lundi, 26 juin 2017

Bulletion du Vieux-Liège : Juliette Noël à l'assaut d'une légende relative à Marie Walewska !

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       Moins de trois ans avant la Révolution française, en Pologne, chez les Laczynski, une famille noble, naît Marie. Elle a pour précepteur un Français, Nicolas Chopin, futur papa de Frédéric avant d’être envoyée parfaire son éducation au couvent Notre-Dame de l’Assomption à Varsovie. Marie est intelligente et studieuse, avec une douceur de caractère qui l'a fait aimer par tous ici. De plus, elle est d’une grande beauté.

        Les propositions de mariage ne manquent pas. Parmi ceux qui lui font la cour, il y a un jeune homme beau, riche et charmant qui lui a plu tout de suite. Il a pourtant un gros défaut : il est russe et, de plus, appartient à la famille du terrible feld-maréchal Souvorov, ennemi juré de la Pologne que ses puissants voisins, la Russie, la Prusse et l’Autriche, s’étaient partagée. La famille de Marie s’oppose et lui impose le mariage, fin 1804, avec le comte Anastazy Colonna Walewski, ancien chambellan du dernier Roi de Pologne. Point beau, riche de propriétés obérées et vieux - 72 ans, elle 18 -, on comprend qu’avant les noces, elle avait pleuré longtemps et a continué à sangloter pendant la cérémonie.  

        En ayant terminé avec la campagne de Prusse, Napoléon entame la campagne de Pologne. Il arrive à Varsovie, le 18 décembre 1806, en libérateur. Des milliers de Polonais, les Légions polonaises de Dombrowski sont engagées depuis une dizaine d’années dans les armées françaises. Fin décembre 1806, dans un climat de Napoléonmania, l’empereur remarque, dans la foule, la jeune comtesse Walewska, lui parle. Le 1er janvier 1807, il lui écrit Marie, ma douce Marie, ma première pensée est pour toi, mon premier désir est de te revoir. Tu reviendras, n’est-ce pas ? Tu me l’as promis. Sinon l’aigle volerait vers toi. (…) Daigne donc accepter ce bouquet : qu’il devienne un lien mystérieux qui établisse entre nous un rapport secret au milieu de la foule qui nous environne. Exposés aux regards de la multitude, nous pourrons nous entendre. Quand ma main pressera mon cœur, tu sauras qu’il est tout occupé de toi et, pour répondre, tu presseras le bouquet ! Aime-moi, ma gentille Marie, et que ta main ne quitte jamais ton bouquet.

       Le 7 janvier 1807, elle participe au bal de carnaval dont La Gazette de Varsovie rend compte : Sa majesté l'Empereur a assisté à un bal chez le ministre des relations extérieures, le Prince de Bénévent, au cours duquel il a invité à une contredanse la femme du chambellan Anastase Walewski. Des patriotes polonais avec l’assentiment du mari imaginent que Marie est la personne la mieux placée pour convaincre Napoléon de ressusciter le Royaume de Pologne. C’est la période épouse polonaise qui voit l’Empereur et Marie filer le parfait amour au Château royal de Varsovie, au château de Finckenstein, à Paris dans le IXème arrondissement, au Palais impérial de Schönbrunn. Napoléon ne ressuscite pas le Royaume mais par l’accord de Tilsitt, en juillet 1807, crée le Duché de Varsovie où est en vigueur le Code Napoléon.

     Enceinte de Napoléon à Schönbrunn, Marie accouche chez son mari, le vendredi 4 mai 1810 d’Alexandre. L’Empereur est averti de l’heureux événement à Anvers. Soucieux de l’avenir de son fils, il comble la mère de rentes et propriétés diverses. Les générosités de l’Empereur se font moins sur sa cassette personnelle que sur les biens de l’Empire. Marie est devenue riche, surtout grâce aux donations que Napoléon a faites au petit Alexandre. Mais elle risque de ne plus l’être si son mari endetté se met à rembourser. Aussi Marie demande le divorce le 12 juillet 1812 et l’obtient … le 24 août, une rapidité digne de Reno (Nevada USA) !

       Catholique, Marie doit attendre la mort de son ex – le 20 janvier 1815 - avant de convoler en justes noces avec le bel Philippe-Auguste, comte d’Ornano qu’elle a connu à Varsovie en 1807. Jeune, beau, très chic, d’une famille corse liée à la famille Bonaparte, protégé de Laetitia, la mère de Napoléon, ce lieutenant-général participe aux Cent-Jours de Napoléon. Ce qui lui vaut d’être banni de France par la Seconde Restauration. Il se réfugie dans le Royaume des Pays-Bas et épouse, le 7 septembre 1816, Marie  en la collégiale Sainte-Gudule de Bruxelles. En compagnie des enfants de Marie, Antoine et Alexandre, les époux viennent s’établir à Liège d’abord rue Sœurs-de-Hasque puis rue de Fragnée, n° 876, quartier du Sud.

       Dans la dernière livraison du Bulletin de la Société royale LE VIEUX-LIÈGE (1), Juliette Noël relate les endroits où a vécu à Liège  Marie Walewska. C’est de la légende de son habitation rue Mandeville à la réalité. S’appuyant essentiellement sur des documents des Archives de l’État et de Ville de Liège, Juliette Noël retrace notamment l’endroit où est situé le 876, rue Fragnée. Il faut savoir que la numérotation, à l’époque, est continue. Il n’était pas question de donner des numéros pairs ou impairs selon le côté où on se trouvait. Il appert d’un document passé en l’étude du notaire royal Philippe Parmentier que le propriétaire Nicolas Bernimolin donne en location pour une durée d’un an, expirant le quinze mars 1818, l’immeuble et les terrains l’entourant. C’est alors un véritable domaine. Il se dénomme « Sans souci ». Situé à hauteur du numéro 20 de l’actuelle rue du Vieux-Mayeur qui, en ce temps-là, s’appelle ruelle du Vieux-Mayeur, l’immeuble loué a une longueur d’environ 22 mètres avoisinant des jardins de plus d’un hectare.

        Dans la partie finale de son article consacré à l’immeuble occupé par Marie Walewska à Liège, Juliette Noël s’attaque à une légende qui situe cette habitation rue Mandeville. Tâche ardue car l’auteur de la légende n’est autre que Théodore Gobert. Celui-ci a publié des notices sur  les rues de Liége en sa période de journaliste à La Gazette de Liège, notices rassemblées en 1891  en quatre volumes éponymes. Il n’est pas question dans cette première édition de Marie Walewska. Vient la seconde édition, en 1926, où Gobert écrit : Située au pied de la colline, cette demeure caractéristique étendait au loin ses superbes jardins plantés d’arbres touffus, qui en faisait l’une des plus agréables résidences rurales. Ici vint s’installer, après la chute de Napoléon 1er, une dame qui, à cette époque, a beaucoup fait parler d’elle. Il s’agit de la comtesse Walewska. Gobert l’a fait mourir le 15 décembre au lieu du 11. 

        Juliette Noël n’a pas d’explication sur cette affirmation erronée de Gobert ; J’opine à croire qu’il a fait un amalgame avec d’autres biens (…) Quoi qu’il en soit, Gobert sera suivi par les écrivains liégeois postérieurs (…) Les écrivains non-liégeois reprendront l’information. Pour eux, naturellement, la localisation correspondait à un endroit qui leur était inconnu.  Juliette Noël, une orfèvre de la précision !

      Dans ses Mémoires, le comte Alexandre évoque la période liégeoise après le mariage de sa maman : Mon frère aîné, qui avait 4 ans de plus que moi, Monsieur Carité, un vieux valet de chambre nommé André et moi nous partîmes de Paris en diligence pour aller retrouver ma mère aux Eaux de Chaudfontaine près de Liège. (…) Quelques mois après, nous étions établis dans une charmante maison de campagne à la porte de Liège où ma mère mit au jour au mois de juin 1817 un gros garçon qui fut baptisé sous le nom de Rodolphe. (…) j'accompagnais aussi quelquefois mon beau-père chez un libraire de Liège nommé Desoret (NDLR lire Desoer). Là, j'entendais parler politique sans y rien comprendre, cependant j'ai retenu quelques mots de ces conversations dont plus tard j'ai compris le sens. (…) La campagne que nous habitions était à une demi-lieue de la ville. (…) Le Général Ornano ayant obtenu son rappel, ma mère partit pour Paris au mois d'octobre 1817 avec le nouveau-né qu'elle nourrissait malgré les avertissements de son accoucheur de Varsovie le célèbre Czekieski, qui lui avait prédit que si jamais elle se décidait à nourrir elle le paierait de sa vie. Peu de jours après son départ, le Général Ornano, mon frère et moi, nous nous mîmes en route pour aller la rejoindre. Nous voyagions en poste dans une bonne berline lorsqu'au milieu de la nuit près de Namur, nous versâmes dans un fossé (…) Nous arrivâmes le lendemain à Paris à trois heures du matin nous rendant dans la chambre de ma mère. Elle se réveille pour nous embrasser. Quel doux réveil dit-elle mon mari et mes enfants, ce sont là les dernières paroles. Le lendemain, son état s’aggrave au point que ses enfants ne peuvent plus la voir. Elle expire le 11 décembre à six heures du soir d’un abcès au sein dont on n'avait reconnu l'existence que trop tard pour risquer une opération et de calculs rénaux.

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(1) Le Vieux-Liège fondé le 20 février 1894 – Devise Rien aymez s’il n’est cognu - levieux-liege.be – Cotisations et abonnements aux publications trimestrielles, membres adhérents 25 €, membres de moins de 25 ans 15€ à verser au compte BE42 0000 3248 4054

18:01 Écrit par Pierre André dans Actualité, Amour, Europe, Histoire, Liège, Media, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 29 mars 2017

Cadastre des mandats, ça se corse ...

       En ce temps de transparence exigée de la vie politique, un des moyens d’y répondre est la publication d’un cadastre. La Ville de Liège l’a fait. Noss binamé Willy a promis un cadastre des mandats le lundi. Cinq jours plus tard, sur le site officiel de Liège, en trente pages, toute la population liégeoise a découvert le nom de qui a mandat de représenter la Ville tant dans les intercommunales que les associations.

       Sur Facebook,  le vendredi 25 février 2017, l’Échevine de l'Etat civil, des Mairies de quartier et des Cimetières, Julie Fernandez-Fernandez exulte Chose promise, chose due… ! Au commentaire de Jean Joris – futur candidat à la présidence de la Fédération liégeoise du PS - manque les montants et le mode de rémunération, il y en a plein de gratuit, il ne faudrait pas confondre l'implication dans la vie de la cité et l'enrichissement personnel, elle opine en effet, il faudrait le préciser mais c'est le premier jet  ;-)!

       Que trouve-t-on dans ce premier jet ? Tant dans les AG et les CA des dix-sept intercommunales répertoriées, on ne trouve en qualité de représentant de la Ville que des titulaires de mandat électif, autrement dit des conseillers communaux ou membres du Collège. L’Intercommunale de soins spécialisés de Liège (I.SO.S.L.) compte dans son CA onze mandataires élus tandis que les CA de L'Intercommunale de Mutualisation Informatique et Organisationnelle (IMIO) et l’Intercommunale d’enseignement supérieur d’architecture (IESA) n’en comptent aucun.

       Dans les CA des cent neuf associations, la situation est différente. Sur les quatre cent vingt-neuf mandats dévolus à des représentants de la Ville, deux cent trente-deux sont attribués à des mandataires élus tandis que cent nonante-sept échoient à des citoyens notamment membres de cabinets communaux ou ministériels. Il est à noter que la Ville n’est pas représentée dans le CA de dix-sept  associations telles le Golf de Berlaymont ou la Maison de la Presse et de la Communication.   

       Une semaine après la publication du premier jet du cadastre des mandats appelés officiellement Cadastre des représentants de la Ville de Liège dans différentes structures et organismes arrive le deuxième jet. Il y est précisé : en application du décret wallon, les représentants de la Ville dans les intercommunales sont désignés par les différents  groupes politiques sur base du résultat des dernières élections communales et que les tableaux sont établis en fonction des désignations votées au Conseil communal et sous réserve d'éventuelles modifications postérieures intervenues au sein même des associations et intercommunales. En outre la Ville n'a pas connaissance du caractère rémunéré ou non des mandats attribués. Pour le savoir, un autre document officiel – le Moniteur belge du 12 août 2016 – est à consulter. En 938 pages, les curieux sont rassasiés mais déçus car pour les mandats rémunérés, le montant n’est pas indiqué !  

       Entre le 25 février et le 3 mars, le nombre d'intercommunales dans lesquelles la Ville a des représentants a diminué. De dix-sept, il est passé à seize. Passe à la trappe, ORES, le principal gestionnaire de réseau de Wallonie. Trois conseillers communaux socialistes - Jean-Paul Bonjean, Mohammed Bougnouch et Giuseppe Maniglia - qui ont figuré au CA d'ORES dans le premier jet sont absents dans le deuxième jet.

       Dans le deuxième jet, les associations sont toujours au nombre de cent neuf. Ce qui diffère ? C’est le nombre de mandats. Il s'accroît et monte à quatre cent cinquante-huit. La part des mandataires élus régresse. Ils ne sont plus que deux cent vingt-six. Les citoyens progressent. Désormais, ils sont majoritaires avec deux cent trente-deux mandats. La Ville  n’a plus de représentants au CA de dix-huit associations puisque Bruno Baron et Jean-Marc Gay ont disparu des CA, l’un de Courants d’Âges, l’autre de l’A.S.B.L. Fédération du Tourisme de la Province de Liège. En revanche, la responsable de la Communication au Cabinet du Bourgmestre – Laurence Comminette – siège au CA de la Maison de la Presse et de la Communication.

       La comparaison entre le premier et le deuxième jet se corse. Corse est le mot approprié. L’île de beauté a la réputation de faire voter les morts. À Liège, nous faisons mieux. Nous n’hésitons pas à confier les responsabilités de membre d’un CA à des morts ! Sans que cette liste soit exhaustive, deux personnes décédées figurent dans le cadastre premier jet. Errare humanum est. Ces mêmes personnes figurent dans le cadastre deuxième jet. Perseverare diabolicum. Heureusement, au pays d’amon nos-aute, il est dit que c’est à la troisième fois qu’on voit les maîtres. Vivement le cadastre troisième jet …

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lundi, 30 janvier 2017

RTC Télé Liège en marche vers une ère nouvelle ...

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   RTC Télé Liège a fait le plein ce dernier lundi de janvier à la Maison de la Presse et de la Communication pour sa conférence  de presse dont l’objet n’était point précisé dans l’invitation. Le président du Conseil d’Administration, Jean-Christophe Peterkenne, a présenté à la presse le nouveau Directeur-général, Philippe Miest entré en fonction le 4 janvier pour un mandat de cinq ans. Il indique les tâches qui seront siennes dont, notamment, accroître l’audience, diversifier les publics, s’ouvrir aux médias sociaux, accentuer la proximité avec le public qui couvre les arrondissements de Liège, Huy et Waremme. Les finances saines permettent une synergie avec TÉLÉVESDRE, TV LUX et TV COM (Brabant wallon) qui sont le même cas. En 2017, 250 000 € d’investissement en matériel sont prévus.

     Précédemment journaliste, gestionnaire au groupe Sud Presse, Philippe Miest rencontre individuellement chaque membre du personnel – une trentaine de personnes dont sept journalistes. Le climat social est bon. D’ici juillet, il doit se mettre à la recherche d’un nouveau rédacteur en chef. En effet, Jacques Mertens – présentateur mythique selon La Meuse – fait valoir ses droits à la retraite fin juin. Parmi les qualités à faire valoir à l’emploi, une fine connaissance du terrain couvert par RTC Télé Liège (1) s'impose. Pour être davantage au sein de la cité, la TV locale entend s’assurer davantage de visibilité en déménageant son implantation. Où, quand ?  Rien n’est décidé, tout est encore au stade de la réflexion.

   En revanche, ce qui est assuré c’est que RTC Télé Liège entre dans une nouvelle ère – visible à l’antenne, en septembre. Ère nouvelle où les manières de travailler seront différentes, où la vie des équipes va être modifiée avec le plaisir comme moteur.

   En réponse à une question évoquant la TV des bourgmestres, Philippe Miest a affirmé qu’en un mois de présence, n’avoir reçu le moindre appel d’un bourgmestre des cinquante-cinq communes desservies par RTC Télé Liège. Aucun ne s’est manifesté pour le féliciter de sa promotion … La courtoisie se perd !

 

(1) RTC Télé Liège : Rue du Laveu, 58 - 4000 LIEGE - Tél : 04 254 99 99 – Fax : 04 254 99 98

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jeudi, 03 novembre 2016

CE QUE LE PAYS DE LIÈGE DOIT Á LA MEUSE ...qui ne fut jamais un long fleuve tranquille

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        À l’âge de huit ans, Robert-Armand Planchard tombe en amour avec la Meuse. Sous la direction  des professeurs Alexandre Delmer – le père du canal Albert et Fernand Dehousse, sa thèse de fin d’études,  Le rôle de la Meuse dans la Communauté européenne du charbon et de l’acier a été, vu sa qualité, publié à grand tirage. En note infrapaginale, il est précisé que l’ouvrage, paru en 1955 aux Éditions Buteners, est complètement épuisé. L’auteur dispose encore d’une copie !

       Soixante et un ans plus tard, le directeur honoraire du port autonome de Liège ayant joué un certain rôle dans l’évolution des choses au plan fluvial européen et surtout belge a pensé, au soir de sa vie, à résumer tout ce qu’il a vécu, ressenti et perçu quant au rôle joué par la Meuse  à  Liège auquel Robert-Armand Planchar se sent viscéralement très attaché par sa famille de charbonniers, naguère maîtres de fosses au plantchî de Montegnée, d’où partit en 1716, la grand’route dite Branche Planchar construite par Pier Planchar (1657-1737) depuis Bolsée, Glain, Saint-Nicolas, Saint-Gilles et Ans vers le bas-port de Jemeppe-sur-Meuse (2). La boucle est bouclée.

        La Meuse est avec le Rhin et l’Escaut un des fleuves ayant réussi à inscrire leurs trouées Sud-Nord au travers des collines et des monts du massif schisteux rhénan. Dans ce combat qui a duré des millénaires, la Meuse s’est vue subtiliser la plupart de ses affluents au point que Georges Sand écrit La Meuse elle-même n’est ni large ni imposante et, cependant, elle coule dans une large vallée, beaucoup plus large qu’il faut. Le géographe Paul Vidal de La Blache évoque cette fille ruinée dans son palais démesuré.

        Le Pays de Liège y trouve trois avantages ; le premier, la vallée très large est susceptible d’accueillir les larges implantations de populations industrielles, le deuxième, la Meuse reste « haute » très longtemps d’où aujourd’hui, elle est réserve d’eau propre à la consommation alors qu’Escaut et Rhin deviendront des égouts aux eaux mortes, la troisième, sa pente hydraulique moyenne (0,48 m par km) a permis une « régularisation » facile pour éviter que, à l’étiage, la navigation mosane devienne difficile. Moralité, avec de telles grandes qualités, la Meuse devait tout naturellement engendrer à Liège un ensemble industriel et fluvial de très grande importance.

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      En quelques soixante pages, l’auteur résume l’évolution du leudicus vicus mosan en portus dès le VIème siècle, un modeste portus que Notger va transformer en opulente cité lacustre, en unissant par des ponts les nombreuses îles liégeoises et en doublant superficie et sécurité de la cité par l’érection d’une enceinte muraillée (…) Les accostages et bas-ports vont se développer rapidement au sein de cet archipel, unifié et protégé, pour en faire un portus aux mille et une possibilités de charger/décharger. Ce trafic fluvial va des matériaux de construction à la houille, au vin, au bois, aux céréales, au sel, aux armes, etc. La Meuse est la grande artère de ce pays, le courant vital de ce pays si magnifiquement varié. Il n’y a pas que le mercantile qui domine, le spirituel y a un rôle essentiel au point que Liège, capitale politico-religieuse, est surnommé l’Athènes du Nord.  

        Annexée de son plein gré à la France en 1795, la Principauté de Liège n’est point ressuscitée vingt ans plus tard par le Congrès de Vienne qui se charge pourtant de restaurer l’ordre ancien. Le Congrès de Vienne rattache la Principauté de Liège aux Pays-Bas. Elle tombait ainsi aux mains bataves dans une sorte de salmigondis voulu par les Anglais et voué, à terme, au démembrement et à lente putréfaction.

        La création de la Belgique, à partir de 1830, allait faire de la Meuse la modeste servante d’Anvers et de la Belgique et asservir le bassin liégeois aux objectifs anversois. On va voir comment. En cent cinquante pages, Robert-Armand Planchar  raconte les faits comme il les a vécu, ressenti et perçu.  Il y a eu des bourdes diplomatiques dont la première, et non la moindre, date de 1854. Elle est commise par un triple bourgmestre de Liège, Guillaume-Ferdinand  Piercot alors qu’il est ministre de l’Intérieur. Il y a eu les tenants du romantisme portuaire franco-belge, comme Jean-Maurice Dehousse, José Happart, des Liégeois, ou André Baudson, un Hennuyer, ce qui se comprend mieux, prêchaient, à ce temps, pour qu’Anvers et Rotterdam cédassent le pas à Dunkerque.

        Il y a eu des victoires comme, en 1937, la création du Port autonome de Liège voulu par Georges Truffaut.  En tout cas, créer le port, dès maintenant, c’est travailler pour l’avenir de la région déclare le conseiller communal Bounameau. Autre victoire, le Canal Albert en 1939 mais il a fallu attendre 2015 pour que soit érigée, à Lanaye, une quatrième écluse permettant le passage des bateaux de 9000 tonnes en provenance ou destination des pays de Nord et de l’Est de l’Europe.

        Le charme et le mérite de Robert-Armand Planchar est d’appeler un chat ... un chat et de ne pas tourner autour du pot. C’est ce qui fait tout l’intérêt politico-stratégique de Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille.  Un franc-parler bien dans la ligne de son premier patron, Jean Rey, qui, en 1957, a déclaré : Chacun sait, ou devrait savoir, que la Belgique a toujours été bornée au Sud par la France et bernée au Nord par les Pays-Bas.

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(1) Ce que doit le pays de Liège doit à la Meuse … qui ne fut jamais un long fleuve tranquille – Robert-Armand Planchar – Édition Noir Dessin Production – 234 pages – 15€

(2) Les Planchar et l'introduction des "pompes à feu" de Thomas Newcomen en Principauté de Liège - Cfr Liège 28 du 6/12/2010

 

07:30 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Europe, Liège, Littérature, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 10 octobre 2016

2 octobre 1976, Mitterrand et Dalida participent à la campagne électorale du "Nouveau Liège".

 

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        Au siècle dernier, début des années septante, le débat politique porte notamment sur la fusion des communes. À l’époque, il y en a 2 359. Lorsque la Loi Michel est d’application, il en subsiste 596. Ce qui ne fait pas nécessairement le bonheur des communes fusionnées appelées désormais sections.  Ainsi le NON A LIEGE de Grivegnée sur l’enceinte du cimetière de Robermont est un exemple de cette opposition. Huit communes - Angleur, Bressoux, Chênée, Glain, Grivegnée, Jupille, Rocour, Wandre -, deux quartiers – Ans-bas et Sclessin -, quelques rues de Saint-Nicolas et Vottem fusionnent avec Liège que d’aucuns appellent le Nouveau Liège. Pas question de le nommer Grand Liège qui évoque encore le Gross Lüttich  durant la dernière guerre. Le Nouveau Liège a une population de 227 974 habitant(e)s.

        Le dimanche 10 octobre 1976, entre 8h et 13h, 153 165 personnes âgées de 21 ans et plus sont invitées à désigner les 51 membres du Conseil communal appelés à siéger de 1977 à 1982.  Seuls 141 245 se présentent  dans les divers bureaux de vote. En dépit du vote obligatoire, 11 920 (soit 12%85) se sont abstenus. Depuis, de scrutin en scrutin, le taux d’abstention ne cesse de croître. Elles sont bien lointaines les luttes en faveur du Suffrage Universel, le SU !

        En 1976, huit listes sont en lice : liste n°2 (Parti Social-Chrétien) en tête Jean-Pierre Grafé ; liste n°5 (Parti Socialiste Belge) en tête Édouard Close ; liste n°6 (Rassemblement Wallon) en tête Jean Gol ; liste n°7 (Parti Communiste Belge) en tête Albert Juchmès ; liste n°11 (Rassemblement Libéral Liégeois) en tête Hubert Pirotte ; liste n°12 (Démocratie Chrétienne) en tête Marc Delbovier ; liste - incomplète (30 candidat(e)s) - n°13 (Union des Progressistes) en tête Stassar ; liste - incomplète (3 candidats) - n°14 (Parti du Travail) en tête Deceukelier.   

        À l’issue du dépouillement des votes-papier, les résultats tombent. PSB 21 élus (Édouard Close 13 005 voix de préférence) ; PSC 14 élus (Jean-Pierre Grafé 15 558 vp ) ; RW 7 élus (Jean Gol 7 307 vp) ; RLL 7 élus (Hubert Pirotte 4 077 vp) ; PCB 2 élus (Albert Juchmès 603 vp). Les trois autres listes n’ont pas d’élu.

        La campagne électorale – libre à l’époque de toute législation relative aux dépenses électorales et au financement de partis – a été mémorable. La Fête de la Rose, le week-end du 2 octobre 2016, a célèbre le quarantième anniversaire du meeting PSB du 2 octobre 1976 qui a vu le premier secrétaire du PS, François Mitterrand et la chanteuse Dalida enthousiasmer nombre de Liégeoises et Liégeois. 

        Durant ce week-end du 2 octobre 2016 a été évoqué la Une de La Meuse du samedi 9 octobre 1976 présentant, pleine page, la photo d’Edouard Close, légendée : Le bourgmestre de Liège. À Liège, on y voit la patte du rédacteur en chef de La Meuse, Paul Gabriel spécialiste des Unes qui marquent l’esprit. La réalité est plus prosaïque. La direction du quotidien liégeois a vendu pour une somme appréciable – il est question d’un million de francs belges – la Une à quatre sponsors de la campagne électorale du PSB parmi lesquels figure la Brasserie Piedboeuf. Ce n’est pas le seul coup de pouce de Piedboeuf  à  cette campagne. Lasse de payer la taxe sur les brasseries imposée par Jupille, Piedboeuf - seule brasserie à la payer tout simplement parce qu’elle est la seule à Jupille – espère sa suppression par le Nouveau Liège. La taxe est supprimée peu après.

        Dans le respect de l’accord préélectoral rendu public le 25 février 1976, le Collège des Bourgmestre et Échevins est constitué d’élus PSB et RLL. Alliance libérale-socialiste assumée comme « maçonnique » assure le politologue Pierre Verjans dans la revue Politique de septembre 2012. Les résultats électoraux du RLL sont décevants en dépit de l’appui de Jean Defraigne (1 307 vp) qui a démissionné, le 31 juillet 1976, de son poste de ministre des Travaux publics dans le gouvernement Tindemans. Démission motivée parce qu’en fait, il semble surtout vouloir reprendre sa liberté pour préparer les élections communales liégeoises sans être lié par les accords gouvernementaux (1).

        Avec 7 élus, le RLL se partage en 5 échevine)s – Hubert Pirotte, Georges Goldine (1 442 vp), Jules Borsu (1 948vp), Madeleine Langevin (2 378), Joseph América (1 525) – et en 2  conseillers  -Jean Defraigne, Paul Swegerynen (1 191vp). Avec 21 élus, le PSB se partage entre 1 bourgmestre – Édouard Close -, 5 échevin(e)s – Raymond Petit (674), Gilberte Évrard (1 381vp), Henri Schlitz (1 702vp), Jean-Pierre Digneffe (1 734vp), Gilbert Polet (784vp)  – et 16 conseiller(e)s siégeant sur les bancs du Conseil.

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(1)    Page 161, tome IV de l’Encyclopédie du Mouvement Wallon – Institut Destrée – Paul Delforge

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vendredi, 23 septembre 2016

A Liège, l'Europe qualifiée d'ergoteuse le dimanche triomphe le mercredi au 21 rue La Boétie!

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        Après l’hommage rendu, dimanche 18, aux combattants liégeois des Événements de 1830  dont le dernier est décédé en 1900, la séance académique à l’Opéra pour les Fêtes de Wallonie a ressemblé partim à une remise de prix à la fin de l’année scolaire.

        Pour avoir suivi, avec succès attesté par l’Éveilleur Pierre-Henri Tomsin, une formation continuée en immersion « français-wallon », plusieurs centaines de Liégeoises et Liégeois ont reçu leur Diplôme de Liégeoiseries tandis que noss binamé Willy a notamment mis en valeur le travail de tous les membres de son Collège. Dame, les élections communales, c’est dans 758 jours, le 14 octobre 2018 !

        En revanche, évoquant le tram, noss binamé Willy n’a donné aucun bon point à l’Europe, l’Europe doit par exemple cesser d’ergoter sur des problèmes comptables. Mieux, il a fait siens les propos de Paul Magnette à Namur : c’est dans l’intérêt même de l’Union européenne que parfois il faut oser lui désobéir. Propos se rapprochant d’un euroscepticisme dont se délectent certains candidats à l’élection présidentielle en France et qui a mené au fâcheux Brexit en juin.

        Fort heureusement, trois jours plus tard, lors de la conférence de presse de l’expo 21, rue La Boétie, la nouvelle citoyenne d’honneur de la Ville de Liège, la journaliste Anne Sinclair a affirmé, avec force, ses convictions européennes au pays de Fernand Dehousse, fondateur de l’Institut d’Études juridiques européennes de l’Université de Liège, de Jean Rey, président de la Commission européenne de 1967 à 1970 et de ces jeunes Liégeoises et Liégeois qui, bien avant le Traité de Rome, s'en sont allés à Strasbourg, revendiquer la libre circulation des gens et des idées par la suppression des frontières européennes. Ces jeunes participent à cette manifestation internationale devant le Conseil de l'Europe  emmenés par Jean-Pierre Grafé, à l'époque président national des Étudiants en Droit.

 

14:35 Écrit par Pierre André dans Actualité, Europe, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 27 août 2016

Ce qui est bon à prendre est bon à garder ...

         Ce qui est bon à prendre est bon à garder dit un proverbe anglais dont les Français ont fait une règle en proclamant le principe d’inaliénabilité du domaine public qui s’applique en particulier aux collections des musées publics. Les biens constituant les collections des musées de France appartenant à une personne publique font partie de leur domaine public et sont, à ce titre, inaliénables. Par rapport à d’autres pays européens, la France est celui où le principe d’inaliénabilité est le plus strict (1).

        L’idée du surintendant des bâtiments de France, le comte de La Billarderie d'Angiviller  est reprise, en mai 1791, par un élu de la sénéchaussée de Bigorre, Bertrand Barère. Celui-ci  souhaite que la galerie du Louvre… devienne un Muséum célèbre et précise même  qu'on y déploie les nombreux tableaux de Rubens et d'autres peintres illustres. Dans les années à venir, ce projet culturel se réalise tandis que la Révolution poursuit son cours.

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La Descente de croix - PP Rubens - photo IRPA-KIK

        En 1792, après la bataille de Jemappes, les troupes de Dumouriez se contentent de prélever le nécessaire  à leurs besoins dans les pays conquis – la Principauté de Liège et les Pays-Bas autrichiens. Mieux, en Principauté de Liège, les patriotes votent au suffrage universel masculin le rattachement à la France (2).

        En revanche, en 1794, après la bataille de Fleurus, les troupes de Jourdan  vivent sur le dos des pays conquis – les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège. Mieux, le Comité de Salut public a désigné des agents extracteurs d’œuvres d’arts. Ceux-ci font notamment le plein de Rubens et autres chefs d’œuvre de la peinture flamande destinés au Muséum central des Arts. En Principauté, les Français ne trouvent guère d’œuvres à leur goût, à peine une dizaine, mais les patriotes locaux dont le peintre Léonard Defrance, estiment que leurs grands peintres doivent figurer dans les collections du Muséum central des Arts, ancêtre du Louvre.

        Ces tableaux connaissent des sorts multiples. Par le décret Chaptal de 1801, les uns sont attribués aux quinze musées départementaux au rang desquels figure celui de la Dyle. Autrement dit, celui de Bruxelles, ancêtre des Musées royaux, dont le conservateur est Guillaume Bosschaert qui, sous l’Ancien Régime, a été choisi en qualité d’expert par le comte de La Billarderie d'Angiviller. Certains autres ont été récupérés au lendemain de Waterloo par les troupes des coalisés qui occupent la France jusqu’en 1818.

        Par après, il n’est plus guère question de restitution ou récupération des œuvres acquises par les Conquêtes artistiques françaises. Mais comme l’écrit Pierre-Yves Kairis dans un rapport  remis en octobre dernier à la secrétaire d’État à la Politique scientifique, Elke Sleurs : la question est revenue dans l’actualité car, depuis la décolonisation et les nombreuses recommandations de l’UNESCO soutenant le retour vers les pays sources du patrimoine culturel spolié, les demandes de restitutions de toutes sortes se sont multipliées. Elke Sleurs envisage, à l’IRPA (3), un colloque international début 2018 sur base du rapport Kairis publié par La Tribune de l’Art (http://www.latribunedelart.com/note-sur-les-tableaux-enle...).

        Dans ce rapport, il est fait mention de deux candidats PS aux communales de Liège tentant, en 1988, d’obtenir de Mitterand ce que la Commission des Hospices civils de Liège a réclamé, en 1864, à Napoléon III à savoir un tableau attribué à Rubens qui se trouve encore au Musée de Marseille alors qu’auparavant,  sa place initiale a été la chapelle de l’Hospice des Incurables et des filles repenties de Liège.

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Autoportrait de Bertholet Flémal - Ville de Liège

        Autre aspect liégeois du rapport Kairis, les aventures de la Conversion de Saint-Paul, une toile de Bertholet Flémal, peintre-chanoine de la collégiale Saint-Paul. À l’initiative du dernier consul-général de France à Liège, Zaïr Kedadouche, le Musée des Augustins de Toulouse prête, en 2011, pour six mois la Conversion à l’église à laquelle son auteur l’a destinée. Le ministre Jean-Claude Marcourt qui a eu le Patrimoine dans ses compétences s’efforce de prolonger la durée du prêt tout comme le conservateur du Trésor de la cathédrale, Philippe Georges qui  propose en échange plusieurs toiles de Frans Francken le jeune. Tout cela en vain. En 2014, le jour où jamais tant de chefs d’État et de gouvernements ne sont venus à Liège, obstinées les autorités ont remis une lettre au Président de la République, François Hollande. Toujours, en vain.

        Le salut réside peut-être dans le ciel. En conclusion, le rapport Kairis mentionne : le précédent des manuscrits coréens permet de considérer que c’est par le biais de pressions économiques que des démarches diplomatiques pourraient aboutir à quelques restitutions ponctuelles, conformément à une nouvelle doctrine hexagonale qui ne dit pas son nom. En clair, l’achat habilement négocié par la Belgique de quelques avions Rafales français permettrait peut-être le retour de quelques-uns des tableaux saisis en 1794…  

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Conversion de Saint-Paul Photo Daniel Martin

  • (1) Cfr Documents de travail du Sénat français – Série Législation comparée – L’aliénation des collections publiques – Décembre 2008 – LC 191.
  • (2) Cfr Liège 28 du 30/7/2015.
  • (3) IRPA Institut royal du Patrimoine artistique.

11:25 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Histoire, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 12 juillet 2016

Oufti, quel Congrès ... le XIVe Congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français

       

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        La préparation du XIVe Congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français a été longue, six ans. Tout d’abord, il y a le temps de la réflexion, Liège est-elle à même de relever le défi de faire aussi bien – sinon mieux – que Durban (3 millions 400 mille habitants), Paris (2 millions 300 mille), Tokyo (13 millions et demi) ? Fort de l’appui de l’Université, de la Province, de la Ville, Jean-Marie Klinkenberg présente, en 2012 à Durban, la candidature de Liège. Elle est acceptée et ce Congrès se déroule à Liège, du 14 au 21 juillet 2016, sur le thème Français langue ardente.

        Durant quatre ans, tout est mis en œuvre pour faire du Congrès une réussite. Ainsi, la Province de Liège met à la disposition  150 chambres des internats de Seraing et d’Herstal de l’enseignement provincial aussi bien des aides matérielles et logistiques. Ainsi, le service de la communication intervient lors des cérémonies d’ouverture et de clôture du Congrès de même que la collaboration de Fédération du tourisme a été précieuse dans la conception de l’offre culturelle et touristique  proposée aux congressistes sans oublier la réception officielle au Palais provincial des 1500 participants venus de 103 pays.   

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        Dans son message aux congressistes, la Secrétaire-générale de l’OIF (1), Michaëlle Jean déclare : Vous allez vous nourrir mutuellement de la diversité de vos perspectives qui sont riches et qui témoignent d'un investissement constant. Vous le ferez, en ayant bien à l'esprit le message de l’un des pères fondateurs de la Francophonie, Léopold Sédar Senghor: « S’enrichir de nos différences pour converger vers l’universel. » La Francophonie qui nous rassemble est un puissant maillage de réseaux institutionnels, professionnels et de la société civile. Parmi ces réseaux, la Fédération internationale des professeurs de français est l’un des plus emblématiques de la « Francophonie des solutions » – j'aime la nommer ainsi – qui trouve sa force dans des synergies fécondes. Consciente de ses atouts, de ses accomplissements dans tous les domaines, de ses bonnes pratiques à partager, des passerelles à renforcer ou à construire, cette Francophonie trouve dans la langue française un formidable levier.

        Plus de cinq cents communications allant de La culture d'évaluation des compétences au Kazakhstan à L’état du français dans l’empire ottoman et dans la Turquie nouvelle ou encore les Représentations sémantiques des mots « French (français) » et « Francophone (francophone) » chez les élèves et les étudiants du français au Botswana sans oublier D’une implantation de l’approche neurolinguistique (ANL) à Taïwan.

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        L’ensemble des communications vise à mieux encore enseigner le français. Obtient-on un meilleur résultat par L'argot, langage ardent ? Berry van de Wouw le croit : Ce langage coloré mérite donc qu'on en parle en classe. (…) Le matériel est prêt à l'emploi et sera distribué sur clé USB aux participants. Et pourquoi pas essayer les poèmes tels le limerick, le pantoum, le tanka et le haïku ? Ou encore l’humour depuis Philogelos jusqu'aux humoristes contemporains, chaque production comique peut constituer un élément déclencheur dans la démarche didactique en rafraichissant l'ambiance de la classe. L'épanouissement de l'humour en tant qu'outil éducatif est censé atteindre un noble but car « ridendo castigat mores » estime Raluca Ionescu. Un avis partagé par un autre collègue Greet Aelvoet - l’humour influence positivement non seulement notre épanouissement personnel mais également le processus d’enseignement et d’apprentissage - qui a décidé d’enseigner la langue française avec un sourire aux lèvres.

        C’est cool, ici ! C’est vraiment l’fun ! Le rôle des anglicismes en français de France et en français québécois, tel est le titre de la communication de Frédérique Grim de la Colorado State University (USA). Elle s’interroge : Quel mot enseigner dans un cours de français langue seconde ? Devrions-nous nous attacher au vocabulaire purement français ? Sans dévaloriser les langues qui influencent l’usage actuel, l’anglais semble fournir la majorité des néologismes dans la langue française. Entre le français parlé en France et le français dit « québécois », les différences lexicales se retrouvent non seulement au sein de la langue française, mais aussi dans le choix des mots anglais qui entrent dans chacune de ces variétés.

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        Un point de vue que ne partage point le Québécois Jean-Pierre Roy tanné de voir comment et pourquoi la langue anglaise s'infiltre avec autant d'aisance et d'ampleur... Son documentaire La LANGUE À TERRE, film pamphlétaire suit un parcours  politico-historique et s'indigne de l'anglicisation de nos cultures, pénétrées par une langue anglaise mondialisé qui s'impose partout et de plus en plus rapidement. L’impact de l’anglais ne se fait pas sentir qu’au Québec - Bernard Landry, Yves Beauchemin, Pierre Curzi, Louise Beaudoin, Yves Michaud et Victor-Lévy Beaulieu notamment ont conscience du problème - il en va de même ailleurs sur la planète. LA LANGUE À TERRE explore ainsi la place qu’occupe le « globish » en France, notre mère-patrie. Bernard Pivot, Cédric Klapisch, Jean-Pierre Raffarin et Patrice Leconte, entre autres, se questionnent sur les incidences de l’anglais sur la société française. Les Français sauront-ils protéger leur culture et conserver leur place de choix dans le monde ? En cette ère d’hypermondialisation, les nations pourront-elles résister à l’intrusion de l’anglais devenu lingua franca ?

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        Chaque délégation a élaboré un livre blanc sur la situation du français dans son pays en sorte que la synthèse des cent-trois livres blancs donne, à l’issue du Congrès, une vision claire de l’état de la langue française et de la diversité linguistique de la planète.

(1) OIF Organisation internationale de la Francophonie

16:46 Écrit par Pierre André dans Actualité, francophonie, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 29 juin 2016

Débarquant à Liege-Airport, personne n'ignore qu'elle est à Liège mais sait-elle que le pays de Liège est la terre natale de Zénobe Gramme, père de la seconde révolution industrielle?

        Toutes ces différentes personnalités ont un point commun - et la liste ne se limite point à ces seuls noms - Gengis Kahn, Roland Garros, Léonard de Vinci, Krim Belkacem, Pierre-Eliott Trudeau, Saint-Exupéry,  Murtala-Muhammed, Atatürk, Franz-Joseph Strauss, Mohammed V, John-Fitzgerald Kennedy, Aimé Césaire, Habib Bourguiba. Chacun figure au fronton d’aéroports. Rares sont les noms de femmes auxquelles cet honneur est dévolu. Nous en citerons quatre : Reine Béatrix à l’aéroport d’Oranjestad, Princess Juliana à Saint-Martin, Maria Montez à Santa Cruz de Barahona, Sabiha Gökçen à Istambul. Deux sont de sang royal, l’une est actrice, l’autre, fille adoptive d’Atatürk, a été première femme pilote de chasse au monde.

        En débarquant de l’avion, voyant le nom d’une personne au fronton de l’aéroport, chacun(e) découvre de nouveaux éléments d’une histoire locale que le lieu n’évoque en rien. Mieux, lorsque plus tard, ce nom apparait à nouveau, il fait se profiler le souvenir de la ville. Ainsi Monastir a dénommé son aéroport Habib Bourguiba, enfant de cette cité. La stature de cet homme d’État tunisien rejaillit sur sa ville natale et plus tard, au nom de Bourguiba se profilera Monastir.

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        Ces quelques exemples pris d’aéroports magnifiant des hommes et des femmes de talent né(e)s chez eux doivent nous inspirer. Le pays de Liège a compté des talents, des génies. Il en compte encore qui assurent le redéploiement économique et culturel de notre région. Nous pouvons, nous devons en être fiers !

        Lorsque la première révolution industrielle naît en Grande-Bretagne, la Wallonie et plus particulièrement le pays de Liège lui emboîte le pas sur le continent européen. C’est un enfant du pays, Zénobe Gramme, qui donne naissance à la seconde révolution industrielle en brevetant et commercialisant la dynamo. Évoquant Zénobe Gramme, l’historien Paul Delforge de l’Institut Jules Destrée voit en lui le modèle du Wallon inventif et entreprenant. Un certain mythe entoure celui qui aurait répondu un jour à un physicien qui avait mis la dynamo en équations : « s'il m'avait fallu savoir tout cela, je ne l'aurais jamais inventée ». En est-on si sûr ?  

        Quelques années après sa mort, Liège a rendu hommage à Zénobe Gramme en édifiant, par souscription publique, un monument au confluent de la Meuse et de l’Ourthe. Il a été inauguré par sa fille Zoé, le 7 octobre 1905, dans le cadre de l’Exposition  Universelle. À cet hommage du XXème siècle peut s’ajouter celui du XXIème qui consiste à ajouter à la dénomination de Liège-Airport celle de Aéroport Zénobe Gramme.   

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10:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Histoire, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 18 mai 2016

Liège ... belle à croquer !

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©C. Raes

        Jusqu’à la fin du XIXème siècle, il n’est pas exagéré de dire que parmi les voyageurs qui arpentent le monde, nombre de ceux-ci tiennent un carnet de notes agrémenté de l’un ou l’autre croquis. Siècle de l’image et de la vitesse, le XXème met à mal cette tradition qui curieusement a tendance à renaitre en ce début de troisième millénaire.

        Le mérite en revient à Gabriel Campanario, un émigré barcelonais, dessinateur au Seattle Times qui, en 2007, a l’idée de fonder une association dont le but est de promouvoir le dessin d’observation in  situ. En compagnie d’une centaine de dessinateurs répartis dans le monde Campaniero fonde en 2008 Urban Sketchers ou les Croqueurs urbains. Parmi ces Croqueurs, un Liégeois, Gérard Michel, architecte, féru de croquis comme d’autres font de la confiture !

LIEGE Gérard Michel.jpg©G.Michel

        Adeptes d’Internet, les fondateurs d’Urban Sketchers établissent, en huit points, un Manifeste définissant  l’esprit du mouvement : Nous dessinons in situ, en intérieur ou en extérieur et croquons sur le vif. Nos dessins sont les témoins de notre quotidien et de nos voyages. Ou encore Nous nous soutenons, aidons, et encourageons les uns les autres et dessinons en groupe. Nous partageons nos dessins en ligne. Nous montrons le monde de dessin en dessin.

        Gérard Michel propose à la vénérable institution liégeoise la Société libre d’Émulation dont la devise est Utile dulci d’inviter quelques Croqueurs à visiter Liège. Fidèle à son protecteur François-Charles de Velbrück et à sa vocation d’origine, l’Académie a aussitôt embarqué. Reçus en résidence à Liège durant une semaine, treize Croqueurs venus d’horizons divers – Flandres, Pays-Bas, Allemagne, France, Espagne, Italie et Liège – munis chacun d’un carnet-accordéon de cinq mètres de long ont déambulés dans la cité ardente à charge pour eux de ramener des esquisses urbaines, matières à exposition de soixante mètres de dessins... qui ont été présentés pendant trois semaines au Théâtre de Liège.

LIEGE Luis Ruiz.jpg©L.Ruiz

        Le succès rencontré lors de cet évènement a incité la Société libre d’Émulation à publier un livre d’un poids de 600 grammes, Liège des Urban Sketchers (1) reprenant 150 dessins sur 200 pages.

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        Cet ouvrage prend place à côté des Carnets de voyage de Gabriel Campanario qui entend dessiner le monde, de ville en ville en offrant cinquante villes de trente pays croqués par de multiples Urban Ske.tchers. Le livre Liège des Urban Sketchers sera en vedette lors du prochain symposium mondial des Croqueurs urbains qui se tiendra à Manchester du 27 au 30 juillet, réunissant plusieurs centaines de dessinateurs. Au premier symposium, en 2010, à Portland, ils étaient 80 et l’an dernier, à Singapour 390. Décidément, les Urban Sketchers croquent la ville à belles dents ...

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Liège des Urban Sketcheurs – N°ISBN : 978-2-9601788-0-7 - Croquis de Florian Afflerbach (Siegen), Simonetta Capecchi (Naples),  Fabien Denoël (Liège), René Fijten (Maastricht), Miguel Herranz (Barcelone), Lapin (Barcelone), David Magli (Grenoble), Gérard Michel (Liège), Antoine Michel (Liège), Corinne Raes (Haacht),  Luis Ruiz Padron (Malaga), Rolf Schroeter (Berlin), Inma Serrano (Séville) – Coordinateur Gérard Michel - 150 dessins – 200 pages - Impression : Raymond Vervinckt & fils sprl. - Diffusion : Société libre d’Émulation asbl. - 20,7 x18.6 x 2.6 cm – 29 €

17:54 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 03 novembre 2015

un plus un égale onze ... tout compris au réseautage !

        En septembre, l’Association des Liégeois travaillant à Bruxelles (ALTB) a reçu un de ses membres, Bruno Venanzi, devenu le propriétaire du Standard. Il a confié les raisons de cette acquisition : valoriser ce potentiel que représente cet outil. Ce jour-là, Venanzi n’en a pas dit davantage.

       En ce début de novembre, le patron du Standard et le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Liège-Verviers-Namur (CCI LVN) ont présenté leur nouvelle entente qui va dans le sens de valoriser l’infrastructure de Sclessin.

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       Dès le 19 novembre, les deux partenaires lancent le 1+1=11. Cette formule  présente chaque mois aux membres du CCI LVN et du Standard une activité de réseautage inédite (1). Le président du CCI LVN Alexandre Grosjean la résume ainsi : imaginez-vous pénétrer sur la pelouse de Sclessin par le couloir des joueurs. Au programme, un débat animé sur le terrain par une personnalité médiatique avec des invité(e)s renommé(e)s issus de différents milieux (économie, sport, culture,…). Cet entretien décalé organisé en tribunes sera teinté d’humour pour offrir à la fois plaisir et contenu à des chefs d’entreprises issus de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre.

        Après la prestation sur le terrain, le réseautage se poursuit en dîner assis ou debout dans l’espace affaires du stade Maurice-Dufrasne. Il est à noter que cette formule inédite est le fait d’institutions nées au XIXème siècle. Les chambres de commerce et d’industrie trouvent leurs origines officielles le 1 nivôse an XI (mercredi 24/12/1802) et le Standard a été créé en 1898. Mais comme le dit Alexandre Grosjean : notre démarche est prospective et anticipative (…) évitons de rester attentistes : nous préférons créer le futur plutôt que de le subir.

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       Début avril 2016, le CCI LVN sera, sous la tribune T3, dans ses nouveaux bureaux – de style Google c-à-d créatif – répondant au vœu de Bruno Venanzi qui a la volonté de développer l’extra sportif et de créer un pôle économique à Sclessin. Des fenêtres des bureaux du CCI LVN, la vue donne sur ce qui reste du terril verduré et, bientôt, sur le tram (11 ?).    

  

 (1) 1+1=11 - renseignements : Frédéric Van Vlodorp (fvv@ccilvn.be) Christophe Mausen (cm@ccilvn.be)

21:10 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Economie, Gastronomie, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 29 octobre 2015

LE GRAND LIÈGE, le temps du changement est venu. Nouveaux statuts à adopter, Michel Foret succède à Jean-Maurice Dehousse.

 

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        Ce jeudi 29 octobre est un grand jour pour Le Grand Liège. Cette ASBL, créée le 1er janvier 1937, à l'initiative de Georges Truffaut va procéder à une révision de ses statuts conservant - ceci va de soi - le respect du pluralisme démocratique dans ses instances . L’objet social, selon les statuts de départ, est la réalisation et l’organisation de fêtes et de manifestations ayant un caractère scientifique (conférences…), artistique, touristique, folklorique et sportif destinés à conserver et à rendre à la Ville de Liège, en particulier (…) un essor économique plus grand, un rayonnement intellectuel plus vivace, en un mot une renommée digne de son passé.

LIEGE Georges Truffaut.jpgGEORGES TRUFFAUT

        Globalement ces objectifs ont été atteints (cfr : Le Grand Liège : une asbl au service de la promotion de notre région sur le site http://ilhs.e-monsite.com ) sous les présidences de Georges Truffaut, Edgard Frankignoul, Georges Thone, Jean Lejeune, Jacques Levaux et Jean-Maurice Dehousse. Ainsi, Le Grand Liège a favorisé l’expansion de l’ULg sur le campus du Sart-Tilman, s’est déclaré partisan de la création d’une Communauté urbaine au lendemain des fusions de communes, a promu systématiquement  la participation féminine dans ses instances et a invité chaque année un conférencier flamand à sa tribune dont Herman Van Rompuy, premier président du Conseil européen.

 

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© Francis Carlier

        Les nouveaux statuts - à adopter ce soir - n’entreront en vigueur qu’après publication au Moniteur belge. Il s’en suit automatiquement une période transitoire. Les actuels membres du Conseil d’Administration sont invités à démissionner.  S’adressant aux membres du Conseil d’Administration, le Président Jean-Maurice Dehousse –en poste depuis 1992 – leur écrit : Comme il faut qu’un mouvement commence quelque part, je tiens à préciser, comme je l’ai fait au Bureau, qu’il est évident que, si la proposition d’une structure d’action provisoire (à laquelle le Conseil donnera le nom qui lui plaira) emporte votre assentiment, j’aurai l’honneur de vous présenter aussitôt ma démission en tant que Président pour souligner que le temps du changement est venu et qu’il est ardemment souhaité et de vous  proposer dans le même temps que notre ami Michel FORET assure la présidence de la  structure provisoire.

 

12:38 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 20 septembre 2015

Liège compte une nouvelle rue : rue Jean Gol.

 

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        Vingt ans, jour pour jour, après son décès, le Ministre d’État Jean Gol a une rue à son nom à Liège. Ainsi en a décidé le 18 septembre 2015 le Collège communal, sur proposition de Julie Fernandez-Fernandez, estimant que Jean Gol est toujours resté attaché à la Ville de Liège, raison pour laquelle un hommage lui est rendu.

        Étudiant, Jean Gol a été actif au sein de diverses associations wallonnes de gauche où il milite notamment avec Guy Mathot, Roger Dehaybe, Jean-Marie Roberti, Urbain Destrée et d’autres. Co-fondateur du Parti wallon des travailleurs (1964), du Parti wallon (1965), du Rassemblement wallon (1968), du Parti des Réformes et de la Liberté de Wallonie (1976) qui prend nom en 1979, de Parti réformateur libéral dont il assume la présidence. Visionnaire d’une patrie francophone, il s’allie avec le FDF aux élections européennes de 1994. Le PRL-FDF a trois élus dont Jean Gol et Antoinette Spaak alors que le nombre de sièges à pourvoir a été réduit de onze à dix.

        Une déclaration de Jean Gol de janvier 1976 : au-delà de s’affirmer Wallon, il convient « d’agir wallon ». Le fédéralisme n’est pas une solution miracle (…) Les problèmes wallons ne seront résolus que grâce à une modification profonde des mentalités en Wallonie, (cfr p. 270 – Encyclopédie du Mouvement wallon – Tome IV)

        La vie de Jean Gol est avant tout une vie politique. Pour preuve, la réponse obtenue par l’historien Joseph Tordoir de Rosita Winkler et de Carine Lescot :il était quasiment impossible de différencier l’homme privé de l’homme public, tant la politique avait rythmé sa vie depuis son adolescence (cfr Liège 28 du 24/11/2005).

        La rue Jean Gol se situe dans le quartier des Guillemins. Elle constitue le prolongement de la rue Bovy et relie la rue de Sclessin à la rue de Fragnée, juste derrière la Tour des Finances. Ce qui ne manque pas d’humour si l’on se souvient que Jean Gol a inventé l’expression la rage taxatoire à l’encontre de tous les gouvernements dont son parti ne faisait pas partie.

       Dans le morceau du quartier des Guillemins dont la toponymie était consacrée à des libertés accordées à Liège par le prince-évêque Albert de Cuyck et des militaires qui les ont défendues en 14-18, on assiste à un glissement politique. La rue Auguste Buisseret, l’esplanade Pierre Clerdent, voici la rue Jean Gol, tous libéraux de qualité sous les yeux même du local du cdH, voisin d’un sex-shop, situé rue Paradis. En vue d’apporter un baume au cdH, disons que parmi les distinctions honorifiques de Jean Gol figure la grand-croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique !

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23:10 Écrit par Pierre André dans Actualité, francophonie, Liège, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 20 juillet 2015

Trente-cinq ans déjà ! trois regards sur une métamorphose ... BLEGNY-MINE

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        En octobre 1976, lors de la séance de rentrée du Conseil Provincial, le Gouverneur de la Province de Liège Gilbert Mottard exhorte les Liégeois(e)s à conserver un témoin majeur de l’activité charbonnière. Une industrie qui a pris racine –si on ose ce mot – chez nous dans tous les sens du terme dès le 11ème -12ème siècle. Lors de la découverte du charbon de terre, celui-ci est appelé houille, un mot qui vient du wallon hoye. Jean d’Outremeuse attribue la découverte de charbon de terre au forgeron de Plainevaux, Hullos. Les maîtres charbonniers et leurs ouvriers sont connus. La dynastie des Planchar a régné des siècles à Montegnée. Il y a eu l’Édit d’Ernest de Bavière sur les areines. Il y a eu la loi Mirabeau. Le bassin minier de Liège tout comme sa prestigieuse École des Mines est réputé à l’international. La bataille du charbon est gagnée chez nous. Puis à partir des années 60, au 20ème siècle le déclin de nos charbonnages commence.

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        L’appel du gouverneur Mottard est entendu. Deux projets sont en lice : Cheratte et Trembleur à Blegny. Il appartient au Ministre de la Culture, Jean-Maurice Dehousse, de trancher. Dehousse descend dans le fond de chaque charbonnage et décide de retenir le projet de Trembleur. Ce choix a été opéré fin 1978, seize mois avant la fermeture du site, ce qui a permis d’intégrer son réaménagement dans les travaux liés à la fermeture et d’éviter la vandalisation des infrastructures a rappelé le Président de Blegny-Mine, Abel Desmit, lors de l’inauguration de l’exposition de photos Trente-cinq ans déjà ! trois regards sur une métamorphose  (1).

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        La mine de Trembleur a été la dernière mine de la province de Liège à être fermée, le lundi 31 mars 1980. En juillet de la même année, le dimanche 6, dans le cadre des 150 ans de l’indépendance de la Belgique, le Roi Baudouin a inauguré le site de Blegny-Mine. Un des pionniers d’une discipline encore naissante, l’archéologie industrielle, et être le premier charbonnage du continent européen à s’ouvrir à la visite touristique via le puits d’origine.

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        En juillet 2012, Blegny-Mine a été inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce titre prestigieux a également été attribué aux sites miniers majeurs de Wallonie , Le Bois du Cazier, Bois-du-Luc et Grand-Hornu.

        L’exposition Trente-cinq ans déjà ! trois regards sur une métamorphose  est en quelque sorte une ode à la mine et aux hommes, femmes et enfants qui, durant huit siècles, ont consacré leur vie à l’exploitation des entrailles de la terre liégeoise. Des photos d’art, d’amour, de tendresse réalisées par trois photographes qui ont des attaches avec la mine. Alfred Janssen-Reul est un ancien mineur qui a arraché la houille au charbonnage du Trembleur. Paul Donnay est un des fondateurs de la Confrèrie des Maîsses Houyeûs dè Payis d’Lîdje et Théo Bellefroid, passionné de mines dès son enfance à Saint-Nicolas a légué à Blégny-Mine, sa très belle et riche collection de photos. Fait exceptionnel de cette exposition, pratiquement chaque visage de mineur porte un nom. En effet, le Gouverneur honoraire de Liège, Paul Bolland a mis son œil de lynx pour identifier des têtes qu’il a jadis bien connues !

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(1)   Trente-cinq ans déjà ! trois regards sur une métamorphose  - salles d’exposition de Blegny-Mine – Rue Lambert Marlet  23 Blegny – jusqu’au 31 août 2015 – 13h à 18h – Infos :  32 (0)4 387 43 33 www.blegnymine.be

16:31 Écrit par Pierre André dans Actualité, Economie, Histoire, Liège, Social | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 10 mai 2015

6 août et 20 août 1914, des dates qui comptent dans l'histoire de l'ULg.

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        Le mois d’août 1914 a influencé la toponymie - ou mieux dit l'odonymie - de l’Université de Liège Intra-muros, alors que le maintien de l'ordre dans la ville de Liège relève du major allemand Bayer  (cfr Liège 28 du 30/9/2014), le massacre de dix-sept civils dans nuit du jeudi 20 août perpétré par une soldatesque ivre place de l’Université a entrainé, au lendemain de la première guerre mondiale -  le lundi 30 décembre 1918 -, un changement d’appellation en place du XX Août . Une plaque commémorative rappelle aux passant(e)s, étudiant(e)s et professeur(e)s les faits. La corbeille en fer forgé destinée à accueillir les fleurs en hommage est en chômage technique depuis longtemps.

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        Sur le campus du Sart-Tilman, il y a souvenir d’août 1914 par l' Allée du 6 Août. Aucune notice n’évoque les terribles combats livrés, sous des pluies diluviennes, la nuit du 5 au 6 août par les lignards et le 1er régiment de chasseurs à pied contre les troupes allemandes qui veulent s’emparer du fort de Boncelles. La bataille du 6 août au Sart-Tilman est gagnée par les Belges sous le commandement du général Jacques - un Stavelotain mieux connu plus tard sous le nom du général Jacques de Dixmude. Le fort résiste jusqu’au 15 août à 7h30. Au matin du 6 août, l’aumônier du 1er régiment écrit : là, devant moi, gisent plus de 5 000 soldats des corps de Brandebourg, de Hanovre et de Poméranie. Le sol est couvert d’un manteau gris, parsemé çà et là de taches sombres d’uniformes de chasseurs. Pas de notice à l’Allée du 6 Août, à croire que les territoires de la mémoire se limitent à la Cité Miroiᴙ !  

       En revanche, à un mètre de la plaque Allée du 6 Août, il y a un poteau de signalisation triangle rouge renversé doublé d’une notice noire sur fond orange sur laquelle on peut lire ATTENTION CARREFOUR vous n’avez pas la priorité...

 

 

22:03 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Histoire, Liège, Université | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 26 avril 2015

Ce soir, le palmarès du 09e FIFPL, déjà un premier bilan ... et en avant pour le Xe ! En addendum, Palmarès intégral.

        D’ici quelques heures, le palmarès du 09ème Festival international du film policier de Liège (FIFPL) va être dévoilé. Pour l’instant, seuls les neuf membres du Jury présidé par José Pinheiro gardent le secret. Lors du bilan tiré, ce dimanche matin,  avec la presse, le jury s’est montré ravi d’avoir découvert l’aspect convivial de l’esprit liégeois. Le nouvel ambassadeur de la Province, Enrico Macias a placé La Cantina sur le podium des restaurants liégeois sélectionnés par le FIFPL, un Enrico Macias qui rêve de créer un couscous au sirop de Liège !

        Un Jury ravi d’avoir eu la chance de visiter en compagnie de Christophe Maheu l’hôtel de Bocholtz, Maison Internationale de Liège, un bâtiment du XVIème siècle de style Renaissance mosane. Acquis récemment par François Fornieri, CEO Mithra, devenu un des sponsors du FIFPL: c’est un honneur pour nous de pouvoir accompagner pour la première fois le rendez-vous cinématographique majeur de Liège, qui met à l’honneur notre cité et contribue à son rayonnement international.  

        Le 09ème FIFPL a soigné sa réputation jusque dans les détails. Au moins deux limousines affectées au transport du Jury portent sur leurs plaques d’immatriculation les lettres GDC (j’ai décès). Il y a peut-être crime dans le coffre comme le montre une scène du film polonais Jeziorak, opus en compétition !

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ADDENDUM : PALMARÈS DU 09ème FIFPL

 

LES INSIGNES DE CRISTAL 2015

  • PRIX DU MEILLEUR FILM ( GRAND PRIX DU FESTIVAL) : « THE MULE » d’Angus Sampson et Tony Mahony
  • PRIX DU MEILLEUR SCENARIO : « ELEPHANT SONG » de Charles Binamé
  • PRIX DU MEILLEUR COMÉDIEN : Angus Sampson pour le film « THE MULE » d’Angus Sampson et Tony Mahony
  • PRIX DE LA MEILLEURE COMÉDIENNE : Leven Rambin pour le film « 7 MINUTES »
  • PRIX DU JURY JEUNES : « DE BEHANDELING » de Hans Herbots
  • PRIX DU JURY JEUNE EUROPE : « ELEPHANT SONG » de Charles Binamé
  • PRIX DU PUBLIC ( Prix exceptionnellement attribué cette année à un documentaire ) : « JE SUIS FEMEN » d’Alain Margot
  • PRIX DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE : « LA NEF DES FOUS » d’ Eric D’agostino et Patrick Lemy
  • PRIX DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE : « VOS VIOLENCES » d’Antoine Raimbault
  • PRIX DE LA CRITIQUE – MEILLEUR COURT MÉTRAGE : « LES ECLAIREURS » De Benjamin Nuel
  • PRIX DU PUBLIC – MEILLEUR COURT MÉTRAGE: « VOS VIOLENCES » d’Antoine Raimbault
  • PRIX LITTÉRAIRE DE LA PLUME DE CRISTAL : « IMAGINE LE RESTE » de Hervé Commère
  • LE GAGNANT DU CARREFOUR DES COMÉDIENS : « Clément DEBOEUR »

16:36 Écrit par Pierre André dans Actualité, Cinéma, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 06 février 2015

BE05 0688 9447 0975, le bon numéro pour y virer 20 € et s'abonner au POISCAILLE.

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        En chiffres ronds, de 10.000, le nombre des abonnements à Charlie-Hebdo a bondi à 200.000, un rapport de 1à 20. Comme pareille augmentation constitue incontestablement un grand événement - par l’intermédiaire d’André Gilles en charge de ceux-ci -, le Collège provincial de Liège a décidé de s’y associer en souscrivant cinquante-six abonnements destinés à chaque conseiller élu (21 PS, 17 MR, 8 ECOLO, 8 cdH-CSP, 2 PTB+). L’esprit Charlie-Hebdo va-t-il déteindre sur les interventions des conseillers ? Si oui, les galeries du public seront combles et la tribune de presse davantage fréquentée !

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        Tant qu’à traiter de presse satirique, évoquons celle de chez-nous, Le Poiscaille (1). Apparu sur le Net en février 2010, sous forme papier en octobre de la même -Le Poiscaille, première mouture est un authentique collector. Cinquante exemplaires (non) numérotés, huit pages en noir et blanc au prix de 50 eurocentimes !

        Aujourd’hui, ce journal satirique cent pour cent liégeois œuvre de jeunes pros vit une double crise, existentielle et économique. Crise existentielle propre aux êtres de qualité : à quoi bon être les meilleurs dans ce monde de … ?, crise accentuée par le petit nombre d’abonné(e)s qu’en toute transparence, ils avouent, 180. Leur souhait, en avoir 1000.

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         Dans le dernier numéro (paru) – le 42 sorti le 19 janvier -, les rédacteurs et les caricaturistes multiplient les appels aux abonnements. Trop de modestie et un rien de timidité leur font omettre d’indiquer, au premier coup d’œil, le numéro de compte. Il s’agit du BE05 0688 9447 0975.  Un bon mouvement, virer 20 € au BE05 0688 9447 0975. L’esprit Poiscaille le mérite. L’esprit Poiscaille est aussi un grand événement.

 

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(1)  Le Poiscaille – 17 Bd Saucy, 4020 Liège – Tél. 0473 27 84 38 - lepoiscaille.be – 3€50 le numéro – abonnement un an, 20€ - compte BE05 0688 9447 0975 - redaction@lepoiscaille.be

20:24 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, francophonie, Liège, Media | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 31 décembre 2014

Hubert Grooteclaes, l'autodidacte d'Aubel, créateur de l'école liégeoise de la photographie universellement reconnue !

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        Deuxième rétrospective à Liège de l’œuvre  du photographe Hubert Grooteclaes (1). La première a eu lieu, il y a plus d’un quart de siècle, en 1987, en la salle Saint-Georges. À l’époque,  Grooteclaes a déclaré : Rétrospective ? Une façon agréable de sentir que l'on devient vieux. Aujourd’hui, sa voix d’outre-tombe dit : Rétrospective ? Une façon agréable de sentir que l'on reste jeune !

        Outre ses deux rétrospectives liégeoises, l’artiste a, à son actif, 102 expositions. Je ne tiens déjà pas compte des expositions de groupe. C'est ridicule. Je ne tiens compte que de mes expositions personnelles (…) Je suis un orgueilleux, ça sûrement …c'est pas un défaut.

        102 expositions, un peu partout dans le monde, notamment à Paris, Londres, Turin, Washington, Tokyo, Hiroshima, Lille (Festival anarchiste).  Une morale de l'anarchie ne peut se concevoir que dans le refus. C'est en refusant que nous créons. Je vous parlerai plus volontiers de beauté que de technique. C'est pour moi l'essentiel. Elle me permet de sublimer l'ordinaire en marge des conneries quotidiennes. Je m'efforce toujours d'asseoir la photographie comme une fête de l'intelligence.

        Pour ses vingt ans, sa maman offre à son fils, orphelin de père dès l’âge de six ans, un Zeiss Ikon. Depuis la fin de sa poésie au collège Saint-Hadelin, à Visé, Hubert Grooteclaes assiste sa maman, fromagère à Aubel. Il continue d’exercer ce métier jusqu’à ses vingt-sept ans. La photo est son hobby.  Il en fait son boulot, son art.

        Le 14juillet 1963, son ami Léo Ferré  (2) le qualifie l’homme avant le déclic, pour être le vol avant l’oiseau qui doit sortir forcément de vos boîtes amicales.Vingt ans plus tard, le Liégeois Joseph Orban écrit : quand Grooteclaes déclenche son obturateur, ce n'est pas une machine qui bâille, c'est un cœur qui impressionne la lumière. Des mots qui font mouche auprès d’Hubert Grooteclaes ; Je crois qu'un artiste demande à être aimé. C'est tout (…) déjà de rencontrer des gens qui aiment bien ce que vous faites, c'est agréable.

       Le paradoxe de Grooteclaes, l’autodidacte, c'est d’être à l’origine de l’école liégeoise de la photographie en enseignant à l’École Supérieure des Arts Saint-Luc de Liège. La prise de vue, c'est vite fait (…) C'est alors que c'est difficile. Après, c'est tout noir, tout seul dans le noir. Recommencer, ne jamais être content. De ses étudiants, Grootclaes demande qu’ils soient passionnés (…) J'essaie qu'ils aient un jugement juste pour la photo. Et ça, c'est déjà difficile. Il faut savoir ce qui se fait un peu partout. Il faut s'être trompé très souvent et se remettre en question, toujours. Ne jamais être sûr de soi...  j'essaie que mes élèves puissent montrer leurs photos à Amsterdam, à Milan, à New-York sans qu'on leur rie au nez. C'est difficile, mais c'est comme ça. Autrement, si vous voulez plaire à Amay, ou à Houtsiplout, c'est facile: il ne faut pas surprendre.

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(1)  Rétrospective Hubert Grooteclaes – Grand Curtius, Féronstrée 136 – Jusqu’au 8 février 2015 – fermé le mardi

(2)  Apéro littéraire musical, le 16 janvier 2015, 18h – Grand Curtius - Erno le Mentholé face à Léo Ferré

      Hommage à Léo Ferré, le 18 janvier 2015, 20h30 - Théâtre de Liège - Relecture d’œuvres de Ferré en jazz par Gianmaria Testa, Paolo Fresu, Roberto Cipelli, Attilio Zanchi, Philippe Garci - Réservation Aquilone 0496 21 50 46 et Théâtre de Liège 04 342 00 00 - PAF 25 €

 

 

 

18:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 21 décembre 2014

Suspense : quelle sera la personnalité de Liège 2014 ?

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        La parité homme/femme n’a pas été respectée par les organisateurs de la 27ème édition de l’élection du Liégeois de l’année 2014 qui ont soumis aux suffrages 6 femmes face à 24 hommes. 20% de nominées alors qu’elles sont majoritaires (50% 70) au sein de la population de la ville de Liège en 2013.  

        Il est vrai que l’appellation datant du siècle dernier est demeurée la même au fil des ans alors que diverses modifications ont cependant été apportées au long du temps.

        Le changement le plus important de cette année a été l’introduction d’une nouvelle catégorie regroupant des personnalités éminentes du commerce. Dans cette catégorie, les femmes l’ont emporté nettement. Parmi les six noms proposés – 2 hommes, 4 femmes -, les électrices et électeurs ont amené en finale du scrutin trois femmes dont l'une sera LA Liégeoise de l'année 2014 dans sa catégorie. À moins que le jury des médias ne la consacre LIÉGEOISE DE L'ANNÉE 2014 ...

        Autre enseignement à retirer de la 27ème  édition, l’élimination de grosses pointures nominées qui, pourtant, ont cherché à mobiliser leurs réseaux en vue, légitime, de s’assurer leurs votes quotidiens.  It's a game !

12:17 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 06 décembre 2014

chi va piano va sano certes mais il faut aller vite avec les Amis de l'Orchestre pour acquérir le nouveau piano !

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        Le grand piano de concert Steinway de l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège (OPRL) présente quelques signes de fatigue. Depuis 1992, il réjouit l’ouïe de tous les mélomanes qui fréquente la Salle Philharmonique du boulevard Piercot. Il a été décidé de le remplacer.

        Mais un nouveau piano coûte cher 100.000 €, une somme qui ne se trouve pas sous les pieds d’un cheval. Aussi Les Amis de l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège ont décidé d’endosser le harnais pour soutenir  l'OPRL et témoigner une fois encore que l’amitié n’est pas un vain mot. Depuis leur fondation en 1988, ils ont déjà offert quelques 300.000 € à l’Orchestre de leur cœur.

        Durant la saison 2014-2015, les Amis de l’Orchestre (1) construisent le nouveau piano en proposant d’acquérir symboliquement des éléments constitutifs du nouveau. Ceci va de l’acquisition d’une des 52 touches blanches au coffre. Les prix varient. La touche blanche vaut 30 €, la noire 45€. Ceci va à l’encontre de la règle bien connue : une blanche vaut deux noires mais la relative rareté des touches noires – 36 – justifie le prix.

        La vente symbolique doit, selon nos calculs, rapporter 30.720€.  Chaque contributeur  qu’il ait acquis une touche, un marteau (80€), une pédale (500€), le tabouret (1.000€), le couvercle (3.000€), la table d’harmonie (5.000€), le cadre en fonte (8.000€) ou le coffre (10.000€) est invité pour un récital exclusif  lors de l’arrivée du nouveau piano. De plus, son nom sera cité dans les remercîments.

(1) Contact : Guy Delville, Président des Amis de l’Orchestre guy.delville@skynet.be  – BE70 1960 2954 3225

21:43 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Liège, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 28 novembre 2014

Aux urnes citoyens, il vous appartient de choisir la Liégeoise ou le Liégeois de l'année 2014 !

         2014 a été une année électorale par excellence. En mai, il y a eu un triple scrutin vue de choisir les mandataires au Parlement européen, à la Chambre et à la Région. Et pour les plus Belges de la Belgique à savoir les germanophones, en prime, une quatrième élection visant à désigner leurs représentant(e)s au Deutschsprachige Gemeinschaft Belgiens. Voici, de la fin novembre à décembre, le scrutin  en vue de choisir la Liégeoise ou la Liégeoise de l’année 2014. C’est la vingt-septième fois que Liège et le monde entier sont invités à participer à ces élections.

        Il s’agit d’un événement durable donc plus de papier à découper comme autrefois. Tout se fait par internet - http://www.sudinfo.be . La règle ne varie guère. Des consœurs et confrères de Vlan-Spectacle Liège,de La Meuse, de RTC-Télé-Liège et de Vivacité ont sélectionnés trente personnalités liégeoises sans nécessairement les prévenir. Les sélectionneur(e)s les ont rangés comme d’habitude en cinq catégories. Surprise, cette année-ci les politiques exunt. Elles/Ils sont remplacé(e)s par des commerces locaux. Comme le précise Christine Rasir : pour un journal publicitaire comme le nôtre, il est en effet tout indiqué de mettre ainsi en valeur les commerces liégeois qui ajoute-t-elle ont innové ou qui ont fait preuve d’originalité durant l’année écoulée.

        La formule du crochet lancée en 1931 refaisant fureur en ce début du 21ème  siècle, les éliminatoires, déjà en place  les années antérieures, sont conservées. Des six candidat(e)s par catégorie présenté(e)s la première semaine, il n’en reste que cinq en lice la deuxième semaine. L’éliminé(e) est celui/celle recueillant le moins de votes. Il en est ainsi jusqu’à la semaine du 15 décembre. Le suspense va en s’accélérant. Clôture du vote le dimanche 21 décembre à minuit pile. Le public détermine qui l’emporte dans chacune des catégories. Il appartient au jury des quatre rédactions de choisir la Liégeoise ou le Liégeois de l’année 2014.

        Le système électoral moderne prévoit que chaque candidat(e) ne peut recevoir qu’une voix de chaque électrice ou électeur. Le système électoral imaginé pour choisir celle ou celui qui sera sacré(e) Liégeois(e) de l’année est totalement différent. Le/la sélectionné(e) peut recevoir une voix par jour soit vingt-huit voix de chaque électrice ou électeur ! Le suffrage plural en vigueur fin 19ème s’est contenté de trois voix.

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mardi, 11 novembre 2014

14 novembre 2014 : Centenaire du Corps consulaire de la Province de Liège.

        La première phrase du préambule de la Convention de Vienne sur les relations consulaires rappelle que depuis une époque reculée, des relations consulaires se sont établies entre les peuples. Le préambule se dit persuadé que la Convention va contribuer à favoriser les relations d'amitié entre les pays, quelle que soit la diversité de leurs régimes constitutionnels et sociaux. Parmi les nombreuses fonctions imparties aux consuls figure notamment celle de prêter secours et assistance aux ressortissants, personnes physiques et morales, de l'État d'envoi.

        Trois mois, jour pour, après le massacre de la place de l’Université en août 1914, les consuls en poste à Liège – une quarantaine – se rassemblent afin d’unir leur force sous la présidence de Gustave Ghilain, consul des États-Unis Mexicains. Dans un discours mémorable prononcé le samedi 8 mars 1919, celui-ci a fait le bilan de l’action des consuls durant le conflit. Nous devons pourtant constater que les autorités occupantes nous ont reconnu, pour nous et pour nos nationaux, certaines prérogatives que nous avons obtenues en nous appuyant les uns sur les autres. Le Président Ghilain de mettre en exergue certaines actions en faveur de la Belgique telle celle du consul des Pays-Bas neutres au conflit ;  En s'appuyant sur les textes en vigueur, Mr Oudenne a su empêcher les charbons belges de passer en Hollande et que les graviers prétendument destinés à la réfection de nos routes, soient dirigés au front pour servir à la construction et à la consolidation des tranchées allemandes.

        Conscient de l’importance représentée par ce Cercle consulaire appelé par la suite Corps consulaire de la Province de Liège, son Bureau – le Doyen, Fernand Goffioul (Espagne), le Vice-Doyen Sidi Nour El dine El Alaoui (Maroc), le Secrétaire Général Didier Bronne (Norvège) et le Secrétaire Général adjoint Jean-Marie Roberti (Mexique) – a décidé de marquer le Centenaire de leur institution d’un éclat tout particulier.

        Sous la Présidence d’honneur de Dimitris Avramopoulos – Commissaire européen aux Migrations et Affaires intérieures – et de Didier Reynders – Ministre des Affaires étrangères -, tous deux anciens consuls à Liège, la journée du Centenaire, le vendredi 14 novembre 2014, met en valeur les divers atouts du Pays de Liège. Atouts économiques, patrimoniaux, culturels et institutionnels – Wallonie, Université, Province, Ville – sont présentés aux 21 ambassadeurs de 20 pays par les 52 membres du Corps consulaire de la Province de Liège.

        21 ambassadeurs de 20 pays, le rapport peut sembler bizarre à première vue. Mais il convient de se souvenir que Bruxelles, capitale du Royaume, est aussi le siège de l’Union Européenne, de l’OTAN, institutions auprès desquelles sont accréditées diverses délégations dont le chef a rang d’ambassadeurs. C’est notamment le cas de la Finlande qui dépêche à Liège S.E. Per-Mikaël Engberg, ambassadeur auprès du Roi et S.E. Madame Pia Rantala, ambassadeur auprès de l’OTAN. Pour être précis et un rien people, Per-Mikaël et Pia sont époux. Per-Mikaël confesse il nous est particulièrement important de pouvoir profiter pendant nos vacances d’été de notre chalet situé dans l’archipel de Turku ; quant à l’hiver, nous nous sommes habitués au fil des ans à passer une semaine de ski dans les Alpes.

        Le public est convié à visiter une exposition en la Salle des Professeurs (1) où sont présentés la plupart des 46 pays qui ont fait choix permanent de la Province de Liège à travers les 52 personnalités du Corps Consulaire centenaire. Le public est également invité à 15 heures, à la Salle Académique de l’Université de Liège pour y entendre notamment Paul Delforge de l’Institut Jules Destrée retracer l’histoire consulaire au Pays de Liège.

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(1)    Exposition accessible de 10 à 18h le 14 novembre 2014.

16:12 Écrit par Pierre André dans Actualité, Liège, Université | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 02 novembre 2014

La chronique de Marcatchou : UNE PLACE AU SOLEIL (3)

UNE PLACE AU SOLEIL (3)

        Les avatars de la place de l’Yser Depuis le régime français qui a balayé les corporations et les ordres religieux, une Commission des Hospices Civils gère l’assistance aux pauvres et aux malades. Je vous fais grâce du demi-siècle de palabres, rapports, projets et contre-projets qui, au temps de Malvoz opposèrent souvent les administrateurs de Bavière aux professeurs de la Faculté de Médecine sur l’opportunité de construire ailleurs un nouvel hôpital ou d’agrandir l’ancien.

        Le 26 septembre 1895, les sœurs hospitalières (les Augustines de Bavière), l’aumônier, les infirmiers, garde-malades et gardes de nuit, les jardiniers, le maréchal-ferrant, le palefrenier et lacouturière quittent officiellement « li vî Bavîre ». Une page se tourne…

        En passant rue Ernest de Bavière, arrêtez-vous devant la façade Art Nouveau de l’immeuble n°9 :à hauteur du deuxième étage, un panneau fait de carreaux de céramique montre, en l’idéalisant quelque peu, le « palais d’Outre-Meuse » qui se dressait encore à deux pas de là, en 1903, quand le propriétaire fit construire son immeuble.

        Bien avant l’exode du personnel et des malades vers le nouvel hôpital, aux anciens prés Saint-Denis, la sauvegarde de la maison Porquina vait agité l’opinion. Animée par l’historien Charles-J Comhaire, la société « Les Amis du Vieux Liège » avait lancé une pétition  et remué ciel et terre pour obtenir la conservation de la fameuse « mohone di marbe ». En 1897, il insistait dans la presse sur l’importance artistique et historique du bâtiment : « Les locaux pourraient être appropriés à peu de frais à de nombreux services communaux. (…) Dans les 2 grandes salles du vieil hôpital d’Ernest de Bavière et dans la chapelle du chanoine Didden, un magnifique musée de tableaux et d’estampes, etc.

C’était trop beau, trop simple, trop cohérent, trop avantageux… Le combat pour la Maison Porquin fut exemplaire et vain. L’institut Archéologique Liégeois, la Commission des Monuments, la presse unanime, des groupements artistiques, des associations locales se dressèrent sur la route des vandales officiels. Peine perdue. L’échevin des travaux laissa aux intempéries le temps de ruiner l’édifice. Un jour, on devait s’apercevoir que la pauvre Maison Porquin constituait un danger pour la sécurité publique. Air connu

MARCATCHOU

 

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dimanche, 19 octobre 2014

La chronique de Marcatchou : UNE PLACE AU SOLEIL.

UNE PLACE AU SOLEIL (1).

        Sur la place de l’Yser, l’entrepreneur de démolition Castagnetti castagne ferme contre les structures de l’ancien « Nouveau Gymnase », devenu Théâtre de la Place, et dans un ultime avatar le Théâtre à la place… scène ouverte, « autogérée » où se succédèrent le meilleur et le pire du répertoire engagé, créations, happenings, etc. Cette place avec sa couronne d’arbres, qui devait être un poumon vert au cœur du Djus-d’là, en aura vu de toutes les couleurs, depuis son revêtement de cendrée rouge sur lequel se disputait le championnat provincial de pelote. Il nous faudra cependant remonter haut dans l’histoire –la grande et la petite- pour comprendre l’importance de cet endroit, l’intérêt que lui portent les habitants de la rive droite, et les enjeux des futurs aménagements. Êtes-vous disposés à me suivre au long de deux ou trois chroniques ? En ce début d’automne, je veillerai à ce que les pages du livre d’histoire(s) que nous tournerons ensemble ne soient pas des feuilles mortes. Pour y mettre de la vie et du bruit, retrouvons Castagnetti  aux prises avec ce théâtre préfabriqué, copie conforme d’une maison de la Culture, de Nice.

        Elle fut importée dans l’urgence, pour pallier la disparition du Gymnase, tombé au champs d’horreur du chantier de la place Saint-Lambert, avec les Degrés-Saint-Pierre, le square Notger et son magnolia qui fleurit encore dans nos souvenirs. Ce théâtre de comédie « ad intérim » était prévu pour une durée de vingt ans. Il eut largement le temps de s’enraciner, si l’on se souvient des tergiversations du pouvoir communal avant de décider sa démolition. Si l’on en croit aussi les moyens techniques mobilisés par Castagnetti.

        Mais laissons-là conteneurs et charroi, grues et bulldozers pour remonter dans le temps et retrouver ces lieux à l’époque des biefs et des moulins, dans un Outre-Meuse demeuré champêtre, quand il faisait partie de l’archipel que dessinaient alors les nombreux bras de l’Ourthe. Au milieu du XVIIe siècle, Bernardin Porquin, un banquier d’origine lombarde, fit bâtir sa maison de campagne sur cette île idyllique, baignée par les eaux du Barbou. Construite pour l’essentiel en pierre calcaire, elle impressionna les bonnes gens de l’endroit qui l’appelaient « li mohone di marbe ». On ne prête qu’aux riches, n’est-ce pas ? Les armoiries de Bernardin Porquin se remarquent dans un vitrail de la chapelle de Bavière : elles montrent un porc, du plus beau noir. Oui, un cochon, comme son nom francisé vous le laissait (peut-être) supposé… (à suivre)

    

Marcatchou

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dimanche, 12 octobre 2014

La chronique de Marcatchou : LES AMIS BELGES

LES AMIS BELGES

         Ces derniers jours de septembre, une belle délégation de la Commune libre de Saint-Pholien-des-Prés, en grande tenue comme il se doit, participait au XIVème Etats Généraux des Républiques et Communes libres de France, à Tulle, la capitale du Bas Limousin, où toutes les vaches sont rousses. Les cruciverbistes et amateurs de charades connaissent bien cette cité d’origine gallo-romaine réputée «  la ville la plus légère de France », parce qu’elle est la patrie des dentellières. Le fameux « point de Tulle » n’a plus de secret pour les dames de notre délégation.

         Si nous avons tourné le dos aux fêtes de la Communauté, à Namur comme à Bruxelles, c’était pour la bonne cause : représenter notre petit pays de cocagne au sein des « Etats libres » parmi les citoyennes et citoyens des Communes libres de Sabatas (Chomérac), des Trois Bagnoles (Nancy), du Safranier (Antibes), de la Citadelle (Montbéliard), du Vieux Mans, de la gare de Bandol, de la république des Canuts (Lyon) et d’une dizaine d’associations de joyeux drilles dévoués à leur terroir. Nous avons tenté à Tulle, comme à Lyon et à Montbéliard, de préciser que, bien sûr, nous sommes heureux et fiers d’être « les amis belges », mais que nous sommes aussi « les amis wallons » et surtout « les amis liégeois », citoyens d’une principauté millénaire.

        Avons-nous été entendus ? Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. Nous avons misé sur la mémoire et la reconnaissance du ventre, en distribuant aux notables locaux et aux 17 délégations des bâtons de « Café Liégeois », accompagnés des armoiries de Saint-Pholien-des-Prés et de la Cité Ardente. Pas le logo débile, « le doigt d’horreur » adopté par le conseil communal contre l’avis de la majorité des « Lîdjwès, fîrs di l’èsse », mais notre blason historique portant le Perron d’or. En attendant son retour en grâce à la Violette, il figurera, avec sa Légion d’honneur, en bonne place dans 17 mairies folkloriques de France. Au moment du départ, nos camarades se pourléchaient encore les babines. « Au revoir chers amis belges, et merci ! » nous ont-ils lancé. Petite leçon d’humilité que nous rapportons aux gros bonnets de la Communauté. Il y aura longtemps encore du pain sur la planche… Et du Café liégeois !

                                MARCATCHOU 

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mardi, 30 septembre 2014

1914 : Août et septembre au jour le jour à Liège.

        Le vendredi 7 août 1914, l’agence de presse berlinoise Wolff  lance une dépêche : la forteresse de Liége est prise (…) Ce matin, à 8 heures, la forteresse était au pouvoir de l’Allemagne. Elle signale également que Guillaume II, a accordé pour ce haut fait d’arme, l’Ordre Pour le Mérite au général d’infanterie Otto von Emmich. Si, effectivement, Liège est aux mains des Allemands, la PLF (Position fortifiée de Liège) résiste, les forts tiennent bon. Le Tzar Nicolas félicite le Roi Albert et le Président Raymond Poincaré octroie la Légion d’honneur à Liège.

        Le mercredi 19 août 1914, le Nieuwe Rotterdamsche Courant annonce qu’à l’usine Cockerill, les ouvriers refusent de fabriquer des munitions pour les Allemands. Le colonel Keppel propose, en vain, d’augmenter leur salaire de 50%. En vue de les séduire, ce colonel leur signale avoir été  Attaché du Gouvernement allemand à l’Exposition de Liége. Effectivement, en 1905, il a succédé en qualité de Commissaire général de la section allemande à M. Riese - directeur général des Deutsche Waffen und Munitionsfabriken - décédé. Mais la présence allemande à l’Expo a été exclusivement d’ordre privé car le gouvernement Impérial crut devoir s’abstenir d’une participation officielle qui eut entraîné le monde industriel dans une entreprise dont le succès ne semblait pas devoir payer les frais !

        Le jeudi 20août 1914, le massacre de la Place de l’Université a lieu. Le commandement de la place de Liège, le major Bayer, s’en explique : c’est moi qui ai fait régner l’ordre le 20 août à Liège. Il le fallait bien, on tirait sur nous. Des Russes ont tiré à bout portant sur nos hommes. Réplique du conseiller communal socialiste Clajot : Singulière façon de vous venger en faisant massacrer des Espagnols et des Liégeois.     

        Le vendredi 21 août 1914, le bourgmestre Gustave Kleyer fait apposer cet avis à la population : Les portes d’entrée  des maisons doivent rester ouvertes toute la nuit. Les fenêtres de la façade vers la rue doivent être éclairées ; les volets, les persiennes, resteront relevés. La circulation cessera à partir de 7 heures (heure allemande) (6 h. belge).  Les cafés seront fermés à la même heure. En revanche, à Herve, autre affiche signée l’échevin Cajot et le juge de Francquen : PAR ORDRE DE L’AUTORITÉ ALLEMANDE  À partir de 8 heures du soir (7 h. belge) il ne peut plus y avoir de lumière aux fenêtres des maisons de la ville de Herve. La patrouille a ordre de tirer dans toute fenêtre éclairée, donnant sur la rue. L’Allemagne pratique l’heure d’été et Belgique pas. D’où, ce double horaire.

        Le mercredi 2 septembre 1914, pour la troisième fois, les Liégeois propriétaires de chevaux doivent venir, avec harnachement et selle, les présenter place Saint-Lambert. Le général Kolewe prévient : Pour tout cheval utilisable qui sera soustrait à cette revue, la ville aura à payer une amende de 1000 francs.

        Le samedi 5 septembre 1914, le pont de bateaux établi sur la Meuse à proximité du Pont des Arches est démantelé de sorte que la navigation des péniches est rétablie.

liebknecht.jpg         Le lundi 7 septembre 1914, le fils de Wilhelm Liebknecht, co-fondateur en 1863 du parti social-démocrate, Karl Liebknecht, député au Reichstag descend au Grand Hôtel, Place Verte. Sans nouvelle de son beau-frère Beba, un étudiant russe à l’Institut Montefiore, il vient s’enquérir de la situation auprès des camarades socialistes dont les députés  Léon Troclet, Joseph Bologne et le conseiller communal Clajot.  En compagnie des deux derniers, il se rend, le mardi, à Namur en passant par Andenne, ville martyre. Karl Liebknecht demande un rapport sur ces atrocités. Il obtient du colonel Renner, la libération d’Andennois, prisonniers à la Chartreuse. Au retour de Namur, le mercredi, il loge au Grand Hôtel et prévoit le lendemain de se rendre à la Maison de Peuple à Bruxelles en s’arrêtant à Louvain.

         Le jeudi 10 septembre 1914, à hauteur de Tirlemont, la voiture se trouve devant des soldats allemands qui déplorent la mort de trois des leurs, victimes de francs-tireurs. Déjà, des fermiers flamands sont arrêtés. Un interrogatoire approfondi – la présence parlementaire  a du bon - les disculpe. Les auteurs de l’embuscade sont des soldats belges. D’autres soldats belges surgissent. C’est la débandade du peloton germain. La voiture de Karl Liebknecht et ses deux cicérones liégeois parvient, via Wavre, à rejoindre, à 16h, la Maison du  Peuple où les attendent le SG du POB, Laurent Vandersmissen et Kamiel Huysmans, Secrétaire du Bureau socialiste international.Horta.jpg

Aux élections de 1912, le SPD a récolté plus d’un tiers des suffrages (110 parlementaires sur les 397du Reichstag) et le parti catholique – Zentrum – avec moitié moins de voix parvient à obtenir 91 sièges. Les socialistes belges reprochent à leur interlocuteur le vote de crédits militaires par des élus SPD. Karl Kiebknecht explose : est-ce que l’on peut vraiment croire que moi, Liebknecht, fils de  Wilhelm Liebknecht, je pouvais voter les crédits de guerre ? Après avoir trouvé le gite chez Huysmans, il ramène ses cicérones à Liège et leur donne une recommandation : un conseil, beaucoup de calme, beaucoup de prudence.

        Le samedi 12 septembre 1914, l’usine à gaz de la rue des Bayards fonctionne à nouveau. C’est un mieux pour les Liégeoises et Liégeois.

        Le lundi 14 septembre 1914, la circulation est autorisée jusqu’à 20h. (h. allemande). Il n’est plus nécessaire de laisser les fenêtres éclairées et les portes d’entrée ouvertes.

        Depuis l’arrivée des Allemands à Liège, la langue wallonne est de plus en plus pratiquée à Liège. Nos concitoyen(ne)s se méfient d’être entendu(e)s par des oreilles malveillantes lorsqu'ils commentent des faits de guerre telle la victoire de Joffre sur la Marne, rapportés par la presse étrangère importée clandestinement.

        Le jeudi 17 septembre 1914, il est interdit de conduire une voiture, une moto, un vélo sans un permis. De même, il est interdit, sous peine d’une amende de 3000 marks et de saisie de l’appareil, de photographier sans autorisation, autorisation systématiquement refusée.

        Le mardi 15 septembre 1914, à la Maison-Blanche à Washington, le Président démocrate Wilson reçoit la délégation belge conduite par le Ministre de la Justice, Henry Carton de Wiart.  Dans Souvenirs politiques, celui-ci écrit : Le Président nous apparut  de type professoral, plutôt sec avec "la longue mâchoire à double détente" suivant une formule assez fréquente chez ses concitoyens. L'accueil qu'il nous fit fut très digne. Je donnai lecture du message solennel dont nous avions soigneusement mesuré les termes. Dans sa réponse, et à l'accent même qu'il y mit, nous sentîmes que cet homme droit comprenait tout ce que la cause de la Belgique représentait du point de vue de la justice immanente. Il marqua en effet une sympathie attentive pour l'exposé que nous lui fîmes, et au cours duquel nous lui demandâmes notamment d'intervenir pour le ravitaillement de notre malheureux pays, menacé par la famine.

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        Le gouvernement de Broqueville a décidé, début septembre, l’envoi aux États-Unis d’une mission de cinq personnes dont Vandervelde et Hymans afin de contrer la yellow press. Celle appellation d’une presse populaire et très influente vient de Yellow Kid, une série assez vulgaire lancée, en 1896, par le magnat de presse William Hearst.  La yellow press dont de nombreux lecteurs sont des descendants d’émigrants allemands arrivés aux USA à bord des navires de l’Hamburg América Line, se montre favorable aux thèses austro-allemandes. Elle a notamment publié le télégramme du Kaiser déclarant avoir le cœur brisé par les événements de Louvain provoqués par les francs-tireurs belges parmi lesquels se trouvent des infirmières et des prêtres ! La yellow press critique la venue à la Maison-Blanche de la mission belge car elle la juge en contradiction avec la déclaration américaine du 4 août de s’en tenir à une neutralité stricte dans le conflit européen.  

 

 

 

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lundi, 29 septembre 2014

L'accent liégeois, aigu ou grave ?

        Le Moniteur en date de fin septembre 1946 publie un arrêté du Régent, pris le mardi 17 septembre 1946,  stipulant : le nom de ville de Liége s’écrira désormais « Liège ».

        Cet arrêté répond au vœu d’une délibération du Conseil communal  du lundi 3 juin 1946 qui a notamment  revu une autre – datant du vendredi  9 juillet 1880 – approuvant l’orthographe « Liége » mise en évidence par une liste officielle du Ministère de l’Intérieur, poste occupé par l’éminent Gustave Rolin-Jacquemyns.

        Les conseillers communaux de l’époque choisissent Bruxelles de préférence à Paris. En 1878, dans la septième édition de son dictionnaire, l’Académie française a estimé, en effet, qu’un certain  nombre de mots se prononcent depuis longtemps avec un accent grave alors qu’ils continuent de s’orthographier avec un accent aigu. Selon l’Académie, il  convient d’harmoniser prononciation et orthographe. D’où, la profusion d’accent  grave.

        Notre consœur La Gazette de Liége s’est toujours refusé de se soumettre à la décision prise en 1946 sous le mayorat du socialiste Paul Gruselin.  Il y a quarante ans, dans la revue Si Liège m’était conté, le chroniqueur Jean Brose a relevé un détail amusant, le siège de ce journal est pourvu d’une annonce lumineuse ou Liège est indiqué avec un accent grave. Ce temps est révolu où le quotidien possède sa rédaction et son imprimerie rue des Guillemins.  Révolu aussi le temps où le quotidien liégeois se targue d’être le plus fort tirage de la Wallonie. Révolu aussi le temps où Liege s’est écrit sans accent. Ce dernier temps s’est arrêté vers 1790.     

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dimanche, 28 septembre 2014

La chronique de Marcatchou : POUR QUELLE FÊTE ?

POUR QUELLE FÊTE ?

        La communauté Française de Belgique n’a jamais suscité l’enthousiasme des Wallons, ni des Bruxellois. Quant à nos visiteurs, ils ne manquaient jamais de s’étonner en découvrant, ou plutôt en croyant découvrir une enclave française… La « nouvelle » Communauté Wallonie-Bruxelles nous parait déjà plus familière, mais la juxtaposition des exécutifs, des présidences, des assemblées, nous laisse perplexes, et nécessiterait un itinéraire fléché ou un organigramme.

        La complexité du puzzle institutionnel n’a d’égal, me semble-t-il, que la coexistence et les rivalités des « partis de couleur » dans la Basse-Meuse liégeoise et la vallée du Geer, avec les Rouges, les Bleus, les May’ tés et les Margalés… J’en passe et des plus spitants lors des cramignons !

        Restons dans le domaine de la fête. L’an dernier, un rédacteur du journal « Le Soir » comparait la fête de la Communauté à une épidurale, et le marathon des discours, dans la salle des mariages de l’Hôtel de Ville de Bruxelles à une séance publique d’endormissement…

        Que faire pour apporter à la sacro-sainte réception officielle une certaine pétulance, sinon une pétulance certaine ? J’ai bien ma petite idée. Le 27 septembre 2011, les hasards du calendrier et des éphémérides faisaient coïncider le 75e anniversaire du monument Tchantchès  et la fête de la Communauté. La Fédération des Groupes Folkloriques Wallons trouva là l’occasion d’organiser un cramignon monstre, comme au temps de l’Armistice, qui mit l’île d’Outre-Meuse en liesse. L’année suivante, La F.G.F.W. adoptait la date du 27 septembre pour sa fête annuelle. En 2013, c’est Malmédy, la Cité du Cwarmê, qui vibrait sous les sabots des danseurs de maclotes et des farandoleurs. Ce 27 septembre, c’est Namur la belle, ces échasseurs et ses quarante Molons qui accueillent les délégués du Folklore Wallon venus des quatre coins « di nosse pitite patrèye ». Et en 2015 ?

        Rien de tel que des roulements de tambours, une salve des marcheurs de l’Entre-Sambre-et-Meuse, les cris des macrales, les ricanements des hape-chair des Haguètes pour tirer les invités de la Communauté Wallonie-Bruxelles de leur fatal engourdissement. Non ?

                 MARCOUTCHOU

 

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dimanche, 21 septembre 2014

La chronique de Marcatchou : FAIRE SON BEURRE…

FAIRE SON BEURRE…

        Le mercato n’a rien du petit marché qui fleure bon les herbes de Provence, la marée et les gaufres de chasse à la cannelle faites minute. Au mercato, l’argent n’a pas d’odeur, et rien ne se mijote devant le public. Les chiffres feront sensation plus tard, étalant leurs colonnes de zéros à la une des journaux. En les traduisant en francs belges d’autrefois, je déglutis : « Fât-st-assoti ! » Je ne puis m’empêcher de comparer ces sommes dignes des nababs des émirats, le cul dans le beurre, avec les dringuelles que recevaient les champions du ballon rond de naguère. Jean Loos, ce Liégeois « tot-oute », l’entraineur mythique des « Sang et Marine » au temps du fameux doublé, au début des années ’50, me contait : « Quand je jouais en équipe première et que nous gagnions, nous recevions notre « dimanche ». De quoi nous offrir un steak, frites, salade -et un peu plus- pour nous permettre de reprendre des forces… »

        Dans le même (dés)ordre d’idées, un très humble et très petit document (5cm/10), glissé dans un livre d’occasion, me tombe dans les mains à point nommé, pour me rappeler que tout est relatif. C’est un billet de tombola émis en 1943 par le Vélo-Club de Pépinster, à l’occasion du Grand Prix de Printemps et Circuit de la Hoegne. Mon billet qui porte le n° 7152, était vendu un franc au profit du Tronc des Vieillards. Parmi les lots principaux : un kilo de beurre et 50 kilos de pommes de terre. A l’époque, ces précieux tubercules auraient tenté le diable. 7.152 amateurs avaient risqué un de nos braves petits francs pour remporter le gros lot. Il est vrai qu’en 43, seul le beurre avait le goût du beurre. Hmm ! cuites dans la cendre, du vrai beurre et du sel !

        40 ans plus tard, un de nos grands partis populaires faisait sa campagne en annonçant : « C’est le retour du cœur ! » Notre ami Joseph Ledent, personnage éminemment haut en couleur, et patron du restaurant « La Grasse Poule » retourna prestement le slogan : « C’est le retour du beurre ! » Les journaux de ce matin m’apprennent que 69% des Wallons et des Bruxellois plébiscitent le beurre pour leurs tartines. Joseph, dont le tour de taille était appréciable, n’est plus là pour savourer les résultats de ce sondage. La barbe en bataille, la voix d’un boucanier, il fut prophète en son domaine, rue de la Poule, au cœur historique de Liège.

 

MARCATCHOU    

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samedi, 13 septembre 2014

La chronique de Marcatchou : "QUI A PEUR DE L'ESPRIT RIVE DROITE ?".

QUI A PEUR DE L’ESPRIT RIVE DROITE ?

 

         « L’esprit souffle où il veut ». Si Paris s’enorgueillit avec raison de son esprit rive gauche, chez nous, l’esprit frondeur de Tchantchès règne en rive droite où visiteurs et « Djus-d’là » pur jus le ressentent comme le pigment essentiel de la couleur locale. Seuls quelques frileux et pisse-froid s’en défient. Cette frilosité aurait-elle gagné les organisateurs des Fêtes de Wallonie en Province de Liège ? Le moins que l’on puisse dire et écrire de la mouture 2014 du programme, c’est qu’il ne fait pas la part belle à la dernière grande île de Meuse. La fête du Coq snobe purement et simplement Outre-Meuse et Saint-Pholien, l’ancien quartier des tanneurs. Elle y laissera quelques plumes… On n’est pas loin de croire que certains prennent plaisir à détricoter le patchwork d’animations qui, par-delà le pont-des-Arches s’unissait aux tapis rouges du palais provincial et du village des confréries gastronomiques.

        Inutile de remonter à 1913 et à la création de l’Assemblée wallonne et du drapeau au Coq Hardy. Rappelons qu’en 1959, dès la création par la ville de l’a.s.b.l. « Les Manifestations liégeoises », le cortège folklorique du quatrième dimanche de septembre démarrait, à la nuit tombante, de la place Théodore Gobert, animant la rue Puits-en-Sock et la chaussée-des-Prés avant de gagner le Centre. Les anciens n’ont pas oublié la retraite aux flambeaux, avec le concours de l’armée, ni le feu d’artifice tiré entre la Passerelle et le pont Neuf.

        Parlons du grand cramignon d’ouverture, du vendredi soir, mis sur pied en l’an 2000, au temps du gouverneur Paul Bolland, par la Fédération des Groupes Folkloriques Wallons. Il s’échappait de l’auberge de jeunesse Georges Simenon pour serpenter au cœur de Liège  et (ré)animer le Village des Confréries. Après dix ans de bons et joyeux services, notre danse en chaîne traditionnelle fut sabotée quand on substitua aux musiciens de la Basse-Meuse une bandas incapable de donner le « Valeureux Liégeois » et noss « Tchant dès Walons » en bouquet final. Oui, ce fut le bouquet…

        Le cortège qui évoquera 1914, avec ses Lanciers et ses régiments de Ligne, ne sortira pas le 21 septembre de l’ancienne caserne Cavalier Fonck. Ce serait sans doute trop évocateur ! Quant à la brocante libre des boulevards qui, depuis trente ans, regroupe plus de 150 exposants, particuliers ou professionnels, ne la cherchez pas au programme. Elle aura bien lieu, de la Passerelle à Bavière, organisée, comme chaque année, par la Commune libre de Saint-Pholien-des-Prés. Dès 10 heures et jusqu’à l’après-midi, « Li Vî Mayeûr », Tintin et Matante Jeanne, les géants de Saint-Pholien animeront en musique ce fameux marché aux puces. Brocante libre, Commune libre, libres gens, libres propos : qui a peur de l’esprit rive droite ? pas moi, pas vous ! Alors rendez-vous dimanche 21 sur notre grand terrain d’aventure(s). Quelques emplacements sont encore… libres. Sur les boulevards : 0499/352.964 ou 04/343.18.27. Place Jehan-le-Bel : 04/365.37.31.

Et bone Fièsse à tos lès Walons (sins rouvî lès-ôtes !)

 

MARCATCHOU

  

07:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Liège | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg