vendredi, 05 août 2011
René Hainaux, co-créateur du Festival du Théâtre de Spa.
Aujourd'hui s'ouvre le 52ème Festival Royal du Théâtre de Spa (cfr l'article de Jean-Marie Roberti, "Liège 28" du 22 juin 2011).
Créé en 1959 par Jacques Huisman, directeur du Théâtre National, et son directeur-adjoint René Hainaux. Pour le grand public, qui ignore son implication dans l'organisation du Théâtre National, Hainaux est perçu - et apprécié, parfois jusqu'au fanatisme - comme l'un des acteurs principaux de la troupe. Il y a de quoi: en 19 ans, de 1945 à 1964, il jouera près de cinquante rôles différents au Théâtre National - tous parmi les premiers rôles écrit Laurent Ancion dans un ouvrage (1), en librairie, dès septembre.
Tiré à 1.000 exemplaires, la conception de l'ouvrage ne fut pas aisée. Comme l'explique dans ses Remerciements, Françoise Ponthier d'abord en résistance, René Hainaux a fini par accepter de retourner sur le chemin parcouru... pour permettre aux générations futures d'avoir des points de repères, des balises sur lesquelles s'appuyer ou se référer. Une autre façon d'oeuvrer pour l'avenir. En écho, page trois de couverture, René Hainaux déclare je n'y croyais pas, mais ils y sont arrivés!
Avant que le Festival du Théâtre de Spa ne devienne Royal, René Hainaux y a joué Oedipe à Colonne de Sophocle et Le Vieil homme rangé de Jean-Pierre Dopagne. A la question et si René Hainaux n'avait pas existé ?, Armand Delcampe, l'actuel directeur du Festival Royal du Théâtre de Spa, répond ...ce serait une blessure. Il a laissé des traces chez des gens importants à l'Insas, au Conservatoire de Liège. Il a remis en cause l'enseignement. Sans René, c'est la misère, l'enfermement, le renfermement, la méfiance, le contraire de l'ouverture. (...) Il nous montre l'exemple. Il nous indique des voies. Le plus proche de René Hainaux, c'est le griot africain. Hainaux recueille l'enseignement des siècles de théâtre et d'expériences accumulées et il les transmet.
(1) René Hainaux jouer, enseigner, chercher - Lansman éditeur - Laurent Ancion auteur - Sous la direction de Françoise Ponthier avec l'aide d'Alain Chevalier - Graphisme David Cauwe. 254 pages - 193 illustrations - 32 €
21:04 Écrit par Pierre André dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 14 juillet 2011
"L'homme qui arrêtait les trains" - Editions L'Harmattan - célébre sa Fête nationale.
En ce 14 juillet, Liège célèbre sa fête nationale à l’image de la France. Il ne manque vraiment que le traditionnel bal des pompiers du 13 juillet au soir pour que Liège soit territoire français. Comme l’a dit Abel Lurkin, il y plus de soixante-cinq ans, nous, Wallons, nous sommes des Français officieux (…). Tout est commun entre la France et nous : la langue, la pensée, le livre, la presse, la haine et le vin. (... ) Une nation, c'est bien un esprit ?
Français officieux, Louis Nisse vient de publier L’homme qui arrêtait les trains (1) à l’intention d’un Français de France. Plus exactement, les éditions parisiennes de L’Harmattan ont décidé de publier cet ouvrage qui n’est donc pas à compte d’auteur. La nuance est d’importance. En effet, le récit de Louis Nisse n’est autre qu’une analyse minutieuse de sa généalogie. Une histoire de famille qui trouve place dans la collection Graveurs de mémoire.
Né en 1944 d’une mère originaire de Pau, Louis Nisse a de la mémoire et … des photos de ses souvenirs. Ainsi le manuscrit d’une rédaction du 31 janvier 1954 ou ce bon point de l’Institut Saint-Paul proclamant naître, souffrir et mourir, voilà toute la vie de l’homme commenté simplement sanctification du masochisme.
L’homme qui arrêtait les trains, ouvrage d’un conteur qui se livre est fascinant. Liégeoise et Liégeois retrouvent au hasard des pages un Liège qu’ils ont connu. Ce n’est pas de la nostalgie mais la vérité d’un homme déclarant je ne suis pas libre-penseur. J’essaye de penser librement.
Ce 14 juillet 2011 diffère des Fêtes nationales antérieures. En effet, il est le dernier auquel assiste un consul général de France en poste à Liège. Le Ministère français des Affaires étrangères - le Quai d’Orsay – s’est montré insensible à toutes les demandes liégeoises y compris la lettre des 37 consuls à Alain Juppé (cfr Liège 28 du 20 avril 2011) de maintenir un consulat général. La France représentée à Liège depuis 1874 par un consul de carrière – le premier consul M. Chapey a été nommé à Liège il y a cent trente sept ans – d’ici quelques mois le sera par un consul honoraire. Qui sera le premier consul honoraire du troisième millénaire ? La France cherche la femme ou l’homme liégeois digne de la représenter. Suspense donc.
Le dernier consul général de France à Liège est depuis fin de l’année 2008, Zaïr Kédadouche. Français de France, il est devenu rapidement plus Liégeois qu’un Liégeois de souche. Aussi, c’est à ce double titre de Français que Louis Nisse s’apprête à lui remettre L’homme qui arrêtait les trains lors de son arrivée au Palais des Congrès pour le dîner de gala. Les Amitiés Françaises de Liège présidées par Alain Laroche ont en effet décidé - compte tenu des qualités littéraires de l’ouvrage de Louis Nisse – de mettre à la disposition de l’auteur liégeois un écran de deux mètres sur deux afin de lui permettre de diffuser un court métrage (sept minutes) présentant L’homme qui arrêtait les trains.
(1) L’homme qui arrêtait les trains – Éditions L’Harmattan, Paris – 296 pp – 26 €
01:06 Écrit par Pierre André dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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vendredi, 27 mai 2011
Avec son dernier roman "LE VERGER", Charly Dodet célèbre le Condroz.
Il y a plus de trois-quarts de siècle, Abel Lurkin a publié aux Éditions Saint-Hubert de Vervoz, Mœurs des condruses. Un merveilleux roman, remarquable description de la société condruse des années trente par un des siens. Aujourd’hui, un autre Condruse, journaliste comme Abel Lurkin mais natif de Bonsin, Charly Dodet publie aux Éditions Persée d’Aix-en-Provence, Le verger (1). Une remarquable description de la société condruse en ces années de début du XXIe siècle par un des siens.
Comme le note notre confrère Charly Dodet, le Condroz est une région typique. (…) Le Condroz a peu évolué, à l’écart des grands axes et des villes moyennes. Et les petits villages, loin de mourir (…) conservent jalousement leurs traditions et leurs bâtisses du XVIIIe siècle transmises religieusement de génération en générations. À son rythme, la région vit, imperturbablement. Mais à son rythme…
Différence entre le Condroz de Lurkin et celui de Dodet, la création, en 1973, de la race bovine bleu blanc belge. Mais, les villages n’ont guère varié, celui de Dodet est un petit village du Condroz comme il y en a tant. Un beau village, sans doute, quand il y a un brin de soleil. Derrière un rideau de haies, on voit d’abord apparaître un ensemble de toits gris lourdement posés sur d’épaisses murailles en pierre grise, blottis dans un repli du paysage, comme une citadelle.
Autre différence entre le Condroz de Lurkin et celui de Dodet. Au temps des Lurkin – outre Abel, il y a son frère Jean écrivain et régisseur des domaines du baron de Tornaco – les villages sont encore des villages avec leurs notables, les fermiers où chaque mois prête à la terre un visage nouveau, un autre habit, une voix différente au gré de la roue éternelle,(…) Et tous ces mois ont une odeur à eux. À présent, comme il est écrit en page quatre de couverture du Verger de Charly Dodet, ces villages se sont métamorphosés en petits villages-dortoirs parmi des retraités aigris, des marginaux excentriques et des navetteurs préoccupés par leur propre train-train.
Dodet et les frères Lurkin ont en commun de connaître le Condroz et ses habitants. Ce sont des écrivains ruraux à même de discerner juste, les secrets les plus intimes des personnages mis en scène. Plus de quarante ans de journalisme à Vers l’Avenir - à présent L’Avenir, filiale du groupe flamand Corelio - quotidien dirigé par le baron Philippe de Thysebaert, consacrés à vivre le Condroz et le faire revivre auprès de ses lecteurs, Charly Dodet peut se réclamer de la phrase inscrite au fronton de la maison des Lurkin, ce n’est pas aux souliers seulement que j’ai de la terre wallonne, j’en suis crotté jusqu’à la nuque.
Quelques extraits du Verger, un roman traduisant la solitude, la solidarité, la suspicion, le secret, le silence d’un petit village du Condroz comme il y en a tant. Tout d’abord, le curé : L’abbé Calibert a beau offrir un visage souriant (…) c’est pourtant un homme plus compliqué qu’il ne paraît au premier regard. Il est calculateur. (…) Mauvais perdant, il ne lâche pas facilement prise et peut déborder de ruses et d’énergie pour contrer un adversaire. Autre extrait portant sur deux voisines : Virginie est très occupée par son commerce. Olga, qui est à son travail la journée, n’a guère l’habitude de se mêler aux gens du village, même lors des fêtes. Sans déflorer Le Verger, un dernier extrait : Laissez ma fille en dehors de cela, coupe Olga. Elle est jeune, elle ne connaît personne dans le village. La journée est au lycée, et, le soir, ici avec moi. Un roman tout en finesse, à lire sur la plage ou sur une chaise-longue dans Le Verger.

(1) Le Verger – Charly Dodet – 195 pages – 17 € 50 – Également disponible en version e-livre aux Éditions Persée www.editions-persee.fr
23:39 Écrit par Pierre André dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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samedi, 07 mai 2011
Molière et les élections canadiennes.
Le Canada a voté lundi 2 mai afin de renouveler ses 308 députés siégeant à Ottawa. Pour un renouvellement, le pays n’a pas fait dans la dentelle. Le Parti Conservateur au pouvoir précédemment sans avoir la majorité l’obtient cette fois. L’Opposition officielle passe des mains du Parti libéral à celles des Néo-démocrates de Jack Layton. Quant au Bloc Québécois, il est laminé passant de 47 élus à quatre.
La composition du nouveau Parlement sera plus féminine. Un député sur quatre est une femme - très exactement 76 sur 308 – mais, à en croire un rapport des Nations unies c'est à partir d'un tiers d'élues qu'on commence à voir des changements. Y a pas de quoi pavoiser, le Canada se situe en quarantième position sur le plan des élues au niveau international.
Le pays est tout perturbé par ces résultats. Un sociologue de formation voit un vote sadique de la part des électeurs. Par ailleurs, ce sociologue est maire de Québec, membre comme Willy Demeyer de l’Association internationale des maires francophones. Régis Labeaume a confié à notre confrère Pierre-André Normandin (Le Soleil) ; Il faut vraiment être, comme dirait Molière, flat on the ground précisant C'est intéressant, ça veut dire "le monde n'est pas fou à plein temps".
Nous n’avons pas retrouvé le texte de Molière cité par le maire Labeaume. Interrogé à ce sujet, Armand Delcampe, directeur du Festival de Spa considère que la citation relève plutôt d’une œuvre de Shakespeare. Sur suggestion d’une excellente amie, nous demandons la collaboration des lectrices et lecteurs de Liège 28 afin de nous aider à résoudre ce point de culture.
20:59 Écrit par Pierre André dans Littérature, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 13 avril 2011
"La Sentence de Calliope", le premier roman de Laurence Cornet.
Naguère, à Verviers, une petite fille blonde a répété mille fois plutôt qu’une papa, maman, quand je serai grande, je serai … écrivaine ! La gamine machouille son stylo au point que l'objet a cédé sous la détermination des maxillaires; l'encre s'est échappée de son carcan, et la petite tient l'objet comme le saint Graal, sans même se douter qu'il a marqué le coin de sa lèvre. Une tache bleue sur sa bouche qui sourit, qui y croit.
Aujourd’hui, Laurence Cornet a tenu parole. Son premier roman La Sentence de Calliope (1) est paru. Un premier roman fait généralement appel à certains souvenirs personnels. Ici, rien de pareil. Il y a une intrigue et un épilogue qui atteste du goût des mots de l’auteure.
En ouvrant l’ouvrage, le lecteur est frappé par la quantité des points d’interrogations qu’il y voit. Rien de plus normal. Cette ponctuation révèle la pandémie qui frappe la langue française. Pandémie bien pire que l’irritant zut, j’ai le mot sur le bout de la langue…Si le roman n’est point avare de points d’interrogation, il donne au lecteur, en quelque sorte, l’assurance d’avoir découvert, en primeur, une nouvelle auteure dont l’avenir est empli de promesses qui ajouteront à son bonheur.
Jeune fille rangée, Laurence Cornet sert en quelque sorte l’humanité, car quel plus beau cadeau lui faire que des livres ?
(1) « La Sentence de Calliope » - 137 pages – 11€ 29

LAURENCE CORNET © photo Francine Lieutenant
20:42 Écrit par Pierre André dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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jeudi, 23 décembre 2010
De beaux livres à (s')offrir.
Au 18ème siècle, l’éditeur Everard Kints publie en cinq volumes Les Délices du Païs de Liége sous-titrés Description géographique, topographiques et chorographiques des monumens sacrés et profanes de cet evêché-principauté et de ses limites.
Publication subventionnée, dès 1736 - le tome premier est daté MDCCXXXVIII - par le Conseil de la Cité qui s’en fait livrer gratuitement quantité reliés proprement en veau, lesquels seront distribués à MM. les bourguemaîtres et conseillers régents. Le Prince-Évêque Georges-Louis de Berghes, en 1739, leur rappellent, vainement, qu’il n’est point en leur pouvoir de s’attribuer tous les ans 5.000 florins pour distribuer entre eux des livres.
Attribués au Français Pierre-Lambert de Saumery, la plupart des textes des Délices du Païs de Liége ont été rédigés, de l’avis du chevalier Xavier de Theux, par les Liégeois Guillaume de Crassier et Mathias de Louvrex. Les Délices sont illustrés de gravures tirées des dessins tracés à la plume noire, rehaussés de lavis gris, de l’artiste spadois, Remacle Leloup.
L’ancienne conservateur à la Bibliothèque générale de l'Université de Liège, madame Madeleine Lavoye, dans son introduction à une exposition Saumery et son temps présentée à Liège en 1953, écrit : Pour ma part, je serais fort tentée de croire que la signature « Remacle Leloup fecit » est celle du dessinateur. Quant au graveur, il devrait être cherché parmi les nombreux techniciens du burin qui ont travaillé à Augsbourg au XVIIIe siècle, tel J. A. Corvinus, et ont collaboré à l'illustration de nombreux recueils dans le genre des Délices, sans toujours y apposer leur signature.
Corvinus est mort trop tôt, en 1738, pour qu'il soit possible de lui attribuer la gravure des planches des 5 volumes. Notons qu'elles ont été exécutées suivant un procédé stéréotypé, qui se retrouve dans la façon de traiter le ciel nuageux, la maçonnerie des constructions et la végétation des paysages.
C'est là aussi que doit se trouver l'origine de la tradition qui veut que la fumée sortant des cheminées marque les châteaux où Saumery fut bien reçu.
Les dessins de Leloup sont vierges de tous ces détails; fumée et ciel ont été ajoutés par le graveur pour « meubler » la planche.
La virginité des dessins originaux de Leloup peut être admirée jusqu’au 2 janvier 2011, en la salle Saint-Georges du Musée de l’Art Wallon, 86 en Feronstrée (tél. +32 (0)4 221 92 31). Intitulée Florilège de Bibliophilie liégeoise, cette exposition, outre les œuvres de Remacle Leloup tirées des collections de la bibliothèque Ulysse Capitaine, met également en valeur des trésors de la bibliophilie liégeoise : manuscrits, reliures précieuses, éditions originales…

Parallèlement à cette exposition, les Éditions du Perron ( www.perron.be - info@perron.be ) publient Le Jardin des Délices de Remacle Leloup, un splendide ouvrage annoté par Christine Maréchal. Ces dessins offrent un intérêt historique et esthétique incontestable pour le patrimoine, d’autant plus que certains, non repris dans les gravures, sont jusqu’ici restés inédits. Cet inventaire détaillé et entièrement illustré analyse et commente les dessins : châteaux et grandes demeures privées, villes, villages, monastères, jardins. Véritable recensement des propriétés, il révèle aussi une étonnante prise de conscience de l’environnement. Catalogué hors-collection, ce livre (272 pages – 35€) le Jardin des Délices de Remacle Leloup est une petite merveille.

Autre édition dans la catégorie des livres qui font plaisir aux Liégeoises et Liégeois Liège belle et rebelle. Ce livre (156 pages – 23€) paraît, cela va de soi, aux Éditions du Perron habituées à publier des œuvres du dream team (© Michel Firket, Premier Échevin) Vincent Botta, photographe, et François-Xavier Nève de Mévergnies, écrivain. Après Jardins et coins secrets de Liège, Liège au fil de Meuse, Les Coteaux de la Citadelle de Liège, Joyeuse et frondeuse Outremeuse, un livre tourné vers l’avenir.
Les photos de Vincent Botta surprennent. Plus d’une révèle des coins en pleine mutation, mutation destinée à rendre Liège la rebelle plus belle encore. Quelque soit l’angle, l’avantage des photos est de rester objectif.
Le binamé texte accompagnant les photos révèle un amour fou de Liège. Fou au point d’en être aveugle. Au prétexte que la Principauté de Liège dépend du Saint Empire romain germanique, il est écrit : grande est alors (en 1905), comme depuis mille ans, la germanophilie des Liègeois. Le texte en devient quasi délirant à propos de Charlemagne. Il tourne à la Charlemagniaquerie. Un Charlemagne qui, soit dit en passant, relèverait - à notre époque - du Tribunal pénal international de la Haye pour le massacre des Saxons de Widukind, au nom de la loi du fer de Dieu qui donne le choix entre le baptême ou la mort.
Exemple de Charlemagniaquerie: la gare des Guillemins si on l’appelait gare de Liège-Charlemagne et que dans la foulée on nomme celle d’Aix-la-Chapelle Aachen-Carolus Magnus et celle de Maastricht Maastricht-Karel de Grote. Autre exemple : la statue équestre de l’Empereur réalisée au 19ème par Louis Jehotte, initialement prévue pour orner la Place Saint-Lambert, érigée en désespoir de cause sur le nouveau boulevard d’Avroy, le texte la voit, après sa restauration, sur la future esplanade Charlemagne (nom suggéré).
Le texte dispose d’une boule de cristal qui lui permet d’imaginer Liège, une Brasilia des VIII° …et XXI° siècles ? ou de voir (p.42) l’ex-conseiller provincial cdH, Marcel Stiennon, être député provincial et eurorégional. Les élections provinciales sont proches ; le dimanche 14 octobre 2012.
En publiant Le Jardin des Délices de Remacle Leloup et Liège belle et rebelle, les Éditions du Perron restent fidèles à leur politique de publication de «beaux livres» accessibles au grand public autant par leur prix que par leur contenu. Pour mémoire, rappelons un autre beau livre paru en 2010 Visé, terre de gildes rédigé par un collectif de neuf auteur(e)s sous la coordination de notre confrère Daniel Conraads (cfr Liège 28 du 01/08/2010).
20:52 Écrit par Pierre André dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 01 septembre 2010
De Tournai à Fourons...
Les vacances sont terminées. Nous les avons mises à profit, en ces temps de chaos de révolution copernicienne, pour lire, notamment, Histoire des nations belges : Belgique, Flandre, Wallonie : quinze siècles de passé commun.
C’est le seul ouvrage traduit en français de l’historien flamand Lode Wils. Le titre original est Van Clovis tot Happart.
Van Clovis tot Happart est sous-titré de lange weg van de naties in de lage landen.
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mardi, 11 mai 2010
Gildes




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lundi, 15 mars 2010
"Le petit Jésus est Juif"
Un souvenir d'enfance aux contours flous nous revient en force - bien que la finalité soit différente - lorsque nous voyons gendarmes ou CRS embarquer des manifestants. La scène se passe durant la guerre. L'obscurité est tombée. Soudain, des bruits insolites, camions, ordres criés dans la petite rue Gérardrie. Papa, maman, mes frères et moi montons à l'étage afin de connaître la cause de tout ce brouhaha. Nous voyons des soldats allemands et la porte de chez Monsieur Anatole éventrée. Sitôt qu'un soldat nous aperçoit dissimulés à la fenêtre, il crie « Raus » en nous menaçant.
La suite de l'histoire nous l'avons lue dans « Une cité si ardente... » (1) de Thierry Rozenblum consacré aux Juifs de Liège sous l'Occupation (1940-1944). Thierry Rozenblum n'est pas entré dans cette quête en historien « mais en petit-fils désireux d'offrir à mon grand-père, Szyme Yosek Rozenblum, à l'occasion de son centième anniversaire, quelques éléments documenté de notre histoire familiale ». Venu de Lodz, en Pologne, en 1918, « une nuit d'octobre 1942, il avait, lui, sauté du train ; de braves gens l'avaient recueilli et caché, et voilà tout ».
Thierry Rozenblum se plonge, durant plus de dix ans, dans les archives liégeoises, belges, françaises, polonaises, israéliennes notamment celles de Yad Vashem. Il a également cherché, à New-York, dans les documents de l'Institut YIVO qui, depuis 1925, est la référence pour étudier les Juifs de l'Europe de l'Est.
Sur les 410.232 habitants de l'agglomération liégeoise, 2.560 sont juifs. Des 823 déportés, 723 ne reviendront pas des camps de la mort. Parmi ces victimes, Monsieur Anatole, Natan Polaczek. Il sera arrêté dans le quartier Nord, à une date et dans des circonstances inconnues. Embarqué le 19 avril 1943 sous le numéro 541 dans le XXème convoi - convoi arrêté, entre Boortmeerbeek et Wespelaar à 23h30 par trois membres des Milices patriotiques pour faciliter la fuite de prisonniers embarqués à bord. Les dernières informations relatives à Natan Polaczek datent du 15 juillet 1943. Il est à Birkenau. Sa femme et ses trois enfants trouvent abri auprès des sœurs franciscaines à Banneux.
Outre Monsieur Anatole installé au 18 de la rue Gérardrie, il y a une autre famille juive au numéro 15, les Gutelman. La maman Rywka est arrêtée le 11 septembre et embarquée le lendemain dans le IXème convoi. Elle porte le numéro 436. Son mari et ses deux enfants échappent à l'arrestation.
Le livre de Thierry Rozemblum évoque le climat antisémite qui règne dès avant la guerre. Il est sévère envers les autorités communales liégeoises. Celles-ci appliquant « la politique du moindre mal » se sont, certes, montrées « indociles » dans certains domaines. « L'obstruction administrative menée par le bourgmestre Bologne est pourtant restée prudente et circonscrite à un nombre limité de domaines. En certaines matières faisant l'objet de demandes impératives des Allemands, il s'est moins irréductible que dans d'autres. (...) c'est sous son maïorat que l'administration communale va créer et mettre régulièrement à jour le registre des Juifs qui scelle irrémédiablement le sort de ces derniers ».
Dans les jours qui suivent l'ordonnance du 1er juin 1942 imposant le port de l'étoile jaune, « Joseph Bologne, qui avait jusqu'alors fait exécuter sans discuter les mesures anti-juives, esquisse pour la première fois un geste de mauvaise grâce. Le 9 juin, il écrit, à l'Oberkriegsverwaltungsrat (conseiller de l'administration militaire) Busch : "Il me revient de source sûre qu'à Bruxelles, la Kommandantur se charge de la distribution de ces insignes. J'aime à croire que vous voudrez bien prendre la même mesure à Liège, car il nous serait pénible de devoir nous-mêmes procéder à la remise desdits insignes". .
Premier socialiste à devenir mayeur de Liège, Joseph Bologne, en 1942, voit mis fin, par les autorités allemandes, à ses « fonctions de bourgmestre de Liège à la date du 1er novembre »
Les 1737 Juifs liégeois qui échappent à la déportation trouvent refuge auprès de mouvements de la Résistance ou chez des particuliers tel Marcel Arnoldy , des « Justes parmi les Nations » (cfr « Liège 28 » 25/05/2009). Parmi ces mouvements de Résistance, le CDJ (Comité de défense des Juifs) dont a fait partie l'instituteur qui nous appris à lire, écrire, calculer. Monsieur Daniel qui n'a eu de cesse de nous dire, avant de prendre le maquis, : « N'oubliez jamais que le petit Jésus est Juif ».
(1) « Une cité si ardente » - Thierry Rozenblum - Ed. Luc Pire - 238 pp - 29€ . Un DVD « Nous nous souviendrons », Mémorial des Juifs de la région liégeoise assassinés par les nazis 1940-1945 est joint au livre.
14:02 Écrit par Pierre André dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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vendredi, 15 janvier 2010
"Les Pianistes du fleuve", premier fascicule de la trilogie "Des ailes pour l'éternité" de Julien Moës.

Joseph Daussoigne-Méhul, premier directeur du Conservatoire royal de Liège.
Copyright Conservatoire royal de Liège - publié avec l'autorisation de M. Philippe Gilson, bibliothécaire CRLg.
Le 10 avril 1790, à la tribune de l'Assemblée nationale, l'abbé Grégoire - une figure marquante de la Révolution française - proclame « le passé doit être le conseil du présent et de l'avenir ». En 2009, la préface de la trilogie « Des ailes pour l'éternité » de Julien Moës est dans le droit fil de l'abbé Grégoire ; « à l'heure ou notre Province cherche à aller toujours plus loin, toujours plus haut, cet ouvrage peut aussi nous inspirer et nous projeter dans le futur ». La préface est signée André Gilles, Président du Collège provincial et Paul-Emile Mottard, Député provincial.
Le premier fascicule porte le titre « Les Pianistes du fleuve » (1). L'histoire débute en 1777. Francois-Charles de Velbruck est Prince-Evêque. A sept kilomètres de Maastricht qui fait partie de la Principauté de Liège, se situe Gronsveld dont l'église est décorée d'un tableau du Liégeois Englebert Fisen et les orgues dues à un autre Liégeois, Philippe Le Picard. Dans ce petit village, en bord de Meuse, vit la famille de Johannes Van den Boorn. Celui-ci « n'hésitait pas, dans une société très conservatrice, à affronter la noblesse pour défendre les plus faibles ». Johannes devient bourgmestre en 1785 et le demeure jusqu'à l'arrivée des troupes françaises.
Au départ des Français et suite à l'abdication en avril 1814 de Napoléon, son fils Christian Van den Boorn devient, à son tour, bourgmestre de Gronsveld. Il conserve la charge jusqu'à son décès en 1841. En 1822, le bourgmestre que désormais on nomme bailli, épouse Florence de Brienen, une aristocrate dont la famille remonte au XIème siècle. Ce mariage a eu lieu bien que, malgré la Révolution française, « il s'avérait impensable qu'un membre de la noblesse épouse un roturier ». Le papa de Florence partage cet avis mais il a l'intelligence de ne pas se brouiller avec sa fille.
« La révolution des idées, celle de la fin du siècle des Lumières forma les mœurs d'une famille dont les piliers, Christian et Florence, intelligents et cultivés, se trouvaient issus de deux classes sociales différentes mais qui apportèrent aux enfants tout un patrimoine intellectuel, culturel et moral. Ce couple soufflait à l'époque un esprit humaniste, égalitaire, souhaitant l'émergence d'une nouvelle société où leurs enfants puisèrent les sources mêmes de leurs espérances dans la vie et dans l'homme ».
En 1844, deux des quatre fils Van den Boorn, Jean et Edouard, s'en viennent à Liège, en bord de Meuse, afin de suivre les cours au Conservatoire dirigé pat Joseph Daussoigne-Méhul. Celui-ci est le neveu et fils adoptif d'Etienne-Nicolas Méhul, compositeur du « Chant du départ », hymne du Premier Empire. Joseph Daussoigne-Méhul est un remarquable pédagogue qui entouré d'une équipe de qualité a développé le Conservatoire fréquenté de 1830 à 1835 par César Franck. En 1844, le Conservatoire en est à sa troisième implantation dans l'actuelle rue de la Cathédrale qu'il quitte en 1848, pour l'actuelle place Cockerill. Les frères Van den Boorn obtiennent des premiers prix en piano au mitan du XIXème siècle.
Quoique leur art les conduit souvent à l'étranger, les frères Van den Boorn sont parfaitement intégrés dans la vie liégeoise. Lorsqu'en 1858, la Société libre l'Emulation - fidèle à l'esprit de son fondateur Velbruck - lance son concours biennal sociétal, Edouard décide d'y participer. Couvert par l'anonymat de « in labore, spes, honor et gaudia », il a choisi de plancher sur « l'influence réciproque de l'industrie sur les beaux-arts et des beaux-arts sur l'industrie ». On y lit : « si nous arrêtons un court instant notre regard sur cette vieille Cité de Liège, qui oserait soutenir que l'ardeur industrielle y a étouffé les aspirations artistiques ? Les beaux-arts comme l'industrie n'y ont-ils pas creusé des sillons profonds ; n'y ont-ils pas, là aussi, laissé des traces lumineuses ? ». L'opus d'Edouard l'emporte. Marié depuis peu avec la princesse de Caraman-Chimay, pianiste talentueuse, le comte de Mercy-Argenteau - dont la mère est une de Brienen - lui remet la médaille d'or.
Les concerts des frères Van den Boorn se multiplient, Aix-la-Chapelle, Wiesbaden, Genève, Schönbrunn, etc. Le nouveau quotidien liégeois « La Meuse » charge Edouard de tenir sa rubrique musicale. Tandis que Jean n'épouse que la musique, Edouard rencontre l'amour en Marie Adam. Deux fils, Emile et Charles sont les fruits de cet amour. Ceci est une autre histoire que Julien Moës prépare actuellement pour le deuxième fascicule à paraître sous le titre « L'orfèvre d'un art nouveau ».
« Des ailes pour l'éternité » ne se limite pas à raconter une belle épopée hollando-liégeoise. Julien Moës n'a de cesse de la resituer dans l'évolution du XIXème siècle. « La crise sociale éclate partout mais, à la différence cette fois du passé, des organisations ouvrières bien structurées syndicalement et politiquement existent (...). C'est dans un climat social dramatique que d'une part sont inaugurés les nouveaux bâtiments du Conservatoire royal de Liège (...) mais que se déroule un autre événement musical à la gloire d'une figure devenue de son vivant un mythe ». Ce mythe s'appelle Franz Liszt. Ce ne n'est pas sa première visite à Liège. En 1842 notamment, il y est venu lors des festivités marquant l'inauguration de la statue d'André-Modeste Grétry.
(1) « Les Pianistes du fleuve » - 108 pages - 12 €.
19:30 Écrit par Pierre André dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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