jeudi, 07 août 2014

Feuilleton : ATTENTAT À MINDANAO par Oncle Bob 3/3

       L’angoisse nous saisit. Le dessert ne passe pas. Le serveur a été s’informer. Il nous informe qu’un attentat a eu lieu sur le ponton du bord de mer, détruit en grande partie. D’après les autorités militaires, il s’agirait d’un attentat de rebelles qui n’ont pas apprécié la visite de journalistes européens, coupables d’avoir filmé un cimetière musulman. La barque d’un badjao a été retrouvée incendiée.

       Ikaw et ses enfants sont-ils toujours en vie? Qui sont les responsables de cet attentat? Les rebelles ou les militaires? Une question qui restera sans réponse. Nous décidons de quitter Zamboanga et Mindanao dès le lendemain.

       Enrique Santos nous accueille à Manille et s’empresse de dire:‘‘-Aux Philippines, les nouvelles traversent l’archipel à la vitesse d’un éclair. Vous ne m’avez pas écouté, avez été imprudents …  Je connais votre parcours“

       Enrique nous surprend agréablement en nous offrant une série de photos du périple à Manille et chez les Ifugaos. La qualité artistique et technique des agrandissements est remarquable. Nous félicitons notre photographe et le remercions. Je ne peux m’empêcher de lui dire;-‘‘ Enrique, tu as été un guide parfait et un excellent photographe. Ce sont tes meilleurs rôles. Tu en possèdes d’autres, plus secrets. Préserve et développe ton sens artistique; ce sont les meilleures armes que puisse posséder un homme“.

FIN DU RÉCIT "ATTENTAT À MINDANAO" - © Auteur ; ROBERT LOMBAERTS

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mercredi, 06 août 2014

Feuilleton : ATTENTAT À MINDANAO par Oncle Bob 2/3

        Si la traversée s’effectue sans problèmes, notre arrivée au ponton s’avère plus délicate. Une dizaine d’hommes armés de mitraillettes nous attendent. Un projecteur nous aveugle. Nous récupérons notre sac de matériels qui sont fouillés puis confisqués.

       Un gradé se présente, le commandant Diaz, cassant mais poli, parlant parfaitement l’anglais et l’espagnol. Il est grand, les traits métissés et fait singulier, possède des yeux bleus. Il nous demande de patienter, puis se dirige vers notre compagnon de voyage, Ikaw.

       La discussion engagée est assez violente et je distingue nettement que notre badjaodonne une liasse de billets verts au Commandant qui le laisse repartir. En regardant Bogdan, je lui demande s’il possède encore des dollars sur lui. Bodgan , homme minutieux , prudent, sait parfaitement gérer les sommes mises à sa disposition. Il m’indique qu’il a conservé des photocopies de nos autorisations, les pièces d’identité et des dollars dans une pochette imperméabilisée qu’il conserve sous la chemise. Un peu plus rassuré nous montons dans l’une des jeeps du commandant Diaz qui nous emmène à la caserne où stationnent les forces armées qui combattent les rebelles.

        L’interrogatoire est correct mais Diaz ne comprend pas notre démarche : filmer un cimetière musulman sur un ilot n’a aucun sens pour lui. Il vitupère cette communauté. Sa généralisation concernant la violence des musulmans nous pèse. L’envie me taraude de lui rappeler l’inquisition en Europe et la violence espagnole dans son propre pays mais la sagesse m’incite au silence. Bogdan en présentant toutes nos autorisations et une lettre personnelle du Ministre de l’Intérieur modifie les réactions de notre interlocuteur dont le ton devient aimable.

       Nous aurions dû le consulter avant notre traversée car les badjaos sont souvent les agents de renseignements des rebelles et nous aurions pu être pris en otage. Il va nous reconduire personnellement à notre hôtel tout en souhaitant une prudence accrue. Le commandant Diaz détient du pouvoir et à l’art de s’en servir. Il a déjà subtilisé des dollars au pauvre piroguier et a l’audace de demander à Bogdan de lui donner un peu d’argent pour mettre de l’essence dans son véhicule.

       Nous ne sommes pas dupes. La corruption existe sous toutes les latitudes et tous les continents. Bogdan a le courage de refuser sous le regard courroucé de l’homme dont les yeux bleus ont viré au gris sombre. Sans nous saluer, le commandant Diaz démarre en trombe pour rejoindre sa caserne. Bon débarras.

       Après ce retour chaotique nous nous relaxons sur la terrasse du restaurant de l’hôtel en dégustant des turo turo sortes de tapas en entrée. Le plat national, l’adobo confectionné avec du poulet du porc et des calamars accompagnés de légumes vinaigrés ravit mes papilles. Bogdan apprécie le lapu lapu, spécialité de poisson grillé servi avec une sauce soja et de l’ail.

       La fin du repas s’achève au moment où éclate une violente explosion suivie de flammes et de fumées qui viennent du bord de mer.

             ( à suivre )

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mardi, 05 août 2014

Feuilleton : ATTENTAT À MINDANAO par Oncle Bob 1/3

carte plus minda.jpg      

L'Archipel des Philippines compte plus de sept mille îles et de nombreux ilots. Nos trois semaines de tournages nous obligeaient à limiter nos visites aux sites les plus importants, recommandés par Enrique, notre délégué de l’office du tourisme. Après Luzon (capitale Manille), puis Cebu et Palawan, nous avons terminé notre parcours dans le sud de l’archipel, d’abord à Davao et enfin à Zamboanga. Cette ville, dont le nom signifie ‘‘la cité des fleurs‘‘, se situe au sud-ouest de l’île. Carrefour économique vers d’autres pays asiatique; l’île a intégré un flux de migrants malaisiens et indonésiens. Dès le 15ème siècle des prédicateurs musulmans issus de ces pays et aussi originaires d’Inde répandent la parole coranique.

        C’est ainsi que la communauté musulmane finit par former une forte minorité d’habitants. Les relations sont difficiles tant avec les autres religions qu’avec le pouvoir politique. Le gouvernement central du Président Marcos décrètera la loi martiale qui durera neuf ans, suite aux massacres de Jadbah et Manili. Cette loi vise non seulement les musulmans mais aussi les communistes. Entre les Moro (musulmans), les Settlers (catholiques) et les Lumad (indigènes) les conflits intercommunautaires sont violents et l’armée philippine est omniprésente. Le mouvement indépendantiste des Moro, même muselé, parvient encore à commettre des attentats. Enrique, nous avait mis en garde contre les rebelles qui se fondaient dans la population.

       Notre envie de filmer des activités ont guidé nos pas vers un vaste ponton qui s’enfonce dans la mer. Sur ce lieu, qui sert aussi d’embarcadère pour les pêcheurs et les piroguiers en quête de touristes, les enfants s’amusent à plonger pour récupérer des pièces de monnaie. Eclats de rire, clapotis des vagues, départ de piroguiers pour la pêche; autant de petites touches impressionnistes qui donnent de la vie aux images. Tout ici respire le bonheur de vivre et les habitants logés sur des maisons sur pilotis nous adressent de joyeux : hello kano ..!!!!

       Un homme s’approche et nous interpelle dans un anglais approximatif. La communication s’établit et il m’apprend qu’il fait partie d’une communauté nomade, les badjao. Il s’appelle Ikaw badjao et, dans son ethnie, le nom de famille est unique: badjao. Ikaw, nomade sédentarisé, vit de pêche, de vente de coquillage et du tourisme. Suite aux multiples incidents intercommunautaires et à une guérilla toujours présente les touristes sont rares et il est heureux de nous aider pour quelques dollars à découvrir un lieu qu’il n’a jamais montré à des étrangers.

       Cet homme ouvert, sympathique, nous suggère de passer la fin de la journée sur un îlot désert où il n’y qu’un cimetière musulman. Il nous propose de filmer cet endroit unique ; puis de profiter des joies d’un barbecue impromptu et d’un repos bien mérité. Confiant, Bogdan lui donne de l‘argent pour nous ramener du marché des aliments et des boissons. En attendant son retour, nous replions notre matériel, prêts à embarquer pour l’ilot que nous appellerons l’ilot Moro. Ikaw accompagné de deux de ses enfants rapporte des langoustes toujours vivantes, du poisson fraîchement pêché, des bouteilles de san miguel et des boissons sucrées.

       Nous prenons place sur son bateau pour gagner cet ilot paradisiaque à un quart d’heure de navigation de l’embarcadère. Une plage de sable de corail rose s’offre à nous dans un lagon à l’eau transparente.

    Sur une gigantesque dune de sable reposent des centaines de tombes marquées par des piquets en bois sur lesquels se trouvent parfois des panneaux où des noms usés par le temps sont devenus illisibles. Les corps revêtus d’un linceul reposent en paix, tournés vers La Mecque, dans ce lieu tranquille, marqué seulement par l’humide chaleur tropicale.

Les prises de vues terminées, un délicieux repas nous attend. Ikaw et les siens ont préparé les langoustes et les poissons grillés accompagnés d’une sauce vinaigrée, aillée et épicées. Un pur délice.mindanao paix.jpg La chaleur est tellement insupportable que le lagon reste le seul endroit tempéré où se réfugier. L’eau y atteint presque la température corporelle. Bogdan et moi, plutôt terriens, passons plus de quatre heures dans ce bain chaud en observant la faune et la flore marine tout en dégustant des bières fraîches. Ikaw nous incite à retourner à notre point d’embarquement car la nuit tombe vite et il ne pourrait pas assurer notre sécurité.

               ( à suivre )

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lundi, 04 août 2014

Spa, « L’ECOLE EST FINIE »

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CE MARDI LE 55ème FESTIVAL ROYAL DE THEATRE DE SPA S’OUVRE EN CREANT LA PIECE DE JEAN-PIERRE DOPAGNE « L’ECOLE EST FINIE »

Depuis 16 ans ce Festival (fondé en 1959 par Jacques Huisman et le Théâtre National de l’époque) est dirigé par Armand Delcampe et Cécile Van Snick liés eux à l’Atelier-Théâtre de Louvain-la-Neuve.

Nous avons annoncé il y a quelques semaines (sur l’air de « Tout va très bien… ») en 11 jours et 5 lieux, la programmation de 41 représentations (il y en aura davantage quand ce sera possible là où les réservations ont dépassé les disponibilités) de 18 spectacles par autant de compagnies dont 5 créations.

Nous vous renvoyons vers le site http://www.festivaldespa.be mais Pierre André nous ayant cette année aussi ouvert son blog « Liège 28 » dont la (bonne) réputation n’est plus à faire.

Nous vous livrons les choix que nous avons effectués et nos prévisions de publication de nos comptes rendus que nous espérons positifs sans exclure cependant d’éventuelles remarques critiques pour rester fidèles à l’esprit de Beaumarchais pour lequel « sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ».

Nous désirons aller cinq jours à Spa voir dix spectacles, assister à deux rencontres et, en clôture, à un débat avec le public et à un concert.

Il y a vingt ans Jean-Pierre Dopagne présentait à Spa la pièce qu’il avait écrite sur base de son expérience professionnelle : « L’enseigneur ou une ombre au tableau » qu’incarnait l’exceptionnel comédien qu’est Alexandre von Sivers dans une mise en scène de Pierre Fox.

Résultat : une bonne vingtaine de traductions et bien plus de 5.000 représentations.

C’est dire « vingt ans après » avec quel intérêt est attendue la nouvelle pièce de Dopagne qui ouvrira ce 55ème Festival dans une mise en scène de la directrice Cécile Van Snick et une interprétation de Chloé Struvay.

Voici donc notre calendrier en cette première moitié du mois d’août :
- le mardi 5 « l’école est finie » puis « il n’y a rien de beau ici » présentés dans Liège 28 la nuit du 6 au 7
- le vendredi 8 rencontre de Patrick Grégoire auteur et metteur en scène de « Métallos et dégraisseurs » et avant la représentation de ce spectacle, la pièce « Karl Marx, le retour », commentés dans Liège 28 la nuit du 9 au 10
- le dimanche 10 rencontre de Jean- Marc Chotteau adaptateur et metteur en scène d’une pièce inspirée de Diderot : « La Comédie du Paradoxe » (plutôt que le paradoxe du comédien conçu par l’encyclopédiste français) et en outre Sunderland programmés dans Liège 28 la nuit du 11 au 12
- le mardi 12 « La danse du fumiste » et « Discours à la Nation » dont nous parlerons dans Liège 28 la nuit du 13 au 14
- enfin le vendredi 15 (et dans la nuit du 16 au 17 dans Liège 28) la rencontre avec le public, les pièces « No sport » et « Le triomphe du singe araignée » et si nous ne sommes pas trop fatigués le concert de Mariana Tootsie et des « Chéris d’amour » (pop-jazz mâtiné de soul . . .)

Il me reste à poser quelques questions : quel fut en dix ans le nombre de présences au Festival de théâtre de Spa de Madame la Ministre de la Culture Fadila Laanan ?

Le transfert de cette Anderlechtoise comme Ministre de la Propreté Publique de la Région de Bruxelles-Capitale se justifie-t-il en fonction des sphères d’intérêt qui sont les siennes ?

La Bruxelloise qui lui a succédé au département de la Culture Madame Joëlle Milquet fera-t-elle mentir son surnom de Madame Non en recevant une invitation à Spa ?

Le nouveau ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles contribuera-t-il à concrétiser des modifications nécessaires comme celle que nous préconisons en inversant les subventions au Festival spadois et au KunstenFestival bruxellois ?

Enfin sachant qu’Armand Delcampe entrera dans son quatrième quart de siècle le second lundi du 55ème Festival de Spa comment se fait-il qu’alors que 75 moins 55 égalent 20, celui qui prit la responsabilité du Festival en 1999 n’avait pas encore vingt ans lors de la fondation de celui-ci par Jacques Huisman ?

Ou bien vous trouverez immédiatement la réponse évidente ou bien je vous la donnerai ici même mercredi soir.
 
Jean-Marie ROBERTI

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Feuilleton : CEBU : MAGELLAN, LAO TSEU ET CHUANG MU par Oncle Bob 3/3

       Je propose à Chuang Mu une invitation à dîner pour la remercier de nous avoir pris en charge. Elle accepte tout en précisant qu’elle doit rentrer dans le cocon familial avant minuit. Après un agréable repas, je lui suggère de terminer la soirée avec un thé vert sur la terrasse de ma chambre. C’est l’occasion pour moi d’être à l’écoute de sa vie d’étudiante sur l’un des quatre campus de l’Université San Carlos, un établissement créé par les jésuites espagnols. Après la deuxième guerre mondiale, cette Université s’inspire des modèles américains et offre donc des diplômes valables en Asie et dans tous les pays anglo-saxons. Chuang Mu souhaite étudier la langue française lorsqu’elle terminera ses études universitaires car elle a toujours éprouvé une fascination pour la France et surtout Paris cette ville mythique.

       Le contact corporel reste toujours mystérieux. Est-ce un aboutissement ou un commencement ? Le plaisir de deux corps qui s’enchevêtrent, s’enlacent, se caressent, s’apprivoisent, mène à une plénitude éphémère. En caressant les seins, petites pommes à la fois dures et tendres de Chuang Mu, je découvre une petite boule dure qui m’inquiète.

       Le passé retrouve le petit garçon de dix ans avec sa mère atteinte d’une tumeur au sein gauche. L’inquiétude est totale et mon père tente de me rassurer en expliquant la différence entre tumeur maligne et bénigne. Ma mère a échappé au pire car la tumeur n’était pas cancéreuse. Ce moment douloureux de l’enfance, je le revis à dix mille kilomètre de distance avec une jeune femme pleine de vie.

       Je me permets de l’interroger sur cette tumeur. Elle n’ignore pas cette petite proéminence. Elle se méfie de cette excroissance mais indique qu’elle n’a pas les moyens de se faire opérer. Cette situation n’est pas tolérable. Je prends ses coordonnées et lui promet d’envoyer la somme nécessaire à l’opération dès mon retour en Europe. Un faible sourire éclaire son visage. Elle me signifie qu’il est temps de me quitter pour rejoindre son domicile.

       Me retrouvant seul le vague à l’âme m’envahit. Je suis trop triste pour en parler à mon ami Bogdan mais décidé à agir. Lors de mon retour en Europe, une lettre m’attend avec la somme à envoyer pour l’opération. J’opère un transfert bancaire. Six mois après cet envoi, je reçois une enveloppe de Cebu. Sur une carte postale du Temple taoïste, ma déesse chinoise des plaisirs a écrit en français : ‘‘ Tout est OK, Merci, Thanks,谢谢

FIN DU RÉCIT "CEBU : MAGELLAN, LAO TSEU ET CHUANG MU" - © Auteur ; ROBERT LOMBAERTS

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dimanche, 03 août 2014

Feuilleton : CEBU : MAGELLAN, LAO TSEU ET CHUANG MU par Oncle Bob 2/3

       Le matériel installé, je peux filmer cette ville portuaire qui a été longtemps la première capitale de l’archipel philippin. Bogdan me touche légèrement l’épaule et m’incite à me retourner. Une jeune fille souriante regarde notre tournage avec intérêt. Elle s’approche lentement et demande si nous souhaitons visiter le temple de Lao Tseu.

       Nous apprenons qu’elle est étudiante en philosophie et qu’elle peut pallier notre ignorance en matière de taoïsme. Je me réjouis de cette rencontre car mon premier diagnostic est positif. Voilà une fille intelligente qui va nous apprendre les rudiments d’une pensée ancienne toujours vivante. Notre guide s’appelle Mademoiselle Chuang Mu. Toujours curieux de la signification des noms, je lui demande le sens de son nom. Elle nous avoue, un peu gênée, que Chuang Mu, signifie: la déesse chinoise des plaisirs. Bogdan et moi échangeons des regards complices. Sous le charme duquel d’entre nous mademoiselle Chuang Mu tombera-t-elle?  Nous évacuons très vite nos fantasmes et nous gravissons les marches qui mènent au temple. Chuang Mu nous explique qu’une partie de la population de l’île est d’origine chinoise et que certains Chinois suivent encore la voie de Lao Tseu.

       Lao.jpgPersonnage réel ou mythique, il aurait influencé Confucius. Les représentations iconographiques le montrent sur un trône où sur le dos d’un buffle. Une longue barbe blanche, une large robe richement ornementée, colorée; un éventail dans les mains. Notre guide nous raconte que les anciens sont persuadés qu’une comète à ensemencé la mère du vieux sage alors qu’elle était assise sous un prunier. Il est né vieux et sage .Elle nous explique que son enseignement relève d’une culture de lettré. En montant les marches qui nous mènent au temple, Chuang Mu explique qu’à chaque marche correspond un chapitre des écritures taoïstes. Lao Tseu a marqué les esprits par ses paradoxes. Pour notre plus grand plaisir, Chuang Mu nous en livre quelques-uns: ‘‘ La faiblesse et plus forte que la force ‘‘, Savoir se contenter de ce que l’on a, c’est déjà être riche“ et enfin ‚‘‘ On façonne l’argile pour en faire des vases mais c’est du vide interne qu’en dépendent les usages ‘‘.

       Le livre de la Voie met en valeur le Yin et le Yang. La numérologie est aussi intégrée dans la pensée. Le nombre cinq marque les énergies, les éléments, les couleurs et les directions. L’enseignement de Lao Tseu manifeste la volonté d’atteindre l’harmonie. Il n’y a ni dieu, ni maître. Chacun doit trouver sa voie et suivre son chemin. Les règles sont librement consenties. Ici pas de tyrannie de la foi, ni de prosélytisme. J’ai l’impression que les taoïstes pratiquent une éthique libertaire. Cela me rappelle la citation d’Elisée Reclus, géographe et anarchiste, fondateur de l’Université libre de Bruxelles affirmait : ‘‘l’anarchie est la plus haute expression de l’ordre‘‘. Se gérer soi-même en parfaite harmonie avec les autres constitue le fondement même de la pensée libertaire qui rejoint ainsi la pensée taoïste.

       Après de multiples prises de vues, notamment le gigantesque dragon polychrome situé devant le temple et la réplique miniature de la muraille de Chine qui le protège, je filme la vue imprenable des îles Mactan et Bohol. Nous partageons nos bouteilles d’eau avec notre guide. L’heure est au silence et à la méditation car le soleil rougeoyant descend rapidement à l’horizon. Les brouhahas de la ville nous parviennent faiblement tandis que le son d’un gong transperce l’air pour rejoindre les ancêtres avant de se fondre dans la nature.

               ( à suivre )

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mardi, 29 juillet 2014

1914 viol d'une neutralité

        Depuis 1839 et une confirmation en 1870, le Royaume de Belgique a vécu sous un régime de neutralité garantie par les Puissances. Certes, au sein du gouvernement, il y a un ministère de la Guerre mais l’armée est composée de miliciens tirés au sort. Il est permis à qui a tiré un mauvais numéro de se faire remplacer moyennant finances – 1000 à 1600 francs, fin 19ème – par quelqu’un qui en a tiré un bon. Celui-ci connaît ainsi durant au moins 15 mois, la promiscuité et l’immoralité (le 19ème est prudissime) des casernes. Le mardi 14 décembre 1909, Léopold II signe la loi organisant le service militaire personnel. Cette loi a été votée le vendredi 12 novembre  1909 par une majorité circonstancielle groupant l’opposition libérale et socialiste et des députés catholiques. Le chef de file des conservateurs de droite, CharlesWoeste reproche au premier Ministre François Schollaert de passer à gauche avec armes et bagages.

        La neutralité a eu un coté quelque peu euphorisant. Pour preuve, cette déclaration du mardi 6 juin 1899, du Président de la Chambre, Auguste Beernaert, à la 1ère Conférence de la Paix à la Haye : Quant à la Belgique, vous le savez, sa situation est spéciale. Elle est neutre et cette neutralité est garantie par les grandes puissances et notamment par nos puissants voisins. Nous ne pouvons donc pas être envahis.

        D’autres parlementaires sont moins naïfs. Au lendemain de la deuxième Conférence de la Haye, un rapport parlementaire précise : Pour observer la neutralité, un État doit non seulement s'abstenir de prendre part directement aux conflits entre d'autres États, mais encore veiller au maintien de l'intégrité de son territoire et empêcher que les belligérants en usent dans un but hostile, soit pour y faire des incursions, soit pour le traverser. Le devoir imposé au neutre de défendre sa neutralité n'est donc ni moins formel ni moins impérieux que celui qui impose le respect de la neutralité au belligérant.

        Tirant les leçons de la guerre franco-allemande de 1870, le gouvernement belge décide d’accroître la défense du Réduit d’Anvers de nouveaux forts et de faire de Liège et de Namur des positions fortifiées. Le lieutenant-général Henri-Alexis Brialmont est chargé de l’exécution de cette tâche. Il dépasse le budget alloué et a l’audace de demander des crédits pour construire un treizième fort à Lixhe. Refus du Parlement. Réplique de Brialmont : Messieurs, vous en pleurerez des larmes de sang...De fait, le mardi 4 août 1914, la trouée de Visé a permis aux hussards de la mort de franchir la Meuse en aval de cette ville dès les premiers jours de guerre.

        Au moment de son accession au trône le jeudi 23 décembre 1909, le Roi Albert sait que la neutralité belge est menacée. Le lundi 11décembre 1911, son oncle, le Roi Carol 1er de Roumanie confie à son représentant le miracle de 1870 ne se renouvellera pas. La Belgique doit avoir à sa  disposition des troupes importantes si elle veut éviter le pire (…) Vous mériteriez une raclée pour vous apprendre à faire les sacrifices nécessaires. D’origine allemande, Carol 1er est peu ou prou au courant des plans de l’État-Major allemand établi sous la direction du comte von Moltke, plans prévoyant un droit de passage sur le territoire belge.

        Averti des confidences roumaines, Charles de Broqueville – Chef de Cabinet depuis le samedi 17 juin 1911 – porte toute son attention aux questions militaires. Le mardi 12 novembre 1912, il prend en charge le ministère de la Guerre. Les débats parlementaires de 1913 aboutissent au vote de la Loi de Broqueville instituant le service militaire personnel, généralisé, obligatoire. Une réorganisation du commandement des armées est en cours. En janvier 1914, l’ancien responsable de l’éducation militaire du Prince Albert, héritier présomptif du Trône depuis la mort de son frère Baudouin le mercredi 21 janvier 1891,   le lieutenant-général Gérard Leman est nommé commandant de la position fortifiée de Liège et de la 3e division d'armée.

        Ces bouleversements de la politique belge ne changent guère l’opinion de l’Attaché militaire près de la Légation de France, le colonel Eugène Génie qui le 12 novembre 1912 a écrit : le gouvernement catholique de Bruxelles ne manque aucune occasion de manifester sa partialité contre la France en faveur de l’Allemagne. Quelques mois plus tôt – le mercredi 21 février 1912 exactement – le général Joseph Joffre, partisan de l’offensive à outrance, a préconisé au Quai d’Orsay une entrée préventive de l’armée française en Belgique.

        Le mardi 4 novembre 1913, le comte de Rethy – c’est sous ce nom évoquant des terres campinoises dont son père Philippe a hérité de Léopold Ier que le Roi Albert voyage incognito – se rend à Lunebourg, en Basse-Saxe, où est cantonné le 2ème Régiment des dragons prussiens. Le Roi Albert est, en effet, le colonel en chef de ce Régiment tout comme l’a été son oncle Léopold II. Après avoir inspecté ses troupes, il gagne Postdam où l’Empereur Guillaume II de Hohenzollern le reçoit à dîner, un dîner familial, le 5 novembre. Le jeudi 6, promenades et de nouveau un dîner mais de gala cette fois en l’honneur du Souverain belge.

        À l’issue de ce repas,  conversation prolongée entre le général von Molkte, le visage dur, et Albert, l’air troublé. Le soir, de retour à Berlin, le Roi prie son ministre Eugène-Napoléon Beyens de passer le voir le lendemain matin. Le vendredi 7, dans le parc de Thiergarten, Albert raconte ses entretiens avec l’Empereur qui est convaincu que la guerre avec la France excitera en Allemagne un enthousiasme universel ! Soucis royaux, Beyens demande l’autorisation de rapporter, en toute discrétion, ces propos à son collègue français Jules Cambon. Prenant congé de son ministre, Albert précise ne manquez pas d’aller voir Monsieur Cambon ! Réaction de celui-ci : l’Empereur conseillait à la Belgique d’être sa complice si elle ne voulait pas être sa victime.

        Les archives de Liège 28 (cfr 2 août2009, 1 septembre 2009 et 12 septembre 2009) retracent ce qui s’est déroulé en juillet et août 1914 tant à Bruxelles qu’en région liégeoise.

        Notre article risque d’être incomplet s’il ne signale pas que mardi 4 août 1914 - date de l'enterrement de Jaurès - marque le début de la réalisation de la prophétie datant de 1778 de l’Impératrice Marie-Thérèse d’Autriche : La monarchie des Hohenzollern sera un jour la source de malheurs infinis non seulement pour l’Allemagne, mais aussi pour toute l’Europe ! 

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Feuilleton : CEBU : MAGELLAN, LAO TSEU ET CHUANG MU par Oncle Bob 1/3

        C’est en équipe réduite que nous nous sommes rendus dans l’île de Cebu, située à près de six cents kilomètres de Manille. Enrique, notre mentor était resté dans la capitale pour accueillir d’autres équipes de tournages.

       Il nous avait conseillé de filmer quelques lieux historiques et si cela nous intéressait de prendre quelques images du temple taoïste de Cebu. Il nous a recommandé la prudence lorsque nous quitterions Cebu pour l’île de Mindanao, notamment Zamboanga, où sévissaient des terroristes musulmans. L’île de Cebu a été conquise par Ferdinand Magellan, ce navigateur portugais, porteur du virus colonial espagnol et du catholicisme. Il scelle une alliance provisoire avec le roi Humabon. Ce dernier fera volte-face après la mort de Magellan suite à une bataille dans l’île de Mactan, en face de Cebu. Le navigateur y perd la vie et sa flotte est décimée.

       Santo Cebu.jpgLa croix de Magellan et l’image de Santo Nino restent des reliques de cette période tourmentée. Cette statue de l’enfant saint, datant du 16ème  siècle, a été sculptée par des artistes flamands. Lors d’une révolte des habitants contre l’occupant, les Espagnols ont incendié une grande partie de la ville. Dans les décombres, la statue de l’enfant jésus est indemne. Miracle pour les colons mais aussi pour les populations indigènes. C’est la raison principale pour laquelle cette île est devenue un lieu privilégié des catholiques philippins. Une réplique de la statue se trouve dans la basilique Santo Nino.

       Magellan, cet explorateur qui donnera son nom au détroit, mercenaire de l’époque, recherche non seulement de l’or mais aussi des épices pour les puissants du 16ème  siècle. L’Espagne et le Portugal se partagent alors le monde du commerce et des finances. Aujourd’hui, il ne leur reste que le ballon rond pour tenter d‘ affirmer une suprématie toute relative.

       Bogdan et moi étions insatisfaits des images conventionnelles, d’autant plus que notre arrivée ne correspondait pas aux fêtes locales, colorées, animées par des danses rituelles et des chants, le sinulog, marqué par un mouvement de va et vient au son des percussions. C’est alors que nous avons décidé d’aller filmer le temple taoïste incrusté dans la colline surplombant la ville.

       Une chaleur humide nous accable pendant la montée vers le temple. Nous nous sommes partagés le pied de caméra, la caméra et tous les accessoires ainsi que deux sacs à dos remplis de bouteille d’eau. Lorsque nous arrivons à proximité du temple, le point de vue sur la ville s’avère être un beau plan général pour marquer le début de la visite de l’île.

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jeudi, 24 juillet 2014

Indispensable à qui aime Liège, le Guide architecture moderne et contemporaine 1895-2014.

        À l’instar d’autres grandes villes, Liège dispose maintenant d’un Guide architecture moderne et contemporaine 1895-2014 (1). Le fait est d’importance.  La présentation de l’ouvrage au public s’est faite en la Salle Académique de l’ULg. Les universités belges francophones (ULg, UMons, ULB et UCL) ont tenu à apporter leur concours scientifique aux auteurs Sébastien Charlier – doctorant en histoire, art et archéologie ULg – et Thomas Moor, historien également.

       Dans l’avant-propos, ceux-ci notent que l’architecture moderne et contemporaine reste le parent pauvre de la culture belge francophone. Il en résulte qu’elle demeure largement méconnue – voire rejetée – du grand public autant que de nos élus (…) la régionalisation à l’aube des années 1980, évolution propre à l’histoire belge, a puisé en Wallonie les ressources de sa légitimation (…) dans une valorisation sélective du patrimoine, ciblant prioritairement le bâti antérieur à la période que couvre ce guide (…) Il est significatif qu’aucun département ou direction de l’architecture n’ait été mis en œuvre lors de ces réformes de l’État – a contrario du patrimoine – et que ce ne soit qu’en 2007 qu’un service transversal ait été mis en place à la Communauté française (…) avec la Cellule architecture, pour que la dimension publique de l’architecture soit enfin revendiquée et vécue comme constitutive de notre citoyenneté.

        Le communiqué de presse de Caracas PR précise notamment que la publication a été réalisée avec le concours de la Ville de Liège (Archives communales et Département de l’Urbanisme). La photographie a fait l’objet d’une commande auprès d’une jeune auteure, Élodie Ledure, sous la direction artistique du critique Emmanuel d’Autreppe. (…) le graphisme est développé par Double Page (Daniela Corradini), associé à David Cauwe.

        Les notices qui accompagnent chaque édifice public ou privé ont été rédigées par 48 personnes dont 26 femmes. La parité est conforme à la proportionnelle femmes/hommes dans la vie !

        Ce livre est à acquérir et à lire de sorte que disparaissent les péremptoires j’aime pas des adversaires de la modernité et de la contemporanéité. Édifiée sur un site parcouru par un fleuve, la Meuse, alimenté sur sa rive droite de la rivière Ourthe, venue du fin fond des Ardennes et sur sa rive gauche de la rivière Légia, venue de la proche Hesbaye, Liège se révèle être une ville où pas moins de cent quarante-quatre artistes sont associés aux œuvres répertoriées dans ce premier ouvrage d’une collection de guides. Le  prochain sort en février 2015 et traite – cela va de soi en sa qualité de capitale européenne de la Culture – de Mons & cœur du Hainaut.      

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(1)  Guide architecture moderne et contemporaine 1895-2014  - sous la direction de Sébastien Charlier et Thomas Moor – Co-éditeurs Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Mardaga - Format 17 x 24 – 400 pages – relié, cousu fil de lin – 35 €

15:23 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Economie, Politique, Université | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Feuilleton : SUR LES TRACES D'APOCALYPSE NOW par Oncle Bob 3/3

        Grâce à notre écoute attentive, le piroguier, finit par accepter notre demande d‘un prix correct. Bogdan l’a convaincu qu’un premier client porte toujours chance, que nous étions originaires d’un petit pays sans grandes ressources financières et que le film servait à la promotion du tourisme local.

        La lumière matinale est propice au tournage. La pirogue progresse lentement dans un paysage parsemé de roches volcaniques, à la flore variée. Tout respire le calme et les sens en éveil restent apaisés. Nous n’avons pas la sensation d‘être au cœur des ténèbres, ni dans une quelconque apocalypse mais dans une nature accueillante, dénuée de toute violence apparente.

        Entre la réalité vécue et les images du film ou les pages du livre ce sont les mots de Joseph Conrad qui traduisent le mieux notre perception.

-‘‘Remonter le fleuve, c’était revenir aux premiers jours de la création,quand la végétation s’épanouissait sur la terre et quand les grands arbres étaient des rois.

Une rivière déserte, un profond silence, une forêt impénétrable. L’air était chaud, épais, lourd, visqueux. Il n’y avait nulle joie dans l’éclat du soleil.‘‘

        Quel bonheur de se retrouver dans la peau d’un pisteur à la recherche de traces visibles d’images virtuelles! Surtout lorsque qu’on arrive à une vaste étendue d’eau, sorte de piscine naturelle où l’on revit la première rencontre des soldats américains et du colonel Kurtz. Là, soudain le virtuel devient réel et les images du film s’imposent.

        Pagsa.jpgNotre piroguier propose de nous emmener sur un radeau pour traverser les chutes et atteindre la grotte du diable située derrière les écrans d’eau. Bogdan est sceptique et craintif. Toujours intrépide, à la recherche de nouvelles sensations mais aussi de plans originaux, je parviens à le convaincre de joindre la grotte. A ce moment, il n’imagine pas que je prendrai la caméra et traverserai stoïquement les rideaux d’eau. Ce qui fut fait au grand désespoir de mon ami, Bogdan, persuadé que j’avais endommagé sa caméra. Il n’en n’était heureusement rien et nous avons pu prendre le chemin du retour.

        Au bout de quelques minutes nous entendons des clameurs qui montent vers nous. Des dizaines de bateaux, ornés d’un drapeau japonais; des touristes pressés les uns contre les autres remontent la rivière. Nous avons échappé au tourisme de masse, pour replonger dans nos souvenirs littéraires et cinématographiques. Comme le disait Adriano :-‘‘ Vous avez vécu un moment privilégié : la naissance de la lumière dans l’équilibre de la nature. Vous étiez à la recherche de vous-mêmes en dehors des flux tumultueux de touristes pressés qui regardent mais ne voient rien ; entendent sans écouter…“

 FIN DU RÉCIT "SUR LES TRACES D'APOCALYPSE NOW" - © Auteur ; ROBERT LOMBAERTS

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mercredi, 23 juillet 2014

Feuilleton : SUR LES TRACES D'APOCALYPSE NOW par Oncle Bob 2/3

        La comparaison s’arrête là. Le roman est dense, complexe avec différents niveaux de lecture. Le film est une œuvre baroque aux images puissantes; à la bande sonore somptueuse. Un opéra dantesque, nauséabond, hallucinant.

        La différence entre la production littéraire et cinématographique se situe dans l’écriture subtile et raffinée d’un romancier de talent et le spectacle grandiose, effrayant parfaitement fabriqué suivant les normes hollywoodiennes par un réalisateur tourmenté, à l’égo démesuré encore plus mégalomane que son cinéma.

        Notre guide Enrique nous a confié au chauffeur et nous sommes partis à la fin de la nuit pour pouvoir embarquer aux premières lueurs de l’aube. Arrivés à l’embarcadère après plus d’une heure de route, Bogdan fait montre de tous ses talents de négociateur pour obtenir un prix correct pour le voyage en pirogue. Francis Ford Coppola est passé par là. Le dollar domine et le batelier, Adriano, s’imagine que nous avons des moyens financiers illimités. Normal car j’ai dans les mains une caméra professionnelle dont l’aspect ne lui est pas inconnu. En discutant nous apprenons qu’Adriano a fait de la figuration dans la séquence tournée à Pagsanjan.

        Il nous raconte que les Américains avaient de curieux comportements. Ils ne lésinaient ni sur l’alcool, ni sur la drogue; de nombreux techniciens étaient malades, atteints par la fièvre ou la dépression. L’atmosphère était sinistre.

        Il se souvient que le comédien principal qui jouait le rôle de Kurtz (Marlon Brando), la boule à zéro, une vraie tête de bagnard, s’identifiait à son personnage au point de dormir dans une barge et de fréquenter davantage les figurantes philippines que l’équipe de réalisation.

              ( à suivre )

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mardi, 22 juillet 2014

Feuilleton : SUR LES TRACES D'APOCALYPSE NOW par Oncle Bob 1/3

        Pagsanjan se situe à une centaine de kilomètres de Manille. Vouloir découvrir et filmer ce lieu était dû à un double souvenir. D’une part, la lecture du roman de Joseph Conrad ‘‘Au coeur des ténébres‘‘ ; d’autre part, le film de Francis Ford Coppola ‘‘Apocalyspse now‘‘, consacré à la guerre du Vietnam dont certains éléments ont été empruntés au roman de Joseph Conrad.

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        Le roman se situe en Afrique. Cette œuvre à la fois réaliste et symbolique est une lente incursion dans l’horreur, la fascination du pouvoir , les exactions des colonisateurs sur les populations locales, la folie d’un homme Kurtz et la remontée du fleuve, un saut dans un monde mystérieux. Ce personnage paranoïaque et tellement humain nous transporte au cœur des ténèbres lorsque le narrateur, Marlow, écrit : -...‘‘ je comprends mieux la signification de son regard fixe, incapable de voir la flamme de la bougie mais assez vaste pour embrasser tout l’univers, assez pénétrant pour sonder tous les cœurs qui battent dans les ténèbres. Il avait tout récapitulé et tout jugé: ‘‘l‘ horreur!“

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       Quant au film, réalisé aux Philippines, cette adaptation très libre du roman, se déroule en Asie pendant la guerre du Vietnam. Le roman et le film ont en commun la folie d’un homme qui a créé son propre royaume ; exercé sa domination sur la population au prix de dizaines d’assassinats ainsi que la remontée du fleuve semée d‘embûches.

         ( à suivre )

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samedi, 19 juillet 2014

L'émission "noms de dieux" prolongée jusqu'en décembre 2015. "Mauvaise nouvelle pour la bêtise " !

        Telle une finale du Mundial, l’émission noms de dieux – de/du service public – joue les prolongations. Le Directeur des Antennes de la RTBF, François Tron a avisé Edmond Blattchen, producteur-présentateur de sa décision de reconduire Noms de dieux avec la même équipe jusque fin de l’année civile 2015. Cette décision permet à l’équipe d’attendre le chiffre mythique des 200 émissions. Une équipe qui n’a guère variée depuis la première - le mardi 14 janvier 1992 avec en invité le philosophe Bernard-Henry Levy - : le journaliste-présentateur-producteur Edmond Blattchen, le réalisateur Jacques Dochamps – authentique co-auteur. En plus de vingt ans, noms de dieux n’a connu que quatre recherchistes : Anne Wagelmans, Jean-Marie Libon, Catherine Firket et occasionnellement Christine Hammerel. Actuellement, la scripte est Valérie Dethienne et le directeur technique Bernard Gabus.

        En revanche, les invités qui ont écrit les cinq chapitres de noms de dieux – le titre, l’image, la phrase, le symbole, le pari – sont aussi multiples que variés dans leurs convictions. Outre quelques Liégeois(e)s – Lise Thiry, Pierre Harmel, François Perin libre-penseur absolu, Aloys Jousten 91ème évêque de Liège depuis Monulphe au VIème siècle (83ème depuis Hubert, premier évêque résidant à Liège), Arthur Haulot, Jean-Pierre Otte, Jean-Claude Bologne, Gabriel Ringlet, Pierre Somville, Bernard Foccroulle, Marcel Otte, Armel Job, Pierre Kroll -, sans citer tous ces invités prestigieux – un vrai répertoire de 188 noms - il y a eu des journalistes Florence Aubenas, Olivier Todd, Jean d’Ormesson, des philosophes Michel Onfray,  Jacques  Sojcher athée radical, Raphaël Enthoven, des écrivains Amélie Nothomb, Elie Wiesel, Amin Maalouf, Stéphane Hessel, des politiques Antoinette Spaak, Jean Ziegler, Daniel Cohn-Bendit, des artistes Barbara Hendrickx, Julos Beaucarne, Yehudi Menuhin, sans oublier le Dalaï Lama et le Patriarche Bartholomée I. Une véritable mine d’or pour la Sonuma !

        En commémoration du vingtième anniversaire de noms de dieux, la RTBFbe a rediffusé durant un trimestre d’été, quotidiennement, des anciennes émissions. Il en a été de même, à un rythme hebdomadaire, sur la chaîne québécoise Canal Savoir. La décision de reconduire Noms de dieux avec la même équipe jusque fin de l’année civile 2015 a suscité une réaction de Raphaël Enthoven :  Mauvaise nouvelle pour la bêtise ! 

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15:08 Écrit par Pierre André dans Actualité, Media, Spiritualité, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 18 juillet 2014

53eme TOUR DE LA PROVINCE DE LIÈGE : Wout VAN AERT l'emporte! Un nouveau cannibale est-il né ?

        Un nom émerge du 53ème Tour de la Province de Liège Wout VAN AERT. Non seulement il remporte en solitaire la dernière étape – Seraing-Seraing 140 km 500 – en 3h 34 minutes 36 secondes à la moyenne horaire de 39 kms 282 mais de surcroit il endosse à l’issue d’une épreuve passionnante – excusez du peu – le maillot jaune, le maillot vert, le maillot à pois et le maillot bleu. En d’autres temps, la presse l’aurait appelé le cannibale !

       Sur les dix reliefs de la journée, Wout VAN AERT triomphe dans les deux derniers. La chaleur a été telle que 52 coureurs sur les 140 au départ ont abandonné. Le 53ème Tour de la Province de Liège est terminé. L’Union cycliste de Seraing sous la présidence de Jean Mathy entame les préparatifs du 54ème Tour de la Province de Liège.

 

21:58 Écrit par Pierre André dans Actualité, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Feuilleton : LES IFUAGOS ET L'ANVERSOISE par Oncle Bob 4/4

       Ces explications effrayantes ne lui suffisent pas. Elle met un doigt devant la bouche en nous demandant de rester silencieux. Elle s’est arrangée pour que nous restions seuls avec elle. Enrique nous attend à l’extérieur avec le chauffeur. Sœur Basile arrive avec une boite dont elle ouvre le couvercle. Elle en sort deux têtes réduites. Elle nous explique qu’il s’agit de soldats japonais, qui, pendant l’occupation du territoire, ont massacré pas mal d’Ifugaos. C’est là que le personnage devient atypique en nous disant : “Ils n’ont que ce qu’ils ont mérité ‘‘ avec un large sourire et un clin d’œil complice.

       Abasourdis nous avons quelques difficultés à retrouver une certaine contenance en dégustant un excellent café qui passe difficilement. Sœur Basile, n’oublie pas son pays d’origine, cette terre de Flandre qui l’a vu naître. Elle nous interroge sur la Belgique et sur Anvers cette métropole qu’elle affectionne.Elle manifeste son soutien à sa langue et à sa culture d’origine; ce que je peux parfaitement comprendre ayant moi-même des origines‘‘ flamandos-italiennes ‘‘et Bogdan, ayant vécu toute sa jeunesse à Gand. Sœur Basile nous montre son trésor : des œuvres d’Henrik Conscience, cet écrivain né à Besançon, établi à Anvers qui a décidé d’écrire dans une langue méprisée par les francophones.

       Elle exhibe avec fierté ‚‘‘de Minnezanger‘‘, ‘‘Siska Van Roosemael ‘‘et‘‘ de Leuw van Vlaandereren‘‘. Protégés dans des sacs plastiques, emballés dans du papier journal qui a laissé des traces sur les couvertures: ces livres constituent pour elle un lien avec ses racines. Elle tente en vain de nous faire parler des querelles linguistiques et l’on perçoit les liens très forts qui l’attachent toujours à sa région. Nous n’avions pas envie de polémiquer sur l’attitude actuelle de nos compatriotes flamands et sur les menaces de division du pays. Ce n’était ni le lieu, ni le moment.

       Nous donc avons dévié la conversation sur la vie à Bontoc et avons accepté avec joie de répondre favorablement à sa requête: -‘‘Beste vrienden is het mogelijk voor uw éen keer per maand ‚‘‘ De Standaard ‘‘ te zenden „? Chers amis est-il possible de m’envoyer une fois par mois un exemplaire du journal ‘‘De Standaard“? Cela fut fait pendant quelques mois mais nous n’avons jamais su si le journal était arrivé dans les montagnes du Nord.

 FIN DU RÉCIT "LES IFUAGOS ET L'ANVERSOISE" - © Auteur ; ROBERT LOMBAERTS

 

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jeudi, 17 juillet 2014

53eme TOUR DE LA PROVINCE DE LIÈGE : qui sera maillot jaune demain soir? Le suspense est maintenu !

         La quatrième étape du 53ème Tour de la Province de Liège – Engis-Engis – a été remportée, au sprint, par Jef VAN MEIRHAEGHE  qui a parcouru les 151 km 900 en 3h 27 minutes 31 secondes soit une moyenne horaire de 43 km 919.

        Wout VAN AERT conserve le maillot jaune avec 10 secondes d’avance sur le deuxième Mike TERPSTRA. Le suspense est maintenu jusqu’à la dernière étape qui se déroule demain vendredi de Seraing à Seraing. Wout VAN AERT est également titulaire actuellement du maillot à pois, du maillot bleu du meilleur jeune.

        À l’exception de la Côte des Forges et celle de Villers franchies toutes deux en tête par Klaas SYS, les six reliefs de l’étape ont connu des vainqueurs différents. La Côte d’Hallembaye est dévolue à Marcel MEISEN, la Côte de Richelle à Rob RUIJGH, la Côte de Raftay à Dimitri CLAEYS et la Côte de Yernée échoit à Mike TERPSTRA. Wout VAN AERT est titulaire du maillot à pois avec 38 points d’avance sur Klaas SYS.

 

19:28 Écrit par Pierre André dans Actualité, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Feuilleton : LES IFUAGOS ET L'ANVERSOISE par Oncle Bob 3/4

       Ce moment très émouvant nous le retrouverons à Bontoc avec la surprise réservée par Enrique, la rencontre avec sœur Basile. Pour Bogdan comme pour moi-même, si les religions, comme le disait Marx, sont l’opium des peuples, nous avons gardé un très grand respect pour tous les vrais croyants qu’ils soient animistes, chrétiens , musulmans, juifs… Notre éducation laïque nous a permis de conserver le sens du sacré. Nous le constaterons par ailleurs, certains catholiques, eux, notamment sœur Basile, s’éloignent de la pure orthodoxie pour s’inscrire dans des comportements atypiques.

                                        

       Cette sœur missionnaire belge d’origine flamande est membre de la congrégation des sœurs de l’immaculée conception. C’est en 1925, après avoir effectué des études d’infirmière à Anvers qu’elle s’établit à Bontoc avec une coreligionnaire. Sa première mission consiste à se faire accepter par la population. Par des actions concrètes de soins, d’éducation et l’écoute des autres elle parvient à s’intégrer progressivement. Cette femme possède une volonté de fer, un sens de la tolérance qui lui permet d’accepter l’animisme ambiant et d’insérer Jésus parmi les divinités locales sans s’exposer à des rejets. Petite, les traits marqués sous les petites lunettes rondes, l’œil vif et coquin, elle trottine en se réjouissant de nous parler dans la langue de Vondel. Bogdan et moi la tenons par le bras et déambulons dans son musée en partie à ciel ouvert.

       Sœur Basile nous apparaît avant tout comme une ethnologue, une anthropologue beaucoup plus qualifiée que certains experts. Dans la partie couverte du musée elle a rassemblé des costumes, des outils, des instruments de musique, des armes blanches et des sculptures en bois; notamment ‘‘les bulols ‘‘ces pièces censées protéger les cultures rizicoles.

       L’envie me titille d‘ évoquer les coupeurs de têtes mais c’est elle-même qui en parle. Elle indique que cette coutume donnait du prestige aux hommes et était acceptée par la société. Elle a connu l’époque où certains hommes portaient accrochés à la ceinture les têtes réduites de leurs adversaires. Elle nous explique qu’après réduction de la tête, la mâchoire était transpercée pour y glisser un lacet de cuir. La tête était alors attachée à la ceinture du vainqueur.

                           ( à suivre )

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mercredi, 16 juillet 2014

53eme TOUR DE LA PROVINCE DE LIÈGE : le nouveau maillot jaune Wout VAN AERT domine !

         La troisième étape du 53ème Tour de la Province de Liège – Amel (Amblève)-Amel – a été remportée par Wout VAN AERT qui a parcouru les 142 km 400 en 3h 19 minutes 12 secondes soit une moyenne horaire de 42 km 892. Il endosse le maillot jaune avec 10 secondes d’avance sur le deuxième Mike TERPSTRA. Quant au précédent porteur  du maillot jaune – Mathieu VAN DER POEL – il se classe 74ème au général à 8 minutes 31 de son successeur.

       Fertile en reliefs, la troisième étape a été littéralement dominée par Wout VAN AERT. Signal de Botrange, Côte de Hockay, Côte du Circuit, Côte de Mont le Soie, Côte de Saint-Vith, Côte de Meyrode, autant de sommets franchis en tête par Wout VAN AERT. Inutile de dire quel est le détenteur du maillot à pois avec 35 points d’avance sur le deuxième Mathieu VAN DER POEL.

       Demain jeudi, avant-dernière étape du 53ème Tour de la Province de Liège – Engis-Engis – avec 150 coureurs au départ.

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Feuilleton : LES IFUAGOS ET L'ANVERSOISE par Oncle Bob 2/4

       Au détour d’un virage notre chauffeur ralentit. Six hommes armés de lances nous barrent la route. Ils sont habillés de costumes traditionnels et de chapeaux à plumes où le rouge domine. Des Ifugaos, des coupeurs de tête. Les pensées se bousculent dans l’imaginaire et les films consacrés aux tribus amazoniennes se mélangent à cette réalité de guerriers devenus paisibles qui préservent leurs traditions. Après les salutations d’usage et les remerciements protocolaires, nous échangeons des objets courants mais utiles : torches électriques, kits d’écriture. Le chef de la tribu m’offre son propre poignard, un cadeau inestimable.

       Il nous fait visiter son habitat traditionnel de grandes maisons en bois sur pilotis dont je retrouverai le type d‘architecture dans d’autres voyages, notamment chez les Thais blancs à May Tchau au Vietnam. Ces vastes espaces qui peuvent atteindre près de deux cents mètres carrés offrent un refuge pour les animaux domestiques sous les pilotis. L’étage composé d’une pièce unique sert de salon, de cuisine, de chambre à coucher, d’atelier de couture. Sous les toits se situe le grenier, garde-manger  familial.

       Cette visite est suivie d’une cérémonie de chants et de danses en notre honneur ‘‘le Hudhud‘‘. Cette cérémonie évoque les croyances et les exploits des guerriers. La symbolique de leur saga indique que si les hommes se combattent, ils apprennent à se connaître, à se respecter, finissent par baisser les armes et sceller des alliances. Par l’intermédiaire d’Enrique, le chef de tribu a compris la nécessité de réduire la durée des chants et des danses accompagnées de percussions en bois; d’autant plus que je souhaitais réaliser deux prises de vues, l’une en plan général, l’autre avec une caméra proche des protagonistes. Ils devaient donc exécuter deux fois les mêmes mouvements. Leur rigueur et le bonheur de se donner en spectacle allaient nous offrir la meilleure séquence du film.

                    ( à suivre )

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mardi, 15 juillet 2014

53eme TOUR DE LA PROVINCE DE LIÈGE : l'étape Burdinne-Burdinne annulée!

        La deuxième étape du 53ème Tour de la Province de Liège Burdinne-Burdinne a été annulée. Un communiqué du Collège des commissaires en précise les raisons :

Sur décision de l’escorte de police, la course a été neutralisée consécutivement au manque de signaleurs sur le circuit local.

Étant donné l’impossibilité de reprendre le départ, le collège des commissaires a décidé d’annuler l’étape.

Les classements de la montagne, des sprints intermédiaires ainsi que le sprint volant s’étant déroulés normalement, ces résultats sont acquis.

        Au sommet de la côte de Modave, Gregory FRANCKAERT est passé en tête, au sommet de la Côte de Bonsgnée, Ludovic ROBEET est passé en tête tout comme il l’a fait au sommet de la côte de Stockay. Wout VAN AERT est le leader actuel du classement général des reliefs.

       Demain, mercredi, Mathieu VAN DER POEL prend le départ de la troisième étape revêtu du maillot jaune.

 

 

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Feuilleton : LES IFUAGOS ET L'ANVERSOISE par Oncle Bob 1/4

       Enrique Santos avait parfaitement compris l‘intérêt de trouver des sujets originaux pour faire découvrir des images différentes des cartes postales habituelles. Il nous avait préparé un itinéraire qui nous conduirait de Manille à Bontoc, terres ancestrales des Ifugaos, paysans mais aussi redoutables guerriers; anciens coupeurs de têtes, évangélisés dès le début du dix-neuvième siècle par des missionnaires belges et américains.

       Dès l’aube, Enrique et son chauffeur viennent nous prendre à l’hôtel pour effectuer un voyage d’une dizaine d’heures dans les montagnes de la cordillère centrale. Notre guide a prévu des boissons et de la nourriture en suffisance. Il nous a demandé de prendre quelques objets pour les troquer avec le chef de tribu que nous allions rencontrer sur la route de Bontoc.

       Après avoir subi les embouteillages de la ville, nous éprouvons un vif plaisir à retrouver une nature foisonnante. La route de montagne étroite et difficile se trouve dans un état relativement correct. Les paysages sont splendides et les rizières en terrasse construites depuis plus de deux mille ans ont des dénivelés de plusieurs centaines de mètres. À mille deux cents mètres d’altitude, la fraîcheur nous surprend et les points de vue sur les vallées offrent une vision inoubliable. Paradoxalement, dans ces moments-là, l’œil se substitue à la caméra et mémorise ces moments uniques. Il faut donc s’efforcer de mettre cette réalité en conserve pour tenter de la restituer au spectateur.

Terrasses.jpg

Pendant le voyage, Enrique nous informe des rites et coutumes de ces tribus indépendantes à toute forme de soumission. Animistes, leurs croyances s’appuient sur cinq éléments cosmologiques : notre monde (connu), le monde souterrain, le ciel, un territoire virtuel en amont et un autre en aval. Tous ces lieux sont parcourus par les esprits. Aussi invoquent-ils dans leurs rites, les ancêtres, les esprits et les dieux pour lesquels ils sacrifient des animaux et offrent des boissons. Les Ifugaos, excellents sculpteurs d’objets en bois sont aussi spécialisés dans la confection des armes; notamment les lances et des poignards à la lame tranchante.

       Notre première étape est atteinte après six heures de route. Nous rejoignons la ville de Baguio créée au début du siècle par les Américains qui souhaitaient établir un espace habitable pour échapper à la chaleur étouffante de Manille. Dans cette ville aérée, située à mille cinq cents mètres d’altitude, nous découvrons la cathédrale, une forêt de pins et le parc Benham du nom de son créateur, un architecte urbaniste, Daniel Hudson Burnham, né à Chicago. Cet homme a conçu l’exposition Universelle de sa ville en 1893 et a été l‘initiateur du mouvement, ‘‘city beautiful‘‘.

       Ce groupement s’appuyait sur des formes néo classiques en mettant en évidence les notions d’ordre et d’harmonie.  Baguio, cette capitale d’été et son parc n’étaient pas notre but mais cette étape s’imposait avant d’autres émotions. Dès l’aube nous reprenons la route pour Bontoc. Les paysages splendides font oublier une route chaotique, étroite et dangereuse. Enrique nous explique que nous ferons une halte dans une tribu traditionnelle avant de nous rendre dans la petite cité où une surprise nous attendrait.

                         ( à suivre )

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lundi, 14 juillet 2014

53eme TOUR DE LA PROVINCE DE LIÈGE : Mathieu VAN DER POEL, maillot jaune.

        La première étape du 53ème Tour de la Province de Liège – Wanze-Wanze 142 km 8 – a été remportée par Mathieu VAN DER POEL en 3h 09m 1seconde soit à la moyenne horaire de 45 km 329.

        Mathieu VAN DER POEL s’est classé premier au sommet du Mur d’Amay et de la Côte du Moulin et troisième derrière Wout VAN AERT, premier au sommet de la Côte de Wanze.

        Ce mardi, Burdinne- Burdinne avec les 160 coureurs encore en course.

 

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"Namur reprend vie". Les Wallons tenus dans l'ignorance de la maladie de leur capitale !

        À leur grande surprise, le 4 février 1892, les lecteurs du Figaro ont appris le décès de Bruges. Un certain Georges Rodenbach a même titré Bruges-la-Morte. Les Brugeois en ont voulu, en veulent encore, à cet écrivain tournaisien de leur avoir accolé un tel surnom. Par contre, en janvier 1905, Henry Carton de Wiart intitule un roman historique, La Cité Ardente. L’expression est reprise – consacrée même – par le Prince Albert inaugurant l’Exposition Universelle de Liége, le 27 avril 1905.

        Dans le même ordre d’idées, si régulièrement la radio fournit les conditions de navigation relatives au barrage-écluse des Grands Malades situé sur la Meuse en capitale de la Wallonie,  Internet fait état de la convalescence de Namur  www.namurreprendvie.be.

        Actuellement, un parking de 477 emplacements derrière la gare est en voie de construction. À la mi-octobre, va être inauguré le Centre socio-culturel namurois. Ensuite, de nouveaux parcs – l’un de 7000 m², l’autre de 20.000 m² - vont être développés. 300 nouveaux arbres plantés, des trottoirs plus larges (3 m 20 au lieu de 80 cm), une gare intermodale, trains et bus dans un même édifice. Tels sont, à la grosse louche, quelques-uns des médicaments destinés à donner une santé de fer à la capitale wallonne. 

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samedi, 12 juillet 2014

Feuilleton : LA TIGRESSE DE MANILLE par Oncle Bob 6/6

J’avais dû promettre à la jeune femme de la retrouver après mon périple dans le Nord et dans d’autres îles comme Cebu, Palawan et Mindanao.

Lors de notre retour à Manille nous devions y passer deux jours avant de repartir vers l’Europe. La veille de notre départ, je m’étais rendu dans la boutique où j’avais déjà acheté la salopette bleue pour Flordeliza. J’avais remarqué qu’elle aimait aussi un chemisier blanc mais à ce moment-là, elle n’avait rien demandé. J’ai donc décidé de l‘acheter et de le lui offrir avant mon départ. Bogdan m’avait déconseillé de retourner à la gargote car il pressentait des problèmes.

Une pluie tropicale s’abat ce jour-là sur la capitale. Un taxi me conduit à destination alors que des trombes d’eau envahissent les rues. Lorsque j’atteins le quartier chinois, mon taxi roule dans cinquante centimètres d’une eau sale, boueuse, charriant divers détritus. Je demande au chauffeur de m’attendre quelques minutes, le temps de saluer une amie.

En pénétrant dans le snack, je vois Flordeliza avec un visage congestionné, un regard agressif. Elle me dit en anglais qu’elle ne me laissera pas rentrer en Europe. Je lui appartiens. L’épisode du G.I américain l’a traumatisé et, en dépit des précautions prises lors de notre première rencontre, elle a imaginé qu’elle pourrait me forcer à rester à Manille.

J’ai toujours son cadeau dans les mains et veut le lui remettre. A ce moment elle saisit une bouilloire d’eau bouillante qu’elle me jette au visage. Je parviens à éviter l’obstacle. Flordeliza devient hystérique et veut me frapper. Je bats en retraite pour rentrer dans le taxi. Elle me suit et y pénètre à son tour. Pendant que je demande au chauffeur de me reconduire à l’hôtel, Flordeliza s’empare du paquet qui lui était destiné, ouvre la fenêtre et le jette dans le torrent d’eau qui ne cesse de croître. Avec la chaleur et l’humidité je commence à me sentir mal, d’autant plus que je suis forcé de me protéger des coups qu’elle me porte. Le chauffeur propose de l’emmener à la police qui la mettra en prison. Ce n’est évidemment pas mon souhait devinant le sort qui pourrait lui être réservé.

Une douleur brutale au bras gauche est le résultat d’une morsure qui a traversé à la fois ma veste et ma chemise. Je réfléchis rapidement car je vois le temps qui passe et le risque de rater l’avion devient de plus en plus probable. Flordeliza hurle qu’elle a des frères dans la police et l’armée ; qu’ils vont nous arrêter ou nous  flinguer  dès notre arrivée à l’aéroport.

La chance me sourit car un taxi proche du mien débarque un passager. Je glisse dix dollars à mon chauffeur, lui indiquant de retourner vers le quartier chinois et d’y déposer la demoiselle. Je saute dans un flot d’eau pour me transporter dans la voiture qui m’emmène à l’hôtel. Bogdan ne me voyant pas arriver, en homme avisé, a ramassé ma valise et m’attend devant le porche de l’hôtel.

Je lui explique mon histoire et il s’inquiète des menaces proférées. C’est en courant que nous nous précipitons vers le guichet d’enregistrement. Le vol vient d’être clôturé. Nous nous démenons tant et si bien que le chef d’escale nous enregistre. Nous montons sur la passerelle alors que la porte de l’appareil allait être fermée et nous gagnons nos places sous le regard mécontent des passagers dont nous avons retardé le départ.

Nous reprenons notre calme et respirons enfin quand l’avion a pris sa vitesse de croisière et que la souriante hôtesse nous offre des serviettes chaudes et parfumées. Lorsque j’enlève ma veste et que je remonte les manches de ma chemise, Bogdan voit la morsure et distingue parfaitement l’incrustation des dents dans la chair. Il conclut: La prochaine fois, tu te méfieras des tigresses de Manille !

FIN DU RÉCIT "LA TIGRESSE DE MANILLE" - © Auteur ; ROBERT LOMBAERTS

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vendredi, 11 juillet 2014

Feuilleton : LA TIGRESSE DE MANILLE par Oncle Bob 5/6

     Ma mère, ma première épouse Matylda et une gamme variée de personnes séduisantes pour leur personnalité ou leur beauté m’ont permis d’entrevoir toutes les richesses de nos différences. Si le sexe était l’un des éléments conducteurs de mes démarches, de nombreux paramètres comme la sensibilité, l’intelligence, la joie de vivre constituaient la base fondamentale de toute relation, courte, à durée déterminée ou indéterminée.

     Ce qui me valait les railleries de Bogdan qui allait à ce qu’il appelait …l’essentiel. Mon côté romantique l’a toujours intrigué. Il me disait avec raison que cette attitude ne pouvait provoquer que des ennuis.

     Flordeliza pratiquait l’espagnol et l’anglais. Elle avait connu et vécu avec un militaire américain basé à Subic Bay, rentré dans son pays après lui avoir promis monts et merveilles. Sentant de l’amertume dans ses propos, je l’ai tout de suite informée que notre relation serait éphémère et durerait le temps de notre séjour à Manille car j’étais marié et père de deux charmantes filles. Elle m’affirmait comprendre la situation et vouloir simplement connaître, partager et échanger avec un Européen.

     Au cours de nos conversations, Flordeliza m’a appris quelques mots et quelques phrases en tagalog car j’adore pouvoir communiquer dans la langue d’un pays, même si mon vocabulaire reste toujours modeste.

     Elle m’expliquait qu’une minorité de Philippins possédait toutes les richesses et que la pauvreté était extrême dans certains quartiers. Elle avait décidé, si je marquais mon accord de me montrer le lendemain le quartier de Tondo. Elle établissait un programme comme si nous étions un couple confirmé.

       Cette deuxième soirée se déroulerait au cinéma et je verrais un film philippin en tagalog. Bogdan avait compris que j’allais vivre intensément durant notre repos forcé et il avait choisi de se reposer à la piscine de l’hôtel. Être réveillé au son d’une langue inconnue fait partie du charme des rencontres. Magadang araw ! Kumusta ba Kayao ? Bonjour ! Comment allez-vous ? Le soleil traverse les tentures; le sourire et la douceur des caresses me transportent. Flordeliza va me faire basculer du rêve à la réalité la plus éprouvante: Tondo. À l’époque cet espace est occupé par des montagnes de déchets à ciel ouvert.

      Un bidonville surpeuplé dont une partie s’étale le long de la mer. Chaque jour des camions déversent des tonnes de déchets et la chaleur mélangée à l’azote provoque une fumée irrespirable. Dans cette smokey mountain (montagne enfumée),toute une population s’active pour retrouver des objets recyclables: bouteilles de verre, plastiques de toutes espèces, ferrailles, aluminium. Flordeliza m’explique qu’ici survivent des milliers de familles dont la seule occupation est la récupération de déchets. Ces matières sont triées, pesées, souvent nettoyées et parfois transformées. Si la récolte est bonne la revente d’un ou deux dollars aux ferrailleurs ou aux brocanteurs permet de manger. Les conditions d’hygiène sont effroyables ; les eaux sont polluées. La malnutrition, les maladies font des ravages dans la population enfantine. Cette vision dantesque m’interpelle mais je sais que dans notre production actuelle, il m’est impossible de témoigner en images.

     Pourtant ces plus pauvres parmi les pauvres restent souriants et m’interpellent sans méchanceté:  Hey Joe !! ou Kano!….Kumasta Ba Kayo ? Flordeliza m’explique que les Philippins ne font aucune différence entre les Américains et les Européens. Kano est un diminutif d‘Americano. La jeune femme a saisi mon émotion et me propose de visiter d’autres quartiers.

      En flânant dans une rue commerçante je vois son regard fasciné par une petite salopette bleue. Je ne résiste pas au plaisir de la lui acheter et elle la porte avec fierté. Je ne me suis pas rendu compte que pour elle ce cadeau créait un lien durable. Elle rayonnait de joie et ce bonheur était contagieux.

     Après un repas de poisson cru mariné pour moi et un balut pour elle (un œuf de canard fécondé cuit à la vapeur), nous sommes allés voir un film philippin en tagalog. Mes souvenirs sont vagues. S’agissait-il d’un film d’Eddie Romero ou Lino Brocka, deux cinéastes productifs?  Les images du film et son contenu ont disparu mais je me souviens des gestes tendres et protecteurs de Flordeliza dans cette salle populaire où j’étais le seul Kano.

     À l’aube, Bogdan, Enrique et notre chauffeur, nous prenons la route pour les montagnes du Nord, à la découverte des coupeurs de têtes, la tribu des Ifugaos.

               ( à suivre )

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jeudi, 10 juillet 2014

Feuilleton : LA TIGRESSE DE MANILLE par Oncle Bob 4/6

       Flordeliza m’inspirait beaucoup de sympathie. J’avais envie de la connaître davantage, et par cette relation, découvrir la réalité sans fards de cette ville, de ses habitants. Flordeliza n’était pas une beauté mais une jeune femme ordinaire presque banale mais la franchise de son regard, son sourire me séduisait.

       Ma curiosité naturelle me conduirait dans une aventure qui aurait pu se terminer tragiquement. Le bicol express, les saucisses d’aso et le sinigang de Bogdan sont servis rapidement.

       Si le bicol ravit mes papilles, je trouve la saucisse fade avec un goût saumâtre. Flordeliza m’observe et éclate de rire.- Tu n’aimes pas l’aso? Cela ne m’étonne pas; ce sont des saucisses de chien... La nourriture me remonte dans la gorge et je suis obligé de me précipiter dans les toilettes pour vomir la nourriture absorbée.

       Mon ami Bogdan est hilare. Flordeliza se détourne en riant car elle voit bien que je n’apprécie pas la situation dans laquelle je me suis mis. Je lui explique que je croyais qu’Aso était une dénomination, un label comme la saucisse de Morteau.

       La nuit était déjà tombée. J’avais envie de profiter de cette complicité et j’ai demandé à Flordeliza si elle était d’accord de poursuivre la soirée en notre compagnie.

       La jeune femme accepte et je constate qu’elle cumule les fonctions de cuisinière, de serveuse mais aussi de patronne de la gargote .Le snack fermé nous montons dans une jeep Ney qui nous conduit à Malate, le quartier des restaurants et des bars.

       Nous ne nous y attardons pas .Après avoir bu une San Miguel, la bière locale, je propose à Flordeliza de nous accompagner à l’hôtel. Les femmes ont toujours été mes premiers guides dans la découverte du monde.

                       ( à suivre )

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mercredi, 09 juillet 2014

Feuilleton : LA TIGRESSE DE MANILLE par Oncle Bob 3/6

       Enrique nous a fait découvrir le Parc Rizal, la cathédrale de Manille, le palais présidentiel, la basilique Saint-Sébastien construite en acier et enfin le fort de Santiago, citadelle datant de l’époque des conquistadors. Nous avons eu droit comme n’importe quel touriste au coucher de soleil sur la baie de Manille.

       J’ai fait comprendre à notre interlocuteur philippin que nous souhaitions montrer des aspects inédits ou insolites de l’île et que nous ne voulions pas nous attarder à filmer des lieux toujours revisités. Cet homme avait parfaitement intégré notre démarche et nous a demandé un délai de trois jours pour proposer un parcours original. Nous avions gagné sa confiance mais il devait certainement en référer à ses supérieurs.

       Ces trois jours de repos forcé m’ont permis de découvrir Manille autrement, grâce à ma rencontre avec Flordeliza, le soir même de mon arrivée, dans un snack-bar du quartier Binondo, une ville dans la ville, créée au 16ème  siècle par les Chinois.

Jeepney.jpg

La jeep Ney, taxi collectif nous a déposés au cimetière chinois puis nous avons déambulé dans le quartier. Bogdan souhaitait s’arrêter et manger un hamburger au MacDonald local mais il connaissait ma répulsion pour le fast-food et savait que j’adorais découvrir les spécialités locales. Nous aurions pu acheter du maïs grillé aux vendeurs de rue mais je souhaitais déguster des plats philippins. Une gargote, sorte de snack-bar, avait attiré mon attention et Bogdan m’a suivi tout en maugréant son mécontentement.

       Une aimable jeune femme à la fois cuisinière et serveuse nous accueille et propose un bicol express (un plat composé d’aubergines, d’okras, de haricots verts et de concombres locaux). Carnivore, je souhaitais un peu de viande car j’avais vu des saucisses qui ne demandaient qu’à sauter à la poêle. La serveuse qui s’appelait Flordeliza paraissait étonnée de mes choix.

       Elle me dit: des saucisses d’Aso ??? Je lui réponds: oui. Pourquoi pas ? Bogdan, quant à lui, se limite à choisir, le Sinigang, une soupe composée d’un bouillon, de nouilles et de viande de porc, semblable au phở vietnamien qu’il connaissait. Bogdan ne s’aventure jamais dans des terrains inconnus en matière de nourriture.

                 ( à suivre )

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mardi, 08 juillet 2014

Feuilleton : LA TIGRESSE DE MANILLE par Oncle Bob 2/6

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       Manille, capitale de l’île de Luçon et de l’archipel des Philippines était soumise au pouvoir du Président Marcos depuis 1965. Allié des Américains, le Président philippin prônait une nouvelle société, comparable à celle du Président Indonésien Suharto, créateur de l’ordre nouveau.

       Marcos a gardé le pouvoir pendant une vingtaine d’années et cette période reste controversée. Pour les uns, il a redistribué des terres aux plus pauvres, et en augmentant le taux de croissance fortifié l‘économie. Pour d’autres, cet avocat a été un dictateur corrompu, mauvais gestionnaire, initiateur d’une loi martiale qui a duré neuf ans. À l’époque, nous n’avons jamais pris en compte les aspects politiques et les ambiguïtés de la gestion présidentielle. Notre envie de découvrir cet ensemble d’îles, ce pays multiculturel où l’on parle toujours espagnol, anglais, tagalog était plus forte que toute considération politique ou idéologique.

       Bogdan avait parfaitement organisé notre séjour. Dès notre arrivée à l’aéroport, nous avons été accueillis avec enthousiasme par notre futur guide, Enrique Santos, à la fois photographe et, sans doute, agent des services de renseignements. Une limousine noire aux vitres teintées nous a pris en charge pour nous mener dans un hôtel de qualité, situé à Makati, dans le quartier des affaires. Tout y était luxe et volupté. Plus tard, grâce à ma rencontre avec Flordeliza Azarcon, je découvrirai les réalités au-delà des cartes postales.

       Enrique Santos, de taille moyenne, le visage ouvert et souriant, notre guide désigné par l’Office du tourisme, allait s’avérer un compagnon dynamique, passionné par notre travail. Polyglotte, Enrique était aussi un excellent photographe dont les photos en noir et blanc ont relaté notre parcours à Manille et dans les montagnes du Nord.

       Enrique nous a parlé du père de l’Indépendance, José Rizal, cet écrivain, poète mais aussi chirurgien ophtalmologue, exécuté par les colonisateurs espagnols qui disait : L’Espagne pour être grande n’a pas besoin de tyrans.

           ( à suivre )

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lundi, 07 juillet 2014

Le Tour de France de retour à Liège ...

Avant la fin de la législature, le Tour de France reviendra à Liège a déclaré le député provincial Robert Meureau en charge des Sports. Quand ? L’année n’est pas fixée, les tractations sont en cours. Vraisemblablement en 2016 ou 2017. Cette déclaration  - une incise – dans la présentation du 53ème Tour de la Province de Liège (TPL) qui commence, cette année, le jour de la Fête nationale française.

Dans sa mission de développer les compétitions de sport de haut niveau, il est donc tout naturel que le Province de Liège s’associe à l’Union Cycliste Seraing pour soutenir une course cycliste, créée en 1962, qui regroupe aussi bien les espoirs internationaux que les élites sans contrat.

L’UC Seraing que préside Jean Mathy organise le TPL en cinq étapes couvrant près de 740 Kms. Quatre communes participent pour la première fois au TPL en qualité de ville-étape : Wanze (14 juillet – 142,8 Kms), Burdinne (15 juillet – 161,2 Kms), Amel mieux connu parmi les francophones sous le nom d’Amblève (16 juillet – 142,4 Kms), Engis (17 juillet – 151,9 Kms). La dernière étape est naturellement Seraing (18 juillet – 140,5 Kms).

Les difficultés ne manquent pas pour les coureurs du TPL qui doivent escalader 27 cotes dont le mur d’Amay, la Haute Levée, les Forges, le Signal de Botrange, etc.

 

21:59 Écrit par Pierre André dans Actualité, Sport | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Feuilleton : LA TIGRESSE DE MANILLE par Oncle Bob 1/6

        C’est avec mon ami Bogdan Lesniak que j’ai découvert l’Asie. Bogdan, né en Belgique de parents polonais, revendique des origines princières. Féru de généalogie, il s’est retrouvé des ancêtres en Voivodie, (la Poméranie occidentale dont le chef-lieu est Szcecin), notamment Casimir 1er, redoutable guerrier qui ne ménagea pas les attaques contre les pays scandinaves au douzième siècle..

        Bogdan n’est pas Malko Linge, ce héros de la série S.A.S et ne possède ni château ni fortune mais il a un trait commun avec le héros de Gérard de Villiers; son addiction au sexe dit faible. S’il n’a pas le physique de Malko, il dégage une sympathie immédiate malgré un visage osseux, des pommettes saillantes et une démarche un peu maladroite.

        Fonctionnaire dans l‘administration, les nombreuses heures supplémentaires qu’il accumule au fil des mois, lui permettent de voyager plusieurs fois par an et de s’adonner à sa passion : la production de films; notamment des courts-métrages documentaires destinés aux salles de cinéma.
En effet, dans les années soixante, septante et au début des années quatre-vingt, de courts programmes étaient diffusés avant le long-métrage; ce qui permettait aux producteurs et aux réalisateurs d’obtenir de la visibilité et d’essayer de récupérer les montants investis dans ces productions.

        Avec Bogdan, j’ai pu réaliser plusieurs court-métrages en Asie, diffusés en Allemagne où ils ont reçu un label de qualité. Ces productions me permettaient souvent de prendre la caméra et d’être le premier spectateur de mes images ; pratique que les syndicats interdisaient dans la télévision publique pour laquelle je travaillais régulièrement.

       Bogdan avait le chic pour convaincre les Offices de tourisme et les compagnies aériennes de financer nos projets. Ils étaient intéressés par notre équipe réduite, le format 35mm, de la pellicule couleurs négative et une caméra au poing, l’Arriflex des correspondants de guerre, équipée de magasins de 60 mètres (très manipulables) munie de trois objectifs piqués et bien définis. On dirait aujourd’hui que c’était du win win (gagnant gagnant).

       Notre film montrerait un condensé des diversités naturelles et des spécificités des principales îles de l’archipel. Côté philippin, la volonté de développer le tourisme constituait le but principal de ce partenariat.  Le film MABUHAY  (Bienvenue) s’inscrit dans cette démarche.

                                               ( à suivre )

 

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