation de l’espace public du Capitole et a demandé la suppression de l'accréditation obligatoire pour conserver un droit de passage pour TOUS les Toulousains, respectant les mesures de sécurité nécessaires.


Ce collectif reçoit l’appui de Jack Lang. Dans la Dépêche du Midi, il déclare, notamment, à notre consoeur Claire Raynaud : Je ne comprends pas comment un responsable politique peut prendre une telle décision qui est totalement contraire à l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture, qui est l'essence même de la Fête de la musique. ( …) Je ne connais pas personnellement le maire de Toulouse mais je le conjure de revenir sur sa décision. J'espère qu'il va se ressaisir. Cela me semble tout simplement inimaginable qu'il maintienne ce dispositif. La Fête de la musique, faut-il le rappeler, c'est un moment civique et citoyen. La place du Capitole appartient aux Toulousains et il ne peut pas leur en barrer l'accès ce soir-là, qui est tellement particulier et cher au cœur des Français. Je voudrais aussi lui rappeler que quand nous avons lancé cet événement en 1982, les débuts n'ont pas été flamboyants partout dans les villes de province, sauf à Toulouse, justement, qui s'est tout de suite mobilisée en masse pour faire vivre et grandir cet événement.


Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc a maintenu son dispositif. Il s’en est expliqué lui aussi dans La Dépêche du Midi en rendant hommage à … Jack Lang : nous ne sommes plus, hélas, en 1982, lorsqu'il avait eu l'idée géniale de lancer la Fête de la musique. Moi aussi, je préférerais que la Fête de la musique soit organisée en toute insouciance comme à l'époque, et que tous les accès soient libres. Mais, depuis, le monde a changé. C'est le Président François Hollande qui le dit, «Nous sommes en guerre» (…) La Place du Capitole, le 21 juin prochain, sera en fait un vaste plateau de télévision puisque le concert sera diffusé en direct sur France 2. Une émission de télévision dans un espace public, avec 16 000 personnes, c'est un événement très spécifique, qui exige, surtout par les temps actuels, un dispositif de sécurité tout aussi spécifique. (…) Mon devoir de maire de Toulouse, c'est de protéger les Toulousains, et ce devoir je le remplirai totalement quitte à être critiqué. Le système d'inscription gratuite préalable avec délivrance de «pass» permettra cette protection. Je maintiens donc l'organisation du 21 juin telle que prévue et sans rien changer.


Réaction du collectif Culture à Toulouse, reviens vite !, inviter les Toulousain(e)s à se faire accréditer en masse mais de ne pas utiliser leur pass le 21 juin de sorte que la place du Capitole soit presque totalement déserte. Une exigence sécuritaire supplémentaire de la mairie obligeant chaque titulaire d’accréditation à venir, le 19 juin, retirer personnellement – y compris les enfants - un bracelet indéchirable en présentant une pièce d’identité est susceptible d’accroître la désertification. Si telle est la réalité, ce sera un désaveu - affiché devant les cinq millions de téléspectateurs attendus par France 2 - de la politique sécuritaire du maire Moudenc. Suspense donc, une raison supplémentaire de regarder la TV à moins que fidèle à l’esprit de la Fête de la musique, chacun(e) n’aille dans les rues de sa commune découvrir toutes les musiques dans l'esprit de partage, de convivialité, d'amitié et d'ouverture !

19:07 Écrit par Pierre André dans Culture, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 09 janvier 2016

Liège aide Haïti : un concert exceptionnel le 17 janvier à l'ORW.

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        La terre s'est mise à onduler comme une feuille de papier que le vent emporte. Bruits sourds des immeubles en train de s'agenouiller. Ils n'explosent pas. Ils implosent, emprisonnant les gens dans leur ventre. Soudain, on voit s'élever dans le ciel d'après-midi un nuage de poussière. Comme si un dynamiteur professionnel avait reçu la commande expresse de détruire une ville entière sans encombrer les rues afin que les grues puissent circuler. Témoignage de Dany Lafferière – devenu Immortel en mai 2015 en occupant le fauteuil n° 2 à l’Académie française – évoquant un court instant se déroulant à Port-au-Prince le mardi 12 janvier 2010 à 16h53.

        Un court instant suivi de répliques qui, au total, a fait deux à trois-cent mille morts, autant, si pas davantage, de blessés sans compter le nombre de sans-abris vu les immeubles détruits. L’aide internationale s’est aussitôt manifestée – et des Liégeois(e)s n’ont pas été les derniers à s’y joindre au point qu’afin de pérenniser cette action en faveur de Haïti, il a été fondée le lundi 17 janvier 2011, à l’Hôtel de Ville de Liège, une asbl Liège aide Haïti. Le président d’honneur est Willy Demeyer, le parrain Pierre Kroll. L’objectif de l’asbl est d’améliorer les conditions de vie de la jeunesse haïtienne et au sein de celle-ci les personnes défavorisées, par le biais de l’éducation, de l’enseignement général, technique ou professionnel, de la culture et de la santé.

        Un objectif qui atteint s’inscrit dans le droit fil de la déclaration de Jean-Max Bellerive, Premier Ministre de Haïti, au lendemain du séisme, le 18 février 2010 : Nous partageons un rêve : celui de voir Haïti comme un pays émergeant d’ici 2030, société de la simplicité, équitable, juste et solidaire, vivant en harmonie avec son environnement, sa culture et une modernité maîtrisée où l’État de droit, la liberté d’association et d’expression et l’aménagement du territoire sont établis; dotée d’une économie moderne, forte, dynamique, compétitive, ouverte et à large base territoriale, où l’ensemble des besoins de base de la population sont satisfaits et gérés par un État unitaire, fort, garant de l’intérêt général, fortement déconcentré et décentralisé.

        Sur le site de Liège aide Haïti www.liegeaidehaiti.org, chacun peut trouver le détail des moyens déployés que ce soit en formation hôtelière, pédagogique ou scolaire. Si le taux net de scolarisation avoisine les 90% répartis entre 8400 écoles (6262 privées, 2138 publiques), il n’en reste pas moins de 400 000 enfants d’âge scolaire ne fréquentant pas les salles de classe. Le Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO) n’est pas encore atteint à cent pour cent. Haïti est un pays jeune, sur une population de dix millions cent mille, 34% ont moins de quinze ans. Liège et Port-au-Prince vont officialiser des accords de partenariat portant principalement sur le renforcement de la formation professionnelle des jeunes Haïtien(ne)s.

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        L’occasion de la signature en est donnée au concert exceptionnel organisé le 17 janvier à l’Opéra royal de Wallonie. Un concert que le musicien-compositeur Sweet Micky (Michel Martelly) – élu président de la République d’Haïti en 2011 et dont le mandat s’achève, en principe, le 7 février 2016 – aurait à coup sûr apprécié. Liège aide Haïti a eu l’idée de réunir la soprano Jodie Devos, son pianiste Jean-Philippe Collard-Neven et les géants du jazz belge Steve Houben et Jean-Louis Rassinfosse et leur demander de mettre à l’honneur les airs de la Belle Epoque et des grandes comédies musicales. Insouciance et joie de vivre au programme… Poulenc, Gershwin, Bernstein, Legrand, Cosma, Nina Simone (1).

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  • De la Belle Époque à West side story – Opéra royal de Wallonie – dim. 17 janvier à 20h – infos et réservation : 04 221 47 22 operaliege.be

19:43 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 10 décembre 2015

Bernard DIMEY - poète, chansonnier, romancier - en haut de l'affiche de l'Etuve.

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         Des mélodies telles Syracuse, Mémère, Mon truc en plume, Il ne faudra jamais et d’autres encore comme Frédo, Une soirée au Gerpil, La Femme du marin, Madame la Marquise a dit sont encore de nos jours dans la tête des seniors de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce qui fait pas mal de têtes. Il y a, en effet, plus de sept cent mille personnes âgées de plus de 65 ans !

        Ces mélodies ont été chantées par Henri Salvador, Yves Montand, Serge Reggiani, Juliette Gréco, Charles Aznavour, Patachou, Mouloudji, Michel Simon, Francesca Solleville, Jean Ferrat, Zizi Jeanmaire, etc. Que de belles voix !

       Ces mélodies sont nées à partir des textes émanant d’un poète nommé Bernard Dimey, né à Nogent, ayant vécu à Montmartre. Il connaissait son quartier et ses habitants comme le fond de sa poche et en imprégna toute son œuvre. (…) C’était un tragique qui ne se prenait pas au sérieux dira de lui Mouloudji.

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        Bernard Dimey, un nom injustement oublié mais que le Théâtre de l’Étuve a décidé de rappeler (1)  en présentant textes et chansons de lui. Ce florilège de chansons et de textes projette le spectateur dans l’univers de Bernard Dimey, que l’inconscience populaire a décidé d’ignorer mais que Montmartre n’a pas oublié (…) autant de succès où l’humour, la tendresse, l’humanité ne peuvent qu’émouvoir et vous faire voyager… Tout l’amour de ce grand poète populaire qui avait pris ses quartiers chez les putes de Paris, et qui les a décrites avec une tendresse infinie comme l’écrit Philippe Dengis metteur en scène de ce spectacle Car tout ce qui ne vaut rien n’a jamais eu de prix.

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       La scénographie et la régie sont de Jean-Marc Rouffart et les artistes  - Philippe Dengis, Fanny Liberatoscioli, Francesco Nobile et Maria Tridetti - sont accompagnés au piano par Xavier Chapelier et à l’accordéon par Maurice Blanchi.

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(1)  Car tout ce qui ne vaut rien n’a jamais eu de prix  au Théâtre de l’Étuve – vendredis 11 et 18 décembre, samedi 19 déc. à 20h15, dimanches 13 et 20 déc. à 15h30 – PAF 15€ (12€ groupes, étudiants, pensionnés) – Réservations ; SMS 0492 56 29 10 ou reservationetuve@gmail.com 

 

23:38 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 07 décembre 2015

Jeudi 10 décembre, 21h20, ultime "noms de dieux" suivi de la "Nuit de noms de dieux" !

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        Tout le monde descend ! Cette expression de wattman annonçant le terminus permet à Edmond Blattchen de signaler que noms de dieux mis sur rail en janvier 1992 en compagnie du philosophe Bernard-Henri Lévy est arrivé à terme en décembre 2015 avec le numéro 200 consacré à Latifa Ibn Ziaten, une mère courage (1).

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        Elle est la maman du parachutiste Imad, la première victime – le 11 mars 2012 du terroriste Mohammed Merah. Depuis, je suis une mère blessée, déchirée. Je reste debout pour défendre les valeurs de la République. Il nous faut absolument tendre la main à ces jeunes, ces enfants de la République. Il faut leur faire aimer la France comme je l’aime. L’ampleur du travail qui est à faire est énorme : c’est un travail de fourmi, de terrain, dans les écoles, les maisons d’arrêt, les mosquées, avec les parents… Le président Hollande lui remettant à titre de co-lauréate le prix 2015 pour la Prévention des conflits de la Fondation Jacques Chirac a dit d’elle vous incarnez aux yeux de tous nos compatriotes de quelque confession, de quelque origine, de quelque parcours, l’amour maternel dans ce qu’il a de plus fort et de plus poignant : la souffrance du deuil mais aussi la possibilité de puiser dans le chagrin les ressources pour aller vers la dignité.

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        À l’instar des cent nonante neuf invité(e)s qui l’ont précédé(e)s, Latifa Ibn Ziaten a suivi les cinq chapitres de noms de dieux. Le symbole : le béret rouge de parachutiste de son fils. Sans modifier quoique ce soit au concept, ni au décor – en ce compris la table, empruntée puis achetée auprès de la firme liégeoise Georgette Ballegeer -, Edmond Blattchen et le réalisateur Jacques Dochamps ont accompli durant plus de dix mille minutes une émission que seul le service public peut offrir.

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        La deux centième émission se prolonge par la rediffusion de huit noms de dieux tout au long de la nuit (2). Un événement de plus dans la vie de noms de dieux qui en compte déjà quelques-uns dont sa longévité, vingt-trois ans à l’antenne d’une télévision publique née il y a soixante-deux ans. Pour ses vingt ans, en 2012, noms de dieux a eu droit à une tranche horaire quotidienne durant toute la saison d’été tandis que la chaîne québécoise Canal Savoir l’a fait découvrir au public francophone américain.

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        Par ailleurs, un certain nombre d’émissions ont fait l’objet d’édition intégrale en livres. Edmond Blattchen – récipiendaire notamment, en 1982, du Prix Jeunes Talents de la Province de Liège – a amené sur le plateau de noms de dieux philosophes, théologiens, écrivains, sociologues, hommes et femmes politiques, scientifiques ou encore artistes dont les réflexions clarifient le monde. La deux centième ne marque pas la fin de noms de dieux car dans ce vivier, la RTBF ne va pas manquer, un jour ou l’autre, d’aller puiser comme elle l’a fait en rediffusant l’entretien d’Edmond Blattchen avec Henry Bauchau ou André Glucksmann et, déjà, bien d'autres.

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  • (1) Diffusion le jeudi 10 décembre 2015 vers 21h20 sur « la trois ». Rediffusion sur « la trois » le samedi 12 décembre vers 23h15. Sans oublier, la possibilité de voir l’émission durant une semaine sur le Net, en cliquant sur latrois.be/revoir
  • (2) 22h20 Sa Sainteté le Dalaï Lama (1994), 23h15 Stéphane Hessel (2009), 00h15 L’abbé Pierre (1993), 01h10 Élie Wiesel (1995), 02h00 Sœur Emmanuelle (1993), 03h00 Albert Jacquard (1994), 03h55 Amélie Nothomb (2009), 04h45 Edgar Morin (1992).

08:32 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Spiritualité, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 03 décembre 2015

Le président de l'Alliance française de Liège veut davantage de membres. Ils sont déjà 300 !

        Paradoxalement, Liège – ville francophile s’il en est – est restée jusqu’au 21ème siècle à l’écart de l’Alliance française, une association internationale créée en 1883, à l’initiative de Paul Cambon, avec des personnalités de grande envergure tels Ernest Renan, Jules Verne, Ferdinand de Lesseps ou Louis Pasteur.

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        Liège est la huitième Alliance française au Royaume de Belgique. Elle a été devancée notamment par Verviers, Huy, Gand. En 2011, William Ancion dépose la candidature de Liège auprès de la Fondation Alliance française qui l’accepte à l’unanimité. Son président Jean-Pierre de Launoit lui annonce la bonne nouvelle le 23 novembre (cfr Liège 28 du 23 novembre 2011).

        En janvier 2012, William Ancion assiste, à Paris, au Congrès de l’Alliance française dont l’invité d’honneur est Stéphane Hessel dialoguant avec Edmond Blattchen , un des dix-neuf membres fondateurs de la section liégeoise (cfr. Liège 28 du 27 janvier 2012). Officiellement, l’Alliance française de Liège est née le mercredi 22 février 2012 au Palais provincial en présence notamment de son Excellence l’ambassadeur de France Michèle Boccoz.

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        Fidèle aux trois missions dévolues à chacune des sections réparties dans le monde, l’Alliance française de Liège a trouvé son assise populaire en instaurant, en octobre 2014, les lundis de l’Alliance française, au Théâtre de Liège, à 18h. Si le premier lundi voué aux secrets du Quai d’Orsay n’en a guère révélé, en revanche, les autres ont mis en lumière les talents des invités Jean-Marie Piemme, Sacha Sprenger, Jacques Mercier, Philippe Claudel, Christian Lacroix.

         En 2015, les lundis de l’Alliance française de Liège ont fait fort en invitant Bernard Pivot puis Yves Winkin – originaire de Verviers-la-mal-aimée de l’avis de Télévesdre (1/12/2015) – qui mène une brillante carrière à Paris en qualité de directeur de la culture scientifique et technique du CNAM et directeur du Musée des Arts et Métiers. En janvier 2016 – le 18 – l’invité du lundi est Jean-Charles De Keyser qui chante Jacques Brel dont Quand on a que l’amour a marqué la cérémonie d’hommage de la France aux Invalides.

        Ce lundi, le président de l’Alliance française de Liège en présentation de l’orateur José Brouwers a changé de préambule. Au lieu d’exalter l’association dans son aspect universel, il a choisi d’évoquer la section liégeoise en lançant un appel aux adhésions.

        Actuellement, trois cents membres cotisent soit en qualité de sympathisant (20 €) ou d’adhérent (25 €). La qualité de membre donne accès gratuit aux manifestations de l’Alliance française de Liège et permet de profiter des avantages proposés par ses partenaires. Les membres adhérents sont conviés à l’assemblée générale - au printemps - au cours de laquelle le Bureau fait le bilan de la saison, expose les projets et entend les suggestions. Les avantages sont de plus en plus nombreux : réductions à divers spectacles, concert Berlioz, représentations à la Comédie royale du Théâtre Arlequin, etc, etc. Il est possible de réserver ses places aux lundis à la billetterie du Théâtre de la Place (tél. 04/342. 00.00) dont le directeur, Serge Rangoni, est un des fondateurs de la section liégeoise.

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        Les cotisations à Liège sont dérisoires si elles sont comparées, par exemple, à celles de l’Alliance française de Flandre-Orientale : - membre individuel: € 30,00 - avec conjoint: € 45,00 - tarif étudiant: € 15,00 - membre bienfaiteur: 50,00 € - membre bienfaiteur avec conjoint: 75,00 €.

        Comme faire de la pub dans la presse est hors de prix, William Ancion demande au public de la faire via Internet. Il signale que les cartes de membres ne sont pas envoyées par Bpost mais sont quérable lors des lundis et précise même que tout membre est chargé d’inscrire personnellement son nom! Tant de vertus d’économie font souvenir qu’au siècle dernier, il a été échevin des Finances en charge de redresser celles de la ville de Liège. Globalement, il y a réussi …

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© Yusuf AHMED, de l'Alliance française de Dacca  (Bangladesch), lauréat du 5e concours international de photo organisé par la Fondation Alliance française sur le thème "Climat, état d'urgence". Exposition à Paris-Le Bourget (COP 21)


 
   

 

16:11 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 03 novembre 2015

un plus un égale onze ... tout compris au réseautage !

        En septembre, l’Association des Liégeois travaillant à Bruxelles (ALTB) a reçu un de ses membres, Bruno Venanzi, devenu le propriétaire du Standard. Il a confié les raisons de cette acquisition : valoriser ce potentiel que représente cet outil. Ce jour-là, Venanzi n’en a pas dit davantage.

       En ce début de novembre, le patron du Standard et le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Liège-Verviers-Namur (CCI LVN) ont présenté leur nouvelle entente qui va dans le sens de valoriser l’infrastructure de Sclessin.

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       Dès le 19 novembre, les deux partenaires lancent le 1+1=11. Cette formule  présente chaque mois aux membres du CCI LVN et du Standard une activité de réseautage inédite (1). Le président du CCI LVN Alexandre Grosjean la résume ainsi : imaginez-vous pénétrer sur la pelouse de Sclessin par le couloir des joueurs. Au programme, un débat animé sur le terrain par une personnalité médiatique avec des invité(e)s renommé(e)s issus de différents milieux (économie, sport, culture,…). Cet entretien décalé organisé en tribunes sera teinté d’humour pour offrir à la fois plaisir et contenu à des chefs d’entreprises issus de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre.

        Après la prestation sur le terrain, le réseautage se poursuit en dîner assis ou debout dans l’espace affaires du stade Maurice-Dufrasne. Il est à noter que cette formule inédite est le fait d’institutions nées au XIXème siècle. Les chambres de commerce et d’industrie trouvent leurs origines officielles le 1 nivôse an XI (mercredi 24/12/1802) et le Standard a été créé en 1898. Mais comme le dit Alexandre Grosjean : notre démarche est prospective et anticipative (…) évitons de rester attentistes : nous préférons créer le futur plutôt que de le subir.

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       Début avril 2016, le CCI LVN sera, sous la tribune T3, dans ses nouveaux bureaux – de style Google c-à-d créatif – répondant au vœu de Bruno Venanzi qui a la volonté de développer l’extra sportif et de créer un pôle économique à Sclessin. Des fenêtres des bureaux du CCI LVN, la vue donne sur ce qui reste du terril verduré et, bientôt, sur le tram (11 ?).    

  

 (1) 1+1=11 - renseignements : Frédéric Van Vlodorp (fvv@ccilvn.be) Christophe Mausen (cm@ccilvn.be)

21:10 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Economie, Gastronomie, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 28 septembre 2015

Sur la Trois, à la RTBF, "noms de dieux" reçoit Jean-Michel HIRT

        L’émission de service public noms de dieux cessera en décembre 2015 après la diffusion du numéro 200. Durant 24 ans, noms de dieux aura été à l’antenne de la RTBF. C’est un record de durée dans un paysage audiovisuel en constant changement.

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        Robert Stéphane – à l’époque Administrateur général de la RTBF - se souvient du jour où Edmond Blattchen lui a proposé son projet.  Tentative folle... Mais structurée avec intelligence. L'esprit d'un bon service public est à mon sens de faire la pédagogie des enjeux par le spectacle. Clarifier le monde, le rendre compréhensible mais en utilisant le spectacle pour accrocher le spectateur. Noms de dieux décidait d'appliquer ce concept sur un des thèmes les plus importants : Qu'est- ce que le monde ? D'où vient-il ? Où va-t-il ? Quelles en sont les explications religieuses et philosophiques ? Mais Edmond Blattchen l' a immédiatement conçu à travers un système de chapitres introduits par des concepts, des objets des textes, des images Cela lui a permis   de relancer l'interlocuteur interviewé et de fixer le spectateur sur des sujets difficiles mais cruciaux.

        Le premier invité, le 14 janvier 1992, le philosophe Bernard-Henri Lévy. Le mois suivant, le mardi 11, le nouvel évêque de Namur André-Mutien Léonard. Un départ en force qui s’est poursuivi (1) et se poursuit.

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        Pour son antépénultième  édition (2), noms de dieux reçoit le psychanalyste Jean-Michel Hirt, professeur de psychopathologie à l’université de Paris 13. Spécialiste en psychologie clinique interculturelle c-à-d celle qui va prendre en compte la culture de l’autre.  Comme l’autre est le patient, le malade - en psychiatrie, c’est plus souvent le malade – et bien au lieu de faire comme si une schizophrénie était la même chose à Liège qu’à Ouagadougou, il s’agit d’entendre d’où vient cet autre, d’avoir une réflexion sur quel réseau culturel il a été pris, éduqué, élevé, ainsi nous pouvons lui permettre de se retrouver et de ne pas être en terre étrangère, seul.

        Jean-Michel Hirt est l’auteur de plusieurs ouvrages notamment : Le miroir du Prophète, Psychanalyse et Islam (Grasset),  Paul, l’apôtre qui  « respirait le crime » (Actes Sud), L’Insolence de l’amour, fictions de la vie sexuelle  (Albin Michel), Le voyageur nocturne, lire à l’infini le Coran (Bayard).

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(1)    Liste des invités de noms de dieux  https://fr.wikipedia.org/wiki/Noms_de_Dieux

(2)    Diffusion le jeudi 1er octobre 2015 vers 21h25 sur « la trois ». Rediffusion sur « la trois » le samedi 3 octobre vers 23h25. Sans oublier, la possibilité de voir l’émission durant une semaine sur le Net, en cliquant sur www.latrois.be/revoir

19:33 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 11 septembre 2015

"D'UN MONDE À L'AUTRE", une biographie patrimoniale

        Incontestablement, la Wallonie est passée d’un monde à l’autre entre le XVIIIe siècle et 1830. Les traces de ce changement sont le thème des Journées du Patrimoine (1). Outre les visites (2), cette année, l’Institut du Patrimoine wallon publie un ouvrage collectif dont la consigne est de faire primer la lisibilité sur la technicité. Consigne respectée et le lecteur de se divertir. Le titre de l’ouvrage D’un monde l’autre (3) évoque le patrimoine architectural wallon hérité de cette longue période (1713-1830) dans le cadre de récits biographiques consacrés à quarante personnalités, wallonnes ou non, toutes liées d’une manière ou l’autre à ce patrimoine. Mutatis mutandis, c’est une Biographie patrimoniale comme il existe une Biographie nationale voulue au début du Royaume en composant un livre où tous les Belges remarquables, n’importe à quel titre, reçussent l’hospitalité.

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        L’homme le plus riche de Verviers au XVIIIe, Francois Franquinet est en couverture D’un monde à l’autre sans figurer parmi les Belges remarquables. Le papa de Charles-Joseph de Ligne le marie à Françoise-Marie-Xavière de Liechtenstein (…) mariage de convenance lié au titre de la jeune épouse. Autre anecdote relative au bâtisseur d’Aigremont, Mathias Clercx. Lors de la construction,  il note scrupuleusement toutes les dépenses (…) et même le coût du carnet où il fait ses notes. À propos de François-Charles de Velbrück, prince-évêque éclairé, il est dit ; sa condition de dignitaire ecclésiastique ne l’empêche pas d’entretenir une relation de longue durée avec Marie-Christine Josèphe Bouget au point d’avoir ensemble deux enfants. Quant à Marie-Anne Biolley, épouse d’un mari impotent, elle accueille William Cockerill en 1799qui va révolutionner l’industrie textile de Verviers. Un William qui achète en 1819, à Spa, une concession pour accueillir un caveau familial. Du mausolée construit par William, deux siècles plus tard ne subsiste qu’une dalle.

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Les avatars conjugaux de Pierre-Henri Dethier (1736-1817) sont dignes d’un magazine pipole du XXIème siècle. Avec Michel-Laurent de Selys-Longchamps, on entre dans la vie municipale de Liège, ville française dont il est le premier maire républicain.

        Mais ces personnalités riches qui ont investis dans ce patrimoine n’ont pu le faire que grâce à des artisans, des artistes, des architectes dont le talent séduit encore. Ainsi, venus du Tessin, les Moretti sont une famille experte dans l’art du stuc qui s’est d’abord manifestée à Liège pour rayonner dans la future Belgique. Autre Tessinois, l’architecte Gaetano Pisoni qui a reconstruit à Liège la collégiale Saint-Jean l’Évangéliste après avoir tracé les plans du palais de Charles de Lorraine à Bruxelles. Artiste natif de Spa , Remacle  Leloup,  illustre les Délices du Païs de Liège de Pierre-Lambert de Saumery. Sur site, Remacle prend le temps de repérer les lieux ; il choisit consciencieusement plusieurs points de vue afin d’appréhender l’objet sous toutes les coutures

         Citons encore des architectes ou maîtres-maçons tels Jean-Gilles Jacob et le château de Warfusée, Barthélemy Digneffe édifiant pour Léonard de Hayme, récemment anobli, la gentilhommière de Sterpigny appelé maison Caprasse avant de devenir son architecte attitré, Jacques-Barthélemy Renoz qui est à la fois architecte – il est l’auteur de l’Hôtel de Ville de Verviers (4) – et homme d’affaires avisé dans les jeux, les charbonnages, les transports en diligence Liège-Paris à grande vitesse, les chaussées entretenues permettent de faire grimper la vitesse horaire à … 3,4km/h.     

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(1)    27ème édition Samedi 12 et dimanche 13 septembre 2015

(2)    Notamment, la visite-spectacle du Musée d’Ansembourg à 10, 14 et 16h, les 2 jours. En outre, toujours au départ du Musée d'Ansembourg, à l'initiative du Vieux Liège et de SOS Mémoire de Liège, spectacle itinérant vers la Violette sur le thème l'heureuse révolution du 18 août 1789, le 12/9 à 15h, le 13/9 à 10h30 et 15h.

(3)    D’un monde à l’autre – Édition IPW – Collectif d’auteur(e)s sous direction Freddy Joris – 296 p – 15 €

(4)    Le n° 130 des Carnets du Patrimoine de l’IPW est consacré à l’hôtel de ville de Verviers – Architecture, histoire, restauration – 56 p – 5€

11:41 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 01 septembre 2015

La Côte d'Ivoire rend l'école gratuite obligatoire de 6 à 16 ans pour tous les enfants.

        Rentrée scolaire innovante en Côte d’Ivoire, cette année-ci, à partir de septembre, l’école devient obligatoire de 6 à 16 ans. L'enseignement se fait en français, langue officielle du pays.

         C’est un projet historique comme l’a qualifié la ministre de l’Éducation nationale et de l’enseignement technique, madame Kandia Camara. Douze mille classes ont été construites et trente-cinq mille enseignants ont été recrutés. Ce projet vise à donner les mêmes chances à tous les enfants ivoiriens quelque soit leur milieu d'origine. Il résout également la question du chômage en permettant aux jeunes d’être bien formés. Plus de 150 millions d’euros sont consacrés à ce projet d’école obligatoire que le Président Ouattara avait inscrit dans son programme électoral présidentiel.

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        La mise en œuvre de la scolarisation obligatoire se heurte pourtant à des réticences que la ministre s’efforce de lever en soulignant les avantages de l’école obligatoire pour les enfants aussi bien que pour les familles. Pour l’enfant, la scolarisation obligatoire permet de combattre l’analphabétisme et l’illettrisme, de lutter contre les pires formes de travail des enfants, d’assurer l’égalité des chances en faveur des enfants issus de milieux défavorisés et entre les enfants des deux sexes. Pour les familles, c’est la gratuité de la scolarisation des enfants. Cette décision du Président de la République est en leur faveur. Les familles sont heureuses parce que leurs enfants sont épanouis. Ils savent lire et écrire et ont du travail. Pour la nation, elle met à la disposition de l’État des ressources humaines bien formées pour réaliser le développement. 

        La scolarisation obligatoire est accompagnée de diverses mesures dont le retour du port de l’uniforme.

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09:56 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 24 août 2015

NAOS ou l'art et le mystère des églises byzantines au Péloponnèse exposés à la Collégiale de Huy.

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©Affiche Ph Roussel

       Faute de main courante, à Huy, l’accès par le parvis Théoduin de Bavière à la Collégiale Notre-Dame et Saint Domitien – inscrite au Patrimoine exceptionnel de la Wallonie – est quelque peu malaisé pour tout qui éprouve des difficultés à se mouvoir. Cette absence de main courante est d’autant plus inexplicable que des travaux de restauration y sont en cours depuis des dizaines d’années. Un détail mais le diable s’y niche même dans une collégiale heureux mélange de gothique rayonnant du 14e siècle et flamboyant du 15e siècle comme l’est celle de Huy L’intérieur de cette église est remarquable. Cette vidéo – 1’33’’ – l’atteste www.tresordehuy.com en le présentant sous forme d’une visite aérienne inédite.

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         Dans ce cadre superbe, Robert Laffineur offre NAOS (1). Ce nom désigne un lieu de culte chrétien datant de la période byzantine allant de la partition de l’empire romain tout à la fin du IVème siècle à la prise de Constantinople, le 29 mai 1453. L’exposition se veut une découverte de la période médiévale de la culture grecque dans le Péloponnèse.                                   

                                      ©R Laffineur

HUY Byz RTC.jpgLigourio.jpg©R Laffineur

         La maçonnerie des murs extérieurs fait toujours largement appel à la brique, même pour les éléments décoratifs, insérés entre les pierres suivant la technique dite du cloisonné. Elle inclut fréquemment des blocs de remploi, parfois sculptés ou inscrits, des spolia en provenance de bâtiments antiques des environs, dont la disposition est entièrement libre et produit des effets de patchwork souvent étonnants. A quelques exceptions près (…)- il s’agit d’architectures aux formes et à la décoration simples, aux dimensions modestes et à l’allure souvent campagnarde. (…) Cette sobriété et parfois cette rusticité s’harmonisent à merveille, il est vrai, avec la grandeur et l’austérité des paysages. Elles sont aussi plus expressives d’une spiritualité populaire et rurale qui persiste jusqu’à nos jours. 

©R Laffineur

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          Autant la nudité externe des naoi est patente autant la décoration intérieure des édifices est plus généreuse, voire exubérante, avec des peintures couvrant toutes les surfaces murales (…) Le programme iconographique est dominé fréquemment, dans l’abside centrale, par la figure de la Théotokos, la Vierge mère de Dieu, et, sous la coupole centrale, par l’image du Pantocrator ou Christ en majesté, maître de toutes choses. Si elles obéissent foncièrement à des schémas et des canons imposés, ces représentations figurées des églises du Péloponnèse n’en expriment pas moins,(…) la sensibilité individuelle des artistes anonymes qui ont œuvré à l’expression d’une foi collective (…) Cette permanence des styles et cette fidélité à l’orthodoxie iconographique amèneront la poursuite des traditions décoratives byzantines pendant les siècles de la turcocratie, au même titre que l’étonnante persistance des formes de l’architecture religieuse jusqu’à aujourd’hui.

         Aux yeux du Consul honoraire de la République hellénique à Liège pour la Wallonie cette exposition se veut un hommage à ces artistes anonymes et à cette pérennité de la culture grecque, un hommage à la Grèce éternelle, qui (…) a toujours su défendre les valeurs d’identité, de solidarité et de liberté, qui sont la marque des grandes nations.

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(1)   NAOS – jusqu’au dimanche 27 septembre – Collégiale de Huy – du mardi au dimanche de 9h à 12h et de 13h à 18h -

 

 

 

06:16 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Religion, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 20 août 2015

SPA : 56ème Festival, CLÔTURE, BILAN & PERSPECTIVES

 

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        C'est la volonté de ne pas permettre la fin du Festival de théâtre de Spa en 2017  qui a dominé le climat de cette année 2015

        Nous avons évoqué la réunion  extraordinaire du Conseil communal de la Ville de Spa ce vendredi 14 août avec ce seul point à son ordre du jour.
Rappelons qu'en 2012 à Spa le MR obtenait, comme en 2006, 55% des votes valables (les votes nominatifs de préférence pour le bourgmestre dépassant la moitié des suffrages de sa liste) soit 13 des 21 sièges (un de moins qu'en 2006  ce qui permit à Ecolo d'entrer au Conseil) la liste proche du CdH progressant en voix mais pas en sièges (4) tandis que les socialistes avec trois sièges (statu-quo) étaient associés au Collège. Ce 14  août (alors qu'ailleurs le quorum de 11 sur 21 ne serait pas souvent réuni à une telle date) 18 des 21 conseillers spadois étaient présents soit les 13 MR, les 3 PS et 2  des 4 Cdh (les trois vacanciers étant les deux autres CdH et l'élu Ecolo). 

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        Le texte de la délibération fut discuté et amendé mais voté à l'unanimité sans aucune abstention c'est-à-dire par le MR mais aussi par les représentants des deux partis qui forment la majorité au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (PS et CdH). Nous serions étonnés si la même unanimité ne pouvait pas être obtenue au niveau de l'arrondissement de Verviers et de la Province de Liège ce qui ouvre des perspectives régionales et communautaires.
 
        Ce nouveau rapport de forces rend crédible la claire revendication des élus spadois; 1° le maintien du soutien par la Fédération Wallonie Bruxelles du Festival royal de théâtre de Spa;           2°) une réception par Mme la Ministre et la "commission d'avis" (le CAD ou Conseil de l'Art dramatique) d'une délégation de la Ville de Spa et de la Direction du Festival pour comparer objectivement les arguments des uns et des autres. L'analyse qui précède cette double conclusion est éclairante.
 
        L'annonce par le courrier du 17 Juillet 2015  de Mme Milquet de la non subsidiation du Festival  dès 2017  se base sur des données infondées du CAD.  
- 1° Ce Festival n'aurait qu'un ancrage local: argument creux car ces cinq dernières années un quart du public vient du Brabant wallon, du Hainaut de Namur et du Luxembourg  ainsi que de Bruxelles (9%) les Spadois représentant 7,55% tandis que ce sont les spectateurs des autres coins de la Province de Liège qui constituent un peu plus des deux tiers du public. Or l'agglomération liégeoise ne constitue pas un ancrage local spadois. 
- 2° Le CAD déplore l'absence d'infrastructures adéquates . C'est faux :certes, aucune subvention n'a été demandée car on ne les obtient que trop tard et trop partiellement mais la petite ville de 10.000 habitants a investi sur fonds propres 6.347.141 euros et 27 cents (soit plus de 256 millions ou plus d'un quart de milliard de francs belges) Quelque 2.500 frs belges par habitant pour les infrastructures des spectacles aucune cité  de chez nous ne dit mieux. 
- 3° Le soutien à un Festival estival de théâtre en Wallonie devrait selon le CAD être plus affirmé qu'à Spa. Cela ne manque pas de culot : alors que la Fédération Wallonie Bruxelles réduit son concours à la Wallonie et en particulier à Spa, cette cité met gracieusement ses salles à la disposition du Festival et lui octroie une subvention de 118.775 euros  
- 4° A la fermeture préconisée par le CAD la Ville de Spa rétorque: comparez les obligations contractuelles 2008 à 2012 du Festival à savoir 15 créations et 15 autres co-produites  ainsi que 300 représentations alors que le Festival a présenté 34 créations, 24 autres co-produites et 337 représentations. En réalité avec une subvention de 31 euros par spectateur le Festival de Spa dont les comptes sont sains obtient trois à quatre fois moins que bien d'autres.
 
        La Ville de Spa et son conseil communal unanime déplorent que une aussi brutale tentative de mettre fin à plus d'un demi-siècle  de créations artistiques de qualité suivies par un public nombreux (94'% de taux d'occupation en 2015 !) ait été développée sur base d'arguments incorrects  et cela sans la moindre concertation avec les organisateurs ni avec la Ville de Spa qui restent désireux d'améliorer encore leur Festival en prenant en compte les dix objectifs de la note d'orientation de la Ministre.  Bref, l'heure est  au dialogue mais aussi à la résistance s'il ne devait pas être fructueux.

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        Quant au bilan du festival 2015, il a été évoqué lors de la rencontre avec le public organisée chaque année en fin de matinée le dernier jour des représentations. Cette fois cette rencontre fut ouverte par un vigoureux plaidoyer très applaudi du Bourgmestre Joseph Houssa. En 10 jours plus de 11.000 spectateurs (700 étant comptés plusieurs fois car abonnés) ont assisté à 50 représentations  de 20 spectacles dont 15  affichèrent complets (le taux d'occupation avoisinant 94%). Le rendez-vous de 2016 est déjà donné: onze jours du vendredi 5 au lundi 15 Août. Et pas question que ce soit pour une dernière édition

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        Une telle défense spadoise  doit  se prolonger avec force à Liège en faveur du Festival et aussi tout particulièrement aussi du Théâtre Arlequin dont la Ville a récemment acheté les salles de la rue Ruxthiel pour pérenniser cette compagnie professionnelle et ses emplois. L'absence de concertation de la part de la Fédération conduit à ce qu'elle semble même ignorer cet achat. 
 
        Restent deux questions que même des amis de Madame Milquet  me confirment comme tout-à-fait pertinentes:
1° Est-il normal que Bruxelles (20% de la population francophone de la Fédération et siège des institutions culturelles fédérales) reçoive 66,8% des subventions pour 20 de ces 35 institutions théâtrales conventionnées ?
2° Est-il admissible que les douze membres du Conseil de l'Art dramatique, majoritairement Bruxellois, se déplaçant rarement et peu soucieux de comparer bilans et obligations conventionnelles, puissent conseiller l'octroi de subventions alors que la plupart d'entre eux sont liés à des institutions qui reçoivent ces subsides publics?

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        Il me reste à dire quelques mots au sujet des deux derniers spectacles auxquels j'ai assisté dimanche soir  : Les lois fondamentales de la stupidité humaine qu'elles s'appliquent aux crétins, aux bandits  ou aux gens intelligents ne m'ont guère fait rire. 

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Par contre j'ai beaucoup aimé la magistrale production  de l 'Atelier Théâtre Jean Vilar de Louvain-la-Neuve: ": La famiglia dell'antiquario du grand  Carlo Goldoni qui sut tourner le dos aux bouffoneries de la comedia dell'arte et peindre en italien comme en français les moeurs de Venise puis de Paris. Les onze comédiens sont excellents sous la conduite du couple formé par le toujours magistral  Alexandre von Sivers, l'antiquaire Anselme, et par sa femme Isabelle, la très expressive Cécile Van Snick qui préfère  la recherche de la qualité artistique plutôt que les affrontements politiques. Par contre  je conteste le choix imposé par Madame Daniela Bisconti qui enseigne l'art dramatique au Conservatoire Royal de Bruxelles : postposer de deux siècles cette comédie de Goldoni dont la langue (même adaptée par la metteur en scène) n'est pas celle du XXème mais bien du XVIIIème siècle. Servir humblement de grands textes plutôt que s'en servir pour se faire valoir,  me semble devoir rester une règle. L'imagination n'a rien d'inutile quand elle reste crédible. Ce qui n'est pas le cas quand on place des personnages de 1750 en 1950.  Alexandre Dumas romance Louis XIII mais ne le fait pas mourir sous les murs de Maastricht contrairement à Patrick Roegiers qui a essayé lors d'une lecture à Spa de justifier  son choix de tuer Christian Simenon sur le front de l'est chez les SS  wallons de Degrelle  et non plus tard en Indochine dans les rangs d'ailleurs non dépourvus de nazis de la Légion étrangère française où son frère Georges s'en était débarrassé

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Mon coup de cœur de ce 56ème Festival restera donc ces Lettres à Elise remarquablement écrites, mises en scène et jouées par un quatuor formé chez les Baladins du Miroir par Jean-François Viot, Nele Paxinou, Sophie Lajoie et Jean-Marie Pétiniot.
Pour de tels moments exceptionnels, puisse le Festival de Spa continuer à servir un public qu'il importe d'élargir en Wallonie et bien au delà.  

                    Jean-Marie ROBERTI

10:47 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Politique, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 18 août 2015

... quand la mi-août est Fête nationale, c'est plus romantique

       

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        Le concordat du 23 Messidor an IX régissant la vie religieuse en France signé par Bonaparte 1er Consul et  le Pape Pie VII stipule en son article XLI, aucune fête, à l'exception du dimanche, ne pourra être établie sans la permission du Gouvernement. Cet article 41 du concordat du 10 septembre 1801 a permis, sans que personne ne perde la face, de supprimer nombre de fêtes religieuses qui ont égayé l’Ancien Régime.

        Afin de sauver la date de l’Assomption, les signataires du Concordat sont allés jusqu’à modifier la date de la fête célébrée jusqu’alors le 2 mai de ce saint martyr officier romain Napoléon, prénom largement répandu en Corse et en Italie. La mi-août devient  le jour où arrive sur terre en 1769 le 1er Consul et où arrive au ciel la mère du Christ. Ce jour miraculeux convient à merveille pour en faire un jour de Fête nationale dans les divers départements de France dont celui de l’Ourthe, capitale Liège. Liège a conservé la tradition en faisant du 15 août la Fête nationale des Marie.

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        Il est un autre pays, le Liechtenstein qui célèbre sa Fête nationale le 15 août. Au 18ème siècle, après avoir acquis la seigneurie de Schellenberg et le comté de Vaduz, Johann Adam Andreas obtient que ces territoires soient élevés au rang de Principauté d’Empire à laquelle il donne son nom, Liechtenstein. Une première dans l'histoire qui sera imitée en 1932, lorsque le Bédouin Ibn Seoud appelle son Royaume Arabie Saoudite.

        La Principauté de Liechtenstein acquiert sa souveraineté en entrant en 1806 dans l’éphémère Confédération du  Rhin regroupant 28 Etats. Le Congrès de Vienne  fait de la Principauté un des 39 membres initiaux de la Confédération germanique dont le but  est le maintien de la sûreté extérieure et intérieure de l'Allemagne, de l'indépendance et de l'inviolabilité des États confédérés. En 1862, le Prince Johan II  instaure la monarchie constitutionnelle.

        Ce n’est qu’en 1938, année de l’Anschluss, que la famille princière réside au Liechtenstein. Auparavant, elle a vécu à Vienne. En 1940, la Principauté décide de se doter d’une Fête nationale. La date ? La veille de l’anniversaire du Prince Franz-Joseph II soit le 15 août.

        2015 marque les 75 ans de la Fête nationale. Le matin, partie officielle à laquelle les 37000 sujets sont conviés : deux discours dans la prairie, fanfares, pas de défilé militaire - l'armée est supprimée depuis 1868 -, nombreux diplomates,  population venue des onze communes de la Principauté  et des étrangers parmi lesquels les Amis du Liechtenstein de la Fédération Wallonie-Bruxelles et son président Charly Dodet. Ensuite, réception à la bière dans les jardins du Château.

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        L'après-midi et le soir, partie populaire avec notamment les multiples musées dont l'immaculé tout en blanc de la Fondation Art HILTI inauguré le 23 mai 2015 fait contraste avec le cube noir du Kunstmuseum dédié à l'art contemporain dont est friande la famille Liechtenstein depuis le 16ème siècle! Une friandise qui a mis cette famille en tête des collections d'art privées au monde...

09:45 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 17 août 2015

SPA : spectacles du 56ème Festival de théâtre commentés par Jean-Marie ROBERTI.

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OVATIONS  POUR LES BALADINS  et son quatuor des « LETTRES A ELISE » :

Nele Paxinou, Jean-François Viot, Sophie Lajoie, Jean-Marie Pétiniot

      J’admire Madame Nele Paxinou.   L’intelligence et la sensibilité de ses conceptions dramatiques. Son adjoint   Gaspar Leclère a écrit et mis en scène  pour une vingtaine de comédiens et de musiciens 1914,  Le Grand Cabaret un spectacle évoquant  la veille du premier conflit mondial. Joué plus de deux cent fois entre 2005 et 2010, il a été exceptionnellement repris au Festival de Spa ces 11, 12, 13 et 15 Août 2015. Mais dès avant l’an dernier, une nouvelle demande moins festive, provenant surtout de milieux scolaires fut adressée à la compagnie des Baladins du Miroir : commémorer  le centenaire du déclenchement de cette terrible guerre, la préférée de Georges  Brassens.

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      Un même souhait fut formulé par un de nos meilleurs et plus expérimentés comédiens actuels   Jean-Marie Pétiniot qui aurait voulu interpréter un  texte qu’il aurait rédigé sur base de témoignages d‘époque. Nele Paxinou, fondatrice et directrice des Baladins du Miroir, donna  son accord de principe à l’initiative, précisa qu’il devrait s’agir d’un spectacle non d’exhibition mais de réflexion  nécessitant le recours au petit chapiteau des Baladins (et non au grand comme Cabaret ou bien encore à des locaux scolaires ou communaux permettant avec le concours d’une bonne équipe technique imaginative, de créer une atmosphère adéquate. Vu sa motivation et en dépit d’un âge plus élevé que celui du rôle (ce qui ne se révéla pas gênant du tout) elle confia à Jean-Marie Pétiniot le rôle masculin de la représentation. Par contre  elle fit appel à un jeune (moins de quarante ans) auteur dramatique lotharingien (à la fois du Namurois et du Brabant roman et donc wallon, Jean-François Viot,) romaniste distingué  qui s’est déjà distingué à Spa (où Alexandre von Sivers, François Sikivie et d’autres comédiens avaient créé sa pièce Sur la route de Montalcino où se confrontaient deux chercheurs dont l’un wallon) Le quatuor fut complété par une  une talentueuse comédienne d’origine québécoise Sylvie Lajoie.

      L’échange de correspondance entre Elise et son mari au front montre la guerre telle qu’elle fut. C’est juste, simple, épuré jusqu‘au poignant. Cela fait comprendre combien l’arrière, les femmes surtout, furent concernées.

     L’accueil du public fut enthousiaste  Ce sont les plus longs et les plus vigoureux applaudissements entendus cette année à Spa (1).  Jean-François Viot  n’est pas, me semble-t-il, un auteur  chez qui l’imaginaire est essentiel : il préfère partir de faits mais ce qu’il crée en exposant ce qui en découle  s’avère d’une grande efficacité. La Wallonie  a en lui un écrivain important et il est réjouissant que le Parlement d’une Fédération à laquelle nous préférons notre région européenne, lui ait octroyé  son Prix Littéraire 2014.

 THE PLACE TO BE

      Le mardi 11 Août 2015, au Petit Théâtre Jacques Huisman, ce n'était plus vraiment le 56ème Festival Royal de Théâtre de Spa mais the place to be pour deux soirées sold out quasi avant l'ouverture des réservations, avec dans la salle le père Philippe et sur scène la fille prodigue Marie revenue au théâtre et dans sa province pour provoquer comme le voulait sans doute l’auteur américain David Ives et ce qui lui valut un Molière (dont certains Liégeois sont presqu'aussi fiers que d'un titre du Standard) mais sans que cela choque encore qui que ce soit cent vingt après le décès du Chevalier Léopold von Sacher-Masoch. Ceci dit qu’ajouter de plus que ce qu’écrivait la critique dramatique du FIGARO, Armelle Heliot, le 3 Novembre dernier :  Marie Gillain, très à l'aise dans les guêpières et autres atours de la belle, est magistrale et toujours légère, irrésistible et maîtresse de la moindre de ses inflexions. Étourdissante! Une artiste  qui mérite toute notre estime.

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 N’EST NI MOLIERE, NI JULES ROMAINS QUI VEUT

       Le jeudi 13 Août j'ai assisté à une pièce de Louis Calaferte mise en scène par Patrick Pelloquet pour son Théâtre Régional des Pays de la Loire: Le serment d'Hippocrate  qui se voulait drôle et rocambolesque pour tourner férocement en dérision la médecine qui a survécu à d’autres attaques. Cet auteur avait bien tort de se mesurer à Molière et à Jules Romains. Les comédiens ont -eux- souligné tous les effets de ce vaudeville (genre qui convenait mieux à la fin du XIXème siècle) mais comment les distinguer quand les programmes à Spa n’associent plus les acteurs et les personnages qu’ils incarnent

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DU SALTO VOCALE  AU DESTIN SANS  PASSER  PAR DOFFICE

       Acrobate vocal, entraînant un public bon enfant,  la prestation de Salto vocale  de Bernard Masuir débute agréablement une soirée théâtrale. Par contre je n’ai pas pu voir pour des raisons personnelles le spectacle des mimes  Michel Carcan et Othmane Moumen. Quant au destin de deux femmes sur un plan incliné de Fabrice Gardin,l’intérêt que j’ai ressenti pour ce spectacle m’incite à ne pas en écrire.

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 LA VILLE REAGIT

       Ce vendredi le Bourgmestre  de Spa Joseph Houssa avait convoqué à 18 heures en séance publique à l'Hôtel de Ville  une séance du Conseil communal qui devait réunir le quorum bien que nous soyons à la mi-août (c'est tellement plus romantique)  et  qui avait pour but de se prononcer (y compris les représentants des deux partis majoritaires au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles: le P.S. et le CdH ) à l'unanimité sur le seul sujet (ce qui est peu fréquent !) mis à l'ordre du jour : LE FESTIVAL DE THÉÂTRE.

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        Nous venons d’en apprendre le résultat le quotidien verviétois LE JOUR du groupe L’AVENIR reproduisant sur internet une dépêche de l’agence BELGA. La voici

 Une motion au conseil communal pour sauver le festival de théâtre de Spa

      Le Conseil communal de la Ville de Spa a, effectivement,  approuvé, ce vendredi soir, à l’unanimité, une motion visant à sauver le festival de théâtre de Spa.

     Le 17 juillet dernier, la ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge de la Culture, Joëlle Milquet, avait annoncé sa décision de ne plus subsidier cette manifestation dès 2017.

      La décision de la ministre se base sur un rapport du conseil de l’art dramatique (CAD) qui estime, entre autres, que le festival se caractérise par un ancrage local. Dans son rapport, le CAD déplore que la ville de Spa ne se soit pas dotée depuis tant d’années, d’infrastructures adéquates. Au vu de ces différents arguments, le conseil préconise l’accompagnement de l’arrêt du soutien à l’opérateur.

      Une décision que conteste la ville de Spa, qui fait savoir que sur les cinq dernières années, 67,82% des spectateurs étaient originaires de la province de Liège mais non de Spa. Par ailleurs, la commune a expliqué que des investissements sur fonds propres, pour un montant de 6.347.141 euros, ont été consentis pour l’aménagement des infrastructures.

     Le Conseil communal regrette qu’une décision aussi brutale ait été prise sur base d’arguments incorrects et sans aucune concertation, ni avec les organisateurs, ni avec la ville de Spa.

     Après quelques modifications syntaxiques demandées par l’opposition Osons Spa (la minorité est de tendance CdH)  le conseil a approuvé une motion qui réclame le maintien du soutien du festival royal de théâtre de Spa par la fédération Wallonie-Bruxelles. Le Conseil demande également que la ville de Spa et la direction du festival soient reçues par la ministre et par la commission d’avis pour comparer, de façon objective, les arguments avancés par chacun.

        Cette motion nous semble modérée mais nécessaire. Il importe que les Wallons se mobilisent. Nous y reviendrons.

 

     Jean-Marie Roberti

  (1) NDLR : Les « Lettres à Elise » de Jean-François Viot sont le coup de cœur de Jean-Marie Roberti. Un coup de cœur  tel qu'il conseille vivement à tous d’aller découvrir au Théâtre Blocry à Ottignies-Louvain-la-Neuve où cette pièce sera jouée  quatorze fois du 15 au 20, du 22 au 25 et du 27 au 30 octobre  deux fois à 13 H. 30’ et une fois à 16 heures en matinées scolaires trois fois à 19 heures 30 et huit fois à 20 heures 30 (Tél. 0800 25 325  et réservations@atjv.be  Site : www.atjv.be)                                                                                                                                                         

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samedi, 08 août 2015

SPA : ouverture orageuse du 56ème Festival de théâtre

 

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        Ce déchaînement de l’orage trop violent pour reconstituer au mieux les réserves aquifères de la Ville d’eau était naturel et en rien lié à l’arrivée de la Ministre de la culture qui n’eut pas davantage lieu que celles que n’assumèrent pas davantage pendant 22 ans du dernier tiers de siècle, ses quatre prédécesseurs bruxellois  MM. Moureau, Tomas et Picqué ainsi que Mme Laanan. Elle préfère accorder plus du double de subventions au riche Kunstenfestival qu’à celui de Spa dont elle se garde  d’analyser la manière exemplaire avec laquelle les obligations contractuelles de la convention ne sont pas seulement pleinement remplies mais aussi largement dépassées avec le concours sans faille d’une Cité dont les investissements sur fonds propres utiles au Festival s’avèrent importants même en l’absence d’aides spécifiques.

        Punir les bons élèves est absurde. Mais d’autres peu assidus peuvent s’avérer jaloux. Ces pseudo-experts du conseil de l’art dramatique sont par rapport aux chevilles ouvrières du Festival de Spa et du Théâtre Arlequin Armand Delcampe  (né – bon anniversaire – le 11 Août 1939 )et José Brouwers (né le 26 Mars 1931) ce que sont au Cdh  des Milquet’s boys and girls tels Mme Matz ou M. Drèze par rapport à Jean-Pierre Grafé (né le 31 Mars 1932) qui, comme Armand Delcampe avec Cécile Van Snick ou  comme José Brouwers avec Marie-Josée Delecour,  a cherché avec Marie-Dominique Simonet puis avec  Anne Delvaux à rajeunir et féminiser le Cdh liégeois. Nous en reparlerons mais venons en aux deux spectacles auxquels nous avons assisté vendredi soir.

AU SERVICE D’UN BEAU TEXTE

        En guise d’apéritif du Festival, nous avons eu droit à la création  d’une pièce, tirée du roman de Violette Ailhaud, L’homme semence. Que cette histoire ait été vraie alors que cette véracité semble peu vraisemblable nous importe moins que la qualité du texte dont voici une citation parmi des dizaines d’autres possibles.

Ça vient du fond de la vallée. Bien avant que ça passe le gué de la rivière, que l'ombre tranche, en un long clin d’œil, le brillant de l'eau entre les Iscles, nous savons que c'est un homme. Nos corps vides, de femmes sans mari, se sont mis à résonner d'une façon qui ne trompe pas. Nos bras fatigués s'arrêtent tous ensemble d'amonteiller le foin. Nous nous regardons et chacune se souvient du serment. Nos mains s'empoignent et nos doigts se serrent à en craquer les jointures notre rêve est en marche, glaçant d'effroi et brûlant de désir.

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Dans une mise en scène très pointue d’Annette Brodkom assistée par une demi-douzaine de spécialistes du son, de la voix, du mouvement , des lumières, de la scénographie etc…  la jeune comédienne Marie Avril réussit un sans faute. Être comédien(ne), c’est servir humblement de grands textes nous disait Gérard Philippe au milieu des années cinquante lors de rencontres internationales des jeunes au Festival du TNP en Avignon. C’est dans cette voie que s’est engagée et qu’excellence à présent Marie Avril.

 

L’ÉVOLUTION DE NOTRE SOCIÉTÉ CONDAMNE-T-ELLE L’AFFIRMATION DE NOTRE IDENTITÉ : JUIVE… OU WALLONNE ?

        En présence du Bourgmestre Houssa (né en 1930 mais dont la première échevine a un demi-siècle de moins que lui) et de deux Gouverneurs de province, un ancien du Brabant wallon Valmy Féaux qui fut aussi Ministre-Président de la Communauté française de l’époque et d’un autre, ancien ministre prolongé au moins jusqu’au lendemain des Fêtes de Wallonie comme Gouverneur de la Province de Liège, Michel Foret, le plat de résistance de cette soirée d’ouverture fut la création en français d’une des quinze pièces du dramaturge américain Donald Margulies : « Brooklyn Boy ».

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         Un écrivain juif (ou censé l’être) perd-il son identité en obtenant le succès grâce à  un roman autobiographique ? Au rythme de séquences  aux transitions spectaculaires, cet écrivain est confronté à son père, à un condisciple d’enfance devenu épicier, à son ex-épouse, à une jeune femme de passage, aux studios hollywoodiens et à nouveau à son condisciple puis au fantôme de son père.          

        Retrouvera-t-il son identité ? Richard Ruben qui se trouve deux heures en scène et qui joue juste mais devrait veiller à rester toujours aussi audible que son père, Armand Delcampe metteur en scène de cet intéressant spectacle joué par sept comédiens secondés par le double de collaborateurs. Intéressant parce qu’universel. Et si une pièce  nous interrogeait sur notre propre identité en espérant que les Wallons comprennent enfin qu’ils doivent, en régionalisant la culture et l’enseignement,  devenir maîtres chez eux !

 

 

                           Jean-Marie Roberti

16:50 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 05 août 2015

Exclusivité "Liège 28" : VEUT-ELLE DÉMÉNAGER LE FESTIVAL DE SPA À MONS ?

 

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Une exclusivité de Liège 28

VEUT-ELLE DÉMÉNAGER LE FESTIVAL DE SPA À MONS ?

     Un avis négatif quant à  la subsidiation du Festival de Spa vient d’être rendu par le Conseil de l’Art dramatique composé d’experts de l’establishment communautaire, absents de Spa en août mais dont les trois quarts, en toute incompatibilité, s’occupent d’abord de  se servir eux-mêmes.

     Ce Conseil à nette majorité bruxelloise dépend, en, fait des Ministres de la Culture qui, pendant ce dernier tiers de siècle, furent vingt-deux ans bruxellois. Joëlle Milquet qui succède ainsi à Fadila Laanan, Charles Picqué, Eric Tomas et Philippe Moureaux a décidé  dans un premier temps de diminuer de 5%   en 2016 les subsides des onze institutions théâtrales dont sept wallonnes ayant reçu des avis négatifs et, dans un second temps, d’étudier l’arrêt éventuel de tout subventionnement.

     En 2016, trente cinq institutions conventionnées dont vingt bruxelloises doivent recevoir  29,3 millions  d’euros : 19,6 à Bruxelles (66,8%) et 9,7 hors Bruxelles (lisez en Wallonie) soit moins d’un tiers.

     Quelque 20% des francophones de la Fédération Wallonie-Bruxelles habitent les 19 communes de la Région-capitale où l’État fédéral finance d’importantes institutions culturelles. Les clés de répartition Persoons Dehousse des dépenses culturelles localisables de la Communauté française (25% à Bruxelles, 75 % en Wallonie)  sont généreuses pour la capitale et devraient rester valables. En fait, elles sont bafouées par les ministres bruxellois et leurs conseils d’experts.

     Il est temps que Ministres et Députés wallons largement majoritaires  au  Gouvernement et au Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles se réveillent.

     Mme Milquet connaît ce péril et, nous confiait écœuré un de ses propres collaborateurs,  pour rendormir les Wallons, elle entend bien les diviser . Elle compte proposer (ou l’a déjà fait) à son ami mayeur de la Capitale européenne 2015 de la Culture  de charger   les professionnels de l’art dramatique du Brabant wallon  (ceux de l’Atelier et des Baladins)  de créer, avec des moyens  significatifs, un Festival  estival théâtral hennuyer  et surtout montois afin de diminuer le déséquilibre existant dans le domaine culturel entre la Province du Hainaut et celle de Liège.

     Cela  fera oublier aux Hennuyers les déséquilibres Wallonie Bruxelles et si les Brabançons wallons  rechignaient à jouer dans une telle pièce, ce seraient leurs futurs contrats-programmes qui seraient menacés.

      Quand Machiavel  recommandait au Prince Divide et impera (divise et règne) il ajoutait un second conseil : sois discret.

     Révélées, les intentions de Joëlle Milquet devraient susciter  chez les Wallons un sursaut de dignité. Se battre entre eux alors qu’ils sont majoritaires et peuvent donc faire rétablir l’équité serait d’une grande bêtise car ils ont besoin de se montrer unis et solidaires face aux défis européens et à ceux de la mondialisation.

     Puisse cette voix de la raison être entendue !               

     liege28.skynetblogs.be  

         

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06:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Politique, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 24 juin 2015

Fëte de la musique, fête de l'âme ...


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        Le 21 juin – jour de fête de la musique -, le Président Hollande a poussé la chansonnette à la demande de Camille. La scène s’est déroulée sur la terrasse de l’Institut du Monde Arabe, à Paris. Après avoir chanté Fête de la musique, fête de l’âme de sa belle voix de baryton, en boutade, le président lance : bon, Camille, vous en avez une autre ? Et Camille d’entraîner le Président à chanter Solstice.

        Cette péripétie présidentielle a réjoui les Français(e)s et nous rappelle une séquence qui s’est déroulée autrefois au Québec lors d’une visite du Premier ministre français, Raymond Barre, l'un des meilleurs économistes de France. Au moment de son départ, il voit les ministres du Cabinet provincial entonner en chœur Mon cher Raymond, c’est à ton tour, de te laisser parler d’amour… - la chanson de Vigneault. Raymond Barre murmure dans un micro ouvert par inadvertance : Ce n’est pas un gouvernement, c’est une chorale!

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        CORRIGENDUM : Au risque de s'entendre fredonner j'ai la mémoire qui flanche,  rendre à César ce qui appartient à César est une règle d'or du journalisme. Un diplomate québécois - lecteur de Liège 28 -  nous adressé un courriel le jour de la Fête nationale du Québec : j'étais là quand cette phrase a été prononcée, à l'aéroport de Québec, à l'automne 82, par Pierre Mauroy. Premier ministre socialiste de la Vème République a, en effet, poursuivi la rencontre annuelle des Premiers ministres de France et du Québec, initié par Raymond Barre.

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10:04 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Musique, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 16 mai 2015

LE 56ème FESTIVAL THÉÂTRAL DE SPA : D’ ÉCLAIRANTES ÉNUMÉRATIONS.

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        Le Festival de théâtre de Spa  se présente chaque année en communiquant une série de chiffres que l’on peut compléter, voire parfois rectifier au lieu de les arrondir : sa 56ème édition depuis 1959 (1) propose en  2015,  10.000 places  en six lieux et en dix jours afin de permettre à 73 comédiens (20 dont 7 musiciens  des Baladins du Miroir, 18 de deux productions de l’Atelier-Théâtre Jean Vilar et six nous venant des Pays de Loire, tandis que les 16 autres  spectacles - sur 20  soit   80%  de ceux-ci - ont ensemble  eu recours à 29 comédiens soit moins de deux en moyenne par spectacle) de jouer 44 fois 20 pièces dont quatre créations et trois spectacles venus de France dont celui (« sold out » c’est-à-dire complet en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire) avec la triomphatrice  du Molière de la meilleure comédienne de l’année :  la Liégeoise Marie Gillain. On pourrait poursuivre  l’inventaire à la Prévert  en évoquant quatre rencontres, trois lectures, cinq spectacles de rue, six stages dont cinq pour des catégories de jeunes allant de 2 ans et demi à 17 ans ou bien encore un dîner spectacle, des formules Thermes-Théâtre etc….

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        Mais chez les lecteurs curieux les énumérations ne font l’objet d’appréciations qu’après comparaisons. Je lis ainsi qu’en 1961, le festival annonçait 26.252 spectateurs pour 39 représentations en  18 jours  par 37 comédiens résidant à Spa et 42 comédiens navetteurs . Ou bien que pour sa mise en scène de la création mondiale en langue française de la pièce magistrale de Bertold Brecht « Arturo Ui », Jacques Huisman avait employé trente six comédiens.  Quand fin 2002, Armand Delcampe  secondé notamment par le Bourgmestre Houssa obtint du Ministre libéral wallon de la Culture  Richard Miller, la signature d’un contrat-programme pour le Festival spadois, il put annoncer pour 2003, 88 représentations (le double de cette année) de 28 spectacles dont 8 créations en 16 jours… En 2006 on annonça même plus de 100 représentations !

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        Aujourd’hui, Cécile Van Snick nous écrit :  « Le contrat-programme signé en 2002 prévoyait un échelonnement de la subvention jusqu’ en décembre 2006 . Ensuite, nous avons eu droit à quelques indexations. Celles-ci s’arrêtent en 2011. En 2015, la subvention a été diminuée de 1%. Lorsque j’évoquais en conférence de presse le montant de 17.000 euros en moins pour l’artistique, c’était en additionnant l’ensemble des montants diminués cette année (aide de la Présidence de la Fédération, aide du Tourisme, diminution de la subvention de la Fédération, Arts & Vie,…)                

        La subvention de 173.525 euros  en 2002 a progressé de 38,6% en quatre ans pour atteindre 240.451 euros en 2006 mais la ministre  bruxelloise Fadila Laanan a refusé de renouveler le contrat-programme et s’est  contentée en huit ans d’une progression de 6,4%  (de 240.451 à 255.910 euros en 2011  montant maintenu sans indexation jusqu’en 2014 et abaissé en cette année 2015 à 253.351 euros). Nous connaissons l’impécuniosité de l’ex-Communauté française devenue une Fédération Wallonie-Bruxelles à régionaliser. Les clés de répartition des subventions communautaires  localisables avaient été généreusement fixées pour Bruxelles (alors quelque 20% des francophones de la Fédération dans cette région dotée de l’essentiel des budgets des institutions culturelles fédérales) à 25%, 75% devant revenir à la Wallonie. Dans le secteur des arts de la scène (comme à la R.T.B.F.) c’est à présent l’inverse grâce à des Charles Piqué et Fadila Laanan  qui avec la complicité des Wallons de l’establishment bruxellois ont roulé dans la farine ministres et parlementaires wallons pourtant largement majoritaires au sein de la Fédération. Spa fournit à cet égard avec son Festival de Théâtre un exemple flagrant d’iniquité.

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        En effet une véritable aberration se révèle dans  les subventions de deux Festivals : l’un flamingant d’avant-garde te Brussel le « KunstenFestival des Arts » qui en plus des crédits considérables de la Communauté flamande et même de l’Union Européenne ainsi que des aides service de Brussel-Bruxelles-hoofdstad-capitale recevait en 2013 près de  600.000 euros (597.566) alors que le Festival Royal de Théâtre de Spa recevait pour sa 54ème édition   255.910 euros  soit quelque 40% de ce qui était octroyé aux affidés de Mevrouw Frie Leysen (2). Cela dans un silence qui est selon moi aussi assourdissant que scandaleux. Espérons que cela  change car autrement la mort à petits feux du Festival de Spa se terminera par une euthanasie. Le seul moyen de l’éviter nous semble être de transférer des subventions de Bruxelles vers la Wallonie.            

        Ceci dit , je n’ai pas présenté  les spectacles. C’est parce que vous trouverez bien davantage à leur sujet sur le site du Festival (www.festivaldespa.be) que ce que je pourrais en dire ici. Par contre vous n’y trouverez pas ce que vous avez pu lire ci-dessus. Mais je prévois de vous donner en suivant deux représentations lors de cinq soirées du 7 au 16 Août une dizaine d’appréciations motivées.                                    

        Jean-Marie Roberti

___________________

(1) Depuis 1959, c’est-à-dire d’abord un quart de siècle en décentralisation du Théâtre National dirigé par Jacques Huisman auquel succéda un Jean-Claude Drouot alias Thierry la Fronde  qui échoua en 1986 et 1987, deux « anciens » Billy Fasbender et André Debaar prenant le relais en 1988 et présentant jusqu’en 1998 une vitrine des productions dramatiques en Communauté française, tandis que depuis 1999, c’est-à-dire depuis 17 ans, c’est le duo Armand  Delcampe et Cécile Van Snick qui met désormais l’accent sur la création (comme le démontrait en 2009,   dans son livre sur le cinquantenaire du Festival,  le journaliste de « La Libre Belgique » Philippe Tirard)  et qui  assume (aujourd’hui très difficilement)  l’actuelle pérennité de  cette manifestation estivale majeure de l’art dramatique en Wallonie.

(2) Une fine observatrice de la vie culturelle bruxelloise, par ailleurs ancienne parlementaire, nous fait justement remarquer que la Fédération Wallonie-Bruxelles a certes obtenu que l'appellation KunstenFestival soit complétée par la mention  "des Arts"  mais, ajoute-t-elle, il faut attaquer ce "kunst" sur le fait que le contrat ne prévoit que trois productions de la Fédération Wallonie Bruxelles. Elle souligne encore que "les 35 producteurs bruxellois ne sont pas francophones" A son avis,  un double financement par les Flamands et les francophones serait de nature  à permettre des créations et un caractère mondial où, conclut-elle, la Wallonie devrait être plus présente.  Nous pourrions souscrire à une telle conclusion si la Wallonie obtenait dans ce secteur de l'art dramatique (comme dans bien d'autres domaines culturels) une proportion équitable des interventions publiques (et non pour le Festival théâtral de Spa 40% de ce que la Fédération  octroie au riche KunstenFestival). Nous apprenons que le Théâtre dit National (auquel cette Fédération accorde plus de six millions d'euros annuels) annonce l'organisation d'une saison 2015-2016 complètement commune avec le  Koninklijke Vlaamse Schouwburg. Grâce à l'addition des subventions 70 spectacles peuvent être programmés en région de Bruxelles-Capitale en y assurant à la Flandre une place démesurée par rapport à sa représentativité réelle (10% des demandes de pensions sont rédigées en néerlandais vient-on d'apprendre) et cela dans un esprit belgicain et recentralisateur. Jusques à quand la majorité wallonne de la Fédération Wallonie-Bruxelles se laissera-t-elle rouler dans la farine ? 

22:50 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, francophonie, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 14 mai 2015

L'Islam contre ... l'islamisme, thème du noms de dieux le 16 mai.

 

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        La RTBF puisse dans le fonds riche de près de 200 émissions de service public noms de dieux d’Edmond Blattchen et Jacques Dochamps en rediffusant une émission (1) qui rend, à la fois, hommage à l’invité Abdelwahab Meddeb – décédé le 6 novembre 2014 -, participe à l’émotion collective en suite de l’attentat au Bardo de Tunis le 18 mars 2015 et contribue à l’amélioration du vivre ensemble.

        La première diffusion a eu lieu le 17 avril  2077. Abdelwahah Meddeb, partisan d’un Islam libéral, est un écrivain franco-tunisien auteur de nombreux livres dont La maladie de l’Islam – Prix Mauriac 2002- et Matière d’oiseaux – Prix Max Jacob 2002 – et chroniqueur de Culture d’Islam, une émission hebdomadaire de Radio France. Son pari à noms de dieux se situe entre peur et espérance. Peur de voir l’Islam rongé par l’islamisme, espérance qu’il se redresse grâce à l’épreuve de la démocratie.

 

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(1) Samedi 16 mai vers 22h50 sur la Deux. Rediffusion sur « la deux » dans la boucle de nuit du 20 au 21 mai. Sans oublier, la possibilité de voir l’émission durant une semaine sur le Net, en cliquant sur www.ladeux.be/revoir

07:09 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 10 mai 2015

6 août et 20 août 1914, des dates qui comptent dans l'histoire de l'ULg.

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        Le mois d’août 1914 a influencé la toponymie - ou mieux dit l'odonymie - de l’Université de Liège Intra-muros, alors que le maintien de l'ordre dans la ville de Liège relève du major allemand Bayer  (cfr Liège 28 du 30/9/2014), le massacre de dix-sept civils dans nuit du jeudi 20 août perpétré par une soldatesque ivre place de l’Université a entrainé, au lendemain de la première guerre mondiale -  le lundi 30 décembre 1918 -, un changement d’appellation en place du XX Août . Une plaque commémorative rappelle aux passant(e)s, étudiant(e)s et professeur(e)s les faits. La corbeille en fer forgé destinée à accueillir les fleurs en hommage est en chômage technique depuis longtemps.

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        Sur le campus du Sart-Tilman, il y a souvenir d’août 1914 par l' Allée du 6 Août. Aucune notice n’évoque les terribles combats livrés, sous des pluies diluviennes, la nuit du 5 au 6 août par les lignards et le 1er régiment de chasseurs à pied contre les troupes allemandes qui veulent s’emparer du fort de Boncelles. La bataille du 6 août au Sart-Tilman est gagnée par les Belges sous le commandement du général Jacques - un Stavelotain mieux connu plus tard sous le nom du général Jacques de Dixmude. Le fort résiste jusqu’au 15 août à 7h30. Au matin du 6 août, l’aumônier du 1er régiment écrit : là, devant moi, gisent plus de 5 000 soldats des corps de Brandebourg, de Hanovre et de Poméranie. Le sol est couvert d’un manteau gris, parsemé çà et là de taches sombres d’uniformes de chasseurs. Pas de notice à l’Allée du 6 Août, à croire que les territoires de la mémoire se limitent à la Cité Miroiᴙ !  

       En revanche, à un mètre de la plaque Allée du 6 Août, il y a un poteau de signalisation triangle rouge renversé doublé d’une notice noire sur fond orange sur laquelle on peut lire ATTENTION CARREFOUR vous n’avez pas la priorité...

 

 

22:03 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Histoire, Liège, Université | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg