mardi, 01 mai 2012

Bagatelle, ce que Sarkozy n'a pas repris au Trocadéro !

        Ce mardi 1er mai, à Paris, au Trocadéro, Nicolas Sarkozy prononcé un discours d’une quarantaine de minutes. Il a cité à deux reprises le général de Gaulle reprenant le début et la fin d’un texte connu sous le nom de discours de Bagatelle. Mais qu’a dit le général Charles de Gaulle le 1er mai 1950 et que n’a pas repris l’actuel Président de la République ?

 Ah ! certes, nous connaissons les peines et les soucis de tant de gens et de familles. Nous entendons la rumeur d'alarme qui retentit dans l'univers. Mais, si nous sommes lucides, nous sommes également résolus. Pourquoi? Parce qu'à travers les obstacles nous avons choisi notre route. C'est celle qui monte et va tout droit. Au fond, depuis dix ans et plus, nous sommes, nous, ceux qui ne veulent pas que la France donne sa démission.

Mais d'autres, hélas ! y consentent. D'abord, les malheureux pour qui notre pays ne doit être que l'un des domaines du Kremlin. Mais aussi, certains Français qui doutent de la France : « C'en est trop ! chuchotent ceux-là. Nous sommes maintenant tombés trop bas pour pouvoir remonter la pente. Prenons-en notre parti ! A l'intérieur ne touchons à rien, de peur que tout ne s'écroule. A l'extérieur, faisons ce que demandent les étrangers les mieux pourvus. Ainsi pourrons-nous, peut-être, ménager nos chances de vivoter. Et, si la patrie doit mourir, tâchons au moins que sa mort soit douce!»

Oui, voilà ce que murmurent les pleurnichards du renoncement. Il faut dire que l'impuissance du régime ne leur fournit que trop d'arguments. Inversement, ce régime lui-même invoque l'atonie ambiante pour justifier sa médiocrité. Inutile de chercher ailleurs les causes de cette maladie d'abandon qui, naguère, malgré la valeur de certains des hommes au pouvoir et beaucoup d'efforts accomplis par la nation, nous fit lâcher les gages que nous avait valus la victoire de 1918, nous empêcha d'établir jamais, ni l'harmonie sociale, ni l'équilibre financier, figea notre défense dans la ligne Maginot, nous conduisit à Munich, détourna le dernier Gouvernement de la Troisième République, aux jours tragiques de 1940, de poursuivre la lutte dans l'Empire et aboutit, enfin, à l'effondrement et à la capitulation.

Nous incarnons, nous autres, le contraire de cette politique du perpétuel recul. C'est parce que, dans l'extrémité, nous pûmes rendre à la nation confiance en elle-même, conduire son effort avec autorité et commencer la rénovation, que la guerre fut gagnée, que le pays fut redressé, que la liberté et l'ordre furent restaurés. Mais, à peine cela était-il fait, qu'on vit le régime des partis se rétablir contre nous, trompant d'abord le pauvre monde par des programmes et des prospectus, pour s'engluer ensuite dans une stagnation lamentable. Et, comme ses clans et ses groupes se sentent désormais condamnés, ils achèvent de se coaguler dans le conservatisme des sièges et des places.

On comprend donc très bien pourquoi nous, qui voulons la France agissante et indépendante, trouvons devant nous deux catégories d'opposants. D'un côté, ou, comme on eût dit jadis, « à notre gauche », les séparatistes. De l'autre côté, ou, « à notre droite », la coopérative de conservation politicienne et sociale qui, pour le moment, s'appelle : Troisième Force. Je ne commettrai certes pas l'erreur ni l'injustice de mettre sur le même plan les opposants des deux espèces. Les premiers sont les ennemis de l'État. Les seconds ne font que lui nuire. Mais les uns, comme les autres, font obstacle au redressement. Il en est ainsi, d'abord pour ce qui concerne la question principale, celle qui est au fond du drame de notre siècle, je veux dire la question de la condition ouvrière.

Un jour, la machine a paru. Le capital l'a épousée. Le couple a pris possession du monde. Dès lors, beaucoup d'hommes, surtout les ouvriers, sont tombés sous sa dépendance. Liés aux machines quant à leur travail, au patron quant à leur salaire : ils se sentent moralement réduits et matériellement menacés. Et voilà la lutte des classes ! Elle est partout, aux ateliers, aux champs, aux bureaux, dans la rue, au fond des yeux et des âmes. Elle empoisonne les rapports humains, affole les États, brise l'unité des nations, fomente les guerres.

Car, c'est bien la question sociale, toujours posée, jamais résolue, qui est à l'origine des grandes secousses subies depuis trente-cinq ans. Aujourd'hui, c'est la même question, toujours posée, jamais résolue, qui pousse le monde vers un drame nouveau. C'est elle qui fournit de prétextes la tyrannie qui s'étend sur les deux tiers de l'Europe et de l'Asie. C'est elle qui, chez nous, procure aux séparatistes tant de concours désespérés. C'est elle qui empêche la prospérité de prendre son essor pour adoucir les misères humaines. Ah ! les pays libres peuvent bien déployer leur propagande et se ruiner en armements, l'épée, de Damoclès demeurera suspendue tant que chaque homme ne trouvera pas dans la société sa place, sa part, sa dignité.

Eh bien ! Nous voulons cela ! D'autres peuvent le caricaturer, nous sommes les seuls à pouvoir le faire. C'est l'Association des hommes, de leurs intérêts, de leurs capacités, que nous entendons bâtir. Ce sont des sociétaires, et non des adversaires, qui, selon nous, doivent assurer ensemble la marche des entreprises. Ce sont des contrats, établis en vue du meilleur rendement et assurant à chacun sa part des bénéfices, qui doivent remplacer aussi bien le dirigisme des prix et salaires que le système de ces conventions qui ne sont que des armistices. En raison de tout ce que la France a souffert et de tout ce qui la menace, nous avons décidé, nous, de réaliser cette réforme. Nous y appelons le peuple français. Il nous faut, pour y réussir, vaincre les séparatistes qui ne veulent pas que les plaies soient guéries. Il nous faut aussi faire liquider par le pays la coopérative qui étale maintenant son impuissance au milieu de l'angoisse ouvrière, des affaires ralenties, des grèves pourrissantes, des conciliations .avortées, et pour qui le mouvement serait une mortelle catastrophe.

Nous avons choisi, nous, une fois pour toutes pour le présent et l'avenir. N'est-ce pas ? les jeunes, qui m'entendez !

Mais nous savons bien, nous autres, que l'indépendance, la rénovation exigent un régime capable de mettre en oeuvre l'État et de conduire la nation. C'est le contraire, bien entendu, qu'ont réalisé et que maintiennent contre nous les séparatistes, unis pour cela aux coopérateurs de la conservation. Les premiers, en effet, jugent que ce système de confusion favorise leurs entreprises. Les seconds s'accrochent à une bâtisse où s'abritent les jeux, intrigues, vanités, qui font la vie des partis. Nous voulons, nous, arracher les Pouvoirs publics à la discrétion des chapelles, faire en sorte que le Gouvernement, le Parlement, la Justice, soient séparés et, par conséquent, responsables chacun pour son compte, avec, au-dessus d'eux, un arbitrage national qui puisse recourir au pays. Nous voulons que notre peuple se rassemble pour son salut, au lieu de se laisser diviser et subdiviser par des fractions dont les querelles l'épuisent, servent ses adversaires et ne nourrissent que les partisans.

Hier, tandis que la France, opprimée par l'invasion et étouffant sous l'humiliation, entendait les voix du parti pris, du mensonge, du renoncement, retentir à tous les échos, moi-même et mes compagnons n'avons jamais cessé de dire : « Rien ne compte, excepté de vaincre. Il n'y a qu'une route à suivre, celle du combat ! » Quant à nous, à aucun moment, nous ne fîmes autre chose que d'agir pour y réussir sans concéder en rien à la mollesse, ni au désespoir. Nous étions peu, au départ. Mais, à mesure des événements, combien de Français nous rallièrent de corps ou d'âme, y compris beaucoup de ceux qui, d'abord, nous avaient négligés ou même combattus ! A la fin, par la voix de Paris criant sa joie sur les Champs-Élysées, la nation tout entière devait nous donner raison.

Aujourd'hui, dans le tumulte d'un monde en fusion, au milieu de tant d'appels à la haine ou à la faiblesse, parmi tous les intérêts opposés et embrouillés, moi-même et mes compagnons disons au pays : « Rien ne compte excepté de renaître. Rétablir l'unité, avant tout par l'harmonie sociale ; maintenir l'indépendance ; bâtir l'État qu'il nous faut avec sa force et sa justice. C'est le salut ». Et nous marchons vers le but, sans nous en laisser détourner par aucune combinaison. Nous sommes sûrs qu'à la masse des Français qui nous a déjà rejoints s'ajoutent, pas à pas, beaucoup de ceux qui, d'abord, ne nous entendirent pas ou refusèrent de nous suivre.

17:40 Écrit par Pierre André dans Actualité, Politique, Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 27 février 2012

L'ancêtre de la Sécurité sociale - la Caisse de prévoyance - est née à Ans.

 

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       À la fin du 12ème siècle, de la terre noire propre à faire du feu  fut trouvée dans beaucoup d’endroits de la Hesbaye. Cependant, l’exploitation en sous-sol s’impose. Elle se termine huit siècles plus tard en région liégeoise. Le droit minier liégeois est dominé par le principe qui possède le comble, possède le fond. Principal propriétaire des terres, l’Eglise concède des terrages à des comparchionniers.  Le pire ennemi des charbonniers est l’eau qui envahit les  mines. Certes, via les araines, Liège bénéficie d’eau potable mais trop de bures sont abandonnées faute d’exhaure. En 1582, le Prince-Évêque Ernest de Bavière proclame l’Édit de Conquête qui vise à sauver les fosses inondées (cfr Liège 28 6/12/2010 – Les Planchar, maître de fosses dans la Seigneurie de Montegnée).

       À la Révolution française, nombre de charbonniers liégeois ont pris la route de l’exil. La mise sous séquestre de leurs biens est décidée. La législation minière au Pays de Liège change. La loi Mirabeau décrète les mines sont à la disposition de la nation. La nation confie l’exploitation à des nouveaux capitaines d’entreprise, résolus, ambitieux, politiquement intrigants, formés techniquement (…)  le règne des « barons du charbon » comme le déplore Robert-Armand Planchar.

        Nous sommes le vendredi 28 février 1812. Comme d’habitude, au charbonnage Beaujonc – propriété de Lambert Colson et de Madame Hardy -  127 mineurs sont au travail, au niveau moins cent septante mètres. Parmi ces 127 mineurs, il y a un aveugle, Nicolas Riga, des enfants dont Mathieu Goffin, 12 ans, fils d’Hubert Goffin, fils lui aussi de mineur. Bien que la généalogie des pauvres ne va généralement pas au delà du grand-père, on trouve déjà un Goffin mineur à la fin du 16ème siècle.

        Il est 10h lorsque Mathieu Labeye, ouvrier chargeur au panier – cuffat  - aperçoit de l’eau tombant dans la bure. Prévenu le maître mineur Hubert Goffin réalise que l’eau provient d’une digue rompue près du puits Triquenotte, autre houillère propriété de la Compagnie Colson. Tandis que l’eau envahit la mine, Goffin bat le rappel de l’ensemble des ouvriers. Par trois fois, le panier réussit à remonter 35 mineurs. Goffin emmène les autres vers d’autres galeries supérieures. Comme seul outil,  leur pic. Rapidement privés de chandelles, ils cherchent une issue. Par ailleurs,  les secours extérieurs s’organisent. Le mercredi 4 mars, la jonction est établie via la houillère de Mamonster  Le bilan ; 105 mineurs sauvés, 22 noyés. Les catastrophes minières ne sont pas rares. Une centaine au Pays de Liège entre 1802 et 1813.

        Une enquête sur les causes de la catastrophe est menée sous la direction de l’ingénieur en chef au Corps impérial des Mines, Beaunier. Le 25 mars 1812, premier constat : imprévoyance due à l'habitude des dangers inhérents à la mine, négligence résultant de l'impunité, témérité inspirée par le désir de rendement à tout prix, insuffisance de la technicité dans les méthodes d'exploitation et dans les moyens de parer aux dangers.

        Avant même que les causes du drame ne soient établies, chacun et à fortiori l’Empereur Napoléon, les devine. Désireux de distinguer l'héroïsme de ce simple soldat du travail, l'Empereur lui décerna la croix de chevalier de la Légion d'honneur le 12 mars 1812. Cerise sur le gâteau, une pension à vie de 600 francs. Les mineurs Nicolas Bertrand, Mathieu Labeye, Melchior Clavir et Mathieu Goffin reçoivent une prime de 300 francs or. En outre, Mathieu est inscrit au Lycée impérial de Liège.

        L’Empereur ordonne au préfet de l'Ourthe, le baron Charles Micoud d'Umons de donner à la cérémonie de remise de la Légion d’honneur le luxe, le faste, la grandeur de l'Empire. La cérémonie se déroule le dimanche 22  mars à l’Hôtel de Ville de Liège. Les peintres Jacques-Charles Bordier du Bignon et Philippe-Auguste Hennequin ont immortalisé ce moment où le premier ouvrier reçoit la Légion d’honneur.

        Ulcéré par le comportement des barons du charbon, Charles Micoud d’Umons s’en est plaint à l’Empereur lors de son passage à Liège en 1811, les propriétaires ne comptant pour rien la vie de leurs ouvriers. La catastrophe du charbonnage Beaujonc lui permet de revenir sur le sujet. En juillet 1812, il soumet au ministre de l’Intérieur, Camille de Montalivet un projet de caisse permanente de secours. Cette caisse est alimentée par une très légère retenue sur les salaires. Au lendemain de la bataille de Buntzlau, le 26 mai 1813,  Napoléon signe le décret  instituant la Caisse de prévoyance en faveur des ouvriers houilleurs du département de l'Ourthe.

           Ancêtre de la Sécurité sociale, la Caisse de prévoyance est installée le 15 juillet 1813 à l’Hôtel de Ville de Liège. Les propriétaires des mines contribuent à hauteur d’un demi pour cent de la masse salariale de leurs ouvriers et employés. Ceux-ci à hauteur de deux pour cent.

      L’administration de la Caisse de prévoyance est gratuite. Font partie de droit du Conseil d’administration  1o le préfet du département ; 2o l'évêque diocésain ; 3o le procureur impérial près le tribunal de première instance ; 4o le maire de la ville de Liège ; 5o l'ingénieur en chef des mines. Cinq autres administrateurs sont élus annuellement ;  un parmi les propriétaires des grandes exploitations, un parmi les directeurs de fosses, deux parmi les maîtres mineurs, et un parmi les ouvriers houilleurs.

        Sous le régime hollandais, la Caisse de Prévoyance est suspendue. La Belgique indépendante la rétablit en 1837. L’année centenaire de la catastrophe voit l’érection, à Ans, d’un monument en hommage à Hubert et Mathieu Goffin, œuvre du sculpteur liégeois Oscar Berchmans.

22:36 Écrit par Pierre André dans Histoire, Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 24 janvier 2011

Le lock-out au Journal de Montréal entre dans sa troisième année !

     Dès le 27 janvier 2009, Liège 28 a annoncé le lock-out de 253 personnes (journalistes, photographes, infographes ou encore préposées aux petites annonces) au Journal de Montréal par Pierre-Karl Péladeau, patron de Quebecor. Deux ans, plus tard, le conflit dure toujours.

     Ce soir, à 20h. un spectacle de solidarité - le show du cadenas selon l'appellation de Rue Frontenac - se déroule au Métropolis, 59, rue Sainte-Catherine Est, Montréal. Ce spectacle au cours duquel Les Zapartistes,  Bernard Adamus, le groupe Karkwa, Damien Robitaille et Gilles Vigneault se produisent, marque l’entrée du lock-out dans sa troisième année. Un Zapartiste, Christian Vanasse, explique : La convergence, dans les médias, fait passer les intérêts du groupe de presse avant ceux du public. D’un point de vue capitaliste, c’est magique, ça crée toute une machine à fric, mais il faut se rappeler que sans médias, il n’y a plus de démocratie. Quant à Gilles Vigneault, il déplore l'attitude de Pierre-Karl Peladeau : Ça fait deux ans qu’il perd de très belles occasions d’être en avance sur la philosophie de l’information. Il aurait eu avantage à se placer en avant de la pensée des communicateurs d’aujourd’hui. Dès le début du conflit, les lockoutés ont publié, sur Internet, Rue Frontenac www.ruefrontenac.com . Depuis quelques mois, une version hebdomadaire papier de Rue Frontenac est sur le marché.

     L’an dernier, à la même époque, Liège 28 a écrit : en ce temps de mondialisation, les 253 lock-outés peuvent logiquement attendre un soutien (moral) de leurs confrères étrangers dont les Belges. Curieusement - même le bulletin mensuel de l'association des journalistes professionnels francophones belges « Journalistes » - la presse européenne ne s'intéresse guère à ce lock-out. C'est d'autant plus étonnant qu'il y a, dans ce conflit, un petit côté « people » dont la presse généraliste se montre d'ordinaire si friande. En effet, Pierre Karl Peladeau est le conjoint d'une vedette TV, Julie Snyder,(…) Julie Snyder a fait les belles avant-soirées de France 2, en début du 21ème siècle avant de retourner au Québec, produire la Star Ac' et animer différentes émissions populaires.

     Un an plus tard – la longévité de ce conflit social de presse ayant cru – le même silence radio existe chez les confrères européens. Silence également des confrères belges. Silence également dans le bulletin mensuel de l’Association des Journalistes professionnels (AJP) Journalistes. Silence d’autant plus curieux que la Secrétaire générale de l’AJP a été l’invitée au Congrès de la Fédération professionnelle des Journalistes du Québec. Elle a fait un brillant exposé sur l’agréation des journalistes professionnels qui existe dans notre pays depuis le 31 décembre 1963. Sa conclusion : nous pensons que si l’agréation au titre de journaliste professionnel n’existait pas, nous l’inventerions.

     À ce même Congrès, un atelier a eu pour titre L'éléphant dans la pièce. Cet atelier s’est intéressé à Quebecor, au lock-outés du Journal de Montréal. Mieux, l'assemblée générale a voté à l'unanimité dimanche une résolution demandant une commission parlementaire qui se penchera sur toutes les causes sous-jacentes, y compris la concentration de la presse, qui ont conduit au pourrissement du conflit (au Journal de Montréal).

 

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samedi, 15 janvier 2011

RTBF-Liège

      Dimanche dernier, deux cars de captation RTBF sont venus se garer à Esplanade de l’Europe 1. Ils ont quitté leurs emplacements dans la journée de mardi. Entre-temps, lundi, a eu lieu l’enregistrement d’une émission dont la diffusion est prévue en mars.

     Ce retour des cars ressemble à une régression. En effet, comme l’a expliqué Jules Pirson, président régional de la CGSP-RTBF-Liège dans la lettre d’information de son syndicat, la RTBF-Liège a disposé, en Télévision, d’un studio entièrement équipé avec régie vidéo, régie son et régie lumière. La régie vidéo, caméras comprises, est pratiquement neuve (…)  Elle est entièrement numérique et permet de faire des productions en Haute Définition. Tout comme celle de Charleroi, cette régie a été démontée pour équiper le nouveau studio info de Bruxelles.

     Lors d’une réunion du Comité du Site, fin novembre, l’Administrateur-Général – Liégeois d’origine – Jean-Paul Philippot s’est voulu rassurant. Bien que le grand studio RTBF à la Médiacite  – théoriquement opérationnel dès Noël 2009 (cfr Liège 28 – 18/12/2009) – sera SANS régie. Pour chaque émission, un car régie et un car lumière viendront sur place.

     À l’objection des travailleurs du terrain qu’une émission se fait en quatre ou cinq heures dans le studio équipé de régie alors que, avec la venue des cars, l’installation et le réglage des projecteurs, l’enregistrement, le démontage, le rangement et le retour des cars à Rhisnes, il faut deux jours de travail à charge de l’émission, Jean-Paul Philippot réplique que les Télévisions modernes ne travaillent plus qu’avec des cars vu qu’une régie est un investissement qui dort  lorsqu’elle n’est pas utilisée à cent pour cent.

     Bon prince, l’Administrateur-Général promet que Liège sera prioritaire pour obtenir les cars de captation. En outre, il promet que les devis des productions liégeoises (actuelles ou futures) ne seront pas majorés du surcoût occasionné par la venue de cars de captation. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient !

     L’inauguration des nouveaux bâtiments RTBF est prévue en mai 2011. En 2003, l’inauguration est prévue en 2007 puis reportée fin 2009. Il est à noter qu’à la Médiacité, la RTBF-Liège radio ne dispose que d’un studio contre quatre en 1963 au Palais des Congrès. Réduction également en Télévision, absence de régie, huit cellules de montage au lieu de dix, deux post-sono au lieu de trois.

     Parmi des diverses conséquences prévisibles notons celle épinglée par le dirigeant  syndical Jules Pirson ; en Radio comme en Télévision, il ne sera plus possible de faire une intervention rapide lorsque l’événement qu’il soit politique, judiciaire ou autre, le nécessite, donc perte d’une souplesse que nous n’utilisions pas tous les jours, mais qui s’est avérée parfois bien utile. C’est donc l’ensemble des personnalités liégeoises qui n’auront plus accès, rapidement, à notre média quand cela sera nécessaire.

18:23 Écrit par Pierre André dans Social | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg