jeudi, 22 septembre 2011

"L'Impromptu de Waroux", prélude de la nouvelle saison du Théâtre royal Arlequin.

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       « Bis repetita placent » me disent les pages roses de mon tout nouveau « Petit Larousse illustré 2012 » qui remplace celui de 1985 tout  démantibulé.  Et, en effet, l’amusante rencontre de Casanova (José Brouwers) et du Prince de Ligne (Serge Swysen) au château de Waroux  m’a permis d’apprécier doublement un impromptu, cette   pièce censée s’y être déroulée et avoir été créée au pied levé alors qu’elle requiert en réalité beaucoup de travail de qualité. Telles  les improvisations quand on constate que les meilleures ont été les mieux préparées.

      Doublement parce que j’ai d’abord écouté cette oeuvre jouée à  la terrasse du château alleurois dans le cadre d’une deuxième (après celle de 2002 au Musée d’Art wallon à Liège) rétrospective de – cette fois-  40 ans de créations imaginatives  d’un talentueux artiste aux multiples réalisations  classiques ou insolites, légères ou ironiques, décoratives ou oniriques :  Philippe Waxweiller. Ensuite j’ai partiellement revu cette pièce  sur la scène du cinéma-music hall « Le Forum » rue Pont d’Avroy,  en ouverture de la commémoration par la Ville de Liège des Journées de Septembre 1830 (devenues les Fêtes de Wallonie, comprenant l’annuel discours du Bourgmestre) 

       « L’impromptu de Waroux », l’interprète du séducteur vénitien l’a écrit avec toute son expérience de l’art dramatique et  beaucoup de finesse (en puisant dans les Mémoires de son personnage et les 34 volumes des œuvres princières) Il  a valorisé dans sa mise en scène non seulement les deux principaux protagonistes mais aussi les quatre autres comédiens : l’élégante co-directrice de l’Arlequin, Marie-Josée Delecour  qui joue Marie « souvent au bain… ». comme le souligne la pétillante  Suzon. Incarnée par Catherine Ledouble, qui n’a  pas cédé le patronyme de ses ancêtres à Jean-Marie Gelon alors que c’est lui le double puisqu’il apparaît successivement en chanoine prébendier, propriétaire du Château et en paysan spadois accompagné d’un policier ironique que joue Alexandre Tirelier.

       Bref un excellent hors d’œuvre (encore visible gratuitement ce 27 septembre à 15 h lors de la Fête de la fédération Wallonie-Bruxelles, mais en réservant préalablement au 04 222 15 43) avant une saison qui comportera les vendredis et samedis à 20h30 du 30/9 au 3/12 rue Ruxthiel 3 à Liège le très drôle « Dîner de cons » de Francis Veber, puis lors du réveillon de  Nouvel an au Forum et « Une aspirine pour deux » de Woody Allen  les vendredis et samedis à 20 h 30’ du 14 janvier au 25 février 2012  puis les mêmes soirs aux mêmes heures du 10 mars au 28 avril le retour sur les planches du producteur à la RTBF Guy Lemaire dans « Les hommes préfèrent mentir » d’Eric Assous.

       Sur plus de 30 millions d’euros saupoudrés parmi les théâtres au budget 2010 par la Fédération Wallonie-Bruxelles,  le Théâtre Arlequin récemment devenu « royal » s’en voit attribuer 151.000. Très nombreux sont les Liégeoises et les Liégeois qui connaissent bien le Théâtre Arlequin  Ce pourcentage infinitésimal des subventions directes à l’art dramatique est HONTEUX. L’assourdissant silence des élus liégeois doit cesser. L’Arlequin est une troupe à laquelle nous devons plus qu’une reconnaissance polie.

       José Brouwers a eu 80 ans le 26 mars denier. Après des humanités chez les Jésuites de Saint-Servais, il suivit les cours d’art dramatique du Conservatoire. Journaliste à La Meuse, il joua avec les « Jongleurs de Notre-Dame ». L’échevin de l’instruction publique, Maurice Destenay, ayant mis une école communale à la disposition de ces  jeunes du quartier du Laveu, José Brouwers créa avec une poignée d’amis, le Théâtre Arlequin en 1956. Celui-ci remporta quatre trophées royaux d’art dramatique Deux salles furent ouvertes en 1969 puis en 1976  rue Ruxthiel. Au préalable, José Brouwers avait déjà été de 1964 à 1974 l’adjoint de Charles Joosen au Théâtre du Gymnase qu’en 1974-1975, il dirigea seul. Exproprié pour y faire les trous de la place Saint-Lambert, la Place de l’Yser accueillit dans des locaux temporaires un Gymnase rebaptisé Nouveau Gymnase puis Théâtre de la Place .

       Les autorités communales de l’époque et en particulier Hubert Pirotte commirent l’erreur de ne pas confirmer José Brouwers à la direction de la principale scène dramatique de la Cité.  Plus d’un tiers de siècle plus tard, celle-ci est tombée bien bas en ne servant plus les grands auteurs de notre siècle et des précédents comme José Brouwers et l’Arlequin purent si bien le faire, en octobre 2006, grâce à Jean-Louis Grinda au Théâtre Royal à l’occasion du demi-siècle de l’Arlequin en montant un enthousiasmant Bourgeois Gentilhomme de Molière et Lully.

       Depuis sa fondation l’Arlequin a joué plus de 300 spectacles différents. Ce théâtre a remarquablement servi la Cité ardente même s’il doit parfois surmonter des malheurs dont il n’est pas exempt comme l’interruption de son célèbre « Café liégeois » en raison du décès inopiné de Thierry Enckels alias l’irremplaçable Madame Bémol. Ces comédiens ont en bons Liégeois « toujours relevé leurs crestes ». Faisons en sorte qu’ils puissent le faire demain avec des moyens enfin décents.                                                                    

 

         Jean-Marie ROBERTI

11:14 Écrit par Pierre André dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 29 août 2011

À Spa un 52ème - … et dernier ? - Festival royal de Théâtre car à Bruxelles le Kunstenfestival élitiste est préféré au service de grands textes dramatiques en « province »…

        Le 52ème Festival Royal de Théâtre de Spa a, dans 6 lieux, pendant 11 jours (du 5 au 16 Août 2011), réuni plus de 11.000 spectateurs (dont 760 abonnés), le taux d’occupation des salles atteignant 80% lors des 60 représentations de 28 spectacles comprenant 5 créations dont 2 mondiales, outre 3 après-midi de théâtre de rue.

          Ce que ce bilan chiffré ne dit pas en une phrase, c’est que l’establishment bruxellois de la Fédération Wallonie-Bruxelles  (dont les responsables brillent à Spa par leurs absences répétées, en ne veillant même pas à s’y faire représenter) est en train d’étrangler,  - après plus d’un demi-siècle essentiellement marqué par une volonté de servir des textes de qualité plutôt que la prétention de metteurs en scène nombriliques -,  la principale manifestation estivale wallonne d’art dramatique à qui est, systématiquement et injustement, refusé le renouvellement d’un contrat-programme pluriannuel.

       C’est dans le silence assourdissant de trop d’élus de la majorité wallonne du Parlement de l’ex-Communauté française  que sont votés des budgets qui bafouent toute équité quant à la répartition des dépenses localisables entre régions wallonne et bruxelloise (déjà dotée à son profit si pas exclusif, en tout cas très largement prioritaire de toutes  les coûteuses institutions culturelles et scientifiques restées fédérales, et cela à deux exceptions flamandes près : Tervuren et Meise).

         Par exemple  le Kunsten Festival des Arts initiative flamande (officiellement bilingue, égalité incontournable mais qui à Bruxelles s’avère très  favorable à la minorité flamande) d’expression avant-gardiste élitaire fondée, il y a une quinzaine d’années, par Madame Frie Leysen  est largement subventionné par la Communauté flamande et depuis cette année par l’Union européenne qui compte parmi ses dirigeants  à Bruxelles des  amateurs d’art contemporain (parfois malheureusement  y compris le plus abscons), sans parler de l’aide de la Région et de la Ville de Bruxelles.

      Tant au sein des gouvernements concernés et de leurs hautes administrations qu’au niveau de la direction  et des services d’études des partis, cela n’empêche pas certains de nos responsables politiques  d’octroyer une subvention annuelle supplémentaire  à ce Kunsten…  Subvention qui représente à elle seule le DOUBLE de ce qui est consenti chaque année au Festival théâtral de Spa devenu Royal mais resté provincial (donc concrètement méprisable) et trop peu lucratif pour les sponsors de grands évènements.

    Quand donc nos éloquents parlementaires wallons s’inspireront-ils de Cicéron s’adressant au comploteur Catilina, et (leurs pages roses consultées) s’écrieront–ils : Quo usque tandem, abutere patientia nostra?  ce qui signifie Jusques à quand enfin, abuseras-tu de notre patience ?. Il y a urgence car à force de se déliter, la situation est à ce point obérée (par des rémunérations, cotisations sociales, défraiements qui, malgré leur grande modestie, stagnent et donc régressent, par des choix artistiques bridés par la diminution de la taille moyenne des distributions etc… et par un manque de moyens en vue de développer une communication efficace) qu’Armand Delcampe a affirmé  - bien qu’en 2011 les recettes propres du festival aient nettement dépassé  les prévisions - que si les choses ne bougeaient pas de manière vraiment significative, il ne serait pas l’an prochain à un quatorzième rendez-vous spadois. Cela personne ne l’a reproduit : c’est sans doute un avertissement impoli.

Quelques chiffres…

     Le Théâtre national  - débarrassé de ses obligations de décentralisation - reçoit annuellement 6.395.000 euros et son directeur  obtient en plus 400.000 euros par an pour un Festival de Liège (et autres lieux) qui n’est plus organisé que tous les deux ans en remplacement d’un Festival liégeois du Jeune Théâtre qui lui était annuel. Le Kunstenfestival à dominante bruxello-flamande obtient de la Wallonie (si, si..) et de Bruxelles 587.000 euros soit 335.615 euros annuels de plus que le 52ème Festival Royal de Théâtre de Spa (251.385 €).

      Et, pour ses élites, l’ex-Communauté française n’hésite pas à prendre en charge cinq emplois à l’année pour animer en vue du Festival off  les bâtiments qu’elle a achetés en Avignon où son Théâtre des Doms obtient, en outre, 595.000 euros de subventions annuelles (le taux d’occupation des places étant pendant le festival de 64%  soit 16% de moins qu’à Spa).

      Nous reviendrons sur ces chiffres et bien d’autres. Alors que les Wallons représentent quelque 80% des francophones de la Fédération Wallonie Bruxelles, ils sont floués de manière scandaleuse dans bien des domaines, du secteur bancaire jusqu’à celui de la communication (voyez la RTBF …) en passant par des théâtres sur lesquels il nous reste beaucoup à écrire.

       À Liège tandis que le Théâtre (également Royal) de l’Etuve perdait, en 2010, 50% de ses 62.000 euros de subventions annuelles  et 100% en 2011, le Théâtre Arlequin doit se contenter de 151.000 euros par an soit moins d’un dixième de ce qui est octroyé à des scènes bruxelloises telles que le Varia ou le Rideau de Bruxelles. A quand des amendements parlementaires wallons à une telle situation inadmissible ?                                                           

               Jean-Marie ROBERTI

 

 

 

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lundi, 15 août 2011

SPA : Le 52ème FESTIVAL ROYAL DE THÉÂTRE confirme et annonce une nouvelle quinzaine festive animée en octobre à Liège par les Baladins du Miroir.

        Ce dimanche soir 14 août 2011, le 52ème  Festival Royal de Théâtre de Spa nous a tout d’abord apporté une confirmation : Alexandre von Sivers reste bien au sommet qualitatif du  monde des comédiens professionnels francophones. Ce docteur en droit qui a si bien travaillé comme responsable du secteur du spectacle au sein de la Centrale générale des Services publics F.G.T.B. afin de finalement conquérir pour ses collègues sans travail  un statut permettant à d’autres qu’aux vedettes d’obtenir des indemnités de chômage quand l’emploi leur fait défaut (par exemple lorsque se multiplient les one(wo)man-showes ou les duos au détriment des pièces à distributions plus étoffées). Par contre, pour notre plus grand plaisir – avouons-le – il y a quelques comédiens d’exception qui, au-delà de l’âge de la retraite, restent fréquemment sollicités par celles et ceux qui – douce illusion – les croient irremplaçables.

 LE GRAND RETOUR DE BORIS S. . 

Le grand retour de Boris S.  évoque d’ailleurs – dans le style et dans une mise en scène  efficaces, d’une part de Serge Kribus (non dépourvu d’humour … juif ) et d’autre part, de  Valérie Lemaître (aux multiples talents de comédienne, scénariste, etc …) - un comédien sur le retour qui rétablit des liens mal noués mais profonds avec son fils qui vient de perdre femme, enfants et travail du fait de son caractère irascible.  Xavier Campion donne une excellente réplique à son partenaire Alexandre von Sivers.                                                                                       

LE CHANT DE LA SOURCE  par Les Baladins du Miroir.

Ce même soir, nous disposions de peu de temps pour rejoindre Les Baladins du Miroir. Ceux-ci nous avaient très aimablement, grâce à l’attachée de presse du Festival, réservé une table afin de pouvoir apprécier (dans de bonnes conditions malgré la grande affluence du public dans leur chapiteau aux places non numérotées) un de leurs grands spectacles : Le Chant de la Source.                                                               

       Après la naissance  en France dès 1964 du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine , au Québec les prémices du  Cirque du Soleil ont été lancées par Guy Laliberté au tout début des années 1980 alors qu’en Wallonie, Nele Paxinou donne naissance aux Baladins du Miroir.                                                

        J’ai découvert Mnouchkine lors d’une représentation  époustouflante de La Cuisine d’Arnold Wesker, au Théâtre Royal de Liège lors du Festival alors annuel du Jeune Théâtre animé par Robert Maréchal. Cette grande dame prend place aux côtés de Jean Vilar  au firmament du théâtre français du dernier demi-siècle.

        Voici d’ailleurs, en guise d’hommage, le texte intégral de son autobiographie : Je voulais être metteur en scène. Je fonde le Théâtre du Soleil en 1964, avec mes amis de l’Association théâtrale des étudiants de Paris. Je suis devenue metteur en scène. En août 1970, nous nous installons à la Cartoucherie, qui devient notre maison. Nous y travaillons toujours aujourd’hui.                                                                

        L’histoire de Guy Laliberté commence bien. Il fut le fondateur d’une troupe de théâtre de rue : Les  Échassiers de Baie-Saint-Paul . Il réussit  à y imposer (à Baie Saint-Paul) une grande Fête foraine. Se heurtant à un refus du ministre de la culture, il parvint à convaincre le Premier Ministre du Québec, René Lévesque, de  subventionner une de ses initiatives qui donna naissance au Cirque du Soleil. Pas mal pour qui a débuté par une formation de cracheur de feu. A présent le Cirque du Soleil est une entreprise multinationale qui multiplie ses engagements philanthropiques et écologiques et qui, ainsi imprégnée de bonne conscience, emploie avec rigueur quelque 4.000 personnes dont un millier d’artistes. Guy Laliberté garde le contrôle de cet empire du divertissement artistique . Personnellement,  il se contente en 2009 d’une fortune de l’ordre de 2,5 milliards de dollars et il est propriétaire d’un atoll des Tuamotu en Polynésie française !

       Pense-t-il que ce soit mieux qu’à Vincennes ? Je n’en sais rien mais ce qui – plus modestement, nous arrivons en Wallonie - n’est pas mal non plus c’est ce qu’évoque Julos Beaucarne à propos du deuxième tome du livre de Nele Paxinou :  Ne laissez pas mourir vos rêves .

Le natif d’Ecaussine écrit : 'O Nele, tu me dis que tu te souviens de tout et de tous, tu me montres une foule de classeurs sur la table de ton salon dans ton port d'attache : ta maison de terre de Thorembais-les-Béguines au Champ Saint-Roch en Brabant où tu jetas l'ancre jadis. Dans ces classeurs, tu as soigneusement noté toutes les étapes de ta saga personnelle et la saga de toutes celles et ceux qui ont embarqué et parfois débarqué de cette arche de Noé naviguant tour à tour entre mer calme et tempête. Que de rencontres, que de déboires, mais que de joies surtout ! Le public est ta famille, c'est lui que tu chéris par-dessus tout, le public, c'est ton ami, ton frère, ton gagne-pain, c'est pour lui que tu existes.                     

        Comme Ariane Mnouchkine, Nele Paxinou tient, assise dans son fauteuil roulant, à accueillir et saluer son public au début et à la fin de chaque représentation. En quittant le chapiteau je lui ai souri  en me disant que ce n’était pas le moment des questions. Qu’est-ce qu’un baladin ? La définition de mon petit Larousse illustré 1985 lui plaît-elle ? Farceur de place publique. A ne pas confondre avec le saltimbanque dont l’origine italienne saltimbanco se traduit littéralement par qui saute sur le tremplin. Ses baladins à elle qui nous tendent ce dont nous avons besoin pour nous regarder nous-mêmes et souvent nous faire rire, sont professionnels et polyvalents, à la fois comédiens, musiciens (instrumentistes), chanteurs, clowns, acrobates et quand ils collaborent avec un de leurs deux écrivains amis (cette fois  Henri Gougaud, né il y a trois quarts de siècle à Carcassonne), ils deviennent même conteurs et poètes. Quel beau spectacle que celui mis en scène par Geneviève Knoops.

       Un hymne à la fraternité en douze contes et seize chansons venues de onze pays qui sont (par ordre alphabétique s-v-p) celui de Jacques Brel , la Bulgarie, la Corse et la Croatie, l’Egypte, la Géorgie, l’Inde du Nord et l’Irlande, du Nord aussi,  la Lombardie (cet El piscinin qu’aiment entendre chanter les petits Wallons d’origine italienne) , la Russie, la Tchéquie et la Turquie. Cette fête de la musique aux couleurs d’un monde  qui nous est conté dans des histoires peuplées de rires et parfois de larmes, se déroule à un rythme soutenu  où les effets comiques comme les autres  trouvailles scéniques abondent pour la plus grande joie d’un public conquis et enthousiaste. Cette troupe ambulante est fantastique : elle s’inscrit pleinement dans une tradition quatre fois centenaire et appartient au patrimoine immatériel de l’humanité. Elle exprime son ambition collective dans cette phrase : Nous construisons les cathédrales de l'éphémère... Elle mériterait d’être classée mais attention : pas de stérilisation !       

        Nele Paxinou est née à Anvers le 6 mars 1942 et après des cours d'art dramatique à l'Académie de Bruxelles et à l'université du Théâtre des Nations, elle obtient une double licence en philosophie et en sciences théâtrales à l’Université catholique de Louvain où le Walen buiten n’avait pas encore été concrétisé  A 23 ans, l'apprentie comédienne décide de se tourner vers la mise en scène à cause de soucis de santé qui lui interdisent – déjà - une activité physique intense.  En 1980, forte d’une quinzaine d’années d’expériences, elle fonde la compagnie des Baladins du Miroir qui se définit comme étant une troupe de théâtre forain implantée  à Thorembais-les-Béguines et composée de 25 comédiens et techniciens, dont 15 permanents, qui proposent des spectacles mêlant toutes les composantes de la scène.

        Emmenée par les pionniers Gaspar Leclère, Geneviève Knoops et Alain Boivin entre autres, la compagnie a inventé un style propre, qui ne renie pas ses origines médiévales.    Itinérante par nature, elle effectue de nombreuses tournées, en Belgique et en Europe, mais aussi au Canada et particulièrement bien sûr au Québec. En 2008, elle est accueillie à la Cartoucherie de Vincennes pour jouer ce qui était alors sa dernière création, Tristan et Yseut, que nous avons aussi vivement appréciée de même que notamment 1914, le grand cabaret ou Un Faust de plus.                                                                                                                           

       C’est dès lors avec beaucoup de plaisir que nous avons appris à Spa une perspective proche qui ne figure encore dans aucun agenda informatisé : du 1er au 15 Octobre prochain les Baladins du Miroir installeront leur grand chapiteau sur l’esplanade Saint-Léonard à Liège pour y animer une quinzaine festive lors de laquelle de nombreuses représentations du Chant de la source auront lieu et seront complétées par des spectacles du Théâtre  Le Public  qui installé dans les anciennes brasseries Aerts de la plus pauvre des dix-neuf communes de l’agglomération Saint-Josse est en train de devenir une des toutes premières scènes bruxelloises (ce qui se confirmera sûrement au printemps 2012 par la réalisation  d’un Cyrano de Bergerac bénéficiant d’une très large distribution). Fondé en 1994 et co-dirigé par Michel Kacenelenbogen  - qui précise gentiment : appelez-moi Michel Kacen ou Michel Bogen - et par son épouse Patricia Ide, ce Théâtre Le Public moins connu à Liège qu’à Charleroi (où il se produit régulièrement dans la salle de la Galerie Marignan) interprète au début de sa saison 2011-2012 trois pièces : une adaptation du roman de Romain Gary qui  emporta le Goncourt sous le pseudonyme d’Émile Ajar : La vie devant soi, La fausse suivante de Marivaux et Désordre public d’Evelyne de la Chenelière.                                 

       Le directeur adjoint des Baladins du Miroir Gaspar Leclère m’a rappelé le numéro de téléphone où il sera bientôt possible d’obtenir plus de précisions quant à la programmation précise de cette quinzaine festive : c’est le 010 88 83 29                                            

                   Jean-Marie ROBERTI.

23:08 Écrit par Pierre André dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook | | |  del.icio.us | | Digg! Digg

lundi, 08 août 2011

Grâce à deux créations - de Grumberg et du génial Molière -, brillante ouverture du 52ème Festival Royal de Théâtre de Spa

       Ce vendredi 5 Août 2011, démentant la météo, la plus célèbre de nos villes d'eau a épargné de toute trombe le coup d'envoi de son 52ème Festival Royal de Théâtre où tous les Ministres de tous nos gouvernements et tous les élus de tous nos Parlements brillaient, tels des étoiles filantes en cette soirée des  Perséides, par leurs absences, les seules personnalités que nous ayons reconnues étant, outre l'inaltérable mayeur spadois, Joseph Houssa,  les anciens Ministres Valmy Féaux et Jean-Pierre Grafé.

       Et il faut en outre constater que les moyens de cette fête estivale se délitent à défaut du renouvellement depuis 2008 de son contrat-programme par la Fédération Wallonie – Bruxelles (dramatiquement centralisatrice puisque la clé de répartition des subventions culturelles localisables n’est pas de 75% pour la première composante de cette Fédération et – généreusement tant sur la plan démographique qu’au vu du fait que rien de ce qui est resté fédéral n’est wallon – de 25% pour Bruxelles mais devient … l’inverse : 75 % pour les 19 communes du cœur du Royaume  et 25% pour les 253 autres du sud du pays, sans compter les neuf de la région de langue allemande,… selon la recette du pâté d’alouette)

       Comme le souligna dans un bref message introductif rendant un juste hommage à André Debaar, Armand Delcampe, co-directeur depuis 1999 (avec Cécile Van Snick) du Festival proposer, en 12 jours, 14.000 places en six lieux pour permettre d’apprécier  60 représentations de 28 spectacles dont 5 créations,  s’avère de moins en moins aisé et ce n’est possible que grâce à un public fidèle et régulièrement renouvelé qu’il convient de remercier en tout premier lieu. Et vendredi soir, une fois de plus, les salles étaient combles et les spectateurs enthousiastes lors de deux créations auxquelles nous avons assisté.

 

MOI, JE CROIS PAS…

       C’est en présence de l’auteur, aujourd’hui reconnu comme un des principaux actuels dramaturges  de langue française que, près de six mois avant qu’elle ne soit montée à Paris, a eu lieu à Spa la création mondiale de la pièce de Jean-Claude Grumberg: Moi, je crois pas. Du 14 Septembre au 1er Octobre, elle sera interprétée 15 fois en ouverture de la saison 2011-2012 de l’Atelier Théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve. Cette œuvre est interprétée avec justesse (sans exagération facile ni retenue excessive) par deux excellents  comédiens (et par ailleurs metteurs en scène) Patricia Houyoux et Eric De Staercke. La mise en scène de Vincent Dujardin est constamment attentive à servir un texte  qui paraît  banal au point de sembler à demi improvisé alors qu’au contraire il est écrit avec précision  afin de lui donner un air bâclé. L’humour effleure sans cesse mais à un premier degré qui cache mal l’ironie grinçante du second… Cette satire de notre société de consommation dépourvue de tout idéal peut d’ailleurs mettre  mal à l’aise quand nous nous reconnaissons partiellement dans tel ou tel trait même moins accentué que dans cette caricature où s’affrontent sans amour et sans haine  mais de manière médiocre une crédule et un incrédule aussi ridicules l’un et l’autre.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             LES FEMMES SAVANTES

       Le principal spectacle de cette soirée inaugurale renouait avec la volonté d’Armand Delcampe de jouer ou, comme cette fois, de mettre en scène  Molière. Celui-ci est au théâtre français ce que Mozart est à la musique. On ne peut s’en passer sauf à Liège où ce ne sont pas les textes des chefs d’œuvre qui importent mais les Ballets de toutes les couleurs qui constituent  une autre discipline artistique qui ne devrait pas étouffer l’art dramatique. Les Femmes savantes est une comédie moins connue que Le malade imaginaire, Le Bourgeois gentilhomme et cet extraordinaire Tartuffe ou l’Imposteur  précédemment joués par l’Atelier Théâtre Jean Vilar qui a présenté cette nouvelle production  maison les 3 et 30 juillet dernier d’abord au Festival d’Anjou (à Angers) ensuite à celui des Jeux du Théâtre à Sarlat, cœur du Périgord noir. Et après les vacances scolaires de Pâques l’an prochain, la saison se clôturera à Louvain-la-Neuve  du 17 au 29 avril par douze représentations de ces Femmes savantes dont deux matinées scolaires (instructives  car Molière est génial et non ringard, les ados en témoignent à tous les coups !).

      Ce qui importe (et telle est la philosophie d’Armand Delcampe) c’est de servir humblement Molière et non de s’en servir par nombrilisme,  Ici le propos  est une nouvelle fois de dénoncer les pédants moins savants que cupides. En élaguant ici ou là ce qui est devenu incompréhensible pour les non spécialistes de l’ancien français, le dramaturge Delcampe  permet de maintenir un rythme enjoué à un spectacle où d’abord surpris par les costumes du couturier Gérald Watelet – présent à Spa -  je dus convenir que la facilité des anachronismes passait la rampe car elle participait à rendre chatoyante cette comédie lors de la représentation  de laquelle on ne s’ennuie pas un seul instant. Quel rythme et que dire des comédiens ? Ils ont à ce point voulu faire équipe ( trois jeunes filles et un jeune homme  du Centre des Arts scéniques entourés de huit professionnels chevronnés parmi lesquels la co-directrice Cécile Van Snick) qu’ils se retrouvent dans tous les programmes par ordre alphabétique sans précision du rôle assumé. Ce qui signifie : c’est Molière  et non nous que nous tenons à mettre en valeur. Etre à ce point au service du théâtre et non chercher à en profiter voilà qui mérite quelques applaudissements Un public souriant car heureux ne les ménagea pas et justice ainsi fut faite.        

Jean-Marie  ROBERTI

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vendredi, 08 juillet 2011

Inauguration du 46ème Festival Vacances-Théâtre ; premier spectacle "Attila Reine des Belges" avec Marie-Elisabeth Cornet

        Quoique ayant joué un rôle d’entremetteur entre les patrons de L’Étuve – l’avocat Jean Mottard, président du C.A et Polo Deranne, le directeur – et Bruno Philippart, bourgmestre de Stavelot en vue de créer le premier Festival Vacances-Théâtre de Stavelot, il y a quelque dix-douze ans que nous n’avons plus mis les pieds aux VTS  qui en sont à leur quarante sixième édition.

        Que de changements. Moins de trois heures pour parcourir en train et bus, Bruxelles-Stavelot, moins de deux heures pour effectuer Liège-Stavelot. Évidement, faute de transport en commun en retour, il convient de loger. Le choix est vaste dans cette petite capitale de l’Ardenne verte. Nous avons opté pour une maison d’hôtes, à moins de cinq minutes à pied pour rallier tantôt les lieux de spectacles, tantôt l’arrêt de bus TEC, le Bel Natura - www.belnatura.be Changement dans les lieux tant de réception que de salle de spectacle. En revanche, peu de changement dans le rituel de l’inauguration. Chaque orateur évoque la convivialité, l’ambiance, la qualité des VTS. Il ne peut y avoir beaucoup de changement dans ce rituel car il ne travestit point la réalité !

        L’énergie de la comédienne Marie-Élisabeth Cornet est stupéfiante. Seule en scène, elle assume une soixantaine de personnages tous plus déroutants les uns que les autres. Le public rit tout au long de Attila Reine des Belges. Le public rit à en pleurer. Il raison car le fond de la pièce n’est pas une comédie mais le récit d’événements tragiques. La réflexion par le rire est une gageure réussie par cette comédienne qui a travaillé trois ans au Cirque du Soleil.

        Le programme de la 46ème édition des Vacances-Théâtre de Stavelot est disponible sur www.festival-vts.net. Les réservations – pour autant qu’il y ait encore des places libres – pour les huit spectacles à venir à l’affiche du Festival VTS  - direction Pol Deranne et Jacques Deck – s’obtiennent à vacances-theatre@skynet.be ou au téléphone 080.86.27.06.   

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mercredi, 22 juin 2011

Rendez-vous au 52ème Festival Royal du Théâtre de Spa, du 5 au 16 août.

      

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      En 1947, recommandé par le poète René Char, Jean Vilar crée le Festival d’Avignon dont le succès va le conduire à lui octroyer le Palais de Chaillot où il fait naître le T.N.P. : Théâtre National Populaire.                                     

      En 1945, au départ de comédiens routiers les frères Huisman se voient confier la fondation d’un Théâtre National par le Ministre Auguste Buisseret qui devint en fin de carrière Bourgmestre de Liège. Bénéficiant de subventions publiques à justifier (c’était une autre époque) par des décentralisations, Jacques Huisman, ingénieur devenu homme de théâtre, retient l’idée d’implanter à Spa une fête estivale : un Festival entouré d’autres initiatives festives.        

      Ce Festival en 1959 ne peut que s’inspirer de l’expérience enthousiasmante de Vilar. Adolescent, je suis parti en auto-stop deux années de suite (en 1955 et 1956) participer aux rencontres internationales des jeunes qu’y organise le T.N.P.. Un autre jeune, hennuyer - à peine sept mois et demi plus âgé que moi - s’intéresse davantage à la Cour d’honneur du Palais des Papes et aux jardins d’Urbain V qu’à son doctorat en droit. Malgré sa réussite, c'est une perte sèche pour le Barreau : Armand Delcampe travaille huit ans avec Puaux au Festival d’Avignon, joue et souvent met en scène une centaine de pièces de théâtre en quarante ans et dirige à présent l’Atelier théâtral Jean Vilar à Louvain la Neuve. De plus,  depuis douze ans, il est à la tête du Festival de Spa que Jacques Huisman et le National ont animé jusqu’en 1987 et les regrettés Billy Fasbender et André Debaar réunissant des troupes surtout bruxelloises de 1988 à 1998.                                         

     Mais de manières différentes, tous se réclament de Jean Vilar. Celui-ci a écrit : Le théâtre est une nourriture aussi indispensable à la vie que le pain et le vin... Le théâtre est donc, au premier chef, un service public. Tout comme le gaz, l'eau, l'électricité. Heureusement Vilar n’a pas vécu la privatisation du gaz, de l’eau et de l’électricité. Il manquait d’imagination pour les concevoir.                           

     A Spa, après les subventions justifiées par la décentralisation et la vitrine théâtrale de feu le duo précité, Armand Delcampe s’habitue à la participation de Cécile Van Snick non seulement comme comédienne de grand talent mais aussi comme co-directrice au point de lui avoir laissé exposer seule – sous son regard bienveillant quoiqu’un rien goguenard – le programme détaillé du 52ème Festival théâtral de Spa lors d’une récente conférence de presse décentralisée avec succès à Liège en notre Maison de la Presse. 

     Si le Festival théâtral de Spa a pu obtenir fin 2002 du Ministre MR montois Richard Miller un contrat programme correct et de la Ville de Spa une profonde rénovation des infrastructures nécessaires à une grande partie des représentations, par contre depuis de longues années la ministre socialiste anderlechtoise Fadila Laanan refuse un renouvellement du contrat précédent et annonce que budgétairement la visse (ou la vice) reste hermétiquement fermée, oui aussi pour 2012 et encore pour 2013.          

     Que le KunstenFestivaldesArts van Frie Leysen initiative bruxello-flamande subventionnée par la Flandre, Bruxelles et désormais de manière importante par l’Union européenne reçoive en outre de la Communauté française une somme double de celle octroyée à Spa, semble normal à celles et ceux qui ne comprennent pas que nous voulions la régionalisation deS (S majuscule signé Destrée : pas Jules mais Urbain) compétences communautaires.                                                                                              

     Armand Delcampe et Cécile Van Snick ne commentent pas ces réalités.  Ils travaillent  et offrent malgré tout deux mille places en plus que l’an dernier pour permettre à plus de 10.000 spectateurs (voire à 15.000 selon d’autres affirmations)  de découvrir en 12 jours et en 6 lieux, 60 représentations de 28 spectacles dont 5 créations. Nous ne détaillerons pas, vous renvoyant au site très complet http://www.festivaldespa.be, aux délégués du festival (à Liège Françoise et André Bisschops 125 rue Fraichamps à 4030 Grivegnée Tél. : 04 3433191 et courriel andre.bisschops@skynet.be)  et au numéro gratuit pour les réservations : 0800/24140.                                                     

     Enfin, nos deux coups de cœur :  - les 5 et 6 août Les  Femmes savantes de Molière, interprétées par douze comédiens dans une mise en scène d’Armand Delcampe ;               

- les 11 et 12 août, le style, la causticité et la profonde humanité de l’auteur et adaptateur de La seconde vie d’Abram Potz , Foulek Ringelheim, brillant magistrat après avoir été étudiant à Liège où il a gardé une partie importante de ses racines multiples.                                          

Jean-Marie Roberti.

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mardi, 14 juin 2011

Stavelot, du 7 au 16 juillet 2011, vit au rythme des VTS.

       Les mois de juillet et août sont, depuis plus ou moins un demi-siècle, une période chérie des amateurs de théâtre en province de Liège. Distante de seize kilomètres - une seule commune au nom universellement connu par les fanas de F1, Francorchamps les séparent - Stavelot et Spa présentent, l’une, les Vacances-Théâtre-Stavelot, les VTS www.festival-vts.net, l’autre, le Festival Royal de Théâtre de Spa  www.festivaldespa.be.

      En juin 2008, Liège 28 a cerné les prolégomènes qui ont conduit à la création des VTS. Cette année, dans la présentation des VTS, le député provincial Paul-Émile Mottard remarque : Si la concurrence de l’audiovisuel n’avait qu’un mérite pour le théâtre, ce serait sans nul doute celui de le pousser à toujours plus d’inventivité, plus d’audace. Cette année, la programmation du festival vous surprendra, vous questionnera, vous ravira… A la fois teintée d’humour et de poésie, cette édition 2011 est également placée sous le signe du questionnement, de la réflexion. « Le but du théâtre est d’affronter les limites », a dit Edward Bond… Plus que jamais, ce sera le cas durant ce festival. L’exil, les racines, la solitude sont autant de thèmes qui seront abordés par des comédiens et des metteurs en scène au talent et à l’efficacité impitoyables. D’autres ont choisi la voie de la comédie, de la dérision, un exercice parfois bien plus difficile encore... Quel bonheur !

Du 7 au 16 juillet, le bonheur sera total. Du premier spectacle ATTILA, Reine des Belges au dernier Gainsbourg Ressuscité « Bien fait pour sa Gueule », rien que du bonheur. Ainsi, le 12 juillet, Marie-Christine Barrault  sera Fanny Hellis, femme fatale, star déchue ravagée par l’alcool, héroïne grandiose, fait son grand retour sur scène après une cure de désintoxication. Dans sa loge, l’espace d’une heure, avant une représentation d’une importance capitale, elle se retrouve face au miroir de sa vie, affrontant ses anciens démons pour leur régler leur compte de manière définitive. Le lendemain, Dieudonné Bakongo jette Bas les masques. Dans une fable drolatique dont il est l’auteur, Dieudonné Bakongo ausculte avec ironie et tendresse toutes les avanies par lesquelles ont dû passer les peuples qui ont eu besoin de colonisateurs pour être considérés comme faisant partie de l’Humanité.

        L’accouchement d’un gouvernement fédéral en Belgique n’est rien à côté des problèmes rencontrés par notre Reine des Belges enceinte de deux ans et demi. Une histoire compliquée – drôle à souhait – voit Marie-Élisabeth Cornet enfanter une soixantaine de personnages sans décor et avec une cape pour unique accessoire. Quant au dernier spectacle de VTS, il met en scène un Liégeois Pierre Lafleur qui, adolescent, s’est rendu quantité de fois faire le pied de grue devant le 5bis, rue de Verneuil dans le 7ème arrondissement de Paris dont la maire est actuellement Rachida Dati. À l’époque, Serge Gainsbourg est la vedette de la rue Verneuil (et bien au-delà). Il a repéré le p’tit barjo de Belgique. Aujourd’hui, Pierre Lafleur accompagné de quatre musiciens ressuscite - un véritable miracle divin comme autrefois - le beau Serge.

       Vacances-Théâtre-Stavelot  demeure décidément le lieu de toutes les expérimentations possibles face à un public sans préjugés, les spectacles à destination des plus jeunes (mais pas interdits aux autres) ne manquent pas non plus de ces découvertes qui étonnent et dérident même les plus austères. Nous vous donnons donc rendez-vous pour un festival qui tient ses promesses, ne s’étiole pas au fil du temps et dément les âmes chagrines qui ne croiraient pas à la nécessité des arts de la scène. Plus qu’un divertissement, le théâtre est pour ceux qui s’y sont piqué un véritable besoin, celui de la rencontre et de l’irremplaçable immédiateté d’un spectacle vivant, à la fois éphémère et immortel.

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Dans quelques jours, Liège 28 cède à notre confrère Jean-Marie Roberti ses colonnes en vue de présenter le Festival Royal du Théâtre de Spa.Barrault.jpg

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lundi, 31 janvier 2011

Etuve, ... plus que deux nuits dormir !

      Plus que deux nuits dormir. Le 2 février, à 20h15, Liégeoises et Liégeois retrouvent la salle du théâtre de l’Étuve. Fin octobre, cette salle mythique a été appelée à disparaître. Heureusement, la presse liégeoise de La Libre-Gazette de Liége à La Meuse en passant par Proxiliège et Liège 28 relaie l’opération Étuvethon. La salle mythique est sauvée et la prophétie du romancier Alexis Curvers demeure réaliste c’est le théâtre qui, un jour, donnera son nom à la rue de l’Étuve.

À l’affiche du spectacle de réouverture,  des régionaux marrants, Didier Boclinville et Pierre Theunis. Programmation naturelle : au lendemain de jours douloureux, rien de tel qu’un grand soir heureux, un spectacle festif, zakouskis et bulles… 

       Dès le 17 février – toujours à 20h15 – retour à un style de programmation cher au public de l’Étuve. Du Boby Lapointe avec Olivier Ducolu, Boby Lapointe, auteur de Aragon et Castille, Ta Katie t'a quitté et autres L'hélicon. Bref, les mamelles du destin sont à portée de main (1).

       Lauréate du Prix Marcel Thiry 2006, l’écrivaine Eva Kaplan sera sur scène du théâtre de l’Étuve, Amoureuse. Amoureuse, une adaptation de son dernier roman paru en début 2010 (2).

      Du 23 au 27 mars, la cave de l’Étuve présente les Années Swing, de la musique, des chansons des années 40 à 55, de Glen Miller à Ray Ventura, d’Edith Piaf à Francis Lemarque.

      Prix Nobel de Littérature en 2005, le Britannique Harold Pinter – homme de gauche convaincu, il n’aime ni Margaret Thatcher, ni Tony Blair – est à l’honneur à l’Étuve, le 30 mars 1,2, 6, 7 et 8 avril. Dans une mise en scène de Jacqueline Wankenne, Carine Baiwir, Denis Demolin, Jean-François Molinghen et Jean-Philippe Thonnart interprètent Un pour la Route.

 

(1) Représentations 17,18, 19 février, 03, 04, 05 mars.

(2) Représentation 23, 25, 26 février.

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