vendredi, 18 août 2017

Au 58ème festival de théâtre de Spa, du bruit pour les enfants et pour les adultes, une adaptation intéressante mais améliorable.

 

SPA 2017.png

À longue soirée, courte critique.

    Ce jeudi 17 août, nous avons entendu à 19 heures au Radisson Piletta Remix du Collectif bruxellois Wow et nous avons vu, en la grande salle Jacques Huisman, de 20 heures 30’ à 23 heures 20’ (entracte d’un quart d’heure compris) l’adaptation, la mise en scène, la scénographie et l’interprétation par Jean-Marc Chotteau du dernier roman - Bouvard et Pécuchet - du père de Madame Bovary, Gustave Flaubert.

    Que dire de Piletta Remix ? Que ce n’est pas du William Shakespeare bien que le titre Much Ado About Nothing  (Beaucoup de bruit pour rien) aurait été plus explicite. Chaque spectateur était équipé d’un casque audio et pouvait entendre tous les bruitages de l’enregistrement radiophonique d’un conte de nature à amuser les enfants et ceux friands de sons surprenants. Quant aux autres, ils reconnaissaient une qualité à ce spectacle : sa brièveté relative, à peine plus de trois quarts d’heure. 

    Par contre, la représentation de Bouvard et Pécuchet était non seulement beaucoup plus longue mais elle appelle un commentaire beaucoup plus nuancé. À Lille et Mouscron, le Centre transfrontalier de création théâtrale que Marc Chotteau à Tourcoing a créé en fusionnant sa compagnie et le Centre culturel mouscronnois au sein d’une équipe intitulée La Virgule ne manque pas d’ambition. Théâtraliser l’ultime roman de Gustave Flaubert, ce grand prosateur qui avait tendance à se moquer de manière à la fois caricaturale et réaliste de la sottise et de la médiocrité bourgeoises, constitue assurément une gageure qui s’avère partiellement réussie. Des moyens importants ont été mobilisés pour que lumières et décors changeants et remarquables soient parfaitement adaptés au texte.

    Les deux comédiens, Jean-Marc Chotteau et Eric Leblanc sont des professionnels expérimentés capables de faire rire le public même lors de scènes essentiellement mimées. Notre regret dans cette grande salle au plafond très élevé c’est que parfois, trop souvent surtout dans la fin des répliques de Pécuchet alias Eric Leblanc, le texte n’ait plus été audible. Nous étions placés au cinquième rang au milieu de la salle et mes voisins me confirmaient que je n’étais pas le seul malentendant tout en se réjouissant de n’avoir pas été assis au fond du parterre ou à l’étage. Cette situation ne sert pas l’attention nécessaire pour suivre une aussi longue adaptation faite pourtant de scènes courtes. Ces remarques ne nous conduisent cependant pas à oublier les nombreuses qualités d’un spectacle intéressant mais améliorable.

 

Jean-Marie ROBERTI

 

11:36 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 16 août 2017

Le 58ème Festival de Théâtre de Spa : Du rire à l’émotion, bref de la vie condensée…

 

 SPA 2017.png

    Laissons là nos souvenirs de cinquante-huitard  (Avignon, TNP….) et venons- en aux deux spectacles savourés le soir du 15 Août. Ripaille est la nouvelle création de Christian Dalimier qu’il a écrite et qu’il a interprétée avec Laurence Warin au Radisson Palace spadois, dans une mise en scène d’Emmanuelle Mathieu.

    Quant aux Filles aux mains jaunes (jaunes à force de devoir fabriquer des obus), elles commémorent, sous la plume de Michel Bellier, le centenaire du sort cruel mais émancipateur que connurent alors les femmes. Mise en scène par Joëlle Cattino, la fondatrice et directrice artistique de la Compagnie marseillaise (siège sur la Canebière!), Dynamo qui produit ce spectacle destiné à tourner jusqu’en novembre de l’an prochain, cette pièce est servie par un quatuor féminin, homogène et talentueux constitué par Bénédicte Chabot, Inès Dubuisson, Anne Sylvain et Blanche Van Hyfte.

    Il y a deux ans, en août 2015, nous avions eu au Festival de théâtre de Spa, un grand coup de cœur pour une œuvre qui évoquait aussi particulièrement le sort en 1914-18 de celles de l’arrière à travers les échanges épistolaires d’une institutrice et de son mari mobilisé. Cette pièce intitulée Lettres à Elise était signée d’un brillant auteur wallon Jean-François Viot, mise en scène par Nele Paxinou, fondatrice des Baladins du miroir et excellemment interprétée par Sophie Lajoie et Jean-Marie Pétiniot. Une telle réussite, récemment traduite en…. allemand, vaut d’être rappelée même si elle place haut le degré atteint lorsqu’on utilise l’échelle des comparaisons. Et nous nous réjouissons que Jean-François Viot dont nous avions aussi très positivement apprécié à Spa Sur la route de Montalcino ait ce printemps brillamment défendu à la Chambre un statut de l’artiste à rénover et qu’il nous annonce la création à l’Atelier-Théâtre Jean Vilar de sa pièce : Maria Callas : il était une voix... ainsi que l’heureux aboutissement de la longue écriture d’un premier roman.

    Ripaille et Les filles aux mains jaunes sont évidemment deux spectacles totalement différents. Le premier purement divertissant, le second chargé d’émotion. Comme la vie (dont il est le miroir soulignaient les Baladins), le théâtre affiche toute la gamme des sentiments humains et chez les plus grands dramaturges (Shakespeare, Molière….) ils ne se succèdent pas, ils se juxtaposent.

    Christian Dalimier, grand, mince, détendu est un manieur de mots, épicurien. Mais pas seulement : cet Hutois – qui réussit à ouvrir aux spectacles théâtraux, le très beau château de Modave – mis par exemple en scène à Spa en 2010 le chef d’œuvre des pièces noires de Jean Anouilh : Antigone. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier les plaisirs de la table comme il l’avait déjà montré à Spa en 2012 dans une ode au vin qu’il avait intitulée Entre deux verres. Cette fois c’est toute la volupté des plaisirs gastronomiques qu’il a décrite et qu’il joue avec la fille d’une famille de cuisiniers : Laurence Warin devenue une très dynamique et souriante comédienne. Dans cette pièce, teintée de gentilles touches érotiques - et parfois de quelques effets trop faciles – c’est de nous que nous rions, des gourmets qui cèdent à la gourmandise. Et parfois avec des retours vers des classiques tel un extrait des Trois sœurs d’Anton Tchekhov, sans oublier - en conclusion – une référence aux Madeleines de Marcel Proust (1), cuisinées sur scène et servies chaudes à quelques spectateurs choisis par hasard au premier mais aussi aux derniers rangs….

    Le changement d’atmosphère est radical quand du Radisson à 19 heures on arrive à 21 heures au Salon bleu du Casino. Le gris domine. Du départ de leurs poilus, la fleur au fusil, qui les conduisit dans une usine d’armement chimiquement polluée jusqu’à la délivrance d’un armistice attendu quatre ans et cent six jours, en passant par des monceaux de morts comprenant même des fusillés insoumis, quatre femmes subissent les rythmes infernaux d’une production malsaine. Il y a les résignées entraînées par les battantes chez qui naissent des revendications qualifiées d’un beau mot : socialistes. Comme cinquante ans plus tard les femmes machines de notre usine d’armement qui exigeaient il y a cinquante ans l’application du seul article social du Traité de Rome de 1957, ces femmes sous-payées revendiquaient l’obtention à travail égal d’un salaire égal. Et des crèches, et de l’hygiène et du respect. Un juste féminisme naissait. Michel Bellier le dit sans les nuances des Lettres à Elise. Cette pièce en partie de circonstance puisqu’elle permet des engagements commémoratifs, est généreuse et émouvante. Le grand professionnalisme des comédiennes est incontestable.

    Cependant – après avoir interrogé quelques autres personnes qui certes étaient d’âge posé – nous regrettons la trop fréquente et trop grande célérité du débit. Les Méridionaux parlent certes plus vite que les Liégeois, et que dire des Méridionales ! Mais devoir s’accrocher pour ne pas être décrochés lors de l’écoute d’un texte, c’est une exigence exagérée. Une interprétation plus posée ne serait pas moins convaincante.

    Nous avons finalement passé une excellente soirée du 15 août. Quand à vingt-deux heures trente nous avons quitté Spa le feu d’artifice prévu était tiré alors qu’éclairs et tonnerre éclataient dans un ciel qui déversa des trombes d’eau jusqu’à proximité de Liège. Ce feu d’artifices contrairement au Festival de Spa était donc dépourvu de spectateurs mais s’inscrivait dans nos traditions surréalistes.           

 

Jean-Marie ROBERTI

 =============================

(1) Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause écrit le romancier des sept tomes d'À la recherche du temps perdu (cette citation étant extraite Du côté de chez Swann).

 

18:22 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 15 août 2017

Au LVIIIème Festival de Spa : DU MANQUE DE MOYENS WALLONS AU BON EXEMPLE D’UNE NOUVELLE COMMANDEUSE DE L’ORDRE DE LA COURONNE.

SPA 2017.png

    Dimanche dernier, 13 août 2017, nous avons choisi au 58ème Festival de Spa, d’assister à deux spectacles : On ne badine pas avec l’amour d’après Alfred de Musset, co-production des Théâtres de la Chute et Varia d’une part et d’autre part Le Roi nu d’Evguéni Schwartz une co-production des Baladins du Miroir et de la Maison Éphémère dont le co-directeur artistique Guy Theunissen a assuré la mise en scène.

*****************

    Dans la seconde moitié des années 1950, j’ai eu, très jeune, le grand privilège de découvrir trois œuvres majeures d’Alfred de Musset, au Théâtre National Populaire, en Avignon puis à Chaillot, dans trois interprétations de Gérard Philippe, servies par la musique de scène de Maurice Jarre : 1°) Lorenzaccio, dans la cour d’honneur du Palais des Papes, avec aussi Daniel Ivernel, dans une mise en scène de Jean Vilar reprise par l’acteur du rôle-titre,  2°) Les caprices de Marianne dans les Jardins (d’aucuns disent les Vergers) d’Urbain V, avec aussi Geneviève Page, dans une mise en scène de Jean Vilar et 3°) On ne badine pas avec l’amour  dans la grande salle d’un Palais prestigieux, place du Trocadéro, où l’on trouve également le Musée de l’Homme, avec aussi Suzanne Flon dans une mise en scène du cinéaste René Clair.

    Il s’agissait certes d’interprétations d’une qualité tout-à-fait exceptionnelle, d’un accompagnement musical toujours dense et harmonieux, parfois même surprenant (particulièrement lors de l’ouverture de Lorenzaccio par les fanfares du père de Jean-Michel) et cela dans des mises en scène assurément innovantes. Mais ces innovations allaient de pair avec le respect de l’intégrité des œuvres. Ce n’est pas le cas ici.

    En découpant dans les trois actes de cette pièce, les scènes concernant le dramatique trio amoureux formé par Perdican, Camille, victime de l’intégrisme catholique, et Rosette, et en éliminant les scènes légères et humoristiques conçues par Musset au profit d’intermèdes burlesques de son cru entremêlés de poèmes de l’auteur, le metteur en scène et scénographe Benoît Verhaert se sert de Musset. Nous aurions préféré qu’il le serve. En outre, nous ne comprenons pas l’intérêt des anachronismes musicaux de Samuel Seynave.

    Verhaert et Seynave ne sont pas plus René Clair et Maurice Jarre que Stéphane Pirard et Céline Peret ne sont Gérard Philippe et Suzanne Flon. Mais ce spectacle, condensé en une bonne heure pour permettre des animations notamment scolaires, mérite de larges circonstances atténuantes. Il a été monté et joué par cinq comédiens (Audrey D’Hulstère et Vincent Raoult s’ajoutant aux trois précités) qui sont de vrais professionnels talentueux, dynamiques qui entrainent une chaleureuse adhésion du public. Que nous n’atteignions pas aujourd’hui le niveau auquel étaient parvenus Jean Vilar, Gérard Philippe et bien d’autres (je me souviens de Philippe Noiret et de Jean-Pierre Darras alors dans de tout petits rôles) est malheureusement normal. C’est une question de moyens.

    D’origine spadoise, Madame Alda Greoli, la Ministre Vice-Présidente des Gouvernements de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge de l’Action sociale, de la Santé, de l’Egalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative en Wallonie ainsi que de la Culture et de l’Enfance au niveau communautaire ne semble pas prête à s’inscrire, deux tiers de siècle plus tard, dans la lignée de Jeanne Laurent.

    Cette archiviste-paléographe quadragénaire nommée en 1946 sous-directrice des spectacles et de la musique au Ministère de l’enseignement dont dépendait la culture lutta afin de pouvoir créer un théâtre national populaire visant un large public y compris en dehors de Paris alors que les activités dramatiques étaient l’apanage de la bourgeoisie de la capitale française. Le jour même où en juillet 1951, elle obtint enfin un accord politique sur son projet de création, elle prit le train vers Avignon où depuis 1947 Jean Vilar animait un festival estival d’art dramatique et elle dut beaucoup insister pour convaincre ce grand metteur en scène et comédien d’accepter la charge d’une telle direction.

  À notre connaissance, la gare de Spa n’a pas encore vu arriver la responsable chez nous de l’art dramatique afin de proposer au Liégeois Axel de Booseré de diriger un rééquilibrage entre Bruxelles et la Wallonie des subventions théâtrales sur une base équitable : non plus deux tiers pour la capitale et un tiers pour le reste mais bien les trois quarts pour la Wallonie et 25 % pour Bruxelles siège des institutions culturelles fédérales. Sans doute faudra-t-il attendre que les membres wallons du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui sont 75 sur 94 se rendent compte que 79,79 % constituent une majorité suffisante pour enfin se faire respecter en particulier dans le domaine des dépenses budgétaires localisables.

***********************

    C’est sous le chapiteau des Baladins du Miroir que nous avons suivi la représentation du Roi nu. Cette pièce est l’œuvre d’un écrivain soviétique qui eut 21 ans lors de la Révolution de 1917, qui abandonna des études de droit pour le théâtre et qui engagé contre le totalitarisme, se consacra d’abord à la littérature enfantine. Au départ de contes d’Andersen, il rédigea une première pièce pour adultes Le Roi nu. Il eut beau expliquer que le tyran qu’il visait était Hitler, les censeurs du Kremlin en interdirent la représentation au cas où des spectateurs auraient confondu avec Staline. Une autre de ses œuvres pour adulte Le Dragon eut plus de chance : elle fut représentée une fois. Schwartz fut longtemps malade et décéda en 1958 cinq ans après que Khroutchev ait succédé à Staline mais il ne vit pas représenter en U.R.S.S. son Roi nu qui dut attendre 1960 pour l’être Cette farce (qui au premier degré suscita l’hilarité des jeunes enfants présents devant nous) ne manque pas de causticité et vaut surtout par le rythme donné au spectacle par le texte lui-même, les décors, les danses et une musique entraînante mais marquée - comme des allusions à l’informatique – par d’inutiles anachronismes. La qualité d’ensemble du spectacle est principalement due à l’homogénéité d’une troupe de deux douzaines de membres dont une moitié de comédiens : Les Baladins du Miroir qui constituent la compagnie wallonne la plus remarquable.

    Elle a été fondée et dirigée par Nele Paxinou qui, le mois dernier, est devenue sur proposition transmise par Didier Reynders au Palais Commandeuse (féminin de Commandeur selon mon Petit Robert) de l’Ordre de la Couronne. Mais on dément que ce soit après qu’il ait vu Le Roi nu que Philippe 1er ait fait promulguer l’accès de cette comédienne à cette haute distinction. Nele est née en 1942 à Anvers d’un père grec et d’une mère flamande qui s’installèrent à Bruxelles où leur fille devint une jeune comédienne professionnelle. Frappée à 23 ans par une maladie qui la priva de l’usage de ses jambes, elle entreprit et réussit à Louvain-la- Neuve deux licences universitaire : une en philosophie et l’autre en sciences théâtrale chez Armand Delcampe. À trente-trois ans elle réalisa de premières mises en scène dont en particulier de pièces de Michel de Ghelderode. À quarante, elle fonda sa compagnie itinérante qui prit comme nom Les Baladins du Miroir parce que le théâtre est le miroir de la vie. Implantée entre ses tournées chez elle à Thorembaix-les-Béguines, sa compagnie qui donne le meilleur exemple de promotion de l’art dramatique en Wallonie vient de déménager dans un domaine de deux hectares et demi à Jodoigne ce qui n’a pas pu se faire sans l’appui de Louis Michel. Il faudrait aller plus loin en inversant les subventions accordées au très bruxellois Théâtre national et à la compagnie de Nele Paxinou. Celle-ci a récemment cédé le relais de la direction générale à Gaspar Leclère qui l’avait rejointe en 1984. Nous ne l’avons pas revue cette année à Spa où nous n’avons pas encore croisé le Bourgmestre Joseph Houssa qui, le mois dernier à 87 ans, avait présidé aux réactions nécessitées par une menace d’attentat lors de Francofolies.

    Mais laissons cette fois la conclusion à Nele Paxinou qui faite en septembre 2012 Chevalière du Mérite Wallon écrivait alors : De la créativité, de la créativité, de la créativité ! … Ce simple mot recèle en lui l’avenir de notre jeunesse et la survie de notre société moribonde. Apprenons aux jeunes à en mettre dans chacune de leurs actions. C’est grâce à l’éducation et à la Culture que nous pourrons « encore » leur montrer le chemin … 

Jean-Marie ROBERTI

 

12:55 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 12 août 2017

FESTIVAL DE SPA : SANS GRANDS TEXTES, PAS DE GRAND THÉÂTRE...

     

SPA 2017.png

Spa est par excellence une ville d’eau puisque ses trois lettres sont devenues nom commun. Elle n’a pas failli à sa réputation lors de l’ouverture sous un ciel lourdement menaçant de son 58ème Festival de Théâtre.

      Lors de chacune de ses onze soirées, les spectateurs ont le choix entre quatre représentations (sauf le 19 août où il y a une option en moins mais en ajoutant par contre les cinq représentations de Baladins du Miroir sous leur propre chapiteau ces 12, 13, 14, 16 et 17 août). Ayant sélectionné douze spectacles en six soirées, j’avoue regretter mes deux choix initiaux. Jean Vilar estimait qu’un théâtre de qualité nécessitait de grands textes interprétés humblement par des compagnies constituées de metteurs en scène et de comédiens soucieux de servir les auteurs et non de s’en servir. Cette primauté que j’accorde aux textes aurait dû me conduire à aller assister à deux créations (Caméléon et Jours radieux) de deux auteurs de chez nous, le Bruxellois Robert Burniaux alias Jean Muno (1924-1988) et le Wallon Jean-Marie Piemme (1944). Mais ne pleurons pas…. 

      J’avais aimé le titre de la pièce d’ouverture du Festival Ressacs. Je m’étais dit que ce mot français évoquant le retour en arrière de vagues frappant un obstacle, s’avérait bien plus élégant et éloquent que ces flash-backs chers notamment aux milieux cinématographiques. Ce que le programme du Festival ne précisait malheureusement pas c’est que la langue employée dans ce spectacle était surtout un anglais certes basique mais qu’une proportion importante de Wallons ne peuvent pas suivre, y compris même si c’est dans une moindre mesure, parmi les spectateurs non prévenus. En outre cet anglais basique n’avait rien d’un texte dramatique de qualité et les efforts d’Agnès Limbos et de Grégory Houben en vue de rendre ce spectacle joyeux et poétique nous parurent vains. Une partie du public a certes réagi chaleureusement par des applaudissements qui n’étaient pas de simple politesse mais les personnes que je connais et moi avons trouvé ce spectacle profondément ennuyeux.

      Nous espérions beaucoup mieux d’une pièce de l’américaine Annie Baker qui mobilisa 18 personnes – dont parmi les cinq interprètes la co-directrice du Festival spadois qui dirige aussi le théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve, Cécile Van Snick pour une représentation de près de deux heures (14 personnes pour un peu plus d’une heure de spectacle pour Ressacs). Et là à nouveau, nous avons été profondément déçus. Le défoulement de cinq comédiens lors de six semaines de thérapie dans le cadre d’un atelier théâtral n’était basé sur aucun texte cohérent publiable. Comme une partie du public nous avons à nouveau décroché. 

    Nous avons terminé la soirée lors d’une brève réception qui nous a permis de rencontrer des personnalités peu nombreuses et de notre génération âgée,  telles Valmy Féaux ou Jean-Louis Luxen. Par contre nous avons été surpris de l’absence du Bourgmestre Joseph Houssa.

   Le nouveau Directeur du Festival (qui ne sera responsable de la programmation que l’été prochain, Cécile Van Snick ayant opéré des choix dont elle ne reprend cette fois aucun dans l’agenda 2017-18 de l’Atelier Jean Vilar) Axel de Booseré nous a informé qu’il a déposé à la Fédération Wallonie-Bruxelles le dossier demandant la réanimation d’un contrat programme pour les fort nombreux spectacles et spectateurs du Festival de Théâtre de Spa. La réponse de la Ministre Gréoli attendue en octobre, sera-t-elle positive? Nous l’apprendrons lorsque reprendra le fonctionnement d’une Fédération dont nous continuons à vouloir la disparition.

      Nous retournerons à Spa ce dimanche 13 août en souhaitant que la pièce On ne badine pas avec l’amour annoncée comme étant d’après Alfred de Musset (et non d’A. de Musset tout court) respectera le texte brillant de cette comédie. Puis nous découvrirons le nouveau spectacle des Baladins du Miroir : Le Roi nu avec un gros a priori favorable. A suivre donc en souhaitant qu’après la pluie arrive le beau temps.

Jean-Marie ROBERTI

 

 

15:31 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 01 août 2017

Vers un bon redémarrage du Festival de théâtre de Spa.

SPA 2017.png

       Dix jours avant l'ouverture du 58ème Festival de théâtre de Spa, le taux d'occupation des places pour les 68  représentations en onze jours de 26 spectacles dont trois créations dépassait déjà les 70%. Axel de Booseré pour sa première direction d'un Festival qui fut menacé de suppression par l'ex-Ministre Joêlle Milquet peut donc augurer d'un appréciable succès.

    Huit spectacles affichent déjà « Complet  » : Ressacs , On ne badine pas avec l’amour, J’ai faim, Ripaille, , L’Entrée du Christ à Bruxelles, Le Chachacha du chef de gare, Les Filles aux mains jaunes et La Solitude du mammouth, pièce pour laquelle on vient de prévoir une représentation supplémentaire le dimanche 20 août à 14 heures.

    Des places demeurent  disponibles notamment pour  les deux accueils français : Bouvard et Pécuchet, une pièce drôle et réjouissante tirée de l’œuvre monumentale de Flaubert et L’Affaire de la rue Lourcine, une comédie surréaliste de Labiche. Et aussi pour cinq autres spectacles:  Jet Lag qui allie danse, cirque et théâtre gestuel, l’histoire en paroles et en musique de la vie des Beatles et de leurs succès, Beatle Juice de Dominique Jonckheere,  En attendant le jour, témoignage sur l'euthanasie  de François Sauveur, Le  Roi nu des Baladins du Miroir  sous leur chapiteau  et Théroigne de Méricourt, de Fabrice Gardin sous chapiteau également .

Profitez des dernières places à prix réduits dans le cadre du SPASS, abonnement dernière minute 3 ou 4 spectacles à partir de 21€.

Jean-Marie Roberti

SPA 2017.png

INFO ET RÉSERVATIONS :  Téléphone gratuit 0800 24 140 - www.festivaldespa.be - Rue du Marché, 20 à Spa

14:18 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 26 mai 2017

Une 58ème édition pour un Festival de Théâtre, c’est rare. Pour celui de Spa, c’est l’heure d’un nouveau départ !

SPA Festival 17.jpg

     En 1999, Armand Delcampe qui avait fondé le Théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve prit la barre du Festival de Spa. Lui, homme de gauche, obtient en 2002 d’un Ministre libéral wallon intelligent Richard Miller, un contrat programme qui ne fut jamais revalorisé par les Ministres de la Culture bruxellois les Eric Tomas, Charles Picqué, Fadila Laanan et Joëlle Milquet. Nous avons démontré que la Wallonie qui devrait en toute équité recevoir dans le domaine des subventions localisables à l’art dramatique au moins les trois quarts des sommes réparties par la communauté française en obtenait moins d’un tiers. Cela ne suffisait pas à Madame Milquet qui en 2015 annonça la diminution des subsides au Festival de Spa comme au Théâtre Arlequin et à d’autres institutions wallonnes, dans une optique de fermeture pure et simple. Armand Delcampe s’opposa vivement à ces menaces et trop peu suivi par la majorité wallonne du Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles où les élus wallons majoritaires semblent avoir budgétairement la vocation d’être cocus et contents, il démissionna de la direction du Festival en décembre 2015. Cecile Van Snick qui avait pris le relais de sa direction du Théâtre Jean Vilar et partageait celle du Festival de Spa accepta de rester en place jusqu’en 2017 après qu’un successeur ait été trouvé. Un heureux évènement se produisit en avril 2016. Madame Milquet qui avait présidé le P.S.C. pour le transformer en CdH puis qui fut Vice-Première ministre fédérale avant de cumuler l’enseignement et la culture en communauté française se tira une balle dans le pied (ses pratiques dans la gestion de ses cabinets ministériels n’étant plus défendables par ses amis politiques eux-mêmes).

        Une Spadoise – Alda Greoli - a hérité de la Culture et les menaces sur le Festival de théâtre de Spa s’estompent. D’autant que, sous la présidence du Bourgmestre Joseph Houssa, un appel public a permis de trouver en 2016 un nouveau Directeur – Axel de Booseré - qui avec Cécile Van Snick cette année puis seul dès l’an prochain assume la responsabilité d’un Festival qui mérite d’être pérennisé .

Qui est Axel de Booseré ?

SPA Bosseré.jpg

                         Axel de Booseré qui aura 54 ans ce 3 Juillet, suivit les cours d’art dramatique du Conservatoire Royal de Liège puis il débuta sa vie professionnelle au sein du Théâtre du Carmagnole.

        Il collabora avec le Théâtre national dès 1992. En jouant d’abord dans Le partage de midi  de Claudel. Sa première mise en scène fut en 1994. celle de la toute première pièce écrite par Bertolt Brecht en 1918-19 et plusieurs fois remaniée ultérieurement : Baal le dieu de la fertilité pour les Cananéens, les Phéniciens et les Araméens au Proche-Orient. Avec deux autres Liégeois, Claude Fafchamps et Maggy Jacot il fonda en 1998 la Compagnie Arsenic  qui avait l’ambition sous un chapiteau mobile de servir un public populaire par des spectacles parfois fantastiques, souvent poétiques qui s’avérèrent à plusieurs reprises de grands succès : Dragon, Mac’Beth, Eclats d’Harms, etc.  En 2012 l’administratif  Fafchamps obtint la majorité au Conseil d’administration de l’A.S.B.L. pour licencier Axel de Booseré qui n’était pas d’accord de transformer sa compagnie en centre culturel, lieu d’accueil d’activité diverses. Maggy Jacot fut solidaire de de Booseré mais les subventions restèrent du côté de Claude Fafchamps qui n’en fit pas grand-chose.

        Axel de Booseré lui repartit de zéro, donne des cours de dramaturgie et de mise en scène à l’Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc à Liège et refonda une nouvelle Compagnie : Pop Up Cie qui créa plusieurs spectacles marquants : un très politique Ubus (au pluriel car le dramaturge liégeois Jean-Marie Piemme ajouta un texte à celui d’Alfred Jarry) qui fut créé à Pilzen (ville jumelée à Liège) puis dans la Cité ardente avant d’être présenté à Mons quand s’y déroula en 2015 l’année de la capitale européenne de la culture. Axel de Booseré a aussi mis en scène pour Pop’Up Cie la pièce Alpenstock de Rémi De Vos qui sera reprise en fin de Festival de Spa. Axel de Booseré connaît bien celui-ci où il a souvent joué et mis en scène.

        Nous l’avions vu avec beaucoup d’intérêt lors d’une des représentations de La Vie de Galilée  montée par le Théâtre Jean Vilar. Ce dernier sera à nouveau présent, lui aussi en fin de festival, quand Armand Delcampe – de retour à Spa la tête haute après avoir été distingué par le Conseil communal unanime – rendra hommage à Jean Louvet le grand poète et dramaturge wallon du XXème et du début de celui-ci décédé en 2015.

        Axel de Booseré est un metteur en scène et comédien de grand talent et de longue expérience. Il s’est battu pour pouvoir grâce à des compagnies cohérentes monter des œuvres théâtrales de qualité. Liégeois, sa tasse de thé ne se partage pas avec l’establishment bruxellois. Ses options sont progressistes et il respecte ses grands prédécesseurs de Jean Vilar à Armand Delcampe. Bref, nous pensons qu’il réunit les conditions pour impulser un nouveau départ au Festival de Spa. Encore conviendra-t-il de le soutenir dans la prochaine difficile négociation d’un contrat programme, la Ministre ne semblant pas convaincue de l’absolue nécessité de répartir de manière fondamentalement différente les subventions localisables en Wallonie et à Bruxelles en commençant par inverser l’actuel un tiers-deux tiers.

        Ceci dit je vous renvoie au site http://www.festivaldespa.be pour la présentation détaillée du Festival 2017 et les modalités pratiques (en incitant les Liégeois à contacter nos amis les délégués du Festival que sont de très longue date, les très efficaces Françoise et André Bisschops au 04 343 31 91 ou par courriel : andre.bisschops@gmail.com)

Les 55 représentations de 26 spectacles

        Concluons en résumant les grandes lignes de ce 58ème Festival de théâtre de Spa. Du 11 au 21 Août 2017, soit en onze jours, cinquante-cinq représentations de vingt-six spectacles dont trois créations d’auteurs belges et deux spectacles importés de France se dérouleront en huit lieux. Une majorité d’auteurs francophones belges (dix-sept sur vingt-six) est à l’affiche qui comprend aussi de grands classiques comme Alfred de Musset (On ne badine pas avec l’amour) d’après Gustave Flaubert une adaptation de Bouvard et Pécuchet) ou bien encore du vaudevilliste Eugène Labiche (L’Affaire de la Rue Lourcine).

       Quatre œuvres contemporaines retiendront notre attention  Ces quatre oeuvres sont Alpenstock  de Rémi De Vos mis en scène par Axel de Boisseré et Maggy Jacot, Cercle, miroir et transformation  d’Annie Baker en spectacle inaugural au Théâtre Jacques Huisman le 11 Août 2017, Les filles aux mains jaunes de Michel Bellier et bien sûr Au fil de l’histoire de Jean Louvet, suivi de Tournée générale  qu’Armand Delcampe met en scène et interprète avec six autres comédiens. Et il y a bien d’autres événements dont la pièce de Jean-Pierre Doppagne,  J’ai faim qui contraste avec l’ironique Ripaille de Christian Dalimier, les deux spectacles des Baladins du Miroir (dont Le Roi Nu), les sonores BaetleJuice  et  Piletta ReMix, un théâtre d’objets  Ressacs, etc.... A quoi s’ajouteront animations et formations.

CONSULTEZ LE SITE ET LAISSEZ VOUS TENTER PAR UN MENU DIGNE DES CARTES DES MEILLEURS RESTAURANTS. À DÉGUSTER AVEC SAGESSE…..

Jean-Marie Roberti.

10:19 Écrit par Pierre André dans Actualité, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 16 mars 2017

Capitale de la Résistance, Liège a attendu 70 ans "LE SILENCE DE LA MER' de Vercors !

 

silence.jpg

     Chacun connait (ou devrait connaître) le thème du Silence de la mer. L’action se déroule en France occupée. Des Français, un oncle et sa nièce, doivent accueillir un officier allemand, Werner von Ebrennac. Ils se posent la question comment le supporter. La réponse est simple et claire  comme si cet officier n'existait pas. Comme s'il était muet et transparent. Tu verras, personne ne peut supporter longtemps d'être ignoré aussi longtemps. Tout au long de son séjour, Werner von Ebrennac soliloque : Il sortira de cette guerre de grandes choses pour l'Allemagne et pour la France. Je pense avec mon père que le soleil va briller sur l'Europe. Retour de permission, il réalise combien ses supérieurs l’ont berné d’où sa demande à être affecté au front. L’oncle lui cite Anatole France : Il est grand pour un soldat de désobéir à des ordres criminels. Werner s’en va au front. C’est une manière élégante de se suicider dans l’honneur pour un von Ebrennac.

     Chacun connaît (ou devrait connaître) la Compagnie Royale Théâtre Arlequin. Septante ans après la création parisienne, dans une mise en scène de Jean Mercure, de la pièce inspirée de la nouvelle Le Silence de la mer, Liège a, enfin, connu, des représentations (1), dans une mise en scène d’Alexandre Tirelier, de ce spectacle. Liège en a été privé pour deux raisons : les Galas Karsenty ne l’ont jamais programmé et feu le Gymnase a fait de même, en dépit de ses 36 pièces montés annuellement !

     Le rôle de Werner von Ebrennac est incarné par Fabian Nicolaï, un artiste qui vient de rejoindre talentueusement la troupe de l’Arlequin. José Brouwers et Camille Fernandez assument les rôles d’oncle et de nièce. Leur lecture et leur silence confèrent l’esprit de résistance qui rend muet l’amour de la musique que partagent au moins Werner et la jeune Française. Un spectacle remarquable à l’émotion intense.

     Mais qui est ce Vercors auquel le porte-parole du général De Gaulle, Maurice Schumann, en 1942, à la BBC s’adresse vous, Vercors, encore inconnu et déjà célèbre … ? Pour en savoir davantage, nous avons consulté le Maitron (2). Nathalie Gilbert, auteure de la notice de Jean Bruller dit Vercors précise qu’il effectue sa scolarité à l’Ecole alsacienne qui prolongeait les principes éducatifs des parents : soucieuse de donner à ses élèves une solide culture des sciences et des humanités, privilégiant les méthodes éducatives douces, cette école, de tradition protestante, entendait également former des hommes et des citoyens guidés par une morale intérieure rigoureuse. Cette conscience personnelle, qui doit au besoin se réformer par elle-même, incarne particulièrement l’homme que fut Jean Bruller.

     Diplôme d’ingénieur, service militaire à Tunis,  A son retour en 1926, il entreprit officiellement sa carrière de dessinateur. (…) il publia son premier album alliant texte et dessins, 21 Recettes de mort violente à l’usage des personnes découragées ou dégoûtées de la vie pour des raisons qui, en somme, ne nous regardent pas. Parallèlement, il continua à fournir des dessins pour divers journaux (Le Rire, Fantasio), il devint l’un des illustrateurs des Editions Nathan : la trilogie Pif et Paf.

     Dans les années trente le dessinateur fut donc en contact avec notamment André Gide, Romain Rolland, Roger Martin du Gard, Georges Duhamel, Jean Guéhenno, Charles Vildrac. Ce milieu de gauche, famille intellectuelle de Jean Bruller par héritage paternel, lui dessilla les yeux sur les méfaits du colonialisme (…) A partir de 1932, Jean Bruller entama son œuvre de la maturité préfacée par Jules Romains, La Danse des vivants. Cet album à la philosophie intemporelle inspirée des moralistes du Grand Siècle (…) La philosophie pessimiste du moraliste sur la nature humaine, dégagée des contingences du réel, fut ébranlée par l’Histoire. Elle proposa alors (…) les prémisses de l’évolution d’une pensée intégrant des éléments marxistes, toutefois dominée jusqu’à la fin de sa carrière par l’idéalisme.

     À l’armistice, décidé à ne rien publier sous le joug ennemi, il réside, au 31bis de la rue du Touarte, à Villiers-sur-Morin, petit village en Brie (600 habitants à l’époque) et travaille chez le menuisier. En 1941, il intégra le réseau de l’Intelligence Service, bientôt démantelé. Il entra alors en Résistance intellectuelle (…) Lescure et Bruller créèrent donc leur propre maison d’édition clandestine, Les Editions de Minuit, entreprise viable grâce au réseau des imprimeurs avec lequel le dessinateur avait travaillé dans l’entre-deux-guerres. Celui-ci publia son célèbre récit Le Silence de la mer le 20 février 1942 sous le pseudonyme de Vercors, du nom de cette montagne qui l’avait impressionné en 1939. Si la plume remplaça le crayon, il serait erroné de croire que l’écrivain ne serait pas né sans les contingences historiques. Jean Bruller aimait en effet à compléter ses albums de textes.

     Au lendemain de la guerre, symbole de la Résistance intellectuelle, auréolé d’une soudaine notoriété, Vercors fut nommé à la commission d’épuration de l’édition qu’il quitta dès janvier 1945, jugeant inacceptable les complaisances accordées aux éditeurs. Membre actif du Comité National des Ecrivains (CNE) chargé d’établir la « liste noire » des écrivains compromis, il se montra le plus intransigeant sur le sujet.

     Compagnon de route du Parti communiste, il rendit compte de ses rapports conflictuels avec le PCF dans Pour Prendre congé (PPC, 1957). Désormais, il se montra plus ou moins proche du Parti en fonction des événements et n’hésita plus à se rapprocher des gauches dissidentes pour certains combats comme la guerre d’Algérie. La torture pratiquée par la France dans ce conflit, lui fait refuser la Légion d’honneur en 1960. 

     Inventeur des callichromies, un dérivé de la sérigraphie, reproduction de tableaux à l’huile, il conserve son nom Jean Bruller pour ses œuvres d’artiste et adopte le nom de Vercors en tant qu’écrivain. Vercors s’impliqua pour certaines avancées sociétales. Ainsi il se prononça contre la peine de mort. Il soutint la loi d’autorisation de l’IVG dans Ce que je crois (1975). Dans ses lettres privées, il défendit le droit à mourir dans la dignité.

    Né le 26 avril 1902, jour anniversaire du centenaire de la naissance de Victor Hugo, il décède à 89 ans, à son domicile Quai des Orfèvres à Paris.

VERCORS.jpg

(1)Compagnie Royale Théâtre Arlequin – vendredi 17, 31 mars et samedi 18, 25 mars, 1 avril à 20h 30 – rue Rutxhiel 3 Liège – tél. 04/222.15.43  info@theatrearlequin.be - réservation : billetterie du Forum & du Théâtre Arlequin, rue du Pont d’ Avroy 12 , tél. 04/223.18.18 et par internet www.theatrearlequin.be

(2) http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article178469, notice VERCORS [BRULLER Jean, dit] par Nathalie Gibert, version mise en ligne le 8 février 2016, dernière modification le 8 février 2016. Le printemps du Maitron - 22 mars 2017 - une journée consacrée au Maitron se déroulera dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, de 14h à 22h, en présence de nombreux intervenants - pour assister à cette journée, merci de vous inscrire en envoyant vos Nom et Prénom par mail à l’adresse info@maitron.org

12:51 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, francophonie, Histoire, Littérature, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 19 décembre 2016

Francis Veber accorde à la Compagnie royale Théâtre Arlequin l'exclusivité de sa pièce Le Placard.

 

LIEGE Placard.jpg

© Colette GRAND'RY

        Petit-neveu de Tristan Bernard, Francis Veber en a tout l’esprit. De surplus, né de père juif – Pierre-Gilles Veber – et de mère arménienne – Catherine Agadjanian -, Francis Veber considère qu’avec deux génocides, deux murs des lamentations dans le sang, il a vraiment tout pour un comique.  Ses quarante-deux films relèvent à quatre-vingt-trois pour cent de la comédie.

        Mieux encore, ses pièces de théâtre – L’emmerdeur, Le dîner de cons, Le placard  - avec en vedette le même petit homme, François Pignon,  sont des comédies qui attire grand public aussi bien à Paris qu’en tournées ou …à la Compagnie royale Théâtre Arlequin (1). Entre 2000 et 2012, en trois productions mises en scène de Marie-Josée Delecour et dans un décor trois fois renouvelé de Philippe Waxweiler, Alexandre Tirelier a joué cent-cinquante-neuf fois Le dîner de cons. Il a également interprété le rôle de François Pignon dans L’emmerdeur, Serge Swysen étant son partenaire dans chacune de ces comédies.

        En reconnaissance, Francis Veber a accordé à la Compagnie royale Théâtre Arlequin l’exclusivité pour la Belgique et durant une saison de produire  Le placard avec naturellement Alexandre Tirelier dans le rôle de … François Pignon. Dans une mise en scène de José Brouwers avec un décor de Philippe Waxweiler et des costumes dessinés par Marie-José Delecour, Le Placard  est assuré d’un succès auprès d’un public ravi d’autant que la régie, le son et la lumière sont l’œuvre de Franco De Bartolomeo et d’Alex Fontaine, ce dernier  assumant également la photographie.

LIEGE Arl placard.jpg

© Alex FONTAINE

        L’intrigue est simple. François Pignon, comptable depuis six ans chez Condomax,  est viré. Désespéré, abandonné par sa femme, délaissé par son fils adolescent, il envisage le suicide. Son voisin de palier, Belone (Jean-Marie Gelon) l’en dissuade et lui propose un stratagème pour réintégrer le leader du préservatif Condomax. Un photomontage fait l’affaire. Au vu de la photo, tant le PDG Kopel (Serge Swysen) que le DHR (Pierre Ligot) ou les assistant(e)s de direction  Ariane (Delphine Dessambre) et Guillame (Jean-Louis Maréchal) ainsi que la cheffe-comptable, mademoiselle Bertrand (Marie-Josée Delecour) décident la réintégration de l’indéniable homosexuel Pignon. Condomax ne peut être une entreprise discriminatoire ni homophobe. Condomax participe désormais à la Gay-Pride avec en vedette Pignon coiffé d’un préservatif.

     Un exemple d’humour de Francis Veber dans Le placard : apercevant en compagnie de ses invités japonais Pignon en plein ébats sexuels, le PDG se contente de dire nos essayeurs ! Pour reprendre une expression désuète - SGDG (2) – nous estimons à deux cents nonante deux le nombre de saillies parsemant Le placard.

LIEGE logo Arlequin.jpg

(1) Représentations de la pièce Le placard par la Compagnie royale Théâtre Arlequin, rueRutxhiel 3, Liège : 31/12 deux soirées réveillon au champagne (19h et 22h30), en février 2017, les 3, 4,10, 11, 17, 18, 24, 25 (20h30) – Contact 04/ 222 15 43 info@theatrearlequin.be

Représentations de la pièce Le placard par la Compagnie royale Théâtre Arlequin en tournée au Centre Culturel de Spa le 13/1 (20h), au Centre Culturel de Remicourt le 14/1 (20h), au Théâtre de Liège le 21/1(20h), au Centre Culturel d’Eupen le 24/3 (20h), en la Salle de la Fraternité à Malmedy le 26/3 (19h30) - Contact 04/ 222 15 43 info@theatrearlequin.be

(2) SGDG = sans garantie du gouvernement      

07:26 Écrit par Pierre André dans Actualité, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 22 juin 2016

En 2017, "HAMILTON" qui triomphe à Broadway sera joué à Londres.

HA-0004M-Ndrlandr-Assets-325x415-RGB-72dpi.jpg

        Nos confrères du journal liégeois Mathieu Laensberg - Charles Rogier, Joseph Lebeau, Paul Devaux – Pères fondateurs du Royaume envient peut-être la gloire qu’un autre Père fondateur d’une République, Alexander Hamilton, obtient actuellement à Broadway. La comédie musicale de Lin-Manuel Miranda, Hamilton, à l’affiche depuis juillet dernier, retrace des tranches de vie de personnalités historiques ou politiques. En costumes d’époque mais avec des airs urbains où se mêlent hip-hop et rap, Hamilton est une fresque historique tour à tour irrévérencieuse, patriotique, fleur bleue et traitant de thèmes tels l’immigration et l’ouverture aux étrangers.

hamilton_02.jpg

         D’origine portoricaine, Lin-Manuel Miranda a perçu tout le potentiel de la biographie d’Alexander Hamilton. Orphelin à dix ans, tué dans un duel par un vice-président des États-Unis, Aaron Burr, Hamilton a, d’abord, connu l’emploi dans une maison de comptes, entame des études au King’s Collège – future Université Columbia – de New-York, participe à la guerre d’indépendance américaine en qualité de secrétaire de Général Washington, combat aux cotés de La Fayette à Yorktown, épouse une jeune fille d’une famille influente et riche, premier Secrétaire du Trésor, fondateur de la Banque Fédérale, etc, etc.

       Hamilton côtoie tout qui compte aux États, à Londres, à Paris. Visionnaire, brillant constitutionnaliste, séduisant, il est aussi un être paradoxal ainsi le créateur de la Banque Fédérale a tant de dettes que ses amis se cotisent afin de les rembourser à sa mort. Mieux, adversaire de la Révolution française, il est déclaré en même temps que Georges Washington citoyen français par un décret du dimanche 26 août 1792 de l’Assemblée nationale considérant que les hommes qui, par leurs écrits et par leur courage, ont servi la cause de la liberté et préparé l’affranchissement des peuples, ne peuvent être regardés comme étrangers par une nation que ses lumières et son courage ont rendue libre.

hamiton_03.jpg

        Les 1319 sièges du Richard Rodgers Theatre sur la 46ème rue sont occupés à chaque représentation. Chaque semaine, c’est 600.000 $ de bénéfices engrangés. Il est prévu une tournée mondiale de Hamilton. Qualifiée par Michèle Obama de la plus grande œuvre artistique que j’ai jamais vue dans ma vie, les Liégeois(e)s découvriront Hamilton à moins de cinq cents kilomètre de la Cité ardente, à Londres, dans le courant de 2017.

 

 

 

 

08:45 Écrit par Pierre André dans Actualité, Histoire, Musique, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 10 décembre 2015

Bernard DIMEY - poète, chansonnier, romancier - en haut de l'affiche de l'Etuve.

LIEGE Etuve Demey.jpg

         Des mélodies telles Syracuse, Mémère, Mon truc en plume, Il ne faudra jamais et d’autres encore comme Frédo, Une soirée au Gerpil, La Femme du marin, Madame la Marquise a dit sont encore de nos jours dans la tête des seniors de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce qui fait pas mal de têtes. Il y a, en effet, plus de sept cent mille personnes âgées de plus de 65 ans !

        Ces mélodies ont été chantées par Henri Salvador, Yves Montand, Serge Reggiani, Juliette Gréco, Charles Aznavour, Patachou, Mouloudji, Michel Simon, Francesca Solleville, Jean Ferrat, Zizi Jeanmaire, etc. Que de belles voix !

       Ces mélodies sont nées à partir des textes émanant d’un poète nommé Bernard Dimey, né à Nogent, ayant vécu à Montmartre. Il connaissait son quartier et ses habitants comme le fond de sa poche et en imprégna toute son œuvre. (…) C’était un tragique qui ne se prenait pas au sérieux dira de lui Mouloudji.

LIEGE Bernard Demey.jpg

        Bernard Dimey, un nom injustement oublié mais que le Théâtre de l’Étuve a décidé de rappeler (1)  en présentant textes et chansons de lui. Ce florilège de chansons et de textes projette le spectateur dans l’univers de Bernard Dimey, que l’inconscience populaire a décidé d’ignorer mais que Montmartre n’a pas oublié (…) autant de succès où l’humour, la tendresse, l’humanité ne peuvent qu’émouvoir et vous faire voyager… Tout l’amour de ce grand poète populaire qui avait pris ses quartiers chez les putes de Paris, et qui les a décrites avec une tendresse infinie comme l’écrit Philippe Dengis metteur en scène de ce spectacle Car tout ce qui ne vaut rien n’a jamais eu de prix.

Liege bernard Etuve.jpg

       La scénographie et la régie sont de Jean-Marc Rouffart et les artistes  - Philippe Dengis, Fanny Liberatoscioli, Francesco Nobile et Maria Tridetti - sont accompagnés au piano par Xavier Chapelier et à l’accordéon par Maurice Blanchi.

LIEGE Etuve t.png

(1)  Car tout ce qui ne vaut rien n’a jamais eu de prix  au Théâtre de l’Étuve – vendredis 11 et 18 décembre, samedi 19 déc. à 20h15, dimanches 13 et 20 déc. à 15h30 – PAF 15€ (12€ groupes, étudiants, pensionnés) – Réservations ; SMS 0492 56 29 10 ou reservationetuve@gmail.com 

 

23:38 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 11 novembre 2015

Théâtre de l'Étuve, en novembre : "Le Malade imaginaire"

LIEGE étuve mal.jpeg

        Le théâtre de l’Étuve à Liège situé dans une cave est certes loin d’avoir les dimensions du théâtre du Palais-Royal à Paris où a été créé, en 1673, le Malade imaginaire de monsieur Molière. L’exiguïté des lieux de la scène n’a pas rebuté le metteur en scène John Grégoire qui a disposé, dans un décor et une mise en lumière de Jean-Marc Rouffart, les douze personnages de ce chef-d’œuvre classique (1).

LIEGE étuve béralde.jpeg

        Ils ont tous là, Argan (Philippe Dengis), Toinette (Joséphine Canella), Béline (Béatrice Lahaye), Béralde (John Grégoire), Cléante (Maxime Marchal). Laurence Duchesne est à la fois Angélique et Louison, Michel Udiany interprète Purgon et Diafoirus et Alexis Haar-Salle cumule les rôles de Thomas Diafoirus, Bonnefoy et Fleurant.

LIEGE étuve mal soin.jpeg

        La pièce commence, Argan s’agite ; Carogne, à tous les diables! Est-il possible qu'on laisse comme cela un pauvre malade tout seul ? Voilà qui est pitoyable! Ah! mon Dieu! Ils me laisseront ici mourir. La pièce se termine, Argan ouvre les yeux et dit à Angélique ; Viens. N'aie point de peur, je ne suis pas mort. Va, tu es mon vrai sang, ma véritable fille; et je suis ravi d'avoir vu ton bon naturel.

LIEGE étuve malade.jpg

        Entretemps, durant trois actes, spectatrices et spectateurs ont savouré un humour incisif et intelligent qui se moque de la mort, des médecins et des patients hypocondriaques. Un régal! 

LIEGE Etuve.png

(1)  Le Malade imaginaire  au Théâtre de l’Étuve – vendredis 13, 20, 27 novembre, samedis 14, 21, 28 nov. à 20h15, dimanche 22 nov. à 15h30 – PAF 15€ (12€ groupes, étudiants, pensionnés) – Réservations ; SMS 0492 56 29 10 ou reservationetuve@gmail.com

 

15:01 Écrit par Pierre André dans Actualité, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mardi, 20 octobre 2015

À l'ÉTUVE, dès le 30 octobre, PADAM-PADAM, un hommage à Édith PIAF

        Un souvenir personnel vieux de plus d’un demi-siècle. Le dimanche 13 octobre 1963, en compagnie de Fred Gilissen, journaliste à Europe 1, nous descendions sur Paris en voiture. Aux infos de 9h : quelques centaines de personnes attendent boulevard Lannes de rendre hommage à Édith Piaf, puis au fil des heures, le nombre de personnes s’accroît. Dans la soirée, aux abords de la mortuaire, 67 boulevard Lannes, une foule de plusieurs milliers de personnes attend, le service d’ordre n’autorise qu’un passage rapide devant le cercueil. Tout un peuple pleure Piaf.

ETUVE Piaf.jpg

         Aujourd’hui, plus d’un demi-siècle après sa mort, les chansons d’Édith sont encore populaires : La Vie en rose,Milord, La Foule, L'Accordéoniste, Mon manège à moi, Non, je ne regrette rien, L'Hymne à l'amour, Mon légionnaire, Mon Dieu, L'Homme à la moto, À quoi ça sert l'amour et tant d’autres. Son répertoire dépasse les trois cents chansons. Piaf, née le 19 décembre 1915, a inspiré des films dont La Môme avec Marion Cotillard - un César et un Oscar de la meilleure actrice – et des spectacles.

ETUVE Naissance Piaf.jpg

         Le dernier en date Padam-Padam (1) est dû au verviétois Pierre Stembert qui en réalise un hommage à la vie, au talent de la chanteuse et aux compositeurs de ses chansons. La représentation de Padam-Padam repose sur une comédienne Pascale Bonnarens et une chanteuse Martine Dops, formée à cette discipline par la liégeoise Véronique Solhosse, lauréate du Reine Élisabeth en 2000.


         Conçu pour s’adapter à tous les espaces, Padam-Padam trouve à l’Étuve une intimité rencontrée nulle part ailleurs. Les grands moments du spectacle sont renforcés par deux musiciens Louis Dops et Jordan Stoffels.

LIEGE Etuve.png

(1)  Padam-Padam – Théâtre de l’Étuve, 12 rue de l’Étuve – vend. 30, sam. 31 octobre, vend. 6, sam. 7 novembre à 20h 15 – PAF 15€  

10:09 Écrit par Pierre André dans Actualité, Musique, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 01 octobre 2015

Création de "L'Auberge rouge" de Michel Udiany au Théâtre de l'Étuve par la Cie Zeron Tropa

        Le professeur d’histoire, le Liégeois Michel Udiany est également un auteur dramatique qui aime créer ses pièces au théâtre de l’Étuve. Dernière-née, L’Auberge rouge sera à l’affiche dans une mise en scène de l’auteur, dès ce samedi (1).

LIEGE L'auberge.jpg

        L’intrigue s’appuie sur des faits qui se sont déroulés en Ardèche, à l’auberge de Peyrebeille,  au début du XIXe siècle.  Les tenanciers, les Martin et leur valet Jean Rochette ont été accusé d’avoir détroussé et assassiné une cinquantaine de leurs clients. Le procès a passionné la France. Bien que les faits, le procès et l’exécution se soient déroulés avant l’apparition de la presse populaire innovée par Émile de Girardin, la presse de l’époque surnomme l’auberge de Pierre Martin, l’ossuaire, l’auberge rouge, coupe-gorge, auberge sanglante. Au XXIe, l’affaire continue d’intéresser le public puisque chaque année, cinq mille personnes déboursent quatre € pour visiter de mai à fin septembre, un musée établi dans l’auberge fatale. En réalité, le verdict – trois condamnations à mort, un acquittement - rendu en juin 1833 par la Cour d’assises de Privas n’a porté que sur le meurtre d’un maquignon, car la cinquantaine de meurtres imputés aux quatre accusés leur ont valu l’acquittement.

        À  la même époque, dans nos Ardennes, les bandits Géna et Magonette sévissent. Notre confrère Frédéric Kiesel raconte comment Magonette faillit tuer un maquignon à Wibrin. Sa maison, située à l'écart, était signalée par une enseigne rouillée qui grinçait au vent: celle d'une ancienne auberge. Un soir, un marchand de vaches, revenant de la foire de Saint-Hubert avec son grand chien y demande l'hospitalité. - J'héberge les hommes, pas les bêtes, lui répond, bourru, le patron moustachu. Je payerai pour les deux. J'ai de quoi. J'ai fait de bonnes affaires à Saint-Hubert. Ceci change tout. L'étrange patron sourit. Mais, la nuit, entendant des bruits suspects, voyant des gens en armes, le maquignon se laisse glisser sur le toit de chaume jusqu’au sol, en utilisant son revolver. Il n'ose pas porter plainte... Wibrin n’a pas connu son Auberge rouge mais est entré dans la légende des Rouches!

LIEGE Etuve.png

(1)  L’Auberge rouge – samedis 3, 10, 17 octobre ; vendredis 9, 16 octobre à 20h15. dimanches 4, 18 octobre à 15h30 – PAF 15 €, réduction 12 € - Réservation : SMS au 0492/56 29 10 ou reservationetuve@gmail.com

22:25 Écrit par Pierre André dans Actualité, Histoire, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

jeudi, 20 août 2015

SPA : 56ème Festival, CLÔTURE, BILAN & PERSPECTIVES

 

logo Spa 2015.jpg

        C'est la volonté de ne pas permettre la fin du Festival de théâtre de Spa en 2017  qui a dominé le climat de cette année 2015

        Nous avons évoqué la réunion  extraordinaire du Conseil communal de la Ville de Spa ce vendredi 14 août avec ce seul point à son ordre du jour.
Rappelons qu'en 2012 à Spa le MR obtenait, comme en 2006, 55% des votes valables (les votes nominatifs de préférence pour le bourgmestre dépassant la moitié des suffrages de sa liste) soit 13 des 21 sièges (un de moins qu'en 2006  ce qui permit à Ecolo d'entrer au Conseil) la liste proche du CdH progressant en voix mais pas en sièges (4) tandis que les socialistes avec trois sièges (statu-quo) étaient associés au Collège. Ce 14  août (alors qu'ailleurs le quorum de 11 sur 21 ne serait pas souvent réuni à une telle date) 18 des 21 conseillers spadois étaient présents soit les 13 MR, les 3 PS et 2  des 4 Cdh (les trois vacanciers étant les deux autres CdH et l'élu Ecolo). 

SPA Bourg.jpg

        Le texte de la délibération fut discuté et amendé mais voté à l'unanimité sans aucune abstention c'est-à-dire par le MR mais aussi par les représentants des deux partis qui forment la majorité au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (PS et CdH). Nous serions étonnés si la même unanimité ne pouvait pas être obtenue au niveau de l'arrondissement de Verviers et de la Province de Liège ce qui ouvre des perspectives régionales et communautaires.
 
        Ce nouveau rapport de forces rend crédible la claire revendication des élus spadois; 1° le maintien du soutien par la Fédération Wallonie Bruxelles du Festival royal de théâtre de Spa;           2°) une réception par Mme la Ministre et la "commission d'avis" (le CAD ou Conseil de l'Art dramatique) d'une délégation de la Ville de Spa et de la Direction du Festival pour comparer objectivement les arguments des uns et des autres. L'analyse qui précède cette double conclusion est éclairante.
 
        L'annonce par le courrier du 17 Juillet 2015  de Mme Milquet de la non subsidiation du Festival  dès 2017  se base sur des données infondées du CAD.  
- 1° Ce Festival n'aurait qu'un ancrage local: argument creux car ces cinq dernières années un quart du public vient du Brabant wallon, du Hainaut de Namur et du Luxembourg  ainsi que de Bruxelles (9%) les Spadois représentant 7,55% tandis que ce sont les spectateurs des autres coins de la Province de Liège qui constituent un peu plus des deux tiers du public. Or l'agglomération liégeoise ne constitue pas un ancrage local spadois. 
- 2° Le CAD déplore l'absence d'infrastructures adéquates . C'est faux :certes, aucune subvention n'a été demandée car on ne les obtient que trop tard et trop partiellement mais la petite ville de 10.000 habitants a investi sur fonds propres 6.347.141 euros et 27 cents (soit plus de 256 millions ou plus d'un quart de milliard de francs belges) Quelque 2.500 frs belges par habitant pour les infrastructures des spectacles aucune cité  de chez nous ne dit mieux. 
- 3° Le soutien à un Festival estival de théâtre en Wallonie devrait selon le CAD être plus affirmé qu'à Spa. Cela ne manque pas de culot : alors que la Fédération Wallonie Bruxelles réduit son concours à la Wallonie et en particulier à Spa, cette cité met gracieusement ses salles à la disposition du Festival et lui octroie une subvention de 118.775 euros  
- 4° A la fermeture préconisée par le CAD la Ville de Spa rétorque: comparez les obligations contractuelles 2008 à 2012 du Festival à savoir 15 créations et 15 autres co-produites  ainsi que 300 représentations alors que le Festival a présenté 34 créations, 24 autres co-produites et 337 représentations. En réalité avec une subvention de 31 euros par spectateur le Festival de Spa dont les comptes sont sains obtient trois à quatre fois moins que bien d'autres.
 
        La Ville de Spa et son conseil communal unanime déplorent que une aussi brutale tentative de mettre fin à plus d'un demi-siècle  de créations artistiques de qualité suivies par un public nombreux (94'% de taux d'occupation en 2015 !) ait été développée sur base d'arguments incorrects  et cela sans la moindre concertation avec les organisateurs ni avec la Ville de Spa qui restent désireux d'améliorer encore leur Festival en prenant en compte les dix objectifs de la note d'orientation de la Ministre.  Bref, l'heure est  au dialogue mais aussi à la résistance s'il ne devait pas être fructueux.

SPA 2015 Public.jpg

        Quant au bilan du festival 2015, il a été évoqué lors de la rencontre avec le public organisée chaque année en fin de matinée le dernier jour des représentations. Cette fois cette rencontre fut ouverte par un vigoureux plaidoyer très applaudi du Bourgmestre Joseph Houssa. En 10 jours plus de 11.000 spectateurs (700 étant comptés plusieurs fois car abonnés) ont assisté à 50 représentations  de 20 spectacles dont 15  affichèrent complets (le taux d'occupation avoisinant 94%). Le rendez-vous de 2016 est déjà donné: onze jours du vendredi 5 au lundi 15 Août. Et pas question que ce soit pour une dernière édition

ARLEQUIN enseigne.jpg

        Une telle défense spadoise  doit  se prolonger avec force à Liège en faveur du Festival et aussi tout particulièrement aussi du Théâtre Arlequin dont la Ville a récemment acheté les salles de la rue Ruxthiel pour pérenniser cette compagnie professionnelle et ses emplois. L'absence de concertation de la part de la Fédération conduit à ce qu'elle semble même ignorer cet achat. 
 
        Restent deux questions que même des amis de Madame Milquet  me confirment comme tout-à-fait pertinentes:
1° Est-il normal que Bruxelles (20% de la population francophone de la Fédération et siège des institutions culturelles fédérales) reçoive 66,8% des subventions pour 20 de ces 35 institutions théâtrales conventionnées ?
2° Est-il admissible que les douze membres du Conseil de l'Art dramatique, majoritairement Bruxellois, se déplaçant rarement et peu soucieux de comparer bilans et obligations conventionnelles, puissent conseiller l'octroi de subventions alors que la plupart d'entre eux sont liés à des institutions qui reçoivent ces subsides publics?

SPA 2015 Lois.jpg

        Il me reste à dire quelques mots au sujet des deux derniers spectacles auxquels j'ai assisté dimanche soir  : Les lois fondamentales de la stupidité humaine qu'elles s'appliquent aux crétins, aux bandits  ou aux gens intelligents ne m'ont guère fait rire. 

SPA 2015 collect.jpg

Par contre j'ai beaucoup aimé la magistrale production  de l 'Atelier Théâtre Jean Vilar de Louvain-la-Neuve: ": La famiglia dell'antiquario du grand  Carlo Goldoni qui sut tourner le dos aux bouffoneries de la comedia dell'arte et peindre en italien comme en français les moeurs de Venise puis de Paris. Les onze comédiens sont excellents sous la conduite du couple formé par le toujours magistral  Alexandre von Sivers, l'antiquaire Anselme, et par sa femme Isabelle, la très expressive Cécile Van Snick qui préfère  la recherche de la qualité artistique plutôt que les affrontements politiques. Par contre  je conteste le choix imposé par Madame Daniela Bisconti qui enseigne l'art dramatique au Conservatoire Royal de Bruxelles : postposer de deux siècles cette comédie de Goldoni dont la langue (même adaptée par la metteur en scène) n'est pas celle du XXème mais bien du XVIIIème siècle. Servir humblement de grands textes plutôt que s'en servir pour se faire valoir,  me semble devoir rester une règle. L'imagination n'a rien d'inutile quand elle reste crédible. Ce qui n'est pas le cas quand on place des personnages de 1750 en 1950.  Alexandre Dumas romance Louis XIII mais ne le fait pas mourir sous les murs de Maastricht contrairement à Patrick Roegiers qui a essayé lors d'une lecture à Spa de justifier  son choix de tuer Christian Simenon sur le front de l'est chez les SS  wallons de Degrelle  et non plus tard en Indochine dans les rangs d'ailleurs non dépourvus de nazis de la Légion étrangère française où son frère Georges s'en était débarrassé

SPA Lettres-à-Elise.jpg

Mon coup de cœur de ce 56ème Festival restera donc ces Lettres à Elise remarquablement écrites, mises en scène et jouées par un quatuor formé chez les Baladins du Miroir par Jean-François Viot, Nele Paxinou, Sophie Lajoie et Jean-Marie Pétiniot.
Pour de tels moments exceptionnels, puisse le Festival de Spa continuer à servir un public qu'il importe d'élargir en Wallonie et bien au delà.  

                    Jean-Marie ROBERTI

10:47 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Politique, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 17 août 2015

SPA : spectacles du 56ème Festival de théâtre commentés par Jean-Marie ROBERTI.

56ème festival.jpg

OVATIONS  POUR LES BALADINS  et son quatuor des « LETTRES A ELISE » :

Nele Paxinou, Jean-François Viot, Sophie Lajoie, Jean-Marie Pétiniot

      J’admire Madame Nele Paxinou.   L’intelligence et la sensibilité de ses conceptions dramatiques. Son adjoint   Gaspar Leclère a écrit et mis en scène  pour une vingtaine de comédiens et de musiciens 1914,  Le Grand Cabaret un spectacle évoquant  la veille du premier conflit mondial. Joué plus de deux cent fois entre 2005 et 2010, il a été exceptionnellement repris au Festival de Spa ces 11, 12, 13 et 15 Août 2015. Mais dès avant l’an dernier, une nouvelle demande moins festive, provenant surtout de milieux scolaires fut adressée à la compagnie des Baladins du Miroir : commémorer  le centenaire du déclenchement de cette terrible guerre, la préférée de Georges  Brassens.

SPA Lettres-à-Elise.jpg

      Un même souhait fut formulé par un de nos meilleurs et plus expérimentés comédiens actuels   Jean-Marie Pétiniot qui aurait voulu interpréter un  texte qu’il aurait rédigé sur base de témoignages d‘époque. Nele Paxinou, fondatrice et directrice des Baladins du Miroir, donna  son accord de principe à l’initiative, précisa qu’il devrait s’agir d’un spectacle non d’exhibition mais de réflexion  nécessitant le recours au petit chapiteau des Baladins (et non au grand comme Cabaret ou bien encore à des locaux scolaires ou communaux permettant avec le concours d’une bonne équipe technique imaginative, de créer une atmosphère adéquate. Vu sa motivation et en dépit d’un âge plus élevé que celui du rôle (ce qui ne se révéla pas gênant du tout) elle confia à Jean-Marie Pétiniot le rôle masculin de la représentation. Par contre  elle fit appel à un jeune (moins de quarante ans) auteur dramatique lotharingien (à la fois du Namurois et du Brabant roman et donc wallon, Jean-François Viot,) romaniste distingué  qui s’est déjà distingué à Spa (où Alexandre von Sivers, François Sikivie et d’autres comédiens avaient créé sa pièce Sur la route de Montalcino où se confrontaient deux chercheurs dont l’un wallon) Le quatuor fut complété par une  une talentueuse comédienne d’origine québécoise Sylvie Lajoie.

      L’échange de correspondance entre Elise et son mari au front montre la guerre telle qu’elle fut. C’est juste, simple, épuré jusqu‘au poignant. Cela fait comprendre combien l’arrière, les femmes surtout, furent concernées.

     L’accueil du public fut enthousiaste  Ce sont les plus longs et les plus vigoureux applaudissements entendus cette année à Spa (1).  Jean-François Viot  n’est pas, me semble-t-il, un auteur  chez qui l’imaginaire est essentiel : il préfère partir de faits mais ce qu’il crée en exposant ce qui en découle  s’avère d’une grande efficacité. La Wallonie  a en lui un écrivain important et il est réjouissant que le Parlement d’une Fédération à laquelle nous préférons notre région européenne, lui ait octroyé  son Prix Littéraire 2014.

 THE PLACE TO BE

      Le mardi 11 Août 2015, au Petit Théâtre Jacques Huisman, ce n'était plus vraiment le 56ème Festival Royal de Théâtre de Spa mais the place to be pour deux soirées sold out quasi avant l'ouverture des réservations, avec dans la salle le père Philippe et sur scène la fille prodigue Marie revenue au théâtre et dans sa province pour provoquer comme le voulait sans doute l’auteur américain David Ives et ce qui lui valut un Molière (dont certains Liégeois sont presqu'aussi fiers que d'un titre du Standard) mais sans que cela choque encore qui que ce soit cent vingt après le décès du Chevalier Léopold von Sacher-Masoch. Ceci dit qu’ajouter de plus que ce qu’écrivait la critique dramatique du FIGARO, Armelle Heliot, le 3 Novembre dernier :  Marie Gillain, très à l'aise dans les guêpières et autres atours de la belle, est magistrale et toujours légère, irrésistible et maîtresse de la moindre de ses inflexions. Étourdissante! Une artiste  qui mérite toute notre estime.

SPA La  Ve¦ünus.jpg

 N’EST NI MOLIERE, NI JULES ROMAINS QUI VEUT

       Le jeudi 13 Août j'ai assisté à une pièce de Louis Calaferte mise en scène par Patrick Pelloquet pour son Théâtre Régional des Pays de la Loire: Le serment d'Hippocrate  qui se voulait drôle et rocambolesque pour tourner férocement en dérision la médecine qui a survécu à d’autres attaques. Cet auteur avait bien tort de se mesurer à Molière et à Jules Romains. Les comédiens ont -eux- souligné tous les effets de ce vaudeville (genre qui convenait mieux à la fin du XIXème siècle) mais comment les distinguer quand les programmes à Spa n’associent plus les acteurs et les personnages qu’ils incarnent

SPA Le Serment.jpg

DU SALTO VOCALE  AU DESTIN SANS  PASSER  PAR DOFFICE

       Acrobate vocal, entraînant un public bon enfant,  la prestation de Salto vocale  de Bernard Masuir débute agréablement une soirée théâtrale. Par contre je n’ai pas pu voir pour des raisons personnelles le spectacle des mimes  Michel Carcan et Othmane Moumen. Quant au destin de deux femmes sur un plan incliné de Fabrice Gardin,l’intérêt que j’ai ressenti pour ce spectacle m’incite à ne pas en écrire.

SPA saltovocale.jpeg

 LA VILLE REAGIT

       Ce vendredi le Bourgmestre  de Spa Joseph Houssa avait convoqué à 18 heures en séance publique à l'Hôtel de Ville  une séance du Conseil communal qui devait réunir le quorum bien que nous soyons à la mi-août (c'est tellement plus romantique)  et  qui avait pour but de se prononcer (y compris les représentants des deux partis majoritaires au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles: le P.S. et le CdH ) à l'unanimité sur le seul sujet (ce qui est peu fréquent !) mis à l'ordre du jour : LE FESTIVAL DE THÉÂTRE.

SPA VILLE.jpg

        Nous venons d’en apprendre le résultat le quotidien verviétois LE JOUR du groupe L’AVENIR reproduisant sur internet une dépêche de l’agence BELGA. La voici

 Une motion au conseil communal pour sauver le festival de théâtre de Spa

      Le Conseil communal de la Ville de Spa a, effectivement,  approuvé, ce vendredi soir, à l’unanimité, une motion visant à sauver le festival de théâtre de Spa.

     Le 17 juillet dernier, la ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge de la Culture, Joëlle Milquet, avait annoncé sa décision de ne plus subsidier cette manifestation dès 2017.

      La décision de la ministre se base sur un rapport du conseil de l’art dramatique (CAD) qui estime, entre autres, que le festival se caractérise par un ancrage local. Dans son rapport, le CAD déplore que la ville de Spa ne se soit pas dotée depuis tant d’années, d’infrastructures adéquates. Au vu de ces différents arguments, le conseil préconise l’accompagnement de l’arrêt du soutien à l’opérateur.

      Une décision que conteste la ville de Spa, qui fait savoir que sur les cinq dernières années, 67,82% des spectateurs étaient originaires de la province de Liège mais non de Spa. Par ailleurs, la commune a expliqué que des investissements sur fonds propres, pour un montant de 6.347.141 euros, ont été consentis pour l’aménagement des infrastructures.

     Le Conseil communal regrette qu’une décision aussi brutale ait été prise sur base d’arguments incorrects et sans aucune concertation, ni avec les organisateurs, ni avec la ville de Spa.

     Après quelques modifications syntaxiques demandées par l’opposition Osons Spa (la minorité est de tendance CdH)  le conseil a approuvé une motion qui réclame le maintien du soutien du festival royal de théâtre de Spa par la fédération Wallonie-Bruxelles. Le Conseil demande également que la ville de Spa et la direction du festival soient reçues par la ministre et par la commission d’avis pour comparer, de façon objective, les arguments avancés par chacun.

        Cette motion nous semble modérée mais nécessaire. Il importe que les Wallons se mobilisent. Nous y reviendrons.

 

     Jean-Marie Roberti

  (1) NDLR : Les « Lettres à Elise » de Jean-François Viot sont le coup de cœur de Jean-Marie Roberti. Un coup de cœur  tel qu'il conseille vivement à tous d’aller découvrir au Théâtre Blocry à Ottignies-Louvain-la-Neuve où cette pièce sera jouée  quatorze fois du 15 au 20, du 22 au 25 et du 27 au 30 octobre  deux fois à 13 H. 30’ et une fois à 16 heures en matinées scolaires trois fois à 19 heures 30 et huit fois à 20 heures 30 (Tél. 0800 25 325  et réservations@atjv.be  Site : www.atjv.be)                                                                                                                                                         

10:43 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Politique, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 08 août 2015

SPA : ouverture orageuse du 56ème Festival de théâtre

 

logo Spa 2015.jpg

        Ce déchaînement de l’orage trop violent pour reconstituer au mieux les réserves aquifères de la Ville d’eau était naturel et en rien lié à l’arrivée de la Ministre de la culture qui n’eut pas davantage lieu que celles que n’assumèrent pas davantage pendant 22 ans du dernier tiers de siècle, ses quatre prédécesseurs bruxellois  MM. Moureau, Tomas et Picqué ainsi que Mme Laanan. Elle préfère accorder plus du double de subventions au riche Kunstenfestival qu’à celui de Spa dont elle se garde  d’analyser la manière exemplaire avec laquelle les obligations contractuelles de la convention ne sont pas seulement pleinement remplies mais aussi largement dépassées avec le concours sans faille d’une Cité dont les investissements sur fonds propres utiles au Festival s’avèrent importants même en l’absence d’aides spécifiques.

        Punir les bons élèves est absurde. Mais d’autres peu assidus peuvent s’avérer jaloux. Ces pseudo-experts du conseil de l’art dramatique sont par rapport aux chevilles ouvrières du Festival de Spa et du Théâtre Arlequin Armand Delcampe  (né – bon anniversaire – le 11 Août 1939 )et José Brouwers (né le 26 Mars 1931) ce que sont au Cdh  des Milquet’s boys and girls tels Mme Matz ou M. Drèze par rapport à Jean-Pierre Grafé (né le 31 Mars 1932) qui, comme Armand Delcampe avec Cécile Van Snick ou  comme José Brouwers avec Marie-Josée Delecour,  a cherché avec Marie-Dominique Simonet puis avec  Anne Delvaux à rajeunir et féminiser le Cdh liégeois. Nous en reparlerons mais venons en aux deux spectacles auxquels nous avons assisté vendredi soir.

AU SERVICE D’UN BEAU TEXTE

        En guise d’apéritif du Festival, nous avons eu droit à la création  d’une pièce, tirée du roman de Violette Ailhaud, L’homme semence. Que cette histoire ait été vraie alors que cette véracité semble peu vraisemblable nous importe moins que la qualité du texte dont voici une citation parmi des dizaines d’autres possibles.

Ça vient du fond de la vallée. Bien avant que ça passe le gué de la rivière, que l'ombre tranche, en un long clin d’œil, le brillant de l'eau entre les Iscles, nous savons que c'est un homme. Nos corps vides, de femmes sans mari, se sont mis à résonner d'une façon qui ne trompe pas. Nos bras fatigués s'arrêtent tous ensemble d'amonteiller le foin. Nous nous regardons et chacune se souvient du serment. Nos mains s'empoignent et nos doigts se serrent à en craquer les jointures notre rêve est en marche, glaçant d'effroi et brûlant de désir.

SPA Homme semence.jpeg

 

Dans une mise en scène très pointue d’Annette Brodkom assistée par une demi-douzaine de spécialistes du son, de la voix, du mouvement , des lumières, de la scénographie etc…  la jeune comédienne Marie Avril réussit un sans faute. Être comédien(ne), c’est servir humblement de grands textes nous disait Gérard Philippe au milieu des années cinquante lors de rencontres internationales des jeunes au Festival du TNP en Avignon. C’est dans cette voie que s’est engagée et qu’excellence à présent Marie Avril.

 

L’ÉVOLUTION DE NOTRE SOCIÉTÉ CONDAMNE-T-ELLE L’AFFIRMATION DE NOTRE IDENTITÉ : JUIVE… OU WALLONNE ?

        En présence du Bourgmestre Houssa (né en 1930 mais dont la première échevine a un demi-siècle de moins que lui) et de deux Gouverneurs de province, un ancien du Brabant wallon Valmy Féaux qui fut aussi Ministre-Président de la Communauté française de l’époque et d’un autre, ancien ministre prolongé au moins jusqu’au lendemain des Fêtes de Wallonie comme Gouverneur de la Province de Liège, Michel Foret, le plat de résistance de cette soirée d’ouverture fut la création en français d’une des quinze pièces du dramaturge américain Donald Margulies : « Brooklyn Boy ».

SPA 2015 Brooklyn.jpeg

         Un écrivain juif (ou censé l’être) perd-il son identité en obtenant le succès grâce à  un roman autobiographique ? Au rythme de séquences  aux transitions spectaculaires, cet écrivain est confronté à son père, à un condisciple d’enfance devenu épicier, à son ex-épouse, à une jeune femme de passage, aux studios hollywoodiens et à nouveau à son condisciple puis au fantôme de son père.          

        Retrouvera-t-il son identité ? Richard Ruben qui se trouve deux heures en scène et qui joue juste mais devrait veiller à rester toujours aussi audible que son père, Armand Delcampe metteur en scène de cet intéressant spectacle joué par sept comédiens secondés par le double de collaborateurs. Intéressant parce qu’universel. Et si une pièce  nous interrogeait sur notre propre identité en espérant que les Wallons comprennent enfin qu’ils doivent, en régionalisant la culture et l’enseignement,  devenir maîtres chez eux !

 

 

                           Jean-Marie Roberti

16:50 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 05 août 2015

Exclusivité "Liège 28" : VEUT-ELLE DÉMÉNAGER LE FESTIVAL DE SPA À MONS ?

 

logo Spa 2015.jpg

Une exclusivité de Liège 28

VEUT-ELLE DÉMÉNAGER LE FESTIVAL DE SPA À MONS ?

     Un avis négatif quant à  la subsidiation du Festival de Spa vient d’être rendu par le Conseil de l’Art dramatique composé d’experts de l’establishment communautaire, absents de Spa en août mais dont les trois quarts, en toute incompatibilité, s’occupent d’abord de  se servir eux-mêmes.

     Ce Conseil à nette majorité bruxelloise dépend, en, fait des Ministres de la Culture qui, pendant ce dernier tiers de siècle, furent vingt-deux ans bruxellois. Joëlle Milquet qui succède ainsi à Fadila Laanan, Charles Picqué, Eric Tomas et Philippe Moureaux a décidé  dans un premier temps de diminuer de 5%   en 2016 les subsides des onze institutions théâtrales dont sept wallonnes ayant reçu des avis négatifs et, dans un second temps, d’étudier l’arrêt éventuel de tout subventionnement.

     En 2016, trente cinq institutions conventionnées dont vingt bruxelloises doivent recevoir  29,3 millions  d’euros : 19,6 à Bruxelles (66,8%) et 9,7 hors Bruxelles (lisez en Wallonie) soit moins d’un tiers.

     Quelque 20% des francophones de la Fédération Wallonie-Bruxelles habitent les 19 communes de la Région-capitale où l’État fédéral finance d’importantes institutions culturelles. Les clés de répartition Persoons Dehousse des dépenses culturelles localisables de la Communauté française (25% à Bruxelles, 75 % en Wallonie)  sont généreuses pour la capitale et devraient rester valables. En fait, elles sont bafouées par les ministres bruxellois et leurs conseils d’experts.

     Il est temps que Ministres et Députés wallons largement majoritaires  au  Gouvernement et au Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles se réveillent.

     Mme Milquet connaît ce péril et, nous confiait écœuré un de ses propres collaborateurs,  pour rendormir les Wallons, elle entend bien les diviser . Elle compte proposer (ou l’a déjà fait) à son ami mayeur de la Capitale européenne 2015 de la Culture  de charger   les professionnels de l’art dramatique du Brabant wallon  (ceux de l’Atelier et des Baladins)  de créer, avec des moyens  significatifs, un Festival  estival théâtral hennuyer  et surtout montois afin de diminuer le déséquilibre existant dans le domaine culturel entre la Province du Hainaut et celle de Liège.

     Cela  fera oublier aux Hennuyers les déséquilibres Wallonie Bruxelles et si les Brabançons wallons  rechignaient à jouer dans une telle pièce, ce seraient leurs futurs contrats-programmes qui seraient menacés.

      Quand Machiavel  recommandait au Prince Divide et impera (divise et règne) il ajoutait un second conseil : sois discret.

     Révélées, les intentions de Joëlle Milquet devraient susciter  chez les Wallons un sursaut de dignité. Se battre entre eux alors qu’ils sont majoritaires et peuvent donc faire rétablir l’équité serait d’une grande bêtise car ils ont besoin de se montrer unis et solidaires face aux défis européens et à ceux de la mondialisation.

     Puisse cette voix de la raison être entendue !               

     liege28.skynetblogs.be  

         

SPA Milquet Di Rupo.jpg

06:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Politique, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 16 mai 2015

LE 56ème FESTIVAL THÉÂTRAL DE SPA : D’ ÉCLAIRANTES ÉNUMÉRATIONS.

logo Spa 2015.jpg

        Le Festival de théâtre de Spa  se présente chaque année en communiquant une série de chiffres que l’on peut compléter, voire parfois rectifier au lieu de les arrondir : sa 56ème édition depuis 1959 (1) propose en  2015,  10.000 places  en six lieux et en dix jours afin de permettre à 73 comédiens (20 dont 7 musiciens  des Baladins du Miroir, 18 de deux productions de l’Atelier-Théâtre Jean Vilar et six nous venant des Pays de Loire, tandis que les 16 autres  spectacles - sur 20  soit   80%  de ceux-ci - ont ensemble  eu recours à 29 comédiens soit moins de deux en moyenne par spectacle) de jouer 44 fois 20 pièces dont quatre créations et trois spectacles venus de France dont celui (« sold out » c’est-à-dire complet en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire) avec la triomphatrice  du Molière de la meilleure comédienne de l’année :  la Liégeoise Marie Gillain. On pourrait poursuivre  l’inventaire à la Prévert  en évoquant quatre rencontres, trois lectures, cinq spectacles de rue, six stages dont cinq pour des catégories de jeunes allant de 2 ans et demi à 17 ans ou bien encore un dîner spectacle, des formules Thermes-Théâtre etc….

SPA 2015 Brooklyn.jpeg

        Mais chez les lecteurs curieux les énumérations ne font l’objet d’appréciations qu’après comparaisons. Je lis ainsi qu’en 1961, le festival annonçait 26.252 spectateurs pour 39 représentations en  18 jours  par 37 comédiens résidant à Spa et 42 comédiens navetteurs . Ou bien que pour sa mise en scène de la création mondiale en langue française de la pièce magistrale de Bertold Brecht « Arturo Ui », Jacques Huisman avait employé trente six comédiens.  Quand fin 2002, Armand Delcampe  secondé notamment par le Bourgmestre Houssa obtint du Ministre libéral wallon de la Culture  Richard Miller, la signature d’un contrat-programme pour le Festival spadois, il put annoncer pour 2003, 88 représentations (le double de cette année) de 28 spectacles dont 8 créations en 16 jours… En 2006 on annonça même plus de 100 représentations !

SPA 2015 création.jpg

        Aujourd’hui, Cécile Van Snick nous écrit :  « Le contrat-programme signé en 2002 prévoyait un échelonnement de la subvention jusqu’ en décembre 2006 . Ensuite, nous avons eu droit à quelques indexations. Celles-ci s’arrêtent en 2011. En 2015, la subvention a été diminuée de 1%. Lorsque j’évoquais en conférence de presse le montant de 17.000 euros en moins pour l’artistique, c’était en additionnant l’ensemble des montants diminués cette année (aide de la Présidence de la Fédération, aide du Tourisme, diminution de la subvention de la Fédération, Arts & Vie,…)                

        La subvention de 173.525 euros  en 2002 a progressé de 38,6% en quatre ans pour atteindre 240.451 euros en 2006 mais la ministre  bruxelloise Fadila Laanan a refusé de renouveler le contrat-programme et s’est  contentée en huit ans d’une progression de 6,4%  (de 240.451 à 255.910 euros en 2011  montant maintenu sans indexation jusqu’en 2014 et abaissé en cette année 2015 à 253.351 euros). Nous connaissons l’impécuniosité de l’ex-Communauté française devenue une Fédération Wallonie-Bruxelles à régionaliser. Les clés de répartition des subventions communautaires  localisables avaient été généreusement fixées pour Bruxelles (alors quelque 20% des francophones de la Fédération dans cette région dotée de l’essentiel des budgets des institutions culturelles fédérales) à 25%, 75% devant revenir à la Wallonie. Dans le secteur des arts de la scène (comme à la R.T.B.F.) c’est à présent l’inverse grâce à des Charles Piqué et Fadila Laanan  qui avec la complicité des Wallons de l’establishment bruxellois ont roulé dans la farine ministres et parlementaires wallons pourtant largement majoritaires au sein de la Fédération. Spa fournit à cet égard avec son Festival de Théâtre un exemple flagrant d’iniquité.

SPA 2015 collect.jpg

        En effet une véritable aberration se révèle dans  les subventions de deux Festivals : l’un flamingant d’avant-garde te Brussel le « KunstenFestival des Arts » qui en plus des crédits considérables de la Communauté flamande et même de l’Union Européenne ainsi que des aides service de Brussel-Bruxelles-hoofdstad-capitale recevait en 2013 près de  600.000 euros (597.566) alors que le Festival Royal de Théâtre de Spa recevait pour sa 54ème édition   255.910 euros  soit quelque 40% de ce qui était octroyé aux affidés de Mevrouw Frie Leysen (2). Cela dans un silence qui est selon moi aussi assourdissant que scandaleux. Espérons que cela  change car autrement la mort à petits feux du Festival de Spa se terminera par une euthanasie. Le seul moyen de l’éviter nous semble être de transférer des subventions de Bruxelles vers la Wallonie.            

        Ceci dit , je n’ai pas présenté  les spectacles. C’est parce que vous trouverez bien davantage à leur sujet sur le site du Festival (www.festivaldespa.be) que ce que je pourrais en dire ici. Par contre vous n’y trouverez pas ce que vous avez pu lire ci-dessus. Mais je prévois de vous donner en suivant deux représentations lors de cinq soirées du 7 au 16 Août une dizaine d’appréciations motivées.                                    

        Jean-Marie Roberti

___________________

(1) Depuis 1959, c’est-à-dire d’abord un quart de siècle en décentralisation du Théâtre National dirigé par Jacques Huisman auquel succéda un Jean-Claude Drouot alias Thierry la Fronde  qui échoua en 1986 et 1987, deux « anciens » Billy Fasbender et André Debaar prenant le relais en 1988 et présentant jusqu’en 1998 une vitrine des productions dramatiques en Communauté française, tandis que depuis 1999, c’est-à-dire depuis 17 ans, c’est le duo Armand  Delcampe et Cécile Van Snick qui met désormais l’accent sur la création (comme le démontrait en 2009,   dans son livre sur le cinquantenaire du Festival,  le journaliste de « La Libre Belgique » Philippe Tirard)  et qui  assume (aujourd’hui très difficilement)  l’actuelle pérennité de  cette manifestation estivale majeure de l’art dramatique en Wallonie.

(2) Une fine observatrice de la vie culturelle bruxelloise, par ailleurs ancienne parlementaire, nous fait justement remarquer que la Fédération Wallonie-Bruxelles a certes obtenu que l'appellation KunstenFestival soit complétée par la mention  "des Arts"  mais, ajoute-t-elle, il faut attaquer ce "kunst" sur le fait que le contrat ne prévoit que trois productions de la Fédération Wallonie Bruxelles. Elle souligne encore que "les 35 producteurs bruxellois ne sont pas francophones" A son avis,  un double financement par les Flamands et les francophones serait de nature  à permettre des créations et un caractère mondial où, conclut-elle, la Wallonie devrait être plus présente.  Nous pourrions souscrire à une telle conclusion si la Wallonie obtenait dans ce secteur de l'art dramatique (comme dans bien d'autres domaines culturels) une proportion équitable des interventions publiques (et non pour le Festival théâtral de Spa 40% de ce que la Fédération  octroie au riche KunstenFestival). Nous apprenons que le Théâtre dit National (auquel cette Fédération accorde plus de six millions d'euros annuels) annonce l'organisation d'une saison 2015-2016 complètement commune avec le  Koninklijke Vlaamse Schouwburg. Grâce à l'addition des subventions 70 spectacles peuvent être programmés en région de Bruxelles-Capitale en y assurant à la Flandre une place démesurée par rapport à sa représentativité réelle (10% des demandes de pensions sont rédigées en néerlandais vient-on d'apprendre) et cela dans un esprit belgicain et recentralisateur. Jusques à quand la majorité wallonne de la Fédération Wallonie-Bruxelles se laissera-t-elle rouler dans la farine ? 

22:50 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, francophonie, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

dimanche, 19 avril 2015

En moins de quatre mois, plus de vingt représentations de "L'Emmerdeur" à la Compagnie royale du Théâtre Arlequin.

       D’une citation de Molière, le Théâtre Arlequin a fait sa devise : C'est une étrange entreprise que de faire rire les honnêtes gens. Pour ce qui est de faire rire les gens – honnêtes par définition -, la Compagnie royale Théâtre Arlequin réussit à merveille avec L’Emmerdeur  (1) de Francis Weber. Un auteur dont les comédien(ne)s de l’Arlequin ont déjà joué Le dîner de cons avec le légendaire François Prignon.

ARLEQUIN l'emmerdeur.jpg

        Le public le retrouve avec plaisir dans son rôle de photographe de chiens écrasés dans une presse merdique (Alexandre Tirelier), déprimé en suite du départ de sa femme Louise (Marie-José Delecour), suicidaire, emmerdeur attitré du tueur en mission Ralph Milan (Serge Swysen). L’interprétation de ce dernier est hallucinante tantôt  ange gardien de Prignon, tantôt aux prises avec les piqûres malencontreuses du docteur Wolf (Pierre Ligot) ou le revolver du policier (Franco de Bartolomeo). Quant aux mimiques du garçon d’étage (Jean-Marie Gelon) découvrant les situations équivoques de ses clients, elles sont indescriptibles.

ARLEQUIN jean-marie-gelon.jpg

        Dans une mise en scène tout en finesse de Marcel Kervan utilisant avec intelligence le décor de deux chambres d’hôtel élaboré par Valérie Urbain, la pièce L’Emmerdeur fait un malheur et ce n’est que justice.

ARLEQUIN enseigne.jpg

(1)  Trois dernières représentations: vend. 24, sam. 25 avril à 20h30 et dim. 26 à 15h00 – PAF 20€ - Location : Billetterie Forum et Arlequin, 12 Pont d’Avroy, lundi au vend. 11-18h, sam. 12-18h, tél. 04 223 18 18 ou par Internet www.theatrearlequin.be

13:13 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 17 avril 2015

Le rire est de mise au Théâtre de l'Étuve.

ETUVE Alain Posture.jpg

        Après avoir présenté à l’Étuve en avant-première son nouveau spectacle Je suis Posture, Alain Posture y revient (1). Imitateur, chanteur et humoriste, Alain Posture est un Hennuyer qui n’a jamais ennuyé personne ! Il adore faire rire. Pendant dix-sept ans, il fait carrière à Paris dans les cabarets, au théâtre, à la TV. Depuis, une dizaine d’années, il se partage entre café-théâtre belges et français.  

       Son nouveau spectacle Je suis Posture est un mélange subtil d’imitation au service de la comédie en revisitant les grands classiques du cinéma français et de multiples escales en chanson. Le public rit de bon cœur convaincu que c’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule !…  et de rire à nouveau à gorge déployée...

ETUVE Magicos.JPG

       Après Posture, le spectacle de l’Étuve est consacré à la magie avec les Stupidos Magicos (2). Inutile de préciser que le rire est à nouveau au rendez-vous.

étuve.png

 (1) Sam. 25 avril, 20h15, dim. 26 avril,15h30 – Réservation : reservationetuve@gmail.com ou par sms au 0492/52910 - Paf : 15 € - Groupes, pensionnés et étudiants 12 €

      (2) Sam.9 mai, 20h15 - Réservation : reservationetuve@gmail.com ou par sms au 0492/56 29 10 - Paf : 7€ - Groupes, pensionnés et étudiants  5 €

14:00 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 20 mars 2015

Compagnie royale L'ARLEQUIN met à l'affiche L'ETRANGER d'Albert Camus.

 

ARLEQUIN brouwers.jpg

        L’assassinat de Georges Wolinski par les frères Kouachi a été ressenti comme un drame personnel au théâtre Arlequin. Par trois fois, Georges Wolinski est venu, la saison 1985-86, voir, à l’Arlequin, l’adaptation à la scène de son album À bas l’amour copain. En ce temps-là, l’adaptation et la mise en scène a été réalisée par José Brouwers qui évoque ces rencontres. Comme les autres victimes du 7 janvier 2015, Georges Wolinski a été la cible du terrorisme dont Albert Camus a dit : le terrorisme est un crime qu’on ne peut excuser.

        Cette phrase comme d’autres telle mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde figurent dans l’à propos tracé par Camille Fernandez et José Brouwers. Cet à-propos permet au public de se remémorer les grandes lignes de la vie de ce Prix Nobel de littérature en 1957. Ce prologue rappelle que le fondement de la philosophie camusienne est l’absurde.

Arlequin étraner.jpg

        En adaptant pour la scène ce roman L’Étranger,(1) José Brouwers n’a nullement trahi l’auteur. La pièce commence par cette phrase Aujourd'hui, maman est morte. Dès ce moment, l’indifférence au monde affichée par Meursault (Pierre Ligot) bascule et l’amène, toujours indifférent devant un jury d’assises qui le condamne pour le meurtre d’un Arabe à la peine capitale. Serge Swysen interprète avec justesse les multiples personnages qui relancent la trame de la pièce. Le décor de Philippe Waxweiller est minimaliste mais il rend toute l’atmosphère d’Alger et de son soleil. Les costumes imaginés par Marie-Josée Delecour contribuent au succès de L’Étranger.

ARLEQUIN logi.jpg

 

(1)vend. 20 mars,  sam 21  , vend. 27 à 20h30 – info@theatrearlequin.be – Compagnie  royale

 l’Arlequin – rue Rutxhiel -

10:09 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 13 mars 2015

Théâtre de l’ÉTUVE : un programme PYTHONESQUE en mars, accueil délirant du printemps!

        Au réveillon de Nouvel-An, le théâtre de l’Étuve a présenté avec succès l’œuvre originale de son co-directeur John Grégoire, Les casse-pieds sonnent toujours deux fois. Un succès confirmé en février et début mars devant des salles remplies.

        En vue de se réjouir davantage encore de l’arrivée du printemps, l’Étuve a invité la Compagnie Zeron Tropa  de Michel Udiany à présenter des sketches inspirés de l’humour déjanté des Monty Python’s  (1). Cet humour a fait plier de rire de 1969 à 74 les Britanniques. Durant cette période, la très sérieuse BBC a diffusé cette émission au point de la rendre cultissime. Le très sérieux Oxford English Dictionary  a enrichi la langue anglaise d’un néologisme  Pythonesque qui se définit : denoting or resembling  the absurdist or surrealist humour or style of Monty Python’s Flying Circus.

MOnty Python's Recto.jpg

        Le très sérieux et talentueux Michel Udiany - professeur d'histoire, comédien (notamment au Café de la gare et à Bobino), auteur dramatique et romancier – a écrit et mis en scène Monty Python’s et maintenant, quelque chose de complétement différent. Un spectacle qui tranche avec Quatorze présenté en août 2014, au Monument interallié, à l’occasion du centenaire de la première guerre mondiale.

étuve.png

(1)    Sam. 21 mars (20h15), dim. 22 mars (15h), vend. 27 et sam.28 mars (20h15)  PAF 10 et 13 €  Réservations : Tél. 0492 56 29 10  Courriel reservationetuve@gmail.com

16:26 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 04 février 2015

Théâtre de l’ÉTUVE : un programme chaud-show en ce mois froid de février !

étuve fév.jpg

        Le mois de février a beau être le plus court de l’année, il n’en demeure pas moins qu’il sera un des mois le plus chargé d’activités pour le Théâtre de l’Étuve.

        D’ordinaire, les spectacles de l’Étuve  ne sont pas représentés le dimanche, jamais le dimanche ! Sauf pour le dernier allemand du Caucase (1) , un spectacle de Raphaël Le Mauve, Grand Prix du Théâtre 2013 organisé par l’ Association Création Théâtre (ACT). Sans résumer – c’est impossible - le dernier allemand du Caucase, disons qu’il s’agit d'humour poétique - trash et  politiquement très incorrect... un régal... !

étuve canta.jpg

        Retour la semaine suivante, à la normale si l’on peut dire. Enfiler un vendredi 13, une Saint-Valentin, une chorale d’une vingtaine de personnes sur la scène minuscule de l’Étuve, c’est normal ? Peu importe la réponse, le concert, dirigé par Line Adam, d’I canta Storia (2) vaut le déplacement. I Canta Storia conte en chansons l’histoire d'une Italie multiple tissée de jours de liesse et de déchirements, d'émigration difficile, de foi vivante et de croyances populaires, de nostalgie et de révolte. C’est tout simplement merveilleux… !

étuve casse.JPG

        Celles et ceux qui ont choisi de passer le réveillon de Nouvel An dans la cave de l’Étuve vont retrouver avec plaisir Les casse-pieds sonnent toujours deux fois (3). Ce spectacle de John Grégoire et Carine Lipeville fait littéralement le tour du monde  des raseurs, importuns, casse-culs, chieurs, enquiquineurs, crampons, malavisés, gêneurs et autres trouble-fête qui entourent le quotidien des autres. Sans oublier que les autres dont Sartre a dit qu’ils sont l’enfer sont tout aussi raseurs, importuns, casse-culs, chieurs, enquiquineurs, crampons, malavisés, gêneurs et autres trouble-fête. Bref, nul(le) ne s’en tire mais chacun(e) rigole !

        Sur le site du Théâtre de l’Étuve - www.theatre-etuve.be - , il est loisible d’avoir via You Tube un avant-goût de ces différents spectacles à l’affiche.

étuve.png

(1)  le dernier allemand du Caucase vendredi 6, samedi 7 février à 20h15 et dimanche 8 à 15h30 -PAF 15€ et 12 € - Réservation : par courriel à reservationetuve@gmail.com ou par SMS au 0492/56.29.10

(2)  I canta Storia – vendredi 13, samedi 14 février à 20h15 - PAF 15€ et 12 € - Réservation : par courriel à reservationetuve@gmail.com ou par SMS au 0492/56.29.10

(3) Les casse-pieds sonnent toujours deux fois – en février, vendredi 20 et 27(complet), samedi 21 (complet) et 28 à 20h15 et mars, vendredi  6, samedi 7 à 20h15 - PAF 15€ et 12 € - Réservation : par courriel à reservationetuve@gmail.com ou par SMS au 0492/56.29.10

18:43 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 14 janvier 2015

"LE MALADE IMAGINAIRE" - Comédie de Monsieur Molière - au Théâtre de l'Étuve.

moliere.jpg

       En ce mois de janvier, le programme de l’Étuve compte six représentations publiques du Malade imaginaire outre les représentations privées destinée aux écoles (1). Mis en scène par John Grégoire dans un décor de Jean-Marie Rouffart, ce classique a été revisité. Ainsi l’action se situe entre les deux guerres et ce n’est que plus drôle.

       En bourgeois de cette époque du siècle dernier, entendre Argan  (Philippe Dengis) énonçant Trois et deux font cinq, et cinq font dix, et dix font vingt; trois et deux font cinq (…) Est-il possible qu'on laisse comme cela un pauvre malade tout seul? ou  Diafoirus (Michel Udiany) Nous sommes dans toutes nos visites pour porter secours aux malades, et non pour leur porter de l'incommodité ne manque assurément pas de charme. Molière demeure Molière et l’humanité aussi. À mourir de rire ou mdr !

étuve.png

(1) Le Malade imaginaire de Molière – Représentations publiques les 16, 17, 23, 24, 30 et 31 janvier à 20h15– Théâtre de l’Étuve – PAF 15 et 13 € - Réservation : SMS 0492 /56 29 10 reservationetuve@gmail.com

Représentations privées, contact Philippe Dengis 0475/23 92 55

18:55 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 01 décembre 2014

À l'Étuve, en décembre, deux créations "Hello Alice" et "Les casse-pieds sonnent toujours deux fois".

       

Alice.jpg

 

        Le mois de décembre est un mois d’effervescence au Théâtre de l’Étuve, 12 rue de l’ Étuve. Cela commence par la création de Hello Alice ! et se termine, la soirée de Réveillon de Nouvel-An, par une autre création,  Les casse-pieds sonnent toujours deux fois.

        Hello Alice (1) est de la plume de Claude Yon, auteur dramatique contemporain, qui retrouve le personnage vedette de Lewis Carol en une adulte bien séduisante. D’autant qu’elle a conservé toutes les qualités de l’Alice enfant. Elle est courtoise, curieuse extravagamment curieuse, patiente, attentive.Bref, un amour de petite fille. Claude Yon retrouve dans son Alice adulte tout le sens de la satire que Lewis Caroll est parvenu à mettre dans son œuvre à l’égard de ses amis. L’absurdité du monde est grande sans ébranler l’Alice adulte. Je suis en retard ! En retard ! En retard ! Mais non, Hello Alice est là.   

        Les casse-pieds sonnent toujours deux fois (2) est de la plume du Liégeois de John Grégoire – directeur-adjoint de l’Étuve. Selon l’auteur, chacun se retrouvera (s’il est honnête) ou reconnaitra quelqu’un (s’il l’est un peu moins),tour à tour dans le rôle de la victime ou du casse-pied dans une cascade de situations quotidiennes qui font que la vie est loin d’être un fleuve tranquille. Qui dit Réveillon dit bulles et zakouskis. L’une et l’autre sont au rendez-vous.

Alice étuve.jpg

Anne Bellicano, Philippe Dengis, John Grégoire, Béatrice Lahaye dans HELLO ALICE

 

(1) Hello Alice – du 5 au 20 décembre, tous les vendredis et samedis 20h15 – 15€ et 13€ - réservation SMS 0492 /56 29 10 reservationetuve@gmail.com

(2) Les casse-pieds sonnent toujours deux fois – 31 décembre – 35€ - réservation et prépaiement indispensables BE27 7320 2709 4373

15:24 Écrit par Pierre André dans Actualité, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 27 octobre 2014

Le 56ème Festival royal de théâtre de Spa peut avoir lieu ! Et après ?

festival spa.jpg

        Fidèle à l’apophtegme de Beaumarchais sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur, notre confrère Jean-Marie Roberti couvre le Festival de Théâtre de Spa depuis de nombreuses années. Outre l’aspect culturel, il est un des rares confrères à s’intéresser aux conditions institutionnelles auxquelles se trouvent confrontés Armand Delcampe et Cécile Van Snick, organisateurs de ce Festival devenu Royal. Royal, certes … Mais menacé sûrement selon le mot de Delcampe. En 2002, Richard Miller, ministre de la Culture à l’époque, a signé un contrat-programme quinquennal avec la Ville de Spa. Celui-ci n’a jamais été renouvelé par Fadila Laanan qui a occupé, durant dix ans, ce ministère de la Culture. Un record de longévité ministérielle exercé pour se contenter de prolonger, par de simples avenants annuels, un contrat-programme obsolète.

        Le Festival (royal) de Théâtre de Spa est la principale manifestation estivale wallonne d’art dramatique à qui est, systématiquement et injustement, refusé le renouvellement d’un contrat-programme pluriannuel comme l’a proclamé à de multiples reprise Jean-Marie Roberti. Et de comparer la subvention accordée à Spa et les largesses financières de la Communauté française – l’ancienne appellation de la Fédération Wallonie-Bruxelles – s’en allant vers ce « Festival des Arts de Bruxelles » étant mieux connu sous l’appellation que lui donna sa fondatrice Mevrouw Frie Leysen : « Het Kunsten Festival » au service, dans la capitale de l’Europe, de la Communauté flamande et d’une expression dramatique réservée à une petite minorité  d’avant-garde. À ces largesses viennent s’ajouter celles de l’Union européenne, de la Communauté flamande, de la Région de Bruxelles-Capitale et de la Ville de Bruxelles. Face à cette situation, les député(e)s wallon(ne)s pourtant majoritaires au sein du Parlement de la Communauté restent amorphes. Jean-Marie Roberti le déplore : C’est dans le silence assourdissant de trop d’élus de la majorité wallonne du Parlement de l’ex-Communauté française  que sont votés des budgets qui bafouent toute équité quant à la répartition des dépenses localisables entre régions wallonne et bruxelloise.

        Au lendemain des élections de mai, la situation peut-elle évoluer favorablement pour le Festival royal de Théâtre de Spa ? Il est permis de le penser encore qu’un certain nombre de membres du Conseil de l’art dramatique désignés en 2012 pour cinq ans par la ministre précédente restent en place. Un certain optimisme est né de la première intervention d’un nouveau parlementaire, Charles Gardier – récipiendaire en 2013 de l’Ordre du Mérite wallon – qui a interrogé Joëlle Milquet, ministre de la Culture quant à l’avenir du Festival royal du Théâtre de Spa.

Gardier.jpg

       Le Festival royal de Théâtre de Spa existe depuis 1959. La 55e édition de cet événement culturel incontournable en Fédération Wallonie-Bruxelles s’est déroulée cet été.

Les avantages de ce festival sont nombreux. Tous les styles de théâtre y sont représentés, ce qui en fait la vitrine artistique d’une grande partie de la production francophone belge. Il attire un public varié et nombreux. En effet, plus de 14 000 spectateurs ont participé au festival cette année.

Le taux d’occupation était donc proche du maximum. La politique des prix pratiquée le rend accessible à toutes les couches de la population, y compris aux jeunes qui découvrent ainsi un univers culturel différent. Le festival met l’accent sur la création d’œuvres d’auteurs belges et met ainsi en évidence la valeur artistique de nos talents. Autant d’avantages, le tout dans le cadre particulier, reconnaissons-le, de la ville de Spa, berceau du thermalisme moderne. (…)

Pourtant, son avenir pose question. Y aura-t-il une 56e édition, et si oui, sera-t-elle de qualité?

En effet, depuis la fin du contrat-programme entre ce festival et la Communauté française en 2006, les moyens réduits dont il dispose ne correspondent plus à ses besoins. Ces limitations budgétaires entraînent une liberté de choix restreinte et une programmation réduite. Les subventions sont, à titre d’exemple, 2,33 fois inférieures à celles attribuées au Festival des Arts de Bruxelles. (…) Je vous interroge aujourd’hui sur le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles. Comptez-vous accorder à ce festival les moyens que la Fédération ne lui reconnaît plus depuis 2006, ce qui délaisse ainsi l’art dramatique dont nous devrions pourtant être fiers? Comment comptez-vous rassurer les organisateurs de ce festival? 

 

Joelle Milquet.jpg

        Réponse prudente de l’ancienne ministre fédérale : le Festival royal de Théâtre de Spa, qui vient de fêter sa 55ème édition, a été intégré dans les nouveaux échéanciers prévus par Mme Fadila Laanan pour le secteur théâtral.

D’après mes informations, la commission d’avis est sur le point de m’envoyer sa note relative à la conclusion des prochains contrats-programmes.

Le renouvellement du festival de Spa, ses conditions et ses montants font l’objet d’un des trente-neuf dossiers concernés. Le cadre budgétaire sera donc prochainement fixé pour 2015 et les années ultérieures.

J’ai rencontré, hier, (NDLR : 1er octobre) la commission d’avis. Les avis devraient me parvenir officiellement dans les semaines qui viennent, après analyse par le service juridique de l’administration. Je prendrai les décisions les plus opportunes sur la base de ces avis, après avoir entendu les différents acteurs.

À ce stade, je ne peux donc vous communiquer aucune décision, mais je connais l’importance et la qualité du festival. Un avenant au contrat-programme permet de le prolonger jusqu’au 31décembre 2015 pour garantir la continuité de l’événement. Pour le festival de Spa comme pour les autres dossiers, les contrats-programmes seront fixés à partir du 1er janvier 2016 pour les cinq prochaines années. 

        En réplique, Charles Gardier entend rester vigilant : J’attends avec impatience le retour de la commission d’avis. J’espère qu’il prendra en compte l’importance de ce festival et des matières théâtrales en général. Je ne manquerai pas de revenir vers vous si nécessaire. Il est à souhaiter que d’autres parlementaires des divers partis mènent le combat avec Charles Gardier qui a eu raison de soulever le problème dès à présent. Car 2015 sera décisif quant à la vie ou à la mort d’un Festival qui depuis 1959 occupe une place importante dans ce secteur culturel. En 2015, les contrats-programmes seront élaborés pour les années allant de 2016 à 2020. Le Festival royal de Théâtre de Spa mérite réparation pour les neuf ans de sacrifices qui lui ont été infligés à tort.

spa.jpg.jpg

00:05 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Economie, francophonie, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 06 octobre 2014

Théâtre de l'Étuve : les spectacles d'octobre !

        Liège 28 a toujours eu une tendresse particulière pour le théâtre qui, un jour, donnera son nom à la rue de l’Étuve selon le mot de l’écrivain liégeois Alexis Curvers. Sans remonter à l’époque de Jean Mottard, Georges Konen, René Godefroid, Dolly Damoiseau, Paul Libens et tant d’autres qui ont transformé une mûrisserie de bananes en un lieu mythique, en 2010 avec les confrères de la presse liégeoise, nous avons contribué à la réussite de l’Étuvethon. Cette opération a permis d’empêcher une cave émancipée de revenir une cave terne, ou pire, une caverne emplie de fantômes.

        Le mercredi 2 février 2011, à 20h15, l’Étuve a repris vie. Si, en excellent comptable, on compare les résultats des années civiles 2012 et 2013, il y a lieu d’être souriant. Que ce soit le nombre de spectacles (+13%), le nombre de spectateurs (+14%), le nombre de représentations (+26%) ou la recette globale (+28%), les chiffres sont en hausse. Souriant, confiant mais aussi patient. Promise début de cette année, une subvention n’est toujours pas au rendez-vous.

       Brassens.jpg La saison 2014-2015 a commencé par un spectacle dont l’Archevêque de Malines raffole, si l’on en croit la récente émission de la RTBF, 69 minutes sans chichis. Ce qui séduit Léonard chez Brassens, c’est le côté non conventionnel, c’est la beauté de ses textes, l’intense poésie de ceux-ci. Et aussi la manière dont il aborde toutes les vanités de l’existence, il est très sensible au mystère de la mort. Lors du premier spectacle de l’Étuve, Jean Dufour a présenté un Brassens tout nu, tout cru, poète dont les textes ont été transformés en contes, en sketches. Bref, un Brassens sans soutien-Georges, un spectacle apprécié.

        Le deuxième spectacle (1) s’intitule DUO. Écrit par Robert Sullon, il conte l’histoire de duettistes qui, après trente ans de vie artistique, estiment réciproquement son humour subtil, l’autre est débile ! Une pièce drôle, grinçante, terriblement humaine interprétée par Robert Sullon, John Grégoire et Alexandra Sullon.

                                                                 

        Le troisième spectacle d’octobre (2) est une reprise d’une pièce qui s’est révélé un immense succès la saison dernière, Michel Udiany aggrave son cas. L’occasion pour l’auteur liégeois Michel Udiany d’observer la société actuelle et d’en rendre compte avec un humour acide assez désopilant.

        Michel Udiany n’est pas, ce que l’on a appelé dans les siècles passés, qu’un histrion, il est également un historien rigoureux. Dans le cadre des commémorations officielles de la guerre 14-18, sa compagnie Zéron Tropa, en collaboration avec l’Étuve, a présenté à la Tour du Mémorial Interallié de Cointe, Quatorze. En sept tableaux, description les jours qui précèdent la guerre en août 14 et l’impact de l’entrée en guerre sur la vie des gens.

        La suite de la saison 2014-2015 du Théâtre de l’Étuve est à découvrir, au mois le mois, dans Liège 28. Déjà, l’attention se porte sur ce qui devient une tradition, le réveillon de nouvel an avec un spectacle Les casse-pieds sonnent toujours deux fois avec bulles et zakouskis à l’entracte.

(1) 10, 11, 17, 18 octobre à 20h15 reservationetuve@gmail.com

(2) 31 octobre, 1 novembre à 20h15 reservationetuve@gmail.com

00:52 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

samedi, 16 août 2014

Y AURA-T-IL UN 56ème FESTIVAL ROYAL DE THEÂTRE DE SPA ? « MADAME NON » REPONDRA-T-ELLE OUI ?

 

 Cécile Van Snick et Armand Delcampe en 2009 heureux de célébrer les 50 ans du Festival ; se retrouveront-ils en 2015 ?

        Vendredi soir, à l’issue de l’ultime représentation du 55ème  Festival Royal de Théâtre de Spa, Armand Delcampe co-directeur depuis 16 ans de ce Festival, mon épouse et moi, nous nous sommes embrassés en formulant l’espoir de nous revoir l’an prochain.  D’abord parce que lorsqu’on aborde son quatrième quart de siècle c’est l’état de santé qui est susceptible de décider. Mais aussi parce que les moyens diminuent chaque année comparés aux besoins. Certes il y a des éléments positifs qu’a soulignés la co-directrice Cécile Van Snick qui a fait état d’un taux d’occupation des places disponibles  de l’ordre de 90%,. Plusieurs fois les réservations conduisirent à organiser une représentation supplémentaire. Une centaine de personnes suivirent chaque lecture et chaque rencontre.

        Au sein de l’équipe du Festival les nouveaux responsables de la gestion, des services techniques et de la communication réussirent des prestations très appréciées. Quant à moi qui ai suivi dix représentations en cinq soirées, mon « top 4 » va de « Karl Marx, le Retour »  à « No Sport » en passant par « Discours à la Nation «  et « L’école est finie ». Et l’on me dit que j’ai « raté » « Belles de nuit » et surtout « Mangez-le si vous voulez ».

       Sur les 18 spectacles principaux, un tiers était constitué de « one (wo)man show » et un second tiers mettait en scène deux comédien(ne)s. Quand vous devez tenir compte pour des raisons strictement budgétaires de la nécessité de trouver des distributions aussi réduites, cela signifie que votre liberté de choix pour programmer un Festival déjà raccourci en durée et ayant renoncé à tout vedettariat, est réduit comme un peau de chagrin.  Moins pessimiste qu’Armand Delcampe et moi, sans être aussi optimiste que l’octogénaire Bourgmestre de Spa, Cécile Van Snick devra convaincre la nouvelle Vice-Présidente bruxelloise du Gouvernement Wallonie Bruxelles responsable à la fois de l’Enseignement obligatoire et de la Culture de répartir autrement les subventions localisables à l’art dramatique domaine où la Wallonie est gravement spoliée notamment quand on compare le Kunsten Festival instrument de propagande flamande à Bruxelles et le Festival Royal de Spa.. Certes, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir mais le sursis menaçant n’est pas écarté.

Joelle Milquet.jpg

         Ce 15 Août au Radisson, Stéphane Stubbé a interprêté « No Sport » adaptation qu’il a écrite d’un personnage historique qu’il admire : Sir Winston Churchill. C’était intéressant, souvent amusant, joué avec talent et conviction. Les multiples facettes du « sauveur de l’Occident » en mai 40 sont-elles toutes rencontrées ? Sûrement pas , la mine était trop profonde. Je connais d’autres admirateurs de Churchill : par exemple, le chanoine Eric de Beukelaere  et Armand Delcampe précité. Si ces deux-là avaient  traité ensemble le même sujet, les dimensions à la fois théistes et franc-maçonnes de Churchill auraient été subtilement soulignées ce qui n'est pas le cas ici mais ne nous a pas empêché de passer un bon début de soirée.

        Par contre à 21 heures, nous ne sommes pas entrés dans le texte  de l’américaine Joyce Carol Oates illustrant la violence sauvage d’une société d’Outre-Atlantique, pire que la nôtre.  Nous reconnaissons très volontiers l’excellente prestation du comédien Alexis Goslain, son rythme, son agilité mais un bon acteur sans texte convainquant ne peut seul sauver un spectacle.

       Rappelons une fois encore en conclusion la phrase de Beaumarchais : « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. »                                                 

 Jean-Marie ROBERTI

Spa Rtacus.jpg

13:40 Écrit par Pierre André dans Actualité, Amour, Art, Culture, francophonie, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

vendredi, 15 août 2014

THEÂTRE A SPA A L’HEURE DU ONE MAN SHOW : DECEVANT PARFOIS MAIS MAGISTRAL GRACE A ASCANIO CELESTINI ET DAVID MURCIA !

 

Bandeau_signature[2][3].png

 

THEÂTRE A SPA A L’HEURE DU ONE MAN SHOW : DECEVANT PARFOIS MAIS MAGISTRAL GRACE A ASCANIO CELESTINI ET DAVID MURCIA !

Huitième des onze jours du 55ème Festival Royal de Théâtre de Spa, ce mardi 12 Août 2014, deux des cinq lieux de représentation n’étaient pas utilisés : le Salon gris (où trois pièces étaient programmées trois fois soit neuf soirs sur onze à 18h30’) et la Salle des Fêtes (où les après-midis à 15h30’ des goûters étaient offerts lors de cinq rencontres et de trois lectures auxquelles on ajoutera deux concerts de fins de soirée).
 
Mardi dernier le choix des festivaliers était réduit à un spectacle à l’Hôtel Radisson à 19 heures et à une des deux représentations plus tardives à 20h30’ au Théâtre Jacques Huisman ou bien à 21 heures au Salon bleu.

Sans compter techniciens ni personnel de salle, combien de comédiennes et de comédiens pouvions nous voir dans ces trois spectacles ?

Le total est aisé à calculer : trois acteurs, un par représentation.

La programmation d’une telle soirée constitue un bon exemple de ce à quoi la co-direction du Festival est contrainte faute de moyens qui ne cessent de décliner puisque leur stagnation s’est aggravée en fonction de l’évolution des coûts du secteur pendant les dix
années  d’indifférence de la ministre anderlechtoise aujourd’hui compétente pour la propreté publique à Bruxelles.

Répétons donc comme Cécile Van Snick a demandé que cela soit fait avant chaque représentation : « LE FESTIVAL EST EN SURSIS ». . .

Mardi après « La danse du fumiste » de Paul Emond nous avons choisi « Discours à la Nation » d’Ascanio Celestini  plutôt que « L’Ami des belges » de Jean-Marie Piemme.

A l’issue de la représentation du premier de ces trois « one man show », mon épouse a eu ce commentaire (juste comme toujours de sa part) : « C’était quand même une belle performance d’acteur ».

Certes !

Et que grâces en soient rendues  à Gilles-Vincent Kapps.

Mais cette performance conduit dans une impasse, une fumisterie pour nous sans intérêt.

Nous avons par contre heureusement fait le bon choix pour notre seconde représentation de cette soirée (nous n’écrivons pas le meilleur car nous ne connaissons pas la pièce de Piemme et parce que lors de ce Festival il nous a été dit que nous aurions le week-end
raté un chef d’œuvre « Mangez le si vous voulez » de Jean Teulé mis en scène et interprété par Jean-Christophe Dollé et Clotilde Morgiève).

Ascanio Celestini (adapté en français par Patrick Bebi) est le digne continuateur de Dario Fo.

Cette fois ce n’est pas pour lui mais pour le grand acteur David Murgia qu’il a écrit et mis en scène un décapant « Discours à la Nation ».

Et c’est à un représentant de la classe dominante qu’il donne la parole pour se gausser en termes caustiques, parfois simplement ironiques mais souvent féroces et cyniques, de ces pauvres types de la classe des dominés dont les vieux engagements idéologiques peuvent être avec jubilation retournés contre eux.

La docilité des exploités, la démission des politiques et des syndicalistes, les exigences d’un marché mondialisé ultralibéral conduisent à supprimer toute résistance et à se moquer sans remord de celles et ceux grâce auxquels une petite minorité s’enrichit en
creusant le fossé d’une société duale entre Continents, Etats et Régions comme entre puissants et misérables, riches et pauvres.

 

Discours-à-la-nation-copyr-Antonio-Gomez-Garcia.jpg

 

David Murgia (accompagné rythmiquement à la guitare par le compositeur Carmelo Prestigiacomo) incarne avec une parfaite décontraction apparente le personnage cruel et souriant concocté par Celestini.

Il a abaissé le masque des gens bien élevés, il retourne les couteaux dans les plaies et simultanément il est vraiment très drôle et nous a permis d’inscrire ce « Discours à la Nation » au firmament du Festival avec le magistral retour de Karl Marx.

Nous nous réjouirions enfin du fait qu’il s’agit d’une production liégeoise trop rare à Spa mais à vrai dire les réalisations du « Festival de Liège » sont plus bruxelloises que liégeoises car elles émanent du Théâtre National dit de la Communauté française et non
encore de la Fédération Wallonie Bruxelles (sans doute parce que prononcer Wallonie avant Bruxelles est dérangeant pour qui le rééquilibrage régional des budgets rabougris consacrés à « l’art dramatique » serait imbuvable).

Mais c’est au lendemain du 15 Août que nous ferons le bilan d’une organisation culturelle « en sursis ».

Jean-Marie ROBERTI

05:32 Écrit par Pierre André dans Actualité, Art, Culture, francophonie, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

mercredi, 13 août 2014

Au 55ème Festival Royal de Théâtre de Spa, DE DIDEROT AU REALISME SOCIAL ANGLAIS

 10270468_693567200682656_3339282769135132555_n.png

 

Au 55ème Festival Royal de Théâtre de Spa

DE DIDEROT AU REALISME SOCIAL ANGLAIS

deux pièces d’auteurs français contemporains : Jean-Marc Chotteau ainsi que Clément Koch.

A Spa, au Festival Royal de Théâtre, la responsable de l’accueil du public (qui, notons-le, remplit des salles combles) ne se contente plus de nous demander d’éteindre nos téléphones portables.

Sans texte mais très clairement, elle nous apprend que la direction du Festival l’a chargée de répéter que « le Festival est en sursis ».

Pas question d’hypothéquer la qualité mais il a fallu dès lors diminuer, faute de moyens suffisants, la durée du Festival, le nombre de spectacles et celui des représentations, des animations, des formations . . .

Poursuivre dans la voie des restrictions n’est plus possible : cela a une fin.

Mais la direction voit apparaître un espoir dans la composition du Gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles, non pas du fait des formations politiques ou des personnes qui en font partie mais bien parce que pour la première fois une Ministre est chargée à
la fois de l’Enseignement et de la Culture.

L’espoir réside dans la mise en valeur de l’une par l’autre.

Je partage cet espoir mais je reste sceptique : les budgets additionnés ne vont pas augmenter au contraire et le boom démographique d’origine d’abord musulmane concerne certaines des dix-neuf communes bruxelloises mais très peu la Wallonie dont les 
contribuables participent aux refinancements bruxellois.

En outre, la grosse administration de l’enseignement engluée dans les concurrences entre réseaux (qui devraient devenir d’un autre âge) et la maigre administration de la culture ne vont pas être fusionnées mais jalouses de leurs autonomies, risquent de continuer à se mépriser réciproquement.

J’aimerais être démenti par les faits mais je crois que si l’on ne fait pas de nouveaux choix budgétaires comme supprimer les subventions à ce que la Fédération Wallonie Bruxelles n’a pas vocation d’impulser (comme le Kunstenfestival) et cela afin d’avoir les moyens modestes de renégocier des contrats-programmes là où ils ont été laissés en déshérence (Festival Royal de Théâtre de Spa), le sursis se muera en condamnation ferme et définitive, les délais d’appel étant largement dépassés pour remettre en cause
l’autorité de la chose jugée.

Puisse Mme Milquet ne pas poursuivre une voie bruxelloise sans issue et souhaitons en outre qu’à Louvain la Neuve, davantage de coopérations soient recherchées ailleurs en Wallonie et d’abord à Liège, métropole d’un pays dont Spa fait partie.

Ayant ainsi prolongé le propos répété au public à l’accueil de chaque représentation, j’évoquerai brièvement les deux spectacles vus ce dimanche.

 -   o   -

Jean-Marc Chotteau directeur d’un centre transfrontalier de création théâtrale implanté à Tourcoing et Mouscron, a écrit, mis en scène et joue avec Eric Leblanc une pièce librement inspirée du « Paradoxe sur le comédien » de l’encyclopédiste Denis Diderot
selon qui un bon comédien ne peut pas être sensible.

Eric Leblanc incarne Alceste le misanthrope de Molière et s’oppose à Jean-Marc Chotteau qui s’est réservé le rôle d’un professeur qui aurait voulu défendre le point de vue de Diderot.

C’est bien joué par de bons professionnels, c’est souvent drôle mais n’est-ce pas un peu vain et plus anachronique que contemporain ?

-   o   - 

Le Lorrain Clément Koch qui travailla dans l’industrie automobile à Newcastle a écrit une pièce à laquelle il a donné comme titre le nom d’un port anglais sur le mer du Nord : Sunderland (nom qui littéralement signifie pays disjoint, coupé en deux).

Il nous expose, dans un style réaliste, un drame social où suicide, handicap, chômage, pauvreté, téléphone rose, mère porteuse, couple homosexuel, assistante sociale déformée à la sauce de Mrs the Baroness Margaret Thatcher of Kesteven forment un cocktail qui n’est dénué ni d’humanité, ni même d’humour.

Mis en scène par Alexis Goslain, les huit comédiennes et comédiens (cités par le programme sans mention des personnages qui correspondent à chacune et chacun d’elles et d’eux ) réalisent une performance cohérente d’excellente qualité, Sally et Ruby
étant incarnées par des actrices aux talents particulièrement remarquables.

Ce spectacle décrit une crise bien réelle, celle d’un capitalisme sans garde fou mais ne laisse entrevoir aucune alternative collective, seule la solidarité interpersonnelle réduisant quelque peu le caractère désespérant des situations exposées.

Un spectacle intéressant mais pas pour tous les soirs . . .

Jean-Marie ROBERTI

05:36 Écrit par Pierre André dans Actualité, Culture, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg