lundi, 26 juin 2017

Bulletion du Vieux-Liège : Juliette Noël à l'assaut d'une légende relative à Marie Walewska !

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       Moins de trois ans avant la Révolution française, en Pologne, chez les Laczynski, une famille noble, naît Marie. Elle a pour précepteur un Français, Nicolas Chopin, futur papa de Frédéric avant d’être envoyée parfaire son éducation au couvent Notre-Dame de l’Assomption à Varsovie. Marie est intelligente et studieuse, avec une douceur de caractère qui l'a fait aimer par tous ici. De plus, elle est d’une grande beauté.

        Les propositions de mariage ne manquent pas. Parmi ceux qui lui font la cour, il y a un jeune homme beau, riche et charmant qui lui a plu tout de suite. Il a pourtant un gros défaut : il est russe et, de plus, appartient à la famille du terrible feld-maréchal Souvorov, ennemi juré de la Pologne que ses puissants voisins, la Russie, la Prusse et l’Autriche, s’étaient partagée. La famille de Marie s’oppose et lui impose le mariage, fin 1804, avec le comte Anastazy Colonna Walewski, ancien chambellan du dernier Roi de Pologne. Point beau, riche de propriétés obérées et vieux - 72 ans, elle 18 -, on comprend qu’avant les noces, elle avait pleuré longtemps et a continué à sangloter pendant la cérémonie.  

        En ayant terminé avec la campagne de Prusse, Napoléon entame la campagne de Pologne. Il arrive à Varsovie, le 18 décembre 1806, en libérateur. Des milliers de Polonais, les Légions polonaises de Dombrowski sont engagées depuis une dizaine d’années dans les armées françaises. Fin décembre 1806, dans un climat de Napoléonmania, l’empereur remarque, dans la foule, la jeune comtesse Walewska, lui parle. Le 1er janvier 1807, il lui écrit Marie, ma douce Marie, ma première pensée est pour toi, mon premier désir est de te revoir. Tu reviendras, n’est-ce pas ? Tu me l’as promis. Sinon l’aigle volerait vers toi. (…) Daigne donc accepter ce bouquet : qu’il devienne un lien mystérieux qui établisse entre nous un rapport secret au milieu de la foule qui nous environne. Exposés aux regards de la multitude, nous pourrons nous entendre. Quand ma main pressera mon cœur, tu sauras qu’il est tout occupé de toi et, pour répondre, tu presseras le bouquet ! Aime-moi, ma gentille Marie, et que ta main ne quitte jamais ton bouquet.

       Le 7 janvier 1807, elle participe au bal de carnaval dont La Gazette de Varsovie rend compte : Sa majesté l'Empereur a assisté à un bal chez le ministre des relations extérieures, le Prince de Bénévent, au cours duquel il a invité à une contredanse la femme du chambellan Anastase Walewski. Des patriotes polonais avec l’assentiment du mari imaginent que Marie est la personne la mieux placée pour convaincre Napoléon de ressusciter le Royaume de Pologne. C’est la période épouse polonaise qui voit l’Empereur et Marie filer le parfait amour au Château royal de Varsovie, au château de Finckenstein, à Paris dans le IXème arrondissement, au Palais impérial de Schönbrunn. Napoléon ne ressuscite pas le Royaume mais par l’accord de Tilsitt, en juillet 1807, crée le Duché de Varsovie où est en vigueur le Code Napoléon.

     Enceinte de Napoléon à Schönbrunn, Marie accouche chez son mari, le vendredi 4 mai 1810 d’Alexandre. L’Empereur est averti de l’heureux événement à Anvers. Soucieux de l’avenir de son fils, il comble la mère de rentes et propriétés diverses. Les générosités de l’Empereur se font moins sur sa cassette personnelle que sur les biens de l’Empire. Marie est devenue riche, surtout grâce aux donations que Napoléon a faites au petit Alexandre. Mais elle risque de ne plus l’être si son mari endetté se met à rembourser. Aussi Marie demande le divorce le 12 juillet 1812 et l’obtient … le 24 août, une rapidité digne de Reno (Nevada USA) !

       Catholique, Marie doit attendre la mort de son ex – le 20 janvier 1815 - avant de convoler en justes noces avec le bel Philippe-Auguste, comte d’Ornano qu’elle a connu à Varsovie en 1807. Jeune, beau, très chic, d’une famille corse liée à la famille Bonaparte, protégé de Laetitia, la mère de Napoléon, ce lieutenant-général participe aux Cent-Jours de Napoléon. Ce qui lui vaut d’être banni de France par la Seconde Restauration. Il se réfugie dans le Royaume des Pays-Bas et épouse, le 7 septembre 1816, Marie  en la collégiale Sainte-Gudule de Bruxelles. En compagnie des enfants de Marie, Antoine et Alexandre, les époux viennent s’établir à Liège d’abord rue Sœurs-de-Hasque puis rue de Fragnée, n° 876, quartier du Sud.

       Dans la dernière livraison du Bulletin de la Société royale LE VIEUX-LIÈGE (1), Juliette Noël relate les endroits où a vécu à Liège  Marie Walewska. C’est de la légende de son habitation rue Mandeville à la réalité. S’appuyant essentiellement sur des documents des Archives de l’État et de Ville de Liège, Juliette Noël retrace notamment l’endroit où est situé le 876, rue Fragnée. Il faut savoir que la numérotation, à l’époque, est continue. Il n’était pas question de donner des numéros pairs ou impairs selon le côté où on se trouvait. Il appert d’un document passé en l’étude du notaire royal Philippe Parmentier que le propriétaire Nicolas Bernimolin donne en location pour une durée d’un an, expirant le quinze mars 1818, l’immeuble et les terrains l’entourant. C’est alors un véritable domaine. Il se dénomme « Sans souci ». Situé à hauteur du numéro 20 de l’actuelle rue du Vieux-Mayeur qui, en ce temps-là, s’appelle ruelle du Vieux-Mayeur, l’immeuble loué a une longueur d’environ 22 mètres avoisinant des jardins de plus d’un hectare.

        Dans la partie finale de son article consacré à l’immeuble occupé par Marie Walewska à Liège, Juliette Noël s’attaque à une légende qui situe cette habitation rue Mandeville. Tâche ardue car l’auteur de la légende n’est autre que Théodore Gobert. Celui-ci a publié des notices sur  les rues de Liége en sa période de journaliste à La Gazette de Liège, notices rassemblées en 1891  en quatre volumes éponymes. Il n’est pas question dans cette première édition de Marie Walewska. Vient la seconde édition, en 1926, où Gobert écrit : Située au pied de la colline, cette demeure caractéristique étendait au loin ses superbes jardins plantés d’arbres touffus, qui en faisait l’une des plus agréables résidences rurales. Ici vint s’installer, après la chute de Napoléon 1er, une dame qui, à cette époque, a beaucoup fait parler d’elle. Il s’agit de la comtesse Walewska. Gobert l’a fait mourir le 15 décembre au lieu du 11. 

        Juliette Noël n’a pas d’explication sur cette affirmation erronée de Gobert ; J’opine à croire qu’il a fait un amalgame avec d’autres biens (…) Quoi qu’il en soit, Gobert sera suivi par les écrivains liégeois postérieurs (…) Les écrivains non-liégeois reprendront l’information. Pour eux, naturellement, la localisation correspondait à un endroit qui leur était inconnu.  Juliette Noël, une orfèvre de la précision !

      Dans ses Mémoires, le comte Alexandre évoque la période liégeoise après le mariage de sa maman : Mon frère aîné, qui avait 4 ans de plus que moi, Monsieur Carité, un vieux valet de chambre nommé André et moi nous partîmes de Paris en diligence pour aller retrouver ma mère aux Eaux de Chaudfontaine près de Liège. (…) Quelques mois après, nous étions établis dans une charmante maison de campagne à la porte de Liège où ma mère mit au jour au mois de juin 1817 un gros garçon qui fut baptisé sous le nom de Rodolphe. (…) j'accompagnais aussi quelquefois mon beau-père chez un libraire de Liège nommé Desoret (NDLR lire Desoer). Là, j'entendais parler politique sans y rien comprendre, cependant j'ai retenu quelques mots de ces conversations dont plus tard j'ai compris le sens. (…) La campagne que nous habitions était à une demi-lieue de la ville. (…) Le Général Ornano ayant obtenu son rappel, ma mère partit pour Paris au mois d'octobre 1817 avec le nouveau-né qu'elle nourrissait malgré les avertissements de son accoucheur de Varsovie le célèbre Czekieski, qui lui avait prédit que si jamais elle se décidait à nourrir elle le paierait de sa vie. Peu de jours après son départ, le Général Ornano, mon frère et moi, nous nous mîmes en route pour aller la rejoindre. Nous voyagions en poste dans une bonne berline lorsqu'au milieu de la nuit près de Namur, nous versâmes dans un fossé (…) Nous arrivâmes le lendemain à Paris à trois heures du matin nous rendant dans la chambre de ma mère. Elle se réveille pour nous embrasser. Quel doux réveil dit-elle mon mari et mes enfants, ce sont là les dernières paroles. Le lendemain, son état s’aggrave au point que ses enfants ne peuvent plus la voir. Elle expire le 11 décembre à six heures du soir d’un abcès au sein dont on n'avait reconnu l'existence que trop tard pour risquer une opération et de calculs rénaux.

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(1) Le Vieux-Liège fondé le 20 février 1894 – Devise Rien aymez s’il n’est cognu - levieux-liege.be – Cotisations et abonnements aux publications trimestrielles, membres adhérents 25 €, membres de moins de 25 ans 15€ à verser au compte BE42 0000 3248 4054

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jeudi, 04 mai 2017

Un souhait démocratique et républicain : que la France vote dimanche comme à Liège !

 

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       L’initiative de l’Alliance Wallonie-France (AWF) consistant à demander à la population de la Province de Liège de participer à un vote consultatif sur le deuxième tour des élections présidentielles en France a rencontré encore davantage de succès qu’au premier tour. Près du double des suffrages ont été recueillis.

     Le mouvement En Marche l’a emporté par 62% 84 des suffrages exprimés. La candidate du Front national est créditée de 37% 16 soit en écart de plus de 25%. Les démocrates quelques soient leurs convictions rêvent d’un pareil score le 7 mai.

      Le succès d’Emmanuel Macron est plus net encore dans la Ville de Liège où il obtient 80% 29 des votes. Un score proche de celui de Jacques Chirac laminant, en 2012, Jean-Marie Le Pen par un 82% 21 rassemblant sur son nom, grâce au Front Républicain, 25 537 894 voix. Le succès recueilli à Liège doit beaucoup à la Macronmania qui flotte sur le campus du Sart-Tilman. Le leader de En Marche  y recueille 94% 80. Il ne faut pas désespérer des jeunes. Ils sont l’avenir.

       Après Liège, la Ville de Verviers vote Macron à 70% 13 suivi par Visé à 67% 60, Waremme à 65% 67, Huy 64% 77, Amay 61% 64, Hannut 61% 06. Dans la tranche des plus de 50% en faveur d’Emmanuel Macron, nous trouvons Aywaille (55% 26), Bomal (53%23), Herstal (52% 22) et Fléron (51% 39).

      Par ailleurs, confirmant le vote du premier tour en faveur de l’extrême-droite,  Hamoir, Yvoz-Ramet et Comblain-au-Pont apportent leurs suffrages à Marine Le Pen respectivement à 87% 12, à 60% 76 et à 60% 34.

      Si ce vote consultatif de l’AWF n’a nulle prétention scientifique, il apporte notamment certains éléments susceptibles de jouer dans la préparation des élections communales le dimanche 14 octobre 2018.

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19:13 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 25 avril 2017

Un peu avant le 7 mai, Liégeoises et Liégeois feront choix entre un Président ou une Présidente de la République française.

 

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       Le résultat du premier tour des présidentielles françaises obtenu en province de Liège est identique à ceux des Régions socialement défavorisées de Guyane et La Réunion qui placent Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen en tête – Guyane JLM 24%72 MLP 24%29, La Réunion JLM 24%53 MLP 23%46 % . Initié par l’Alliance Wallonie-France (cfr Liège 28 du 14/4/2017), le vote consultatif liégeois place au second tour Jean-Luc Mélenchon avec 24%70 et Marine Le Pen 22%10. Il est à noter le score surprenant obtenu dans les régions rurales de Hamoir, Harzé, Ferrières et Comblain-au-Pont par Marine Le Pen 62%87. Ce résultat l’aurait été davantage si Spa, ville d’eaux, n’avait tempéré la ferveur marine !

      Les 22 et 23 avril, les Françaises et Français du monde entier ont qualifié pour la finale du 7 mai Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Du passé, faisons table rase et dès ce mardi 25 avril, les militants de l’Alliance Wallonie-France arpentent à nouveau la province afin de connaître le choix  liégeois entre un Président ou une Présidente. Le dépouillement a lieu le 3 mai. Il est également possible de voter sur le site www.participezauxpresidentielles.be. Les petits malins qui espèrent bourrer les urnes en multipliant les votes par voie électronique en sont pour leurs frais car les 3 commissaires chargés de contrôler le bon déroulement du vote tiennent à vous dire que tout vote répété plusieurs fois par la même personne annulera automatiquement le vote exprimé par cette personne. Un citoyen = Une voix.  

      Sans prétention scientifique, la consultation populaire de l’Alliance Wallonie-France c’est néanmoins du sérieux. La presse s’y intéresse davantage. Les résultats du premier tour ont fait l’objet d’une page entière dans les diverses éditions de La Meuse avec commentaire et analyse de Gaspard Grosjean, journaliste politique. Une équipe de RTC Télé Liège a inscrit à son programme le tournage d’une séquence de vote de ce second tour. Des journaux français ont manifesté leur intérêt pour l’initiative AWF.

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      Cerise sur le gâteau, à la Maison de la Presse et de la Communication, tout comme au 1er tour, les Amitiés françaises et la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Belgique organisent la nuit des élections françaises. Une occasion de discuter avec Michel Hermans, politologue.

17:02 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 03 novembre 2016

CE QUE LE PAYS DE LIÈGE DOIT Á LA MEUSE ...qui ne fut jamais un long fleuve tranquille

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        À l’âge de huit ans, Robert-Armand Planchard tombe en amour avec la Meuse. Sous la direction  des professeurs Alexandre Delmer – le père du canal Albert et Fernand Dehousse, sa thèse de fin d’études,  Le rôle de la Meuse dans la Communauté européenne du charbon et de l’acier a été, vu sa qualité, publié à grand tirage. En note infrapaginale, il est précisé que l’ouvrage, paru en 1955 aux Éditions Buteners, est complètement épuisé. L’auteur dispose encore d’une copie !

       Soixante et un ans plus tard, le directeur honoraire du port autonome de Liège ayant joué un certain rôle dans l’évolution des choses au plan fluvial européen et surtout belge a pensé, au soir de sa vie, à résumer tout ce qu’il a vécu, ressenti et perçu quant au rôle joué par la Meuse  à  Liège auquel Robert-Armand Planchar se sent viscéralement très attaché par sa famille de charbonniers, naguère maîtres de fosses au plantchî de Montegnée, d’où partit en 1716, la grand’route dite Branche Planchar construite par Pier Planchar (1657-1737) depuis Bolsée, Glain, Saint-Nicolas, Saint-Gilles et Ans vers le bas-port de Jemeppe-sur-Meuse (2). La boucle est bouclée.

        La Meuse est avec le Rhin et l’Escaut un des fleuves ayant réussi à inscrire leurs trouées Sud-Nord au travers des collines et des monts du massif schisteux rhénan. Dans ce combat qui a duré des millénaires, la Meuse s’est vue subtiliser la plupart de ses affluents au point que Georges Sand écrit La Meuse elle-même n’est ni large ni imposante et, cependant, elle coule dans une large vallée, beaucoup plus large qu’il faut. Le géographe Paul Vidal de La Blache évoque cette fille ruinée dans son palais démesuré.

        Le Pays de Liège y trouve trois avantages ; le premier, la vallée très large est susceptible d’accueillir les larges implantations de populations industrielles, le deuxième, la Meuse reste « haute » très longtemps d’où aujourd’hui, elle est réserve d’eau propre à la consommation alors qu’Escaut et Rhin deviendront des égouts aux eaux mortes, la troisième, sa pente hydraulique moyenne (0,48 m par km) a permis une « régularisation » facile pour éviter que, à l’étiage, la navigation mosane devienne difficile. Moralité, avec de telles grandes qualités, la Meuse devait tout naturellement engendrer à Liège un ensemble industriel et fluvial de très grande importance.

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      En quelques soixante pages, l’auteur résume l’évolution du leudicus vicus mosan en portus dès le VIème siècle, un modeste portus que Notger va transformer en opulente cité lacustre, en unissant par des ponts les nombreuses îles liégeoises et en doublant superficie et sécurité de la cité par l’érection d’une enceinte muraillée (…) Les accostages et bas-ports vont se développer rapidement au sein de cet archipel, unifié et protégé, pour en faire un portus aux mille et une possibilités de charger/décharger. Ce trafic fluvial va des matériaux de construction à la houille, au vin, au bois, aux céréales, au sel, aux armes, etc. La Meuse est la grande artère de ce pays, le courant vital de ce pays si magnifiquement varié. Il n’y a pas que le mercantile qui domine, le spirituel y a un rôle essentiel au point que Liège, capitale politico-religieuse, est surnommé l’Athènes du Nord.  

        Annexée de son plein gré à la France en 1795, la Principauté de Liège n’est point ressuscitée vingt ans plus tard par le Congrès de Vienne qui se charge pourtant de restaurer l’ordre ancien. Le Congrès de Vienne rattache la Principauté de Liège aux Pays-Bas. Elle tombait ainsi aux mains bataves dans une sorte de salmigondis voulu par les Anglais et voué, à terme, au démembrement et à lente putréfaction.

        La création de la Belgique, à partir de 1830, allait faire de la Meuse la modeste servante d’Anvers et de la Belgique et asservir le bassin liégeois aux objectifs anversois. On va voir comment. En cent cinquante pages, Robert-Armand Planchar  raconte les faits comme il les a vécu, ressenti et perçu.  Il y a eu des bourdes diplomatiques dont la première, et non la moindre, date de 1854. Elle est commise par un triple bourgmestre de Liège, Guillaume-Ferdinand  Piercot alors qu’il est ministre de l’Intérieur. Il y a eu les tenants du romantisme portuaire franco-belge, comme Jean-Maurice Dehousse, José Happart, des Liégeois, ou André Baudson, un Hennuyer, ce qui se comprend mieux, prêchaient, à ce temps, pour qu’Anvers et Rotterdam cédassent le pas à Dunkerque.

        Il y a eu des victoires comme, en 1937, la création du Port autonome de Liège voulu par Georges Truffaut.  En tout cas, créer le port, dès maintenant, c’est travailler pour l’avenir de la région déclare le conseiller communal Bounameau. Autre victoire, le Canal Albert en 1939 mais il a fallu attendre 2015 pour que soit érigée, à Lanaye, une quatrième écluse permettant le passage des bateaux de 9000 tonnes en provenance ou destination des pays de Nord et de l’Est de l’Europe.

        Le charme et le mérite de Robert-Armand Planchar est d’appeler un chat ... un chat et de ne pas tourner autour du pot. C’est ce qui fait tout l’intérêt politico-stratégique de Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille.  Un franc-parler bien dans la ligne de son premier patron, Jean Rey, qui, en 1957, a déclaré : Chacun sait, ou devrait savoir, que la Belgique a toujours été bornée au Sud par la France et bernée au Nord par les Pays-Bas.

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(1) Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille – Robert-Armand Planchar – Édition Noir Dessin Production – 234 pages – 15€

(2) Les Planchar et l'introduction des "pompes à feu" de Thomas Newcomen en Principauté de Liège - Cfr Liège 28 du 6/12/2010

 

07:30 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Europe, Liège, Littérature, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 23 septembre 2016

A Liège, l'Europe qualifiée d'ergoteuse le dimanche triomphe le mercredi au 21 rue La Boétie!

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        Après l’hommage rendu, dimanche 18, aux combattants liégeois des Événements de 1830  dont le dernier est décédé en 1900, la séance académique à l’Opéra pour les Fêtes de Wallonie a ressemblé partim à une remise de prix à la fin de l’année scolaire.

        Pour avoir suivi, avec succès attesté par l’Éveilleur Pierre-Henri Tomsin, une formation continuée en immersion « français-wallon », plusieurs centaines de Liégeoises et Liégeois ont reçu leur Diplôme de Liégeoiseries tandis que noss binamé Willy a notamment mis en valeur le travail de tous les membres de son Collège. Dame, les élections communales, c’est dans 758 jours, le 14 octobre 2018 !

        En revanche, évoquant le tram, noss binamé Willy n’a donné aucun bon point à l’Europe, l’Europe doit par exemple cesser d’ergoter sur des problèmes comptables. Mieux, il a fait siens les propos de Paul Magnette à Namur : c’est dans l’intérêt même de l’Union européenne que parfois il faut oser lui désobéir. Propos se rapprochant d’un euroscepticisme dont se délectent certains candidats à l’élection présidentielle en France et qui a mené au fâcheux Brexit en juin.

        Fort heureusement, trois jours plus tard, lors de la conférence de presse de l’expo 21, rue La Boétie, la nouvelle citoyenne d’honneur de la Ville de Liège, la journaliste Anne Sinclair a affirmé, avec force, ses convictions européennes au pays de Fernand Dehousse, fondateur de l’Institut d’Études juridiques européennes de l’Université de Liège, de Jean Rey, président de la Commission européenne de 1967 à 1970 et de ces jeunes Liégeoises et Liégeois qui, bien avant le Traité de Rome, s'en sont allés à Strasbourg, revendiquer la libre circulation des gens et des idées par la suppression des frontières européennes. Ces jeunes participent à cette manifestation internationale devant le Conseil de l'Europe  emmenés par Jean-Pierre Grafé, à l'époque président national des Étudiants en Droit.

 

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lundi, 08 août 2016

Comment les compagnies aériennes à bas coût font-elles pour être 57% moins chères qu'une compagnie classique ?

        En Europe, la première compagnie aérienne à bas coût, Ryanair, est apparue il y a une trentaine d’années. Le succès a été au rendez-vous en sorte le bas coût - associé au bagout du patron de Ryanair, Michel O’Leary - s’est développé au point qu’il existe actuellement quelques vingt- cinq compagnies aériennes européennes à bas coût. Deux d’entre elles – Norwegian et Easy Jet - figurent dans les dix premières du classement mondial établi par Skytrax qui fait autorité dans la matière.

        Comment les compagnies à bas coût parviennent-elles à offrir des tarifs si avantageux ? Un des quinze administrateurs d’Air France-KLM, Louis Jobard – commandant de bord sur B777, titulaire d’une Licence de Sciences Economiques-Gestion des Entreprises de l’Université de Tours – estime que les compagnies à bas coût sont 57% moins chères que leurs concurrentes, les compagnies classiques. Autrement dit, quand pour celles-ci, un siège coûte cent euros, il ne coûte que quarante-trois euros chez un bas coût.

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        Louis Jobard dont les propos sont rapportés par le quotidien numérique PNC Contact détaille les économies dont tirent parti les compagnies à bas coût. Ainsi, sur cent euros dépensés par une compagnie classique, les bas coût en économisent 16 par la densité plus élevée de sièges dans les avions, 10 par la réduction des coûts d’escales - chez Easy Jet, une escale n’excède pas la demi-heure - et de handling, 6 par le choix d’aéroports moins chers en redevances et en taxes, 6 par l’absence de catering, 6 par l’inexistence des commissions versées aux agences de voyage, 3 grâce à une utilisation quotidienne accrue des avions – un Airbus d’Easy Jet  vole en moyenne, onze heures par jour -, 3 par la réduction des coûts de vente et de réservation, 3 par la réduction des coûts équipage, 2 par l’externalisation de la maintenance et le choix d’une flotte unique,  2 par la réduction des coûts des fonctions supports et administratives.

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        Le choix d’une flotte unique se caractérise chez Ryanair par trois cents Boeing 737-800 en exploitation (plus deux cent quatre-vingt-trois en commande), chez Easy Jet par deux cent cinquante-cinq Airbus répartis en cent quarante-quatre A319-200 et cent onze A320-200 en exploitation (plus cent soixante-huit dont cent trente A320neo en commande), chez Norwegian  par cent deux Boeing 737-800 en exploitation (plus  vingt-neuf en commande).

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lundi, 13 juin 2016

Le Corps Consulaire de Liège en voyage en Grèce.

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        Le Corps Consulaire de Liège et son Doyen Fernand Goffioul, consul honoraire d’Espagne, ont choisi la Grèce comme destination de leur voyage annuel. La préparation en a été confiée au consul honoraire de Grèce, Robert Laffineur, professeur émérite de l’Université de Liège en histoire de l’art et archéologie de l’antiquité classique. Considérant la Grèce comme son pays d’adoption, il a su, dans le programme réalisé, allier les mythes helléniques et les réalités grecques contemporaines.

        Première étape dans le monde hellénique, cela va de soi, l’Acropole – quand je vis l’Acropole, j’eus la révélation du divin … - ensuite visite des lieux de fouille de l’École française d’Athènes, le sanctuaire d’Apollon à Delphes ou de l’École belge d’Athènes à Thorikos avec son théâtre ancien si particulier et ses tombes à coupole mycéniennes. Sans oublier les musées et les temples qu’ils soient de Poseidon au Cap Sounion, d’Aphaia à l’île d’Égine ou encore de Zeus l’Olympien dans le parc public d’Hadrien à Athènes. Le tout commenté avec intelligence, humour par un consul (et professeur émérite) pour ses pairs.

        L’ambassadeur de Belgique en Grèce Luc Liebaut a tenu à recevoir  dans les jardins de sa résidence  le Corps Consulaire de Liège en compagnie notamment de membres du Belgian Business Club, une association où se retrouvent importateurs grecs de biens belges et investisseurs belges dans ce pays. Autre contact avec la société grecque, la réunion de travail avec les dirigeants d’Enterprise Greece a permis de mieux connaître la situation économique. Le président du Conseil d’Administration de l’AWEX, Dominique Godin pour sa part explique les atouts de la Wallonie. Dernier contact avec la réalité grecque, la relève de la garde des evzones auprès du Soldat inconnu grec et la visite du Parlement. À noter l’édification en 2000 dans sa cour ouest, d’une statue géante du premier ministre Charilos Trikoupis. Un hommage à celui qui a affronté, fin 19ème siècle, des difficultés présentant des similitudes  avec les problèmes d’aujourd’hui.

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        La cerise sur le gâteau du voyage a été la réception, au pied du stade où Pierre de Coubertin a lancé les Jeux olympiques modernes en 1896, par Dimitris Avramópoulos, pénultième consul de carrière en poste à Liège (1983-1987) et actuellement Commissaire européen en charge de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté. Évoquant ces matières en off the record, Dimitris Avramópoulos se fait grave tandis qu’auparavant, il a échangé des souvenirs liégeois. Parmi ceux-ci, la création par le chargé de cours Laffineur, en 1986, des premières  Rencontres égéennes internationales auxquelles le consul Avramópoulos apporte son appui car elles marquent l’anniversaire  des sensationnelles  découvertes de Schliemann  à  Mycènes. Une collaboration initiale fructueuse puisque les Rencontres égéennes internationales en sont à leur 16ème édition.  

        Le programme du Corps Consulaire de Liège n’a pas fait l’impasse sur la cuisine grecque dont Archestratos a vanté les mérites dès 330 avant J-C. Des maisons de bouche (1) propices à exalter la variété de l’art culinaire et à souder un groupe. Quand, au Cookoovaya, Gérard Blaise se réjouit de la troisième victoire (Silverstone, Monza, Aragón) de son petit-fils Max Defourny en cinq courses de formule Renault 2.0, chacun(e) est un peu le papy ou la mammy du jeune Max (17 ans). À l’issue de ces repas, chacun(e) se connaît mieux !    

(1)    Agora Select, Ch. Mexi 8 – K. Ventiri 9 (la mention de deux noms de rues dans une adresse grecque indique que le lieu se trouve à l’angle des deux rues) 115 28 Athènes-quartier Ilisia, To Kafeneio, Loukianou 23, 106 74 Athènes-quartier Kolonaki, Akrogiali, Paralia Souniou (Sounion), Cookoovaya, Ch. Mexi 2, 115 28 Athènes-quartier Ilisia, Stamatopoulos Tavern, Lyssiou 26, 105 58 Athènes-quartier Plaka,  Restaurant Orizontes, Lofos Likavitou, 106 76 Athènes-colline du Lycabette.

20:15 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 28 juin 2015

Le cotè Janus de Jean-Michel Saive.

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        Les premiers Jeux européens se terminent ce soir à Bakou, capitale d’un pays asiatique, l’Azerbaïdjan, une des républiques qui ont formé jusqu’à 1991 l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Le pays organisateur a pris en charge tous les frais nécessités par cette première. Selon notre confrère Le Canard enchaîné  (24/6) : chaque comité olympique national a même reçu une obole de 55.000 euros sa participation.

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        Basée à Rome, l’Association des Comités olympiques européens (EOC) regroupe cinquante comités tous affiliés au Comité International Olympique (CIO) basé à Lausanne. Le CIO attribue notamment la responsabilité ses Jeux Olympiques dont les prochains se déroulent, en 2016, à Rio de Janeiro et ceux de 2024 à Paris peut-être… L’EOC a une vision relativement large de l’Europe en y incluant l’Arménie, l’Azerbaïdjan, Israël, la Turquie.

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        Le Wallon Jean-Michel Saive – 7 participations aux Jeux Olympiques – a pris part aux Jeux européens. Une présence très significative puisque double. Jean-Michel Saive, sportif pongiste est également membre du conseil exécutif de l’Association de l’EOC, au titre de la commission des athlètes, dont il est le président. Une situation assez comique comme il l’a confié à nos confrères de Francs Jeux (17/6). J’ai été très pris par mon rôle de membre du conseil exécutif de l’EOC. Réceptions, dîners… En costume, donc. (…) Puis j’ai basculé dans mon statut d’athlète pour m’entraîner et préparer mon match.

        Bon client pour la presse car il dit ce qu’il pense – et il a pensé avant de le dire – Jean-Michel a répondu sur une page entière de L’Écho (27/6) dans une rubrique intitulée Questions d’argent. D’emblée, il précise : ce n’est pas parce que je suis connu que je dois tout faire gratuitement. Il avoue ensuite : jadis, j’avais des Fortis (…) Pour ceux qui n’y connaissent pas grand-chose, pas facile de savoir à qui se fier ! À l’époque, j’achetais même L’Écho (…) Aujourd’hui, on me dit que j’ai un profil très défensif.

 

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vendredi, 29 mai 2015

En mai 2015: le grand flop de la presse gavée de sondages, le top de la sénatrice Fabienne Keller

        Un des moments forts de ce mois de mai s’est passé au lendemain des élections britanniques du 7 mai. Les résultats – majorité absolue des conservateurs au Parlement de Westminster, quasi-totalité des sièges dévolus à l’Écosse (59) obtenus par le NSP Scottish National Party (56) – ont démenti tous les commentaires de la presse tant britannique qu’internationale. La presse a eu le grand tort de s’appuyer sur les multiples sondages qui ont affirmé tout au long un conflit coude-à-coude entre travaillistes et conservateurs. La presse n’a pas informé ses lecteurs.

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         En revanche, les sénateurs français ont bien été avisés en chargeant leur collègue UMP Fabienne Keller de rédiger un rapport d’information (1) sur la place du Royaume Uni dans l’Union européenne. En ayant interrogé dix-neuf personnalités, Fabienne Keller a pu, sans être une Madame Soleil, déclarer à ses collègues de la commission des affaires européennes, à la mi-avril : il apparaît maintenant probable que  le  SNP  pourrait gagner  56   des 59 circonscriptions écossaises le 7 mai prochain. En plein dans le mille trois semaines avant les élections !

        Évoquant, dans même rapport, le Brexit dont se gargarise les commentateurs, Fabienne Keller a noté : il nous a été précisé que l’euroscepticisme était un sentiment très répandu, mais qu’il n’entraînait pas pour autant le soutien à  un quelconque « Brexit » dont le nom seul témoignerait de l’inventivité maligne de la presse dans ce domaine. En somme, beaucoup de bruit pour rien autour d’un concept embryonnaire et, dans certains cas, seul le plaisir de faire peur serait à l’œuvre.

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(1)    Rapport d’information n° 420 – Sénat session 2014-2015 – enregistré à la Présidence du Sénat le 16 avril 2015

Photos : La Présidente du SNP, Nicola Sturgeon, entourée de ses 56 élu(e)s à Westminster, devant le pont d'Edimbourg, capitale de l'Ecosse  -  Fabienne Keller, sénatrice du Bas-Rhin

08:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 29 avril 2015

Un calendrier riche de jours fériés en mai, autant de raisons supplémentaires d'admirer les richesses du Château de HARZÉ !

       Si l’avènement de Charlemagne a laissé entrevoir un IXème siècle radieux dans nos régions, rapidement la population a déchanté. Les invasions normandes et hongroises ont amené les habitants de Harzé à se protéger en édifiant une maison forte sur un piton rocheux. L’histoire n’a pas retenu le nom du seigneur à la base du projet mais des historiens (1) se passionnent pour ce territoire.

        Enclavé dans la principauté de Stavelot-Malmedy, le pays de Harzé fait partie du comté devenu duché de Luxembourg qui ne sera Grand-Duché que réduit à son format actuel.  La guerre de Trente ans (1618-1648) qui divise l’Europe, pire la déchire, et oppose initialement catholiques et protestants, puis États à États,  joue un grand rôle dans l’érection du Château de Harzé.

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        Dès le début du conflit, tout comme  nombre de Wallons dont Ernest de Suys, le seigneur de Harzé Albert de Ligne s’est engagé dans les troupes catholiques sous commandement de Jean ‘tSerclaes en soutien de Ferdinand II. Tous bataillent tant et plus, ils sont à la Montagne blanche et en bien d’autres lieux. Ernest de Suys prend du galon au point  de devenir  général d’artillerie en tête de l’arsenal impérial. En avril 1629, l’empereur Ferdinand II de Habsbourg le nomme baron de Tourabel.

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        Un mois plus tard, Albert de Ligne vend la seigneurie de Harzé à Ernest de Suys, baron de Tourabel. Ce guerrier est aussi un entrepreneur et homme de goût. Il tient la première de ces vertus de son aïeul savoyard Guido Suisse qui, le premier édifie aux Pays-Bas des digues en plantant des pieux à l’aide de maillets et la seconde de son grand-père Jacques – Jacobus Susius - humaniste, poète latin, ami de Juste-Lipse.  Ernest de Suys entreprend de remplacer la maison forte par un château dans un style de Renaissance mosane, classé, en 1965, monument historique par  la Commission royale des Monuments et sites.

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        Le blason inspiré des ouvrages de l’aïeul figure sur les murs du château et la devise familiale imaginée par le grand-père Portat constantia palmam se retrouve sur un tableau représentant le comte Ernest de Suys. Car  la constance à guerroyer de celui-ci lui mérite ce titre de comte du saint empire romain  germanique  attribué par l’empereur Ferdinand III de Habsbourg, le lundi 11 avril 1639.  Tandis que le guerrier se déploie sur les champs de bataille, sa maman Georgine de Lynden veille à l’édification du château de Harzé. Château où le comte séjourne peu, il est toujours en guerre ! Il y trouve la mort le jeudi 3 août 1645 à Nördlingen où les troupes françaises emmenées par Condé et Turenne infligent la défaite aux troupes impériales. Le corps du comte est ramené de Souabe à Stavelot où Ernest de Suys a souhaité être inhumé.

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        Depuis 1973, la Province de Liège a acquis le château de Harzé et ses dépendances. Elle en a confié la gestion à une ASBL  DTLV  qui regroupe  les Domaines touristiques du Vallon de la Lembrée. Des dépendances, DTLV  en a fait le Musée de la meunerie et de la boulangerie (2) et du Château, un lieu luxueux de séminaires résidentiels (3). Une partie de caves voutées abrite un restaurant La Ptite Auberge  (4) qui dispose d’une splendide terrasse.

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        La P'tite Auberge  est une halte le dimanche à l’heure du goûter pour les promeneur(e)s de ce beau pays de Harzé célébré par le poète Lucien RadouxC'est Harzé la jolie au fil de ses virages / Qui gerbe la culture en prisme de mirage / C'est pavillonchamps et ses versants de clarté / Où le bonheur s'égaille en reflets d'aparté / C'est Fy la solitaire à l'abri de ses chênes / Qui sourit toute seule en silence et sans gêne / C'est Priestet la sainte assise au mamelon / Qui domine partout les ombres des vallons.

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(1)    Citons notamment le docteur Louis Thiry (Histoire de l'ancienne seigneurie et commune d'Aiwaille et de la région d'Ourthe-Amblève),  Amédée Pollet  (HARZE dans le passé ou mille ans d'histoire), Pierre Ninane (Harzé, mon village - http://harze.e-monsite.com)

(2)     De mai à octobre, dimanche et jours fériés 14-18h. Ajout du samedi,  en juillet et août,  ouvert  13-18h et démonstration par des artisans.

(3)    info@chateau-harze.be  - Tél. 32 (0)4 246 63 63 

(4)    La P'tite Auberge – Tél: 00 32 (0)4 246 63 53 - Restaurant du mercredi midi au dimanche soir (sauf samedi midi). 

09:25 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Gastronomie, Loisirs, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 15 mars 2015

EUROVIDEO 2015 met Liège sur la carte de l'Europe de Donostia-San Sebastian à Kaliningrad !

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        En 1965, Sony met sur le marché un appareil qui va bouleverser notamment l’art et donner naissance à ce que l’on appelle vidéographie. Dès 1971, sous l’impulsion de Robert Forget, cinéaste à l’ONF (Office National du Film) s’ouvre au 1604, de la rue Saint-Denis, à Montréal, le siège de Vidéographe, un temple de la création. Il faut attendre 1975 avant que le terme vidéographie apparaisse dans les dicos français. Le terme vidéaste y fait son apparition en 1982.

         Les artistes se sont mis à l’art vidéo depuis bien avant. Ainsi, le Centre de production de la RTBF-Liège dirigé par Robert Stéphane a lancé dès 1976 Vidéographie, la première émission en Europe consacrée à l’art vidéo. Durant 135 émissions, téléspectatrices et téléspectateurs découvrent notamment les œuvres de Nam June Paik, Jean-Luc Godard, Jacques-Louis Nyst, Danièle Nyst, les frères Dardenne et autres Jean-Claude Riga, Jacques Charlier, Jacques Lizène, etc.

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        En 2003, l’ASBL Vidéographies avec s est fondée. Ancrée à Liège, elle vise à entretenir le mouvement des images et le choc des imaginaires. Ses objectifs sont de promouvoir la création, l'expérimentation et les arts numériques par l'organisation d'événements et la production d'émissions TV.

        En liaison avec Mons - capitale culturelle européenne 2015  avec Pilsen (jumelée avec Liège) - Vidéographies en partenariat avec le Ludwig Forum d’Aix-la-Chapelle, Duplex 100m² de Sarajevo et Tabakalera de Donostia-San Sebastian organisent les 17, 18 et 19 mars Eurovidéo 2015 (1). Sous ce nom, une compétition de jeunes créateurs européens qui, grâce à RTC-Télé Liège, sera diffusée dans quatre villes d’Europe et une de Russie, Kaliningrad de manière à ce que les téléspectatrices et téléspectateurs puissent décerner le Prix du public européen. Quant au Grand Prix Eurovidéo 2015, il est attribué par un jury de professionnels européens de l’art contemporain.

        Eurovidéo 2015 est aussi l’occasion de montrer une vingtaine de vidéos en provenance des États-Unis, de Corée du Sud, de Bosnie-Herzégovine, d’Allemagne, de Belgique, de Hollande. La salle du Théâtre de Liège durant les trois jours du Festival se métamorphose en Café Europa pop up. Un concept de Mons 2015, inspiré de la tradition des cafés, lieux emblématiques de la mixité sociale, le Café Europa est un lieu de convivialité connecté (…) Au Café Europa, on perçoit la valeur du do-it-yourself et de l’open source et la chance de redéfinir ensemble le lien social.

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(1)    Théâtre de Liège – Salle de l’œil vert – 20h

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ADDENDUM

PALMARÈS DE L’EUROVIDÉO 2015            

PRIX DU PUBLIC DES CAFÉS EUROPA (Liège, Mons, Donostia-San Sebastian, Skopje, Sarajevo, Kaliningrad)

Ex aequo : POINT OF VIEW  de Sasha Tatic ( Bosnie Herzegovine) et METE-O-ROLOGY  de Fernando Visokis et Thiago Parizi (Finlande).

 

PRIX DÉCERNÉS PAR LE JURY PROFESSIONNEL EUROPÉEN composé de Miriam Lowack (Aachen), Pierre Courtin (Sarajevo), Victor Iriarte Onate (Donostia-San Sebastian), Wolf Kuehr (Mons 2015), Zoé Tabourdiot (Mons 2015), Anne Francoise Lesuisse (Liège). Francoise Safin (Liège), Marc Emmmanuel Melon (Liège), Robert Stéphane (Liège)

Prix Innovation  LAGOS SAND MERCHANTS de Kahrima Ashadu (Pays Bas)

Prix Innovation  THIS IS BRITAIN de Pablo Saura (Grande Bretagne)

GRAND PRIX EUROVIDÉO 2015 : LE MAROC DE DEMAIN  de Younes Baba Ali (Belgique)

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Biographie du récipiendaire du Grand Prix EUROVIDÉO 2015monsieur Younes Baba-Ali

 

Né en 1986 à Oujda, au Maroc, Younes Baba-Ali vit dès le plus jeune âge à Nantes, où il fut initié à la création artistique par l’artiste polonais Ryc’ho Swierad Ryszard. Après ses études de graphisme à Nantes, il entame ensuite son cursus à l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, où il obtient son Diplôme National d’Art Plastique avec mention en 2008. Entre 2006 et 2008, il participe a divers événements artistique à Strasbourg, tel que l’exposition collective “3 days exhibition concept“ organisée par Frank Bragigand au CEAAC.

Par la suite, il réalise un séjour de 6 mois à Wroclaw, en Pologne, qui lui permit de travailler avec le centre d’Art des nouveaux Médias “Wro Art Center“ où il y réalisa l’installation vidéo intitulée “Différence“. Il fût ainsi invité par la curatrice polonaise Dorota Hartwitch dans ce même centre, pour une résidence de 3 mois qui lui permit de créer l’installation sonore “Horn Orchestra“ et de participer à la biennale “WRO 09“ avec l’installation “Sound Neon“. Depuis 2008 il participe à plusieurs expositions et biennales internationales, comme la Biennale “Art In Marrakech“; la BJCEM Biennale de Skopje, Macedoine; Sketch Gallery, Londres; “FIAV 09“, Catania, Sicile; “Brick+Mortar International Video Art Festival“, Greenfield, USA; “Espacio Menos Uno“, Madrid; “Loop Video Art Festival“, Barcelone; “Interférence“, Breda, Hollande; CEAAC, Strasbourg; “In-Sonora Sound Art Festival“, Madrid et “La Galerie du Syndicat Potentiel“, Strasbourg.

 

23:15 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 30 septembre 2014

1914 : Août et septembre au jour le jour à Liège.

        Le vendredi 7 août 1914, l’agence de presse berlinoise Wolff  lance une dépêche : la forteresse de Liége est prise (…) Ce matin, à 8 heures, la forteresse était au pouvoir de l’Allemagne. Elle signale également que Guillaume II, a accordé pour ce haut fait d’arme, l’Ordre Pour le Mérite au général d’infanterie Otto von Emmich. Si, effectivement, Liège est aux mains des Allemands, la PLF (Position fortifiée de Liège) résiste, les forts tiennent bon. Le Tzar Nicolas félicite le Roi Albert et le Président Raymond Poincaré octroie la Légion d’honneur à Liège.

        Le mercredi 19 août 1914, le Nieuwe Rotterdamsche Courant annonce qu’à l’usine Cockerill, les ouvriers refusent de fabriquer des munitions pour les Allemands. Le colonel Keppel propose, en vain, d’augmenter leur salaire de 50%. En vue de les séduire, ce colonel leur signale avoir été  Attaché du Gouvernement allemand à l’Exposition de Liége. Effectivement, en 1905, il a succédé en qualité de Commissaire général de la section allemande à M. Riese - directeur général des Deutsche Waffen und Munitionsfabriken - décédé. Mais la présence allemande à l’Expo a été exclusivement d’ordre privé car le gouvernement Impérial crut devoir s’abstenir d’une participation officielle qui eut entraîné le monde industriel dans une entreprise dont le succès ne semblait pas devoir payer les frais !

        Le jeudi 20août 1914, le massacre de la Place de l’Université a lieu. Le commandement de la place de Liège, le major Bayer, s’en explique : c’est moi qui ai fait régner l’ordre le 20 août à Liège. Il le fallait bien, on tirait sur nous. Des Russes ont tiré à bout portant sur nos hommes. Réplique du conseiller communal socialiste Clajot : Singulière façon de vous venger en faisant massacrer des Espagnols et des Liégeois.     

        Le vendredi 21 août 1914, le bourgmestre Gustave Kleyer fait apposer cet avis à la population : Les portes d’entrée  des maisons doivent rester ouvertes toute la nuit. Les fenêtres de la façade vers la rue doivent être éclairées ; les volets, les persiennes, resteront relevés. La circulation cessera à partir de 7 heures (heure allemande) (6 h. belge).  Les cafés seront fermés à la même heure. En revanche, à Herve, autre affiche signée l’échevin Cajot et le juge de Francquen : PAR ORDRE DE L’AUTORITÉ ALLEMANDE  À partir de 8 heures du soir (7 h. belge) il ne peut plus y avoir de lumière aux fenêtres des maisons de la ville de Herve. La patrouille a ordre de tirer dans toute fenêtre éclairée, donnant sur la rue. L’Allemagne pratique l’heure d’été et Belgique pas. D’où, ce double horaire.

        Le mercredi 2 septembre 1914, pour la troisième fois, les Liégeois propriétaires de chevaux doivent venir, avec harnachement et selle, les présenter place Saint-Lambert. Le général Kolewe prévient : Pour tout cheval utilisable qui sera soustrait à cette revue, la ville aura à payer une amende de 1000 francs.

        Le samedi 5 septembre 1914, le pont de bateaux établi sur la Meuse à proximité du Pont des Arches est démantelé de sorte que la navigation des péniches est rétablie.

liebknecht.jpg         Le lundi 7 septembre 1914, le fils de Wilhelm Liebknecht, co-fondateur en 1863 du parti social-démocrate, Karl Liebknecht, député au Reichstag descend au Grand Hôtel, Place Verte. Sans nouvelle de son beau-frère Beba, un étudiant russe à l’Institut Montefiore, il vient s’enquérir de la situation auprès des camarades socialistes dont les députés  Léon Troclet, Joseph Bologne et le conseiller communal Clajot.  En compagnie des deux derniers, il se rend, le mardi, à Namur en passant par Andenne, ville martyre. Karl Liebknecht demande un rapport sur ces atrocités. Il obtient du colonel Renner, la libération d’Andennois, prisonniers à la Chartreuse. Au retour de Namur, le mercredi, il loge au Grand Hôtel et prévoit le lendemain de se rendre à la Maison de Peuple à Bruxelles en s’arrêtant à Louvain.

         Le jeudi 10 septembre 1914, à hauteur de Tirlemont, la voiture se trouve devant des soldats allemands qui déplorent la mort de trois des leurs, victimes de francs-tireurs. Déjà, des fermiers flamands sont arrêtés. Un interrogatoire approfondi – la présence parlementaire  a du bon - les disculpe. Les auteurs de l’embuscade sont des soldats belges. D’autres soldats belges surgissent. C’est la débandade du peloton germain. La voiture de Karl Liebknecht et ses deux cicérones liégeois parvient, via Wavre, à rejoindre, à 16h, la Maison du  Peuple où les attendent le SG du POB, Laurent Vandersmissen et Kamiel Huysmans, Secrétaire du Bureau socialiste international.Horta.jpg

Aux élections de 1912, le SPD a récolté plus d’un tiers des suffrages (110 parlementaires sur les 397du Reichstag) et le parti catholique – Zentrum – avec moitié moins de voix parvient à obtenir 91 sièges. Les socialistes belges reprochent à leur interlocuteur le vote de crédits militaires par des élus SPD. Karl Kiebknecht explose : est-ce que l’on peut vraiment croire que moi, Liebknecht, fils de  Wilhelm Liebknecht, je pouvais voter les crédits de guerre ? Après avoir trouvé le gite chez Huysmans, il ramène ses cicérones à Liège et leur donne une recommandation : un conseil, beaucoup de calme, beaucoup de prudence.

        Le samedi 12 septembre 1914, l’usine à gaz de la rue des Bayards fonctionne à nouveau. C’est un mieux pour les Liégeoises et Liégeois.

        Le lundi 14 septembre 1914, la circulation est autorisée jusqu’à 20h. (h. allemande). Il n’est plus nécessaire de laisser les fenêtres éclairées et les portes d’entrée ouvertes.

        Depuis l’arrivée des Allemands à Liège, la langue wallonne est de plus en plus pratiquée à Liège. Nos concitoyen(ne)s se méfient d’être entendu(e)s par des oreilles malveillantes lorsqu'ils commentent des faits de guerre telle la victoire de Joffre sur la Marne, rapportés par la presse étrangère importée clandestinement.

        Le jeudi 17 septembre 1914, il est interdit de conduire une voiture, une moto, un vélo sans un permis. De même, il est interdit, sous peine d’une amende de 3000 marks et de saisie de l’appareil, de photographier sans autorisation, autorisation systématiquement refusée.

        Le mardi 15 septembre 1914, à la Maison-Blanche à Washington, le Président démocrate Wilson reçoit la délégation belge conduite par le Ministre de la Justice, Henry Carton de Wiart.  Dans Souvenirs politiques, celui-ci écrit : Le Président nous apparut  de type professoral, plutôt sec avec "la longue mâchoire à double détente" suivant une formule assez fréquente chez ses concitoyens. L'accueil qu'il nous fit fut très digne. Je donnai lecture du message solennel dont nous avions soigneusement mesuré les termes. Dans sa réponse, et à l'accent même qu'il y mit, nous sentîmes que cet homme droit comprenait tout ce que la cause de la Belgique représentait du point de vue de la justice immanente. Il marqua en effet une sympathie attentive pour l'exposé que nous lui fîmes, et au cours duquel nous lui demandâmes notamment d'intervenir pour le ravitaillement de notre malheureux pays, menacé par la famine.

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        Le gouvernement de Broqueville a décidé, début septembre, l’envoi aux États-Unis d’une mission de cinq personnes dont Vandervelde et Hymans afin de contrer la yellow press. Celle appellation d’une presse populaire et très influente vient de Yellow Kid, une série assez vulgaire lancée, en 1896, par le magnat de presse William Hearst.  La yellow press dont de nombreux lecteurs sont des descendants d’émigrants allemands arrivés aux USA à bord des navires de l’Hamburg América Line, se montre favorable aux thèses austro-allemandes. Elle a notamment publié le télégramme du Kaiser déclarant avoir le cœur brisé par les événements de Louvain provoqués par les francs-tireurs belges parmi lesquels se trouvent des infirmières et des prêtres ! La yellow press critique la venue à la Maison-Blanche de la mission belge car elle la juge en contradiction avec la déclaration américaine du 4 août de s’en tenir à une neutralité stricte dans le conflit européen.  

 

 

 

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lundi, 01 septembre 2014

De passage à Liège, le duc de Richelieu s'intéresse à la Binamêye revolucion.

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        Petit-neveu du Cardinal de Richelieu, Armand-Emmanuel du Plessis, duc du Richelieu sollicite en 1790, des autorités françaises issues de la Révolution un passeport pour remplir ses engagements. En effet, quoique Français, le duc s’est mis au service de la Russie. Potemkine a besoin  de ce jeune Français – né le jeudi 25 septembre 1766  - pour mener à bien la guerre contre l’Empire ottoman, conflit entamé en 1787 dans le but de permettre à la Russie d’accéder aux mers du Sud.

        Le passeport est octroyé. Le duc n’est pas considéré tel un émigré dont les biens sont saisis. En revanche, il promet de revenir  aussitôt la guerre finie et désire que les connaissances qu’il acquerra le mettent  à la portée de concourir un jour à la gloire de la patrie.

        Le duc se met en route. Le jeudi 2 septembre 1790, celle-ci l’amène à Liège une grande ville sur la Meuse : elle peut contenir trente mille habitants ; on ne peut pas dire qu’elle soit belle, mais elle est peuplée et vivante, ce qui fait qu’elle paraît assez agréable.

        Ce diplomate,  bon enfant des Lumières, tendance Fénélon et Montesqieu, est au courant de la Binamêye revolucion  du 18 août 1789. Cette révolution, qui, à juste titre, a attiré l’attention de l’Europe, est une des singularités de l’époque dans laquelle nous vivons.

        Le duc fait remonter les causes de cette Binamêye revolucion  à la position prise par le Prince-Évêque  Maximilien-Henri de Bavière. La source des différends des États et de l’Évêque est l’élection des magistrats. Jusqu’en 1684 le peuple a joui du droit de les élire. À cette époque un évêque qui était de la Maison de Bavière, et sûr par conséquent d’être soutenu dans ses entreprises, prétextant les troubles que ces élections occasionnaient, s’empara du droit de les nommer, et depuis ce moment les évêques ont toujours joui de cette prérogative.

        L’année dernière, la révolution de France ayant donné le branle à tous les esprits, la suite est connue.  La Chambre impériale de Wetzlaer s’en mêle et ordonne au roi de Prusse, en sa qualité de duc de Clèves, de faire marcher un corps de troupes contre les révolutionnaires principautaires. Mais surprise, ceux-ci reçoivent ses troupes en libérateurs. En effet, ils étaient à peine dans Liége que le Roi de Prusse fit faire à l’Évêque des propositions tendant à remettre les choses sur le pied où elles étaient avant 1684, ce qui était précisément le point de la contestation.

        Le Prince-Évêque Constantin-François de Hoensbroeck s’entête, dit non. La Chambre impériale de Wetzlaer s’obstine et envoie de nouvelles troupes. Telle est la situation au moment où le duc de Richelieu reprend  la route le samedi 4 septembre 1790.  De dessus cette hauteur, on a encore une très vue de la ville de Liége et de toute la vallée où elle est située. Le pays que l’on traverse est superbe et très peuplé, il est surtout fertile en pâturages et la quantité des bestiaux est énorme.

        Le duc de Richelieu arrive à temps en Russie pour participer  le mercredi 12 décembre 1790 à la bataille victorieuse d’Ismaël. La tzarine Catherine II lui remet une épée en or et le décore de l’ordre de Saint-Georges. En 1792, le traité de Iassy accorde la Crimée à la Russie.

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mardi, 06 mai 2014

Charlemagne et Liège: il est grand temps d'aller voir cela au Grand Curtius !

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       S’il ne fait nul doute que Charlemagne soit mort, à Aix-la-Chapelle, le 28 janvier 814, d’une méchante pleurésie, le lieu de sa naissance reste indéterminé. Rien que dans la région liégeoise, Herstal et Jupille se disputent cet honneur. À l’inauguration de l’exposition Charlemagne et Liège (1), il s’est raconté que récemment, la ville d’Herstal a été très surprise d’entendre un participant à un colloque savant lui assurer que le concitoyen qu’elle revendique est né … aux abord de Paris ! Il vrai qu’en le présentant tel un homme d’État français, un autre biographe prétend qu’il est né au château de Saltzbourg dans la haute Bavière

      Retour à l’exposition Charlemagne et Liège organisée à l’initiative des Disciples de Charlemagne, une confrérie jupilloise philanthropique fondée à la Libération. Confrérie septuagénaire, sa devise : s’amuser pour faire plaisir aux autres. Michel Faway la préside.

     La présentation de la dynastie carolingienne ne fait pas mention qu’avant d’être sacré empereur d’Occident à Rome par le pape Léon III,  le jour de Noël 800, Charlemagne a été, en 768, sacré Roi de France, à Noyon. Évêché inauguré par Médard, un saint peu apprécié par les Disciples de Charlemagne vu ses rapports avec la pluie. Après Charlemagne, tous les Monarques de France (à l’exception de Napoléon 1er  et Louis XVIII) jusqu’à Charles X  ont choisi  Reims pour y être sacrés.  

      Autres pièces exposées : des carolus susceptibles d’intéresser les numismates et autres vestiges carolingiens.

      Signalons également la part généreuse faite à la statue équestre de Charlemagne.   Dans l’esprit du sculpteur Louis Jehotte, seule la place Saint-Lambert dégagée de tout débris de la Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert est digne d’accueillir son chef d’œuvre. Incontestablement, Liège conteste. Finalement, le chef d’œuvre est relégué à un endroit qui, à l’époque, se situe quasi à la campagne. Une citation latine accompagne les niches abritant les ancêtres de l’Empereur dont Pépin de Herstal : grand dans la guerre, plus grand encore dans la paix. Une paix qu’il n’a connu réellement qu’éternelle !  Charlemagne, un sacré gaillard qui aime les batailles, les femmes (cinq épouses, quatre concubines – aucune Liégeoise -, moult maîtresses), les arts, la vie quoi !

     Le jour de l’inauguration de la statue équestre, le chanteur de rue Joseph Mousset dit Hasserz, surnommé le Béranger liégeois y va d’une pasquèye célébrant l’Empereur qui tend la main, pour voir s’il pleut. Le personnage à la Daumier (2) du Béranger liégeois ajoute du comique à cet événement majeur du 19ème siècle. Rond come on tonê, frèzé come ine catche, avou ‘ne lêdenarène qui lî pindéve inte lès massales fî parèy qu’ine èssègne so l’ façåde d’ine gargote (rond comme un tonneau, grêlé comme un fruit au four, avec un laid nez qui lui pendait entre les joues tout juste à la manière d’une enseigne sur la façade d’une gargote).

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(1) Charlemagne et Liège - du 4 au 12/05 - salle polyvalente du Grand Curtius -10/18 h sauf le mardi accès gratuit

(2)   Extrait d’un texte de Daniel Droixhe (ULB et ULg) publié sur le site orbi.ulg.ac.be

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samedi, 19 avril 2014

... des députés VRAIMENT Européens !

       Dans un entretien accordé à notre confrère Les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), l’euro-parlementaire Daniel Cohn-Bendit affirme être un bâtard  européen. Il s’en explique : Je crois que j’ai su démontrer qu’avoir une identité européenne, une passion européenne, permettait de parler de l’Europe et de défendre des idées européennes sans passer par l’identification nationale. Je crois que c’est ça qui me différencie. Ça ne veut pas dire que je suis meilleur ! Mais ça me donne la possibilité de surfer autrement pendant les débats européens. Je suis beaucoup plus libre. Je parle de l’Europe en tant que citoyen européen et non pas en tant que Français ou Allemand. J’ai été élu deux fois en France et deux fois en Allemagne, je suis un bâtard. Je suis un bâtard européen et ça va très bien !

       Vu la nature du Parlement européen, ses besoins constants de trouver des compromis d’où se dégagent des majorités comme l’a très clairement expliqué l’euro-parlementaire De Keyser à un groupe de Liégeoises et de Liégeois venus à Strasbourg assister à l’ultime journée de la dernière session du Parlement élu en 2009, cette Assemblée a tout à gagner à l’arrivée en son sein de bâtards européens porteurs de valeurs démocratiques.

       À consulter les têtes de liste des divers partis présentant des candidat(e)s aux prochaines élections européennes dans la circonscription francophone belge, il semble que seule la liste des Fédéralistes démocrates francophones (FDF n° 6) présente une candidate à même de surfer autrement pendant les débats européens.(…) de parler de  l’Europe en tant que citoyen européen.  

      La tête de liste FDF est une Franco- Roumaine, Cristina Coteanu, quadrilingue (français, néerlandais, anglais, roumain). Diplômée de l’Université d’État Alexandru  Iuan Cusa de Iasi, Cristina Coteanu collectionne les titres universitaires dans pas moins de sept pays européens. Généralement, ces parcours académiques se terminent avec la mention latine magna cum laudae ce qui en français se traduit par la mention très bien. Pas étonnant dès lors qu’aujourd’hui, Cristina Coteanu  enseigne à l’ULB le droit européen, y dirige le Centre Bigwood (fondé en 1965 par le professeur éponyme) de l’Institut d’Études Européennes. Cristina Coteanu fait partie de l’association internationale d’avocats Philippe & Partners.

      Avant que la Roumanie ne fasse partie de l’Union Européenne à laquelle ce pays a adhéré le 1er janvier 2007, Cristina Coteanu a été Secrétaire d’État auprès de la Ministre de la Justice, Monica Macovei dans le gouvernement Cälin Popescu-Täriceanu. Quoique même pas quadragénaire, Cristina Coteanu a publié une douzaine d’ouvrages ayant trait à l’Europe et quantité d’articles sur le même thème. Sa campagne électorale, elle la fait uniquement via les réseaux sociaux. En effet, Cristina Coteanu n’a nul accès à la radio-télévision publique.

      Comme Liège 28 l’a relevé en primeur le 2 avril, un document (très) interne de la RTBF précise : Sont d’office invités, dans toutes les émissions d’interviews et de débats, (…) les partis suivants : PS, MR, ECOLO et CDH. Quant au FDF, la RTBF stipule : ce parti ne sera a priori pas invité aux émissions intéressant les assemblées où ce parti n’est pas représenté (débats relatifs au parlement européen et au parlement wallon), ni aux débats concernant les circonscriptions wallonnes du parlement fédéral. Il est à craindre que la hiérarchie ne s’oppose à une initiative des journalistes faisant valoir que Cristina Coteanu mérite d’être invitée vu son intérêt éditorial, journalistique et informatif.

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lundi, 14 avril 2014

2014, l'année de toutes les commémorations.

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       Il y a bien sûr celles de la 1ère guerre mondiale où Liège joue un rôle primordial du début – la Ville de Liège obtient la Légion d’honneur dès le 7 août - à la fin. Première guerre mondiale connue aussi dans le monde anglophone sous l’appellation Flanders fields. Dénomination encore accrue dans les années à venir par la création, dans chacun des pays alliés, de jardins réalisés avec de la terre prélevées sur les lieux de bataille en Flandre occidentales.

      En 2014, commémoration de la mort de Charlemagne en 814. Un Charlemagne né à Herstal et non à Jupille. Frédéric Daerden, bourgmestre de Herstal et député européen jusqu’au 25 mai, veille à ce que chacun sache que sa ville a vu la naissance de ce véritable précurseur de l’Europe.

      En 2014, commémoration de la Bataille de Bouvines. Le 27 juillet 1214, le Roi de France Philippe-Auguste l’emporte sur l’empereur allemand Othon IV,  le Roi d’Angleterre Jean Sans Terre,  le comte de Flandres, Ferrand de Portugal et le comte de Boulogne Renaud de Damartin.

      En 2014, commémoration du septantième anniversaire de la libération du Royaume par les troupes alliées au sein desquelles se trouve la brigade Piron.

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      En 2014, commémoration de la Campagne de France menée par l’Empereur Napoléon contre les troupes des Coalisés. Au lendemain de la Bataille des Nations de Leipzig – le 13 octobre 1813 – les forces françaises sont exsangues. Bataille des Nations de Leipzig dont Martin Schulz, Président du Parlement européen, a dit : elle marque le tournant d'une époque tout en observant : on ne doit pas se faire des illusions quant à une chose. Les forces qui se soulèvent ici contre le parvenu, l'empereur     « auto-sacré », sont celles de l'ancien ordre (…)  Des monarques qui fondent encore en partie leur légitimité sur le droit divin.

     La Campagne de France oppose les 70.000 rescapés  de l’armée de Napoléon à plus de 300.000 soldats de Coalisés répartis en trois armées, celle de Bohème, celle de Silésie et celle du Nord.  Dans cette dernière, on trouve le 1er corps d’armée du général  von Büwol  qui s’empare de Liège – ville française depuis 1795 - le 20 janvier 1814. Mais qu’ont les von Bülow contre les Liégeoises et les Liégeois ? Cent ans après le général Frédéric-Guillaume von Büwol , un autre général Karl von Bülow menace, le 22 août 1914, de faire subir à Liège le sort d’Andenne, ville réduite en cendres avec  son autorisation. Déjà Liège a connu le massacre place de l’Université, le XX août.

      La Compagne de France se déroule davantage au sud-ouest de Liège, en Champagne-Brie où Napoléon en personne s’occupe de mener campagne. Ainsi, en 5 jours, il remporte 4 victoires : Champaubert, le 10 février, Montmirail-Marchais, le 11 février, Château-Thierry, le 12 février, Vauchamps, le 14 février. Autre victoire impériale, le 7 mars à Craonne. Mais ces victoires n’empêchent pas l'entrée des Coalisés à Paris le 31 mars 1814. Napoléon abdique le 6 avril. Il n’est plus Empereur. Il est le Roi de l’île d’Elbe. Il se raconte que les cosaques russes lors de l’occupation de Paris demandant à boire utilisent le terme russe bystro (= vite) d’où l’appellation bistrot. Le linguiste Alain Rey conteste cette origine : c’est une pure fantaisie en l’absence de toute attestation du mot à l’époque ou peu après. Alain Rey estime que bistrot provient peut-être de bistraud d’origine poitevine, désignant un petit domestique d’un marchand de vin !    

     De l’avis des experts en stratégie militaire, la Compagne de France est, avec la première campagne d’Italie, la meilleure des campagnes de Napoléon. Nombre de ces batailles sont reconstituées en 2014 - http://www.tourisme-champagne-ardenne.com – notamment à Montmirail-Marchais lors du congé de l’Ascension. Ces reconstitutions sont plus vraies que la réelle bataille. Nul ne peut prétendre jouer Napoléon sous peine d’être considéré usurpateur. Officiellement, il y a, dans le monde, trois personnes qui peuvent assumer le personnage de Napoléon dans les reconstitutions, un Français, un Américain, un Belge.  

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mercredi, 02 avril 2014

La campagne électorale européenne biaisée : le FDF systématiquement exclu !

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      Pour concrétiser ses objectifs et rapprocher les citoyennes et citoyens du projet européen, le MEB organise (… ) un programme d'activités diversifié et accessible à un large public est une phrase extraite du site Mouvement européen-Belgique. Incontestablement, un large public a assisté le 25 mars, dans le grand auditoire Godefroid Kurth de l'ULg à un débat sur le thème quelle politique sociale pour l’Union européenne aujourd’hui. Au vu des images diffusées sur Télé-Liège RTC, le large public se résume à vingt/vingt-cinq personnes.

      Ta voix compte annonce l’affiche initiale prévoyant cinq orateurs dont une seule femme, Cristina Coteanu, Roumaine tête de liste du Fédéralistes Démocrates Francophones (FDF). Le FDF a reçu un numéro - le 6 - lors du tirage au sort au Ministère fédéral de l’Intérieur. Une autre formation prétend être invitée. Le Mouvement européen-Belgique confronté à ce problème le résout en éliminant, purement et simplement, le FDF, le parti rejoint par Paul-Henri Spaak – un des Pères fondateurs de l’Europe -, un  parti présidé en son temps par Antoinette Spaak qui a été euro-parlementaire.

      Rebelote, le 27 mars, à l’auditoire Arcelor Mittal de HEC- ULg. Un public dix fois plus important. Une boisson gratuite est offerte. Le Vif/L’Express – page 2 du n° 3273, page 3 du n° 3272 de couverture - a annoncé les trois débats (Liège le 27 mars, Bruxelles le 3 avril, Namur le 5 avril) en collaboration avec Guido (société gantoise) et les Associations d’étudiants. Les pages de pub présente les cinq logos de partis invités cdH, écolo, FDF, MR, PS. C’est hélas une pub mensongère car n’ont pris la parole à Liège que des représentants des quatre partis dit traditionnels.

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      Une chape de plomb bien belge s’abat sur la démocratie à l’occasion des élections européennes. La démocratie se caractérise notamment par la possibilité d’alternance du pouvoir et le respect des minorités. L’ostracisme dont sont victimes les Fédéralistes Démocrates Francophones dans l’organisation des débats est également de mise dans les médias.

      Ainsi, un document (très) interne de la RTBF précise : Sont d’office invités, dans toutes les émissions d’interviews et de débats, (…) les partis suivants : PS, MR, ECOLO et CDH. Quant au FDF, la RTBF stipule : ce parti ne sera a priori pas invité aux émissions intéressant les assemblées où ce parti n’est pas représenté (débats relatifs au parlement européen et au parlement wallon), ni aux débats concernant les circonscriptions wallonnes du parlement fédéral . Brave fille, la RTBF ajoute : il pourrait toutefois y être invité, ponctuellement, en fonction de l’intérêt éditorial, journalistique et informatif  !!!!

      Quotidien de référence en Fédération Wallonie-Bruxelles,  Le Soir (305.041 exemplaires en 1956 – 90.718 en 2012) a organisé un grand débat sur plus d’Europe auquel ont participé les représentants des partis traditionnels. Le rédacteur en chef du Soir - Jurek Kuczkiewicz – a reçu une lettre ouverte de Cristina Coteanu – tête de liste Europe FDF. La Roumaine écrit notamment : Plus que jamais, aujourd'hui, l’Europe a besoin des vrais défenseurs, des nouveaux visages qui ne proviennent pas nécessairement des partis qui se transmettent le pouvoir depuis des décennies. (…) tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut regagner la confiance du citoyen afin qu'il participe de fait à la construction européenne (…) À ma connaissance, c’est la première fois dans l’histoire de l’Europe qu’un ressortissant d'un autre État membre (qui plus est de l’Europe de l’Est) est tête de liste sur une liste européenne d’un parti d’un État membre. Cristina Coteanu évoque un moment de sa vie ; j'étais directrice en charge des tous les pays de l'Europe de l'est, d’une organisation pan-européenne, en participant à la construction européenne à travers des actions concrètes. J’ai travaillé énormément pour votre pays (Belgique ou Pologne) ou pour le pays de vos parents.

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10:54 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 31 janvier 2014

Prendre ses désirs pour des réalités ...

       La newsletter des Médias Catholiques, Cathobel a publié ce vendredi matin un numéro spécial. Une seule information : Le Conseil de l’Europe tance la Belgique au sujet de l’euthanasie des enfants ! On y lit notamment : Ce jeudi, le Conseil de l’Europe a publié une forte critique envers le projet belge d’euthanasie des enfants. Une parole forte et inédite. Une déclaration écrite du Conseil de l’Europe, signée par des députés de plusieurs pays, estime que la Belgique se trompe lourdement (…) C’est la première fois qu’une instance internationale met si sévèrement en garde la Belgique au sujet de l’euthanasie des enfants malades. Aucun expert n’a pû être entendu par la Chambre des représentants. Celle-ci entendra-t-elle le Conseil de l’Europe ?

       Un lien placé par Cathobel permet de prendre connaissance de la  déclaration écrite du Conseil de l’Europe. Il s’agit de la Déclaration écrite n° 567 intitulée La légalisation de l’euthanasie pour les enfants en Belgique.

       Sous ce titre, il est écrit : Cette déclaration écrite n’engage que ses signataires. Autrement dit, le Conseil de l’Europe - organisation internationale regroupant  47 États européens dont la mission est la promotion de la démocratie, la protection les droits de l’homme et l'état de droit – n’a nullement tancé la Belgique au sujet de l’euthanasie des enfants.

       Les signataires de la déclaration écrite sont 58 parlementaires alors que l’organe délibérant  du Conseil de l’Europe - l’Assemblée Parlementaire  - se compose de 318 représentants et de 318 suppléants désignés par les parlements nationaux des États membres. À ne pas confondre cette Assemblée Parlementaire avec le Parlement Européen, organe parlementaire de l’Union européenne.

       Ces 58 parlementaires proviennent de 27 pays. 7 sont Britanniques, 5 émanent de la Fédération russe, 4 de l’Espagne,  4 de l’Italie et 4 de la Roumanie. Politiquement, 33 des signataires se revendiquent du groupe du Parti populaire européen – 394 membres, effectifs et suppléants confondus -, 10 du groupe socialiste – 194 membres, effectifs et suppléants confondus – et 10 du groupe des démocrates européens – 81 membres, effectifs et suppléants confondus.

13:47 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Politique, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 17 octobre 2013

La Joyeuse Entrée du Président Barroso à Liège.

         En une semaine, Liège a connu deux Joyeuses Entrées. La première vendredi dernier. Sa Majesté la Reine Mathilde est venue avec son mari rencontrer les Liégeoises et Liégeois. Aucun contestataire à cette visite hormis le temps de chien. Un moment hyper émouvant lorsque deux enfants aveugles ont rencontré, à La Lumière, Sa Majesté la Reine et son mari.

        La deuxième Joyeuse Entrée a constitué une première. Nous n’avons pas souvenir qu’en un peu plus d’un demi-siècle, un des douze Présidents de la Commission Européenne consacre une journée entière à la visite de notre ville. Certes, le Liégeois Jean Rey a été un merveilleux connaisseur de Liège. Il a même tenu l’orgue au temple protestant du quai Marcellis au temps des vacances du titulaire. Plus d’un Président est venu le temps d’une conférence, le soir, invité par une association ou l’autre.

        Le Président José-Manuel Barroso par sa Joyeuse Entrée a innové au point que l’euro-députée Véronique De Keyser dans un communiqué publié la veille – à 11h58 – a pu écrire cependant, j’ignore à quel titre le Président Barroso vient à Liège mais je m’en félicite. La visite a été quelque peu chahutée du genre Barroso dégage ou deux œufs lancés dans sa direction sur la scène du Théâtre de Liège. Ce sont là des non-évènements comme l’a assuré le journaliste Olivier Maroy.

       La première question du dialogue citoyen a été posée par une Frioulane d’Ougrée Nora Dall’Acqua qui s’intéresse au sort de la sidérurgie. Réponse lui est apportée ainsi qu’à d’autres questions posées notamment par des étudiants en Erasmus. Au fond, la Joyeuse Entrée du Président Barroso donne raison à un de ses prédécesseurs, le Liégeois Jean Rey qui a déclaré en son temps : L’Europe n’est pas seulement celle des Gouvernements, des Parlements ou des administrations. Ce doit être aussi celle des peuples, celle des travailleurs, celle de la jeunesse, celle de l’homme.

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lundi, 23 septembre 2013

"Le changement, c'est maintenant", un slogan digne de Charlemagne !

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       Il y aura 1200 ans – le 28 janvier 2014 - que l’empereur Charlemagne est mort. Le Musée national suisse a pris le devant de la commémoration en présentant une exposition intitulée Charlemagne et la Suisse (1). Plus de 200 pièces en provenance notamment du Louvre et d’Aix-la-Chapelle montrent les progrès accomplis sous le règne de celui que Liégeoises et Liégeois considèrent comme l’un des leurs. Progrès dans le domaine de l’éducation, de l’art, de l’architecture.

       Le premier € est présenté à Zurich. Il s’agit d’un denier d’argent découvert en 1904 à Ilanz-Glion dans le canton des Grisons. Frappée du monogramme de l’Empereur, cet € atteste de la réforme monétaire menée par Charlemagne, créateur d’une monnaie unique.

       Autre réforme de l’Empereur mise en évidence à Zurich, l’écriture. Issue de l’écriture latine, les manuscrits pré-carolorégiens manquent de soin au point d’en être peu lisibles. Charlemagne y a mis bon ordre. Sa réforme porte notamment sur la minuscule dont s’inspirent encore aujourd’hui les polices de Times.

       Les Helvètes sont très fiers de Charlemagne. Un internaute écrit : Charlemagne avait un rêve : rebâtir l’empire de Rome. Nous vivons encore sur les bases de son héritage tandis qu’un journal de référence, Le Temps, titre ce matin Charlemagne, empereur de la Suisse.

(1)   Schweizerisches Nationalmuseum - Museumstrasse 28021 Zürich - info@snm.admin.ch – Jusqu’au 2 février 2014 - Ouverture Ma - Di 10.00 - 17.00 heures – Nocturne le jeudi 19h.

11:52 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Europe, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 05 août 2013

La Hesbaye liégeoise, c'est chez nous et ça vaut le coup ...

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        Si sur le plan constitutionnel, le Royaume comprend trois Régions, au plan géographique, celui-ci s’articule sur davantage de régions ayant chacune leurs caractéristiques. Parmi ces régions, il y a la Hesbaye relevant de cinq provinces et comptant quatre-vingt communes. Sa superficie équivaut au douzième du Royaume.

       En cette année, 2013, les Liégeois célèbrent en octobre le huit-centième anniversaire de la Bataille des Steppes, en Hesbaye, à Montenakem. Claude Gaier dans son livre Grandes batailles de l’histoire liégeoise au Moyen-Âge clôt le chapitre relatant la victoire sur le duc de Brabant Henri Ier le Guerroyeur ; Qu’importe Le 12 octobre 1213 fut fondée la nation liégeoise. Le samedi 12 octobre, en effet, les diverses forces de la Principauté s’entendent pour ne faire qu’une et remporter la victoire contre l’ennemi brabançon, le dimanche 13 octobre 1213, dans les plaines des Steppes. Cette victoire historique a été date de fête nationale de la Principauté durant plus de cinq. Ce jour-là, les cloches de la Cathédrale carillonnent.

 

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       C’est à une autre Hesbaye que le Cercle géohistorique de la Hesbaye liégeoise ( CGHL www.cghl.org ) s’est intéressé dans sa dernière publication richement illustrée. Modestement sous-titrée Essai d’étude géohistorique du Pays de l’Entre-Geer-et-Meuse, cette publication Hesbaye liégeoise (1) est une œuvre collective conforme à l’article 3 des statuts : L'association a pour objet l'étude, l'information et la promotion des richesses geohistoriques de la Hesbaye liégeoise et leur intégration dans l'Europe.

      Dans un premier chapitre Des origines au Moyen-Âge, Guy Destexhe évoque notamment les Omaliens. Au néolithique ancien, une civilisation à la pointe de l’évolution s’installe en Hesbaye. On en a retrouvé trace en 1888 près du village d’Omal – d’où le nom – et par après, en bien d’autres endroits. Les Omaliens originaires du bassin du Danube arrivent vers -5.300 ans (…) Après environ 500 ans d’occupation, ils disparaissent de notre région sans rien léguer aux civilisations postérieures. L’environnement de la Hesbaye se présente comme un paradis pour les Omaliens qui découvrent une région loessique vallonnée, ni trop sèche, ni trop humide, l’eau pure des ruisseaux bien plus nombreux qu’actuellement et à profusion, des affleurements de silex, matière première nécessaire à la confection d’une grande partie de l’outillage. Changement de décor des siècles plus tard, il s’avère que les Mérovingiens (les Francs) sont largement les ancêtres des Hesbignons. Il faut savoir que le Mérovingien est un guerrier dans l’âme. Il naît pour combattre. Si les Mérovingiens offrent des parures à leurs compagnes c’est qu’elles portent aussi les futurs guerriers ! Guy Destexhe est un passionné aimant partager sa passion ; l’auteur tient ses notes à la disposition du lecteur qui souhaiterait en prendre connaissance.

         Les autres auteur(e)s se chargent de raconter la Hesbaye liégeoise du 10ème au 20ème siècle. Ainsi, Anne Godinas-Thys écrit si le cens ne grève pas outre mesure le budget du Hesbignon, il n’en est pas de même de la dîme (1/10 de la récolte), payé au clergé, à l’origine pour assurer les besoins du culte et du desservant, accaparée ou cédée par la suite à des institutions religieuses. Ainsi, Francis Balace avec le concours de Marcel Driesmans écrit le 22 novembre 1918, le Roi Albert rentre dans sa capitale à la tête de ses troupes, pendant qu’à Liège le Soldadenrat s’éclipse très discrètement. Les 23-24, la Hesbaye et la ville de Liège sont évacuées en bon ordre par les dernières garnisons allemandes. Il est assez amusant de lire, dans les rapports envoyés par les différents curés hesbignons à leur évêque à Liège, qu’ils étaient à ce moment surtout préoccupés de sauvegarder la vertu de leurs paroissiennes que menaçait l’installation en cantonnement, avant le retour des troupes belges, de détachements français et britanniques…

 

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(1)            Hesbaye liégeoise – 132 pages – Auteur(e)s : Guy Destexhe, Florence Close, Geneviève Xhayet, Anne Godinas-Thys, Catherine Lanneau, Francis Balace, Carine Driesmans – Coordinateur auteur : Marcel Driesmans – Préface : Claude Lange, président du CGHL – Édition CGHL Fédération Tourisme Province de Liège – 7€ à l’Archéoforum

00:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 16 décembre 2012

Strasbourg en joie.

       En mars 2011, par un vote  - 357 eurodéputés disant oui, 253 disant non, 40 s’abstenant – le Parlement européen a adopté un calendrier de sessions plénières devant se tenir à Strasbourg en 2012 et 2013. Ce calendrier a mécontenté la France qui a déposé plainte devant la Cour européenne de justice siégeant à Luxembourg contre le Parlement européen. Jeudi 13 décembre, le verdict est tombé et rappelle qu’une session plénière doit durer du lundi 17h au jeudi 17h. Pas question de tronçonner en deux une séance plénière de manière à pouvoir en obtenir deux comme le calendrier voté en mars 2011 l’a prévu pour octobre 2012 et 2013.

       La décision de la Cour européenne de justice a été reçue avec joie par le quotidien Les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA). Première page : Strasbourg, siège conforté, page deux ; retournement du rapport de forces dans la « bataille du siège » une victoire pour Strasbourg, en page trois, un éditorial intitulé Clarication. Notre confrère Dominique Jung y écrit notamment : Strasbourg est le siège du Parlement européen (…) La précision est utile tant s’étaient superposés les nuages de fumée autour de ce qu’on appelle la « bataille du siège », vibrionnant feuilleton animé par des députés qui échafaudent de savantes argumentations pour travailler à Bruxelles où ils trouvent commode de siéger (…) Il ne faut toutefois pas croire que l’arrêt rendu hier va éteindre la polémique (…)Les pro-Bruxelles vont maintenant changer de tactique : ils vont tournicoter et vrombir autour des gouvernements. Ce sera l’occasion de voir combien d’États soutiennent fermement la dimension européenne de Strasbourg …


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