lundi, 22 septembre 2014

Achille Van Acker à l'avant-garde d'un nouvel art de vivre !

        J’agis d’abord, je réfléchis ensuite. Cette phrase a été prononcée, fin des années quarante du siècle dernier, par le socialiste Achille Van Acker, quatre fois Premier Ministre. Ce vannier, fils de vannier, obligé d’arrêter ses études primaires à l’âge de 10 ans – nous sommes en 1908 – a eu le courage de se former en autodidacte.

        Sa phrase J’agis d’abord, je réfléchis ensuite lui a valu, à l’époque, nombre de quolibets, de sarcasmes. Les auteurs de ces vilenies doivent avoir honte aujourd’hui car il s’avère que le Brugeois Achille Van Acker a été visionnaire.

         Agir d’abord, réfléchir ensuite UN NOUVEL ART DE VIVRE proclame, en première page, le mensuel Bodytalk, dans sa livraison de septembre. Créé en 2006, par le groupe flamand Roularta, crédité d’un tirage de 212.000 exemplaires - déclaration de l'éditeur, le 22 avril 2014 –,  Bodytalk est un magazine qui se veut source d’informations approfondies sur la manière de vivre heureux et en bonne santé. De plus, les articles sont rédigés avec des médecins ou professeurs d’université, ce qui leur assure une grande valeur scientifique.

Comme quoi, un  vannier peut voir clair avant des prof’s d’univ’ !  

 

 

 

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dimanche, 21 septembre 2014

La chronique de Marcatchou : FAIRE SON BEURRE…

FAIRE SON BEURRE…

        Le mercato n’a rien du petit marché qui fleure bon les herbes de Provence, la marée et les gaufres de chasse à la cannelle faites minute. Au mercato, l’argent n’a pas d’odeur, et rien ne se mijote devant le public. Les chiffres feront sensation plus tard, étalant leurs colonnes de zéros à la une des journaux. En les traduisant en francs belges d’autrefois, je déglutis : « Fât-st-assoti ! » Je ne puis m’empêcher de comparer ces sommes dignes des nababs des émirats, le cul dans le beurre, avec les dringuelles que recevaient les champions du ballon rond de naguère. Jean Loos, ce Liégeois « tot-oute », l’entraineur mythique des « Sang et Marine » au temps du fameux doublé, au début des années ’50, me contait : « Quand je jouais en équipe première et que nous gagnions, nous recevions notre « dimanche ». De quoi nous offrir un steak, frites, salade -et un peu plus- pour nous permettre de reprendre des forces… »

        Dans le même (dés)ordre d’idées, un très humble et très petit document (5cm/10), glissé dans un livre d’occasion, me tombe dans les mains à point nommé, pour me rappeler que tout est relatif. C’est un billet de tombola émis en 1943 par le Vélo-Club de Pépinster, à l’occasion du Grand Prix de Printemps et Circuit de la Hoegne. Mon billet qui porte le n° 7152, était vendu un franc au profit du Tronc des Vieillards. Parmi les lots principaux : un kilo de beurre et 50 kilos de pommes de terre. A l’époque, ces précieux tubercules auraient tenté le diable. 7.152 amateurs avaient risqué un de nos braves petits francs pour remporter le gros lot. Il est vrai qu’en 43, seul le beurre avait le goût du beurre. Hmm ! cuites dans la cendre, du vrai beurre et du sel !

        40 ans plus tard, un de nos grands partis populaires faisait sa campagne en annonçant : « C’est le retour du cœur ! » Notre ami Joseph Ledent, personnage éminemment haut en couleur, et patron du restaurant « La Grasse Poule » retourna prestement le slogan : « C’est le retour du beurre ! » Les journaux de ce matin m’apprennent que 69% des Wallons et des Bruxellois plébiscitent le beurre pour leurs tartines. Joseph, dont le tour de taille était appréciable, n’est plus là pour savourer les résultats de ce sondage. La barbe en bataille, la voix d’un boucanier, il fut prophète en son domaine, rue de la Poule, au cœur historique de Liège.

 

MARCATCHOU    

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jeudi, 18 septembre 2014

Les clés du Paradis - siège du cdH de l'Arrondissement de Liège - remises à Vinciane Pirmolin !

        Ils sont venus tous – y compris  Lulu – pour  assister à un spectacle rare au sein du cdH (appelé jusqu’au 18 mai 2002 PSC : Parti Social- Chrétien), un changement de Présidence d’Arrondissement à Liège.

        Avec ses 18 ans d’exercice de la fonction, l’inoxydable Dominique Drion n’a même pas établi un record. Son prédécesseur, Hector Magotte a fait pareil. Ils sont ex-aequo. À noter que 18 est un chiffre magique pour Magotte qui a été Échevin de la Culture durant 18 ans.  Les élections internes ont appelé, pour la première fois, une femme à la tête de la Présidence d’Arrondissement de Liège, Vinciane Pirmolin – fille de feu Jacques Pirmolin, ancien député permanent.

        Vinciane Pirmolin - épouse de Bernard Delsemme, mère de trois enfants, Tanguy, Valentine et Thibault - a été élue au Conseil communal de Grâce-Hollogne en 1994 et y siège sans discontinuer depuis. Par ordre de préséance, elle occupe la première place dans ce Conseil. Les élections provinciales de 2012 l’amènent au Conseil y retrouver Dominique Drion, chef du groupe cdH (8 membres sur 56).

        La nouvelle Présidente ignore si son règne va durer aussi longtemps que ceux de Magotte ou Drion. En effet, le cdH est loin d’être un fleuve tranquille. S’appuyant sur des chiffres s’étalant des élections législatives de 1946 à 2010, l’un des meilleurs politologues du Royaume, Pascal Delwit a posé la question : le cdH est-il appelé à disparaître ? Il écrit notamment ; la rétraction électorale amène le cdH aux bordures de seuils symboliquement importants qui, s’ils sont franchis, menacent ce statut sinon même l’existence du parti. Nous avons observé que le cdH est désormais sous les 10% dans plusieurs grandes villes, derrière même le PTB à Liège et Charleroi. (…) Certes, le cdH a encore capté 13,9% aux élections fédérales. Mais, la logique d’affaissement se poursuit. Les cinq dernières élections fédérales ont dévoilé les cinq plus mauvais résultats de son histoire. Le risque de basculer sous un certain seuil de crédibilité est donc tout à fait réel.

        Propos qui ne font pas frémir Marie-Do Simonet, ministre contrainte de renoncer à sa charge pour raison de santé (cancer du sein). Mercredi, à la Maison de la Presse, souriante, portant les mains dans ses cheveux, elle a dit: nous reprenons du poil de la bête !

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lundi, 15 septembre 2014

Osons DISON et son Centre Culturel !

 

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        Commune limitrophe de Verviers, la troisième ville de la province de Liège, Dison, fusionnée avec Andrimont en 1976, a une longue histoire qui la voit accueillir, au début de la révolution industrielle, des entreprises tout en conservant des pâturages. Pas étonnant qu’aujourd’hui sur son site Internet, Dison se présente entre ville et campagne. Située dans le département de l’Ourte (numéroté 96), Dison est érigée en commune en 1797. La première administration s’installe au premier étage de la sacristie de la chapelle vouée à Saint-Fiacre.

        En 1830, des Disonnais participent à la Révolution de septembre. Ce qui vaut à Dison l’honneur de recevoir le drapeau 1830  aux nouvelles couleurs nationales. Ce drapeau est distribué avec parcimonie. Sur les 2739 communes que compte le Royaume à l’époque, 98 seulement reçoivent l’étendard rappelant leur courage et leur détermination à faire triompher la Révolution.

        En 1914, la palme du plus jeune volontaire de guerre semble devoir être attribué au matricule 156/7674 du 6e Régiment d’Artillerie, Joseph Meessen, né à Dison le 6 décembre 1900. À son retour de guerre, son papa, distillateur à Thimister, crée le Bitter de la Victoire.

        Dison est une commune où il fait bon vivre, dont la population  y croît. En 2004, 13.961 habitants dont 8%61de non-Belges, en 2013, 15.368 habitants dont  12%59 de non-Belges. Le Bourgmestre Yvan Ylieff, en charge du mayorat depuis la fusion en 1976 mais déjà bourgmestre d’Andrimont depuis 1972 est le fils cadet d’un Bulgare immigré. Yvan Iliev Brastinkoff, contraint à l’exil suite à l’insurrection du 23 septembre 1923 à Sofia, expulsé de France, entré tôt en résistance contre le fascisme et le nazisme,  époux d’une Liégeoise catholique de gauche qui lui donne cinq enfants dont Yvan, licencié en histoire de l'ULg, député et ministre.

        Dison a un centre culturel (1) aux activités variées tel un itinéraire 14-18, dans la région avec Georges Zeyen dimanche prochain ou en octobre, découverte de  Bruges sous un angle original : la vie des soldats de la Première guerre Mondiale.

        En collaboration  avec le CRVI et l’ADL, le Centre Culturel de Dison organise Des Hauts Débats (2). Le premier invité n’est autre que François Gemenne qui face à la presse verviétoise aborde le thème Immigration, problème ou solution? François Gemenne est chercheur en science politique à l'université de Liège (CEDEM) et à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (CEARC). Il est expert associé au CERI (Centre d’études et de recherches internationales). Associé au CNRS depuis 1967, le CERI est devenu en 2002 une Unité mixte de recherche (UMR) sous la double tutelle de Sciences Po et du CNRS. François Gemenne a la réputation – depuis un certain passage a Salut les Terriens - de ne pas pratiquer la langue de bois. Dison, un régal, le 18 septembre !

 

(1)    Centre Culturel de Dison - 2 rue des Ecoles B-4820 Dison -  087 / 33 41 81

(2)    Jeudi 18 septembre 2014 - 19h - Salle Le Tremplin (rue du Moulin, 30a - 4820 Dison - à côté de l’Intermarché)  - P.A.F. : 2€ - Infos et réservations : 087/33 41 81 - info@ccdison.be

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samedi, 13 septembre 2014

La chronique de Marcatchou : "QUI A PEUR DE L'ESPRIT RIVE DROITE ?".

QUI A PEUR DE L’ESPRIT RIVE DROITE ?

 

         « L’esprit souffle où il veut ». Si Paris s’enorgueillit avec raison de son esprit rive gauche, chez nous, l’esprit frondeur de Tchantchès règne en rive droite où visiteurs et « Djus-d’là » pur jus le ressentent comme le pigment essentiel de la couleur locale. Seuls quelques frileux et pisse-froid s’en défient. Cette frilosité aurait-elle gagné les organisateurs des Fêtes de Wallonie en Province de Liège ? Le moins que l’on puisse dire et écrire de la mouture 2014 du programme, c’est qu’il ne fait pas la part belle à la dernière grande île de Meuse. La fête du Coq snobe purement et simplement Outre-Meuse et Saint-Pholien, l’ancien quartier des tanneurs. Elle y laissera quelques plumes… On n’est pas loin de croire que certains prennent plaisir à détricoter le patchwork d’animations qui, par-delà le pont-des-Arches s’unissait aux tapis rouges du palais provincial et du village des confréries gastronomiques.

        Inutile de remonter à 1913 et à la création de l’Assemblée wallonne et du drapeau au Coq Hardy. Rappelons qu’en 1959, dès la création par la ville de l’a.s.b.l. « Les Manifestations liégeoises », le cortège folklorique du quatrième dimanche de septembre démarrait, à la nuit tombante, de la place Théodore Gobert, animant la rue Puits-en-Sock et la chaussée-des-Prés avant de gagner le Centre. Les anciens n’ont pas oublié la retraite aux flambeaux, avec le concours de l’armée, ni le feu d’artifice tiré entre la Passerelle et le pont Neuf.

        Parlons du grand cramignon d’ouverture, du vendredi soir, mis sur pied en l’an 2000, au temps du gouverneur Paul Bolland, par la Fédération des Groupes Folkloriques Wallons. Il s’échappait de l’auberge de jeunesse Georges Simenon pour serpenter au cœur de Liège  et (ré)animer le Village des Confréries. Après dix ans de bons et joyeux services, notre danse en chaîne traditionnelle fut sabotée quand on substitua aux musiciens de la Basse-Meuse une bandas incapable de donner le « Valeureux Liégeois » et noss « Tchant dès Walons » en bouquet final. Oui, ce fut le bouquet…

        Le cortège qui évoquera 1914, avec ses Lanciers et ses régiments de Ligne, ne sortira pas le 21 septembre de l’ancienne caserne Cavalier Fonck. Ce serait sans doute trop évocateur ! Quant à la brocante libre des boulevards qui, depuis trente ans, regroupe plus de 150 exposants, particuliers ou professionnels, ne la cherchez pas au programme. Elle aura bien lieu, de la Passerelle à Bavière, organisée, comme chaque année, par la Commune libre de Saint-Pholien-des-Prés. Dès 10 heures et jusqu’à l’après-midi, « Li Vî Mayeûr », Tintin et Matante Jeanne, les géants de Saint-Pholien animeront en musique ce fameux marché aux puces. Brocante libre, Commune libre, libres gens, libres propos : qui a peur de l’esprit rive droite ? pas moi, pas vous ! Alors rendez-vous dimanche 21 sur notre grand terrain d’aventure(s). Quelques emplacements sont encore… libres. Sur les boulevards : 0499/352.964 ou 04/343.18.27. Place Jehan-le-Bel : 04/365.37.31.

Et bone Fièsse à tos lès Walons (sins rouvî lès-ôtes !)

 

MARCATCHOU

  

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mercredi, 10 septembre 2014

Premier invité de noms de dieux, Alexandre Romanès-Bouglione.

        Des divergences de vue entre père et fils, il y en a partout dans le monde y compris dans le monde magique du cirque. On a beau être équilibriste, dompteur de fauves, il y a un moment où trop, c’est trop. Estimant que le cirque de la famille s’éloigne un peu trop de l’esprit et de la tradition tziganes, Alexandre Bouglione – fils de Firmin - s’en va. 

        Il écrit des poèmes, rencontre Jean Genet dans l’escalier. Ils habitent le même immeuble… Ils sympathisent, Jean Genet l’encourage à écrire. Gallimard le publie. Après avoir exercé l’un ou l’autre métier, l’envie du cirque le reprend. Avec sa seconde femme, Délia Romanès, une Roumaine, il fonde le cirque Romanès. Ce cirque, premier cirque européen tzigane, représente la France lors de l’Exposition Universelle de Shanghai en 2010.

        Edmond Blattchen reçoit ce samedi (1) Alexandre Romanès-Bouglione à l’émission noms de dieux. Son invité est une personne-ressource des médias français lorsque l’actualité met en avant un drame ou l’autre vécu par un groupe gitan dans l’Hexagone. Dans l’émission de service public de la RTBF.be, l’invité d’Edmond Blattchen se livre davantage. Ainsi, au chapitre phrase, Alexandre Romanès-Bouglione présente un proverbe indien assurant tout ce qui n’est pas donné est perdu. Quant au chapitre pari, la vision est si on veut vraiment trouver une solution réelle aux problèmes que posent les tribus tziganes, il faut agir avec l’Europe.

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(1) Diffusion  le samedi 13 septembre  2014 sur « la deux » vers 22h45. Rediffusion dans la boucle de nuit  sur « la deux » du mardi 16 au mercredi 17 septembre  vers 0h40. Sans oublier, la possibilité de voir l’émission durant une semaine sur le Net.

 

 

 

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mardi, 09 septembre 2014

Plein emploi ou crise, la pub au secours de l'employeur !

        À la lecture de 7Dimanche – un hebdomadaire gratuit -, il est, presque, permis d’imaginer que le Royaume connaît le plein emploi. À moins que, sinistre réalité, le Royaume ne soit au plus profond de la crise.

        Dans l’édition en date du 7 septembre de 7Dimanche, un employeur, acteur de la plus belle mutation en cours dans le secteur des médias, est contraint de faire une pub sur un sixième de page – grand format – en vue de dénicher le/la réceptionniste polyvalent(e) convoité(e).

        Dès la définition de fonction, l’employeur ne cache pas l’ampleur de la mission qui comprend sept secteurs dont participer aux réunions commerciales hebdomadaires et établir les procès-verbaux de réunion sans compter les tâches diverses de secrétariat pour la direction, outre, bien sûr, réceptionner les appels téléphoniques, les traiter et les transmettre au bon interlocuteur.

        Quant au profil recherché, il est à la même mesure. Nécessité d’une expérience, d’une aisance au téléphone, d’une maîtrise de Word, Excel et PowerPoint.

        Et l’employeur en échange de cette pub sur un sixième de page – grand format – qu’offre-t-il ? Un CDD (Contrat à durée déterminée) allant du 15 octobre au 22 février !   

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samedi, 06 septembre 2014

La chronique de Marcatchou : "COMPLETEMENT MARTEAU".

         Complétement Marteau

        Les cours et impasses qui font le charme de nos vieux quartiers et l’enchantement des visiteurs,  ont toujours agacé prodigieusement la plupart des urbanistes et leurs sbires, leveurs de plans, tireurs au cordeau. Je ne puis m’empêcher de mettre en parallèle la pensée unique et les artères rectilignes des lotissements d’aujourd’hui.

        J’avoue regarder les défilés militaires des 14 et 21 juillet, mais « l’ennui naquit un jour de l’uniforme ôté » : je décroche  dès avant le passage du charroi. A  choisir, je préfère les méandres et entrelacs des cramignons rouges, bleus.

        J’ai déjà évoqué dans Vlan Liège l’affaire de la rue Derrière–les-Potiers, en Outremeuse, quand peu avant les années ‘30’, on assassinait  pardon ! on assainissait en les condamnant à la démolition plus de 120 maisons, 10 ou 12 venelles et impasses soit 203 ménages, 578 braves gens d’amon-nos-ôtes, déportés à Naniot,  avec croix et potales.  La rue Grande-Béche, elle aussi, a payé un lourd tribut à l’assainissement ou à la gourmandise de certains. Manquent à l’appel : l’impasse Degueldre, plus connue autrefois sous son appellation populaire de « Trô Noquète » que je garde bien de traduire, « èl Vèssèye », l’impasse de la vessie, « le trô Soyeû », la cour Thonnard  et la fameuse impasse de la Porte-de-l’Enfer dont l’entrée était surmonté d’une potale. On n’est jamais assez prudent ! Il nous reste, outre l’entrée des artistes du Trianon-Pavillon-de-Flore et les colombages de la Taverne Tchantchès, le trou Marteau, rare vestige du Djus-dl’à champêtre.

        Ce trou Marteau qui doit son nom à une enseigne aujourd’hui disparue se croyait à l’abri derrière une façade assez commune de la fin du XIXe siècle. Quand la porte du n° 105-109 s’ouvre sur un corridor propre et net, on croit remonter dans le temps. Deux ou trois maisonnettes blanchies à la chaux se serrent non loin d’un superbe christ du XVIIIe siècle. Surprise et attendrissement, on découvre encore un potager et les frondaisons du jardin nature du voisin.  Discret, un édicule utilitaire avec un cœur ajouré sur sa porte ajoute encore au charme des lieux. René Hénoumont, notre prince des conteurs, a laissé sur ce genre de « cabinet de toilette » des pages d’anthologie… Bref, un petit coin de paradis pour des locataires aux revenus modestes, vivant heureux et quasi-cachés.

        Qui peut en vouloir au trou Marteau ? Un quidam qui loua durant peu de temps, les quelques mètres carrés douillets que compte une de ces maisonnettes. Il y résida peu ou prou, ne cherchant que les services d’une boîte aux lettres. Ce malotru de passage eut l’inélégance de dénoncer ce qui fut son domicile fictif au Centre régional du logement, un service de la Région Wallonne qui s’ébranle à chaque délation, « en application du décret du 29 octobre 1998, instituant le code du logement, et de l’arrêté du gouvernement  et gnagna et gnagna… »

        L’enquêteur de la Région wallonne appréciera-il ce cocon pittoresque qui fait le bonheur de celle qui y vit en paix, loin des bruits de la rue ? S’en tiendra-t-il à des critères technobureaucratiques – ce qui serait complétement marteau ?

        Je vous tiendrai au courant puisque cette oasis du XVIIIe siècle dispose tout de même de l’électricité, sans parler de l’eau, du gaz, d’un coin douche et du chauffage central.  Un taudis, quoi !

         MARCATCHOU

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vendredi, 05 septembre 2014

La plume de Marcatchou trouve place au sein de "Liège 28"

        C’est en mars 1988 que «  nous avons mis la flamme au bois résineux ». Les Éditions Liégeoises se mirent alors à crépiter. Je serai donc resté votre gardien des légendes durant plus d’un quart de siècle, et libre comme l’air de la Cité Ardente. Ce bref extrait du dernier article de Marcatchou alias Jean-Denys (à moins que ce ne soit l’inverse) paru dans Vlan-Spectacles, article dans lequel Jean-Denys Boussart annonce qu’il est prié de s’en aller, quand tout le monde rentre, en cette fin d’août a suscité l’émoi sur les réseaux sociaux.

        Émoi provenant de milieux très différents, philosophiquement, politiquement, culturellement ne comprenant pas l’éviction de celui qui, durant plus de vingt-cinq ans, a assuré l’originalité liégeoise des Éditions du même nom, ayant donné un esprit à Vlan Liège, une âme, si vous préférez…

        Dans un esprit de confraternité, Liège 28 accorde l’hospitalité chaque samedi aux chroniques de  Marcatchou. Liège 28 laisse ainsi, à un Vlan mieux éclairé, le temps de revoir sa position. Liège 28 laisse également le temps à un concurrent papier de réaliser un excellent transfert au mercato journalistique.

        Dès demain, à l’aube, toutes les saveurs de Marcatchou avec une chronique intitulée Complétement Marteau.

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mercredi, 03 septembre 2014

Pradez : funérailles samedi, 11h30 à Uccle, rue du Silence.

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         Les funérailles de Georges Pradez se dérouleront samedi 6 septembre à 11h30 au crématorium de Bruxelles, rue du Silence (la mal-nommée en l’occurrence pour ce génie de la parole).

        Décédé dans la nuit du 31 août au 1er septembre, Georges Pradez a commencé sa brillante carrière au Centre RTBF-Liége – dirigé par Robert Stéphane – dans le magazine F, en octobre 1964.

       D’après sa compagne, dimanche soir, il jouait au lit avec un de ses jeux vidéo préférés (avec des avions ...). Vers 3 heures du matin, elle s’est réveillée et a constaté son décès.

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mardi, 02 septembre 2014

Anne Poncelet rédactrice en chef du B.L.I. liégeois.

          Promu rédacteur en chef de la Première, le Liégeois Jacques Crémers a pris ses fonctions à Bruxelles le 1er septembre. Son précédent poste – rédacteur en chef du Bureau local d’information (BLI) liégeois - est désormais occupé par la Spadoise d’origine, Anne Poncelet.

        Licenciée en journalisme et communication, Anne Poncelet a commencé sa carrière au Festival du Théâtre de Spa, la poursuit à RTC Télé Liège, puis à la Fédération des Télévisions locales, enfin à Télévesdre avant de rejoindre la RTBF, il y a une quinzaine d’années.

         Anne Poncelet y a assumé diverses tâches dont celle de journaliste à la rédaction liégeoise du JP et du JT de 2000 à  2002.

         Autre information relative à Media Rives : Madame Dominique Jamar en est Intendant Général.

         Enfin, information mineure mais information tout de  même : Ce vendredi 5 septembre, la Société GALLER viendra, gracieusement, nous faire déguster ses gaufres artisanales (praliné, chocolat noir, framboise) à la cafétéria de 8h30 à 10h.

                                                                                                         © RTBFbe CAP 48

                                                                                                         Anne Poncelet

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lundi, 01 septembre 2014

De passage à Liège, le duc de Richelieu s'intéresse à la Binamêye revolucion.

Duc de Richelieu.jpeg

        Petit-neveu du Cardinal de Richelieu, Armand-Emmanuel du Plessis, duc du Richelieu sollicite en 1790, des autorités françaises issues de la Révolution un passeport pour remplir ses engagements. En effet, quoique Français, le duc s’est mis au service de la Russie. Potemkine a besoin  de ce jeune Français – né le jeudi 25 septembre 1766  - pour mener à bien la guerre contre l’Empire ottoman, conflit entamé en 1787 dans le but de permettre à la Russie d’accéder aux mers du Sud.

        Le passeport est octroyé. Le duc n’est pas considéré tel un émigré dont les biens sont saisis. En revanche, il promet de revenir  aussitôt la guerre finie et désire que les connaissances qu’il acquerra le mettent  à la portée de concourir un jour à la gloire de la patrie.

        Le duc se met en route. Le jeudi 2 septembre 1790, celle-ci l’amène à Liège une grande ville sur la Meuse : elle peut contenir trente mille habitants ; on ne peut pas dire qu’elle soit belle, mais elle est peuplée et vivante, ce qui fait qu’elle paraît assez agréable.

        Ce diplomate,  bon enfant des Lumières, tendance Fénélon et Montesqieu, est au courant de la Binamêye revolucion  du 18 août 1789. Cette révolution, qui, à juste titre, a attiré l’attention de l’Europe, est une des singularités de l’époque dans laquelle nous vivons.

        Le duc fait remonter les causes de cette Binamêye revolucion  à la position prise par le Prince-Évêque  Maximilien-Henri de Bavière. La source des différends des États et de l’Évêque est l’élection des magistrats. Jusqu’en 1684 le peuple a joui du droit de les élire. À cette époque un évêque qui était de la Maison de Bavière, et sûr par conséquent d’être soutenu dans ses entreprises, prétextant les troubles que ces élections occasionnaient, s’empara du droit de les nommer, et depuis ce moment les évêques ont toujours joui de cette prérogative.

        L’année dernière, la révolution de France ayant donné le branle à tous les esprits, la suite est connue.  La Chambre impériale de Wetzlaer s’en mêle et ordonne au roi de Prusse, en sa qualité de duc de Clèves, de faire marcher un corps de troupes contre les révolutionnaires principautaires. Mais surprise, ceux-ci reçoivent ses troupes en libérateurs. En effet, ils étaient à peine dans Liége que le Roi de Prusse fit faire à l’Évêque des propositions tendant à remettre les choses sur le pied où elles étaient avant 1684, ce qui était précisément le point de la contestation.

        Le Prince-Évêque Constantin-François de Hoensbroeck s’entête, dit non. La Chambre impériale de Wetzlaer s’obstine et envoie de nouvelles troupes. Telle est la situation au moment où le duc de Richelieu reprend  la route le samedi 4 septembre 1790.  De dessus cette hauteur, on a encore une très vue de la ville de Liége et de toute la vallée où elle est située. Le pays que l’on traverse est superbe et très peuplé, il est surtout fertile en pâturages et la quantité des bestiaux est énorme.

        Le duc de Richelieu arrive à temps en Russie pour participer  le mercredi 12 décembre 1790 à la bataille victorieuse d’Ismaël. La tzarine Catherine II lui remet une épée en or et le décore de l’ordre de Saint-Georges. En 1792, le traité de Iassy accorde la Crimée à la Russie.

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vendredi, 29 août 2014

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 4/4

        À la pointe de l’aube toute l’équipe se retrouve sur la plage et notre danseuse Nilavali ( Lumière de lune“) est parfaite dès la deuxième prise .

        Vêtue d’une tunique rouge, d’un voile porté sur les épaules, d’un pantalon resserré au niveau des chevilles, Nilavali dompte la caméra. Le regard souriant, les cheveux ceints d‘une couronne dorée, une ceinture de bijoux éclatants ainsi que la point rouge (le Tikka) situé au milieu du front, nous transportent dans un univers presqu‘irréel. Seul le son du ressac de la mer ramène à la réalité.

        La séquence tournée entre chien et loup sera encore plus magique dans la mesure où Nilavali manipulera le flambeau comme un lingam confié par quelque divinité du panthéon hindou.

        Bogdan et moi étions certains que ces deux séquences et notre rencontre avec la famille des pêcheurs tamouls serait un gage de succès pour le court-métrage.

        Ceylan, le Sri Lanka nous a apporté à la fois de merveilleux souvenirs mais aussi le cauchemar persistant des misères de la nuit.

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Ainsi prend fin le feuilleton où l'Oncle Bob - Robert Lombaerts (cfr Liège 28 du 5 juillet 2014) - a raconté ses aventures vécues aux Philippines et au Sri Lanka.  

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jeudi, 28 août 2014

Le Magnette-Prevot, un gouvernement wallon ultra-Chirac !

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        Lors de la campagne présidentielle de 2007, le candidat Jacques Chirac a demandé aux Françaises et Français de manger une pomme. La demande a été exaucée et Chirac a été réélu.

        Fort de cette réussite, aujourd’hui, le gouvernement wallon de Paul Magnette –Maxime Prévot demande aux Wallonnes, Wallons, Bruxelloises, Bruxellois, Flamandes, Flamands et aux 75716 Germanophones de manger non seulement une pomme mais d’y ajouter une poire.

        Belgicaine à souhait, la RTBF a divisé le nombre de poires produites dans l’ensemble du pays par toute la population du Royaume. Le quotient donne 1 poire 3. Moralité, un gros quart de la production reste excédentaire.

        Que faire ? En appeler à une consommation  accrue auprès de l'Ukraine de l’Ouest … ou auprès des affiliés du Boerenbond !

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22:17 Écrit par Pierre André dans Actualité, Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 3/4

        Sous le choc nous sommes prêts à oublier l’idée de la séquence de danse. Aucun de nous n’a cependant envie d’abandonner.

        Le réceptionniste de l‘hôtel nous indique qu’une danseuse Tamoul va se produire dans les jardins de l’hôtel et que nous pouvons peut-être la contacter. Nous assistons au spectacle installés confortablement en dégustant des patties, ces croquettes épicées fourrées de légumes ou de lentilles accompagnées par des bières locales, une Mandalay pour moi et une Three coins pour Bogdan. La danseuse de petite taille est cependant gracieuse, souriante .Elle évolue comme un oiseau dans l’espace ; son corps flexible décrit des arabesques.

        Bogdan demande à notre serveur très stylé de bien vouloir inviter la jeune femme à notre table. Je lui apprends le but de notre rencontre et mon souhait de la voir danser sur la plage à l’aube et au coucher du soleil. L’idée de jouer avec un flambeau tout en dansant la séduit. Professionnelle, elle veut poser ses conditions financières; ce que je comprends parfaitement. C’est là que Bogdan intervient avec ses finesses, ses astuces pour préserver un budget toujours trop étriqué. Après quelques tractations, la jeune danseuse accepte les conditions après avoir exigé le payement d’une journée entière ; ce que Bogdan, tombé sous le charme de l’actrice d’un jour a fini par accepter.

                (à suivre)

08:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Amour, Cinéma, Culture, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 27 août 2014

Les fausses notes sont indésirables au Parlement de la Communauté française.

        Les Francofolies de Spa ont fait leur entrée au Parlement de la Communauté française en la personne de Charles Gardier, co-directeur des Francos. Le président Jean-Charles Luperto a tenu à féliciter chaleureusement ce francophile mélomane en précisant que l’Assemblée au sein de laquelle siège désormais Charles Gardier est tout aussi francophile et non moins mélomane.

18:11 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, francophonie, Musique, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 2/4

        Le chauffeur empeste l’alcool, à l’air bougon et semble comprendre notre désir de trouver une danseuse tamoul pour figurer dans une séquence de début et de fin d’un court-métrage.

        Il acquiesce et nous nous retrouvons dans un véhicule préhistorique avec un plancher troué par la rouille qui rend le sol visible. Nous nous rendons compte que les freins de la voiture sont hors d’usage et qu’il utilise le frein à main pour s’arrêter. Une conduite follement dangereuse nous transporte en dehors de la ville. L’inquiétude nous gagne car nous nous souvenons de la tentative de vol vécue la veille au marché.

        Cet homme nous guide vers un bâtiment isolé, faiblement éclairé par une lanterne rouge. Nous pénétrons dans un lieu glauque, sordide, sinistre. Je pense au roman de Maupassant‘‘ La Maison Tellier‘‘ en pire. Nous sommes assis sur une banquette verdâtre au plastique déchiré. Là aussi une lumière rouge. Pareil à un feu de signalisation, elle passe du rouge au vert et notre chauffeur nous fait signe de le suivre. Jamais je ne pourrai oublier cette vision horrible. Une sorte de grande chambre sur un sol en terre battue. Des vieilles femmes décharnées, édentées, au dos courbé, tentent un vague sourire.

        Un seul désir, quitter au plus vite cette zone d’abattage, d’esclavage, oublier ce chauffeur qui nous a fait découvrir les misères de la nuit plus terribles que celles du jour.

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mardi, 26 août 2014

Feuilleton : UN CASTING PAS ORDINAIRE par Oncle Bob 1/4

         Lors de la réalisation d’un film il importe d’attirer l’attention du spectateur dès les premières images et les premiers sons. Accrocher en surprenant, par exemple, par un pré-générique dynamique et une action inédite sont des éléments que le scénariste, le réalisateur; voire le producteur peuvent apporter à tout type de film qu’il s’agisse de fictions ou de documentaires; de longs ou de court métrages.

        En ce qui me concerne, j’aime le principe d’une boucle qui débute et termine le sujet abord. Je déteste les prises de vues conventionnelles même dans ces courts-métrages touristiques à caractère promotionnel. Il est possible de faire des choix où les individus et leurs actions sont aussi présents que les paysages ou les édifices .

        J’ai suggéré à mon ami Bogdan de débuter le film par une vingtaine de secondes où l‘on découvrirait une danseuse indienne exécutant quelques pas à la pointe de l’aube, sur la plage au bord de la mer. Le court-métrage se terminerait par la même danseuse filmée entre chien et loup; cette lumière particulière que j’affectionne avant la tombée brutale et rapide de la nuit. Je la voyais danser au milieu d’un cercle de feu.

        Elle même utiliserait un flambeau qu’elle inclurait dans la danse en l’apprivoisant. Sur une image arrêtée se déroulerait le générique. Nous avons souvent partagé des goûts identiques et mon ami n’a fait aucune objection à ma proposition.

        Ses seuls soucis où je retrouve le producteur ; le prix de la danseuse et où la trouver. Notre première décision, s’adresser à un chauffeur de taxi, a été mauvaise.

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jeudi, 21 août 2014

Feuilleton : RENCONTRE AVEC LES TAMOULS DU LITTORAL par Oncle Bob 3/3

        En attendant de nous revoir pour partir en mer, Arvalan nous donne quelques conseils si nous fréquentons les plages de cocotiers.

        On peut parfois y trouver des serpents venimeux et il y a intérêt à faire attention où l’on pose les pieds.

        Généralement ces animaux ne sont pas agressifs sauf s’ils se sentent menacés.

        Nous quittons nos hôtes pour passer quelques heures à la plage attentifs aux serpents mais aussi aux crabes aux pinces tranchantes.

        Le lendemain après avoir suivi Arvalan et Arivâli dans une partie de pêche fructueuse; alors que la nuit tombe rapidement, nos hôtes nous guident vers un petit temple caché par une épaisse frondaison d’arbres.

        Nous pénétrons dans ces lieux sacrés où le chef de famille va diriger la cérémonie.

        C’est au son d’une clochette censée appeler les divinités peintes ou sculptées à s’insérer dans leur image que débute la célébration du culte.

        Cette cérémonie du ‘‘puja‘‘ est commune aux tamouls du Sri Lanka et aux Hindous du Continent Indien.  Après l’appel aux divinités la famille allume des bougies et fait brûler de l’encens. L’épouse d’Arvalan et sa fille disposent des guirlandes de fleurs odoriférantes, déposent des fruits, du riz et remplissent des coupes d’eau tout en invoquant les divinités. J’en reconnais une, Ganesh, ce dieu à tête d’éléphant, porte bonheur dans ce panthéon hindouiste où l’homme n’est pas au centre de l’univers mais constitue l’un des éléments du cosmos. Après ce moment à la fois familial et rituélique nous regagnons la maison communautaire. Un repas nous y attend. Au menu, les crevettes grillées accompagnées du riz traditionnel. Une surprise de dimension pour Patrice et Eduardo.

        Ils ont des couverts et leurs portions de crevettes sont décortiquées. Bogdan et moi partageons le plat de nos hôtes qui sourient aux regards ébahis de nos collègues.

        Quelle leçon d’écoute, d’observation et de respect de la part de cette famille Tamoul pour ces étrangers, voyageurs éphémères accueillis dans la plus grande dignité !

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mercredi, 20 août 2014

Feuilleton :RENCONTRE AVEC LES TAMOULS DU LITTORAL par Oncle Bob 2/3

        Chaleureux il nous invite à partager son repas composé de crevettes fraîchement pêchées accompagnées du riz, nourriture de base.

        Arvalan nous explique que la famille Tamoul est constituée comme un véritable clan avec un système social strict où le communautaire prime sur l’indépendance.

        Hindouistes sur le plan religieux, les Tamouls ont mal perçu la suprématie du bouddhisme comme religion d’État. Les trois millions de Tamouls, toutes religions confondues ont été défavorisés par rapport à une bourgeoisie locale cingalaise et un pouvoir asocial, privilégiant une économie ultra libérale tout en menant le pays d’une main de fer.

        Le fils aîné Arvâli poursuit des études secondaires et rêve de rejoindre les Tamouls de France ou de la Réunion. Pour lui, il n’y a ucun d’espoir d’obtenir une fonction intéressante dans son propre pays.

        L’épouse d’Arvalan et l’une de ses filles apportent deux énormes plats, l’un de riz, l’autre de crevettes parfaitement grillées dont les épices flattent les narines.

        Ici on se sert de la main droite pour prendre la nourriture. J’observe que Bogdan ce vieux complice baroudeur, comme moi, est tout à fait à l’aise mais nos équipiers manifestent des difficultés à adopter les coutumes locales.

        Je prends conscience que la famille Tamoul mange les crevettes dans leur entièreté, têtes comprises. Je suis évidemment leur exemple comme Bogdan qui a toujours respecté les traditions même s’il avait des difficultés à les assimiler.

        Par contre Patrice et Eduardo ne parviennent pas à se conformer aux usages. Arvalan et Arvâli observent nos comportements en silence.

        Nous nous accordons sur le fait de suivre une partie de pêche en mer et Bogdan s’arrange sur le plan financier avec le chef de famille pour le défrayer.

        Comme nous avons gagné sa sympathie il nous suggère de filmer une cérémonie d’offrandes qu’il pratique avec sa famille dans un petit temple hindou à l’abri de tous les regards. C’est avec plaisir que nous accueillons cette proposition.

 

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mardi, 19 août 2014

Feuilleton :RENCONTRE AVEC LES TAMOULS DU LITTORAL par Oncle Bob 1/3

        Bogdan et moi avons toujours apprécié ce qu’on appelle en termes de métier: les repérages. Ces premiers contacts sans caméra et autres outils techniques sont primordiaux pour établir une relation de confiance avec ceux qui sont les sujets d’un film et non des objets.

        Aujourd’hui seule la rentabilité compte et les télévisions privées ou publiques vont à l’essentiel, ramener des images et des sons sans avoir été à l’écoute et sans avoir partagé avec les autres.

        La culture des Tamouls de la côte nous intéressait dans la mesure où cette société est implantée dans l’île depuis des millénaires. Pêcheurs ou commerçants, ils possèdent leur propre langue, leur religion, leurs règles sociales. On les appelle les Tamouls de Jaffna installés au nord, à l’est et le long du littoral par rapport aux Tamouls des Hautes Terres ; immigrés de castes inférieures, intouchables utilisés comme main d’œuvre dans les plantations de thé, installés au centre, au sud, de l’île, importés par les colons britanniques.

        Ce sont les Tamouls du littoral qui ont suscité notre intérêt. Nous sommes entrés en relations avec une famille de pêcheurs qui nous a permis de découvrir leur univers. Nous les avons rencontrés à deux reprises avant de tourner le moindre mètre de pellicule.

        Leur village, Negombo, se situe à quarante kilomètres de la capitale. Une lagune, la mer, d’immenses plages entourées de cocotiers; des catamarans locaux et de petits bateaux de pêche, taches sombres naviguant au gré des vents sur une mer étincelante argentée, dont les reflets éblouissent la vision.

        Arvalan, le chef de famille (dont le prénom signifie‘‘ homme d’amour et d’affection‘‘) et son fils aîné Arivâli (‘‘Intelligent ‘‘) nous accueillent dans leur demeure , sorte de grande maison communautaire.

        Arvalan n’a pas d’âge déterminé. Son visage sec, émacié est souriant; une légère barbe grisonnante, le cou décharné, le menton volontaire et les yeux vifs complètent une stature moyenne composée de muscles à fleur de peau et de mains noueuses marquées par le sel marin et les travaux quotidiens.

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samedi, 16 août 2014

Y AURA-T-IL UN 56ème FESTIVAL ROYAL DE THEÂTRE DE SPA ? « MADAME NON » REPONDRA-T-ELLE OUI ?

 

 Cécile Van Snick et Armand Delcampe en 2009 heureux de célébrer les 50 ans du Festival ; se retrouveront-ils en 2015 ?

        Vendredi soir, à l’issue de l’ultime représentation du 55ème  Festival Royal de Théâtre de Spa, Armand Delcampe co-directeur depuis 16 ans de ce Festival, mon épouse et moi, nous nous sommes embrassés en formulant l’espoir de nous revoir l’an prochain.  D’abord parce que lorsqu’on aborde son quatrième quart de siècle c’est l’état de santé qui est susceptible de décider. Mais aussi parce que les moyens diminuent chaque année comparés aux besoins. Certes il y a des éléments positifs qu’a soulignés la co-directrice Cécile Van Snick qui a fait état d’un taux d’occupation des places disponibles  de l’ordre de 90%,. Plusieurs fois les réservations conduisirent à organiser une représentation supplémentaire. Une centaine de personnes suivirent chaque lecture et chaque rencontre.

        Au sein de l’équipe du Festival les nouveaux responsables de la gestion, des services techniques et de la communication réussirent des prestations très appréciées. Quant à moi qui ai suivi dix représentations en cinq soirées, mon « top 4 » va de « Karl Marx, le Retour »  à « No Sport » en passant par « Discours à la Nation «  et « L’école est finie ». Et l’on me dit que j’ai « raté » « Belles de nuit » et surtout « Mangez-le si vous voulez ».

       Sur les 18 spectacles principaux, un tiers était constitué de « one (wo)man show » et un second tiers mettait en scène deux comédien(ne)s. Quand vous devez tenir compte pour des raisons strictement budgétaires de la nécessité de trouver des distributions aussi réduites, cela signifie que votre liberté de choix pour programmer un Festival déjà raccourci en durée et ayant renoncé à tout vedettariat, est réduit comme un peau de chagrin.  Moins pessimiste qu’Armand Delcampe et moi, sans être aussi optimiste que l’octogénaire Bourgmestre de Spa, Cécile Van Snick devra convaincre la nouvelle Vice-Présidente bruxelloise du Gouvernement Wallonie Bruxelles responsable à la fois de l’Enseignement obligatoire et de la Culture de répartir autrement les subventions localisables à l’art dramatique domaine où la Wallonie est gravement spoliée notamment quand on compare le Kunsten Festival instrument de propagande flamande à Bruxelles et le Festival Royal de Spa.. Certes, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir mais le sursis menaçant n’est pas écarté.

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         Ce 15 Août au Radisson, Stéphane Stubbé a interprêté « No Sport » adaptation qu’il a écrite d’un personnage historique qu’il admire : Sir Winston Churchill. C’était intéressant, souvent amusant, joué avec talent et conviction. Les multiples facettes du « sauveur de l’Occident » en mai 40 sont-elles toutes rencontrées ? Sûrement pas , la mine était trop profonde. Je connais d’autres admirateurs de Churchill : par exemple, le chanoine Eric de Beukelaere  et Armand Delcampe précité. Si ces deux-là avaient  traité ensemble le même sujet, les dimensions à la fois théistes et franc-maçonnes de Churchill auraient été subtilement soulignées ce qui n'est pas le cas ici mais ne nous a pas empêché de passer un bon début de soirée.

        Par contre à 21 heures, nous ne sommes pas entrés dans le texte  de l’américaine Joyce Carol Oates illustrant la violence sauvage d’une société d’Outre-Atlantique, pire que la nôtre.  Nous reconnaissons très volontiers l’excellente prestation du comédien Alexis Goslain, son rythme, son agilité mais un bon acteur sans texte convainquant ne peut seul sauver un spectacle.

       Rappelons une fois encore en conclusion la phrase de Beaumarchais : « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. »                                                 

 Jean-Marie ROBERTI

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vendredi, 15 août 2014

Feuilleton :La Feuille du Temps par Oncle Bob 1/1

       Difficile de retrouver la réalité après la nuit inoubliable passée en compagnie de Nérupama (l’incomparable). En état d’apesanteur tout en étant épanoui je pensais à ce polythéisme hindou en me demandant si j’avais rencontré une déesse femme.

      Était-ce Shakti, la puissance féminine créative partagée entre le Kâma (le désir) et le Dharma (le devoir)? Mon envie de me balader dans un endroit calme et serein pour préserver cet état second, guide mes pas vers un sanctuaire bouddhiste.

          À Ceylan l’opposition entre hindouistes et bouddhistes date de l’occupation anglaise. Comme tous les peuples colonisateurs les Anglais n’ont pas dérogé à la règle du ‘‘diviser pour régner ‘‘. Les bouddhistes sont majoritaires suivis des hindouistes et d’une minorité de musulmans et de chrétiens. En 1972, Ceylan change d’appellation pour devenir le Sri Lanka.

        Mes pensées me conduisent dans une vaste étendue verte en légère déclivité. Je me dirige lentement vers un arbre qui se dresse solitaire, à côté du sanctuaire.

        J’aime les arbres symboles de la vie mais aussi de la force, de la flexibilité, de la connaissance, de la droiture. Dans tous les pays, sur tous les continents, les arbres m’ont fasciné : les baobabs africains et malgaches, les pins parasols et les platanes méditerranéens, les chênes et les saules pleureurs du Nord.

        Je contemple le figuier des pagodes dont la cime se dresse à trente mètres du sol. Mon regard descend le long du tronc et accroche la silhouette d’un moine qui se dirige vers moi.

‘‘Vous aimez les arbres? Je lui réponds affirmativement.

        Ce figuier porte sur ses branches des feuilles en forme de cœur. Il est toujours planté près d’un temple et nous lui accordons un grand respect. Il est sacré et avec ses feuilles aux pointes effilées il frémit aux caresses du vent.

        Permettez-moi de vous offrir l’une de ses feuilles. Elle porte en elle l’éveil et la mesure du temps. En vieillissant vous serez au-delà de l’attachement, de l’aversion et des illusions.

        Continuez à donner, à recevoir, à écouter, à chercher. Vos actes de bonté et d’amour envers les autres; votre détachement vous mèneront à l’éveil.

        Gardez précieusement cette feuille; conservez-la, à l’abri de la lumière. De temps à autre, regardez-la; elle se modifiera comme vous, au fil du temps.

        Elle se détruira progressivement et vous constaterez qu’en fait, vous êtes en parfaite symbiose dans sa durée de vie et à l’approche de sa décomposition votre temps sera compté. Bonne route voyageur.

       Cette rencontre et la précédente : deux métaphysiques qui interrogent mes certitudes…

 

 

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THEÂTRE A SPA A L’HEURE DU ONE MAN SHOW : DECEVANT PARFOIS MAIS MAGISTRAL GRACE A ASCANIO CELESTINI ET DAVID MURCIA !

 

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THEÂTRE A SPA A L’HEURE DU ONE MAN SHOW : DECEVANT PARFOIS MAIS MAGISTRAL GRACE A ASCANIO CELESTINI ET DAVID MURCIA !

Huitième des onze jours du 55ème Festival Royal de Théâtre de Spa, ce mardi 12 Août 2014, deux des cinq lieux de représentation n’étaient pas utilisés : le Salon gris (où trois pièces étaient programmées trois fois soit neuf soirs sur onze à 18h30’) et la Salle des Fêtes (où les après-midis à 15h30’ des goûters étaient offerts lors de cinq rencontres et de trois lectures auxquelles on ajoutera deux concerts de fins de soirée).
 
Mardi dernier le choix des festivaliers était réduit à un spectacle à l’Hôtel Radisson à 19 heures et à une des deux représentations plus tardives à 20h30’ au Théâtre Jacques Huisman ou bien à 21 heures au Salon bleu.

Sans compter techniciens ni personnel de salle, combien de comédiennes et de comédiens pouvions nous voir dans ces trois spectacles ?

Le total est aisé à calculer : trois acteurs, un par représentation.

La programmation d’une telle soirée constitue un bon exemple de ce à quoi la co-direction du Festival est contrainte faute de moyens qui ne cessent de décliner puisque leur stagnation s’est aggravée en fonction de l’évolution des coûts du secteur pendant les dix
années  d’indifférence de la ministre anderlechtoise aujourd’hui compétente pour la propreté publique à Bruxelles.

Répétons donc comme Cécile Van Snick a demandé que cela soit fait avant chaque représentation : « LE FESTIVAL EST EN SURSIS ». . .

Mardi après « La danse du fumiste » de Paul Emond nous avons choisi « Discours à la Nation » d’Ascanio Celestini  plutôt que « L’Ami des belges » de Jean-Marie Piemme.

A l’issue de la représentation du premier de ces trois « one man show », mon épouse a eu ce commentaire (juste comme toujours de sa part) : « C’était quand même une belle performance d’acteur ».

Certes !

Et que grâces en soient rendues  à Gilles-Vincent Kapps.

Mais cette performance conduit dans une impasse, une fumisterie pour nous sans intérêt.

Nous avons par contre heureusement fait le bon choix pour notre seconde représentation de cette soirée (nous n’écrivons pas le meilleur car nous ne connaissons pas la pièce de Piemme et parce que lors de ce Festival il nous a été dit que nous aurions le week-end
raté un chef d’œuvre « Mangez le si vous voulez » de Jean Teulé mis en scène et interprété par Jean-Christophe Dollé et Clotilde Morgiève).

Ascanio Celestini (adapté en français par Patrick Bebi) est le digne continuateur de Dario Fo.

Cette fois ce n’est pas pour lui mais pour le grand acteur David Murgia qu’il a écrit et mis en scène un décapant « Discours à la Nation ».

Et c’est à un représentant de la classe dominante qu’il donne la parole pour se gausser en termes caustiques, parfois simplement ironiques mais souvent féroces et cyniques, de ces pauvres types de la classe des dominés dont les vieux engagements idéologiques peuvent être avec jubilation retournés contre eux.

La docilité des exploités, la démission des politiques et des syndicalistes, les exigences d’un marché mondialisé ultralibéral conduisent à supprimer toute résistance et à se moquer sans remord de celles et ceux grâce auxquels une petite minorité s’enrichit en
creusant le fossé d’une société duale entre Continents, Etats et Régions comme entre puissants et misérables, riches et pauvres.

 

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David Murgia (accompagné rythmiquement à la guitare par le compositeur Carmelo Prestigiacomo) incarne avec une parfaite décontraction apparente le personnage cruel et souriant concocté par Celestini.

Il a abaissé le masque des gens bien élevés, il retourne les couteaux dans les plaies et simultanément il est vraiment très drôle et nous a permis d’inscrire ce « Discours à la Nation » au firmament du Festival avec le magistral retour de Karl Marx.

Nous nous réjouirions enfin du fait qu’il s’agit d’une production liégeoise trop rare à Spa mais à vrai dire les réalisations du « Festival de Liège » sont plus bruxelloises que liégeoises car elles émanent du Théâtre National dit de la Communauté française et non
encore de la Fédération Wallonie Bruxelles (sans doute parce que prononcer Wallonie avant Bruxelles est dérangeant pour qui le rééquilibrage régional des budgets rabougris consacrés à « l’art dramatique » serait imbuvable).

Mais c’est au lendemain du 15 Août que nous ferons le bilan d’une organisation culturelle « en sursis ».

Jean-Marie ROBERTI

05:32 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, francophonie, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 13 août 2014

Feuilleton : Colombo, du marché à la nuit la plus longue par Oncle Bob 3/3

        Nirupama prend une douche et apparaît dans une totale nudité. Un corps majestueux; des seins bien proportionnés et son sexe épilé m’éblouissent. Une vraie déesse dans un corps de femme. Elle m’indique qu’il n’y aura pas de positions spécifiques mais que le blanc que je suis jouera au missionnaire et qu’elle s’occupera de tout.

        Intrigué, je la pénètre avec douceur et ressens un massage délicat d’une série de muscles mis en mouvements. Prisonnier d’une gangue chaude et humide mon sexe est véritablement emprisonné et tous les efforts pour me dégager restent vains.

        Le téléphone sonne. Mon ami Eduardo a été informé par la réception que je me trouve en compagnie d’une femme. Il souhaite regagner notre chambre mais je lui demande d’attendre un quart d’heure et de boire un verre sur mon compte. Il marque son accord tout en maugréant.

        Prisonnier du sexe de Nirupama, toutes mes tentatives d‘extractions sont impossibles. Bienheureux dans ce conduit irradié par d’incomparables et délicats mouvements des muscles, mon sexe accepte la béatitude de ce moment privilégié. Je l’avoue sans honte je suis vaincu par cette puissance féminine hors normes et je ne peux qu’accepter cette situation inédite.

        Le téléphone retentit pour la deuxième fois et je ne décroche pas. Au troisième appel, mon ami Eduardo furieux m’informe qu’il regagne notre chambre.

        Nirupama prend conscience des difficultés qui surgissent et décide de me libérer de son cocon protecteur. Elle prend une douche et se sèche dans les essuies de mon ami Eduardo qui arrive en tirant la tête. Nirupama, étincelante a revêtu son sari, a remis ses bijoux.
Elle m’adresse un sourire d’amazone vainqueur des pauvres hommes que nous sommes. Elle me dit : Merci à toi d’avoir voulu vivre ce moment...Tu n’oublieras jamais cette nuit même si les traits de mon visage et ma silhouette s’effaceront progressivement de ta mémoire.

        Interloqué, je reste muet et me mure dans un silence pesant alors qu’Eduardo manifeste sa colère en insistant sur mon égoïsme. Cette journée qui avait mal débuté se termine par une nuit inoubliable grâce à la volonté d’une femme inconnue et mystérieuse dont j’ignorerai toujours les motivations. Nirupama a laissé une trace unique et profonde, incomparable que je ne retrouverai jamais et que je rechercherai vainement dans toutes mes rencontres ultérieures.

 

 

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Au 55ème Festival Royal de Théâtre de Spa, DE DIDEROT AU REALISME SOCIAL ANGLAIS

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Au 55ème Festival Royal de Théâtre de Spa

DE DIDEROT AU REALISME SOCIAL ANGLAIS

deux pièces d’auteurs français contemporains : Jean-Marc Chotteau ainsi que Clément Koch.

A Spa, au Festival Royal de Théâtre, la responsable de l’accueil du public (qui, notons-le, remplit des salles combles) ne se contente plus de nous demander d’éteindre nos téléphones portables.

Sans texte mais très clairement, elle nous apprend que la direction du Festival l’a chargée de répéter que « le Festival est en sursis ».

Pas question d’hypothéquer la qualité mais il a fallu dès lors diminuer, faute de moyens suffisants, la durée du Festival, le nombre de spectacles et celui des représentations, des animations, des formations . . .

Poursuivre dans la voie des restrictions n’est plus possible : cela a une fin.

Mais la direction voit apparaître un espoir dans la composition du Gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles, non pas du fait des formations politiques ou des personnes qui en font partie mais bien parce que pour la première fois une Ministre est chargée à
la fois de l’Enseignement et de la Culture.

L’espoir réside dans la mise en valeur de l’une par l’autre.

Je partage cet espoir mais je reste sceptique : les budgets additionnés ne vont pas augmenter au contraire et le boom démographique d’origine d’abord musulmane concerne certaines des dix-neuf communes bruxelloises mais très peu la Wallonie dont les 
contribuables participent aux refinancements bruxellois.

En outre, la grosse administration de l’enseignement engluée dans les concurrences entre réseaux (qui devraient devenir d’un autre âge) et la maigre administration de la culture ne vont pas être fusionnées mais jalouses de leurs autonomies, risquent de continuer à se mépriser réciproquement.

J’aimerais être démenti par les faits mais je crois que si l’on ne fait pas de nouveaux choix budgétaires comme supprimer les subventions à ce que la Fédération Wallonie Bruxelles n’a pas vocation d’impulser (comme le Kunstenfestival) et cela afin d’avoir les moyens modestes de renégocier des contrats-programmes là où ils ont été laissés en déshérence (Festival Royal de Théâtre de Spa), le sursis se muera en condamnation ferme et définitive, les délais d’appel étant largement dépassés pour remettre en cause
l’autorité de la chose jugée.

Puisse Mme Milquet ne pas poursuivre une voie bruxelloise sans issue et souhaitons en outre qu’à Louvain la Neuve, davantage de coopérations soient recherchées ailleurs en Wallonie et d’abord à Liège, métropole d’un pays dont Spa fait partie.

Ayant ainsi prolongé le propos répété au public à l’accueil de chaque représentation, j’évoquerai brièvement les deux spectacles vus ce dimanche.

 -   o   -

Jean-Marc Chotteau directeur d’un centre transfrontalier de création théâtrale implanté à Tourcoing et Mouscron, a écrit, mis en scène et joue avec Eric Leblanc une pièce librement inspirée du « Paradoxe sur le comédien » de l’encyclopédiste Denis Diderot
selon qui un bon comédien ne peut pas être sensible.

Eric Leblanc incarne Alceste le misanthrope de Molière et s’oppose à Jean-Marc Chotteau qui s’est réservé le rôle d’un professeur qui aurait voulu défendre le point de vue de Diderot.

C’est bien joué par de bons professionnels, c’est souvent drôle mais n’est-ce pas un peu vain et plus anachronique que contemporain ?

-   o   - 

Le Lorrain Clément Koch qui travailla dans l’industrie automobile à Newcastle a écrit une pièce à laquelle il a donné comme titre le nom d’un port anglais sur le mer du Nord : Sunderland (nom qui littéralement signifie pays disjoint, coupé en deux).

Il nous expose, dans un style réaliste, un drame social où suicide, handicap, chômage, pauvreté, téléphone rose, mère porteuse, couple homosexuel, assistante sociale déformée à la sauce de Mrs the Baroness Margaret Thatcher of Kesteven forment un cocktail qui n’est dénué ni d’humanité, ni même d’humour.

Mis en scène par Alexis Goslain, les huit comédiennes et comédiens (cités par le programme sans mention des personnages qui correspondent à chacune et chacun d’elles et d’eux ) réalisent une performance cohérente d’excellente qualité, Sally et Ruby
étant incarnées par des actrices aux talents particulièrement remarquables.

Ce spectacle décrit une crise bien réelle, celle d’un capitalisme sans garde fou mais ne laisse entrevoir aucune alternative collective, seule la solidarité interpersonnelle réduisant quelque peu le caractère désespérant des situations exposées.

Un spectacle intéressant mais pas pour tous les soirs . . .

Jean-Marie ROBERTI

05:36 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 12 août 2014

Feuilleton : Colombo, du marché à la nuit la plus longue par Oncle Bob 2/3

        Même si j’avais du mal à l’admettre, l’incident du marché m’avait choqué et je percevais un début de déprime. Dans ces cas-là je préfère me réfugier dans la solitude pour réfléchir sur le bien-fondé de notre présence et des implications de notre tournage. Bogdan avait bien compris mon désarroi et le besoin de me retrouver avec moi-même. Il avait décidé de passer la soirée en ville avec Patrice et Eduardo et de s’y restaurer.

        Quant à moi, je me retrouve au bar de l’hôtel confortablement installé dans un fauteuil en cuir de l’époque victorienne. Sur une table en acajou, un serveur stylé a déposé un cocktail local que je m’apprête à déguster lorsqu’une créature de rêve vient s’installer en face de moi, arborant un large sourire. Cette femme d’une quarantaine d’années est revêtue d’un magnifique sari. Elle porte un collier et des bijoux en or.

        Son visage régulier et épanoui inspire le respect. Un front large, des lèvres équilibrées rehaussées par un rouge carmin, des yeux noirs, vifs et perçants, une marque symbolique sur le front attestent qu’elle appartient à la caste des commerçants. Je pense immédiatement à ces sculptures de déesses hindoues et à cet érotisme raffiné.

        Elle se présente dans un anglais oxfordien: - My name is Nirupama. It means : l’incomparable in your language. Elle poursuit dans un français hésitant: Je vois en vous un voyageur dont la curiosité est toujours en éveil. Vous avez l’air triste et j’ai envie de vous rendre joyeux. J’imagine que vous avez lu le Kamasoutra et que vous vous en êtes parfois inspiré. Ce que vous vivrez avec moi cette nuit, si vous le désirez, sera une nuit inoubliable. Votre sexe sera marqué à jamais par le contact de mes muqueuses et malgré une quête interminable vous ne retrouverez jamais ce moment unique que moi, Nirupama, ait décidé de vous accorder.

        Ces paroles, ce visage, cette espèce de don de soi sans contrepartie m’interpelle. Je l’informe que je partage ma chambre avec mon collègue Eduardo et que j’ignore l’heure à laquelle il va me rejoindre. Pour Nirupama, cela n’a aucune importance ; il pourra se débrouiller. Je lui suggère de dîner ensemble pour mieux la connaître mais elle refuse et m’incite à rejoindre ma chambre au plus vite.

                   ( à suivre )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

07:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Amour, Cinéma, Culture, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 11 août 2014

Feuilleton : Colombo, du marché à la nuit la plus longue par l'oncle Bob 1/3

 

 

        Mon ami Bogdan m’avait proposé de réaliser un court-métrage consacré à l’île de Ceylan - devenue depuis l’État du Sri Lanka -, axé sur la capitale, Colombo,la fête de la Perahera à Kandy ainsi qu‘une rencontre avec des pêcheurs Tamouls établis sur l’île depuis des millénaires. J’avais accepté car ce serait un avant-goût de l’Inde que je parcourerai plus tard sans caméra. Cette fois l’équipe se composait de quatre personnes dont un étudiant,  Patrice, de la section ‘‘Image‘‘ de l’Insas et un professionnel chilien polyvalent, Eduardo, qui s’occuperait du son.

        Je n’ai pas caché à Bogdan que j’aurais préféré filmer moi-même sans l’intermédiaire d’un caméraman car notre duo performant avait reçu un label de qualité pour notre court-métrage MABUHAY aux Philippines.

        Mon attrait pour la découverte étant plus fort que mes réticences, notre quatuor débarque à Ceylan et s‘installe dans le plus bel hôtel de la capitale, Colombo. Bogdan Leszniak avait l’art de choisir les hôtels les plus raffinés. Ces goûts de luxe relevaient de sa généalogie princière. Le Mount Lavinia hôtel, cet édifice remarquable date de la colonisation anglaise. Situé en front de mer, il a gardé les boiseries et les parquets de l’époque coloniale. On a la sensation de se plonger dans l’histoire de l’Empire Britanique et du tout-puissant gouverneur général aux ordres de Sa Majesté

        J’ai décidé de partir en repérages avec Bogdan et de laisser nos deux équipiers récupérer des fatigues du voyage.

        Nous suivons des arcades pour pénétrer dans le quartier commerçant et au marché de Pettah. De nombreux portefaix attendent les clients. Une foule dense et bigarrée circule en tous sens. J’achète une montre dans une boutique, me l’attache au poignet et insère le billet de cinq roupies remis par le commerçant dans la poche avant de ma chemise. Sortis du magasin, nous déambulons dans la foule. Un personnage revêtu d’une sorte de djellaba blanche tente à plusieurs reprises de prendre mon poignet gauche pour y passer un chiffon destiné à nettoyer la montre; sans doute pour la voler. Je le repousse légèrement et, en revenant vers moi, il saisit le billet de cinq roupies qui se trouvait dans la poche de la chemise. Je parviens à lui coincer le bras en lui disant de remettre ce qu’il vient de prendre. Il commence alors à m’invectiver et à appelle les portefaix à l’aide. Nous sommes rapidement entourés d’une foule menaçante qui se presse et nous incite à libérer le voleur. Je décide de lui lâcher le poignet et il disparaît dans la foule qui peu à peu reprend ses activités.

        Cette première prise de contact avec les réalités cinghalaises est désagréable mais une telle situation pourrait se dérouler dans n’importe quel pays et nous nous réconfortons au bar de l’hôtel avec un thé de Ceylan.

        Nous décidons de ne pas parler de cette mésaventure à nos équipiers tout en les incitants à la prudence s’ils envisageaient une sortie nocturne.

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(à suivre)

 

07:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Amour, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 10 août 2014

« Karl Marx, le retour »

 

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« Karl Marx, le retour »

Enthousiasmant . . .

J’ignorais l’existence de Howard Zinn ce professeur pacifiste de Boston connu pour son oeuvre majeure : "Une histoire populaires des Etats-Unis".

Il a fait éditer en 1999 (il avait 77 ans et est décédé onze ans plus tard) un monologue intitulé : "Marx in Soho" qui concerne le discours que tient le philosophe, économiste et homme politique allemand longtemps exilé dans la quartier londonien de Soho et autorisé
par les autorités célestes à venir s’expliquer pendant une heure face à ses détracteurs plus nombreux encore là où il arrive par erreur administrative : certes à Soho mais à New-York.

Les francophones ignorant la double existence de Soho, l’adaptateur Thierry Discepolo choisit comme titre "Karl Marx Le retour . . . »

Howard Zinn s’explique :
"J’ai écrit cette pièce à une période où l’effondrement de l’Union soviétique générait une liesse presque universelle : non seulement l’« ennemi » était mort mais les idées du marxisme étaient discréditées.
[…] Je voulais montrer Marx furieux que ses conceptions eussent été déformées jusqu’à s’identifier aux cruautés staliniennes.
Je pensais nécessaire de sauver Marx non seulement de ces pseudo-communistes qui avaient installé l’empire de la répression mais aussi de ces écrivains et politiciens de l’Ouest qui s’extasiaient désormais sur le triomphe du capitalisme.
Je souhaite que cette pièce n’éclaire pas seulement Marx et son temps mais également notre époque et la place que nous y tenons. »


La réussite est exceptionnelle.

Ce discours est intelligent, nuancé, souvent très drôle, percutant.
Il ravit celles et ceux qui ne sont pas de droite au point de susciter l’enthousiasme.
Tant de vérité, tant d’humanisme aurait conduit si on le leur avait demandé, les spectateurs à mêler à leurs ovations, le chant de l’Internationale.
Ce spectacle requinque.
J’ai entendu une spectatrice dire en souriant : "Si Elio était socialiste, il engagerait Michel Poncelet pour améliorer le moral des militants de ses sections locales ".
Mais écoutons un moment quelques extraits de ces explications marxistes qui concernent aussi la famille, la religion et bien d’autres sujets.


« Vous vous demandez sans doute comment je suis arrivé jusqu’ici, les transports en commun !
J’ai lu vos journaux.
Ils proclament tous que mes idées sont mortes !
Mais il n’y a là rien de nouveau.
Ces clowns le répètent depuis plus d’un siècle.
[…] J’ai vu les luxueuses publicités dans vos magazines et sur vos écrans.
Oui tous ces écrans avec toutes ces images.
Vous voyez tant de choses et vous en savez si peu.
Personne ne lit-il l’Histoire ?
Quel genre de merde enseigne-t-on dans les écoles par les temps qui courent ?


"Ils prétendent que, du fait de l’effondrement de l’Union soviétique, le communisme est mort.
Ces imbéciles savent-ils seulement ce qu’est le communisme ?
Pensent-ils qu’un système mené par une brute qui assassine ses compagnons de révolution est communiste ?
Scheissköpfe ! . . .
Et ce sont des journalistes et des politiciens qui racontent ce genre de salades !
Qu’est-ce qu’ils ont bien pu faire comme études ?
Ont-ils jamais lu le Manifeste qu’Engels et moi avons écrit quand il avait vingt-huit ans et moi trente ?
Nous y disions qu’"en lieu et place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classe, nous devons avoir une association dans laquelle le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous."
Vous entendez ça ?
Une association !
Comprennent-ils le but du communisme ?
La liberté individuelle !
Que chacun puisse devenir un être humain plein de compassion.
Pensez-vous que quelqu’un qui se prétend communiste ou socialiste mais se comporte comme un gangster comprenne quoi que ce soit au communisme ?
Abattre tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous, est-ce possible que ce soit ça le communisme pour lequel j’ai donné ma vie ?
Ce monstre qui s’est accaparé tout le pouvoir en Russie — et qui a tout fait pour interpréter mes idées comme un fanatique religieux — est-ce qu’il a permis à ses vieux camarades qu’il collait au peloton d’exécution, de lire la lettre dans laquelle je disais que la peine de mort ne pouvait être justifiée dans aucune société se disant civilisée ?
Le socialisme n’est pas censé reproduire les erreurs du capitalisme !
Ici, en Amérique, vos prisons sont surpeuplées.
Qui les remplit ?
Les pauvres.
Certains ont commis des crimes violents, de terribles crimes.
La plupart sont des cambrioleurs, des voleurs, des bandits, des revendeurs de drogue.
Ils croient tous à la libre entreprise !
Ils font ce que font les capitalistes, mais à une plus petite échelle . . .
Savez-vous ce qu’Engels et moi avons écrit sur les prisons ?
« Plutôt que de punir les individus pour leurs crimes, on devrait éliminer les conditions sociales qui engendrent le crime, et fournir à chaque individu tout ce dont il a besoin pour développer sa propre vie. »
D’accord, nous avons parlé de « dictature du prolétariat ».
Mais ni de dictature du parti, ni de dictature du comité central, encore moins de dictature d’un seul homme.
Non, nous avons parlé d’une dictature provisoire de la classe ouvrière.
Le peuple prendrait la tête de l’État et gouvernerait dans l’intérêt de tous – jusqu’à ce que l’État lui-même devienne inutile et disparaisse progressivement.

Voyez-vous cet épisode merveilleux de l’histoire de l’humanité, la Commune de Paris ? . . . 

Les gens étaient réunis vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans toute la ville, par groupes de trois ou quatre, prenaient les décisions ensemble pendant que la ville était encerclée par les armées françaises, menaçant de les envahir à tout moment . . .
Voilà la véritable démocratie !
Pas les démocraties anglaises ou américaines, où les élections ne sont que du cirque, où, quel que soit le candidat qui gagne, les riches continuent de diriger le pays . . .
La Commune de Paris ne vécut que quelques mois.
Mais elle fut la première assemblée législative de l’histoire à représenter les pauvres.
Ses membres refusèrent des salaires supérieurs à ceux des ouvriers.
Ils réduisirent les horaires des boulangers.
Et ils réfléchirent au moyen de rendre les théâtres gratuits . . . »
Ajoutons cette phrase qu’au siècle dernier Zinn prêtait à Marx homme du siècle précédent mais dont l’actualité nous semble évidente :
« La guerre pour soutenir l’industrie, pour rendre les gens tellement fous de patriotisme qu’ils en oublient leur misère.
Des fanatiques religieux pour promettre aux masses que Jésus va revenir.
Je connais Jésus.
Il n’est pas prêt de revenir . . . »

 


Qui incarne Marx ?
Un citoyen de Jandrain Jandrenouille, Michel Poncelet qui aura 56 ans le mois prochain et qui depuis un tiers de siècle s’affirme professionnellement à Bruxelles.
Il signe ici une création marquante donnant une réelle crédibilité au personnage historique de Karl Marx.
Cette grande performance individuelle a été rendue possible par une demi-douzaine de collaborateurs de la Compagnie productrice PEG Logos : Fabrice Garden metteur en scène « juste » (comme je les aime : qui sert le texte et ne s’en sert pas), la créatrice du costume Béatrice Guillaume et plus rare de la barbe Véronique Lacroix (barbe qui a réussi à être - à son avantage - comparée avec les photos de Marx) éclairage, son et régie étant assumés par Daniel Scahaise, Laurent Beumier et Nicolas Fauchet.

 


Après les trois représentations spadoises de ces 8 et 9 Août et celle du Karreveld à Bruxelles le 10 Août, huit représentations sont programmées au début de l’an prochain au Blocry à Louvain la Neuve les 15, 16, 17 et deux fois le 20 Janvier 2015 et aux Riches Claires à Bruxelles les 10 et 23 Janvier ainsi que le 5 Février 2015.

 


Quand j’écoutais Michel Poncelet, je voyais des affiches qui de manière prémonitoire illustraient à la fin des années 1960 plusieurs des thèmes traités pour décrire les préoccupations de Karl Marx.
Ces affiches furent des créations de mon ami Philippe Gibbon né à la vie militante en 1968 et devenu en Wallonie un des plus talentueux artistes aux multiples facettes illustrées en 2008 par une rétrospective en l’église Saint-André. Philippe m’a fait parvenir des reproductions en taille réduite de cinq de ces affiches :
  - en août 1968, un tête de Marx disant ce qu’il pense aux Brejnev, Ulbrich, Kadar et autres Gomulka ayant acquiescé à l’écrasement sous les chenilles des chars soviétiques des militants du Printemps de Prague

  

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  - en 1969, la re-création d’une affiche du syndicat CGIL ramenée de l’automne chaud italien : "LES PATRONS SONT-ILS INDISPENSABLES ? » (ces dessins et ce lettrage de Gibbon ayant été repris en de multiples langues (la dernière fois par des anarchistes russes). Nul doute que cela aurait plu à l’exigence de vulgarisation que Madame Marx souhaitait imposer à son époux.

  

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   - en 1971, une affiche citant Engels pour célébrer le centenaire de la Commune de Paris

 

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   - un clin d’oeuil, Marx assis demandant « Eh bien, mes cocos, vous y mettez du temps ! »

 

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 Je persévère et je signe : oui ce retour de Karl Marx est enthousiasmant.
Par contre, je n’ai pas du tout été convaincu par la fresque de l’évolution pendant un siècle et demi d’une usine métallurgique bourguignonne, fresque souvent vaudevillesque, établie au départ de témoignages recueillis par un des comédiens (originaire du village dominé par cette usine) et mis à la disposition de l’auteur metteur en scène.
Ces "Métallos et dégraisseurs" produits par la Compagnie Taxi-Brousse sont pétris de bonnes intentions et nécessitent beaucoup d’efforts.
Ils ne méritent pas que je détaille le fait que je n’ai pas accroché du tout à ce spectacle.

 

Jean-Marie Roberti

15:12 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 08 août 2014

AVEC « L’ECOLE EST FINIE ! » DE DOPAGNE, LE FESTIVAL DEBUTE EN MODE MAJEUR.

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AVEC « L’ECOLE EST FINIE ! »  DE DOPAGNE, LE FESTIVAL DEBUTE EN MODE MAJEUR.

Pendant huit soirées le 55ème Festival royal de théâtre propose à Spa quatre représentations et lors de trois autres fins de journée, il en offre trois (sans comptabiliser les spectacles reprogrammés parce que trop tôt complets).

Avant d’évoquer les deux représentations auxquelles nous avons assisté lors de la soirée d’ouverture, répondons à la question que nous avions posée : le co-directeur Armand Delcampe qui aura 75 ans le 11 Août n’avait pas (75 – 55) vingt ans lors du premier festival car celui de 1959 fut suivi par l’annulation de celui de 1960, cette 55ème édition ayant donc lieu 56 ans après la 1ère . . .

 

LE TRIO DOPAGNE, VAN SNICK, STRUVAY

Le Namurois Jean-Pierre Dopagne latiniste distingué et prof’ de français (déjà retraité alors qu’il n’aura 62 ans que ce 10 Août) a écrit une quinzaine de pièces dont, il y a vingt ans, « L’enseigneur » qui fut créé par l’exceptionnel von Sivers, traduit une quinzaine de fois et joué à des milliers de reprises à travers le monde.

 

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Jean-Pierre Dopagne

 

La création ce mardi 5 Août à Spa, en présence de l’auteur et des co-directeurs du Festival,  de « L’Ecole est finie ! » constitue, elle aussi, un moment important pour le théâtre français en Wallonie car il s’agit d’une œuvre sincère, juste, dénonçant un laisser faire, laisser aller qui, loin de ne concerner que quelques maîtres grincheux, conduit, par manque de rigueur, les jeunes  - y compris celles et ceux qui devraient apprendre à former les générations suivantes – à ne plus apprécier de grands textes littéraires d’hier et d’aujourd’hui.

L’Ecole  – avec un grand E – est finie,  les profs pourraient ne plus se reproduire et choisir d’avorter si la médiocrité ambiante, la commercialisation des facilités les moins intéressantes se généralisent.

Cette dénonciation est aussi un appel à réagir.

Ce n’est pas en accordant des très bien à ce qui est nul que nous y parviendrons.

Caroline nous conte sa cahoteuse accession au professorat en sa langue maternelle.

Sa démonstration, l’auteur la confie pendant quelque 80 minutes à une jeune comédienne seule en scène où ses qualités sont mises en valeur par l’expérience de l’art dramatique que confirme la co-directrice du Festival.

Sortie première de sa promotion du Conservatoire Royal de Mons, Chloé Struvay trouve ici un rôle à sa mesure.

 

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Naturelle, sympathique jusque dans ses contradictions, elle joue juste, sans exagération ni hésitation, sans effort apparent non plus.

Elle possède son rôle et parcourt sans fausse note le registre des émotions passant du souriant au grave, de l’indignation à la résignation.

Bref une belle performance préparée avec et grâce à Cécile Van Snick qui a su servir l’auteur et la comédienne, le texte et la cause qu’il défend sans chercher à s’en servir comme le font trop de metteurs en scène.

 

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Ce trio aime ce qu’il fait et le fait bien.

Il s’avère convaincant car convaincu.

L’Ecole mérite d’être défendue avec sa majuscule.

Ce spectacle d’ouverture s’avère vraiment digne d’un festival prestigieux qui cette année a fait le choix exclusif du contemporain.

 

MAIS IL N’Y A RIEN DE BEAU ICI !
 
Nous nous attarderons moins au second spectacle que nous avons vu avant d’aller disserter de la capitale de l’Etat mexicain du Chiapas avec l’inaltérable Bourgmestre de la Ville de Spa l’octogénaire et souriant Joseph Houssa mais en l’absence de la bruxelloise nouvelle Ministre de la Culture Mme Joëlle Milquet et même du nouveau ministre du budget de la Fédération Wallonie Bruxelles, le Brabançon wallon André Flahaut pourtant proche d’Armand Delcampe.

Le couple Geneviève Damas Jean-Philippe Collard-Neven raconte ses expériences de la vie multiculturelle au sein de la commune de Schaerbeek, existence désorientée mais riche de découvertes.

L’esprit est positif, la démonstration anecdotique.

Volontiers photographe et musicien, Jean-Philippe Collard-Neven, n’est pas toujours parfaitement intelligible dans son expression verbale.

Ce témoignage est pavé de bonnes intentions ce qui ne suffit pas à pérenniser une œuvre intitulée « Mais il n’y a rien de beau ici ! » appréciation policière répondant à l’intérêt manifesté photographiquement par l’auteur principal d’un duo où le rôle de la comédienne est le plus important.

 

Jean-Marie Roberti 

 

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15:11 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg